Déconfiner les églises ou déconfiner l’Eglise ?

Déconfiner les églises ou déconfiner l’Eglise ?

Et si la reprise du culte n’était finalement que l’arbre qui cache la forêt ! 

Le gouvernement n’a donc pas accédé à la demande des évêques de France de rouvrir les églises au culte à partir du 11 mai. Ce n’est que le 2 juin prochain qu’elles pourront – sans doute – accueillir à nouveau les fidèles pour des offices, tout en respectant les gestes barrière exigés, là comme ailleurs, par la lutte contre la pandémie de coronavirus. En formulant cette demande, à l’issue de leur Assemblée plénière de printemps du 24 avril, vécue en mode visio-conférence, les évêques se faisaient les porte parole d’une partie des fidèles et du clergé, exaspérés d’être durablement tenus à l’écart de toute vie sacramentelle. Les médias se sont fait un large écho de cette requête des évêques à propos de laquelle on peut s’interroger : était-elle légitime, opportune, signifiante ? 

Une demande légitime

Le Conseil permanent le rappelle dans son communiqué du 28 avril par lequel il prend acte de la décision de report de l’ouverture des églises au culte pour le 2 juin : « La liberté de culte est un élément constitutif de la vie démocratique. » Dans notre pays de laïcité nul n’est contraint dans son appartenance ou sa non appartenance religieuse. Mais il n’est pas illégitime d’interpeller les Pouvoirs publics lorsque les conditions même de l’exercice d’un droit constitutionnel semblent remises en question. Jusqu’au 11 mai, la Conférence des évêques de France et une large majorité de prêtres et fidèles ont « joué le jeu » d’un confinement qui s’appliquait à tous les domaines de la vie économique et sociale. Même si, ici ou là, on a vu et entendu, quelques minorités plaider que les droits de Dieu devaient prévaloir sur les lois de la République. Et que, pour les croyants, la foi valait tous les gestes barrière dans la protection contre le virus… Terrible aveuglement ! 

Mais à partir du 11 mai, le prolongement du confinement pour le culte devenait plus difficile à justifier. On ne voit guère en quoi la présence de quelques dizaines de fidèles dans une église serait, sanitairement, plus problématique que celle de clients dans une grande surface. Sauf à apporter la preuve que passer trois quart d’heures assis, à distance de son voisin, sur une chaise soit plus pathogène que de déambuler pendant le même laps de temps entre les rayons d’un super marché… Quant à mettre l’urgence sur la seule relance de l’économie – alors même que notre modèle est fortement questionné par la crise – c’est considérer qu’un retour au statut de producteur-consommateur suffirait à redonner sens à la vie de tout un chacun. Et représenterait à nouveau pour notre société un horizon indépassable. Ce qui soulève bien des objections. 

Une opportunité qui fait débat

Pour légitime qu’elle puisse paraître, la demande des évêques était-elle pour autant opportune ? En formulant cette revendication indépendamment des autres communautés : protestants, juifs ou musulmans, les évêques ont pu donner le sentiment de vouloir forcer la main des Pouvoirs publics, au bénéfice des seuls catholiques ! Et l’on peut imaginer, sans grande difficulté, qu’une acceptation de la part du gouvernement, alors même que les musulmans célèbrent le mois du Ramadan jusqu’au 23 mai, eut été source d’incompréhension ou de difficultés dans un contexte sanitaire tendu. Comment « contenir » le désir des musulmans de fêter l’Aïd selon leurs traditions religieuses et culturelles, si les catholiques étaient autorisés à déconfiner leurs propres lieux de culte ? Passer cette nécessaire solidarité par pertes et profit pose réellement question ! 

Un second malaise est venu du fait que cette demande des évêques ne pouvait se prévaloir de l’assentiment unanime des fidèles. Elle ne pouvait donc que nourrir, là comme ailleurs, une division toujours dommageable. (*) On le sait, il y a deux lectures complémentaires du Jeudi saint qui, depuis toujours, nourrissent deux sensibilités, parfois antagonistes, au sein du peuple chrétien. Les uns mettent prioritairement l’accent sur l’Eucharistie, ce qui justifie aujourd’hui la revendication d’une reprise rapide du culte ; les autres sur le lavement des pieds, ce « sacrement du frère » qui n’exige, lui, aucun clergé, aucun lien hiérarchique aux éveques, aucun contexte liturgique ou cultuel. 

L’image d’une institution de type ecclésiastique, portant par priorité les revendications des clercs. 

Les mouvements d’Eglise qui incarnent cette dimension « charitable » ou de simple solidarité – parfois vécue par des chrétiens dans d’autres structures non-confessionnelles – sont le plus souvent animés par des laïcs. Beaucoup aiment se référer à la Lettre à Diognète, texte anonyme du deuxième siècle où il est dit, à propos des premières communautés : « Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes. (…) Ils habitent les cités grecques et les cités barbares suivant le destin de chacun ; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l’existence, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur manière de vivre. » Bien des militants chrétiens y nourrissent leur conviction que l’urgence du moment est à témoigner d’abord de leur commune appartenance à une même société plurielle, en souffrance, plutôt qu’à formuler des revendications communautaires, si légitimes soient-elles. 

Or, la déclaration des évêques a pu donner l’impression que seule la première « vision » eucharistique du Jeudi saint était prise en compte. Certes, leur communiqué du 24 avril stipulait qu’ils entendaient également « l’urgence que tous ceux qui le peuvent puissent s’impliquer davantage auprès des plus pauvres. » Mais les lois de la communication étant ce qu’elles sont, il était évident que les médias retiendraient de leur propos la seule demande de réouverture des églises au culte. Les protestations plus récentes d’un certain nombre d’évêques, en réaction à l’annonce du Premier ministre, arguant de leur inquiétude à pouvoir « tenir leurs troupes » ne peuvent que renforcer cet aspect des choses. Tout cela donne de l’Eglise, une fois encore, l’image d’une institution d’essence ecclésiastique portant par priorité des revendications cléricales ou cultuelles.

« De nouvelles manières de faire Eglise ont été inventées. » François Euvé

Au moment où chacun s’interroge sur « l’après », pour mieux signifier qu’il devra être différent du passé, cette précipitation à « rouvrir le culte » peut également donner le sentiment de vouloir simplement renouer avec les habitudes passées comme s’il y avait là la vérité immuable de la Tradition. Comme si ces mois de confinement n’avaient été que privations et souffrances. Alors même que beaucoup témoignent combien cette épreuve, certes douloureuse et déstabilisante, a aussi représenté une expérience spirituelle d’une grande richesse, creusant en eux un « désir de Dieu » qui, comme tout désir, suppose une part de renoncement consenti – ici l’accès à l’eucharistie – sauf à se transformer en besoin. 

Beaucoup ont rouvert les Evangiles… Certains ont fait la découverte, notamment pendant la Semaine sainte, de ce que pouvait être une liturgie vécue en famille. Des baptisés se sont donnés les moyens de commenter ensemble la Parole de Dieu, par échange de courriel ou sur skype là où ils avaient l’habitude de se retrouver dans une salle paroissiale… De nombreux prêtres ou diacres ont su trouver les moyens de rester en liens avec leurs paroissiens. (1) De partager avec les uns et les autres : prière, méditation sur les textes de la liturgie, réflexions puisées ici et là dans les médias ou sur les réseaux sociaux sur le sens profond de l’expérience présente, appel à vivre des solidarités sans enfreindre les consignes sanitaires… Des petites communautés « virtuelles » se sont constituées, des réseaux se sont structurés comme ailleurs dans le monde, à d’autres époques, où des chrétiens ont su s’adapter aux circonstances.

Dans les jours qui viennent, le prolongement du confinement des lieux de culte, jusqu’au 2 juin, pourrait voir jaillir d’autres expériences comme des « messes à domicile » suggérées notamment par l’évêque de Grenoble (2) dont le père Yann Vagneux, prêtre des Missions étrangères sur les bords du Gange, rappelle, sur son compte Facebook, qu’elles sont le quotidien de sa mission, après avoir été l’expérience commune des premières communautés chrétiennes. (3) Autant d’expériences dont il faudra savoir faire le bilan. Dans un billet publié sur les réseaux sociaux, le jésuite François Euvé, rédacteur en chef de la revue Etudes interroge : « Comment tirer profit de ce qui a été vécu individuellement ou collectivement pendant ce temps de confinement ? De nouvelles manières de faire Église ont été inventées, non pas à partir d’un programme préétabli mais, ce qui est beaucoup plus intéressant, à partir de ce que l’Esprit a pu inspirer sur le moment aux personnes. »

Ces églises fermées : un signe d’espérance que Dieu nous envoie ?

