Pédophilie : le prix du silence

Pédophilie : le prix du silence

Décliner une invitation à débattre des «silences» de l’Eglise sur la pédophilie n’est pas la meilleure manière de se faire entendre.

Les téléspectateurs qui, le 21 mars, auront regardé jusqu’au bout l‘émission Cash investigation consacrée à la pédophilie dans l’Eglise, en auront ressenti une forme de sidération, une sourde colère. Beaucoup se seront reconnus dans ce commentaire du père Olivier Ribadeau-Dumas, porte parole de la Conférence des évêques de France : « J’ai regardé l’émission Cash Investigation avec un sentiment de honte… Nous n’avons pas respecté les victimes…»

Quand la Cef fait le choix de la chaise vide

La Cef avait, les jours précédents, dans un communiqué, fait connaître sa décision de ne pas participer au débat qui suivrait le documentaire. «Ce refus de participer à cet enregistrement est motivé par les méthodes utilisées pour les interviews ainsi que par divers renseignements obtenus sur cette émission. Il apparaît que la déontologie journalistique ne soit pas respectée et que cette émission soit plus préoccupée d’accuser que d’expliquer.» Une position sur laquelle Vincent Neymon, directeur de la communication des évêques de France s’est expliqué par la suite sur KTO.

On connaît le parti pris d’Elise Lucet, d’interpeller publiquement, sous l’œil des caméras, des protagonistes ayant préalablement été sollicités par une demande formelle d’interview à laquelle ils ont choisi de ne pas donner suite. L’effet est spectaculaire et ravageur. La personne, déstabilisée, refuse généralement de répondre et tourne les talons, donnant le sentiment de fuir. Effet recherché et garanti ! Et lorsque c’est le pape François lui-même qui se trouve ainsi «sommé» de s’expliquer, sur la place Saint-Pierre, au milieu de la foule des pèlerins, sur ses complaisances supposées à l’égard  d’un prêtre pédophile argentin, le spectateur ressent un réel malaise. Comme s’il y avait là, de la part de la journaliste, une forme d’irrespect et d’abus de pouvoir. Cash investigation recourt également, à plusieurs reprises, à la technique de l’interview en caméra cachée où la personne interpellée ignore qu’elle est filmée et que tout ce qu’elle va dire, taire ou montrer par son attitude – en toute confiance – sera, de fait, retenu contre elle.

Quand la fin suggère les moyens…

On peut, bien sûr, plaider que la fin ne justifie pas les moyens. Mais ces techniques font mouche. Le journaliste, quelles que soient parfois ses velléités à jouer au justicier, sait qu’il tire une vraie légitimité du droit des citoyens à savoir. Et lorsque le téléspectateur a le sentiment que l’information ainsi extorquée, qui n’aurait pas été obtenue autrement, éclaire réellement le sujet abordé, toute objection de nature éthique sur les conditions de son obtention devient sans effet.

L’enquête de France 2 révèle, de même, le contenu de la lettre par laquelle un évêque Camerounais explique comment il a soustrait à la justice de son pays des religieux français de la communauté Saint-Jean soupçonnés de pédophilie. Le voir, face à la caméra, refuser de s’expliquer au motif que les journalistes n’étaient pas sensés avoir connaissance de cette lettre confidentielle a un effet dévastateur. Elargissons le propos : la société n’aurait pas à interpeller l’institution religieuse sur ce qu’elle entend garder secret.

Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, il existe aujourd’hui sur ces questions une exigence de transparence dont une institution comme l’Eglise doit admettre qu’elle s’impose désormais à elle… définitivement !

Expliquer c’est aussi chercher à comprendre comment on a pu en arriver là.

L’une des critiques possibles vis-à-vis de cette enquête est qu’elle entendrait démontrer que l’Eglise qui est en France, malgré ses engagements, devrait faire face à une nouvelle vague de faits de pédophilie, couverts par le silence de la hiérarchie, alors qu’il s’agit, pour l’essentiel, de faits anciens, connus pour la plupart. Mais reprocher à l’émission d’être «plus préoccupée d’accuser que d’expliquer» (1) est doublement inopérant. Sur la pédophilie dans l’Eglise il est clair que l’opinion, y compris au sein du monde catholique, attend une condamnation plus qu’une explication. Et si explication il doit y avoir, elle ne peut en aucun cas se limiter à la seule évocation des efforts engagés par l’institution pour combattre efficacement la pédophilie, même s’ils sont bien réels. Ni à affirmer qu’une page serait définitivement tournée… Expliquer c’est aussi chercher à comprendre comment on a pu en arriver là.

Trop de séquences de Cash investigation illustrent, à l’évidence, que l’Eglise est encore loin du compte et que l’on peut s’interroger sur la réalité de sa détermination ou de sa capacité à mettre en œuvre la «tolérance zéro».

«Celui par qui le scandale arrive» n’est pas la victime qui demande justice

Lorsque un responsable des Pères du Sacré Cœur estime n’avoir pas à signaler la présence d’un frère accusé de faits de pédophilie au motif que «C’est à la police de faire son travail», il contrevient d’évidence aux directives de Benoît XVI. Lorsque le même avoue au journaliste venu l’interroger : «Cette question sur les victimes, je ne me la suis posée qu’hier» on se dit qu’il y a encore du chemin à parcourir pour la prise de conscience, dans l’Eglise, de l’abomination du crime pédophile ; pour que chacun reconnaisse que «celui par qui le scandale arrive» n’est pas la victime qui porte plainte mais bien l’agresseur qui aurait préféré rester dans l’ombre ; et qu’il ne peut y avoir de miséricorde pour le pêcheur sans justice pour sa victime.

Lorsque, dans le débat, le président de la Parole libérée décrit ce qu’il perçoit comme incapacité de la hiérarchie catholique à accepter vraiment le dialogue avec les associations de victimes, on imagine, par-delà la souffrance des personnes, l’ébranlement de la confiance envers l’Eglise.

Dérives individuelles ou responsabilité collective ?

Lorsque Mgr Crépy souligne le fait que sa responsabilité à la tête de la commission permanente de lutte contre la pédophilie ne lui donne pour autant aucune autorité hiérarchique sur les évêques ; lorsqu’il affirme que, dans son diocèse, un religieux soupçonné de pédophilie ne dépend pas de lui mais du bon vouloir du supérieur de la congrégation à laquelle il appartient, il illustre parfaitement l’incapacité de l’Eglise à reconnaître que l’une des causes du drame pédophile puisse venir d’un dysfonctionnement de l’institution elle-même et non de seules dérives individuelles.

Lorsque le père Joulain, prêtre et thérapeute, consultant sur des centaines d’affaires de pédophilie, porte le diagnostic d’une «déconnection des évêques avec tout ce qui touche à la sexualité…», on se sent autorisé à interpeller, une nouvelle fois, l’Eglise sur sa théologie de la sexualité humaine.

«Il y faudra une génération»

Lorsque la responsable de l’ONU chargée en 2014 d’une enquête sur les abus sexuels dans l’Eglise déclare (2) : «Le Vatican nous a dit que c’était un problème du passé. Plus nous avançions, plus nous nous rendions compte que ce n‘était pas le cas.» on se dit que même au plus haut sommet de l’Eglise on peut prendre ses désirs pour des réalités. Et lorsqu’on entend les interrogations soulevées, non seulement par l’obstruction de la Curie aux décisions du pape François, mais également par les ambiguïtés du pape lui-même, on se dit qu’il est urgent que les fidèles continuent de se tenir en éveil.

Dans le documentaire de Cash investigation, le père Hans Zollner, membre de la Commission de protection des mineurs mis en place par le Vatican, déclare à Elise Lucet à propos du combat contre la pédophilie : «C’est le travail d’une génération». Comment mieux exprimer que si la détermination est aujourd’hui acquise de lutter contre ce crime , le processus d’éradication et de guérison sera long, sans doute douloureux, semé d’embuches ou de renoncements.

Ce chemin de croix, l’Eglise va devoir le parcourir sous le regard implacable de la société civile, trop heureuse – en certains lieux – de lui faire payer sa dénonciation de l’amoralisme contemporain. En oubliant, au besoin, que dans les années soixante-dix, les mêmes qui se sont institués procurateurs tenaient antenne ouverte à un militantisme pro-pédophile, au nom de l’émancipation de l’enfant et de son droit à une sexualité épanouie.

Pour une commission d’enquête parlementaire ?

Derrière ses excès mêmes, le documentaire de Cash investigation nous dit quelque chose d’essentiel sur l’incompréhension de notre société vis-à-vis des modes de fonctionnement de l’Eglise. Que des prêtres condamnés puissent rester en fonction – fusse comme aumônier d’hôpital – que des évêques convaincus de non-dénonciation conservent leur poste ; que des cardinaux suspects de complaisance continuent de sièger au G9 auprès du pape François… leur est incompréhensible. (3) Que dans un pays de laïcité le code de droit canonique – sinon la loi de Dieu – puisse prévaloir sur celle des hommes ou lui être contraire interpelle le citoyen. (4) Autorisant Elise Lucet à évoquer, ce soir-là, la possible constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur les affaires de pédophilie dans l’Eglise ; avec l’assentiment de François Devaux, président «exaspéré» de la Parole libérée et peut-être celle de nombreux chrétiens sous le choc, devant leur écran de télévision. (5)

Se donner les moyens d’une parole à son tour libérée

Dire que l’institution ecclésiastique se doit aujourd’hui d’ouvrir le dialogue, quel que soit son sentiment d’injustice ou d’incompréhension, tient de l’euphémisme. Cash investigation a frappé fort, non sans arrière-pensées peut-être, là où les médias chrétiens les mieux intentionnés seront toujours tenus par une certaine déférence envers l’institution. C’est pourquoi le choix de la chaise vide lors du débat qui a suivi l’émission apparaît comme une faute. C’est bien connu : les absents ont toujours tort. L’Eglise s’est privée là d’un droit éventuel de rectification, d’explication, de mise en perspective… De même que de la possibilité d’interpeller la société sur ses propres contradictions lorsqu’elle exige la mise à l’écart définitive de tout prêtre ou religieux coupable dans le même temps où elle plaide, ailleurs, pour la réinsertion des condamnés.

On peut entendre Mgr Crépy, lorsqu’il explique avec franchise :  « Je suis encore nouveau dans mes fonctions, l’exercice est un peu difficile. Je ne me voyais pas sur le plateau, être mal à l’aise alors que je représente l’Eglise. »  (6) L’exigence n’en est que plus grande pour l’Eglise de France de se donner les moyens d’une parole, à son tour libérée, sur ces questions. Le 12 décembre dernier la Cef organisait une réception de fin d’année dans ses locaux de l’avenue de Breteuil, à l’intention des mouvements d’Eglise et des médias. Dans son discours de bienvenue, Mgr Pontier évoquait quelques événements marquants de l’année 2016… sans la moindre allusion aux affaires de pédophilie qui avaient pourtant ébranlé le monde catholique et plus particulièrement le diocèse de Lyon. Qui dira le prix du silence ?

 

  1. L’accusation se trouve dans le communiqué de la Cef justifiant sa non-participation au débat.
  2. Son témoignage ne figure pas dans le document lui-même mais dans le débat qui a suivi.
  3. On entend parfois, ici ou là, des personnes qui par ailleurs se sont élevées contre le projet de déchoir de la nationalité française des binationaux coupables d’actes terroristes, s’étonner que des prêtres pédophiles fassent toujours partie de l’Eglise…
  4. Le secret qui entoure la procédure des procès canoniques fait également débat, qui semble avoir pour effet essentiel de « protéger » l’accusé et l’institution à laquelle il appartient, au détriment des victimes.
  5. Dans le débat, où cette question est évoquée, le sociologue Olivier Bobineau insiste néanmoins pour qu’une telle commission d’enquête, si elle devait voir le jour, porte sur la pédophilie dans toutes les institutions, donc également dans l’éducation nationale.  Olivier Bobineau est par ailleurs l’auteur du livre Le sacré incestueux. Les prêtres pédophiles. Ed. DDB, 2017.
  6. Notons au passager que lorsque Mgr Crépy explique son absence du débat, par le fait – compréhensible –  qu’il ne se sentait pas suffisamment en possession de son dossier, il fait un sort à la version officielle de la chaise vide, justifiée par le manque de déontologie des journalistes dans le documentaire.

