La Grande librairie… rendez-vous en 2050 !

La Grande librairie… rendez-vous en 2050 !

Etonnante cette façon de décrypter les errements du passé dans le plus total aveuglement de ceux du présent ! 

J’ai regardé hier soir, sur France 5, l’émission La grande librairie consacrée au livre de Vanessa Springora dans lequel elle dénonce l’écrivain Gabriel Mazneff dont elle fut la victime, à 14 ans. J’ai lu Le consentement. C’est un livre important, remarquablement bien écrit, avec une grande retenue qui pourrait presque toucher à une certaine froideur clinique. Regard sans concession sur une certaine société des années 70-80 où la libération sexuelle semble transformer la pédophilie en voie d’émancipation d’adolescents auxquels on ne saurait refuser le « droit au plaisir » ! La scène pour moi la plus iconique de cet aveuglement, est sans doute, dans son apparente banalité,ce dîner où la mère de l’auteure reçoit dans son petit appartement, sa jeune adolescente de fille accompagnée de son amant quinquagénaire, comme s’il se fut agi d’une scène de la vie ordinaire.

Pourtant, malgré ses qualités, cette Grande librairie m’a laissé sur un profond malaise que je pourrais résumer d’une phrase : sommes-nous réellement sortis des ambiguïtés de notre société, telles que dénoncées dans le livre à la satisfaction générale ?

La seconde partie de l’émission réunissait, autour de l’animateur François Busnel et de son invitée : la pédopsychiatre Marie-Rose Moro, l’ancien président du tribunal pour enfants de Bobigny Jean-Pierre Rosenczveig et le sociologue Pierre Verdrages. J’ai été frappé, sur la fin de la séquence, de l’insistance avec laquelle chacun s’efforçait de nous convaincre qu’il ne s’agissait pas ici de morale (entendez sexuelle) mais uniquement de droit. Comme si le « progressisme » émancipateur de la pédophilie étant désormais dénoncé, il s’agissait surtout de ne pas prêter le flanc au soupçon d’un possible plaidoyer pour une forme de retour à l’ordre moral… Ce qui est « réactionnaire » en diable !

L’interdit précède toujours la loi

Pourtant, c’est bien de morale qu’il s’agit ici avant que de droit. Le droit objectif n’a pas changé depuis ces années 70. Si nous ne supportons plus aujourd’hui ce qui alors était toléré, c’est bien que notre « sens moral » s’est affiné ! Ce n’est pas le droit qui fonde la morale. C’est le sentiment moral qui débouche sur le droit. Si la loi donne forme à l’interdit c’est l’interdit qui précède la loi. Si la loi condamne la pédophilie, c’est bien parce qu’à un moment de son histoire le « peuple souverain“ a pis conscience qu’elle était moralement inacceptable et qu’il a voulu traduire son refus dans le droit objectif.

Le juge Rosenczveig a fait remarquer, fort pertinemment, que lors des débats parlementaires de 2018, la représentation nationale n’avait pas été capable de voter le principe d’un « âge du consentement » sexuel à 15 ans, comme le demandaient pourtant nombre d’associations. Preuve que le débat est bien d’abord moral et que si ce principe n’a pas été voté c’est bien du fait d’une « carrence » morale quoi qu’on puisse en dire sur les plateaux de télévision !

Faire précéder le droit sur la morale c’est, paradoxalement, nous faire renouer avec un « ordre ancien » de type religieux où c’était la loi divine qui disait le bien et le mal en même temps que le permis et le défendu ! Paradoxe de la sécularisation !  