Et puis, comment occulter que d’ici l’été, la crise économique et sociale prenant le relais de la crise sanitaire, notre pays va être confronté à une forme d’effondrement dont seule l’ampleur nous échappe vraiment. Comment les chrétiens vont-ils se rendre fraternellement proches de toutes les personnes en souffrance ? N’est ce pas là cette Eglise « hôpital de campagne » que le pape François appelait prophétiquement de ses vœux au lendemain de son élection ? Qui peut imaginer que cette réalité nouvelle, succédant à des mois de confinement « spirituel » ne vienne pas mettre à mal quelques vieux schémas ecclésiaux qui sont encore les nôtres ? 

Dans un autre texte publié sur le site de l’hebdomadaire la Vie, qu’il faudrait citer en son entier, un prêtre et sociologue Tchèque, le père Thomas Halik interroge : toutes ces églises fermées ne sont-elles pas, paradoxalement, un signe d’espérance que Dieu nous envoie ? Et s’il invitait les fidèles à le rejoindre dans le monde, cette Galilée nouvelle où le Christ nous précède ?

Il écrit : « Pourquoi avons-nous pendant si longtemps attribué cette évolution (la déchristianisation) à des influences externes (« le tsunami séculier ») au lieu de comprendre qu’un autre chapitre de l’histoire du christianisme arrive à son terme et qu’il est temps de se préparer pour un nouveau ? (…) Dans le monde, le nombre de « chercheurs » augmente à mesure que le nombre de « résidents » (ceux qui s’identifient avec la forme traditionnelle de la religion et ceux qui affirment un athéisme dogmatique) diminue. (…) Nous pouvons, bien sûr, accepter ces églises vides et silencieuses comme une simple mesure temporaire bientôt oubliée. Mais nous pouvons aussi l’accueillir comme un kairos – un moment opportun « pour aller en eau plus profonde » dans un monde qui se transforme radicalement sous nos yeux. Ne cherchons pas le Vivant parmi les morts. Cherchons-le avec audace et ténacité, et ne soyons pas surpris s’il nous apparaît comme un étranger. Nous le reconnaîtrons à ses plaies, à sa voix quand il nous parle dans l’intime, à l’Esprit qui apporte la paix et bannit la peur. »

Bref, plus qu’au déconfinement de nos églises, c’est au déconfinement de l’Eglise elle-même que nous sommes invités. Là est l’urgence. C’est sur ce chantier que nous attendons une parole prophétique de nos évêques. L’Eglise d’Allemagne a su s’engager dans un processus synodal plein de risques et de promesses. La conscience amère de leurs désaccords dissuadera-t-elle les évêques de France d’oser un tel dialogue, libre, généreux et ouvert avec l’ensemble des baptisés ? Alors même que « l’après » – c’est-à-dire l’avenir – de notre humanité commune est à construire ? 

(1) Les familiers des réseaux sociaux ont assisté à une floraison de retransmission de messes de prêtres, face à la caméra, ou de longues expositions d’ostensoirs, ce qui ne semble pas sans problème.

(2 ) Pour classique que puisse être cette pratique en certains pays où la communauté chrétienne est minoritaire, son élargissement au-delà de diocèses ruraux peut sembler difficile, sauf à nourrir la frustration de ceux qui n’y auront pas accès.

(3) Sur sa page Facebook, il écrit :  « Depuis des siècles, les missionnaires sont allés de lieux reculés en lieux reculés et ont célébré la messe dans les maisons avec des petites communautés rassemblées… A Bénarès, je célèbre rarement l’eucharistie quotidienne avec plus de 5 personnes. A partir du 11 mai, les rassemblements de 10 personnes sont autorisés en France. Cela fait grosso modo deux familles chaque jour pour un prêtre ; 14 en une semaine, et ainsi de suite… et on multiplie cela par le nombre de prêtres volontaires. Ainsi, en attendant le 2 juin de réunir toute la communauté, la plupart des chrétiens auront déjà reçu l’eucharistie. Ce sera juste le retour à l’Eglise des origines et la « Domus ecclesiae » dont nous avons entendu récemment le récit dans les Actes : « Chaque jour, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur » (Ac 2, 46). Qui a dit jadis que la France était une terre de mission? »

(*) Cette division s’exprime à nouveau avec force au lendemain de l’annonce du Premier ministre qui a conduit plusieurs évêques à « monter au créneau » pour exprimer leur mécontentement. Le titre de l’article de la Croix qui rend compte de cette « grogne » : « Reprise des cultes après le 2 juin : l’incompréhension des catholiques » est lui-même fortement contesté par nombre d’entre eux qui refusent une globalisation dans laquelle ils ne se reconnaissent pas. (Note rajoutée le 30 avril)

Illustration : le Tintoret, le Lavement des pieds, détail

BONUS

Trouver dans l’expérience, douloureuse mais riche de ce confinement, des raisons d’approfondir notre présence au monde, voilà une convictions partagée, dans un autre texte, largement repris par La Croix et signé avec cinq amis : Guy Aurenche, ancien président du CCFD-Terre solidaire, Laurent Grzybowski, journaliste et chanteur, Monique Hébrard, ancienne journaliste à Panorama, Jean-Pierre Rosa, ancien délégué général des Semaines sociales de France et Gérard Testard, ancien président de Fondacio. L’article de la Croix étant réservé à ses abonnés, je publie ci-après l’intégralité du texte qui lui a été adressé.

RÉOUVRIR LES EGLISES : POUR QUOI FAIRE ?

Dans un communiqué publié le 28 avril, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France réagit négativement aux annonces du Premier ministre concernant le déconfinement. Au nom de la liberté de culte, les évêques regrettent que les célébrations ne puissent reprendre dans les églises avant le 2 juin. Nous nous interrogeons sur la pertinence d’une telle déclaration. 

 Pourquoi ne voir dans cette nouvelle contrainte qu’un obstacle à la vie chrétienne ? Et si ce confinement prolongé était une chance ? La chance de redécouvrir le vrai culte à rendre à Dieu, la chance de ré-expérimenter le sens profond de l’eucharistie, pain partagé. Plutôt que de récriminer, l’Évangile ne nous invite-t-il pas à porter un regard positif sur les êtres et sur les choses ? Dieu nous parle à travers les événements de ce monde. A nous d’en lire les signes ! Au lieu de nous lamenter, regardons plus loin !

Oui, la crise que nous traversons nous apparaît comme une chance pour notre christianisme, pour qu’il retrouve sa pleine dimension domestique et accepte de vivre la grâce de la fragilité de façon créative. Comme le dit le prêtre et théologien tchèque Thomas Halik : « Nous devrions accepter l’actuel sevrage des services religieux et du fonctionnement de l’Église comme un kairos, une opportunité pour nous arrêter et nous engager dans une réflexion approfondie devant Dieu et avec Dieu. Cet « état d’urgence » est un révélateur du nouveau visage de l’Église. » 

Nourrir la vie communautaire

Loin de toute polémique, en ce temps d’épidémie mondiale, les baptisés ont inventé de nouvelles formes de vie communautaire : rassemblements autour des nombreuses retransmissions de célébrations, rendez-vous vidéo de groupes de prière, de partage d’évangile où l’on a vu surgir les exigences et la densité du culte domestique et de l’intériorité personnelle. Les catholiques, comme tous les français, ont aussi continué le service des frères dans de nombreuses associations et initiatives diverses de solidarité.

Service de l’autel, service des frères

Se retrouver en communauté est constitutif de la foi. Mais pour rendre quel culte, à quel Dieu ? Dans l’eucharistie, les chrétiens font mémoire de la mort et de la résurrection du Christ. Et du don de sa vie. Dans un même élan, ils s’engagent à donner la priorité absolue au service du frère. Il s’agit de conjuguer « intériorité et engagement », « lutte et contemplation » … Jadis, l’abbé Pierre vilipendait vertement les catholiques pour qui la « Présence » du Christ était « réelle » dans l’hostie mais seulement « symbolique » dans le pauvre auquel Jésus s’identifie pourtant dans l’Évangile de Matthieu.  

L’appétit spirituel

La spiritualité a toute sa place en ce temps de refondation. Abandonnons le terme négatif de « non-croyants » et donnons sa place à la diversité des aspirations spirituelles de nos contemporains. Le partage des convictions, des croyances, de la foi exige que chaque communauté s’ingénie à être compréhensible et crédible.

Comment ne pas constater que nombre des discours catholiques paraissent étrangers à nos contemporains. Plus graves ont été les silences face aux déviances pédocriminelles et aux lenteurs de notre Église à se réformer. Comment, en se retrouvant à nouveau dans leur église, les communautés s’interrogeront-elles sur cette exigence de clarté, de cohérence et de vérité ?

Avancer autrement

Certains aspects du fonctionnement de la communauté catholique peuvent également être interrogés. Quels moyens se donner pour avancer – dans les paroisses, les diocèses… – de manière plus collégiale ? Comment mieux articuler les différents ministères (existants ou à inventer). Comment mieux associer les femmes  à la gouvernance de nos communautés ? Quelle conception du prêtre, du rôle du curé ? Quel rapport au « sacré », aux rites ? Quels débats possibles, enfin apaisés, autour de la liturgie ? 