Sur la question de la pédophilie dans l’Eglise, articles publiés sur ce blogue en 2016

Spotlight, des vérités qui continuent d’effrayer
Sur les questions de la pédophilie et des dérives sectaires en France.
http://www.renepoujol.fr/spotlight-des-verites-qui-continuent-deffrayer/
Abus sexuels : le mal à la racine
Sur la timidité de l’épiscopat à s’engager vraiment.
http://www.renepoujol.fr/abus-sexuels-le-mal-a-la-racine/
Pédophilie : l’Eglise sous le scalpel
A propos du livre d’Isabelle de Gaulmyn sur l’affaire Preynat.
http://www.renepoujol.fr/pedophilie-leglise-sous-le-scalpel/

 

79 comments

    • Ce qui est étonnant dans cette prière c’est qu’il n’est jamais évoqué de demander pardon aux victimes. Cela est aussi un signe de la conception du rapport qu’ont ces « pasteurs » avec leur « troupeau » : ne jamais les considérer comme des sujets envers lesquels on a des obligations. Mrs évêques doivent aussi rendre des comptes aux fidèles.Pas seulement à Dieu.

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      • Vous êtes sévère ! Je lis, même si c’est sous forme négative et en demandant pardon pour « une absence de demande de pardon » :

        Nous n’osons pas demander pardon à nos victimes.
        Et pas seulement les enfants, mais aussi les innombrables adultes
        Qui ont été manipulés spirituellement, en ton Nom !
        Pour assouvir jusqu’aux plus abjectes convoitises.

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        • Je lis cette prière comme vous et ne doute pas de la sincérité et de la bonne foi de celui qui l’a écrite. mais ce qui est particulièrement difficile dans une démarche de pardon , c’est de rencontrer concrètement celui que l’on a offensé et de prendre le risque qu’il ne nous accorde pas son pardon ou tout au moins qu’il ne le fasse pas immédiatement ( ce qui serait compréhensible vu la gravité des faits).

          L’exemple de Ph Barbarin qui demande pardon à Dieu en grande pompe et ne s’adresse pas directement aux victimes pour leur demander concrètement et humainement leur pardon nous fournit un malheureux contre exemple qui laisse planer le doute sur la capacité cléricale à être simplement « humain ».

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    • Je regrette que ce prélat ne s’autorise pas, (ne soit pas autorisé ?) à signer cette prière. L’humilité est belle et bonne mais parfois la vérité a priorité.

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  • D’accord avec votre analyse. Elle mériterait d’être étendue aux causes structurelles qui empêchent les évêques de prendre la mesure de la pédophilie des clercs et donc d’y remédier : conception faussée de la sexualité humaine ,sacralisation du prêtre qui empêche de prendre en compte son humanité, sacralisation de l’institution qui ne permet pas de discerner à temps ses errements et de les corriger avant qu’ils engendrent des catastrophes.
    Il ne faut pas sous estimer la difficulté : un tel effort de lucidité remettra en cause toute la représentation que l’Eglise a d’elle même. Je doute qu’elle soit prête à l’accepter.

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    • Certains clercs sont prêts à l’accepter : pas mal de prêtres, certains évêques, et la majorité des diacres (du moins je le crois). Les clercs sont-ils l’Église à eux tout seul ? Non bien sûr, l’Église c’est l’ensemble du peuple de Dieu, clercs et laïcs, et si celui-ci s’exprime, c’est dommage qu’on n’en tienne pas plus compte. Le plus redoutable c’est la peur de parler et de se mettre en avant. Il faut voir que derrière nos intégristes « bien pensants » sont prêts à bondir sur celui qui dira une parole qui mettrait peu ou prou en cause l’institution. Hélas. La plaie est aussi là…

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  • Oui crimes il y a eu. Oui crimes il y a sans doute encore. Mais qui peut nier la détermination de l’Eglise à, sinon éradiquer, en tout cas dénoncer ceux qui sont coupables en son sein.
    Si la CEF n’a pas voulu être présente sur le plateau, c’est parce que les méthodes d’investigations employées étaient systématiquement à charge et veulent laisser entendre que l’Eglise ne fait aucun effort. Peut-on compter sur Mme Lucet pour faire preuve d’objectivité ? Peut-on compter sur Mediapart pour être objectif à l’égard de l’Eglise ? Monsieur Edwy Plenel qui a laissé le journal Le Monde au bord de la faillite est-il le mieux placé pour jouer les pères la vertu ?
    Je ne partage donc pas votre point de vue. J’approuve totalement l’absence de la CEF à un tel « procès ».

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    • C’est votre droit. Mais il faut beaucoup de naîveté pour croire que les téléspectateurs qui auront regardé le document et le débat auront une meilleure vision de ce que veut dire l’Eglise… Qui sait le refus de la Cef et les raisons de ce refus dans le grand public ? Personne !

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    • La question n’est pas celle de la détermination de la CEF dont je ne doute pas. Elle est celle jamais posée de sa capacité à traiter le problème avec les moyens qu’elle utilise

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    • Je suis pleinement d’accord avec Eric Nodé-Langlois. Ni Elise Lucet ni Edwy Plenel, qui en d’autres temps se félicita de la libération de Pnom Penh par les Kmers rouges, ni Médiapart ne sont crédibles. Face à de telles méthodes d’investigation et à l’absence d’objectivité la bonne solution était de ne pas participer au débat. Le Christ a bien dit aux apôtres de ne pas avoir peur et que le Saint Esprit leur soufflerait les réponses à faire aux accusateurs . Il est néanmoins vrai qu’un Evêque ou le Supérieur d’une congrégation religieuse ne sont peut être pas formé à faire face à de telles hyènes. En ce qui me concerne, connaissant les méthodes d’Elise Lucet je me suis bien gardé d’augmenter l’audimat de cash investigation.

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      • Vous pouvez penser ce que vous voulez d’Elise Lucet et de Médiapart mais l’émission – qui n’était pas sans qualités – existe, elle a été vue par un public nombreux et a plongé nombre de catholiques dans des questionnements légitimes vis-à-vis de la hiérarchie de l’Eglise.

        La communication de la Cef sur ce dossier a été, selon moi, une grave erreur. Dénoncer par avance une émission que l’on n’a pas vue est toujours risqué. La Cef qui pensait décrédibiliser l’émission en refusant d’y participer s’est elle-même déconsidérée. Son absence aura été interprétée par beaucoup comme une fuite. Alors qu’Olivier Ribadeau-Dumas a eu, dès le lendemain, des paroles justes et fortes qui auraient pu être entendues par quelques millions de téléspectateurs s’il les avait prononcées sur le plateau de Cash investigation.

        Mgr Luc Crépy a expliqué que s’il n’avait pas souhaité participer lui-même au débat c’est qu’ayant pris ce dossier récemment il ne se sentait pas à même d’affronter un débat public, ce qui peut se comprendre. Mais cela signifie, par contre-coup, que le prétendu manque d’éthique des journalistes qui a justifié le boycott de la Cef n’était qu’un prétexte pour masquer le fait que personne dans ses rangs n’était à même de parler de ce sujet de manière crédible à la télévision ! Là est le problème.

        Pour le reste, nous expliquer que courageusement vous n’avez pas regardé l’émission pour ne pas la cautionner me semble être l’illustration même de la politique de l’autruche. Moi je l’ai regardée, analysée et je m’apprête lundi à aller échanger dans une paroisse de mon diocèse avec des fidèles qui souhaitent débattre du sujet.

        Enfin, permettez-moi, amicalement, de vous renvoyer à votre propre commentaire. Vous écrivez : « Le Christ a bien dit aux apôtres de ne pas avoir peur et que le Saint Esprit leur soufflerait les réponses à faire aux accusateurs.» C’est tout à fait le raisonnement qui aurait du conduire la Cef à accepter l’invitation de la télévision. Je ne doute pas que le Saint-Esprit eût soufflé à son représentant les bonnes réponses face à une Elise Lucet accusatrice ! Une occasion perdue !

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    • Je suis peu de chose -quasi personne- et je nie que cette volonté soit vraie, … tant que l’institution qui se prend pour l’Église refuse de réviser son enseignement traditionnel sur la sexualité, tant que le statut de clerc est profondément marqué par une vision dévoyée du don de dieu qu’est la sexualité, tant que l’institution cherche d’abord à cacher ses turpitudes, et, à force de vouloir éviter tout scandale, à en être elle-même la cause première. Et je sais que les personnes que je connais pensent de même -prêtres religieux et religieuses compris- et qu’elles aussi sont peu de choses. Et je sais que sans nous -chrétiens de rien qui évitons souvent l’église et les clercs es qualité- l’Église file un mauvais cocon.

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    • A Eric,

      « Mais qui peut nier la détermination de l’Eglise à, sinon éradiquer, en tout cas dénoncer ceux qui sont coupables en son sein. » écrivez-vous.

      Pour autant, je pense que l’Eglise catholique ferait beaucoup mieux de dénoncer la pédophilie dans son Catéchisme, plutôt que de s’en prendre à la masturbation par exemple.

      En son Article 2352, le Catéchisme de l’Eglise catholique commente, en effet, la masturbation, qualifiant celle-ci « d’acte intrinsèquement et gravement désordonné » et, plus loin, de « jouissance sexuelle recherchée en dehors de la relation sexuelle requise par l’ordre moral, … »
      En revanche – dans le même Catéchisme – pas le moindre Article ni le moindre commentaire concernant la pédophilie !
      (or ne dit-on pas « mieux vaut prévenir que guérir » ?)

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  • Félicitations à René Poujol pour cet article intelligent et équilibré qui dit tout simplement les choses telles qu’elles sont. Je suis un prêtre heureux de l’être. Je ne me suis jamais caché derrière mon petit doigt et quand je vois nos responsables fuir devant la réalité qui leur est présentée, je me dis que le jugement que je m’étais fait par devers moi sur leur arrivisme était tout à fait fondé. J’aime l’Eglise et, parce que je l’aime, je désire sincèrement la vérité. Tant que les évêques censés succéder aux apôtres feront semblant de ne pas entendre, le Bon Dieu se servira du bon peuple pour faire de plus en plus de bruit : vox populi Vox Dei.

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  • Il peut être instructif d’observer la collaboration des évêques de Belgique avec la commission parlementaire instaurée à ce sujet, et la statistique des personnes qui ont opté pour chacune des deux voies proposées, la commission d’arbitrage et les points de contacts.
    Voir, par exemple, la mention qui en est faite dans La Vie dans une publication du 03/06/2014.
    Ne pas désespérer.
    La pression de l’opinion publique á été déterminante.
    Poursuivre.

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  • S’il est incontestable que l’Eglise catholique commence à prendre conscience des ravages de la pédophilie, entre affirmer que cela va changer et un changement en profondeur, il y a une marge. Ce n’est que sous la pression, quand elle ne peut plus faire autrement, que l’Eglise concède d’admettre du bout des lèvres, ce qui s’est passé. Souvenez-vous de la démission à Rome de cette dame qui faisait partie de la commission qui réfléchissait aux problèmes de la pédophilie et des obstructions du cardinal Muller, entre autres, pour que cette commission ne puisse pas travailler correctement. C’était prévisible que ce problème allait tôt ou tard être mis au grand jour, et je pense que cela n’est pas encore fini. A cause de l’hypocrisie de l’Eglise apparaîtra aussi tôt ou tard le problème de l’homosexualité de certains prêtres ou le fait que certains vivent avec une femme ou même avec un homme. L’important est que cela ne se sache pas. Mais avec les moyens modernes de communication, que l’Eglise ne peut plus contrôler, ni étouffer, on ne plus faire semblant pour sauver les apparences. Et ce qui est plus grave, ce genre de déni des réalités risque de décrédibiliser l’Eglise aux yeux de pas mal de nos contemporains. Il est tout de même remarquable que le secrétaire de la Conférence des Evêques de France, qui est un homme du système, puisse dire qu’il a honte, après ce qu’il a vu à la télévision.

