L’engagement des jeunes chrétiens au défi du pluralisme

L’engagement des jeunes chrétiens au défi du pluralisme

«Plaidoyer pour un nouvel engagement chrétien» pose, d’une manière qui peut prêter à débat, une question essentielle aux jeunes catholiques. 

Ce texte a été rédigé, dans une première version plus concise, pour le site Aleteia que je remercie de cette publication. J’ai souhaité, ici, étoffer la réflexion.

Le 27 mars 2017, à moins d’un mois du premier tour de la présidentielle, Le Monde publiait une tribune titrée «Nous, jeunes catholiques, refusons de laisser à la droite le monopole des valeurs chrétiennes». Un texte engagé, appelant les catholiques à ne pas délégitimer les candidatures de Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, au motif d’un prétendu antichristianisme ou de choix sociétaux controversés, alors que leur projet politique était également porteur d’exigences sociales conformes à l’Evangile. Six mois plus tard, les trois jeunes intellectuels signataires de cette tribune prolongent leur réflexion dans un livre au titre évocateur : «Plaidoyer pour un nouvel engagement chrétien». (1)

Une revendication d’autonomie face au «pouvoir sacerdotal»

Un engagement, perçu non pas comme conséquence de la foi mais bien comme “le lieu de la foi“ et qui s’inscrit dans une lecture critique de l’institution catholique. Pour ces jeunes auteurs, c’est l’incapacité de leur Eglise à se décentrer vraiment d’elle-même, à regarder la modernité avec la bienveillance à laquelle appelait pourtant Vatican II, à se risquer à la rencontre et au dialogue au sein d’une société pluraliste et à «prendre au sérieux les interrogations de nos contemporains chercheurs de sens»… qui expliquerait la désaffection massive de la jeunesse.

D’où leur «refus de bâtir l’Eglise sur un pouvoir sacerdotal» crispé sur une conception monolithique de la vérité, formulée en un langage inaccessible à nos contemporains. Dès lors leur revendication d’une juste autonomie des laïcs semble aller bien au-delà du seul registre de l’engagement dans la cité, traditionnellement reconnu comme légitime par le magistère. Dans cet ouvrage, ils plaident ainsi pour un “christianisme de l’inachèvement“ où la Création serait enfin reçue – comme y invitent nombre de théologiens – non comme un moment inaugural figé mais comme un processus dynamique et ouvert, auquel tout être humain – croyant ou non croyant – est associé, par volonté divine.

Justice sociale et justice écologique

Ces préalables étant posés, les auteurs définissent ce que sont, pour eux, les priorités de l’engagement auquel ils appellent. Au premier rang desquelles « le combat pour la justice sociale et celui pour la justice écologique, étroitement articulés l’un à l’autre» qui porte une critique radicale du libéralisme économique. Parallèlement, ils plaident pour une réhabilitation du politique et, face aux réfugiés et aux migrants, pour un sens de l’hospitalité dont ils soulignent qu’il ne s’origine pas dans le seul christianisme. A ce propos ils citent l’Odyssée et cette réaction de la foule lorsque Antinoos s’en prend à Ulysse déguisé en mendiant.«Tu as eu tort de frapper ce malheureux vagabond (…) peut-être est-ce un dieu venu du ciel.»

Le conservatisme, une “voie sans issue“ ?

Il y a dans ce plaidoyer, qu’il faut lire, beaucoup de détermination, d’intelligence et de générosité. Mais également un parti pris qui demande à être interrogé : celui de considérer que ce combat ne peut être que de gauche et progressiste, et donc ne pas pouvoir rejoindre celui d’une autre jeunesse chrétienne considérée comme de droite et conservatrice, même si elle s’inscrit, en fait, dans un même mouvement écologique et anticapitaliste. Or l’écologie n’est-elle pas d’abord un conservatisme ? Et tout conservatisme est-il par nature réactionnaire ?

Dans un article récent de la revue Esprit consacré au “Renouveau conservateur en France“, le sociologue Yann Raison du Cleuziou écrit : «Le conservatisme est donc politiquement au centre : c’est la condition de l’intégration raisonnée des idées nouvelles à la société, qu’elles proviennent de la gauche ou de la droite. Le conservatisme est un sens de la mesure, une recherche prudente de la limite au-delà de laquelle un progrès promis devient une régression plus que probable.» (2)

Emancipation individuelle et service du Bien commun 

Lorsque les auteurs du livre invitent à la construction d’un monde «qui permettrait le libre développement de chacun sur une terre habitable par tous», on devine que le vrai clivage avec leurs jeunes coreligionnaires porte en fait sur les débats dits de société : mariage pour tous, PMA, féminisme… Et qu’ils partagent avec la gauche le sentiment qu’il y a dans cette “émancipation“ un aspect non-négociable, là ou d’autres s’interrogent précisément sur les limites d’une telle émancipation individuelle au regard des exigences du Bien commun.