Ne restons pas confinés dans de vieilles approches théologiques et pastorales. Ne restons pas enfermés derrière nos murs ! Partons sur les routes d’un monde blessé, pour faire de nos églises non pas des douanes ou des forteresses de vérité, mais des lieux d’ouverture et de liberté. Des lieux véritablement déconfinés.

Le 29 Avril 2020

Guy Aurenche, Laurent Grzybowski, Monique Hébrard, René Poujol, Jean Pierre Rosa, Gérard Testard

60 comments

  • Même débat en Suisse … et je m’en étonne car qui sont les personnes à Risque ? les plus de 65 ans! qui va majoritairement à la messe? les plus de 65ans ? quel est l’âge moyen des prêtres ? plus de 65ans…donc continuons à protéger la vie en acceptant les règles de l’Etat durant cette pandémie !

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    • J’entends bien ! Mais si l’on suit votre raisonnement, quel risque y a-t-il à rassembler en une même lieu des personnes, toutes âgées, jusque-là confinées, et donc non susceptibles d’être porteuses du virus ?

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      • Le risque c’est que l’on ne réfléchisse pas à comment faire mieux après et que la cléricalité dénonçée par le Pape François reprenne…mais je rêve je le reconnais.

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  • Je partage pleinement votre commentaire sur l’opportunité de la demande de certains évêques pour obtenir l’autorisation d’organiser dès le 11 mai des célébrations publiques: quand on vit comme moi dans une ville où la communauté musulmane est importante, on comprend sans peine que l’idée d’autoriser une reprise des célébrations en plein milieu du ramadan aurait été déraisonnable… et faire une exception comme certains le laissent entendre pour l’Eglise Catholique aurait permis de créer des tensions dont nous n’avons pas besoin.
    Je comprends le désarroi de certains prêtres qui répondent parfaitement à la définition légale de « ministre du culte »… S’il n’ y a pas autant de culte qu’on le souhaiterait tout leur semble perdu! Heureusement d’autres prêtres gardent le contact avec leurs paroissiens en leur proposant des temps de prière personnelle et des temps de méditation appuyés sur les textes de l’Evangile et des commentaires appropriés, avec des possibilités de partage sur internet. Je peux en témoigner.

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  • Cette fois je suis pleinement d’accord avec vous !
    Personnellement j’ai été très choquée de ne pas entendre un appel très fort aux dons en direction des personnes les plus démunis par des associations qui se tiennent à leur côté. Bien sûr chacun a pu le faire sans y être incité mais un appel massif, en fin de carême, m’aurait semblé bien venu.
    De plus j’attendais de l’Eglise une aide pour comprendre les enjeux de ce que nous vivons : redécouverte de la fragilité de la vie (personnelle, sociale, économique, politique), nouveaux équilibres mondiaux et nouveaux risques aussi, etc
    Heureusement il y a eu quelques très bons articles sur ces sujets, des efforts dans certains diocèses pour regarder ces réalités, mais officiellement quasiment rien.

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  • Cette fois encore je partage entièrement votre analyse, mon cher René.

    Depuis longtemps, comme vous et beaucoup d’autres jusqu’à Rome, je lis le signes venus d’en haut, qui éclairent la route funeste de l’Eglise de France aveuglée par ses clercs-technocrates qui s’accrochent désespérément à la préservation de leurs églises-sépulcres blanchis et désormais vides.

    Tels le riche avec Lazare, ils ne comprennent pas que leur âme est en danger lorsque certains d’entre eux vont jusqu’à chasser devant moi des SDF sur les marche de leur église en les menaçant de la Police… et investissent dans des quêtes substantielles pour participer à la restauration de leur église pour se faire valoir auprès de la Municipalité chargée desdits travaux…( budget 3 millions d’euros…)

    Pour ma part, je profite à fonds du confinement dans la Lectio Divina et je participe à des réunions video autour d’un prêtre othodoxe, Père Nahuel, qui m’a permis en particulier de découvrir la théologie de de la TRINITE et des triades qui régissent l’homme et le cosmos tout entier.

    Nous sommes dans des temps apocalytiques au sens le plus réjouissant qui soit pourvu que nous suivions avec confiance un chemin aride et douloureux dont nous connaissons le gloreux aboutissement.

    Restons confiants : Il est ressuscité.

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    • Merci de ce commentaire. L’abbé Pierre n’avait pas de paroles assez violentes contre ces catholiques, inconséquents, qui considéraient que la présence du Christ était bien « réelle » dans l’hostie, mais uniquement « symbolique » dans le pauvre, le prisonnier, l’immigré, l’affamé… auquel Jésus s’identifie pourtant dans l’Evangile (Mt.25)

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    • Ils ne sont pas timides ces catholiques inconséquents…

      Que Jésus les arrache de leur péché avant qu’il ne soit trop tard…

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  • Comme vous vous en doutez René, je ne suis pas d’accord avec votre thèse pour la raison que j’ai terriblement souffert de passer cette Semaine Sainte durant laquelle non seulement nous avons été privés de communion sauf communion spirituelle bien sûr mais qui nous prive justement de se retrouver ENTRE FRERES pour recevoir le Corps du Christ et prier ensemble. D’autre part cette absence complète de toute célébration visible donnait bien évidemment l’impression que les prêtres se tenaient tranquillement bien à l’abri pendant que tant d’autres, eux, risquaient leur vie pour sauver les malades.

    Quant à la réflexion de l’Abbé Pierre ,ce n’est pas parce que l’on croit que le Christ est réellement présent dans l’hostie consacrée qu’on ne croit pas pour autant à sa présence dans chacun de nos frères.

    Que vous le vouliez ou non chez une même personne on peut trouver simultanément ces deux façons de croire et je pense que par exemple Mère Térésa ne s’en dispensait pas, pas plus que Thérèse de l’Enfant Jésus et tant d’autres… Charles de Foucauld par exemple.

    Quand en aura-t-on fini avec ce genre de manichéisme. Quand?

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  • Bravo René ! C’est bien dit, et les deux théologiens cités (Halik et Euvé) posent de bonnes questions.
    La comparaison du communiqué du Conseil permanent de l’épiscopat avec la lettre au Président de la République de la Fédération Protestante de France est affligeante. D’un côté, les évêques semblent s’aligner sur les revendications des cafetiers et des directeurs de théâtre ; de l’autre, un « plaidoyer une une transformation écologique, solidaire et démocratique »…

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    • Qui lit ces déclarations que ce soit des protestants ou des évêques ? Désolée de vous dire que pas grand monde. Beaucoup s’en fichent. Et si cela parle uniquement de transition écologique, démocratique et solidaire, beaucoup se disent que il n’y a pas besoin que ce soit une église quelconque qui encourage cela. Des partis politiques, des assoçiations laiques s’en chargent bien.
      Je crois pour ma part que le « boulot » des églises c’est de donner du sens, de la profondeur spirituelle. Ce que n’a fait ni le communiqué de la fédération protestante ni celui des évêques.

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  • Je partage tout à fait cette réflexion.
    Je crois que la période que nous vivons est l occasion de se reposer des questions majeures
    Quelle est notre vision de l Église : une Eglise-batiment ou une Eglise -Corps du Christ reposant fondamentalement sur celles et ceux qui la composent?
    La messe est-elle le lieu par excellence de la vie chrétienne ou l eucharistie en est elle le cœur mais qui permet à tous les autres organes de jouer leur rôle ?
    Sommes-nous culto-centres ou christiano-centres
    Que faisons nous de la Parole du Christ: quand 2 ou 3 sont assemblés en mon nom je suis au milieu d eux? Pour ma part pendant près de 50 ans les temps les plus forts de ma vie chrétienne sont ceux que j ai vécus dans une équipe de cadres chrétiens…
    Nos assemblées paroissiales sont elles des communautés ou de simples rassemblements? Quand on ne connait que 5 ou 10 participants sur plusieurs centaines peut on faire communauté?