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    • « Souvenez-vous de la démission à Rome de cette dame qui faisait partie de la commission qui réfléchissait aux problèmes de la pédophilie et des obstructions du cardinal Muller, entre autres, pour que cette commission ne puisse pas travailler correctement » : Voici d’ailleurs quelle fut réaction de Marie Collins à l’obstruction manifestée par le cardinal Müller :

      (Marie Collins est une Irlandaise victime de pédophilie ayant été membre de la même Commission pontificale, avant d’en démissionner le 1/3/2017)
      (publié le 16 Mars 2017)
      Nicolas Senèze dans son article pour la-Croix.com nous montre que dans un entretien au Corriere della Sera, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi avait tenté de se justifier sur le manque de coopération de son dicastère dans le cadre de la lutte contre les abus sexuels que mettait en cause l’Irlandaise Marie Collins.
      L’Irlandaise Marie Collins, qui a récemment démissionné de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, a vertement répondu, mardi 14 mars, au cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui, dans un entretien au Corriere della Sera, avait tenté de justifier l’attitude de son dicastère.
      Lors de sa démission, Marie Collins, elle-même victime d’un prêtre pédophile dans son adolescence, avait sévèrement critiqué le «manque de coopération» de la Curie, et notamment de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), dans la lutte contre les abus sexuels dans l’Église.
      Dans sa lettre, publiée par l’hebdomadaire américain National Catholic Reporter, Marie Collins dresse une liste de rendez-vous manqués, de réunions annulées ou de courriers dont la CDF n’a pas tenu compte, soulignant l’absence de contacts réguliers entre la commission et la congrégation.
      Elle critique notamment le fait que, comme l’explique lui-même le cardinal Müller, «après un intense dialogue entre différents dicastères engagés dans la lutte contre la pédophilie dans le clergé», il avait été décidé de ne pas concrétiser le «projet» d’un tribunal interne à la CDF pour juger les manquements des évêques dans leur gestion des abus.
      «C’était un projet, dites-vous, seulement un projet ?», s’indigne l’Irlandaise, rappelant que le pape avait explicitement demandé «l’établissement d’une nouvelle section judiciaire» au sein de la CDF avec «la nomination d’un personnel stable» et d’un «secrétaire pour assister le préfet pour ce tribunal» auquel des ressources ont déjà été affectées.
      Elle souligne ainsi que la Congrégation pour la doctrine de la foi a délibérément passé outre une demande expresse du pape. Enfin, alors que le cardinal Müller dit n’avoir «jamais eu la chance de la rencontrer», Marie Collins lui rappelle un dîner à ses côtés à Dublin (Irlande), peu de temps après sa nomination…
      Cette réponse de l’ancienne victime au cardinal Müller fragilise un peu plus le préfet de la CDF, dont certains ont publiquement demandé la démission, alors que celui-ci est déjà en délicatesse avec le pape sur plusieurs sujets, notamment l’interprétation de l’exhortation Amoris laetitia.

      Une belle mise au point de Marie Collins qui attend mieux que des justifications de la part de la CDF, pour qu’elle puisse enfin avoir des actes de protection envers les mineurs, le pape devrait sans doute nommer quelqu’un d’autre.
      https://www.ncronline.org/news/accountability/lone-survivor-vatican-abuse-commission-resigns-frustration

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      • Cet épisode de la démission de Marie Collins, illustre bien qu’il y a une marge entre les déclarations de vouloir changer et la réalité de ces changements. Malgré certaines imperfections qui sont reprochées à l’émission Cash investigation, elle a le mérite d’informer l’opinion publique sur la façon concrète de traiter ce problème par l’Eglise, qui n’est de loin pas à son avantage, que ce soit dans cette affaire ou dans d’autres : le goût du secret, s’imaginer d’être au dessus des lois quitte à même y ajouter qu’il s’agit de lois de Dieu alors que les autres ne sont que des lois des hommes. L’archevêque de Conacry refuse de s’expliquer sur son comportement. Il se contente de dire que ce document ultra secret n’aurait pas dû être entre les mains du journaliste. Il n’est pas dans la mentalité de la hiérarchie catholique de se laisser interpeller par des laïcs et de se laisser remettre en cause. Plus on est placé haut dans la hiérarchie et plus on est près de la vérité. Remettre ce principe en cause signifie que l’on s’est fixé comme but de diffamer l’Eglise et certains milieux soutiennent ce genre d’idées
        http://conscientia.fr/2017/03/23/les-eveques-au-pilori/

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    • Malheureusement, ce qui est incontestable est que depuis 30 ans, l’institution fait mine de « commencer à prendre conscience ». JP II fut aussi sourd que ses prédécesseurs, en particulier à l’égard du criminel fondateur des légionnaires du Christ. Il fallut attendre qu’en 1988 Joseph Ratzinger se dise inquiet et réclame « une procédure plus rapide et simplifiée », … sans rien obtenir! * Plusieurs années après avoir été élu pape, en 2010, BXVI proclama la tolérance zéro dont la mise en œuvre tarde à descendre les échelons, montrant que le blocage traditionnel persiste, comme sur d’autres sujets, et en premier lieu au niveau de la curie. … Chez nous quand Mgr Pican a été condamné, l’institution de France fit savoir qu’elle avait pris la mesure, …nous étions en 2001! Puis on a vu comment Mgr Barbarin a réagi aux affaires de son archidiocèse. Désolé, mais il est « stupide » de croire des déclarations que les actes ne corroborent pas des décennies plus tard. Et puis, c’est tout de même le Pape François qui a rassuré l’opinion publique française, en disant ou faisant dire qu’il ne parlait pas du cardinal auquel avait échappé « heureusement, c’est prescrit! », … Où sont les actes qui montrent le sens des responsabilités et l’attention à toutes les victimes alors que la CEF a refusé de comprendre ce qu’a déclaré Mgr Lalanne considérant que les abuseurs ne sont pas forcément des pécheurs, c’est à dire qu’il a exprimé qu’il faut s’occuper de toutes les victimes, notamment pas mal d’abuseurs.
      * http://premium.lefigaro.fr/flash-actu/2012/02/03/97001-20120203FILWWW00588-pedophilie-ratzinger-inquiet-des-1988.php

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      • Je ne sis pas sûr de comprendre votre dernière phrase. Lorsque Mgr Lalanne décclare qu’un pédopile n’est pas forcément pêcheur… il veut dire, à mon sens, que le péché suppose de la partde la personne une pleine conscience de la gravité de son acte, ce qui n’est pas toujours le cas. Mais Mgr Lalanne qui a été Porte parole de la Conférence des évêques conna^ît les lois de la communication. Ce qui peut être formulé en ces termes dans une conférence privée, et expliqué, est irrecevable sur un média grand public en pleine affaire Preynat. Les gens retiennent : pour l’Eglise la pédophilie n’est pas un péché, ce qui, de fait, n’est pas la même chose !

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        • René, nous sommes d’accord sur le sens de ce qu’à dit Mgr Lalanne, qui a voulu dire aussi que l’institution n’apporte pas aux clercs « malades » le secours dont certains ont exprimé le besoin, … Voir ces clercs en pêcheur est commode; et évite de saisir l’opportunité d’une explication loyale avec l’association ce qui aurait été un possibilité de se dédouaner de ses mauvais réflexes passés. Ne pas parler clair et simple aux grands médias revient aussi à prendre les gens pour des demeurés; rabaisser ainsi la masse n’aide pas le peuple à grandir, … S’agirait-il de préserver la quiétude de quelques chrétiens et le point de vue en surplomb qui sied aux princes? Le pb est surtout que Mgr Lalanne a pris une CEF très soucieuse de l’aura de ses cardinaux, à contrepieds. Bravo au courage de Mgr Lalanne.

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      • P6 aurait pu changer la donne lorsque le père Gerald Fitzgerald lui avait fait les piqûres de rappel concernant l’irréformabilité des prêtres pédophiles et la nécessité de les réduire à l’état laïc, de dénoncer leurs crimes au pénal (bien sûr protéger les enfants de ces prédateurs) voire de les enfermer sur l’île dont il avait déjà commencé à payer une première traite.
        Mais P6 a refusé et nié totalement la gravité de l’affaire. Et nommé à la place de Fitzgerald aux Serviteurs du Paraclet, un autre directeur, Joseph Mc Namara, bien plus accommodant, disant que les prêtres pouvaient être remis en service sacerdotal dans d’autres paroisses, après un petit temps au vert dans les différents centres des Serviteurs du Paraclet et pouvaient même sortir le week-end se détendre hors du centre de soins.

        Et c’est la politique qui a dès lors été adoptée. Et c’est ce qui a provoqué la multiplication des victimes depuis.
        Y compris dans les communes où se trouvaient les centres du Paraclet puisque contrairement aux directives de Fitzgerald, après 1965, les prêtres pédophiles sont autorisés à sortir le week-end où bon leur semble et ils en profitent pour faire de nouvelles victimes dans les villages et villes proches du centre où ils sont sensés être traités pour leur pédophilie).
        Le diocèse de Jemez Springs va en 30 ans, avoir un taux de petites victimes de prêtres pédophiles considérablement élevé. En 1995, l’établissement ferme donc définitivement suite aux plaintes et procès des familles des victimes et des victimes elles-mêmes.

        Plus de détails sur un article datant de 1998:

        https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://www.bishop-accountability.org/resources/resource-files/timeline/1998-06-28-Moffett-GroundZero.htm&prev=search

        L’établissement a donc complètement contredit les recommandations du père Fitzgerald, par la volonté express du Vatican qui a refusé d’exclure et dénoncer ses prêtres pédophiles.

        Cette affaire, largement médiatisée et dénoncée aux US n’a jamais été racontée en Europe aux catholiques. Il est temps de dévoiler tout ça.

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  • Le prix du silence, le prix du mépris de l’autre, le prix de l’ignorance et il arrive que l’ignorance soit coupable. Je précise que je désapprouve le procès uniquement à charge, les méthodes agressives et la mise en scène des journalistes enquêteurs, toutefois, il me semble que le défaut principal de la Cef ne concerne pas la communication mais la charité. Mgr Ribadeau Dumas dit qu’il a honte, soit, il ne peut cependant ignorer que Mgr Barbarin a refusé de recevoir l’association des victimes !

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  • La Commission pontificale pour la protection des mineurs : de la poudre aux yeux ?

    « 95% des conférences épiscopales dans le monde ont entre les mains un document d’intervention et de prévention, qu’elles ont elles-mêmes rédigé, comme l’exigeait la Congrégation pour la doctrine de la foi. Mais entre la connaissance brute des faits et la volonté de changer les choses, il peut se passer des années… Si la difficulté du traitement de ce problème s’explique notamment par la pression médiatique, selon le Père Zollner [père jésuite allemand, psychothérapeute et directeur de l’Institut de psychologie de l’université grégorienne et membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs], il y a également d’autres causes à prendre en compte : « Tout cela est lié à différents facteurs dont les sensibilités culturelles et la situation générale de la sexualité dans la société. Par exemple, en Corée ou au Japon, on ne parle pas de sexualité, mais on peut noter que la mobilisation est également faible dans les pays méditerranéens comme l’Italie, la France ou l’Espagne. » (Virginie Riva, « Ce pape qui dérange », Éditions de l’Atelier, 2017, p.122-123)

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  • Beaucoup apprécié cet article mais aussi l’émission qui était nécessaire pour mettre l’épiscopat et le Vatican en face de ses dénis, de ses mensonges et de ses manipulations.
    Ce que j’ai trouvé dommage, c’est que Cash Investigation a fait l’impasse sur une information pourtant capitale il me semble, que l’ensemble des croyants catholiques français et une grande partie des français ignorent (parce que cette info n’a été diffusée qu’une fois sur Arte via l’excellent documentaire visible sur Youtube, Mea Maxima Culpa -sur l’affaire Murphy): le Vatican, l’institution cléricale toute entière avait depuis bien longtemps pris la mesure de la gravité criminelle de ses prêtres pédophiles. Le Vatican, par l’intermédiaire d’un prêtre de Boston, le père Gerald Fitzgerald, créée à Jemez Springs (Nouveau-Mexique aux US) en 1947, un institut spécialisé dans le traitement spirituel et psychiatrique des prêtres alcooliques, drogués et pédophiles. Ce premier centre de traitement des prêtres déviants, criminels (qui essaimera aux US mais aussi en Europe dont un en France), va amener Gerald Fitzgerald au bout de cinq ans, à envoyer un rapport à son archevêque puis au Vatican sur l’irréformabilité et la dangerosité des prêtres pédophiles. Nous sommes en 1952. Fitzgerald précise qu’il serait dangereux et criminel de laisser ces hommes poursuivre un quelconque ministère sacerdotal ou d’envisager de les recycler ailleurs. Il recommande la réduction à l’état laïc et souscrit à un internement à vie sur une île, coupée du monde extérieur.

