Famille : ce que dit le bon sens de la foi ! 

Famille : ce que dit le bon sens de la foi ! 

La notion de sensus fidei est au cœur de la réflexion du synode romain sur la famille. La Conférence Catholique des Baptisés Francophones  (CCBF) lui consacrera un débat le 26 septembre prochain. 

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Cet article a été repris sur le site A la table des chrétiens de gauche , sur celui de la Conférence catholiques des baptisés francophonessur Aleteia et Confrontations (association d’intellectuels chrétiens) que je remercie vivement. 

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Même dans l’Eglise catholique on respecte les trêves estivales. La question est alors de savoir qui la rompra, quand et pourquoi ! Nous avons la réponse. A quelques semaines de l’ouverture de la seconde phase du Synode romain sur la famille, on nous fait savoir que 500 000 signatures auraient été recueilli par la «filiale supplique» au pape François, lui enjoignant de ne «jamais dissocier la pratique pastorale de l’enseignement légué par Jésus-Christ et (ses) prédécesseurs…» Ailleurs nous est annoncée la parution prochaine d’un ouvrage collectif, signé de onze éminences, sur «Le mariage et la famille dans l’Eglise catholique». La littérature sur le sujet étant on ne peut plus abondante, on s’autorise à y voir une nouvelle tentative de pression exercée sur le pape François et les Pères du Synode pour ne rien toucher à la pastorale de l’Eglise catholiques sur les sujets aussi brûlants que l’accueil aux sacrements des divorcés remariés ou la prise en compte de la conjugalité homosexuelle.

Spéculations sur le «rapport de forces» au sein du Synode

Et il y a fort à parier que cette pieuse mobilisation ira en s’amplifiant au cours des prochaines semaines, même si certains contre-feux sont attendus, ici ou là. Depuis des mois, quelques vaticanistes s’efforcent de lire dans le marc de café que constituent les listes des délégués au Synode, ce que pourrait être le rapport de force entre partisans et adversaires de «l’ouverture» pastorale souhaitée par le pape François. Et l’on ne sait trop s’il faut s‘apitoyer, se scandaliser, se gausser ou se désespérer d’entendre tant de belles âmes dire leur désarroi à l’idée que le pape puisse, à la faveur d’un Synode redouté, jeter la doctrine avec l’eau du bain. Est-il exagéré d’affirmer qu’une majorité du peuple croyant, qui a dit en temps et heure ses espérances, se range désormais au côté d’une majorité du corps épiscopal pour «faire confiance» à l’Esprit Saint et au pape François. Même si, ici et là, certains évêques commencent à exprimer, en privé, leur crainte que l’immobilisme ne finisse par l’emporter.

La grille de lecture du «sensus fidei»

Qu’écrire sur le sujet qui n’ait déjà été martelé en tous sens ? Peut-être que le cœur du débat repose sur ce que la théologie catholique la plus classique appelle le sensus fidei, ce «bon sens de la foi» que possède tout baptisé, du fait même de son appartenance au Christ et de la présence, en lui, de l’Esprit Saint. Un bon sens de la foi qui, depuis longtemps déjà, conduit un nombre grandissant de fidèles, et parmi les plus pratiquants, à ne plus comprendre le lien existant entre l’Evangile et telle ou telle prescription du magistère. Pour prendre ce seul exemple, souvent évoqué à propos du Synode en cours, comment comprendre l’insistance du Christ sur le pardon et le refus obstiné de l’Eglise à admettre les divorcés remariés au sacrement du même nom ?

«Avertis par leur sensus fidei, les individus croyants peuvent aller jusqu’à refuser leur assentiment à un enseignement de leurs pasteurs légitimes s’ils ne reconnaissent pas dans cet enseignement la voix du Christ, le Bon Pasteur». Nous y sommes ! Or ce texte ne provient pas de quelque officine séditieuse dans l’Eglise mais de la très officielle Commission théologique internationale qui vient de consacrer au sensus fidei une étude tout à fait stimulante à défaut d’être toujours convaincante. (1) La publication de l’ouvrage tombe à propos comme le soulignent d’ailleurs ses auteurs, en introduction, lorsqu’ils écrivent que son objet est de «…trouver une réponse à certaines questions, en particulier celles qui ont trait à l’identification du sensus fidei authentique dans des situations de controverse, lorsque par exemple il existe des tensions entre l’enseignement du magistère et des points de vue qui prétendent exprimer le sensus fidei.» (2)

Lorsque le magistère se fait juge de sa propre action…

Or, force est de constater que toute l’argumentation déployée par la Commission théologique internationale, conduit à vider l’idée de sa substance. Le texte prend soin de différencier le sensus fidei fidelis (le bon sens de la foi individuel à chaque baptisé) du sensus fidei fidelium (celui qui est commun à tous les baptisés, depuis les évêques jusqu’aux prêtres et aux simples laïcs) le seul, finalement authentique. Il insiste sur la nécessité de ne pas confondre sensus fidei et opinion publique dans l’Eglise, si légitime soit-elle. Et s’il admet, par principe, qu’un désaccord entre les fidèles et le magistère puisse aussi avoir pour origine une prise en compte insuffisante du sensus fidei des fidèles… c’est pour se dépêcher de préciser que : «le jugement concernant l’authenticité du sensus fidelium appartient, en dernière analyse, non aux fidèles eux-mêmes ni à la théologie, mais au magistère.» (3) CQFD ?