N’y a-t-il pas un paradoxe à se référer avec constance à l’encyclique Laudato Si’ du pape François, tout en cherchant à se démarquer avec autant d’insistance des jeunes chrétiens de la revue Limite (3) qui entendent précisément promouvoir l’écologie intégrale qui en est la substance, au motif qu’ils en feraient une lecture « intégraliste » ? (4) N’est-il pas tout aussi paradoxal de se prévaloir d’une sensibilité politique qui plaide la nécessaire prédominance de la nature dans le combat écologique et prétend s’en affranchir, au bénéfice de la culture, lorsqu’il s’agit du devenir de la personne humaine ? Comme si le conservatisme, fut-il sociétal, n’était pas le signe d’une nécessaire reévaluation de la notion de progrès qui ne fait plus consensus dans nos sociétés.

Le début et la fin de la vie…

Les auteurs concèdent néanmoins, il est vrai : «Si nous devons lutter ardemment pour que les hommes puissent prendre davantage le contrôle du système socio-économique qu’ils ont façonné, il est moins évident que nous devions à tout prix revendiquer l’émancipation en ce qui concerne le début et la fin de la vie : la “densité métaphysique“ des débats bioéthiques devrait nous inciter à la prudence.»

“Le début et la fin de la vie“… Lue rapidement, la formule peut-être entendu comme une évocation “classique“ de l’avortement et de l’euthanasie. Sauf que l’avortement – que l’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore – n’est plus vraiment en débat. Doit-on alors comprendre que les jeunes auteurs font ici allusion aux techniques d’assistance médicalisée à la procréation et notamment à la PMA dont l’élargissement à toutes les femmes sera, de fait, examiné lors de la révision des lois de bioéthiques prévue pour 2018 ? Ne pas le dire explicitement nourrit une ambiguité dont on regretterait qu’elle ait pour objet de mieux se démarquer de manière “progressiste“ d’autres jeunes catholiques dont le combat pour la filiation naturelle est souvent dénoncé en termes de conservatisme réactionnaire.

Pour un dialogue sans ostracisme

J’applaudis pour ma part sans réserve à ce plaidoyer pour une culture de la rencontre et du dialogue “hors les murs“ du monde catholique, à cette invitation à «Inventer de nouvelles façons de vivre en commun susceptibles de dépasser, sans pour autant les nier, les différences d’appartenances et de convictions qui caractérisent notre société plurielle». Mais à la lecture du livre, j’ai eu parfois le sentiment d’une culpabilisation excessive et un rien masochiste de l’Eglise catholique face à ce qui apparaît naïvement comme le “prophétisme“ indiscuté de la modernité. Sans doute les auteurs ont-ils eux-mêmes perçu les limites de leur propos lorsqu’ils rectifient : «Ceci ne signifie pas pour autant que nous, chrétiens, “ayons tout à apprendre et rien à apporter“.»

“Nous chrétiens“, dans la diversité de nos propres convictions et sensibilités ? Ce n’est pas vraiment ce qui transparaît du livre et là semble bien se trouver sa pierre d’achoppement !

Dans le même article d’Esprit, Yann Raison du Cleuziou écrit encore : «La plupart des auteurs conservateurs rejettent le clivage gauche-droite, jugé obsolète et rêvent d’un choc politique qui permettrait à l’opposition entre libéraux-libertaires et conservateurs de devenir seule structurante.» (5) A suivre ces deux grilles de lecture antagonistes on prend le risque de voir les auteurs du livre rejeter globalement les rédacteurs de Limite dans le camp de la droite et ceux-là regarder les premiers comme des libéraux-libertaires ce qui d’évidence, dans l’un et l’autre cas, est totalement réducteur.

Lorsque dans un essai court et percutant titré «Radicalisons-nous» (6) Gaultier Bès, directeur adjoint de Limite et figure de proue – parmi d’autres – des «néo-réacs» dénoncés par L’Obs, écrit : « Le rêve néolibéral a tourné au cauchemar et la farce financière ne fait plus rire les foules. », est-il si loin de la pensée des auteurs du “Plaidoyer“ ? Lorsqu’il poursuit : «Contre les mirages du “développement durable“ et les mensonges de la “croissance verte“, par lesquels le système productiviste maintient son actuelle domination, être radical c’est vouloir changer des structures mortifères en changeant résolument de modèle. La radicalité ne peut qu’emprunter la voie de la sobriété, chemin de liberté.» est-ce là, vraiment, l’expression d’un conservatisme bien pensant ? Même si d’autres idées, dans la revue qu’il codirige, peuvent être mises en débat.

