Coronavirus : le prix et le sens de la vie

Coronavirus : le prix et le sens de la vie

Voilà qu’une épidémie vient, fort à propos, nous rappeler notre fragilité et nos responsabilités. 

La nouvelle nous est venue d’Italie. Elle marque LE vrai tournant dans l’épidémie de coronavirus qui prend désormais des dimensions de pandémie. L’afflux de malades en situation de détresse respiratoire, dans les hôpitaux, dépasse de beaucoup leurs capacités de prise en charge. Et les médecins doivent décider qui sera ou ne sera pas soigné… et donc sauvé de la maladie ! Et définir les critères de sélection : âge, résistance physique, responsabilités familiales… statut social ? Avec à la clé, n’en doutons pas, la tentation pour certains, de chercher à « acheter », en douce, leur propre survie ou celle de leurs proches… Vérité par-delà les Alpes, erreur en deçà ? 

C’est là une situation sans précédent en temps de paix pour un monde Occidental qui avait oublié sa fragilité et le sens du mot limite. Même si l’on peut imaginer que sur d’autres pathologies, des décisions de soins lourds, notamment de nature chirurgicale,  fassent déjà discrètement l’objet de tels arbitrages dans les hôpitaux. Expérience humaine inédite, déroutante car elle renvoie à des choix éthiques que nous répugnons à envisager. C’est ici – et ici seulement – qu’on attend une parole de nature spirituelle qui aide à vivre et à ne pas désespérer. Et non, comme récemment, dans des considérations fumeuses sur l’eau bénite, la communion dans la bouche ou la fermeture provisoire des églises qui, par contraste, apparaissent dérisoires. Une parole de vie que nous pouvons « attendre » des responsables religieux, ou partager de notre propre initiative. Si nous savons en trouver les mots.

Pour chacun (e) d’entre nous, quelles que soient ses croyances philosophiques ou religieuses, l’éventualité est désormais envisageable d’une situation qui, en France, deviendrait comparable à celle que connaissent nos voisins italiens. Au pic de l’épidémie, les services hospitaliers s’avérant insuffisants à faire face, malgré les moyens déployés ou en passe de l’être, s’imposerait une même nécessité de choix. Dès lors, c’est vous, c’est moi dont la survie peut, demain, être en jeu. Et cela change radicalement notre façon d’appréhender le virus, de nous sentir responsables de sa possible transmission. Et de regarder en face notre vie devenue soudain plus fragile, plus incertaine, plus dépendante des autres.

Crier au scandale ne sert à rien. Oui, nous ne sommes pas tout puissants ! Ni individuellement, ni collectivement. Non nous n’avons pas définitivement dompté la nature. Expérimenter, demain peut-être chez nous comme aujourd’hui en Italie, la réalité du jeûne eucharistique contraint, voilà une véritable expérience spirituelle du « manque » et donc du « désir ». Nous interroger sur ce que serait notre attitude, pour nos proches comme pour nous-mêmes, dans une telle situation si elle devait se présenter, voilà pour nous chrétiens – pour une fois – une vraie réflexion de Carême, incarnée dans le réel, l’existentiel.  

Elle pourrait aussi nous ouvrir les yeux sur le fait que, dans le monde, des milliers d’hommes et de femmes – des dizaines de milliers – meurent chaque jour, de faim, de maladie, d’abandon… parce que d’une certaine manière nos sociétés développées ont « fait le choix »… de ne pas les sauver, pour assumer d’autres priorités ! Voir le drame se rapprocher nous aide peut-être à mieux le discerner ailleurs…

(Reprise, quelque peu étoffée, du billet publié lundi 9 mars au matin, sur mon compte Facebook)

54 comments

  • Dommage que votre intervention porte essentiellement sur un « tri possible des malades » ; cette épidémie demande mieux ; car elle pose d’énormes questions sur l’absence d’autonomie de nos pays sur des secteurs vitaux : médicaments par exemple… et, bien sûr nos dépendances économiques qui, vraisemblablement, pénaliseraient les plus vulnérables.
    Quant au tri des malades… ce n’est pas une première, loin de là. Les moyens de réanimation restant malgré tout limités, quand il faut « débrancher » le choix reste un cas de conscience mais les critères sont vite fixés.

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    • Je ne prétends pas à travers ce bref billet « faire le tour » de la question. Mais il me semblait important de mettre l’accent sur ce aspect des choses… après les âneries lues ou entendues ces jours derniers.

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  • Cela fait bien longtemps que la répartition des ressources collectives dédiées à la santé font l’objet d’arbitrages sans que les critères en aient été réfléchis, discutés collectivement. Depuis que les services de réanimation existent , ils connaissent des phases de surcharge et ce sont les médecins qui arbitrent, au mieux avec l’ensemble des soignants du service. Face à la progression des coûts des médicaments pour certains traitements ( cancer notamment) ce sont les directions des établissements qui arbitrent, en cénacles restreints de conflits d’intérêt, pour leur achat aux dépens des charges de personnel dits « peu qualifiés » et pourtant assurant ‘un accueil digne de toute personne malade. Faute d’arbitrages la première facilité est de réduire les prestations et ce seront les moins nantis qui en pâtiront; et qui y veille? La seconde sera d’accroitre les recettes dédiées, mais là le parlement veillera.

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  • Je me permets de suggérer de voir ou de revoir l’excellent film « 1917 », sur l’attitude pratique à avoir en temps de guerre, en cas de blessure…
    Le problème ne me semble pas être dans le Coronavirus, mais dans la gestion du risque qu’il représente. Il s’agit d’une famille de virus très contagieux, potentiellement mortel, mutant souvent, rendant ainsi la vaccination difficile à concevoir. Cette simple mortalité potentielle, dans nos contrées hyper protégées, hyper-dépendantes donc peu autonomes, induit des « panik attack » relevant quasiment de la psychiatrique, et est une source de postures irrationnelles qui rend inaudible toutes solutions, rationnelles ou pas : « on nous cache quelque chose ! ». Et ce n’est pas non plus un pseudo sens de la vie ou valeur de celle-ci qui va régler, ni même atténuer ce problème. Nos choix de société ont des conséquences délétères sur notre propre vie de tous les jours, quoiqu’on en dise. Ainsi le matraquage de poncifs divers, sous couvert de justice ou d’égalité, contre des sachants, qui ne se sont pas, en outre, distingués par leur savoir, contre des religieux, qui, de même ne se sont pas distingués par leurs croyances, contre des idéologues dont la science toute puissante a fait naufrage au siècle dernier, mais qui continue à provoquer des ravages dans les jeunes têtes, contre des hommes de foi dont le dieu est mort à Auschwitz… ce matraquage, disais-je, a induit un sentiment de doute généralisé, bien peu propice à la discipline de groupe nécessaire à la gestion de ce risque, et que cette atmosphère de peur généralisée entretient, voire accentue.
    La vertu à la Robespierre a ses limites, surtout politiques…D’ailleurs ça ne lui a pas réussi !

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  • Le tri des malades…mais voilà bien longtemps que cela se pratique car enfin entre un malade de 75 ans et un autre de 35 il me parait normal de chercher prioritairement le plus jeune lequel a toutes les chances de connaitre au minimum encore 40 ans d’existence alors que le second est de toute façon à la fin de sa vie (sauf exception bien sûr;
    Ayant passé tout de même le cap de 75 ans je ne souhaite absolument pas que l’on dépense » des sommes considérables le cas échéant pour me maintenir en vie
    Quant aux recommandations des évêques de France au sujet du Coronavirus je doute fort de leur efficacité mais elles ne me paraissent pas inutiles simplement du fait qu’elles nous rappellent qu’il faut faire attention à ce niveau -là,mais je ne sache pas que no frères protestants qui boivent tous ensemble à la même coupe sont plus atteints par les épidémies que nous,et il es est de même pou rnos frères orthodoxes lesquels eux boivent tous ensemble à la même cuillère

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  • J’ignore pour quelles raisons vous projetez possiblement une situation de l’Italie sur tout le « monde occidental » avec le risque de rallumer une polémique de plusieurs années et de jeter le discrédit sur un personnel de santé fortement mis à contribution actuellement, au moment même où une union exemplaire règne en France… Décidément, difficile de vous suivre sur ce terrain là…

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    • Je ne jette le discrédit sur personne. Ce n’est pas la faute du personnel de santé, exemplaire en effet, si demain le pic de l’épidémie était tel que les limites d’hospitalisation soient atteintes. Je crois participer, à ma modeste manière, à la conscientisation sur l’enjeu du moment qui est, effectivement, de retarder le plus possible le développement du virus, de manière à ce que notre structure hospitalière soit encore mieux préparée. Vous me faites là un vilain procès !