On savait que l’Eglise n’est pas une démocratie mais c’est le sensus fidei lui-même qui conduit les baptisés, en ce début de millénaire, à s’interroger sur la légitimité – et le degré de fidélité à l’Evangile – d’une disposition contraire à toutes les pratiques des sociétés modernes et qui fait du magistère l’arbitre suprême des critiques formulées à son égard. Si le sensus fidei est légitimé à influer sur le magistère dans une perspective de «développement de la doctrine», comment articuler cette affirmation avec l’idée que «il appartient au magistère de nourrir et d’éduquer le sensus fidelium»… jusqu’à se confondre avec lui ? (4) Comment ne pas y voir une contradiction avec l’idée que : «La division entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas perd de sa pertinence lorsque l’Esprit Saint est donné à tous.» comme le souligne Mgr Eric de Moulins-Beaufort dans sa préface de l’ouvrage ? (5)

L’épouvantail de «l’opinion publique»

Pardon pour cette longue digression mais ce questionnement est au cœur des débats sur le Synode romain. La Conférence Catholique des Baptisés Francophones l’a bien compris qui organise un débat sur ce thème, au Centre Sèvres, le 26 septembre prochain avec deux intervenants de renom. (6) Voilà des années que l’on nous oppose l’idée que les adaptations souhaitées par nombre de fidèles sur la contraception ou l’accueil aux sacrements des divorcés remariés, pour s’en tenir à ces deux points, ne reposeraient pas sur un sensus fidei authentique mais sur la simple expression d’une opinion publique catholique influencée par l’idéologie dominante… Alors même que ces demandes se retrouvent, en conclusion, dans la quasi totalité des synodes diocésains et sont appuyées par nombre d’évêques, cardinaux et théologiens ! Tous des irresponsables dévoyés par l’air du temps  ? On nous objectera qu’il existe également un autre sensus fidei, dont se réclament d’autres fidèles, évêques, cardinaux et théologiens et qui demande, lui, le maintien du statu quo.

Si la demande de changements formulée par certains fidèles venait uniquement, comme certains le prétendent, d’une mauvaise compréhension de la «vérité» enseignée par le magistère, comment expliquer alors que cette «vérité» ait pu varier, au cours des siècles, sur des questions aussi diverses que le prêt à intérêt, la question sociale ou la liberté religieuse ? Et si l’opinion des laïcs et des théologiens fut pertinente hier, pour justifier de telles évolutions, désormais validées par le magistère, pourquoi ne le serait-elle plus aujourd’hui à propos de la famille ?

Le consensus existe, Le pape François l’a rencontré

Comment sortir de l’impasse ? S’agissant de la famille j’observe qu’il existe un vrai consensus, dans l’Eglise catholique, sur la sacramentalité du mariage et son indissolubilité, sur l’altérité, la fécondité, la fidélité… Mais aussi des questionnements sur la manière de comprendre cet enseignement et de le traduire dans «l’agir chrétien» contemporain en tenant compte des réalités du monde, des découvertes de la science et des différentes cultures. Consensus et questionnements sont constitutifs du sensus fidei sur lequel veut s’appuyer le pape François. Dans son entretien de 2013 aux revues Jésuites, il déclarait à ce propos : «L’ensemble des fidèles est infaillible dans le croire, et il manifeste son infaillibilitas in credendo à travers le sens surnaturel de la foi de tout le peuple en marche (…) Quand le dialogue entre les personnes, les évêques et le pape va dans cette direction et est loyal, alors il est assisté par l’Esprit Saint.» (7) Est-ce manquer au devoir de «charité chrétienne» de constater que certains lui refusent aujourd’hui cette confiance et cette loyauté ?

J’ignore à ce jour, et veux ignorer, ce qui pourra sortir du Synode romain. Paradoxalement, l’ouvrage de la Commission théologique internationale nous fournit une issue possible à travers un texte d’accompagnement rédigé par le Frère dominicain Serge-Thomas Bonino par ailleurs Secrétaire général de ladite commission. Revenant sur l’encyclique Humanae Vitae il écrit : «La réception très difficile de l’encyclique Humanae Vitae (1968) par un grand nombre de catholiques est souvent interprétée comme le signe d’une «erreur» du Magistère que la réaction négative du sensus fidei du peuple chrétien aurait permis de mettre en évidence. Le Magistère postconciliaire a plusieurs fois mis en garde contre cet usage déplacé du sensus fidei.» (8)

On retrouve là toute l’ambiguité de cette réflexion théologique qui semble tourner en rond. Mais cette ambiguité même cache une issue possible : qu’in fine, le pape François décide souverainement dans le sens de sa seule conscience – comme le fit en son temps le pape Paul VI contre l’avis de ses conseils. Une manière de voir le magistère Pontifical avoir le dernier mot, pour juger de l’authenticité du sensus fidei qui, depuis son élection, soutient ses désirs d’ouverture. (9) Dans une totale conformité au propos de la Commission théologique internationale.

© René Poujol

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  1. Commission théologique internationale, Le «sensus fidei» dans la vie de l’Eglise, Cerf 2014, & 63.
  2. Ibid p.12
  3. ibid & 77
  4. ibid & 76
  5. ibid p. II
  6. Vox populi vox dei, Conférence publique avec la présence exceptionnelle de Timothy Radcliffe ancien Maître général de l’Ordre des Dominicains et Gilles Routhier, doyen de la faculté de théologie de L’Université Laval à Québec. Centre Sèvres, 35 bis rue de Sèvres, 75006 Paris, le samedi 26 septembre à 15 heures.
  7. Pape François, l’Eglise que j’espère, Flammarion-Etudes 2013, p. 64
  8. ibid p.12
  9. On peut interpréter l’ouverture d’une « année de la Miséricorde », sur 2015-2016, comme une préparation de l’opinion catholique à la réception d’un texte post-synodal qui ferait sa juste place à cette notion de miséricorde dans la pastorale familiale et sacramentelle.

54 comments

  • Bravo.
    Et il ne fallait pas nous faire chanter « Peuple de prêtres, peuples de Prophètes, peuple de rois », si on voulait ne récupérer in fine qu’un peuple de moutons !

    Il faut plus que jamais croire en l’Esprit Saint et le prier de veiller sur la seconde session du Synode.