    La suite, je vous la donne via un lien traduit du journal américain « National Catholic Reporter ».

    https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=https://en.wikipedia.org/wiki/Gerald_Fitzgerald_(priest)&prev=search

    L’article date du 30 mars 2009 et a été écrit par Tom Roberts, le rédacteur en chef du journal.

    titre français de l’article:
    « Les évêques ont été mis en garde contre des prêtres violents »

    Cet article permet de comprendre qu’hélas, l’Eglise cléricale a eu l’occasion par le passé de traiter ses prêtres criminels pédophiles mais a choisi délibérément, et malgré les avertissements du père Gerald Fitzgerald, de déplacer quand même les prêtres pédophiles, les remettre en paroisse et de les soustraire à la justice pénale et aux poursuites judiciaires.

    C’est cela que j’aurais aimé entendre pour que les français comprennent que le Vatican, le clergé n’ont aucune excuse dans ce dossier. Tous étaient parfaitement au courant depuis 1952 (piqûres de rappel en 1955, 57, 62 et 65) des risques de recycler et déplacer les criminels.

    Le Vatican, les épiscopats ont choisi clairement la préservation d’un système clanique où, pour eux, le prêtre est sacré donc hors des lois des hommes. Ce qu’il fait aux enfants ne peut donc être un crime puisque le prêtre est une sorte de demi-dieu. D’où d’ailleurs les difficultés des épiscopats à définir comme crime, la pédophilie et leur difficulté à définir les collègues pédophiles comme des criminels.

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    • Je n’ai pas les moyens de confirmer ou infirmer cette information. Je m’interroge néanmoins sur une étude qui ne retient que la notion de criminalité de la personne, hors de tout contexte de maladie. L’idée que cette étude souscrive : « à un internement à vie sur une île, coupée du monde extérieur. » me laisse perplexe. Je laisse chacun se faire une opinion !

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      • Bonjour Mr Poujol

        Pour confirmer cette information, je vous passe le lien sur le documentaire Mea Maxima Culpa. Entre la 35ème minute du documentaire et la 39ème minute, Patrick Wall qui est intervenu aussi dans l’émission Cash Investigation, évoque Gerarld Fitzgerald , le centre des Serviteurs du Paraclet de Jemez Springs, ses conclusions et son projet d’île pour y enfermer les prêtres pédophiles.
        Voici donc le documentaire d’Arte: attention, il est très dur. Je préfère le préciser avant visionnage pour vous et vos lecteurs.

        L’affaire Murphy concerne un prêtre directeur d’institut pour jeunes sourds aux US (St John) qui a abusé durant plusieurs décennies d’enfants, garçons et filles et qui a été constamment protégé par le Vatican et les épiscopats, malgré dénonciations et plaintes des sourds violés et abusés. Les infos concernant Gerald Fitzgerald sont donc entre la 35ème et la 39ème minute.

        Bon visionnage!

        https://www.youtube.com/watch?v=T0tRQJTBsmw

        PS: J’ai découvert cette information il y a environ deux ans.
        J’avais vu quelques années auparavant le documentaire d’Arte lorsqu’il était passé à la télévision. Et j’avais été profondément choquée, meurtrie d’une telle stratégie vaticane et épiscopale de reclassement et protection des prêtres pédophiles, alors que le Vatican et les épiscopats avaient eu les moyens effectifs de pouvoir mettre hors d’état de nuire ces hommes criminels. Mais j’avais oublié. J’ai fait la connexion entre l’article du Catholic National Reporter et le documentaire. Puis je suis allée consulter la page Wikipedia concernant le père Gerald Fitzgerald (en anglais car il n’y a pas de traduction française le concernant). Tout s’est donc confirmé.
        J’ai également trouvé un article de 2009 sur le même sujet sur le Palm Beach Post, signé Dan Moffet. Je ne pouvais donc que comprendre la véracité de l’information.

        Le fait d’avoir mis en minorité le père Fitzgerald sur la question tant de l’internement que de la réduction à l’état laïc et du retrait de toute fonction sacerdotale, est criminel et profondément grave.
        Parce que cette stratégie du reclassement demandée par le Vatican, a fait des centaines de milliers de victimes supplémentaires et continue d’en faire. Et tout le monde était au courant. Ratzinger qui est encore vivant le savait au Saint Office quand il y prend ses fonctions au moment de la nomination papale de JP2. Alors pourquoi attend-t-il les années 2000 et être pape pour réagir un tout petit peu? Tout en perpétuant la même politique? Et en venant nous dire en plus que ces affaires n’étaient pas connues du Vatican et des épiscopats? Mais pour qui nous prennent papes, cardinaux, archevêques? Pour des imbéciles? Manifestement…Et les victimes et leurs familles aussi.
        Vous imaginez combien de centaines de milliers de victimes le Vatican et les épiscopats auraient pu éviter s’ils avaient suivi les avis du père Gerald Fitzgerald?
        Là est véritablement le scandale.
        Et notre épiscopat français savait d’autant mieux qu’il dispose d’un centre des Serviteurs du Paraclet pour les mêmes traitements. Donc Barbarin et ses prédécesseurs, la CEF depuis plusieurs décennies, savaient aussi tout ce qu’il faut savoir à ce sujet.
        Et personne n’a rien dit. Notre clergé s’est abrité derrière B16, l’ignorance, que personne ne savait vraiment ce qu’était la pédophilie et la gravité criminelle qu’elle représentait…
        C’est cela qui fait le plus mal…à nous tous.

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      • “Le prêtre américain Gerald Fitzgerald (1894-1969) a créé de nombreux centres spécialisés dans le traitement des prêtres pédophiles, mais il était convaincu que la solution au problème était la “laïcisation” des coupables ou, sinon, leur envoi dans un monastère ou sur une île d’où ces criminels ne pourraient jamais s’échapper. » (voir ci-dessous)
        http://www.courrierinternational.com/article/2013/11/07/ne-dites-pas-que-nous-sommes-une-clinique-pour-pedophiles

        Toujours cette diabolique « loi du silence », dont l’Eglise souffre depuis toujours. Jusques à quand en souffrira-t-elle ?

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        • Merci pour l’ajout de l’article de Courrier International.
          J’aimerais bien savoir où se trouve la clinique française des Serviteurs du Paraclet et si elle est toujours en fonction.

          Ce qui est terrible, c’est de voir comment le Vatican a fait en sorte de faire la sourde oreille et de délégitimer le père Fitzgerald pour réhabiliter, avec le soutien de son successeur MC Namara je crois, envers et contre toute prudence, des prêtres criminels sexuels patentés. Et pire, de leur refiler à chaque fois des paroisses avec enfants.

          La loi du silence est je pense en train de se fissurer, du fait des mobilisations de différentes associations de victimes, issues de différents groupes, communautés et ayant subi différentes violences cléricales (abus sexuels, manipulation mentale, viols, tortures physiques et morales, vol d’enfants, humiliations, meurtres).

          Au plan européen comme aux US, il y a peu à peu une levée générale de victimes, même très âgées, qui ne veulent plus se taire face à l’impunité criminelle de différents prélats.

          Ces victimes prennent conscience aussi des complicités des états avec l’Eglise cléricale et des politiques de diabolisation comme de mépris des citoyens (croyants) de tous âges et encore plus appartenant aux classes sociales les plus modestes, appliquées au plan européen, voire mondial.

          Un niveau d’éducation plus élevé, une perte de pouvoir religieux du catholicisme romain dans différents pays, un accès plus important à des informations jusque là inaccessibles sauf pour des chercheurs, tout ça permet aux victimes de pouvoir se mobiliser et finir par découvrir et dévoiler publiquement la vérité.

          Ce qui leur permet de témoigner, de porter plainte et se constituer en associations pour dénoncer les crimes, violences de l’Eglise.

          Nous sommes à un stade où les associations de victimes ne tarderont pas à fusionner au plan international pour demander la mise au tribunal pénal international du Vatican et de différents épiscopats, mouillés jusqu’au cou par ces affaires pédophiles.

          Que feront les Nations Unies en ce cas?
          Là est tout le problème. Mais le statut protecteur et particulier du Vatican risque de tomber rapidement.
          Avec une demande de mise sous tutelle et sous contrôle d’un organisme extérieur et un large procès incluant l’actuel pape et une bonne partie des cardinaux, évêques et archevêques (dont Barbarin).
          Plus le temps passe, plus on se rapproche de ce moment.
          L’accélération des révélations, des affaires qui dépassent le cadre national, l’accès à certains documents d’archives non religieuses, dévoilant crimes et malversations du clergé catholique romain, ne font que précipiter le vaisseau clérical romain vers la destruction. Destruction dont l’institution vaticane est entièrement responsable.

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          • « … Gâchis d’autant plus grand que l’institution vaticane s’était dotée dès 1947, d’une congrégation, « les Serviteurs du Paraclet », censée traiter et empêcher les prélats pédophiles de commettre de nouveaux crimes. Mais malgré les appels répétés d’alerte et les directives claires du fondateur et responsable de cette congrégation, Gerald Fitzgerald, directives données en 1962 au Saint-Office et aux évêques, piqûre de rappel au Pape P6 en 1965, le Vatican, l’Eglise catholique institutionnelle a choisi sciemment de tourner le dos à ces recommandations. Et de continuer à protéger les prêtres pédophiles plutôt que les enfants. Depuis plus de 50 ans, l’institution a donc permis viols et abus sexuels de religieux, prélats partout dans le monde, alors qu’elle aurait pu empêcher ces crimes, limiter grandement le nombre d’enfants victimes, dénoncer et mettre hors d’état de nuire les prélats et religieux pédophiles. Comment et pourquoi une telle forfaiture ?

            J’ai transmis ces informations avec les liens anglo-saxons qui vont bien à vos enfants par le mail de l’association de la Parole Libérée. J’espère qu’ils pourront utiliser ces informations pour demander des réponses sur ce sujet à Barbarin mais aussi au pape et au collège des cardinaux par le biais de leurs avocats.

            Nous avons tous besoin de comprendre pourquoi l’institution catholique romaine a fait le choix de sacrifier les enfants alors qu’elle pouvait les protéger des prélats pédophiles depuis au moins 54 ans. Pourquoi, alors que les Serviteurs du Paraclet ont un établissement en France (tenu secret mais certainement connu de l’épiscopat français depuis très longtemps), les prélats identifiés comme pédophiles n’y ont pas été placés et réduits à l’état laïc, dénoncés avec jugement pénal et prison ?

            Pourquoi ces informations connues aux US fin des années 90 n’ont-elles pas franchi les frontières étasuniennes alors que la congrégation des Serviteurs du Paraclet a essaimé les établissements en Europe (Angleterre, Ecosse, France, Italie) ?

            Notre institution cléricale doit avoir ces réponses ainsi que les médias américains qui n’ont pas transmis ces infos au plan européen, alors qu’ils les ont depuis fin des années 90, au moment de la fermeture du centre de Jemez Springs (pour cause de plainte pour pédophilie à grande échelle -les prêtres traités à Jemez Springs avaient quartier libre le week-end). Si nous avions eu ces infos plus tôt, il est fort probable que l’ensemble de la communauté catholique mondiale aurait pu demander des réponses concrètes au Vatican sur ce sujet, avec l’appui de l’ONU et du TPI. » (voir ci-dessous)

            http://www.lenversdudecor.org/Nous-accusons.html

          • Bonjour Mr Van Reeth

            Je suis celle qui a laissé ce message sur l’Envers du Décor et qui ai envoyé l’info aux victimes de la Parole Libérée.
            Ca me paraissait important pour qu’elles comprennent ainsi que leurs parents, que l’affaire Preynat-Barbarin était logique étant donné les options choisies dès les années 50 par le Vatican et les épiscopats, malgré les avertissements du père Fitzgerald. Si cette information avait été exploitée par les avocats des victimes du père Preynat, Barbarin ne s’en serait pas sorti. Ni l’épiscopat non plus.