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      • Soyez raisonnable : vous supposez quelque chose qui ne peut pas subvenir en France qui a vaincu Ebola et le MERS et le SRAS ! La France a déjà plusieurs traitements qui sont mis en œuvre de sorte qu’on ne meurt pas du Covid 19 mais des comorbidités associées au Covid 19 immuno-déprimés pour la plupart..
        Le problème n’est pas le système de santé qui est le meilleur du monde et dont les centres sont coordonnés entre eux contrairement à l’Italie… Mais l’accentuation de la crise économique, la fermeture des entreprises et l’augmentation du chômage si la crise devait durer encore longtemps.

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      • Peut-être , mais il semble qu’à votre modeste niveau vous participez au vent d’anxiété voire de panique qui souffle sur ce pays
        600 morts en Italie ce n’est certes pas négligeable et c’est même inquiétant mais il faut néanmoins raison garder et Bobine explique très bien pourquoi

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        • Je ne participe à rien du tout… Et cela m’étonne de votre part que vous contestiez une réflexion qui, à la faveur d’une épidémie de coronavirus, porte plus largement sur les arbitrages de soins ou les arbitragers en matières de dépenses de santé. Je me souviens d’un échange avec René Lenoir du temps où il était secrétaire d’Etat à l’action sociale (sous Valery Giscard d’Estaing) me disant qu’un jour on arbitrerait financièremen – sans forcément le dire – entre aider de jeunes handicapés à s’intégrer dans la vie ou maintenir en vie des grabataires, parce qu’on n’aurait pas les moyens financiers de faire les deux. Mon billet dit très clairement que la situation italienne doit nous inviter à plus de responsabilité personnelle face à l’épidémie, précisément pour retarder son avancée et réduire l’importance du « pic » attendu, de manière à pouvoir faire face sans être confronté au type d’arbitrages que je dénonce. Très exactement ce que font aujourd’hui les pouvoirs publics et l’ensemble du monde de la santé, avec une grand professionnalisme. Mon deuxième étonnement est que ce soit vous, dont je crois connaître les idées, qui vienne quasiment me reprocher une réflexion sur le sens de la vie et de la mort lorsque nous sommes confrontés à ce type d’événement.

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        • En admettant que le covid 19 ne soit pas une simple gripette, et que les hôpitaux arrivent à saturation, l’exemple de la Chine d’ouvrir des « hôpitaux d’urgence dévolus au covid 19 » reste une possibilité vraisemblable… Mais dans le cas où les patients ayant plusieurs pathologies ne pourraient pas être sauvés je vois mal comment des religieux pourraient intervenir dans ce cas précis pour donner un avis au corps médical comme vous semblez le prétendre sur le prix de la vie et le sens de la vie. Il ne peuvent tout au plus qu’accompagner les vivants à renaître après des situations difficiles, cela a d’ailleurs été l’exemple du Christ lui même, qui n’est pas un lapideur mais remet les personnes debout en toutes circonstances.

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          • Je pense que cette réponse s’adresse à moi et pas à Dominique Bargiarelli. Nous nous sommes mal compris. Je n’ai jamais prétendu que les « religieux » aient pour mission de donner des conseils au corps médical. La réflexion sur le prix et le sens de la vie à laquelle j’invite nous concerne tous, en tant que citoyens. C’est à eux que s’adresse mon billet et c’est eux qui me lisent.

          • Quelle signification donnez vous alors au mot « arbitrage » ?
            En situation de crise extrême, il ne peut y avoir d’arbitrage, chacun fait ce qu’il croit devoir faire en conscience et en concertation, cela fait partie de la solidité de l’hôpital français justement. Les erreurs médicales en situation de tension extrême dans le monde de la santé sont atténuées dans la mesure où les décisions sont prises en équipes tout le temps, c’est une pratique quotidienne.
            La vraie question reste quel est le rôle des religieux en situation de crise : elle n’est pas de participer à cet arbitrage de mon point de vue, c’est mal venu, ni de s’occuper des cas graves en hôpital et de les accompagner vers la mort au risque de les y engloutir eux mêmes mais seulement de s’occuper de la spiritualité des jeunes, essentielle pour donner la pratique des valeurs au futurs responsables de notre société. La confrontation à une situation de crise amène des priorités incontournables…

          • Mais fichez-moi la paix avec vos religieux ! Qu’est-ce qu’ils viennent faire ici ? C’est une idée fixe chez vous ou quoi ? Et vous écrivez qu’ils ne doivent pas « participer à cet arbitrage » alors même que vous venez de m’expliquer que d’arbitrage, précisément, il n’y avait pas … Arrêtons là !

  • Je trouve votre commentaire très pertinent.. Cette situation de crise nous place de façon brutale devant la question « du sens de la vie »…au delà de nos religions et de nos croyances dans une exigence vitale d’une dimension spirituelle.

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  • En même temps il faut quand même savoir que ce genre de décision se prend déjà tous les jours dans les hôpitaux, aux urgences nottament lorsqu’un malade grave se présente et nécessite en théorie un passage en réanimation. Ce n’est pas le médecin des urgences qui décide seul de ce qui se passe. Il faut appeler le reanimateur. En fonction de chaque cas il peut être décidé ce qui s’appelle une LATA Limitation des thérapeutiques actives…Une décision concertée entre médecins et avec la famille. Ce qui veut dire que chaque jour des patients sont refusés en réanimation. En effet s’ils sont très âgés, dépendants, ou une une autre pathologie qui limite à court terme la vie (type cancer métastase), se pose évidemment la question du bénéfice à engager des soins invasifs et agressifs type intubation….. Il faut bien comprendre que la réanimation c’est engager des gestes qui doivent suppléer des fonctions vitales. Cela ne doit pas être de l’acharnement. Donc l’âge, le contexte, la dépendance, tout cela entre bien sur en considération.
    C’était déjà le cas il y a plusieurs années pendant mon internat de médecine ! La différence que vous soulignez ici c’est peut être le cas de l’Italie ou le système est tellement débordé qu’on est plus dans une réflexion éthique mais dans un triage qui risque dans la débandade d’être arbitraire… Et la en effet on ne sait pas où l’on va…

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    • Certes, mais avec une différence fondamentale : ce que vous décrivez concerne l’opportunité d’utiliser ou non un traitement dans l’intérêt de la personne, pas de choisir – comme on le signale en Italie à la faveur du coronavirus – quel malade sera soigné car on n’a de place que pour un !

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      • René,ma vieille Maman en l’an 2000 habitant très près de Paris ayant 87 ans et souffrant d’une embolie pulmonaire nous avons eu toutes les difficultés pour lui trouver une place dans un établissement hospitalier faute de place. Une clinique a finalement accepté de la prendre e t c’est là q »ue’lle nous a quittés sans avoir reçu beaucoup de soins d’ailleurs.
        Je suis bien persuadé que si elle avait eu 30 ans de moins les services d’urgence de l’ASSISTANCE PUBLIQUE lui auraient alors trouvé une place
        Donc le tri existe et depuis longtemps et comme je l’ai dit plus haut il me parait, hélas, normal

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  • Réflexion très intéressante de Martin Steffens entendue ce matin à la radio : il distinguait opportunément dans les attitudes de prévention se protéger « POUR » l’autre et se protéger « DE » l’autre.

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  • Cette crise , parce qu’elle menace notre intégrité physique, nous fait redécouvrir ce que nous avons le luxe de pouvoir oublier habituellement : l’arbitrage entre nos droits individuels et l’intérêt collectif .
    En période de crise ,l’existence et les nécessités de cet arbitrage redeviennent plus visibles . A fortiori lorsqu’il s’agit de notre intégrité physique.
    Pour avoir participé de nombreuses fois aux cellules opérationnelles de crise de l’État suite à divers événements qui avaient entravés le déroulement normal de notre vie collective , je peux juste témoigner de deux choses :
    -Le professionnalisme , la probité, le sens de l’intérêt collectif des services et autorités de l’État .
    -le fait que les choix , aussi difficiles à faire soient ils sont faits par les autorités légitimes de l »Etat

    Aussi le scénario catastrophe de Rene n’a aucune chance de se réaliser. Aucun médecin n’aura à effectuer de son propre chef le choix de savoir qui peut vivre et qui doit mourir .Les arbitrages sur les modalités et les conditions de la pondération entre intérêt collectif et droit des personnes seront effectués par les autorités
    de l’Etat représentant légitimes d’un gouvernement démocratique .

    Il ne faudrait pas oublier que nous vivons dans un état de droit à l’heure où nous devons nous souvenir que nos libertés individuelles sont toujours subordonnées à l’intérêt général.
    La France n’est pas la Chine dans sa manière de réagir aux effets de ce virus .