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  • Nihil obstat, imprimatur.
    J’adhère complètement à votre analyse, René. J’ai lu les pages de la vie du 20 avril, je crois, et dans lesquelles ces thèmes sont développés. L’article de Halik, que j’ai trouvé sur Garrigues et sentiers a déjà largement fait le tour de mes connaissances. Permettez-moi quelques remarques: :
    – 1/ Nous avons besoin de tous pour élaborer « l’après pandémie » comme le souligne Michael P. Moore, franciscain et théologien diplômé de l’Université Grégorienne de Rome résidant à Salta en Argentine, sur le « site garrigues et sentiers ». Et personnellement, je compte sur notre internaute dominique bargiarelli pour m’aider à sortir de « ce genre de manichéisme ». Un renouveau qui ne s’appuie pas sur un acquis personnel, ne parle à personne. Loin des querelles de Clochemerle, l’avenir est prometteur.
    – 2/ Nous avons, mon épouse et moi, assisté à la messe, tous les jours à 7 heures, dite par le pape François depuis la chapelle Ste Marthe, et avons bénéficié de ses homélies claires et parlantes, de la « communion spirituelle » prononcée par le pape François lui-même, ainsi qu’à sa bénédiction.
    – 3/ Nous bénéficions aussi de la new-letter de notre curé, ainsi que de ses messes télévisées, où un système de tchat a été instauré pour un dialogue serein.
    Un large champ de créativité s’ouvre devant nous, et la participation de tous est hautement souhaitable. Cela n’obère aucunement la poursuite de pratiques plus classiques.
    Enfin, le Raba-joie que je suis, se permet de rappeler que cette pandémie n’est pas une plaisanterie. Nous avons des nouvelles médicales directe du Canada. Ils ont les mêmes problèmes matériels, et d’effectifs que nous, et le médecin qui nous informe pleure d’impuissance devant les drames humains engendrés par cette pandémie et qui dépassent très largement nos élucubrations intellectuelles. De plus certaines évolutions tardives, inexpliquées actuellement, risquent de fortement tempérer les optimismes les mieux trempés.
    Prenez bien soins de vous, chaque vie perdue est une tragédie dont le nombre d’acte est indéterminé.

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  • Merci René pour cette parole, si juste et si tonique.
    Dommage seulement qu’elle ne puisse être entendue au-delà de ce blog, d’audience trop limitée.
    Dommage vraiment car beaucoup d’autres catholiques aimeraient l’entendre.

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    • Merci Claude ! Oh, bien sûr, ce blog reste confidentiel et je ne cherche à rivaliser avec personne. Mais chaque article est signalé sur ma page Facebook où il est commenté et partagé. Il suffit de te reporter au bas de l’article et tu peux lire dans le cartouche portant le logo Facebook, le nombre de fois où il a été partagé : plus de 500 fois, déjà, à l’heure où je rédige ces quelques lignes… Et chacun peut aussi transmettre le lien par courriel à ses amis et connaissances pour en élargir l’impact ! Merci de ta confiante et fidèle amitié.

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  • A ire sur ce sujet la diversité d’opinion, ici et ailleurs, ressort le constat amère que la diversité des approches et des motifs sont tels que rassembler -cœurs et esprits- est autrement plus difficile que rassembler quelques corps dans un lieu de culte. Au risque d’être qualifié d’esprit fort, j’ai le fâcheux pressentiment, depuis quelques jours, que l’épiscopat, peut-être poussé par une partie des prêtres craint, sans oser l’exprimer ainsi, que l’habitude déjà ancrée de déserter le culte sorte renforcée par cette épreuve.
    Je partage l’intégralité du communiqué du 29 avril de 6 auteurs chrétiens, dont René Poujol, qui invite ceux qui recourent à l’expression « non croyants » à y renoncer. Cette observation est centrale car elle est révélatrice d’un état d’esprit de race, de caste « à part ». Cette expression donne son ton au billet; elle en est la clé.

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    • Écrivant cela, je ne savais pas encore la pétition de 130 prêtres innfluent -de la génération JPII?- réclamant au chef de l’État la liberté pour le culte catholique avant le 2 juin. Cette pétition a été relayée par des médias de droite, du modéré -aux relents AF- le Figaro, jusqu’à des sites comme le salon belge, riposte catholique, … en passant par Valeurs Actuelles. Les prêtres à l’origine de cette initiative -plusieurs de Padreblog- ne peuvent pas ignorer qu’ils justifient ainsi amplement le titre sous lequel La Croix a fait publié l’avis de Mgr Lafont « Sans le pain de la Parole, le pain eucharistique devient incompréhensible » et je dirais même plus, un contre témoignage collectif pour l’Église, et ceci quelles que soient les attitudes intérieures des personnes. C’est bien plus grave que ça n’en a l’air.

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  • Qui y a-t-il majoritairement « à la messe », si ce n’est des vieux et des enfants en bas âge (la plupart des petits-enfants des vieux en question).
    On pourrait transformer les églises en EHPAD d’une part, en crèches d’autre part. Au moins ça servirait à quelque chose !

    Je veux dire par là que, d’après Jésus, « le temple » (l’église) n’est pas un bâtiment de pierre fut-il joli, mais qu’il réside dans le cœur de chacun, lequel est humainement et spirituellement très beau. (Enfin c’est ce que j’ai retenu du dialogue avec la Samaritaine…)
    Donc voilà : la messe est dite !
    On va peut-être enfin revenir à la Source… que la hiérarchie de l’église a quitté depuis des années lumière…

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    • On peut adhérer au deuxième paragrpahe et à la suite… sans pour autant sauter au plafond du premier. En quoi les vieux et les enfants qui fréquentent les Eglises auraient-ils démérité ? Seraient-ils « forcément » de mauvais catholiques du fait même de leur âge ? Je trouve parfois, parmi eux, plus de proximité avec les idées que je développe sur ce blog, qu’en bien des cénacles peuplés de jeunes cathos satisfaits d’adhérer à l’idée que c’est le Concile qui a tout foutu en l’air !

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      • Ce n’est évidemment pas le Concile qui a tout fichu en l’air, loin de là mais ce que certains en ont fait cela me parait absolument incontestable,et lorsque je vois que certains désireraient que les chrétiens se retrouvent en petits groupes dans un but de plus grande fraternité ceux là oublient qu’il n’y a pas si longtemps que c’est le reproche qu’on faisait aux tradis justement de se retrouver entre eux bien à l’abri de toute influence divergente…
        Quant à vouloir déconfiner l’Eglise pour la rendre officiellement plus fraternelle, pour moi cela cache en réalité une volonté de puissance non avouée bien évidemment qu’on présentera comme un pur désir de revenir à la simplicité de l’Eglise primitive,au sein de laquelleil y avait déjà des conflits parfois violents d’ailleurs, mais c’est tellement plus confortable d’embellir le passé t puis pourquoi ne pas utliser la même méthode de fonctionnement que l’on soit quelques milliers et plus de deux milliards oui, pourquoi?

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        • J’admire votre capacité à voir le bon côté des choses, à toujours interpréter les propos des uns et des autres avec bienveillance ! Vous n’avez pas d’ulcère ?

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          • René,votre réflexion sur les jeunes cathos qui mettent tout sur le dos du Concile, excusez-moi mais sa pondération ne me saute décidément pas au visage. D’autre part dans l’Evangile il est certes indiqué qu’il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu,et e n l’espèce il me semble que nous avons largement rendu à César ce qui est à César et nous avons très bien fait,c’est incontesrable Cependant je ne connais aucun passage de l’Ecriture nous demandant de rendre à Dieu ce qui est à Dieu à condfition d’avoir au préalable l’autorisation de César
            par ailleurs dans son communiqué la CEF ne demande pas un assouplissement pour l’Eglise catholique seule mais pour toutes les communautés religieuses

      • Ce que je voulais exprimer au début de mon texte, n’est pas lié aux mérites des uns et des autres. Mais que les rituels pratiqués ne rejoignent plus qu’une minorité appelée à disparaître, tant les fidèles que le clergé.
        Jésus « râlait » contre les rituels de son temps. Il nous a proposé de les remplacer par la fraternité, l’amour des autres et le partage concret des biens matériels et spirituels. Vouloir cultiver le rituel et faire une fixette sur celui-ci ne forme que des bigots. Et je ne mets rien de péjoratif dans ce terme. C’est simplement très dommage. Et à l’échelle d’une hiérarchie c’est une faute grave.

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        • L’un n’empêche cependant pas l’autre.
          Vous avez tort sur les bigots ( même sans rien y mettre de péjoratif). La liturgie n’est pas un rituel, c’est un mouvement, une dynamique capable d’élever l’âme et de toucher le coeur. Tout dépend comment vous la vivez et le sens que vous y mettez. C’est assez simpliste de faire de tels raccourcis. Mais ça m’interpelle que ce soit des catholiques qui disent cela. J’ai été baptisée il y a 3 ans, je viens d’un milieu agnostique, la plupart de mes amis ne sont pas « chrétien » encore que je pense que beaucoup le sont sans le savoir car ils ont tous ce désir spirituel (et non pas religieux) et aucun ne fait la moindre réflexion sur la messe. Ils cherchent plutôt à comprendre ou à partager mon expérience. Les « jeunes » sont beaucoup plus ouverts du point de vue spirituel, à toutes possibilités…à l’échange, du moment que cela ouvre une voie qui a du sens.