  • Merci René pour cet article que je trouve fort intéressant.
    Sur la question de l’admission des divorcés-remariés aux sacrements, je voudrais simplement apporter une toute petite pierre à l’édifice.
    Je m’interroge depuis longtemps sur la différence de traitement entre un prêtre ou un religieux réduit à l’état laïc après avoir quitté les ordres, et qui peut avoir l’accès aux sacrements, et un divorcé-remarié qui ne l’a pas. Or, me semble-t-il, le religieux s’est lié au Christ lui-même par un vœu perpétuel, ce qui engage sa fidélité dans ce lien entre lui et le Christ infaillible en fidélité. Quand un religieux est réduit à l’état laïc à sa demande, ce n’est pas le Christ qui s’est dédit, mais lui-même. Et, que l’on me corrige si je me trompe, il pourra retrouver l’accès aux sacrements.
    Dans le cas d’un divorce, on a un ou deux êtres humains par définition faillibles qui rompent un lien de fidélité. On aura beau dire que Dieu avait béni l’union, la rupture du lien est le fait d’un seul humain envers un autre humain, ou des deux. Et en cas de nouveau lien, toujours humain, l’admission aux sacrements est refusée par l’Eglise.
    Deux poids, deux mesures ?

    Disant cela, je ne revendique rien pour moi-même, au contraire. Après un divorce d’un mariage civil, je désire demeurer dans la chasteté pour le Seigneur. On m’objectera que j’en fais plus que je ne dois : c’est un choix personnel librement consenti.
    Par contre, mon ex-mari, qui m’avait quittée, vient de se remarier. Et cependant, je sens profondément en mon cœur que je lui ai pardonné, et passée la première amertume, je prie pour ce nouveau couple.

    D’où mon questionnement intérieur : l’Eglise, au nom du Christ, est-elle moins capable de pardon que moi-même, pauvre mortelle ? Quel message envoie-t-elle au monde à refuser le sacrement du pardon à des personnes dont les crimes ne peuvent être comparés à des crimes de sang ?

    Et pour finir, quel sens aurait l’année de la Miséricorde voulue par le pape François si des personnes sincères en quête de pardon depuis des années voire des décennies étaient encore refoulées des confessionnaux ?

    • Magnifique et, ô combien, pertinente analyse. Vous appuyez là où ça fait mal. Mais je crains que la force d’inertie intellectuelle de beaucoup de clercs les maintiendra longtemps encore dans l’obscurité.

  • On peut espérer que le pape se comportera suivant ce que vous dites : suivant sa conscience. C’est toute la dynamique de sa vie, sinon il ne serait pas jésuite….
    Alors, oui on consulte bien des gens on écoute leurs avis et ensuite on décide suivant une conscience éclairée.

    Penser qu’il se laisserait dicter ses décisions par d’autres, fussent-ils des lobbies puissants, serait ne pas faire confiance en sa faculté de discernement final. Puisque la règle est ainsi chez vous, les chrétiens.
    C’est bien ce que craignent les traditionnels figés depuis des siècles, et gesticulant et faisant des moulinets avec leurs petits bras : que ce pape « en ait sous la soutane » si vous me permettez cette petite trivialité…

    Mais, ne vous leurrez pas…. les « ouailles » feront ce qu’elles veulent. Les jeunes en particulier, qui se passent très bien du sacrement proposé et n’en sont pas moins agissant sous la grâce de dieu et sous l’Esprit-Saint….

    Que je sache les autorités ecclésiastiques n’ont pas la propriété exclusive et les brevets éternels surpassant le Volonté de Dieu et l’Esprit, lequel selon ce qu’en dit Jésus, souffle comme il veut et surtout OÙ il veut…. et donc principalement hors les murs de la Chrétienté…. qui ne recouvre « que » 2,5 milliards d’humains, sur les 7,5 que compte la Planète… et le nombre d’adeptes de cette religion est globalement à la baisse….

    Et d’ailleurs, et fort heureusement, Jésus n’était pas chrétien….

  • Et oui
    Comment ne pas penser à cette phrase du Christ : ne faîtes pas porter de lourds fardeaux que vous ne portez pas vous -mêmes ?
    En effet comment admettre aujourd’hui que le magistère a enfermé les couples dans une prison à vie alors que les clercs ne le sont pas .
    Comment ne pas comprendre que nul baptisé sensé ne comprend que l’union sacramentelle d’un homme et d’une femme ne peut être rompue car c’est l’union du Christ et de l’humanité !
    Quels clercs ont pu avoir cette idée absurde !
    une mariée de bientôt 44 ans sans enfant divorcé pour l’instant !!

    • « ET MOI JE SUIS AVEC VOUS CHAQUE JOUR JUSQU’A LA FIN DU MONDE »,
      quant aux fardeaux trop lourds que vous évoquez ; il me semble que par là vous accusez les membres de la hiérarchie de n’être qu’une bande d’hypocrites se la coulant douce ; trop heureux d’écraser leurs frères.

      • On trouve les mêmes propos dans l’entretien du pape François aux revues Jésuites, publiée à l’automne 2013 où il fait explicitement référence à Mt 23 adressée à ceux « qui lient des fardeaux pesants et difficiles à porter et les mettent sur les épaules des hommes. » Comprenne qui voudra !

        Et dans Evangelii Gaudium (n°43) du même pape François : « Il y a des normes ou des préceptes ecclésiaux qui peuvent avoir été très efficaces à d’autres époques mais qui n’ont plus la même force éducative comme canaux de vie. Saint Thomas d’Aquin soulignait que les préceptes donnés par le Christ et par les Apôtres au Peuple de Dieu « son très peu nombreux ». Citant Saint Augustin, il notait qu’on doit exiger avec modération les préceptes ajoutés par l’Eglise postérieurement « pour ne pas alourdir la vie aux fidèles » et transformer notre religion en un esclavage, quand « la miséricorde de Dieu a voulu qu’elle fût libre ».

  • Quant au « sensus fidei » est-il donc réservé en exclusivité à ceux qui partagent votre point de vue à vous et aux membres de la CCBF, et certainement pas bien sûr à ceux qui sont d’un avis différent ?

    • Je ne sais si ce commentaire vise Claudine Onfray ou moi-même… Mais comme j’appartiens également au Conseil d’administration de la CCBF je m’autorise à répondre. Je crois avoir été très clair dans mon article pour souligner que deux courants dans l’Eglise se réclamaient également du sensus fidei. Mauvais procès !