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    • Je lis ce commentaire au moment même où j’écoute l’émission C dans l’air sur le coronavirus avec d’excellents spécialistes. Qui confirment que nous pouvons nous retrouver dans la situation italienne du fait des économies réalisées dans un passé récent sur notre équippement hospitalier. Et que peut bien signifier, Guy, votre phrase : « Les arbitrages sur les modalités et les conditions de la pondération entre intérêt collectif et droit des personnes seront effectués par les autorités de l’Etat représentant légitimes d’un gouvernement démocratique. » ? Lorsque vous avez besoin de mettre une personne sous assitance respiratoire et que tous les équippements sont pris, je ne vois pas où peut se situer votre « arbitrage sur les modalités et les conditions de la pondération… »

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      • A René , C’est bien justement parce que nous pouvons nous retrouver dans la situation de l’Italie et que la capacité des hôpitaux sera dépassée qu’il faudra recourir à des grilles de critères des priorités dans l’accès aux soins. Ceux ci seront fixés par des commissions composes de médecins et autres personnes compétentes et in fine validées par les autorités de l’État .Peut êtres priorités dans l’acces à l’assistance respiratoire seront ils déterminés entre autres par des critères d’âge .
        En toutes hypothèses il est faux de suggérer ou de faire croire que l’accès au soin reposera sur l’arbitraire ou la corruption .C’est aussi pour empêcher cela qu’en période de crise un état fort et démocratique n’est pas totalement inutile .

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        • Nous sommes donc d’accord. Sauf que lesdits critères, définitissant des priorités dans l’accès aux soins, ne sont jamais, à mes yeux, que des critères d’arbitrage. C’est cela que j’évoquais dans mon billet. Moins pour m’en offusquer mais pour nous inviter à réfléchir aux questions éthiques, philosophiques, spirituelles que cela soulève. Point !

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          • Ne vaut-il pas mieux un choix cruel et raisonnable que la disparition d’une grande partie de la population? Car la valeur éthique, n’est pas un absolu quand la réalité de toujours a montré que cette valeur est liée aux circonstances et à leur appréciation « sur le vif ».
            Si la pandémie se révèle bien plus sévère que celles auxquelles on est habitués -la surmortalité grippale 2017-18 en France a été de 9000 personnes-, l’insuffisance voire l’absence des services auxquels nous sommes habitués renforcera la puissance mortelle de ladite pandémie. De plus, décideurs et experts ont un sens éthique ils savent aussi l’importance des vibrations émotionnelles de la population, lesquelles auraient, si elles passaient les bornes, des effets désastreux.
            L’Homme a toujours été conscient de ses limites à toujours cherché à se prémunir des cataclysmes en tous genre, et est aujourd’hui, à l’échelle mondiale mieux armé que l’Homme des générations précédentes, et sans doute, moins bien que le seront celles qui nous suivront.
            Des thèses font le lien entre épidémies et évolution du climat; par exemple:
            – l’effondrement de l’empire romain https://up-magazine.info/index.php/decryptages/analyses/8321-climat-epidemies-l-histoire-de-rome-serait-elle-l-ebauche-de-notre-actualite/
            – la peste noire et le petit âge glaciaire http://www.slate.fr/story/167057/changement-climatique-pandemie-peste-moyen-age

          • Mais bien sûr qu’il vaut mieux « un choix cruel mais raisonnable… « … mais cela reste très théorique sauf si vous êtes directement concerné pour vous-même ou un proche. C’est cela et cela seulement que veut souligner mon billet. Que pensez-vous de la mort et que pensez-vous du fait de mourir sont des questions qui ne se superposent pas !

  • Voici le message d’alerte publié hier par les journalistes français en poste en Italie et au Vatican :

    Vatican – le 12/03/2020 à 17:21:00 Agence I.Media
    Coronavirus: Tribune des correspondants français en Italie et au Vatican

    Journalistes en Italie et au Vatican pour des médias français et francophones, nous couvrons depuis le début la crise épidémique du coronavirus dans la Péninsule. Nous avons pu constater la progression fulgurante de la maladie et avons recueilli les témoignages du personnel de santé italien. Beaucoup nous font part de la situation tragique dans les hôpitaux : les services de thérapie intensive saturés, le triage des patients, ceux – les plus faibles – que l’on sacrifie faute de respirateurs artificiels suffisants.

    Par conséquent, nous considérons qu’il est de notre responsabilité d’adresser un message aux autorités publiques françaises et européennes pour qu’elles prennent enfin la mesure du danger. Tous, nous observons en effet un décalage spectaculaire entre la situation à laquelle nous assistons quotidiennement dans la péninsule et le manque de préparation de l’opinion publique française à un scénario, admis par l’énorme majorité des experts scientifiques, de propagation importante, si ce n’est massive, du coronavirus. Hors d’Italie aussi, il n’y a plus de temps à perdre.

    Nous estimons qu’il est de notre devoir de sensibiliser la population française. Souvent, les retours qui nous arrivent de France montrent qu’une grande partie de nos compatriotes n’a pas changé ses habitudes. Ils pensent qu’ils ne sont pas menacés, surtout lorsqu’ils sont jeunes. Or, l’Italie commence à avoir des cas critiques relevant de la réanimation dans la tranche d’âge 40-45 ans. Le cas le plus éclatant est celui de Mattia, 38 ans, sportif et pourtant à peine sorti de 18 jours de thérapie intensive. Il est le premier cas de Codogno, fin février, au coeur de la zone rouge dans le sud de la Lombardie. Par ailleurs, certains Français n’ont pas conscience qu’en cas de pathologie grave, autre que le coronavirus, ils ne seront pas pris en charge correctement faute de places, comme c’est le cas en Italie depuis plusieurs jours. Soulignons aussi que le système sanitaire impacté aujourd’hui est celui du Nord, soit le meilleur d’Italie, un des meilleurs en Europe. La France doit tirer les leçons de l’expérience italienne.

    Manuella Affejee, de la rédaction francophone de Radio Vatican
    Delphine Allaire, de la rédaction francophone de Radio Vatican
    Salvatore Aloïse, correspondant ARTE
    Olivier Bonnel, de la rédaction francophone de Radio Vatican
    Bertrand Chaumeton, réalisateur radio
    Marie Duhamel, de la rédaction francophone de Radio Vatican
    Ariel F. Dumont, correspondante de Marianne, Le Quotidien du Médecin
    Antonino Galofaro, correspondant Le Temps
    Bruce de Galzain, correspondant permanent de Radio France en Italie
    Claire Guigou, journaliste à l’agence I.MEDIA
    Marine Henriot, de la rédaction francophone de Radio Vatican
    Arthur Herlin, directeur de l’agence I.MEDIA
    Richard Heuzé, Politique internationale
    Blandine Hugonnet, journaliste pigiste
    Franck Iovene, AFP
    Éric Jozsef, correspondant Libération et RTS
    Anne Le Nir, correspondante RTL/La Croix
    Marc-Henri Maisonhaute, journaliste pigiste
    Francesco Maselli, correspondant l’Opinion
    Alban Mikoczy, correspondant France2/France3
    Jean-Charles Putzolu, Radio Vatican
    Quentin Raverdy, journaliste pigiste
    Xavier Sartre, de la rédaction francophone de Radio Vatican
    Eric Sénanque, correspondant RFI au Vatican
    Valérie Segond, correspondante Le Figaro
    Nicolas Senèze, envoyé spécial permanent de La Croix au Vatican
    Anne Tréca, correspondante RTL
    Valentin Pauluzzi, correspondant L’Equipe
    Arman Soldin, envoyé spécial AFPTV
    Matteo Cioffi, correspondant sportif Rfi
    Natalia Mendoza, correspondante de France 24
    Manuel Chiarello, JRI indépendant

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  • Merci René de relayer cette tribune…Des médecins et scientifiques italiens ont aussi tiré la sonnette d’alarme à l’endroit des autres pays européens, et de la France en particulier.
    Puissent-ils être entendus….D’ailleurs on a quand même le sentiment qu’il y a eu une sorte de tournant jeudi dernier, une forme de prise de conscience de l’urgence de la situation ? Le Pr Caumes de la Pitié Salpétrière a clairement dit qu’on s’acheminait vers une situation à l’italienne et qu’il fallait prendre des mesures plus radicales , d’autres encore que c’était plus grave que penser initialement…L’Italie a une dizaine de jours d’avance sur nous. Il est proprement insupportable d’entendre encore des discours du type « oui mais chez nous ce n’est pas pareil », « oui mais les italiens n’ont pas bien géré »……Les italiens ont très bien géré, ils ont été les 1er à fermer les liaisons aériennes avec la Chine, à faire des contrôles dans les aéroports, à alerter la population et comme dit dans cette tribune le système sanitaire de l’Italie du Nord est parmi les plus performants d’Europe ! Alors oui il n’y a pas de quoi fanfaronner et plutôt tirer des leçons des lanceurs d’alerte italiens…Avant qu’on ne se retrouve trop vite dans leur situation…Il n’y a pas le choix, les chinois, les coréens, comme les italiens le montrent, il n’y a que la distance soçiale qui marche vraiment. Indispensable aussi que chaque personne se sente responsable de soi-même et par là-même des autres. C’est une épreuve collective et la réponse ne peut être que collective. Si tout le monde suivait scrupuleusement les consignes , la moitié du chemin serait fait dans la lutte contre la propagation du virus. Je suis médecin généraliste et je passe ma journée à répéter ce genre de choses, les gens comprennent mais changer nos comportements est encore plus important, cela concerne chacun de nous, vraiment. Chacun a un rôle cruçial…La honte c’est qu’il manque aussi des masques partout en ville….Et cela c’est scandaleux….Depuis 15 jours chaque médecin n’a reçu qu’une boîte de 50 masques….C’est le rationnement, alors que chaque jour des patients qui ont des syndromes grippaux devraient repartir chez eux avec au minimum une vingtaine de masques pour protéger leur entourage…..En 4 jours, la boite est épuisée….De qui se moque t-on ? La priorité c’est quand même d’avoir des masques en quantité suffisante….Le gouvernement a promis que cela allait arriver mais depuis 10 jours comment on fait ??? Le virus a le temps de se balader….On voit encore des pubs, des bars remplis de monde à touche touche, où ça s’embrasse à tout va….Il faudrait qu’on soit tous plus sérieux. Quand aux plus de 70 ans, j’ai encore vu vendredi matin dans le métro une vieille dame prenant les transports sans protection évidemment. Tout cela n’est pas raisonnable. C’est l’affaire de quelques semaines durant lesquelles il faut que chacun fasse preuve de la meilleure rigueur. Les hôpitaux s’organisent au mieux mais ni le personnel ni le matériel n’est extensible, chacun a une part de la solution et de la résolution la plus rapide possible de cette crise en faisant ce qu’il peut pour limiter la propagation.