Lorsque les droits des adultes priment sur ceux des enfants…

Mon second étonnement est venu de l’insistance avec laquelle  Marie-Rose Moro, dans l’acquiescement général, a développé l’idée selon laquelle les années 70-80 avaient en fait défendu le droit des adultes au plaisir derrière le prétendu droit à l’émancipation sexuelle des jeunes. L’adulte n’a aucun droit à imposer (voire même proposer) un quelconque plaisir sexuel à l’enfant. Le droit de l’adulte ne se bâtit pas sur la négation du droit de l’enfant nous a-t-on rappelé. Fort bien ! J’applaudis à cette évidence ! Mais je n’ai entendu personne, sur le plateau de la Grande Librairie, émettre l’hypothèse que c’est pourtant ce qui pourrait aujourd’hui être en train d’être validé par le Parlement à travers l’élargissement de la PMA. Puisqu’il s’agit bien, en fait, de fonder l’égalité du droit des adultes sur la négation de l’égalité du droit des enfants… à avoir et connaître leur père. Prétendre que l’enfant a davantage besoin d’amour que de filiation biologique (1) procède de la même logique que prétendre, hier, que le droit de l’enfant au plaisir devait prévaloir sur la protection de la loi. Ecrivant cela, je m’imagine volontiers en modeste « Denis (e) Bombardier » face aux modernes Sartre, Beauvoir, Deleuze, Foucauld, Kouchner et autres Lang… de la PMA. 

Il aura donc fallu attendre 2020 et le témoignage de Vanessa Springora où elle dit, trente ans après, sa souffrance d’enfant abusée, pour que collectivemet nos yeux se dessillent enfin ! Attendons 2050 et la parution d’un nouveau best seller où un adulte – malgré l’amour reçu de sa – ou ses – mère (e) – viendra dire sa souffrance d’avoir été programmé sans père ! Et de ne pas savoir d’où il vient ! Et gageons qu’il y aura bien quelque plateau de télé où psychanalystes, juges et sociologues viendront s’interroger doctement sur les raisons d’un tel aveuglement passé ! 

(1) Ayons en mémoire que les mêmes sondages où certains entendent lire la « volonté populaire » disent que les Français sont certes favorables à l’élargissement de la PMA mais tout en considérant que tout enfant a le droit d’avoir en père… ce qui est tout simplement contradictoire ! 

23 comments

  • Entièrement d’accord. Je déteste parler de ma vie, voici une exception :

    Âgée de 15 ans, je fus victime de ce genre de  »consentement », qui n’était que la condition pour appartenir à un groupe de gens très politiques dans ma ville de province. Or, j’étais passionnée de politique. Cela se traduisit par exemple et pour en dire le moins possible, en voyage de découvertes de la pornographie à Copenhague, destination prisée alors pour sa libération des moeurs.

    Il me fut, il m’est toujours impossible d’en parler. Dénoncer l’oncle tripoteur mit ma mère en rage mais fut possible. Dénoncer les hommes de 10 ans plus âgés que moi qui prétendaient , mais sur mon dos, enfin démolir l’ordre moral, ce fut, c’est encore impossible. Cela aurait fait, cela ferait de moi une facho…d’autant que je ne vote plus à gauche, vais à la messe et suis opposée à Pma sans père et Gpa, ce qui m’ôte, devant tous les nouveaux censeurs libérés, tout droit de me plaindre.
    J’aurais été abusée par un prêtre, je les interesserais…

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  • Merci pour votre propos dont je partage la totalité avec gourmandise.Avec gourmandise dans la mesure où je me délecte de votre pensée qui met en lien. Et donc qui considère d’abord… le présent pour interroger le passé. Car, tel me paraît bien l’enjeu de ce faux (?) débat dans lequel nos parangons de vertu contemporains s’esbaudissent sur les misères d’une adolescente égarée par les promesses fallacieuses de ce « pervers » de poète (!) écrivain. Qu’ils vont clouer au pilori pour attester de leur (bonne) morale. Trop heureux à cette occasion d’être mis en lumière… Mais surtout, sans questionner le présent, pourtant occupé par la folie anthropologique des idéologies libertaires (et, surtout, mercantiles) de nos réformes bioéthiques en cours; pourtant occupé par la violence brutale avec, lundi soir dernier à Rennes, une centaine d’énergumènes d’une bande LGBT (selon Le Figaro) qui ont empêché la première soirée de l’Université de la vie qui se déroule sur les trois lundis prochains encore; pourtant occupé par la violence politique avec la censure brutale de Mme Hidalgo à l’encontre de la campagne d’affichage de l’association Alliance-Vita, pour le respect des quatre piliers de l’écologie humaine…
    Merci donc de nous rappeler que la « bonne morale » ne fait pas toujours les « bonnes mœurs » !