  • Dans le même document « Sensus fidei dans la vie de l’Église » que la Commission Théologique Internationale a publié en 2014, l’évêque d’Anvers (Belgique) Mgr Johan Bonny a relevé deux observations importantes, et dont il a fait mention dans sa lettre envoyée le 1er septembre 2014 à tous les Pères Synodaux (voir ci-dessous).

    http://www.aquarelles-expert.be/sensus_fidei.pdf
    Note : Cette année, Mgr J. Bonny participera lui-même à la seconde session du Synode – où il remplacera Mgr A. Léonard, atteint par la limite d’âge.

    • Merci, ces deux passages ne m’avaient bien évidemment pas échappés. Je fais d’ailleurs référence au second dans mon article.

  • Le problème est que pour moi le sensus fidei n’entre pas en ligne de compte dans cette histoire car il ne s’agit pas d’un probléme de foi comme l’étaient en leur temps l’Immaculé Conception dont on discutait depuis des centaines d’années et de l’Assomption laquelle n’était pas un dogme au sens propre du terme mais à laquelle l’immense majorité du peuple chrétien croyait. Là il s’agissait bien d’un probléme de foi. L’accueil des divorcés remariés à la communion n’est en rien un problème de foi, pas plus que n’était un problème de foi l’introduction de la nouvelle liturgie.

    Je l’ai déjà dit, je pense que dans certains cas la pratique catholique pourrait évoluer dans un sens plus « libéral », mais qu’on le veuille ou non le Christ a eu des propos très sévères à ce propos. Pour moi le problème vient du fait que depuis 50 ans la dimension verticale de la Croix a été gommée au profit de la dimension horizontale et que jamais avant le Concile personne n’ayant plus mis les pieds dans une église depuis sa première Communion n’aurait osé aller communier aux obsèques d’un familier.

    Aujourd’hui 95% au minimum des « pratiquants » réguliers ou irrèguliers communient à chaque messe, ce qui rend bien sûr extrêmement douloureuse la situation de ceux auxquels l’Eglise refuse cette possibilité.

    • Je suis désolé mais on lit dans Lumen Gentium (n°12) : « L’ensemble des fidèles, qui ont l’onction qui vient du Saint, ne peut faillir dans la foi et manifeste cette qualité qui lui est propre par le moyen du sens surnaturel de la foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque « des évêques jusqu’aux derniers des fidèles laïcs », il exprime son accord universel en matière de foi et de mœurs. » De même si vous vous reportez à l’article mis en lien par Robert, dans cet échange, vous trouverez le texte du paragraphe 123 du document de la Commission théologique internationale qui évoque « les décisions doctrinales ou morales » prises par le Magistère. Il n’y a donc aucune erreur possible : le thème du synode entre bien dans le champ du sensus fidei.

    • Dominique,

      A mes yeux, estimer que le « sensus fidei n’entre pas en ligne de compte dans cette histoire », c’est non seulement privilégier la dimension verticale de la Croix mais c’est surtout dénigrer sa dimension horizontale.
      Or le dénigrement c’est généralement la loi du plus fort, aux antipodes de l’Évangile.

      Mieux vaut donc s’inspirer de ce que dit le pape François: « Les diverses lignes de pensée philosophique, théologique et pastorale, si elles se laissent harmoniser par l’Esprit dans le respect et dans l’amour, peuvent faire croître l’Eglise, en ce qu’elles aident à mieux expliciter le très riche trésor de la Parole. A ceux qui rêvent une doctrine monolithique défendue par tous sans nuances, cela peut sembler une dispersion imparfaite. Mais la réalité est que cette variété aide à manifester et à mieux développer les divers aspects de la richesse inépuisable de l’Evangile. » (cf. Evangelii Gaudium, 40)

      • « …si elle se laissent harmoniser ^par l’Esprit… » o r pour moi se situe le point crucial car je n’ai pas le sentiment justement qu’elles se laissent harmoniser par l’Esprit.Quant à la dimension verticale de la Croix c’est une réalité absolue comme l’est bien sûr la dimension horizontale.On n’a pas à faire un choix entre les deux.

  • Dommage René que vous n’ayez pas fait attention à ce qui est écrit à la fin du numéro 12 en ce qui concerne notamment le rôle des membres de la hiérarchie

    • Dominique, ne changez pas de sujet à chaque fois. Vous évoquiez la doctrine et la foi seules, le paragraphe 12 évoque aussi les mœurs. Point !

      • René, que mon objection concernant l’utilisation du « sensus fidei » ne soit pas fondée je peux l’admettre, mais alors tenez donc compte de ce que dit la fin du numérto 12 de Lumen Gentium, qui rappelle de façon très nette que c’est aux responsables de l’Eglise « de non pas éteindre l’Esprit mais de retenir ce qui est bon  »

        Alors « sensus fidei  » oui, mais avec l’aval des Evêques. Lumen Gentium n’a jamais voulu restreindre le « pouvoir » des Evêques au profit des fidèles.

        • Dominique, je ne vais pas ferrailler une nouvelle fois avec vous. Je sais que vous êtes en désaccord avec la sensibilité que je représente dans l’Eglise et moi avec la vôtre. Dont acte ! Mais je crois, après quarante ans de pratique journalistique, avoir le sens des mots. Je n’ai jamais écrit que le sensus fidei serait celui des seuls laïcs… mais que ce sensus fidei avait dans le passé fait entrer dans le magistère des évolutions en matière de doctrine et de morale qui, au départ, avaient été portées par les laïcs. Et, pour répondre à votre « injonction » à lire la fin du paragraphe 12 de LG : qui aujourd’hui, dans le débat qui nous occupe, menace « d’éteindre l’Esprit », dites-le moi ? Le pape François, vers lequel convergent toutes les critiques ? Soyons sérieux à défaut d’être honnêtes !