          Relire Chateaubriand : « Le génie du christianisme » à ce sujet. L’esthétique, le beau, la beauté de l’art, la beauté du chant, la beauté de prières millénaires. Pour certains c’est aussi l’inscription dans une continuité , mettre ses pas dans celles de générations qui ont précédé. On sent cela quand on visite de vieilles églises (ou de vieux édifices religieux) , toutes ces pierres qui ont vu passer tant et tant de chercheurs de Dieu..
          Ce n’est pas une question de croyances débiles ni même de credo ou de dogmes incompréhensibles, c’est la croyance même qui est parfois dépassée par l’essence, c’est à dire par quelque chose qui n’est pas une idée immuable donnée une fois pour toute mais quelque chose d’une grandeur douée d’une mobilité vivante et intérieure, une force produisant génération et appropriation. La liturgie peut être vécue comme cela aussi et aider à trouver sa propre essence. Personnellement, je vis cela comme un moment qui me fait autant de bien que n’importe quel séance de méditation. ça m’apaise, ça me nourrit, ça accompagne le sens que j’ai trouvé dans les évangiles.

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  • Merci pour cet article, qui fait suite à celui de Thomas Halik, remarquable. Je partage totalement ce qui est dit. Je voudrais toutefois ajouter deux bémols :
    1/ Notre Église, c’est tout à son honneur, réunit un vaste spectre de sensibilités très différentes. Je ne prendrai que l’exemple des personnes âgées, dont un lecteur signale à juste titre qu’elles sont l’essentiel des participants aux messes paroissiales : pour elles, l’absence de ces messes sur une si longue période a été une vraie souffrance – et, épidémie ou pas, les nouvelles formes de « culte » que nous souhaitons ne leur conviennent pas (et je pense à ma réaction dans les messes « spéciales jeune »s avec sono et chants plus ou moins bien inspirés ! )
    2/ N’y a-t-il pas aussi un inconvénient à privilégier les petites communautés « à l’antique », en famille ou avec ses amis ? Ne risquons-nous pas de nous enfermer dans l’entre-soi ? Je me pose cette question pour moi-même avant de la poser aux autres. Mais peut-être à nouveau : éviter d’être binaire, participer aux deux formules … ?
    En tout cas je fais partie des gens qui ont la chance (et le confort) d’avoir pu profiter pleinement de ces bientôt 2 mois pour progresser dans ma connaissance de la Bible grâce à des études dirigées par internet, et dans la prière grâce à une pratique bi-quotidienne facilitée par le confinement.
    Merci encore pour vos articles, un vrai bol d’air après les interventions de nos évêques !

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  • Merci pour cette réflexion !
    Cette crise bouscule aujourd’hui profondément notre société .
    Elle ne peut que nous inviter, m’inviter aussi à faire Eglise autrement aujourd’hui !

    Le Pain de Vie se partage de nouvelles façons – sachons le dire !

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  • Cet exposé que vous avez écrit sur le déconfinement est excellent à plus d’un titre et il est tout à fait sûr que ce temps de purification sera (gardons de l’espoir) bénéfique à tout le monde. Effectivement il ne peut y avoir d’antagonisme entre le sacrement de l’Eucharistie et le Lavement des pieds qui est le Sacrement du frère. L’Eglise, c’est à dire nous tous, doit vivre avec ces deux réalités ecclésiales comme on marche avec ses deux jambes. J’apporterais, si vous me le permettez, une petite nuance sur cette indication que vous exprimez : « Le lavement des pieds n’exige, lui, aucun clergé, aucun lien hiérarchique aux évêques, aucun contexte liturgique ou cultuel ». C’est vrai, et cependant si ce sacrement du frère n’exige pas d’instances hiérarchiques on ne peut pas pour autant gommer ou oublier ceux qui ont reçu l’onction d’huile du sacerdoce ministériel et à fortiori les évêques pour vivre ce sacrement du frère. C’est d’ailleurs pourquoi dans la liturgie du Jeudi Saint, (fête du Sacerdoce) c’est l’Evangile relatant le Lavement des pieds fait par Jésus aux Apôtres qui est lu. Ce jour-là, c’est bien aux Apôtres que Jésus accomplit ce geste et qu’il leur confie ensuite ce sacrement du frère. Il est dit que pour cela Jésus se défait de ses vêtements (se mettre à nu) pour accomplir le Lavement des pieds et il invite les Apôtres à faire de même pour les autres quand il ne sera plus là ! Et il me semble que les évêques sont justement les successeurs des Apôtres. Et cela depuis la plus ancienne antiquité de l’Eglise. Si aujourd’hui la communauté chrétienne, de par ce confinement, a commencé à vivre sur de nouvelles manières de faire Eglise, c’est tant mieux. D’ailleurs cela ressemble à ce qui se vivait aux temps anciens. On ne grandit bien qu’en traversant les épreuves et ces nouvelles pousses actuelles ne sont pas dans le rejet des branches anciennes, sinon elles mourraient tout de suite, bien au contraire les jeunes pousses et les vieilles branches se fortifient les unes par les autres. L’arbre sans racines serait déjà mort. Dans la conclusion de votre très bel exposé, vous parlez de l’expérience des premières communautés chrétiennes en citant Ac. 2, 46 : « Chaque jour ils rompaient le pain … » Mais cet épisode-là sur les premières communautés chrétiennes commence au verset 42 qui dit : Ils se montraient assidus à l’enseignements des Apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières … » D’ailleurs de passage Ac. 2, 42-46 inclut les 5 points essentiels de la vie chrétienne : L’Enseignement (des Apôtres), la prière, la fraternité, le service et l’évangélisation. Certes une Galilée nouvelle est à nos portes et le Ressuscité nous précède, alors je pense que nous aurons tous à être solidaires dans la communion fraternelle (ministérielle, hiérarchique ou simplement comme fidèle) pour annoncer la Bonne Nouvelle du Salut en Jésus-Christ et nous sommes tous membres du Corps du Christ, tel qu’il est défini par Saint Paul. Si je vous dis ma petite remarque, s’est simplement une observation en rapport à votre exposé auquel je souscris tout à fait sur le fond. Bien cordialement.

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    • Je suis assez d’accord avec votre exposé,et pour moi il n’y a évidemment pas d’opposition à faire entre l’Eucharistie et le Lavement des pieds lesquels sont une application absolue du premier et du second commandement et il n’est nullement indique que le second supplante le premier

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  • Merci René pour votre article bienvenu et merci d’avoir donné le lien vers cet autre texte remarquable du Père Tomás Halík : « Les églises fermées, un signe de Dieu ? » : http://www.lavie.fr/debats/idees/les-eglises-fermees-un-signe-de-dieu-23-04-2020-105809_679.php
    La tribune, que j’avais lue déjà auparavant également, de ce prêtre et intellectuel tchèque qui médite sur les églises vides et la vacuité cachée des Eglises et appelle à en faire un kairos, un moment opportun pour aller en eau plus profonde, est à lire et à méditer.
    ______

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  • J’écrivais ceci à des amis de notre chorale liturgique (gouzienne) le 25 avril, je crois que je n’ai rien à y retrancher aujourd’hui :

    « Nous sommes toujours confinés jusqu’au 11 mai et tout ne reprendra pas immédiatement dès la levée du confinement contrairement à ce que croient certains.
    Le gouvernement envisage de n’autoriser les rassemblements dominicaux qu’après la Pentecôte, voire à la mi-juin…
    Je vois fleurir des pétitions et des lettres ouvertes pour demander, voire exiger, la reprise des messes dès le 11 mai.
    Les évêques eux-mêmes plaident en ce sens, notamment celui de Toulouse et celui de Paris (qui est pourtant médecin), avec des aménagements qui ne permettent pas vraiment de rassembler les communautés (on parle de Doodle pour s’inscrire en nombre limité !)…
    Sans attendre le plan de déconfinement qui sera annoncé mardi par le Premier ministre ni les décisions de la Conférence des évêques, je pense qu’il est prématuré, voire irresponsable, de demander ou d’exiger la levée du confinement pour les messes dominicales dès le 11 mai…
    Ce qui est à craindre, c’est un rebond de l’épidémie 15 jours ou 3 semaines après la levée du confinement si les gens font les c… , vers la fin mai ou le début juin.
    Il faut être sûr qu’il n’y aura pas de deuxième pic épidémique avant de déconfiner plus largement.
    La messe, même si elle est la source et le sommet de la vie chrétienne, n’est pas le tout de la vie chrétienne, et nous pouvons, nous l’avons fait déjà, faire preuve d’imagination pour vivre notre foi autrement.
    J’espère ne choquer personne en disant cela !
    Saint Jean Chrysostome déclarait au IVe siècle, sans choquer son auditoire : «  Bien des chrétiens, en toute une année, ne participent qu’une fois à ce sacrifice ; d’autres, deux fois ; d’autres, souvent. Dans le désert, les solitaires n’y prennent part qu’une fois l’an, souvent même à peine une fois en deux ans. Mais, après tout, qui sont ceux que nous approuverons le plus, de ceux qui communient une fois, de ceux qui communient souvent, ou de ceux qui communient rarement ? Pas plus les uns que les autres, mais ceux-là seuls qui s’y présentent avec une conscience pure, avec la pureté du cœur, avec une vie à l’abri de tout reproche  » (Sur l’Épître aux Hébreux, Homélie XVII, 4).
    Les chrétiens du Japon ont été privés de messe durant plus de trois siècles, tous les prêtres ayant été martyrisés en 1587, mais quand les missionnaires sont revenus vers eux au XIXe siècle ils ont découvert dans ces communautés sans messe une foi eucharistique absolument intacte.
    C’est aussi une manière pour nous de nous unir spirituellement à ceux qui dans le monde sont privés d’eucharistie dans les pays où les chrétiens sont persécutés.
    Bref, pour ce qui nous concerne, nous ne reprendrons malheureusement pas nos activités avant la Pentecôte (31 mai). »