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  • Je reste perplexe face à ce passage : « L’adulte n’a aucun droit à imposer (voire même proposer) un quelconque plaisir à l’enfant. »
    => Dans le contexte sexuel, c’est effectivement évident. Mais globalement, c’est faux. Je propose à mes enfants des « plaisirs » (nourriture, bain, câlins), je les ai même « imposés » lorsqu’ils étaient trop petits pour donner leur avis. Ce que je veux dire, c’est que cette idée s’applique effectivement bien au domaine sexuel, mais elle n’est pas une vérité absolue applicable à tout.

    Et pour l’autre : « Le droit de l’adulte ne se bâtit pas sur la négation du droit de l’enfant nous a-t-on rappelé. ». Je suis évidement d’accord dans le contexte de la pédophilie, mais inversement je ne peux que constater qu’aujourd’hui des couples divorcent, et que cette possibilité s’est construite sur l’idée que les enfants n’en souffrent pas – ou qu’en tout cas le « droit de l’enfant d’être élevé par ses deux parents biologiques » doit s’incliner devant le « droit des parents à se séparer ».

    D’où la dangerosité d’élever des absolus (même s’ils sont confortables). Faire du droit de l’enfant un absolu devant lequel s’incline le droit de l’adulte, c’est se préparer une génération de tyrans. Il y a très certainement un équilibre à trouver.

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      • Oui, j’entend bien, c’est le parallèle avec la filiation PMA/GPA qui me semble difficile à tenir.

        Si les erreurs passées doivent effectivement nous inciter à l’humilité pour les choix à faire aujourd’hui, elles ne peuvent pas pour autant être utilisées pour bloquer a priori tout changement (ce qui ne veut évidement pas dire que je cautionne la PMA/GPA).

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        • Bref vous dites la même chose que moi puisque vous ne cautionnez pas forcément la PMA/GPA et que je n’ai jamais prétendu de mon côté qu’il faille a priori bloquer tout changement !

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    • Euh, Emmanuel, les divorces avec garde alternée où l’enfant est balloté entre deux maisons, vous trouvez ça bien ?
      La justice serait plutôt que les parents alternent dans une maison commune où l’enfant serait chez lui.

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      • Je n’ai pas dit que je trouvais ça « bien » (pas plus que la PMA/GPA). Il est juste factuel que cela est aujourd’hui accepté – et qu’en conséquence, le divorce est légal.

        Cette phrase tirée de l’émission : « Le droit de l’adulte ne se bâtit pas sur la négation du droit de l’enfant » est peut-être jolie, mais elle n’est pas vraie dans notre société actuelle – et je pense qu’elle n’a pas à être vraie.

        Pour le reste : je pense que mon rôle ici-bas se limite à tenter d’accompagner (fut-ce seulement en priant) les personnes qui se retrouvent dans des situations difficiles. Rien que ça me semble pouvoir remplir une vie.

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        • Déolé mais programmer un enfant sans père, via la PMA, c’est enlever à l’enfant une partie de ses droits : celui d’avoir une filiation biologique claire. A voir la quète menée durant des années, par certains adultes, pour savoir d’où ils viennent, dites-moi si ce n’est pas le signe d’une profonde souffrance.

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          • >dites-moi si ce n’est pas le signe d’une profonde souffrance.
            C’est effectivement très probable.

            Pour autant il me semble que le problème est déjà là : un enfant né d’une PMA avec tier dans un couple hétérosexuel est déjà dans cette même situation.
            C’est d’ailleurs ce qui fait refuser au magistère le principe même de la PMA, il est alors pleinement cohérent avec l’idée d’éviter tout mal ultérieur.

            De mon côté je suis dans une situation délicate :
            – Je ne parviens pas a considérer comme un « mal » une PMA avec tier donneur pour un couple hétérosexuel stable – la position magistérielle me semble irrecevable
            – Il me semble pour autant que l’on ne peut effectivement pas bricoler n’importe quoi
            => d’ou se pose le problème de la limite : couple de femmes, femme seule ? Qu’est-ce qui objectivement diffère entre une femme seule qui fait un enfant avec un « passant » et une femme seule qui ferait une PMA ? Et si une femme seule peut élever un enfant – on sait les difficultés que ça représente – un couple de femme le ferait probablement avec plus de « facilité ».