  • Je trouve très pertinent le parallèle fait par Véronique sur l’accès à la communion des divorcés remariés et des prêtres ou religieux « réduits à l’état laïc »… Sur l’accès au sacrement, ce synode sur la famille osera-t-il également se poser la question des jeunes couples dont bon nombre de prêtre disent être témoins du mariage religieux alors qu’ils n’ont plus mis les pieds dans une église depuis leur profession de foi (pour reprendre en partie l’expression de Dominique) ? Avec la meilleure préparation possible, les animateurs et prêtres sont souvent unanimes pour dire que bon nombre de ces jeunes couples n’ont pas effectué un chemin de foi suffisant pour vivre de manière mature cet engagement… Refuser un sacrement à des personnes à qui les blessures de la vie ont permis de creuser profondément leur engagement à la suite du Christ et invoquer que l’on compte sur la grâce du sacrement dans des situations où la foi est encore très peu mature… Cherchez le non sens… Le Sensus Fidei n’est-il pas ce qui suggère à de nombreux acteurs pastoraux de réfléchir collégialement, loin de tout immobilisme et de toute hypocrisie, à des alternatives pastorales pour répondre lucidement à un aujourd’hui qui est ce qu il est ? C’est difficile d’inventer…Il faut oser faire confiance à l’Esprit Saint qui nous emmène parfois où l’on n’imagine pas aller…

    • Votre réflexion me parait parfaitement juste,mais est-il concevable de demander aux prêtres de s’assurer davantage de la « maturité » des candidats au mariage ?

      • je souris à la réflexion de Dominique :

        et quid de la maturité des jeunes prêtres aujourd’hui ?

        Il y a de nombreux d’Evêques qui ne me contrediront pas , au moins en secret !

        • Quid de la maturité des jeunes Prêtres dîtes-vous ? Certes, elle n’atteint pas celle de votre quasi centenaire préféré, d’une part, d’autre part quelle était la maturité de Jean, de Marc et Philippe au départ entre autres ?
          René, le risque d’éteindre l’Esprit existe, a existé et existera toujours, hélas, mais si vous (collectif bien sûr) vous savez de source sûre ce que veut l’Esprit, vous avez bien de la chance.Pour ma part je n’en sais rien et je ne sais fichtrement pas si ce que je pense me vient de lui.

          • Dominique, je n’entends pas dans ce blogue, faire des réponses ad hominem. Mais votre discours permanent, depuis des mois et des mois, est tellement conforme à ce que mes détracteurs ne cessent d’écrire que je me sens autorisé à vous répondre et à travers vous à tous les autres qui partagent votre sensibilité et qui, merci de le noter, peuvent s’exprimer dans ces pages. Vous passez votre temps à soulever des objections à ce que j’écris. Ce qui est votre droit. Mais lorsque je réponds à ces objections, plutôt que d’en prendre acte et de vous demander s’il ne m’arriverait pas, de temps en temps, de raisonner juste, voilà que vous dérivez sur un autre sujet pour formuler d’autres objections… Au fond vous n’êtes sûr de vous-même et de votre pensée que dans la mesure où vous marquez des distances permanentes avec la mienne. Ici même, le propos qui consiste, avec une fausse modestie, à vous interroger sur le fait de savoir si vous êtes inspiré par l’Esprit Saint, tout en ironisant sur la prétention qui serait la mienne à être sûr de sa présence au travers de ma pensée est à la fois injuste, infantile et insupportable.

  • A partir du moment où votre religion n’a plus de pouvoir politique ni militaire opérant en France (ailleurs ils font comme ils veulent), les condamnations de l’église n’atteignent que ceux qui y croient et s’y soumettent volontairement….
    Les divorcés/remariés qui pensent devoir se soumettre à la justice ecclésiastique qui les condamne, n’ont pas de raison de se plaindre. Duralex (des curés) sed lex (des prélats)

    Les divorcés/remariés qui n’en ont pas grand chose à faire des dictats des églises de tous poils et se réfèrent uniquement à Jésus qui pardonne et sauve TOUS les hommes…. ont la réponse nécessaire et suffisante.

    Un mien proche parent est divorcé/remarié. Il fait la catéchèse avec l’accord de son curé, communie et je ne sais quoi encore de vos pratiques et….. me semble un homme/un couple/ une famille qui à mes yeux est exemplaire humainement, par bien des engagements professionnels et caritatifs….
    Mais ils sont la honte des hontes et condamnés à jamais !! Pouah !!

    Un autre couple pas loin de moi est marié non divorcé (40 ans de fidélité sur le papier)… mais chacun à sa vie comme il veut, ses relations extraconjugales comme il l’entend ….. Leur hédonisme (chrétien sans doute, béni par tous les saints) est un exemple d’égoïsme remarquable !!
    Mais eux sont bénis des curés !! il ne sont pas divorcés sur le papier !!! donc couple chrétiens exemplaire !!!

    c’est emmer…… hein, quand on regarde les réalités concrètes des personnes !!! On voit que ces discours et théories ne tiennent pas la route des hommes… mais quelle importance on a LA Vérité Entière et Sainte !!!

    « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux; …. » refrain connu et d’actualité…..

    • Cher ami, ce que vous dites là cela fait un moment que nous sommes un certain nombre à le dire dans notre Eglise. Alors, de grâce, acceptez aussi que nous puissions aussi avoir nos propres débats internes et nos raisons de vouloir faire « bouger » notre Eglise, à laquelle nous restons attachés, de l’intérieur. Je comprends que ce ne soit pas votre problème. Admettez que cela puisse être le nôtre.

      • Je comprends que ce soit le vôtre.
        Mais les interpellation des « hors les murs » ne servent donc à rien ? si j’ai bien compris vos propos !
        Et intervenir dans vos débats m’est interdit ?
        Vous souhaiter rester uniquement entre vous, du sérail ?
        Certes je dis des conneries à vos yeux, et je rabâche ce que d’autres disent en interne, mais si vous répétez à votre église qu’il faudrait changer et qu’elle ne bouge pas… il y a de quoi s’interroger sur vos fonctionnements internes…..
        Dois-je comprendre que mes commentaires sont ceux d’une Persona non grata ici ?