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    • Tt à fait d’accord. Surtout s’il est exact que la France a envoyé, sans trompettes de com, des masques à la Chine au début de l’épidémie, et que la Chine, voyant le reflux, a envoyé des respirateurs à l’Italie, je trouve tout cela bon. L’humanité progresse, dans la difficulté, et la peine, et sans se laisser aller aux défaitismes et au exagérations.

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  • Si René, « crier au scandale » sert à quelque chose et non, « attendre » une parole de la hiérarchie ne sert à rien, à moins que nous ne la prononcions nous-mêmes. Car dans cette posture de tout attendre de la parole de l’évêque, le même dont on voudrait qu’il soit notre égal et pas notre « frère supérieur » comme le disait Maurice Druon à propos de son confrère académicien le cal Lustiger, il y a la curieuse tendance qu’ont les catholiques de tous horizons, anticléricaux et bouffeurs de curés depuis des lustres, qu’ils soient « intransigeants » ou « relativistes » et laxistes, et ce bien avant que le pape françois n’ait agité le chiffon rouge du « cléricalisme », concept de théologie confuse, il y a cette tendance des catholiques à ne pas être apostoliques: nous oublions que les évêques sont les successeurs des apôtres et nous les taxons de nullitépour ne pas jeter la pierre à notre propre médiocrité.

    Je ne sais pas ce que valent les réflexions récentes sur la -communion dans la bouche (et pas dans la main !) ou autre opuscule de mgr Aupetit en défense d' »Humanae vitae » dont je remarque au passage que, comme pour l’encyclique « Pascendi », la partie la plus intéressante n’est pas son volet prescriptif, mais descriptif. Paul VI et ses conseillers avaient très bien compris ce qui était en jeu dans la « mentalitécontraceptive ». Ce qu’ils ont préconisé pour en sortir ou empêcher la roue de l’histoire de tourner est une autre affaire.

    -Est-ce un détail que les églises soient parmi les premières à « fermer boutique »? « C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. »Ça veut dire que l’Eglise n’assume plus le lien intime qui unit la religion à la superstition sur un plan archaïque. On peut toujours souhaiter que notre foi acquière la maturité de dépasser ce stade anthropologique fondamental ou primaire, on ne pourra jamais séparer la foi de la religion, sauf à rendre la foie éthérée et propre à ne pas agir.
    Jadis, on priait pour faire revenir la pluie; dans l’Eglise de François qui aime la piété populaire (mais l’aime-tt-il seulement comme un folklore?), on ne priera pas pour que s’éloigne l’épidémie du Coronavirus ou pour que les chercheurs trouvent un vaccin. On ne priera pas pour cela, pour qui nous prend-on?, nous qui sommes les citoyens évolués d’un monde qui a retrouvé les croyances de la « royauté primitive », où le politique s’imagine pouvoir faire la météo et infléchir le déréglement climatique.

    -Mais tout cela n’est rien. Ce qui me défrise danscette Église qui prétend depuis Vatican II savoir déchiffrer les « signes des temps » est qu’elle ne comprend rigoureusement rien à l’époque dans laquelle elle vit.

    -S’agissant du Coronavirus, elle ne comprend pas que le message subliminal de cette épidémie ou de la manière dont on la traite, dit symboliquement deux choses: « Il est dangereux de se tendre la main » et « n’allez pas voir vos vieux, c’est très dangereux. Ah, c’est vrai, en 2003, les vieux sont morts de solitude et de notre indifférence pendant la canicule. Mais 2003, c’était il y a longtemps. On leur fera boire de belles paroles à défaut de les hydrater: « Nous confinons les personnes vulnérables loin de leurs aidants afin de les protéger des atteintes du coronavirus » qu’on ne pourra pas leur diagnostiquer puisqu’ils sont confinés et que les médecins traitants ne font plus de visite à domicile. »

    -Car il n’y a plus qu’une maladie au monde: c’est le Coronavirus. Remisés, les cancers en phase terminale ou les neuropathies. Tout ça n’existe plus. On meurt du coronavirus un point c’est tout, les autres morts n’existent pas. L’alcool fait 60000 morts par an et le tabac 40000 ou le contraire. Si on ne faisait rien, le coronavirus, qui est une grippe à la puissance 10, en ferait 80000. Mais ce sont ces 80000-là qui comptent. Les autres ne comptent pas. C’est pinutz, c’est du pipi de chat, c’est rien du tout. »

    -Ce sous-texte, l’Eglise ne le décrypte pas, préférant s’engouffrer dans toutes les idolâtrees idéologiques du moment, à commencer par l’écologie politique et urbaine qui a remplacé la fin dans le monde dans l’ordre des préoccupations séculières, et qui est une idolâtrie qui met la terre à la place du ciel, ce qui n’a pas empêché le pape d’écrire une encyclique demandant une « conversion écologique » de l’Eglise. L’écologie intégrale est une tentative de déshumanisation des sociétés industrielles et une apocalypse profane et portative. S’imaginant qu’être de son temps, c’est parler comme le monde, l’Église s’est engouffrée dans la brèche écologique pour rester du côté du manche.

    -Et tout est à l’avenant. Entre 2013 et 2017, le chef de l’Eglise Benoît XVI puis le chef de l’État français fille aînée de l’Église, François Hollande, ont successivement abdiqué et renoncé à être candidat à sa propre succession. L’Eglise n’y a pas lu le signe d’un pouvoir démissionnaire ouvrant la voie aux aventurismes politiques de bergers gouvernant leurs peuples au moyen de l’injonction paradoxale, l’arme de gouvernement des pervers narcissiques: Trump, Poutine, Macron et dans une certaine mesure, le pape François lui-même. Pour compplaire encore au siècle permissif, l’Eglise qui devait se purifier de ses abus a pris le risque de se perdre de réputation en se jetant elle-même avec l’eau du bain de la pédophilie de certains de ses clercs abuseurs servis par une discipline impraticable. La liste n’est pas exhaustive des signes des temps que l’Eglise ne sait pas lire. Mais les lui montrer du doigt la fait sortir de ses gonds. Je ne sais pas s’il y a une crise du pouvoir ou de la liturgie dans l’Eglise, mais il y a assurément crise du prophétisme.

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    • Julien, je vous le dis en toute charité chrétienne : vous êtes là en plein délire.

      Que les catholiques aujourd’hui ne soient pas « apostoliques » voilà qui peut être contesté, sauf à enfermer l’apostolicité dans des carcans et des processus.

      A propos d’Humanae Vitae vous écrivez « Paul VI et ses conseillers avaient bien compris… » or il est aujourd’hui de vérité historique que Paul VI a « congédié » d’une certaine manière, tous les conseillers qui lui affirmaient ne voir aucune opposition au plan théologique à ce que le magistère autorise la contraception pour les couples catholiques. La littérature abonde à ce sujet.

      A propos de l’épidémie vous écrivez « les églises sont les premières à fermer boutique »… ce qui est inexact puisque la plupart sont ouvertes. Sauf si « tenir boutique » veut dire « faire commerce ». Mais je ne savais pas que les prêtres étaient distributeurs de sacrements. Fausse et riste polémique. Relisez le dialogue de Jésus avec la samaritaine. Ce n’est plus sur le Mont Garizim ni au Temple de Jérusalem que l’on priera le Père, mais en esprit et vérité…

      SQu’on ne puisse jamais séparer foi et religion, voilà un débat aujourd’hui dépassé et je m’accorde volontiers sur ce point qui demanderait à être nuancé. Mais lorsque vous écrivez : « L’Eglise n’assume plus le lien intime qui unit la religion à la superstition » et envie de vous dire : Dieu merci ! Puisque le Christ est mort précisément pour nous sortir de la superstition. Voilà bien l’illustration d’une certaine frange catholique qui au nom d’une Tradition fantasmée ne s’attaché au christianisme que pour ce qu’il a de non chrétien !