            On voit bien qu’on entre très vite dans des considérations sordides qui oscillent entre le « moins pire » et le « plus mieux ». Les écritures nous aident assez peu, pas plus l’ancien testament (qui comporte des filiations « bizarres ») que le nouveau (Jésus n’ayant pas vraiment laissé de traces sur ce type de sujets).

            Et parallèlement on voit aussi que lutter contre ces « changements » ne mène à rien. Je cite votre livre (que j’ai beaucoup apprécié) : « Il est peu d’institutions qui, autant que l’Eglise, auront systématiquement perdu tous les combats menés depuis trois quart de siècle » (p.119). Ces combats que nous pensons pouvoir mener sont probablement en réalité déjà perdus.

            D’où ma position actuelle : Dépenser le moins d’énergie possible sur ce type de questions que je n’ai pas les moyens de trancher, et essayer de me focaliser sur ce que je peux pour diminuer les souffrances qu’elles vont inévitablement générer.

          • Puisque vous m’avez lu… (et je vous en remercie) vous savez que ma position se rapproche de la vôtre : ne pas s’épuiser à se battre contre des moulins à vent ! Pour autant je n’ai pas renoncé à dire ce que je pense. Et il se trouve que cette émission, de qualité au demeurant, me semblait illustrer notre capacité à dénoncer les erreurs d’hier dans la parfaite inconscience des erreurs – possibles – du moment.

          • Emmanuel, la seule PMA qui à mes yeux ne pose pas de problème, mêle si le Magistère est réservé là-dessus aussi, est la PMA homologue (avec les gamètes du couple) car elle ne remet pas en cause la filiation.

  • Merci pour votre article qui fait réfléchir. J’espère bientôt à ce sujet lire le livre de Madame Agacinsky et mieux comprendre les enjeux de cette société qu’on nous propose pour demain, pour nos enfants. Société qui promeut beaucoup trop le droit à tout et oublie que tout nous est donné.

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  • Profondément d’accord avec votre propos, et la permanence de l’illusion mensongère qui hic et nunc interdit d’aller au coeur du problème et du débat sur la fausse « libération sexuelle »
    Il est facile de dénoncer Bernard Preynat ou la coupable lâcheté de l’église, mais avec Matzneff, Cohn Bendit, Polanski et combien d’autres de la classe dominante médiatico-artistico- intellectuelle, on attendra longtemps l’ébauche d’une reconnaissance de la gravité de ses erreurs, ou d’une lègère demande de pardon ! Et cela continue bien sûr avec avortement, PMA, GPA, , tout en se gargarisant d’écologie, de respect des animaux, etc… dans la hantise de l’ordre moral qui interdit d’inviter et faire connaître les bons auteurs qui sur ces sujets ont dit et répété de fort justes analyses !
    Sans la morale, le droit n’est qu’un transfert du rapport de forces ,une forme subtile de violence devenue symbolique. mais la morale ? ….nous attendons toujours le Traité de JP Sartre, l’un des maîtres à penser de cette « libération », et de son nihilisme athée. On pourrait aussi dénoncer les graves dégâts du féminisme sans grand génie, ni talent, de Mme de Beauvoir !
    Une question mériterait cependant approfondissement.

    « Faire prévaloir le droit sur la morale  » c’est, paradoxalement, nous faire renouer avec un « ordre ancien » de type religieux où c’était la loi divine qui disait le bien et le mal ! Paradoxe de la sécularisation » ……
    Qu’entendons nous par « ordre religieux ancien ? »
    Ce n’est certainement pas le « Ama et fac quod vis » d’Augustin, ni l’esprit de l’évangile…..
    La Morale fonde le Droit….mais qui fonde la Morale, bon usage de sa liberté ?
    Vieux débat permanent…..
    Pourquoi M.Matzneff ou B.Preynat n’aurait il pas le droit de se faire plaisir ?