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  • J’ajoute que la vie chrétienne ne se limite pas à la question de la privation eucharistique.
    Il y a bien d’autres aspects de la vie chrétienne :
    – d’une part l’autre table, la Parole de Dieu :
    * « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mathieu 4, 4)
    – d’autre part, comme vous le dites, René, le sacrement du frère :
    * L’évangile selon St Jean, « le disciple que Jésus aimait », ne rapporte pas le récit de l’Institution, contrairement aux synoptiques, mais seulement le récit du lavement des pieds (Jean 13, 1-17).

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  • Et aussi ce savoureux et remarquable texte du philosophe Denis Moreau :

    « Allez, je vais faire râler un peu mes coreligionnaires catholiques (j’aime assez ça) et leur donner l’occasion de ressentir à quel point ils sont de bons chrétiens quand moi j’en suis un très mauvais.
    Depuis le début de ce confinement, le simple fidèle que je suis ne peut plus, comme tout le monde, assister à la messe dominicale. Moi qui n’ai jamais raté la messe du dimanche depuis plus de 30 ans (sauf une fois où j’avais plus de 40 de fièvre), pour remplacer, je regarde donc scrupuleusement tous les dimanches la messe à la télé ou sur Internet. C’est certes un pis-aller. Mais, honnêtement, je dois bien avouer que ne pas pouvoir assister à la messe en vrai et communier ne me manque pas tant que ça. J’ai un peu honte, surtout quand je lis sur Internet tous ces cathos qui expliquent que ne pas pouvoir aller à la messe ni communier creuse un vide béant dans leurs vies et les fait intensément souffrir (je ne me permettrai évidemment pas de suspecter la sincérité de ce genre de témoignage, mais mon mauvais esprit me pousse quand même à me demander dans quelle mesure certains n’en rajoutent et ne surjouent pas un peu dans ce registre)
    Enfin bon, c’est comme ça. Je vous laisse trouver si vous le voulez que je suis un très mauvais catholique (je suis habitué). Si on veut prendre les choses du bon côté, je me demande si, spirituellement parlant et en ce qui me concerne, cela ne sera pas la principale leçon de ce confinement : il va falloir que je j’apprenne à désirer et aimer un peu plus la messe dominicale.
    De façon plus globale, et puisqu’il faut bien trouver des moyens de faire autant que possible une bonne limonade avec le fort amer jus de citron du confinement, je dirais ceci : je me demande si, pour l’Eglise catholique de France, ce confinement n’est pas une bonne occasion de réaliser, volens nolens, la mutation à laquelle elle ne coupera pas mais devant laquelle elle recule, ou refuse l’obstacle, depuis pas mal de temps. On le sait bien : dans quelques années et hors de quelques diocèses privilégiés, les prêtres manqueront massivement. Je ne suis pas sûr que les catholiques de France, qui sont pourtant tous au courant du problème, aient eu jusqu’à présent le courage et la lucidité pour l’affronter et l’anticiper. Au contraire on continue, en bricolant de bric et de broc, à faire comme si tout allait continuer à peu près comme avant (je pense typiquement au schéma : un curé/une paroisse qu’on ne maintient, de façon de plus en plus fictionnelle, qu’en faisant démesurément grandir la taille des paroisses, ce qui rend la charge épuisante pour les prêtres qui s’en occupent). Ce confinement nous force en quelque sorte à imaginer ce que sera l’Eglise d’après, celle qui devra apprendre à vivre avec peu de prêtres, moins d’eucharisties, des sacrements moins accessibles et plus rarement dispensés. Et à ma grande surprise, moi qui suis plutôt pessimiste par nature, je trouve que ce qui est en train de se passer dans l’Eglise de France donne plutôt des raisons d’espérer. Je ne parle pas ici des messes virtuelles (qui posent effectivement un problème), mais de tout le reste, cette remarquable floraison d’initiatives spirituelles et de solidarités qu’on observe depuis la mi-mars : attention redoublée aux plus faibles et démunis, aux anciens, groupes de prière via Internet, partages d’expériences spirituelles, rôle accru des laïcs (et donc des femmes) dans tout cela.
    A nouveau mon tempérament me porte à être assez pessimiste à propos de tous les grands et beaux discours qu’on entend ces jours-ci sur le « monde d’après » qui serait radicalement différent de celui d’avant. Je crains qu’une fois cette histoire de Covid réglée (puisqu’elle finira bien par l’être), tout reparte comme avant : frénésie de consommation, capitalisme triomphant, saccage de la planète. Mais pour l’Eglise de France, étant entendu qu’il est souhaitable de rétablir la dimension réelle, incarnée, des relations qui nous manque si cruellement depuis six semaines, j’espère que cette bizarre expérience du confinement sera l’occasion de mettre en branle, activement, une profonde et inévitable mutation, plutôt que d’attendre benoitement sans rien faire l’effondrement de ses structures actuelles. Comment ? Je n’en sais rien. Mais il y a sûrement une foule de choses à inventer à partir de ce que nous avons vécu depuis la mi-mars. »

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  • Du Pape François :
    « En cette période où il commence à y avoir des dispositions pour sortir du confinement, prions le Seigneur de donner à son peuple, à nous tous, la grâce de la prudence et de l’obéissance à ces mesures, pour que la pandémie ne revienne pas. »
    et encore :
    « Le mépris des hommes n’est pas toujours synonyme de persécution. Il y a un mépris [envers nous] qui est de notre faute, quand nous perdons la saveur du Christ et de l’Évangile »

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  • Un évêque qui donne un autre son de cloche, cela fait du bien !

    Selon Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne, le prolongement de l’interdiction de célébrer des messes publiques doit être l’occasion d’approfondir la Bible et de vivre en solidarité avec les chrétiens persécutés à travers le monde.

    Entretien

    La Croix : En métropole, de nombreux évêques, prêtres et fidèles s’impatientent de pouvoir reprendre les messes avant le 2 juin : qu’aimeriez-vous leur dire ?

    Mgr E. L. : Cette fixation ne me paraît pas saine ; je la trouve même un peu immature. Dès le début du confinement, j’ai dit à mes frères « nous partons au désert », en leur citant le prophète Osée (Os 2,16). Dieu est en train de nous parler dans ce désert qui se prolonge. Rappelez-vous l’exil à Babylone, quand le peuple hébreu avait perdu le Temple, les sacrifices et le travail des prêtres. Le peuple n’avait plus que la Parole et les prophètes (tels Ézéchiel, Jérémie et le second Isaïe, avec les chapitres 40 à 55) et ce sont eux qui les ont aidés à vivre spirituellement ce temps d’exil comme un temps de conversion. Ce temps de confinement est le moment d’entrer davantage dans la Bible (1) : c’est donc une chance. Et puis, qu’est-ce que deux semaines de plus ou de moins ?

    J’ai rappelé à mes diocésains que nous vivons très temporairement ce que 150 millions de chrétiens – toutes confessions confondues – vivent habituellement parce qu’ils sont persécutés. Ce confinement est donc aussi une occasion de vivre en solidarité avec ces chrétiens qui sont dans l’impossibilité chronique de célébrer, ce qui ne les empêche pas de vivre leur foi. Comme disait Thérèse de Lisieux : « Quand on peut avoir les sacrements, c’est bien ; quand on ne peut pas les avoir, c’est bien aussi ! »

    Enfin, je dirais que nous pouvons vivre ce mois de mai au Cénacle, en restant en prière avec Marie, comme le pape François nous y invite, dans l’attente patiente que l’Esprit Saint vienne nous saisir. Nous savons que le déconfinement se prépare, alors que les risques d’une seconde vague de contagion sont très possibles et que nous allons devoir vivre avec ce virus pendant encore de nombreux mois. L’épisode des disciples d’Emmaüs nous rappelle que sans le pain de la Parole, le pain eucharistique devient incompréhensible.