      Quant à affirmer que l’Eglise de France ne priera pas pour que s’éloigne l’épidémie… mille initiatives illustrent le contraire. Et je trouve in jurieux qu’elle appellerait à « ne pas tendre la main » ou « ne pas visiter les vieux » au motif qu’il y a là une injonction de bon sens de la part des autorités sanitaires. Sauf si vous décrétez que vous pouvez agir en toute impunité et que Dieu, de toute manière, vous servira de bouclier, quelle que soit votre irresponsabilité.

      Enfin, cerise sur le gâteau, prétendre que l’écologie intégrale serait une tentative de déshumanisation des sociétés industrielles est une aberration. Sauf à faire desdites sociétés industrielles une sorte de surhomme prométhéen.

      Je publie ce commentaire mais ne garantis pas que d’autres, à venir, qui seraient du même tonneau, soient validés par moi. Et je ne vais pas « perdre mon temps » à des réfutations dont je devine que, de toute manière, elles glisseront sur votre pensée comme l’eau sur les plumes d’un canard. Ce blog se veut lieu de dialogue, pas de dialogue de sourds… Il y a trop à faire.

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      • Bien dit René merci . On a parfois tendance à faire comme si on avait pas entendu les propos fanatiques intégristes et délirant on en trouve de nombreux sur les sites intégristes , il est bon de temps en temps de les remettre à leur place .

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      • @René,

        « Paul VI a « congédié » d’une certaine manière, tous les conseillers qui lui affirmaient ne voir aucune opposition au plan théologique à ce que le magistère autorise la contraception pour les couples catholiques. » Congédié à la dernière minute, peut-on même ajouter. Il n’empêche que l’encyclique « Humanae vitae » garde des traces de leur travail préparatoire dans la dimension descriptive des processus qui pourraient justifier la contraception. Au point qu’à lire le texte, on se dit qu’il accumule toutes les raisons d’y souscrire et finit par l’interdire.

        « Les lieux de culte restent ouverts, mais les cérémonies y sont interdites ». Ce n’est pas vous ou moi qui le disons, c’est Édouard Philippe. La cérémonie des courses au supermarché dévalisé en temps de guerre, ou de l’achat des cigarettes et de la presse en file indienne au débit de tabac, lui paraît un « commerce nécessaire ». Le culte non. Mais l’Église a anticipé la fin du commerce du culte. Ne s’impose-t-elle pas une cure de désacralisation et de décléricalisation? Ne vit-elle pas dans la « sobriété heureuse »? François d’Assise doit se retourner dans sa tombe en voyant comment l’on détourne aujourd’hui « Le cantique des créatures ». Mais pour en revenir à la façon dont votre mouvance dans l’Eglise s’accomode de la fin du culte, vous parlez vous-même de « jeûne eucharistique » dans votre billet et vous alléguez pour me répondre « l’adoration en esprit et en vérité » en citant le dialogue avec la samaritaine. Vous en parlez avec d’autant plus de détachement que l’Eucharistie ne vous manque pas comme à ceux qui ne comprennent pas la prière sans le signe (il y a plusieurs sensibilités spirituelles dans la maison du Père). Le culte fait signe dans un monde où l’on ne se parle pluset où le confinement étonne à peine. L’accepter si facilement est ne pas comprendre ce dont les hommes ont besoin et à quelle déshumanisation très concrète il convient de résister pour l’Eglise qui se dit experte en humanité. Déshumanisation induite par la révolution numérique, le télétravail, les caisses automatiques dans les supermarchés, la dématérialisation des démarches administratives, la délocalisation des centrales téléphoniques, la fin des guichets à la SNCF ou à la RATP, la fermeture des agences bancaires et l’écologie urbaine et désincarnée, qui connaît mieux la nature que les « agriculteurs pollueurs ». Déshumanisation, révolution machiniste et algoritmique qui est le fin mot du macronisme. Emmanuel Macron qui a des lettres consomme (sic) et fait advenir « la France contre les robots » prédite par Bernanos. Mais les intellectuels catholiques sont comme la bourgeoisie qui constitue le dernier noyau de l’Église, ils sont opportunistes. Ils aiment à citer Bernanos qui fait partie de leur patrimoine, mais ils s’accommode d’assister sans broncher à la réalisation de ses prédictions.

        « L’Eglise n’assume plus le lien intime qui unit la religion à la superstition, Dieu merci! », me répondez-vous. Eh bien vous faites fausse route. Car vous croyez pouvoir décréter en toute désincarnation là encore un christianisme qui se serait affranchi de l’archaïque, un christianisme non pas éthéré et vivant dans les sphères angéliques, mais élargi et n’en étant plus là. « Qui veut faire l’ange fait la bête » a dit Pascall. Qui veut s’élargir et se débarrasser de l’archaïque se condamne à le retrouver, peut-être en pire, par un retour du refoulé. Voyez le monde comme il devient, ce monde d’après le monde d’après-guerre, de Trump, de Poutine ou de l’hoologramme Macron, ce monde qui réagit au Coronavirus, non seulement en triant les malades à soigner et ceux à laisser mourir comme en Italie par saturation du système de santé, mais en décidant qu’on ne meurt pas bien du Coronavirus et bien de toutes les autres maladies, excepté peut-être le SIDA.

        Vous pouvez ne pas me publier si ça vous chante, vous êtes chez vous. Un dialogue n’est pas un ronron et je fais partie des empêcheurs de ronronner en rond. Je ne suis pas le seul parmi vos commentateurs, même si je découvre un peu votre blog que je lisais de loin en loin sans y être intervenu et sans m’être abonné, ce que j’ai fait depuis peu.

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        • Empêcher de ronronner en rond ne vous autorise pas à faire de l’attitude des personnes la lecture qui vous convient. Ecrire que « l’eucharistie ne me manque pas » procède de cette forme de mépris. Qu’en savez-vous ?

          Vous vous scandalisez que le culte paraisse être la seule victime des décisions gouvernementales là où les bureaux de tabac restent ouvert… Pouvez-vous accepter de faire la différence entre un lieu de passage (la plupart des commerces autorisés comme d’ailleurs les bureaux de vote voici une semaine) et les lieux de regroupement où l’on se retrouve pour une longue durée ?

          Qu’une pensée « archaïque » conduise des personnes, que je respecte en tant que telles, à imaginer que Dieu les sauvera, malgré elles, de toute contamination, quoi qu’elles fassent ne me semble pas une attitude à justifier, excuser, au motif qu’il y aurait là un ressort profond de la nature humaine qu’il serait vain de nier. L’interrogation biblique résonne jusqu’à nous : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » Et je trouve pour le moins paradoxal que vous contestiez ces mesures susceptible de limiter la diffusion du virus, et donc de diminuer le nombre de cas potentiellement mortels, tout en offusquant que les hôpitaux en soient réduit à faire le tri de ceux qui sont sauvés. Hypothèse de mon billet qui m’a valu bien des railleries ? A moins que votre pensée archaïque ne connaisse les moyens de transformer des grille pain en appareils respiratoires !

          Enfin, pardonnez-moi, à mon tour, de vouloir vous empêcher de vous aveugler « en rond » mais assimiler l’écologie à tous les maux qu’elle dénonce et combat, est d’une totale malhonnêteté intellectuelle.

          Oui nous avons besoin de spiritualité dans la période terrible où nous sommes engagés. Mais dans la solidarité et la confiance en ceux qui ont la lourde charge de mener le pays comme aux responsables de nos communautés religieuses. Vouloir vous démarquer des uns comme des autres au nom de votre « perception » personnelle des choses me semble ressortir de l’orgueil le plus insensé.

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          • Ayant voulu commenter hier le silence « de la chaise vide » (auquel Dominique Bargiarelli avait fait allusion dans le billet « Jean Vanier : l’Arche dans la tempête »), je fais également partie des « empêcheurs de ronronner en rond » – mais un empêcheur censuré.

            A tout hasard, revoici mon commentaire :
            A Dominique :

            Respecter le silence pour se faire valoir, au lieu de faire valoir une idée … ?