            Si je n ‘ai pas découvert l’établissement français des Serviteurs du Paraclet, j’ai découvert l’établissement anglais qui s’est renommé Notre Dame des Victoires de la confiance avant de fermer en 2004, manifestement, voyez plutôt dans cet article du Guardian:

            https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=https://www.theguardian.com/society/2004/nov/10/childrensservices.guardiansocietysupplement&prev=search

    • Hormis « la préservation d’un système clanique où, pour eux, le prêtre est sacré donc hors des lois des hommes », il nous reste aussi un peu de poudre aux yeux :

      Peter Saunders, un Britannique victime de pédophilie qui a été membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs – mais qui en a été écarté ensuite – a fait cet autre commentaire :

      « Le pape François fait partie du problème […]. … L’Eglise ne nous laissera rien faire. Le travail de la commission n’est que de la poudre aux yeux. Il ne se passera rien de vrai. […] Ce cancer de l’Eglise ne sera jamais pris en compte tant que nous resterons autour d’une table à discuter de comment mieux recruter les prêtres à l’avenir, ou à adapter le droit canon. Clairement le Vatican ne comprend pas. Nous ne parlons pas d’histoire ancienne. C’est un problème d’aujourd’hui, et il faut l’affronter maintenant. Le pape pourrait faire tellement plus et il ne fait presque rien. » (Virginie Riva, « Ce pape qui dérange », Éditions de l’Atelier, 2017, p.127)

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      • J’avais été désolée d’apprendre l’écartement de Peter Saunders qui apportait avec Marie Collins, une vraie caution à la démarche. Mais comme je le craignais un peu, et l’avais dit sur Golias, l’Envers du Décor et sur le blog de Paroissiens Progressistes, je me doutais qu’il s’agissait d’une coquille vide, cette commission.
        Et avec l’affaire Grassi qui montre que F1 a, comme ses prédécesseurs , tenté de faire passer les victimes pour affabulatrices et voulu innocenter Grassi, influencer les juges argentins, y a franchement plus de doute sur le jeu de dupes du pape.
        Mais c’était à prévoir. Que peut-on attendre d’un cardinal nommé par JP2?
        Forcément, il jouera le même jeu d’illusionniste que son ancien patron. Comme l’a fait aussi B16 dont le frère était aussi concerné par une affaire pédophile en Allemagne.
        Bon, on a évité quand même la canonisation de Martial Maciel…Mais je pense que s’il n’y avait pas eu les menaces et plaintes des enfants de ce pédophile et psychopathe de la Légion du Christ, on se retrouverait avec un saint Maciel histoire de protéger définitivement l’organisation intégriste et sectaire de la Légion du Christ de tout procès, de toute éviction.
        Regardez ce qui a été fait pour l’Opus Dei et l’affreux Balaguer.
        Regardez ce qui a été fait pour canoniser les supérieures de différents couvents prisons (Bon Pasteur notamment), aujourd’hui largement critiquées pour maltraitances, tortures, meurtres de masse (affaire de Tuam) et trafic d’enfants…
        En France, une demande de béatification a été faite pour le fondateur de la colonie pénitentiaire de Cîteaux, laquelle par ses 30 moines, s’est rendue coupable de pédophilie aggravée et tortures sur 250 enfants et adolescents garçons entre 1866 et 1888 (date du procès qui défraya la chronique à l’époque dans les journaux et entraîna la fermeture de la colonie et lui fit perdre la dotation de l’état et l’utilité publique). Bien évidemment, dans le procès en béatification du fondateur, on y dit que la colonie était exemplaire…Il faut aller voir les archives des affaires judiciaires concernant la jeunesse pour avoir accès à l’article du Petit Bourguignon qui fait mention du procès de la colonie pénitentiaire de Cîteaux et des moines criminels.

        https://enfantsenjustice.fr/IMG/pdf/petit_bourguignon.pdf

        C’est là qu’on s’aperçoit que ce marché de la canonisation est une affaire très politique et très liée aussi à la préservation du système clanique clérical, très contrôlé par différents lobbies, appartenant à différents groupes de pression et de gouvernance au Vatican. L’entreprise n’a rien à voir avec la vitrine qui nous est présentée par le clergé.

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  • Le père Joulain, que je cite dans mon article comme intervenant dans l’émission de Cash investigation, s’exprime longuement dans la Croix (le 26 mars) :

    http://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Pere-Stephane-Joulain-Les-eveques-doivent-rendre-comptes-leur-lutte-contre-pedophilie-2017-03-26-1200834833

    EXTRAIT :
    Il n’est pas évident de croire les évêques lorsqu’ils affichent aujourd’hui leur détermination, alors qu’ils nous ont dit la même chose en 2000. Personne ne leur a demandé des comptes entre-temps. C’est le gros problème. Ils ont publié une brochure Lutter contre la pédophilie à destination des éducateurs. On sait que le problème concerne des prêtres qui ont abusé mais on fait un livre à destination de tous les éducateurs qui pourraient abuser, avec une page sur les prêtres. Si un texte pouvait changer une culture, cela se saurait…

    Aux États-Unis, la conférence des évêques doit publier chaque année un rapport sur la protection des enfants dans lequel ils indiquent ce qu’ils ont fait concrètement. Au sein de ma congrégation, j’anime aussi un réseau des délégués à la protection de l’enfance, chargés de faire en sorte que nos lieux de mission soient sûrs. Chaque année, ils doivent m’envoyer un rapport indiquant où ils en sont. C’est cela qu’on attend des évêques : pas simplement qu’ils nous disent qu’ils font des choses, mais concrètement, ce qu’ils font.

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    • La Croix, toujours le doigt sur la couture du pantalon et défendant toujours l’institution cléricale quoi qu’il arrive…
      Ce n’est pas avec ce journal que la vérité sortira sur ce genre d’affaires.
      En France, dans la presse catholique, ne reste que Golias qui fait de l’investigation et dénonce clairement les situations graves depuis des années. Et avec raison.

      Le reste de la presse catholique ne critique jamais l’épiscopat ni la Curie mais au contraire leur sert la soupe quand elle ne sert pas la soupe aux groupes intégristes cathos (Opus Dei, FSSPX, Renouveau Charismatique et même parfois Légion du Christ). Ce qui est lamentable mais bien réel au demeurant.

      Sur l’affaire Grassi, celui qui a commandé la contre-enquête et contribué à alimenter son contenu, c’est quand même Bergoglio lui-même, alias F1 maintenant. C’est lui aussi qui a refusé de recevoir et d’entendre le témoignage des victimes de Grassi lorsqu’il était archevêque en Argentine. Et a tenté de les discréditer dans ce rapport.

      Donc faudrait un peu arrêter de nous prendre tous et toutes pour des imbéciles et prétendre que non, il n’est pas responsable de la contre enquête…Y a des limites à l’imposture.
      Personne ne lui a imposé de faire ce document, ni de défendre Grassi, ni de tenter d’influencer les juges argentins (même si la stratégie n’a pas eu de prise sur la décision finale du tribunal, à nouveau confirmée le 21 mars dernier).

      F1/Bergoglio l’a fait de lui-même. Donc qu’il assume. Et admette que sur ce dossier, il a finalement la même attitude que celle que l’institution cléricale catholique vaticane a toujours eu. S’il prétend être justement différent de ses prédécesseurs, qu’il admette ses torts sur cette affaire et décide véritablement de changer la donne.

      Certes, ce ne sera pas facile vus l’immobilisme et les résistances à l’interne, mais ça reste possible. Par contre, ça demande un gros gros ménage. A commencer par mettre fin définitivement à la prélature personnelle de l’OD. Et virer tous ses supporters ainsi que ceux de la Légion du Christ, du Chemin Néocatéchuménal, du Renouveau Charismatique.
      Et ne garder que des prélats qui ne sont pas sous le coup de soutien à des entreprises ou mafieuses ou pédophiles ou prostitutionnelles. Et assumer les torts du haut clergé vis à vis de feu Père Gerald Fitzgerald et vis à vis des victimes des prêtres pédophiles partout dans le monde.
      Ce serait déjà une première étape. Mais est-il prêt à faire ça? Je ne le pense pas.

      Il préfère comme ses prédécesseurs la sauvegarde du système clérical tel qu’il est sans en changer un iota (sauf dans les intentions et les effets d’annonce);
      lui aussi y a des intérêts majeurs à préserver. Même s’il brasse beaucoup d’air et fait beaucoup de communication (à la manière JP2 mais avec l’OD à ses côtés et le haut surnuméraire Burke, plutôt qu’avec la Légion du Christ qui jouait le même rôle auprès de JP2 et B16), dans la réalité des faits, c’est le même rétropédalage qu’avant. Le changement dans la continuité, quoi.

      Et ça, c’est plus possible. Ni religieusement, ni moralement, ni politiquement, ni socialement.
      S’il veut continuer comme ça, alors il doit savoir qu’il condamne à court terme le Vatican et l’ensemble des épiscopats à devenir des enclaves intégristes avec des légions cléricales et laïques intégristes et sectaires à sa solde, instances fortement criminelles et hors la loi, mais il ne pourra plus prétendre représenter les croyants catholiques dans leur ensemble ni prétendre à la sainteté de l’Eglise (même si le clergé n’a pas attendu la remontée de ces affaires criminelles pour perdre en crédibilité aux yeux des croyants et même aux yeux du bas clergé, victime des manques de cotisation Sécu et dans la grande misère une fois en retraite). C’est plus possible de prétendre à la représentation de tous les catholiques romains dans le contexte.

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  • Parmi les causes structurelles qui empêchent la hiérarchie cléricale de lutter efficacement contre la pédophilie des clercs il y a aussi une dimension culturelle qui est l’amour immodéré du recours à la norme abstraite pour rendre compte du réel. Le fait d’arguer de la parution de brochures de prévention en faisant semblant de croire qu’on a réglé le problème est aussi une conséquence dommageable de cette culture de l’abstraction, de la croyance que dire dédouane de l’obligation de faire qui impreigne profondément la culture dominante dans l’Eglise catholique romaine

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    • Je vous trouve un peu sévère. Que cette condition « nécessaire » ne soit pas suffisante je vous l’accorde volontiers. Mais les évêques n’auraient-ils pas formalisé d’une manière ou d’une autre leur point de vue sur la question qu’on le leur aurait, justement, reproché. Ne leur faisons pas un mauvais procès : simplement soyons attentifs à les rappeler en permanence à leurs engagements. Exigeons, comme le suggère le père Stéphane Joulain dans la Croix du 26 mars, que chaque diocèse soit tenu, chaque année, de rendre public un rapport sur l’action engagée.

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      • A René
        Est ce faire un mauvais procès que de souligner que les bonnes intentions ne suffisent pas, que les efforts réalisés doivent aussi être appréciés pour leur efficacité vis à vis du but poursuivi. Bref que l’éthique de conviction aussi élevée soit elle ne peut prendre tout son sens que si elle est accompagnée simultanément d’une éthique de responsabilité exigeante. Or toute l’organisation hiérarchique de l’Eglise implique l’irresponsabilité de tous. Le drame c’est que je pense que Ph barbarin est profondément sincère quand il explique son inaction par l’attente de directives romaines. Contrairement à ce qu’affirment certains la question du pouvoir se pose avec accuité dans l’Eglise. Elle ne peut plus être occultée par la notion de service, car le pouvoir c’est avant tout la capacité à être responsable.

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    • Ce qui est encore plus terrible, Mr Legrand, c’est que lorsqu’il s’agit d’agir, l’épiscopat comme le Vatican nomment des personnalités pour le moins déjà poursuivies pour des faits ou de soutiens à des prêtres pédophiles ou pire encore sont eux même déjà enferrés dans des affaires de moeurs ( Tony Anatrella façon pompier pyromane en est le meilleur exemple).
      Et l’on a pas encore réouvert (j’ai peu d’espoir que cela advienne mais sait-on jamais?) l’affaire de moeurs concernant Mgr di Falco (protégé à la fois politiquement et religieusement).
      Parce que là aussi, c’est quand même très inquiétant de voir à quel point ces nominations et ces protections montrent qu’il n’y a aucune considération des victimes mais un constant déni basé sur le fait que de toute façon, le sacerdoce, la fonction religieuse leur offre un statut à part et qu’il est hors de question que ce statut privilégié et hors la loi cesse. C’est valable sur la question des crimes pédophiles comme de crimes mafieux.
      On récompense même les cardinaux, les évêques, archevêques qui ont volé, soutenu des pervers ou ont carrément commis des crimes pédophiles en leur offrant comme disait Marco Politi, journaliste italien très au courant de ces pratiques, une belle planque dans de somptueux palais romains avec domestiques, limousine et chauffeur…Alors on voit bien qu’entre le discours soit disant protecteur des victimes et les actes qui ne protègent que le clergé abusif et criminel, il y a comme qui dirait un gouffre abyssal.

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      • Je vous invite à lire dans Le Figaro de ce jour sur ce sujet l’interview d Alain CHRISTNACHT. On ne sait jamais peut-être qu’alors votre regard sera un peu moins abrupt et de parti pris

        Bonne lecture!