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    • « … Sans le Pain de la Parole le pain eucharistique devient incompréhensible » sans doute et c’est justement pour cela que le Pain de la Parole au cours de la Messe précède le Pain de l’ Eucharistie
      Quant à relativiser l’importance du récit de l’institution de la Cène sur le seul fait, curieux néanmoins, que Jean n’en parle pas,mais de croire sans le moindre doute au Lavement des pieds dont seul Jean parle alors que les trois autres l’ignorent me parait aussi étrange

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      • Mais personne ne relativise, en tout cas pas moi. Mais permettez-moi d’insister sur la remarque de l’abbé Pierre concernant ces catholiques pour lesquels la présence du Christ est « réelle » dans l’eucharistie, et seulement « symbolique » dans le frère, malgré Mt.25… C’est tout !

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        • Je vous ferai remarquer que ma réponse &tait destinée à Michel de Guibert et non pas à vous qui à ce jour ne m’avez pas donné l’impression de relativiser l’importance de la Cène.
          Quant à Matthieu 25 imaginez-vous que je le connais parfaitement et que j’en tiens compte das la mesure du possible mais cela ne va absolument pas à l’encontre de l’importance de la Cène car enfin si l’Evangile se résume à ce texte pourquoi donc la Cène, pourquoi donc la Crucifixion, pourquoi donc ces Communautés de moines et de moniales enfermées bien tranquillement dans les couvents à labri de tout souci matériel
          Non ,Matthieu 25 n’est pas tout l’Evangile même si je suis fort loin de lui donner un caractère secondaire. Pouvez-vous donc imaginer qu’un pratiquant puisse se dire en voyant passer un misérable devant lui « tiens, voilà mon frère qui passe »?

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          • Dominique, pensez-vous sérieusement que Mgr Emmanuel Lafont, que je citais en appréciant ses propos, relativise l’importance de la Cène !

          • J’ajoute que les lectures de l’Evangile de ces jours-ci (le discours sur le Pain de Vie en Jean 6) nous invitent à méditer sur ce Pain eucharistique dont nous sommes privés aujourd’hui et à creuser en nous dans l’attente le désir de le recevoir bientôt, non comme un dû, mais comme un don.

          • « …Pouvez-vous donc imaginer qu’un pratiquant puisse se dire en voyant passer un misérable devant lui « tiens, voilà mon frère qui passe… » ?
            Bien sûr que oui, c’est évident si nous prenons conscience du « prix d’une âme ». Sauvez quelques vies humaines coûtera quelques 120 milliards d’euros à notre beau pays…probablement plus aux USA qui ont souhaité privilégier l’économie par rapport à ceux qui la font vivre ! no comments !
            Veuillez me permettre de citer quelques phrases extraites de l’homélie du pape François, prononcées depuis la chapelle St Marthe, ce matin 1er mai :
            – « Le travail fait ressembler l’Homme à Dieu, parce que par le travail l’Homme est capable de créer…Tout ce que l’Homme porte en lui est impliqué dans « l’acte de créer »… C’est ce qui donne Sa Dignité à chaque Homme… »
            – « Il y avait un homme qui n’avait pas de travail ; Il vient chercher quelque chose pour sa famille ; on lui dit « vous pouvez rapporter ce pain que je vous donne, à la maison… ; l’homme a répondu « Mais cela ne me suffit pas, moi je veux gagner le pain que je veux rapporter à la maison… ». Cette dignité-là est tellement piétinée, bafouée. »
            -« un entrepreneur m’a demandé de prier pour lui parce qu’il ne voulait licencier personne ; il m’a dit qu’en licenciant un seul de ses employés, c’est comme s’il se licenciait lui-même…. »
            Et Maurice Zundel dans une homélie : (Londres 1930)
            « Les fondations doivent être d’autant plus profondes que l’édifice est plus élevé.
            La plénitude de la charité suppose la plénitude de l’humilité. L’une est exactement en hauteur ce que l’autre est en profondeur.
            Le seul Très Haut, Jésus Christ, s’est mis à genoux pour laver les pieds de Judas. Il connaissait le prix d’une âme… »
            Enfin, 1 Jean 4,20
            « …Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur, car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut aimer Dieu qu’il ne voit pas… »
            Et nous avons été très choqués d’apprendre qu’au sortir de la messe, une pratiquante avait chassé une paroissienne, au motif qu’elle avait osé embrasser, une SDF, qu’elle connaissait pour l’avoir auparavant prise en charge ! non comment…

      • Dominique, il ne s’agit en aucun cas de relativiser quoi que ce soit, et surtout pas l’Eucharistie, mais de se mettre avec St Jean, « le disciple que Jésus aimait » (tiens, il avait tout compris !), à l’écoute du Seigneur Jésus qui dit à ses apôtres : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? » (Jean 13, 12)

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        • Michel, Mgr Laffont dont je viens de découvrir l’existence, à mon avis ne me parait pas le plus compétent en la matière et peut-être qu’il comprendrait mieux le comportement de ses « frères dans l’épiscopat s’il avait la moindre expérience en métropole ce qui n’est pas le cas.

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          • Tant mieux si vous l’avez découvert aujourd’hui, c’est un homme de grande qualité !
            Mais je vous trouve bien présomptueux, et même un peu ridicule, soi-dit sans vouloir vous offenser, pour dénier à Mgr Lafont toute compétence en la matière au motif qu’il serait évêque de Cayenne après avoir œuvré longtemps comme Fidei Donum en Afrique du Sud.
            Comme si l’Eucharistie était plus importante en métropole qu’en Guyane !

  • Michel, pensez-vous donc que je considère que l’Eucharistie pour moi est un du??? mais je ne suis d’accord pour que « césar » m’empêche de recevoir ce don. Qu’il me demande de remplir ceratines conditions, à la rigueur, mais qu’iil me l’interdise;çà NON!

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    • Dominique, le rôle de César est de prendre les mesures nécessaires pour qu’il n’y ait pas des conséquences plus graves, à savoir un rebond de l’épidémie dans les semaines qui suivront la levée du confinement si cette dernière n’est pas maîtrisée.
      Comme médecin, je l’approuve.

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      • Moi aussi
        Permettez-moi, encore ce petit mot médical : veuillez surveiller avec la plus grande attention les observations récentes de nos pédiatres +++. Ils viennent de mettre en évident un syndrome inflammatoire qui ne présagerait, s’il se confirmait médicalement, rien de bon quant à ce virus très malicieux et justifierait, après coup, la décision, à Montréal, de ne pas remettre tous les enfants à l’école…
        Je ne sais pas si, sous Henri IV, Paris valait bien une messe, mais je suis sûr aujourd’hui que la vie de certains de nos concitoyens justifie pleinement que l’on se creuse un peu la cervelle pour trouver une autre façon, provisoire ou définitive de célébrer la Nouvelle Alliance que nous offre Notre Père.

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        • Oui, j’ai vu cela, il y a encore beaucoup d’incertitudes et de questions en suspens avec ce virus.
          je pense avec vous qu’il est prématuré de remettre les enfants à l’école à partir du 11 mai ; l’Italie et l’Espagne, dans une situation épidémique voisine de la nôtre, ont remis la rentrée scolaire en septembre…

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      • Michel,Donc pour des raisons de santé publique il n’est pas possible d’autoriser la célébration des cérémonies religieuses. TRES BIEN. sauf qu’il ne serait donc pas au moins aussi périlleux d’aller d ans tous les centres commerciaux ,établissements dans lesquels le Covid19 ne saurait le moins du monde s’introduire,c’est l’évidence même..
        Cette décision gouvernementale n’a rien d’anti religieuse mais due au fait que pendant que ces personnes sont à leur culte eh bien elles ne servent à rien pour la relance économique du pays. Donc leur rendre cette liberté n’a aucun intérêt au plan économique donc pourquoi leur accorder?

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        • Ce n’est pas comparable, Dominique.
          Même s’il y a des risques sanitaires dans les grandes surfaces, il s’agit d’une démarche individuelle (il est du reste recommandé de faire ses courses seul, même si tout le monde ne respecte pas).
          La célébration eucharistique, la messe, ce n’est pas une démarche individuelle, mais le rassemblement d’une communauté autour du Christ, ce n’est pas « mon petit Jésus à moi », et c’est pour cette raison que, comme du reste cela vaut pour tous les rassemblements de plus de 10 personnes (20 pour les obsèques), que ces célébrations n e sont pas autorisées.

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  • François-Jean, bien sûr que le comportement de cette personne pratiquante est absolument scandaleux mais loin de moi l’idée que si l’on est pratiquant on est d’ores et déjà tranquille pour notre paix éternelle. Pour le reste je ne puis qu’être en plein accord avec les citations dont vous faites état

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  • Le 26 avril, le philosophe Denis Moreau, auquel on doit le très beau livre « Comment peut-on être catholique », le Seuil 2018, publiait sur son compte Facebook le texte que voici.