            P.S.
            La politique de la chaise vide est un art qui consiste à se rendre présent par l’absence, afin d’être mieux craint ou respecté. — (Jean-Bernard VUILLÈME, Les Assis : Regard sur le monde des chaises, Carouge, Éditions Zoé, 1996)

          • Je me méfie de cette auto-labellisation d’être des empêcheurs de ronronner en rond ! D’autres se disent prophètes, d’autres extra-lucides, d’autres s’auto investissent conseillers économiques de nos gouvernants…

  • Extraits de message du chef d’un parti politique français à ses adhérents, ce jour 18 mars:
    « Mais au-delà de cette période de crise, et quelle que soit la façon dont nous en sortirons, il faut que nous en soyons conscients : notre monde aura profondément changé, plus rien ne sera comme avant ! »
    « Mais au-delà de cette évidence, bien des fondamentaux vont se trouver réinterrogés. Quel est l’essentiel, dans un temps et une société comme les nôtres ? Comment devons-nous être reliés les uns aux autres ? Que cherchons-nous ensemble ? Et comment pour ces temps nouveaux, la démocratie doit-elle être proposée et organisée ? Vous reconnaîtrez aisément dans les prémices de cette réflexion des approches bien ancrées dans nos convictions et qui ont inspiré nos combats. »

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  • Merci « Coroavirus » !
    Ce que les gilets jaunes, au tout début, n’avaient pas réussi à montrer, ce virus va nous l’imposer en quelques mois. Serait-ce l’équivalent des 7 plaies d’Egypte qui avaient, selon les Ecritures, permit l’exode, épisode fondateur de nos grands frères juifs ? Restons prudent avec cette comparaison, certains amalgames sont dangereux. Eh oui, cher éditorialiste de « la croix » de ce jour : les travailleurs sont essentiels…. En effet, si : [… (Matthieu 4 :4) Mais il répliqua : « Il est écrit : Ce n’est pas seulement de pain que l’homme vivra, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu. »], il tombe sous le sens que le pain est également nécessaire, ainsi que la chaines des « travailleurs » qui le produisent. Il aura fallu attendre une décision de « confinement » pour nous apercevoir que CHAQUE MEMBRE de notre société, dite civilisée, est indispensable à son bon fonctionnement et que le service de l’autre, c’est-à-dire le service de l’Autre en est le rouage incontournable. Applaudir les équipes médicales, en « première ligne » pour utiliser ce « vocabulaire guerrier », est réconfortant, après tout ce qu’ils ont dû encaisser depuis que la médecine s’est politisée…mais oublier d’applaudir la chaine sanitaire, y compris dans sa partie financière, qui sous-tend leurs actions, est irresponsable. Maintenir ouverte, à bon escient, la chaine alimentaire, est rassurant, mais oublier de renforcer, et de protéger nos caissières et les courageux manutentionnaires qui alimentent les rayons, provoque angoisse et panique entravant le bon déroulement des opérations de confinement…. J’aurai quand même une pensé pour tous nos politiciens qui peaufinent depuis 1945 notre système de santé, qui, je l’ai bien compris, fonctionnerait bien mieux s’il n’y avait pas de malades ; de même j’aurai une pensé pour tous nos philosophe, religieux, penseurs de tous poils, qui dépensent des trésors d’intelligence et d’astuce pour nous désincarner !
    Je lis aussi, dans « la croix » de ce jour le déploiement de « cellules d’éthiques rattachées aux centre hospitaliers et dépendant du CCNE ». Excellente initiative. J’espère seulement que les participants à ces comités ne feront pas « les 35 heures », car les malades le sont 24h sur24. Espérons que le « risque de débordement » envisagé par le philosophe de l’équipe marseillaise est prévu et sera assumé. Rappelons qu’après cinq minutes d’anoxie, certaines lésions cérébrales deviennent irréversibles, que la plasticité cérébrale a des limites mais aussi que l’occupation d’un lit a un prix.
    Rappelons enfin que : « Le corps en effet – et seulement lui – est capable de rendre visible ce qui est invisible : le spirituel et le divin. Il a été créé pour transférer dans la réalité visible du monde le mystère caché de toute éternité en Dieu et en être le signe visible. ». (TDC 019 – Le Sacrement du mystère de la vérité et de l’amour-St Jean Paul II).
    Il révèle donc le mystère d’Amour qui nous habite et ne doit donc pas,, me semble-t-il, être traité sous le seule angle de la simple vie terretre.

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    • Tout cela est très donneur de leçons ! Ne croyez vous pas qu’en la circonstance nous devrions faire montre, les uns et les autres, d’un peu plus d’humilité ?

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    • Je redis ici ma réticence à publier des commentaires qui se réduisent à un lien vers des textes, même s’ils sont de grande qualité. Ce blog n’a pas vocation à devenir une revue de presse où une banque de données.

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      • Oui, René, pardonnez-moi ma « récidive » (même si c’était exceptionnel pour faire connaître un texte de qualité) !

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  • Voilà comment l’évêque de Trieste récupère l’épidémie qui sévit gravement en Italie pour sa Paroisse sa Vérité et sa morale …..et pour jeter des pierres à l’ UE Ci-aprés son texte

    Plus rien ne sera comme avant

    L’épidémie liée à la propagation de la « COVID-19 » a un fort impact sur de nombreux aspects de la coexistence entre les hommes et pour cette raison, elle nécessite également une analyse du point de vue de la Doctrine Sociale de l’Eglise. La contagion est avant tout un événement sanitaire et cela suffit à relie directement à l’objectif du bien commun. La santé en fait certainement partie. En même temps, elle pose le problème de la relation entre l’homme et la nature et nous invite à surmonter le naturalisme qui est répandu aujourd’hui et je rappelle que, en l’absence de gouvernement de la part de l’homme, la nature produit aussi des catastrophes et qu’une nature uniquement bonne et d’emblée exempte de contamination n’existe pas.

    Elle pose ensuite le problème de la participation au bien commun et de la solidarité, en nous invitant à aborder, sur la base du principe de subsidiarité, les différentes contributions que les acteurs politiques et sociaux peuvent apporter à la solution de ce grave problème et à la reconstruction de la normalité, une fois l’épidémie derrière nous. Il est devenu évident que ces contributions doivent être articulées entre elles, convergentes et coordonnées. Le financement des soins de santé, un problème que le coronavirus met très clairement en évidence, est un problème moral central dans la poursuite du bien commun. Il est urgent de réfléchir tant aux objectifs du système de santé qu’à sa gestion et à l’utilisation des ressources, car l’examen du passé récent laisse constater une réduction significative du financement des établissements de soins de santé. L’épidémie menace en effet la fonctionnalité des filières productives et économiques, et leur blocage, s’il se prolonge, entraînera des faillites, du chômage, de la pauvreté, des difficultés et des conflits sociaux. Le monde du travail sera soumis à de grands bouleversements, de nouvelles formes de soutien et de solidarité seront nécessaires et des choix drastiques devront être faits. La question économique renvoie à celle du crédit et à la question monétaire et, par conséquent, aux relations de l’Italie avec l’Union européenne dont dépendent dans notre pays les décisions finales dans ces deux domaines. Cela soulève à nouveau la question de la souveraineté nationale et de la mondialisation, faisant ressortir la nécessité de réexaminer la mondialisation comprise comme une machine systémique mondialiste, qui peut aussi être très vulnérable précisément en raison de son interrelation interne rigide et artificielle, de sorte que, lorsqu’un point névralgique est touché, elle provoque des dommages systémiques globaux difficiles à corriger. Lorsque les niveaux sociaux inférieurs sont soustraits à la souveraineté, tous seront emportés. D’autre part, le coronavirus a également mis en évidence les « fermetures » des États, incapables de coopérer réellement même s’ils sont membres des institutions supranationales auxquelles ils appartiennent. Enfin, l’épidémie a posé le problème de la relation du bien commun avec la religion catholique et de la relation entre l’État et l’Église. La suspension des messes et la fermeture des églises ne sont que quelques aspects de ce problème.

    Tel semble donc être le tableau complexe des problèmes posés par l’épidémie du coronavirus. Ce sont des sujets qui interpellent la doctrine sociale de l’Église, c’est pourquoi notre Observatoire se sent appelé à proposer une réflexion, en sollicitant d’autres contributions dans ce sens. L’encyclique Caritas in Veritate de Benoît XVI, écrite en 2009 au moment d’une autre crise, affirme : « La crise nous oblige à reconsidérer notre itinéraire, à nous donner de nouvelles règles et à trouver de nouvelles formes d’engagement, à miser sur les expériences positives et à rejeter celles qui sont négatives. La crise devient ainsi une occasion de discernement et elle met en capacité d’élaborer de nouveaux projets. » (n. 21).

    La fin du naturalisme idéologique

    Les sociétés étaient et sont toujours traversées par diverses formes idéologiques de naturalisme que l’expérience de cette épidémie pourrait corriger. L’exaltation d’une nature pure et originellement non contaminée dont l’homme serait le pollueur était intenable ; elle l’est encore moins aujourd’hui. L’idée d’une Terre-Mère dotée à l’origine de son propre équilibre harmonieux avec l’esprit de laquelle l’homme devrait se connecter pour trouver la bonne relation avec les choses et avec lui-même est une absurdité que cette expérience pourrait faire disparaître. La nature doit être gouvernée par l’homme et les nouvelles idéologies panthéistes (et pas seulement elles) postmodernes sont inhumaines. La nature, au sens naturaliste du terme, produit également des déséquilibres et des maladies et c’est pourquoi elle doit être humanisée. Ce n’est pas l’homme qui doit se naturaliser, mais la nature qui doit être humanisée.