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        • Si les évêques étaient si mal formés, comment se fait-il que certains évêques et archevêques, quand il s’agit de passer à la caisse et indemniser les victimes, font en sorte soit de mettre le diocèse en faillite, soit de mettre des conditions qui rendent les indemnisations impossibles?
          Je vous cite deux cas récents (datant respectivement du 3 mars dernier et du 14 mars dernier) qui ont adopté ces méthodes: le diocèse d’Ulm aux US qui est le 16ème à se mettre en faillite pour ne pas indemniser les victimes. Et l’archidiocèse de New York qui établit des règles très précises pour indemniser les victimes mais sans donner accès aux documents cléricaux qui permettraient aux victimes d’être indemnisées. Surprenante attitude s’il en est…

          Et quand on voit les avocats opusiens de Barbarin en France, franchement, on ne peut pas dire que les évêques et le cardinal sont mal formés. Ils sont surtout formés au plan international, à tenir tête à la justice pénale et à tout faire pour maintenir l’impunité criminelle en leurs rangs.
          Ce n’est pas seulement valable en France mais partout ailleurs dans le monde. Ce n’est pas du parti pris que de le dire, c’est une réalité factuelle.
          Les seuls qui se conforment un peu à la justice pénale, sont ceux d’Irlande et de Suisse (uniquement parce que l’état aussi bien irlandais que suisse les pousse aux fesses et ce n’est rien de le dire). En dehors de ces deux cas, c’est plutôt magouilles et compagnie. Les deux défections de la commission pontificale pour les affaires pédophiles témoignent assez du peu de sérieux tant au niveau de la Curie que dans les épiscopats pour traiter ces crimes.

          Je cite Mr Christnacht:

          « Notre seule mission sera de conseiller les évêques qui le demandent : ce sera à eux de nous saisir et ils feront ce qu’ils veulent de nos avis ».

          Autant dire qu’ils ne feront que ce qui les arrange.
          Bref, le changement dans la continuité.
          Ah, c’est beau l’oligarchie!

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    • A Guy :
      « Le fait d’arguer de la parution de brochures de prévention en faisant semblant de croire qu’on a réglé le problème. » écrivez-vous.

      Très concrètement, à ce jour, le Catéchisme de l’Eglise catholique ne mentionne nulle part – je dis bien nulle part – la pédophilie, afin de mettre ses ouailles – y compris ses clercs – en garde contre cette pratique intolérable.
      Pour ce qui est de son Catéchisme, l’Eglise ne peut pas faire semblant d’avoir réglé le problème !

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      • Ce n’est surtout pas de l’amateurisme, contrairement à ce que pense Henri Tincq, c’est quelque chose de très réfléchi au contraire. Le principe de la chaise vide montre à quel point l’épiscopat est dans le mépris total sur la question. Au nom du droit divin et donc du droit vatican à commettre des crimes y compris pédophiles sans jamais être puni.
        C’est encore une fois un total décalage avec la réalité criminelle et la violence faite aux victimes. Il y a un déni complet qui persiste et qui ne compte pas céder.
        Qu’il faille une enquête musclée, des investigations extérieures pour dénoncer une situation criminelle aussi large et multiple, c’est quand même lamentable.
        Mais Henri Tincq ne se pose même pas la question comment, des journalistes catholiques ne se sont même pas posés ces questions ni n’ont enquêté sur le sujet. Pas plus qu’il ne s’interroge sur pourquoi règne un silence et une omerta digne du Parrain sur ces questions dans les médias catholiques. Ce qui est encore plus fou. Car si le clergé est incapable d’enquêter et de faire cesser ces horreurs parce qu’il considère que le droit divin prime donc que les victimes, elles passent en pertes et profits parce qu’il est plus important de conserver des troupes cléricales y compris criminelles. Et si les médias cathos ne font pas non plus ce travail d’enquête et de dénonciation (parce qu’il ne faut pas risquer de mécontenter le clergé), il ne reste que les médias indépendants et les croyants un peu curieux et blessés vis à vis de ces pratiques criminelles, pour mener l’enquête, découvrir le pot aux roses et informer leurs concitoyens.
        Au bout de la chaîne, il reste donc uniquement la possibilité d’information par des médias indépendants, suffisamment mobilisés par une investigation longue et large pour ensuite sortir des documents chocs.

        Et ça ne suffit pas car les responsables de cette multiplication des crimes ne seront pas punis ni par l’institution cléricale (faut pas rêver) et s’arrangeront pour ne pas être punis au pénal. Mais au contraire, soutenus et défendus y compris par la presse.

        C’est fou quand même l’inversion de valeurs. La coterie compte davantage que la dénonciation et le traitement au pénal de crimes sexuels.

        Et quand on pense qu’une partie de ces membres du clergé prétendent parler au nom de Jésus, au nom de la morale, ça fait encore plus mal au coeur.

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        • Rien n’est tout à fait faux dans votre propos mais tout est excessif ! Je persiste à penser, avec Henri Tincq, que la chaise vide au débat de Cash investigation tient plus de l’impréparation que du cynisme. Et si les médias chrétiens sont en effet – comme je l’indique dans mon article – moins bien placés pour mener le combat, les accuser, sans nuance, de n’avoir rien fait est une totale contre vérité.

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          • Qui, en dehors de Christian Terras et son équipe à Golias (média marginalisé y compris au sein du catholicisme) a dénoncé les crimes pédophiles depuis des années, aussi bien dans des communautés charismatiques que dans des congrégations ou de la part de prêtres? Pas un seul autre média catho. Vous pouvez faire le tour, il n’y en a pas.
            Le récent livre d’Isabelle de Gaulmyn sur l’affaire Preynat, elle l’assume seule en tant que personne individuelle car elle sait très bien que jamais la Croix où elle travaille et écrit, ne pourra supporter de publier ce qu’elle pense véritablement de l’affaire.
            C’est quand même éclairant sur l’omerta qui règne. Non?

          • Faux il y a eu des articles au moins dans la Vie et la Croix ! Mais arrêtons là ! C’est une polémique qui ne mène à rien !

  • Un cautère sur une jambe de bois n’a jamais résolu quelques problèmes que ce soit…Il me semble que c’est toute la théologie du Corps qui est à mettre en œuvre, et partant une théologie de la sexualité (Cf Yves Semen). La Vie ne nait pas de la fusion d’un spermatozoïde et d’un ovule, mais d’un immense courant, initié il y a 13,5 milliards d’année et qui se poursuivra pendant… .La division cellulaire, qui supporte la sexualité a été initié il y a 4,5 milliards d’années par la survenue merveilleuse d’une séparation de deux filaments de molécule d’ADN dont chacun des éléments et dont le mécanisme avaient été préparés pendant quelques 9 milliards d’années après le bing bang ! Notons que certains comparent l’évolution de l’embryon à celle de l’univers. L’Évangile n’est pas un Livre de Vérités à croire, ni un Livre de Précepte, ni un Livre de morale…mais Une Parole qui s’adresse à chacun d’entre nous, initiant un comportement qui se doit être Témoignage et non système de coercition collective. « Jésus n’a jamais parler de Dieu, mais Il a vécu Divinement », souligne Mgr Albert Rouet dans une de ses interventions.
    La sexualité est ce que Dieu a inventé de mieux pour que la Vie se perpétue d’une façon éternelle. La pédophilie n’est qu’un épiphénomène qui se résoudra de lui-même lorsque la sexualité sera de nouveau réincarnée dans la Vie, cad dans l’histoire de l’Univers.

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    • Teilhard de Chardin disait que trois pierres sont mal engagées dans la fondation: statut des clercs, sexualité et prophétisme. Il est certainement possible aux savant de remonter bien plus haut dans le passé, certainement avant la réforme et le concile de trente, probablement avant Pierre Abélard (XIIème) pour qui la conscience prime les dogmes. L’idée de tradition -quand elle est absolue- est profondément fausse. Pour rassembler la diversité des chrétiens sans que cela se voit trop, la solution a consisté à imposer le silence par des rites. Ça ne marchera plus.

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  • Obsolescente et inadaptée, la « loi du silence » a toutes raisons d’être abandonnée un jour (excepté à la mafia ?)

    « Parce que ce n’était pas obligatoire, vient de répondre un ancien professeur irlandais de droit canonique. Il voulait montrer que ce n’était pas parce qu’il avait acheté le silence de certaines victimes que le cardinal de Dublin était tenu de démissionner.
    Cette loi du silence, l’administration ecclésiastique était jusqu’ici parvenue à la faire respecter. La nouveauté, c’est que des victimes de plus en plus nombreuses n’emportent plus leur secret dans leur tombe. »

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/03/25/pedophilie-le-droit-canon-est-desormais-inadapte-par-charles-condamines_1324340_3232.html#BUbwWFA4RE2Iyh04.99 En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/03/25/pedophilie-le-droit-canon-est-desormais-inadapte-par-charles-condamines_1324340_3232.html#KE1Z9IeBv8ddwaDP.99

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    • On voit que l’institution vaticane et cléricale se fiche bien que la loi du silence soit abandonnée et obsolète. Elle s’est adaptée à la situation en déplaçant ou cachant les prêtres pédophiles, en prétendant faire des procès canoniques sans jamais virer les prêtres criminels et en les faisant loger au vert par de généreux donateurs, des congrégations, comme actuellement l’archevêque de Guam qui coule des jours heureux dans une belle maison californienne d’un couple de financiers, pendant un procès canonique où il n’est pas présent et qui prendra des années sans condamnation. Et concernant les victimes, le Vatican a choisi aux US la solution de mettre en faillite les diocèses pour ne pas avoir à indemniser les victimes. Le diocèse d’Ulm est le 16ème diocèse américain à avoir adopté ce système qui dispense le Vatican et l’épiscopat local de payer ce qu’il doit aux victimes.

      Donc ce n’est pas la loi du silence qui compte, mais l’impunité cléricale, peu importent les crimes et leur importance, le nombre de victimes.
      Quel qu’en soit le moyen, le Vatican doit assurer l’impunité criminelle de ses troupes.
      Qu’elles soient laïques comme religieuses. C’est la préservation du système qui est en jeu.
      A partir de là, soit la société civile refuse ce système et par des voies internationales, met fin à l’immunité diplomatique et au statut particulier du Vatican, juge façon Nuremberg, l’ensemble des clercs et hauts clercs responsables de cette situation, ainsi que les laïcs en poste qui ont participé à ces atrocités, se procure les archives et montre toutes les preuves des crimes contre l’humanité.
      Soit la société civile considère que finalement, cette impunité criminelle est acceptable et joue à l’autruche comme elle le fait déjà pour d’autres groupes sociaux (milliardaires, banques, multinationales). L’enjeu est là et le Vatican l’a bien compris.
      C’est pourquoi il s’est affilié à des communautés intégristes depuis JP2, des groupes politiques, sociaux qui caressent dans le sens du poil, milliardaires, banques, politiques fascistes, qui iront toujours dans le sens du crime impuni. La survie du système institutionnel catholique (qu’il soit clérical ou laïc) se situe là.
      Quand vous voyez que différents groupes intégristes liés au Vatican ont des membres à la Trilatérale, dans différents grands groupes financiers et des multinationales, c’est pour peser et ne jamais que l’impunité religieuse catholique ne soit perdue. C’est ça leur combat principal.
      Ca n’a évidemment rien à avoir avec Dieu, mais tout avec des intérêts criminels patentés et qui ne leur posent aucun problème de conscience ni de morale. La conscience et la morale, c’est pour les autres. Eux, ils sont tellement au-dessus de la mêlée…

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      • Je trouve votre propos quelque peu excessif. Peut-être existe-t-il une juste responsabilisation du Vatican avant d’en arriver à un procès de Nuremberg.

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        • Je crois, Mr Poujol, que Jeff Anderson, l’avocat américain du SNAP (collectif US associatif de victimes du clergé catholique romain), est certainement celui qui a le mieux compris la façon dont il faut responsabiliser le Vatican au plan judiciaire.
          C’est à dire le juger comme n’importe quel citoyen ou groupe criminel.

          Le Vatican ne souhaite pas changer son système.
          Toute sa construction patriarcale repose sur une domination totalitaire et permanente d’un groupe d’hommes sur l’ensemble d’une communauté de citoyens qui doivent se soumettre à eux sans conditions et sans protestations d’aucune sorte.
          Le Vatican n’hésite pas à parler de lois de Dieu au-dessus des lois des hommes.

          Comment peut-on accepter ce vocabulaire de la part d’une instance qui revendique une impunité criminelle au nom de Dieu et au nom d’un statut à part sacré et divin?

          C’est la question que chacun, croyant comme non croyant doit se poser. Mais que nous croyants, devons nous poser vraiment.