        Je m’étais jusque là fait une autre opinion de ce blog…. Comme quoi on peut se fourvoyer…

        • Je ne vois pas au nom de quoi je m’interdirais de m’exprimer sur mon propre blogue. Pour le reste, si vos propos – à ma connaissance – ont constamment été publiés, c’est bien parce que j’acceptais que vous puissiez vous y exprimer en toute liberté. Pour le coup je trouve que vous avez le cuir un peu sensible.

          • Va pour le cuir sensible……
            Disons que c’est le cuir d’une homme qui s’est fait jeter plus d’une fois dehors jadis pour des prises de positions qu’aujourd’hui on trouve un minimum « acceptables à la discussion au moins ».
            Certaines choses mettent du temps à se dissoudre…. Vous le savez autant que moi je suppose.
            Ce n’est pas sans raisons que je suis « hors les murs »….

  • Tant que le Magistère de l’Église catholique n’aura pas abandonné son « idée fixe » – selon laquelle une relation sexuelle doit forcément être « ouverte à la vie » c’est-à-dire doit être susceptible de procréer, sa suspicion et sa réprobation ataviques du plaisir sexuel des humains risquent d’éloigner ces derniers encore plus du message évangélique, dont la transmission est pourtant sa seule raison d’exister.

    Le seul fait d’abandonner cette « idée fixe » permettrait, au moins, à l’Église catholique d’être ouverte et accueillante sur les points suivants :

    (a) Plus rien n’empêcherait la régulation des naissances d’être chimiquement assistée
    (b) Aucune personne homosexuelle ne devrait plus être victime de la moindre discrimination.

    P.S. concernant « l’égalité homme-femme » dans l’Église catholique

    Même si le Magistère s’accorde pour reconnaître que l’égalité homme-femme est « évangéliquement plus correcte », la subordination de la femme par rapport à l’homme a encore de beaux jours devant elle dans l’Église catholique
    (cf. extrait « Le Déni : Enquête sur l’Église et l’égalité des sexes » de Maud Amandier et Alice Chablis, ci-dessous).
    http://www.aquarelles-expert.be/Indiff_remanent.pdf

    • En donnant ci-dessus mon point de vue sur « l’ouverture à la vie » prônée par le Magistère, je ne pensais pas être « hors sujet ».

      Car en m’exprimant sur cet exemple très concret, mon but était de partager une opinion faisant partie du « sensus fidei » – aussi infime que soit cette partie.
      (n’ayant aucun retour, est-ce que les autres parties du « sensus fidei » sur ce blog éviteraient de s’exprimer ouvertement sur ce sujet peu banal ?)

      • Robert, pour ce qui me concerne c’est bien évidemment un point de vue que je partage. Je l’avais exprimé il y a maintenant trois ans, dans cet article de mon blogue, de manière à prendre date dans le débat que je voyais percer sur la loi Taubira. http://www.renepoujol.fr/sexualite-et-dieu-vit-que-cela-etait-bon/ C’est un point de vue généralement admis chez une majorité de catholiques. Que les tenants du statu quo ne s’expriment pas, sur ce sujet, dans ce blogue ne me chagrine pas outre mesure car ce serait repartir pour des débats sans fin dont je ne perçois pas vraiment l’intérêt. Tout a été dit ! Mais rien ne bouge !

    • Robert, votre premier argument n’est qu’une affirmation parfaitement gratuite, et dois-je vous rappeler que le très libéral Pie XII a déclaré dans une de ses encycliques que lorsqu’un couple faisait l’amour il ne faisait rien de mal. Par ailleurs si vous pouvez me citer un texte magistériel précis affirmant qu’il est interdit de faire l’amour aux couples non féconds je ne manquerai évidemment pas de m’y reporter.
      Mais c’est vrai qu’en disant cela je vais à l’encontre de ce qu’affirmait Jean Ferrat selon lequel « une femme honnête n’a pas de plaisir »

      • Dominique,

        Comme en tout, il y a la lettre et il y a l’esprit.

        Affirmer que tout acte sexuel doit être susceptible de procréer, ce n’est pas dire littéralement qu’il est pernicieux que l’acte sexuel soit recherché comme générateur de plaisir sexuel afin de promouvoir l’entente du couple.
        Mais l’esprit de Humanae vitae le suggère.

        D’autre part, en inversant les rôles, le Catéchisme de l’Église catholique est également imprécis à ce sujet (voir ci-dessous).
        http://www.aquarelles-expert.be/Articles_2360_2369_2370_commentaires.pdf
        Voilà pourquoi je parle de suspicion et de réprobation.

        • Il n’empêche que vous faites dire au texte ce qu’il ne dit pas et est de plus contraire à ce qu’a écrit Pie XII. Mais comme dit l’autre : « Calomniez,calomniez,il en restera toujours quelque chose. »Par ailleurs pourquoi donc dans votre énumération n’avoir pas retenu le 2362 par exemple qui dit:

          « les actes qui réalisent l’union intime et chaste des époux sont des actes honnêtes et dignes ; Vécue d’une manière vraiment humaine, ils signifient et favorisent le don réciproque par lequel les époux s’enrichissent tous les deux dans la joie et la reconnaissance. La sexualité est source de joie et de plaisir »

          Et pour être encore plus précis cet article reprend exactement ce qu’a dit Pie XII à savoir:
          « Le Créateur lui-même (…) a établi que dans cette fonction (de génération) les époux éprouvent un plaisir et une satisfaction du corps et de l’esprit. Donc les époux ne font rien de mal en recherchant ce plaisir et en en jouissant(.Ils acceptent ce que leur Créateur leur a destiné. Néanmoins les époux doivent savoir se maintenir dans les limites d’une juste modération. »

          Par l’union des époux se réalise la double fin du mariage;le bien des époux eux mêmes et la transmission de la vie On ne peut séparer ces deux significations sans altérer la vie spirituelle du couple ni compromettre les biens du mariage et l’avenir de la famille.

          l’amour conjugal de l’homme et de la femme est ainsi placé sous la double exigence de la fidélité et de la fécondité. »

          • Dominique, je souhaite qu’on en reste là sur cette question. Nous vous avons entendu. Je ne vais pas faire ici l’exégèse d’un texte qui reste tout de même marqué par son époque et sur lequel il y aurait beaucoup à dire. Mais il est vrai que Pie XII a marqué une évolution significative du magistère de l’Eglise catholique sur cette question. Ce qui, d’une certaine manière, apporte de l’eau à mon moulin face à une certaine frilosité ambiante qui voudrait que sur ces sujets, comme sur d’autres, l’Eglise se contente depuis vingt siècles de répéter sans la changer la vérité de toujours… Voilà un domaine où le magistère a bougé… et il peut donc bouger encore !