    La Révélation nous enseigne que la création est confiée à la garde et à la gouvernance de l’homme en vue du but ultime qui est Dieu. L’homme a le droit, parce qu’il en a le devoir, de gérer la création matérielle, de la régir et d’en tirer ce qui est nécessaire et utile pour le bien commun. La création est confiée par Dieu à l’homme, à son intervention selon la raison et à sa capacité de sage domination. L’homme est le régulateur de la création, et non l’inverse.

    Les deux sens du mot “Salus”

    Le terme « Salus » signifie santé, au sens sanitaire du terme, et il signifie également salut, au sens éthico-spirituel et surtout religieux. L’expérience actuelle du coronavirus témoigne une fois de plus que les deux significations sont liées. Les menaces pour la santé du corps induisent des changements dans les attitudes, dans la façon de penser, dans les valeurs à défendre. Ils mettent à l’épreuve le système moral de référence de la société tout entière. Elles exigent des comportements éthiquement valables, elles remettent en cause des attitudes égoïstes, désengagées, indifférentes, d’exploitation. Elles mettent en évidence des formes d’héroïsme dans la lutte commune contre la contagion et, en même temps, des formes de pillage de ceux qui profitent de la situation. La lutte contre la contagion exige une recomposition morale de la société en termes de comportement sain, solidaire et respectueux, peut-être plus importante que la recomposition des ressources. Le défi de la santé physique est donc lié au défi de la santé morale. Nous devons repenser en profondeur les dérives immorales de notre société, à tous les niveaux. Souvent, les malheurs naturels ne sont pas entièrement naturels, mais ont derrière eux les attitudes moralement désordonnées de l’homme. L’origine du COVID-19 n’est pas encore définitivement clarifiée ; elle pourrait même s’avérer ne pas être d’origine naturelle. Mais même si son origine purement naturelle est admise, son impact social remet en cause l’éthique communautaire. La réponse n’est pas et ne sera pas seulement scientifico-technique, mais aussi morale. Après la réponse technique, la grave crise du coronavirus devrait faire revivre la moralité publique sur une nouveau fondement solide.

    Participation au bien commun

    La participation éthique est nécessaire parce que le bien commun est en jeu. L’épidémie du coronavirus contredit tous ceux qui ont soutenu que le bien commun en tant que fin morale n’existe pas. Si tel était le cas, à quoi s’engageraient et pour quoi se battraient toutes les personnes à l’intérieur et à l’extérieur des institutions ? À quel engagement les citoyens seraient-ils appelés par des ordonnances restrictives si ce n’est à un engagement moral pour le bien commun ? Sur quelle fondement dit-on qu’un certain comportement est « obligatoire » en ce moment ? Ceux qui ont nié l’existence du bien commun ou qui en ont confié la mise en œuvre aux seules techniques, mais non à l’engagement moral pour le bien, sont aujourd’hui contredits par les faits. C’est le bien commun qui nous dit que la santé est un bien que nous devons tous promouvoir. C’est le bien commun qui nous dit que le mot Salus a deux significations.

    Cette expérience du coronavirus va-t-elle être portée au point d’approfondir et d’élargir cette notion de bien commun ? Alors que nous nous battons pour sauver la vie de tant de personnes, les procédures d’avortement procurés ne cessent pas, ni la vente de pilules abortives, ni les pratiques euthanasiques, ni les sacrifices d’embryons humains et bien d’autres pratiques contre la vie et la famille. Si l’on redécouvre le bien commun et la nécessité d’une participation commune et concertée en sa faveur dans la lutte contre l’épidémie, il faut avoir le courage intellectuel et la volonté d’étendre le concept aussi loin qu’il doit naturellement l’être.

    La subsidiarité dans la lutte pour la santé

    La mobilisation permanente contre la propagation du coronavirus a impliqué de nombreux niveaux d’action, parfois bien coordonnés, parfois moins. Il existe différentes tâches que chacun a effectuées en fonction de ses responsabilités. Une fois la tempête passée, on pourra faire le point de ce qui n’a pas fonctionné correctement dans la chaîne de subsidiarité, et redécouvrir l’important principe de subsidiarité afin de mieux l’appliquer – et de l’appliquer dans tous les domaines. Une expérience en particulier doit être valorisée : la subsidiarité doit être « pour » et non comme une « interdiction de » : elle doit être pour le bien commun et, par conséquent, elle doit avoir un fondement éthique et non pas seulement politique ou fonctionnaliste. Un fondement éthique fondé sur l’ordre naturel et finalisé de la vie sociale. L’occasion est propice à l’abandon des visions conventionnelles des valeurs et des objectifs sociaux.

    Un point important maintenant mis en évidence par la crise coronavirus est le rôle subsidiaire du crédit. Le blocage de grands secteurs de l’économie pour assurer une plus grande sécurité sanitaire et réduire la propagation du virus provoque une crise économique, notamment en termes de liquidités, pour les entreprises et les ménages. Si la crise dure longtemps, on s’attend à une crise de la circularité de la production et de la consommation, avec le spectre du chômage. Face à ces besoins, le rôle du crédit peut être fondamental et le système financier pourrait se racheter des nombreuses délabrements condamnables du passé récent.

    Souveraineté et mondialisation

    L’expérience actuelle du coronavirus nous oblige également à reconsidérer les deux concepts de mondialisation et de souveraineté nationale. Il existe une mondialisation qui voit la planète entière comme un « système » de connexions et d’articulations rigides, une construction artificielle régie par des initiés, une série de vases communicants apparemment inébranlables. Cependant, un tel concept s’est également avéré faible car il suffit de frapper le système à un moment donné pour créer un effet domino d’avalanche. L’épidémie peut mettre en crise le système de santé, les quarantaines mettent en crise le système productif, ce qui provoque l’effondrement du système économique, la pauvreté et le chômage faisant que le système de crédit n’est plus alimenté, l’affaiblissement de la population l’expose à de nouvelles épidémies et ainsi de suite dans une série de cercles vicieux de dimension planétaire. La mondialisation présentait jusqu’à hier ses splendeurs et ses gloires de fonctionnement technico-fonctionnel parfait, de certitudes incontestables sur l’obsolescence des États et des nations, de valeur absolue de la « société ouverte » : un seul monde, une seule religion, une seule morale universelle, un seul peuple mondialiste, une seule autorité mondiale. Mais un virus peut alors suffire à faire tomber le système, puisque les niveaux de réponse non globaux ont été désactivés. L’expérience que nous vivons nous met en garde contre une « société ouverte » ainsi comprise, à la fois parce qu’elle se place entre les mains du pouvoir de quelques-uns et parce que quelques autres mains pourraient la faire tomber comme un château de cartes. Cela ne signifie pas qu’il faille nier l’importance de la collaboration internationale qu’exigent les pandémies, mais cette collaboration n’a rien à voir avec les structures collectives, mécaniques, automatiques et systémiques mondiales.

    Mort par coronavirus de l’Union européenne

    L’expérience de ces jours a montré une fois de plus une Union européenne divisée et fantôme. Des différends égoïstes sont apparus entre les États membres plutôt que la coopération. L’Italie est restée isolée, elle a été laissée seule. La Commission européenne est intervenue tardivement et la Banque centrale européenne est intervenue mal. Face à l’épidémie, chaque État a pris des mesures pour se fermer. Les ressources nécessaires à l’Italie pour faire face à la situation d’urgence, qui en d’autres temps aurait été les siennes propre comme par exemple avec la dévaluation de la monnaie, dépendent maintenant des décisions de l’Union devant lesquelles elle doit se prosterner.

    Le coronavirus a définitivement démontré le caractère artificiel de l’Union européenne, incapable de faire coopérer entre eux les États auxquels elle a été superposée par l’acquisition de la souveraineté. Le manque de liant moral n’a pas été compensé par un liant institutionnel et politique. Il faut prendre acte de cette fin peu glorieuse, par coronavirus, de l’Union européenne et penser qu’une collaboration entre les Etats européens dans la lutte pour la santé est également possible en dehors des institutions politiques supranationales.

    L’État et l’Église

    Le mot Salus signifie, comme nous l’avons vu, aussi le salut, et pas seulement la santé. La santé n’est pas le salut, comme les martyrs nous l’ont appris, mais dans un certain sens, le salut donne aussi la santé. Le bon fonctionnement de la vie sociale, avec ses effets bénéfiques également sur la santé, a également besoin du salut promis par la religion : « L’homme ne se développe pas uniquement par ses propres forces » (Caritas in Veritate, 11).