Que l’on comprenne bien le sens de ce billet. J’appartiens à une génération de chrétiens “de gauche“ qui se reconnaît bien dans l’appel à l’engagement de ce livre. Mais je reste, avec d’autres, particulièrement critique vis-à-vis des dérives tant économiques que sociétales d’une gauche qui a connu, en 2017, l’un des plus lourds revers de son histoire.

Dans la nécessaire reconstruction politique qui s’esquisse, où les chrétiens ont leur place à prendre, je me veux aussi attentif au travail de réflexion engagé par les jeunes auteurs de la revue Limite, qu’au plaidoyer porté par ceux de ce livre.

Je souhaite simplement que le dialogue auquel il appelle soit ouvert à tous, sans exclusive ; que chacun accepte d’écouter l’autre sans a-priori – fut-il frère dans la foi aussi bien que non-croyant – et sache se réjouir de possibles convergences par-delà de légitimes  désaccords.

___________

 

  1. Pierre-Louis Choquet, Jean-Victor Elie, Anne Guillard : Plaidoyer pour un nouvel engagement chrétien, Ed. de l’Atelier, 144 p., 15 €. Deux sont doctorants, un étudiant en master.
  2. Yann Raison du Cleuziou, Un renversement de l’horizon du politique, Esprit, Octobre 2017 p.140.
  3. Les auteurs reconnaissent néanmoins que la revue est animée par des jeunes de bords politiques différents et représente un lieu de compagnonnage original qui mérite d’être salué. Mais on sait que la plupart d’entre eux sont issus de « La Manif pour tous ». Or, dans un entretien à la Vie, les auteurs déclarent : « Nous avons voulu écrire ce livre, dans le contexte de l’après Manif pour tous, en 2015, parce que nous étions insatisfaits de la façon dont certains jeunes catholiques prenaient la parole dans la sphère publique. »
  4. La Vie du 2 novembre 2017, p.40
  5. Esprit, op cit. p. 241
  6. Gaultier Bès, Radicalisons-nous, Ed. Première Partie, 128 p., 7 €

9 comments

  • Un premier commentaire ne peut être que superficiel n’ayant pas lu le livre  » Plaidoyer pour un nouvel engagement chrétien.
    Aimer Dieu de toute son âme, son esprit…et aimer son prochain comme soi-même sont l’Alpha et l’Oméga du Chrétien qu’il soit de droite, du centre ou de gauche ce qui ne permet aucune exclusion d’un chrétien ou autre en raison de son appartenance politique , sans oublier l’opposition entre la pensée chrétienne et les idéologies nationalistes, de luttes des classes….
    Affirmer qu’un chrétien ne peut être que de gauche est , évidemment , à prendre avec grande réserve ainsi que cette profession de foi incohérente d’antilibéralisme économique et de libéralisme sociétal.
    Peut ‘on rapprocher le contenu de ce livre, que je n’ai lu qu’à travers vos commentaires et la mise en pratique de la théologie de la libération?

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    • Non je ne pense pas qu’il faille établir de lien particulier avec la théologie de la libération qui se situe dans un tout autre contexte, essentiellement latino-américain, de grande pauvreté et d’exploitation. Une théologie de la libération qui, d’ailleurs, est mieux évaluée, notamment au Vatican, déjà sous Benoît XVI.

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  • Cher René, merci de ce commentaire ! Je comprends mieux mon embarras après la lecture de ce livre car Je le retrouve ici parfaitement exprimé… Autant je me suis réjoui d’une invitation à un engagement politique des chrétiens qui ne se réduise pas aux seuls sujets sociétaux, autant il me semble quelque peu incohérent de classer parmi les réacs ceux font preuve de conservatisme dans ce domaine tout en se réclamant de LaudatoSi ! Oui, comme l’écrit Gaultier Bès, « le rève néo-libéral a tourné au cauchemar et la farce financière ne fait plus rire les foules ». Nous en avons eu une éclatante démonstration avec la publication des « Paradise papers », la même semaine que celle du rapport annuel du Secours catholique sur la pauvreté en France. Je veux croire que l’on peut être « de gauche » et « conservateur » comme l’écrit Yann Raison du Cleuziou, c’est à dire engagé dans une « recherche prudente de la imite au-delà de laquelle un progrès promis devient une régression plus que probable ».