          Pour n’importe quelle secte, tout le monde dirait: un dégagé, jugement au pénal TPI et tout le toutim. Ca ne poserait aucun problème.

          Pourquoi ça en pose vis à vis du Vatican?
          Pourquoi la société civile et les croyants acceptent massivement (même si c’est de moins en moins le cas) que ce groupe d’hommes et ses congrégations (de plus en plus violentes et intégristes envers les croyants et l’ensemble des citoyens) puissent violer, abuser, tuer, exploiter comme des esclaves des enfants, des handicapés, des ados, définir qui a le droit de vivre ou de mourir, puissent définir qui a des droits fondamentaux et qui à contrario n’en a pas et doit de par son genre, sa classe sociale inférieure, uniquement se conformer à un modèle dicté par eux et eux seuls, tout ça sans être jamais punis?

          Pourquoi est-ce si difficile de dire stop à ces criminels qui se servent de Dieu comme d’un alibi pour justifier leur domination et leurs crimes?

          Sérieusement, Jésus n’aurait jamais pu cautionner de telles horreurs.
          C’est à rebours de toute sa prédication, de toute sa démarche.

          L’institution vaticane remonte à 1700 ans. Si depuis tant de siècles elle n’est pas responsable, elle ne le sera jamais.
          Et elle ne souhaite pas l’être. Parce que son système dépend d’un totalitarisme de droit divin sur lequel tout l’édifice repose.
          C’est comme vouloir humaniser, raisonner le capitalisme. Ca ne marche pas.

          Je parle de Nuremberg avec raison. Car si l’on totalise ne serait-ce que sur le 20ème et ce début de 21ème siècle le nombre de morts liés aux crimes cléricaux catholiques, ça se monte à des millions de victimes.
          Si l’on rentre dans le détail:
          Entre celles des congrégations pénitentiaires (couvents-prisons, colonies pour filles et garçons), celles des établissements scolaires religieux pour handicapés (physiques et mentaux), celles liées à la prostitution de religieuses et de jeunes femmes pour des prélats et hauts prélats (voir le documentaire de Serge Bilé sur le sujet), celles liées à la pédophilie cléricale (de plus en plus de documentaires sont faits hors Cash Investigation, Mea Maxima Culpa), celles liées aux religieux mercenaires pour le compte et les intérêts de gros industriels (en France nous avions eu au début du 20ème siècle l’affaire de l’abbé Santol et ses copains qui achetaient et vendaient des enfants très pauvres aux industries minières et verrières dans le nord et l’est de la France, sachant que ces enfants avaient dans ces lieux, 6 mois à un 1 an d’espérance de vie), l’affaire des vols et trafics d’enfants via différents couvents prisons (Bon Pasteur,Bon Secours, Charité, Miséricorde, Lataste,etc) mais aussi des fondations privées (affaire de la Fondation d’Heucqueville par exemple chez nous en France: un documentaire récent est sorti l’an dernier à ce sujet), entre celles de toutes les communautés déviantes et sectaires de la Nouvelle Evangélisation (Légion du Christ, Opus Dei, Renouveau Charismatique, Chemin Néocatéchuménal, Béthléem, St Jean, Points Coeurs) mais aussi celles en lien avec les intégristes schismatiques de la FSSPX, celles liées aux abus commis par des congrégations missionnaires un peu partout dans les anciennes colonies, ça se monte à des millions de victimes, rien qu’en Europe.

          Et tant qu’on laisse faire le Vatican et les groupes communautaires qui se réclament des mêmes idéologies et du même statut divin, on leur donne un chèque en blanc pour continuer de commettre ces crimes. C’est aussi simple que ça.

          Il me semble nécessaire non seulement de désacraliser le clergé et encore plus le haut-clergé mais le juger au tribunal pénal international pour les crimes passés et présents comme n’importe quel justiciable. Et d’aligner le clergé sur le reste de l’Eglise (c’est à dire nous les croyants) autrement dit, pas de statut d’exception.
          D’autant que nous savons que le Vatican savait depuis très longtemps comment agir pour éviter ces crimes de se perpétuer. Mais qu’il a choisi sciemment, délibérément de les commettre et les multiplier parce que se croyant au-dessus des lois.

          Tant que l’exception ne sera pas détruite permettant le traitement judiciaire de droit commun, le Vatican et ses groupes intégristes supporters, continueront de berner, trouver des parades pour toujours perpétuer ces crimes et échapper à la justice pénale.

          Le clergé catholique parce que clergé, se considère au-dessus des lois.
          Il faut donc lui rappeler factuellement, judiciairement sa commune parenté avec le reste des individus criminels. Et que c’en est fini du droit divin (créé pour assurer une domination totalitaire sur les individus mais sans aucun lien avec Dieu).

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          • Madame, si pour chaque ligne de réponse de ma part, je suis crédité de 100 lignes de commentaires, je vais m’en tenir à l’essentiel et vous suggérer que nous en restions là, convaincu que vous avez eu largement la place de vous exprimer.

            Vous dites que l’Eglise « revendique une impunité criminelle au nom de Dieu et au nom d’un statut à part sacré et divin? » Je ne le crois pas. Je crois simplement que sans « revendiquer » cela, elle a du mal à sortir d’une pratique où elle s’accordait de fait une telle impunité que personne ne semblait vouloir lui disputer.

            Quant à votre phrase : « Je parle de Nuremberg avec raison. Car si l’on totalise ne serait-ce que sur le 20ème et ce début de 21ème siècle le nombre de morts liés aux crimes cléricaux catholiques, ça se monte à des millions de victimes. » je laisse les lecteurs de ce blogue juges de votre évaluation et de vos explications.

          • René,

            Lorsque Mme Françoise Ponthier écrit que l’Eglise « revendique une impunité criminelle », elle dénonce l’attitude de l’Eglise.

            Lorsque vous édulcorez son expression en écrivant « sans revendiquer, elle [l’Eglise] a du mal à sortir d’une pratique … que personne ne semblait vouloir lui disputer », vous semblez approuver l’immobilisme ecclésiastique.

            Etant donnée l’argumentation détaillée de Mme Françoise Ponthier, je préfère dénoncer l’attitude de l’Eglise plutôt qu’approuver son immobilisme.

          • Désolé vous me faites dire ce que je ne dis pas. On peut très bien avoir une attitude et une pratique, liées à une histoire, sans pour autant les « revendiquer » au point de les opposer dans leur principe à qui les conteste.

            Je ne vous interdis pas d’adhérer à l’analyse de Françoise Ponthier. Accordez-moi je vous prie de n’avoir guère censuré votre expression sur ce blogue. Ni le sien. Et je vous trouve, pour le moins, bien imaginatif de lire dans mes écrits, depuis bientôt huit ans, sur ce blogue, une quelconque complaisance envers l’immobilisme de l’Eglise. Ce n’est pas la réputation générale que je me suis faite au travers de mes billets…

  • A propos de la note 4 en bas du présent billet
    « Le secret qui entoure la procédure des procès canoniques fait également débat, qui semble avoir pour effet essentiel de « protéger » l’accusé et l’institution à laquelle il appartient, au détriment des victimes. » :

    « Le droit canon prévoit aussi de ne pas juger les affaires prescrites » (cette disposition permettant à l’Eglise catholique de « protéger » l’accusé, voir ci-dessous) :

    « Evoquée dès janvier 2016, cette procédure [de procès canonique] a tardé à être enclenchée par l’église lyonnaise. Le diocèse avait fait savoir qu’un procès canonique ne pouvait être engagé qu’une fois l’affaire jugée au civil. « Le droit canon prévoit aussi de ne pas juger les affaires prescrites. Mais l’église a levé ces deux obstacles, ce qui va permettre la tenue imminente du procès canonique », indiquait-on il y a quelques semaines dans l’entourage du cardinal Philippe Barbarin. » (voir ci-dessous)

    https://www.intellinews.org/france/20-minutes/2017/02/16/le-proces-canonique-du-pere-preynat-accuse-de-pedophilie-a-commence/

    Outre la suppression de cette disposition dans le droit canon, espérons d’autre part que le droit civil décide de prolonger le délai de prescription dans les affaires de pédophilie – voire de l’imprescriptibilité pure et simple de celles-ci.

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  • En Belgique – et malgré la prescription que la Justice leur reconnaît – 507 dossiers d’abus sexuels au sein de l’Eglise ont donné lieu à indemnisation des victimes (voir ci-dessous)
    http://www.levif.be/actualite/belgique/abus-sexuels-au-sein-de-l-eglise-les-victimes-dans-507-dossiers-ont-ete-indemnisees/article-normal-646037.html

    En sa qualité de pays des droits de l’Homme, la France aurait toutes raisons de s’en inspirer. (voir ci-dessous)
    http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/54/0767/54K0767004.pdf

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    • Bonsoir Robert

      Malheureusement, nous n’avons pas en France un curé comme le père Ringlet, qui a fait beaucoup sur le sujet depuis l’affaire Dutroux, et qui travaille également avec l’association suisse en faisant régulièrement des interventions et des conférences sur les problèmes de pédophilie dans le clergé catholique.

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      • Bonjour Françoise,

        Comme je vous comprends !

        Quant à briser la culture du silence, espérons que l’enfer ne soit pas pavé de bonnes intentions (voir ci-dessous)

        « Le porte-parole des évêques sur la pédophilie : il y a eu une culture du silence. Nous voulons la briser. » (voir ci-dessous)

        http://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Le-porteparole-des-eveques-sur-la-pedophilie-Il-y-a-eu-une-culture-du-silence-Nous-voulons-la-briser-2017-03-22-1200833894?id_folder=1200819732&position=5

        « Le silence est la plus grande persécution. Jamais les saints ne se sont tus » (Blaise PASCAL)

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      • Mais dans l’Eglise catholique, la culture du silence sera-t-elle éradiquée un jour …?
        A lire le commentaire de Guy Legrand à la suite du billet « Hervé Gaschignard, l’Église et le sexe » sur le blog « Etats d’âme » de François Vercelletto, rien n’est moins sûr (voir ci-dessous).

        « Un éloquent silence

        Ce silence, très troublant pour toute personne ayant un minimum d’humanité, s’explique , bien qu’il soit injustifiable, parce que le fait de reconnaître la pédophilie des clercs remettrait en cause la clef de voute de l’église catholique romaine: le statut du prêtre.
        Toucher au statut du prêtre c’est fragiliser l’ensemble de l’édifice.

        Or ce statut du prêtre est fondé sur le lien archaïque entre pouvoir et sexualité:
        – le prêtre est sacré parce qu’il est l’intermédiaire entre les hommes et la divinité
        – parce qu’il est cet intermédiaire il est différent des autres hommes sur cet élément essentiel de leur identité qu’est la sexualité ( dans son acception la plus large: le rapport sexué à l’autre). Ce qui explique l’importance et la fixation disproportionnée sur le célibat obligatoire.
        – C’est cette différence dans le rapport à la sexualité qui fonde la légitimité de son rôle donc de son pouvoir.
        – cette approche aboutit à une conception du prêtre fondée sur un déni de réalité:

        1) la sexualité adulte conçue comme une concession à l’animalité,
        2) le rapport perverti à la féminité

        a) la femme n’étant concevable que comme le mère avec qui l’on entretient une relation éternellement adolescente (culte de la vierge mère qui se sacrifie – ce qui explique la dévotion faussée à Marie et le refus absolu de l’avortement).

        b) La méfiance voire la haine envers la femme envisagée comme être complémentaire , désirante et désirée ( ce qui explique en partie ce texte inepte adopté contre l’avis de tous les conseillers de Paul VI qu’est « Humanae vitae »)

        c) L’homosexualité latente et néanmoins d’autant plus niée de l’inconscient collectif clérical ( ce qui explique le crédit donné aux écrits pervers de T Anatrella sur l’incompatibilité du sacerdoce et de l’homosexualité)

        L’irruption du réel et à fortiori le réel d’une sexualité pervertie (pédophilie des clercs ) est donc au sens premier du terme inconcevable et ne peut même pas , y compris face aux faits avérés être reconnu comme tel tant il sape les fondations de l’édifice catholique romain reposant sur son socle clérical.

        Au delà des manquements personnels de tel ou tel évêque , c’est je crois ce qui explique le déni de réalité collectif de l’épiscopat qui , même contraint et forcé n’est toujours pas à même de prendre en compte la réalité de cette question.