    Le bien commun est de nature morale et, comme nous l’avons dit plus haut, cette crise devrait conduire à la redécouverte de cette dimension, mais la morale ne vit pas de sa vie propre, car elle est incapable en dernière analyse d’être son propre fondement. Se pose ici le problème de la relation essentielle que la vie politique entretient avec la religion, celle qui garantit le mieux la vérité de la vie politique. L’autorité politique affaiblit la lutte contre le mal, comme c’est le cas également avec l’épidémie actuelle, lorsqu’elle assimile les saintes messes à des initiatives récréatives, pensant qu’elles devraient être suspendues, peut-être même avant de suspendre d’autres formes de rassemblement qui sont certainement moins importantes. Même l’Église peut se tromper lorsqu’elle n’affirme pas, pour le même bien commun authentique et complet, la nécessité publique des saintes messes et de l’ouverture des églises. L’Église apporte sa contribution à la lutte contre l’épidémie sous les différentes formes d’assistance, d’aide et de solidarité qu’elle sait mettre en œuvre, comme elle l’a toujours fait par le passé dans des cas similaires. Il convient toutefois de rester très attentif à la dimension religieuse de sa contribution, afin qu’elle ne soit pas considérée comme une simple expression de la société civile. C’est la raison de l’importance ce que le pape François a dit lorsqu’il a prié le Saint-Esprit de donner aux « pasteurs la capacité pastorale et le discernement nécessaires pour prendre des mesures qui ne laissent pas seul le peuple fidèle de Dieu. Que le peuple de Dieu se sente accompagné par les pasteurs et le réconfort de la Parole de Dieu, des sacrements et de la prière », naturellement avec le bon sens et la prudence que la situation exige.

    Cette urgence du coronavirus peut être vécue par tous « comme si Dieu n’existait pas » et en ce cas, la phase suivante, lorsque l’urgence prendra fin, appliquera également une telle vision des choses comme une suite logique. De cette façon, cependant, le lien entre la santé physique et la santé morale et religieuse que cette douloureuse urgence a mis au jour aura été oublié. Si, au contraire, on ressent le besoin de revenir à la reconnaissance de la place de Dieu dans le monde, alors les relations entre la politique et la religion catholique et entre l’État et l’Église pourront également prendre le bon chemin.

    L’urgence de l’épidémie actuelle interpelle profondément la doctrine sociale de l’Église. Il s’agit d’un patrimoine de foi et de raison qui, à l’heure actuelle, peut apporter une grande aide dans la lutte contre l’infection, lutte qui doit concerner tous les niveaux de la vie sociale et politique. Surtout, il peut apporter une aide en vue du post-coronavirus. Nous avons besoin d’une vue d’ensemble qui n’exclut aucune perspective vraiment importante. La vie sociale exige cohérence et synthèse, surtout en cas de difficultés. C’est pourquoi, dans les difficultés, les hommes qui savent regarder en profondeur et vers le haut peuvent trouver des solutions et même des occasions d’améliorer les choses par rapport au passé.

    + Giancarlo Crepaldi

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      • Oui, sauf ce couplet bizarre sur l’Europe. Et ce texte technocratico–centré kto dans un pays qui ne fait plus de bambinon (indice de vieillesse le plus élevée de l’UE) est un signe de déprime sociétale,. Le couplet souverainiste est désolant, négatif, Burke.

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  • C’est vrai, « Tout cela est très donneur de leçons… ». Mais, comme le maréchal, je dirais « Français, vous avez la mémoire courte ». Il n’est pas dans mon propos de juger qui que ce soit, contentons-nous de quelques faits : Après les attentats, nos policiers étaient embrassés, glorifiés…la période de terreur suspendue, ils sont grilles dans leur voiture, assassinés devant chez eux….les pompiers, en particulier de New York, ont été magnifiés pour leur courage…il y a encore peu de temps, ils étaient caillassés sans raison, après avoir été appelé…Une collègue s’est vue rappelée à l’ordre, car il lui était dangereux de s’éloigner de l’ambulance du SAMU seule…Je me suis fait trainé dans la boue, parce que, oh, sacrilège suprême, j’ai osé dire, ce qui n’était alors pas politiquement correct, que mon neveu était mort du H1N1. Le censeur, qui ne le connaissait pas, arguait seulement du fait qu’il n’y avait eu aucun prélèvement…Alors que, malgré quelques heures de conversation téléphonique, nous n’avions pas réussi, ma fille et moi, de le convaincre de se rendre à l’hôpital pour une simple radio pulmonaire, ce qui lui aurait donné le diagnostic…Je crois que je vais avoir « l’humilité » de briser là mon énumération, que je pourrais étoffer, après 40 ans de bloc opératoire, d’urgence, flirtant souvent avec la mort. Je crois que 75 ans de gabegie sont en train de venir à bout du personnel soignant, malgré leur valeur exemplaire, et n’ont, hélas, pas réussi à construire un système fiable opposable à toutes situations…Notre État n’a pas, et n’aura jamais les moyens de ses promesses. Vous rappellerais-je le cri de désespoir, hier, d’une infirmière, qui, méprisant le problème financier, ne demandait seulement de quoi travailler : quelques masques et flacons de solution hydroalcoolique ; ou, la surprise de ce commentateur TV qui découvre que l’on transporte, à bon escient, bien sûr, dans le sud un patient, alors qu’il y aurait localement des lits de libre dans le privé…mais ne jetons pas la pierre, peut-être que cela est prévu en cas d’aggravation locale de l’infection. Vous avez raison, cela demande un peu d’humilité, on ne peut pas tout faire. Cependant, avez-vous vu le film « Titanic » ? Depuis (…) que notre humanité habite notre univers, je ne vois pas de progrès explosif, mais une très lente maturation. Certes, cela pondère un peu notre impression désagréable de fiasco de notre civilisation occidentale, et devrait nous rappeler l’ecclésiaste que je vous invite à relire :
    « …Vanité des vanités, dit Qohèleth, vanité des vanités, tout est vanité… »
    Je crois qu’une véritable compréhension du message du Christ, que nous relativisant depuis 2000 ans, nous manque cruellement, l’empire romain est mort !

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  • Le confinement va sans doute durer suffisamment pour que nous puissions faire les exercices spirituels d’Ignace de Loyola ( 40 jours).Profitons en .

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  • L’évêque de Trieste, ni vous même, ni personne d’ailleurs n’évoque la place des femmes dans l’Eglise car 70 % des morts en Italie sont des hommes et parmi eux des prêtres… L’éviction continuelle des femmes dans l’Eglise… et les blogs… Fera-t-elle encore partie du « salus » ? On peut prédire que oui, hélas…

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  • Un de mes textes n’a pas été édité : Il doit y avoir eu un problème informatique : ce qui serait peu étonnant en ces temps troublés. Ça n’a évidemment pas une grande importance. Permettez-moi de vous citer un grand texte publié par garrigues et sentiers sur le père Teilhard de Chardin. Ce texte avait été publié le 6 juin 2015 et j’en extrais le paragraphe suivant :
    [… « L’Âge de l’Homme
    Un article très récent de la revue internationale « Nature », du 21 mai 2015 met à mal les datations jusqu’ici admises sur l’ancienneté du genre Homo !
    Jusqu’ici, pour les outils, tout commençait il y a un peu plus de 2 millions d’années. C’est l’époque où, selon les spécialistes, les routes des australopithèques − la famille de « Lucy » − se séparent. Cette lignée, le genre Homo, aurait alors quitté définitivement les arbres pour devenir, de plus en plus, un fabricant d’outils. D’où les premiers fossiles humains et les plus anciens outils connus jusqu’à présent, âgés de 2,6 millions d’années, en Éthiopie.
    À l’été 2011, une expédition est prête et les géologues confirment que les sédiments où se trouvent les pierres sont bien ces couches anciennes que recherchait l’équipe. Après plusieurs missions, les archéologues ont collecté plus d’une centaine de ces pierres qui « semblent bien avoir été taillées intentionnellement ». De très vieux outils, mais de quel âge ? Et c’est là que les datations bouleversent les données admises. Les pierres taillées remontent en fait à 3,3 millions d’années. Tout cela se place 500 000 ans avant l’apparition des premiers humains. Alors, qui a fabriqué ces outils ?1 Comment redéployer une histoire dont on croyait jusqu’ici bien situer les limités ? … »].
    Éternel problème entre sciences et croyances…

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  • Un beau texte qu’une amie m’envoie :

    Et tout s’est arrêté…
    Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

    Après ?
    Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.

    Après ?
    Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.

    Après ?
    Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.

    Après ?
    Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’Etat, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.

    Après ?
    Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.

    Après ?
    Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.

    Après ?
    Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.

    Après ?
    Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.

    Après ?
    Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.

    Après ?
    Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique. Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot.

    Ecrit par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux

    Dans l’espérance qu’après nous ne retomberons pas trop vite dans les errements d’avant !

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