            L’apport singulier de Pie XII a surtout été d’admettre qu’il était légitime pour les couple chrétiens, de vouloir maîtriser leur fécondité, et donc de ne mettre au monde que le nombre d’enfants qu’ils étaient susceptibles d’élever dignement. Un pas considérable puisqu’ils devenaient responsables d’une fécondité qui jusque là n’appartenait qu’à Dieu… La seule réserve – et c’est bien là le point de départ de la réflexion de Robert que vous vous obstinez à ne pas entendre – c’est que cette maîtrise de la fécondité n’était légitime qu’au travers d’un usage des méthodes dites naturelles. Principe maintenu par Paul VI en 1968 dans les conditions que tout le monde connaît, c’est-à-dire contre l’avis des différentes commissions qu’il avait mises en place.

            Nombre de théologiens moralistes considèrent que ce fut une erreur de vouloir fonder cet « interdit » de la contraception sur le principe de la loi naturelle. Et l’on sait qu’aujourd’hui, malgré tous les discours officiels sur le caractère « prophétique » d’Humanae Vitae, cette encyclique n’est toujours pas « reçue » par une écrasante majorité des fidèles. Et que le refus du magistère de reconnaitre aux femmes (et plus largement aux couples) la liberté dans le choix des méthodes destinées à maitriser leur fécondité est perçu par la société comme une forme de mépris de l’Eglise pour la sexualité et le plaisir charnel. Quoi que Pie XII et plus récemment Jean-Paul II aient pu dire à ce sujet.

            C’est ainsi ! Et rappeler les propos de Pie XII, comme vous l’avez fait, restera insuffisant à changer l’opinion aussi longtemps que l’Eglise ne laissera pas aux couples la liberté du choix, sans se mêler, au fond, de questions qui ne la regardent pas. Qu’elle se contente de rappeler son message sur le couple : qu’il doit, dans le dessein de Dieu, rester généreusement ouvert à la fécondité (qui n’est pas que charnelle) et au don de la vie. Point ! Mais qu’elle ne s’occupe pas de gérer le calendrier amoureux des couples, le choix des positions, où le degré d’érotisme qu’ils peuvent introduire dans leurs ébats sans manquer à la chasteté… C’est tout simplement infantile et l’on se demande bien quel rapport (si je puis me permettre) tout cela peut avoir avec l’Evangile ! Ce qui nous renvoie, de facto, à la question du sensus fidei !

          • Dominique,

            Jouer Pie XII contre Paul VI ne va pas me convaincre. Au contraire.

            Car la non réception de Humanae vitae est un fait établi, ce qui a fait dire au Père Congar – à propos de la polémique qui a suivi la publication en 1968 de Humanae vitae :
            « Je ressens très fort et très douloureusement la gravité de la crise actuelle portant sur une certaine autorité ou un certain exercice du Magistère. Elle est peut-être définitive. IL SE POURRAIT QUE ROME AIT PERDU, EN UN COUP, CE QU’ELLE A MIS SEIZE SIÈCLES À CONSTRUIRE. Mais on peut se demander si cette crise ne relève pas de l’histoire conduite par Dieu, où les fléaux servent à la leçon et à la correction du peuple de Dieu ! ».

            Toujours dans le même registre de la sexualité, un autre texte du Magistère mérite une lecture plus qu’attentive, et pour cause.
            Car l’hypocrisie avec laquelle le Magistère n’hésite pas à s’exprimer dans son Catéchisme à propos de l’homosexualité est un cas d’école.

            Au cas où cela vous serait échappée, veuillez trouver ci-dessous les articles incriminés, accompagnés d’un commentaire afférent.
            http://www.aquarelles-expert.be/Catechisme_2357 _2358_2359_commentaire.pdf

            J’attends avec impatience le jour où le Magistère se décidera à publier une nouvelle version de ce texte, dont la connotation perfide et sournoise est bien peu évangélique.

  • Très bon billet. Puisse-t-il faire partie des « contre-feux » que tu évoques, René, pour lutter contre les tentatives d’influencer le pape dans le sens de l’immobilisme qui nous est si funeste !

    J’aurais quelques réserves sur le « consensus » qui existerait dans l’Église sur certaines caractéristiques du mariage comme « l’indissolubilité, l’altérité, la fécondité, la fidélité » ; mais c’est un détail de l’histoire, comme dirait l’autre.

  • René,je vous remercie bien sûr de la pertinence du jugement que vous portez sur moi Mais pourquoi tenterai-je de me justifier puisque je n’ai pour ambition que d’être en désaccord avec vous ,et rien d’autre.
    Ce qui me parait juste tout de même dans ce que vous dîtes, c’est qu’effectivement je ne suis sûr de rien,mais de le dire c’est parait-il de la faute modestie de ma part.Alors…

  • Merci, René, pour ce texte une fois encore très pertinent sur la situation de l’Eglise « pré-synodale ». On finit par se demander quel signe du Ciel ou quelle catastrophe pourrait infléchir la position de l’Eglise sur des sujets si mineurs finalement (la contraception et la communion des divorcés remariés) par rapport à la diffusion de l’Evangile. Jusqu’où l’Eglise (en Europe et même ailleurs) doit-elle se rétrécir pour imaginer qu’elle pourrait peut-être faire les choses autrement, sans tomber dans le laxisme, le relativisme, l’indifférentisme et… le stupre généralisé?