        Je renvoie à un article (12 avril 2017) très éclairant du dominicain Philippe Lefebvre paru dans Témoignage Chrétien » sur cette surdité organisée. »

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  • Merci à Robert Van Reeth et Françoise Pothier pour ces précisions qui montrent combien l’État Belge et l’État français sont décalés, … la politique de chaque conférence épiscopale a sans doute un rapport avec cet écart, … et puis l’affaire Van Gheluwe -qui mérite d’être appelée l’affaire Daneels, cette grande figure de l’Église conciliaire- a été un séisme quand en France -et à Rome semble-t-il!-, tout à été fait pour épargner les archevêques de Lyon et la CEF … Il est honteux que l’État français, en laissant toute la charge à la justice, aide l’institution à s’exonérer aussi longtemps de ses responsabilités … et plus encore que l’opinion publique catholique française se montre, globalement, si moutonnière … La Croix n’y est pas pour rien et le Figaro y est pour quelque chose!
    Le parallèle peut-être fait, en sens inverse, avec la manière dont ces deux États gèrent l’affaire Dépakine … qui devrait être appelée l’affaire Sanofi …J’ai vu en direct l’échange public entre le directeur général de la santé français et la présidente de l’association belge, le DGS promettant à cette dernière de s’entretenir avec son homologue belge du ressentie des familles belges, à savoir un déni intolérable … Rien n’est fait en Belgique quand en France les choses avancent, lentement, prudemment, mais elles avancent, … les familles de 10 000 à 20 000 enfants et adultes que leurs proches doivent porter à vie ne se sentent pas complètement abandonnées.

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    • Bonjour Jean-Pierre

      N’oubliez pas que chaque président français est aussi chanoine de Latran. Ce titre religieux explique en partie pourquoi l’épiscopat est moins inquiété qu’en Belgique sur les questions pédophiles mais aussi sur d’autres questions (instituts religieux pénitentiaires, bagnes religieux de 1830 à 1975). Il y a aussi le fait que jusque dans les années 60, des religieux ont eu des postes politiques (députés principalement) en France. Ce malgré la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
      Et il faut enfin rajouter que depuis les années 70, l’Opus Dei, future prélature personnelle de JP2, sous Giscard (fils du surnuméraire Edmond Giscard d’Estaing), a placé des surnuméraires dans différents ministères (finances, intérieur, éducation). Cela fut prolongé sous Chirac car Mme Chirac est une nièce d’un ancien dirigeant de l’Opus Dei en France. Sous Sarkozy, la présence de la coopératrice Christine Boutin, de Xavier Darcos, François Fillon, Luc Chatel a contribué à asseoir la position de l’organisation intégriste. Et l’OD dispose de soutiens de poids depuis la nomination en 2002 de Mgr Barbarin au sein de l’épiscopat. Barbarin a une de ses soeurs haute numéraire à l’Opus Dei à Paris et Mgr Aillet et Mgr Rey, sont parmi les évêques soutiens de l’OD mais aussi d’autres mouvances intégristes catholiques dérivantes et sectaires.
      Tout cela pèse dans la non réaction de l’Etat déjà pas mal vampirisé religieusement.

      Sur la question des laboratoires pharmaceutiques, depuis les arnaques du Mediator, il y a un sursaut citoyen important et une certaine vigilance en France. Mais nous sommes le pays de la Sécu où la Santé Publique compte encore beaucoup. Il est donc essentiel de se mobiliser. Alors que règne une politique de l’autruche sur l’entrisme intégriste et sectaire religieux en politique et dans différentes instances de pouvoir.

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      • Il est heureux qu’en république laïque, des religieux puissent encore occuper des fonctions -plus administratives que politiques … je pense là à la fonction bancaire de Gaël Giraud, et autres universitaires chrétiens, prêtres compris. Merci pour ces précisions sur la pieuvre OD. Comment le Dr Kariger a-t-il pu se laisser ainsi embarquer car, me^me s’il ne s’agit pas de pédophilie, on est avec l’affaire Lambert dans la même sphère … y aurait-il un rapport avec le Lambert des ciments qui a fait la fortune de la famille Le pen?!

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        • Bonjour Jean-Pierre

          Pour moi, et ça n’engage que moi, il est grave que des religieux tiennent un rôle politique.
          C’est dangereux en terme politique. Car les religieux fonctionnent souvent sur un mode totalitaire. Très peu sur un mode démocratique, sauf exceptions (comme l’abbé Pierre). La démocratie en religion n’existe pas. Le Vatican est une forme d’Etat totalitaire. Il a d’ailleurs obtenu ce statut sous Mussolini. Ce n’est pas un hasard.

          L’affaire Lambert est liée doublement à l’Opus Dei et à la FSSPX. Les deux mouvances ont fait alliance politique et religieuse commune voici quelques années. L’OD a fourni aux parents Lambert des avocats. Et elle travaille au Vatican à obtenir une prélature papale à la FSSPX.

          Ainsi qu’une prélature papale pour la communauté de l’Emmanuel. Ce qui évitera aux deux entités des poursuites judiciaires par rapport à certaines activités politiques.

          L’Opus vise à remplacer prochainement la structure cléricale papale. Et à dominer le système religieux catholique avec deux lieutenants : l’Emmanuel et la FSSPX. Autant dire l’intégrisme continuera, même sans structure cléricale.

          Au sein de la société française, l’OD vise la réplique de l’emprise totalitaire dont elle dispose en Espagne. D’où sa Fondation Pour l’Ecole (écoles Espérance Banlieues) qu’elle partage avec le FN mais aussi le Parti Démocrate Chrétien, Sens Commun bien sûr qui est une émanation directe. D’où l’association Objection pour empêcher l’accès des femmes à la contraception et l’avortement, en mettant pharmaciens et médecins en situation de refus de commercialisation et d’actes contraceptifs et abortifs. D’où une tentative d’OPA sur le secteur de la recherche génétique. D’où la Fondation Lejeune anti-IVG, d’où Généthique, Liberté Politique, le fonds d’investissement Raise avec le neveu de l’ancien patron de l’OAS, de Blignières, d’où Alliance Vita et la Manif Pour Tous, émanations opusiennes, d’où les camps virilistes Optimum en collaboration avec la Communauté de l’Emmanuel. D’où les actions du haut surnuméraire Ladreit de Lacharrière, milliardaire opusien qui tente d’annexer le monde de la culture et des médias et de l’éducation après avoir fait la même chose dans le secteur de la finance.

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          • Tout n’est pas faux dans vos commentaires mais c’est formulé avec une tonalité tellement excessive que je ne puis rester sans réponse.

            Affirmer tout de go que le Vatican serait un Etat totalitaire avec pour preuve qu’il aurait obtenu ce statut sous Mussolini représente un raccourci mensonger. Le statut obtenu sous Mussolini est celui d’Etat du Vatican, pas d’Etat totalitaire. Et le fait que le pape dispose, c’est vrai, de la totalité des pouvoirs correspondant à ce qu’étaient jadis la plupart des monarchies occidentales, n’en fait pas pour autant un Etat totalitaire.

            De même nous asséner que la démocratie en religion n’existe pas est à la fois exact et faux. Il n’y a pas plus démocratique que le mode de fonctionnement des ordres monastiques et, que je sache, la plupart des dogmes de l’Eglise catholique ont été arrêtés lors de votes parfaitement démocratiques, à l’occasion de conciles, même si l’Eglise en fait – à tort – rétrospectivement une relecture en termes de vérités éternelles reçues du Ciel…

            Il en est de même de vos affirmations sur l’Opus Dei qui demandent, pour le moins à être éclairées, même si elles sont exactes. Oui, c’est bien l’OD qui a manœuvré, à Rome, pour que et la FSSPX et l’Emmanuel bénéficient d’une prélature personnelle ce qui, de fait, les soustraira le moement venu à l’autorité des évêques diocésains. C’est ce que vous appelez « remplacer prochainement la structure cléricale papale » expression qui peut prêter à bien des interprétations, même les plus erronées. C’est effectivement une évolution dont il faut s’alarmer. J’entends d’ailleurs y consacrer prohainement un billet de ce blogue.

            Dernier point de désaccord entre nous, je ne crois pas que l’Opus Dei jouisse en France (contrairement à l’Espagne ou à tels pays d’Amérique du Sud) de l’influence que vous semblez lui accorder.

            Puis-je enfin, sans menace de censure, vous rappeler, ainsi qu’à Jean-Pierre Gosset à qui s’adresse votre réponse, que le débat engagé dans ce blogue concernait la pédophilie dans l’Eglise. C’est la raison pour laquelle j’ai supprimé de votre commentaire trois paragraphes sur le financement de la famille Le Pen… qui me semblaient n’avoir qu’un très lointain rapport avec l’article qui a suscité cet échange.

          • Bonjour Mr Poujol

            Une monarchie telle qu’organisée au Vatican est un état totalitaire.
            Ce qui a été donné par Mussolini est un moyen de se vivre en tant qu’état totalitaire sous couvert de soutien au régime de Mussolini. Et il n’y a pas eu remise en cause. Ce qui paraît extrêmement grave.
            Je dirais exactement la même chose des émirats, des états islamiques. N’importe quel état religieux de droit divin de quelque religion se réclame-t-il est un état totalitaire. Le principe du droit divin qui se vit comme supérieur aux lois pénales internationales et qui organise à ce titre une impunité systématique de ses membres en cas de crime est un état totalitaire.
            Ce totalitarisme lié au droit divin permet à la pédophilie des clercs de se perpétuer sans frein et en toute impunité depuis les débuts de l’institution. De même il empêche la poursuite de cardinaux, de papes pour des crimes ou des soutiens à des criminels.
            Combien de religieux, religieuses, prêtres, peuvent se retourner pénalement contre leurs supérieurs qui les auraient violés, abusés, maltraités? J’ai bien peur qu’il n’y ait pas de constitution qui permette une telle chose au Vatican.
            Et nous savons bien à quoi nous en tenir sur les procès canoniques qui n’aboutissent pas à des condamnations, notamment sur le crime de pédophilie.

            Un dogme est par essence antidémocratique puisqu’on demande aux croyants d’adhérer à une vision religieuse créée de toutes pièces par le clergé. Le clergé ne demande pas aux croyants leur avis ni ne leur laisse la possibilité de refuser d’adhérer à ces dogmes. Il y a eu suffisamment de persécutions de croyants pour pouvoir constater justement qu’il n’y a pas plus antidémocratique que ça.

            Concernant l’Opus Dei en France, je suis malheureusement très au fait de son fonctionnement, de son influence dans la vie politique, économique et religieuse française et parfaitement au courant des buts qu’elle poursuit puisque ayant eu un proche parent surnuméraire de l’organisation. J’en ai donc une vue beaucoup plus détaillée et précise que la plupart des croyants. Et cette vue détaillée et précise ne fait que s’accroître au fil du temps parce que j’enquête sur cette organisation intégriste et sectaire depuis plus de 10 ans.

            Je n’ignore pas qu’il y a un énorme tabou en France à parler dans les médias catholiques mais aussi généralistes, de l’influence de l’OD dans la vie politique et économique française. Et du poids qu’elle pèse sur l’épiscopat français depuis la nomination de Barbarin.
            Même si, nous sommes bien d’accord, ce n’est pas l’emprise totale comme en Espagne et au Chili. Mais progressivement, parce qu’elle dispose en France d’un bon nombre de surnuméraires et numéraires et coopérateurs qui font partie d’organisations internationales et qu’elle a su rallier un certain nombre de hauts fonctionnaires, de milliardaires et de PDGs de l’industrie français, l’organisation tente d’appliquer les mêmes recettes qu’en Espagne et au Chili.
            Le journal Marianne a sorti deux articles sur le sujet tout récemment.
            Je vous invite à les consulter.

            Que l’organisation soit celle choisie par les papes (depuis JP2) et différents cardinaux pour prendre les rênes du Vatican quand le clergé disparaîtra, devrait inquiéter l’ensemble des croyants.
            Et qu’elle organise son impunité criminelle et statutaire et celle d’organisations intégristes soeurs, devrait inquiéter aussi l’ensemble des croyants et citoyens. Tant sur le sujet de la pédophilie criminelle (l’affaire du Foyer d’Ariane -anti-IVG- à la Roche sur Yon mais aussi l’affaire du Collège Stanislas et de Jean-Yves Amoros par exemple et qui concerne l’OD en France) que sur d’autres crimes (notamment des meurtres d’anciens numéraires, surnuméraires y compris en France mais aussi des prises illégales d’intérêts, des malversations financières de très haut vol via des fondations d’utilité publiques, des spoliations d’héritages).

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