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  • Les question du cardinal Vingt-Trois (homélie du 7 novembre à l’assemblée des évêques) répondent à celles que se posent une majorité de chrétiens, dont ces jeunes.
    1/ « … est-ce que, poussés par les statistiques, nous ne nourrissons pas inconsciemment une théorie satisfaisante du petit nombre des convaincus face au grand nombre des hésitants ? »
    2/ « Notre christianisme ne perd-il pas peu à peu de son enracinement dans le grand nombre *, avec tout ce qu’il peut y avoir d’incertain, d’imprécis et d’inégal dans l’adhésion personnelle de chacun ? »
    3/ « Est-ce que nous ne passons pas du christianisme du peuple au christianisme des individus très soigneusement étiquetés, mesurés, vérifiés ? Mais si peu nombreux !  » **
    4/ « Cette Église ne risque-t-elle pas de devenir une Église des purs dont on s’apercevra peut-être un jour qu’ils n’étaient pas si purs que leur piété le laissait penser ? »
    Commentaires:
    1/ Entre « foi » convaincue et hésitante, y a pas photo. Souvent la première est fausse, rarement la seconde.
    2/ Le grand nombre visible est passé … le cardinal y a œuvré. S’il est douteux que ce grand nombre revienne -est-ce souhaitable?-, il urge de chercher comment « faire Eglise » de manière souple -pas que sur la base des traditions- et pour commencer regarder la sécularisation comme une chance et entreprendre le chantier urgent depuis le concile de Trente : statut des clercs (séculier et régulier).
    3/ Un chrétien -clerc compris- qui n’engage sa vie qu’aux affaires dites « d’Église » … et aux siennes « individualistement! », est en danger.

    Roulez jeunesse, … il n’y a pas d’âge pour se faire bosses et blessures!

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    • Comme vous j’entends les propos du cardinal… tout en m’interrogeant sur les responsabilités propres du diocèse de Paris dans cette « dérive élitiste » du catholicisme.

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      • L’auteur de la prière « universelle » du 15 aout 2012 comme la grande proximité des égéries de la manif pour tous avec ce diocèse ne sont pas oubliés, … et puis, il y a le diocèse de Versailles dont le titulaire est proche de la limite d’âge.

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  • Quand il y a dans l’inspiration des « fils de ce monde et l’inspiration des fils de la lumière », de la pertinence, de la prudence et de la sagesse, je m’en réjouis ; la forme d’acquisition de l’inspiration étant la « répartition » (= un « centre » répartit ce qui est attribué à chacun), l’inspiré n’a pas à se glorifier ni à être loué par ses amis. Mais me « déplacer » de la Justice en général à ma justice et partant, à ma justification, m’oblige à interroger l’antériorité du juste et l’antériorité du bien qui me sont donnés par mon parti politique, mon syndicat, ma religion, ma spiritualité, mon histoire, les événements, mon éducation, la philosophie, ma cosmologie etc. pour conjuguer la priorité du juste avec la priorité du bien autrement dit ma conception du juste et ma conception du bien non seulement à l’intérieur de moi-même mais aussi avec d’autres conceptions du bien et d’autres conceptions du juste à l’extérieur de moi.

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  • Sur le site Aleteia où a été publiée une première version de ce texte, l’un des auteurs du livre, Pierre-Louis Chauquet, précise la position, à ses yeux parfaitement claire des auteurs, concernant la PMA, explicitée dans une note en bas de page de l’ouvrage (p.26). Dont acte. Voici le texte en question :

    « En ce qui concerne la PMA, l’avis divergent récemment émis par un certain nombre de membres du Comité consultatif national d’éthique semble ajusté : ils soulignent que l’extension de l’insémination artificielle avec donneur aux mères célibataires et aux couples lesbiens soulève des incertitudes importantes, et qu’à ce titre “le maintien du statu quo apparaît comme un moindre risque.“ La dérive eugéniste qui plane toujours sur les sociétés occidentales justifie également une grande vigilance à propos des questions relatives aux manipulations du vivant, qu’il s’agisse – pour n’en citer que quelques-unes – des expériementations sur les cellules souches embryonnaires ou des formes multiples de dépistage/séquençage génétique. »

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  • Vous vous reconnaissez mais vous ne vous identifiez pas. Vous gardez votre liberté.

    Il me semble en effet que les auteurs de cet ouvrage sont sur le fil du rasoir. La tension qu’ils maintiennent entre l’ouverture à ce qu’on appellera l’« esprit du temps » (même si l’esprit du temps connaît des fluctuations) et la fidélité à l’enseignement du Christ semble parfois près du point de rupture.

    Toutefois je me réjouis comme vous de cette main tendue. Lecture stimulante à n’en pas douter.

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