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    • A Roussel
      La question n’est pas de faire prévaloir le droit sur la morale .Elle est de traduire juridiquement des exigences morales (nommées comme telles ou non) parce que nous sommes dans un état de droit .Cet exercice est difficile car il faut gérer les contradictions existantes entre nos différentes libertés .Trivialement:c’est la difficulté à fixer concrètement la limite entre ma liberté et celle de l’autre .

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  • Il me semble que le malaise tangible chez les protagonistes de cette excellente émission provienne en effet de l’incapacité à nommer comme » moral » ce qui relève en effet de cette catégorie. Le droit n’étant qu’une conséquence distincte qui encadre et formalise nos choix collectifs pour distinguer le mal du bien .
    Je pense qu’il s’agit de la persistance dans les mentalités de certains de l’idéologie libertaire des années 70 pour laquelle toute règle collective était perçue comme une intolérable atteinte à la liberté individuelle .
    La morale étant pourtant ce qui va dans le sens de la vie , la mienne comme celle de l’autre a valeurs égales.

    L’augmentation de l’âge légal du consentement pose par contre une réelle question de droit dans la mesure où elle peut se révéler contraire à la liberté de conscience garantie par notre constitution

    .Enfin le parallèle entre les conséquences
    de la pedocriminalite et et de l’extension de la PMA aux couples du même sexe me paraît pour le moins aventureux .Les éventuels traumatismes crées par l’abscence de coïncidence entre le géniteur et la fonction paternelle (au sens de tiers structurant dans la relation mère/enfant) seront difficile à mettre en évidence en droit .Dans un état de droit toute règle morale imposable a tous devant être encadrée juridiquement .

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  • Je n’ai pas vu l’émission en question, je me passe de la télévision par hygiène personnelle, mais je consonne avec vous, René, sur ce que vous développez.
    C’est bien vu, et j’attends avec impatience les cruelles repentances dans trente ans…
    Ce n’est pas le « Vérité en-deça des Pyrénées, erreur au-delà », c’est « Vérité aujourd’hui, erreur demain » !

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  • «… la représentation nationale n’avait pas été capable [une fois de plus] de voter le principe d’un « âge du consentement » sexuel à 15 ans, comme le demandaient pourtant nombre d’associations. » : un comble !

    Contrairement à beaucoup d’autres pays respectueux du droit des enfants, la France tarde depuis trop longtemps à adopter la présomption de non-consentement des mineurs
    … sous couvert d‘un prétendu droit d’individualisation de la peine et autres arguties d’avocat !

    Mais mieux vaut tard que jamais …
    Violences sexuelles : la présomption de non-consentement des mineurs revient dans une proposition de loi (Solène Cordier, Le Monde, 15/1/2020, voir ci-dessous)
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/15/violences-sexuelles-la-presomption-de-non-consentement-des-mineures-revient-dans-une-proposition-de-loi_6026003_3224.html

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  • Parfaitement d’accord avec Michel sur la PMA et je ne suis pas d’accord avec la position du magistère, position me paraissant abusivement rigide

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  • Je suis dubitatif devant ces singuliers : « la » morale, « le » droit. Est-ce que le sentiment moral de la société précède toujours le droit ? Pas sûr non plus. Pour la peine de mort, si la loi n’avait devancé celui-là, la guillotine serait toujours en fonction. Et rappelons-nous la formule aussi farce qu’implacable d’André Laignel à l’AN : «  vous avez juridiquement tort car vous êtes politiquement minoritaires »

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    • Désolé mais vous déplacez le problème. Personne n’a parlé – pas moi en tout cas – du « sens moral de la société » mais du sens moral tout court. Vous évoquez la peine de mort. C’est bien parce que les abolitionnistes on considéré la peine de mort comme immorale qu’ils ont souhaité son abolition, et c’est bien parce que la représentation nationale a partagé cette conviction morale qu’elle a voté la loi. Dire que la morale précèse toujours la loi c’est simplement affirmer l’évidence que si la loi ne « descend pas du ciel » il faut bien qu’elle naisse d’abord dans l’âme humaine, avant que d’être traduite dans le droit. Je ne vois pas le problème que cela peut poser à qui que ce soit ! Et la formule d’André Laignel n’infirme pas cette évidence.

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