    Je le publie ici parce qu’il est en profonde résonnance avec mon propre billet et pour que les lecteurs d’un nouvel article mis en ligne sur ce blog, le 2 juin, puissent s’y référer comme je les y invite. Voici le texte :

    « Denis Moreau
    26 avril,

    Allez, je vais faire râler un peu mes coreligionnaires catholiques (j’aime assez ça) et leur donner l’occasion de ressentir à quel point ils sont de bons chrétiens quand moi j’en suis un très mauvais.

    Depuis le début de ce confinement, le simple fidèle que je suis ne peut plus, comme tout le monde, assister à la messe dominicale. Moi qui n’ai jamais raté la messe du dimanche depuis plus de 30 ans (sauf une fois où j’avais plus de 40 de fièvre), pour remplacer, je regarde donc scrupuleusement tous les dimanches la messe à la télé ou sur Internet. C’est certes un pis-aller. Mais, honnêtement, je dois bien avouer que ne pas pouvoir assister à la messe en vrai et communier ne me manque pas tant que ça.

    J’ai un peu honte, surtout quand je lis sur Internet tous ces cathos qui expliquent que ne pas pouvoir aller à la messe ni communier creuse un vide béant dans leurs vies et les fait intensément souffrir ( je ne me permettrai évidemment pas de suspecter la sincérité de ce genre de témoignage, mais mon mauvais esprit me pousse quand même à me demander dans quelle mesure certains n’en rajoutent et ne surjouent pas un peu dans ce registre)

    Enfin bon, c’est comme ça. Je vous laisse trouver si vous le voulez que je suis un très mauvais catholique (je suis habitué). Si on veut prendre les choses du bon côté, je me demande si, spirituellement parlant et en ce qui me concerne, cela ne sera pas la principale leçon de ce confinement : il va falloir que je j’apprenne à désirer et aimer un peu plus la messe dominicale.
    De façon plus globale, et puisqu’il faut bien trouver des moyens de faire autant que possible une bonne limonade avec le fort amer jus de citron du confinement, je dirais ceci : je me demande si, pour l’Eglise catholique de France, ce confinement n’est pas une bonne occasion de réaliser, volens nolens, la mutation à laquelle elle ne coupera pas mais devant laquelle elle recule, ou refuse l’obstacle, depuis pas mal de temps.

    On le sait bien : dans quelques années et hors de quelques diocèses privilégiés, les prêtres manqueront massivement. Je ne suis pas sûr que les catholiques de France, qui sont pourtant tous au courant du problème, aient eu jusqu’à présent le courage et la lucidité pour l’affronter et l’anticiper. Au contraire on continue, en bricolant de bric et de broc, à faire comme si tout allait continuer à peu près comme avant (je pense typiquement au schéma : un curé/une paroisse qu’on ne maintient, de façon de plus en plus fictionnelle, qu’en faisant démesurément grandir la taille des paroisses, ce qui rend la charge épuisante pour les prêtres qui s’en occupent).

    Ce confinement nous force en quelque sorte à imaginer ce que sera l’Eglise d’après, celle qui devra apprendre à vivre avec peu de prêtres, moins d’eucharisties, des sacrements moins accessibles et plus rarement dispensés. Et à ma grande surprise, moi qui suis plutôt pessimiste par nature, je trouve que ce qui est en train de se passer dans l’Eglise de France donne plutôt des raisons d’espérer. Je ne parle pas ici des messes virtuelles (qui posent effectivement un problème), mais de tout le reste, cette remarquable floraison d’initiatives spirituelles et de solidarités qu’on observe depuis la mi-mars : attention redoublée aux plus faibles et démunis, aux anciens, groupes de prière via Internet, partages d’expériences spirituelles, rôle accru des laïcs (et donc des femmes) dans tout cela.

    A nouveau mon tempérament me porte à être assez pessimiste à propos de tous les grands et beaux discours qu’on entend ces jours-ci sur le « monde d’après » qui serait radicalement différent de celui d’avant. Je crains qu’une fois cette histoire de Covid réglée (puisqu’elle finira bien par l’être), tout reparte comme avant : frénésie de consommation, capitalisme triomphant, saccage de la planète. Mais pour l’Eglise de France, étant entendu qu’il est souhaitable de rétablir la dimension réelle, incarnée, des relations qui nous manque si cruellement depuis six semaines, j’espère que cette bizarre expérience du confinement sera l’occasion de mettre en branle, activement, une profonde et inévitable mutation, plutôt que d’attendre benoitement sans rien faire l’effondrement de ses structures actuelles. Comment ? Je n’en sais rien. Mais il y a sûrement une foule de choses à inventer à partir de ce que nous avons vécu depuis la mi-mars.

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    • René, j’avais cité ce texte plus haut : Michel de Guibert 30 avril 2020 at 20 h 03 min !
      Mais mieux vaut deux fois qu’une tant il est juste.

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    • Renè comme vous vous en doutez je suis en total désaccord avec votre déclaration selon laquelle au bout du compte ce confinement serait une bonne occasion pour enfin pouvoir réaliser cette incomparable nouvelle Eglise à laquelle vous aspirez depuis plus de cinquante ans aujourd’hui.

      Quant à savoir si vous êtes bon catho ou mauvais catho c’est bien là le cadet de mes soucis d’une part et d’autre part ce n’est évidemment pas à moi qu’appartient la charge de le déterminer, je suis, hélas arrivé trop tard pour le recrutement de l’inquisition…

      Vous n’aimez pas la Messe et pourtant il me semble que pour l’appréciER il faut bien sûr qu’elle ne soit pas sabordée d’une part et surtout il faut réaliser que la Messe c’est Dieu lui-même qui vient ts’offrir à nous,ce qui ne l’empêche pas bien évidemment d’être présent également dans sa Parole, dans le misérable que vous avez vu passer dans la rue ou dans ce participant à un blog qui a l’art de vous agacer au plus haut point…

      Quant à votre second point de vue tout comme vous j’aimerais bien que le monde d’après soit vraiment différent de l’ancien mais j’en doute terriblement ne serait-ce que pour la gravité des répercussions économiques qu’entraineraient un tel chan gement,je pense notamment à tous ces pays qui vivent en très grande partie du tourisme?Bien sûr ce n’est certes pas par bonté d’âme que nous allions les visiter mais si nous ne venons plus c’est eux qui en subiront les conséquences

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      • En toute immodestie, je « n’aspire » pas plus à une nouvelle Eglise que Jésus n’aspirait à fonder une nouvelle religion… Il était Juif et souhaitait simplement faire évoluer le judaïsme vers une plus grande liberté et vérité… qu’il incarnait. Modestement je souhaite voir mon Eglise évoluer de même vers une plus grande liberté et Vérité… que je cherche avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté.

        Vous avez décidé, en votre tribunal souverain, que je n’aimais pas la messe. Si cela peut vous rassurer et conforter la paix de votre âme… Sauf qu’il suffit d’essayer de lire ce que j’ai vraiment écrit – et je crois que quatre décennies de journalisme m’ont appris le sens des mots – pour comprendre qu’il n’en est rien !

        Une fois encore : restons-en là !

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  • Quand je vois des soignants révoltés par la prétention de certains catholiques demandant, voire exigeant, l’ouverture des églises aux célébrations religieuses ouvertes aux fidèles (pétitionnaires, auteurs de lettres ouvertes, et hélas aussi déclarations publiques de certains évêques, de trop d’évêques), quand je lis que les autres cultes déclarent vouloir respecter les mesures de confinement sans rien revendiquer, j’ai mal à mon Eglise.
    Je peux comprendre les souffrances exprimées, mais la communion eucharistique n’est pas un dû, mais un don.

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  • La meilleure chose à propos de ce blog « René Poujol » est la large participation des gens. Je veux informer Goure Claude – qui écrit le 30.04.2020: « C’est juste une honte qu’elle ne puisse pas être entendue au-delà de ce blog, avec un public trop restreint. Dommage car beaucoup d’autres catholiques aimeraient l’entendre » – que je viens de faire une sélection traduite en catalan pour donner à connaître vos contributions à mes copains et copines. Ceci est l’Eglise de la base; continuons comme ça. Salutations de l’île de Majorque.

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    • Cher monsieur, je suis très touché de ce que vous m’écrivez là ! J’ai déjà eu, dans le passé quelques articles traduits ici ou là. Tant mieux si ces modestes réflexions, plus riches de conviction personnelles que de prétentions à une quelconque expertise, peuvent en aider d’autres à traverser ces temps difficiles. Ces réflexions m’ont aidé, moi, à rester fidèle, je crois, à l’essentiel. Et j’aime cette phrase de notre grand écrivain François Mauriac, dans une de ses lettres : « Si tu restes fidèle, beaucoup le resteront ou le redeviendront à cause de toi. » (François Mauriac, Correspondance intime.) Encore un très grand merci.

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  • Pingback: L’édito du confinement – 3 paroisses Lyon 5ème Tassin

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