    La Commission Théologique Internationale a produit quelques bons textes par le passé (je me souviens d’un texte excellent sur les méthodes de l’exégèse biblique). Mais là, quelle salade indigeste, pour un si pauvre résultat ! Je souris quand ils disent que le sensus fidei des simples fidèles n’est pas l’opinion publique… Faut pas confondre, certes, avec la sociologie, donc avec l’opinion publique qui est mesurée par les sondages sur toutes sortes de sujets, ou avec le « concile des médias », comme disait (assez faussement à mon avis) Benoît XVI !

    Mais en 2015, ce sens peut-il être chose autre chose que l’opinion publique des croyants catholiques qui par exemple se sont exprimés de manière libre et responsable sur les questions posées avant le synode ? Je pense que beaucoup se mordent les doigts à Rome ou vouent même aux gémonies le pape François qui a ouvert la boîte de Pandore en lançant ce questionnaire, dont les réponses contredisent si frontalement toutes leurs idées, les seules « vraies », bien sûr ! Et en particulier celle qu’il n’y a de bon sensus fidelium que celui qui rejoint ce que pense déjà le magistère.

    Réponse à Véronique Belen : en bonne théologie, et pour dire les choses le plus simplement possible, l’indissolubilité fait partie par essence du sacrement de mariage, elle entre dans sa « matière » ou sa « composition », tandis que l’engagement au célibat est une règle demandée par l’Eglise (en Occident) à ceux qui sont ordonnés prêtres. Du coup, quand un prêtre demande son retour à l’état laïc et si celui-ci est accepté, il reste « prêtre pour l’éternité » mais avec des interdictions (prêcher, confesser, célébrer l’eucharistie) et des dispenses (de la récitation du bréviaire et… du célibat). Rompre un mariage licite et valide ne laisse au contraire pas d’autre solution que… de vivre dans le célibat et la chasteté de fait, sinon c’est… péché et excommunication.

    Je résume ainsi la théologie de l’Eglise, celle que les gens et aussi de nombreux catholiques ne comprennent plus…, qui les scandalise même, et que le synode tente de « revoir » pour le bien de tous.

    • Merci Jean-Louis, pour ce commentaire « autorisé ». Certains lisent mon blogue, et cet article plus particulièrement, comme une mise en cause systématique et comme maladive de la hiérarchie. Ce n’est pas là son objet. J’écris en journaliste ! Mais à ce stade de la réflexion pré-synodale on a bien le sentiment que c’est, en effet, une certaine hiérarchie, s’appuyant sur une opinion publique conservatrice dans l’Eglise (magnifiée sous les traits de « l’enseignement de toujours… ») qui fait aujourd’hui obstacle au sensus fidelium qui réunit le pape François et une majorité de baptisés catholiques : évêques, prêtres, diacres, religieux et laïcs…

      Je suis frappé d’entendre, autour de moi, nombre d’amis d’origine catholique, me demander ce que je fais encore dans l’Eglise… Mais il est vrai que la même question m’est aussi posée dans certains milieux « très chrétiens » … qui me verraient bien chez les protestants !

    • Merci J-L Schlegel pour cette réponse. J’avais à peu près compris la règle pour les prêtres, est-elle la même pour les moines, religieux, religieuses qui ont quitté les ordres alors qu’ils avaient fait vœu de chasteté voire de stabilité ? S’ils sont réduits à l’état laïc après une profession perpétuelle, ont-ils accès aux sacrements du pardon et de l’eucharistie voire du mariage ? La miséricorde de l’Eglise à leur endroit pourrait servir d’exemple pour les divorcés-remariés…

  • Pour une fois je suis assez d’accord avec Jean-Louis Schlegel dans sa réponse au sujet des prêtres « réduits » à l’état laïc. C’est exactement ce que j’aurais voulu dire.

    Quant à l’opinion moyenne des catholiques qui est catholique ? Celui ou celle qui n’a plus remis les pieds dans une Eglise depuis sa première Communion et n’a qu’un très vague souvenir de ce qu’il a appris au Catéchisme ?

    Quant à la consultation des Cathos en toute bonne logique, il me semble que les prêtres auraient dû être submergés par l’affluence. Or, que je sache, çà n’a pas été le cas, de même que les évéchés n’ont pas été, eux non plus, submergés par les réponses à cet assez lamentable questionnaire.

    Enfin, et là je m’adresse à René, je me demande effectivement pourquoi vous vous considérez toujours comme catholique romain alors qu’il me semble que vous souhaitez ardemment faire adopter par l’Eglise les positions de nos frères protestants pour lesquels j’ai bien sûr de l’estime mais avec lesquels je ne puis être d’accord sur de nombreux points.

    • Dominique, peut-être êtes vous exagérément influencé par la consonance « parpaillotte » de mon patronyme ! Je reste catholique parce que je ne vois pas de raison essentielle de cesser de l’être. Et que les idées pour lesquelles je me bats sont explicitées, développés, défendues, au sein même de l’Eglise catholique, par d’autres baptisés – théologiens, prêtres, évêques, laïcs… – qui sont dans le même état d’esprit et ne songent pas à faire dissidence.

      • René, mais je sais très bien que vous n’êtes pas seul dans votre cas, loin de là, et vous n’étiez pas le seul destinataire de ma réflexion. Notre point de désaccord fondamental se trouve dans le fait que vous, et donc ceux qui partagent votre point de vue, me donnez l’impression de nous proposer un Dieu à notre mesure, un Dieu donc parfaitement acceptable et çà je le refuse absolument.
        Le Dieu en grande partie père fouettard du temps de mon catéchisme ne me plaisait pas. Celui « brave type » avec lequel il y aura toujours moyen de s’arranger ne me séduit pas plus

        • Sage précaution d’avoir écrit « vous me donnez l’impression ». Je n’ai plus d’appétence que vous pour un Dieu bisounours.

  • Merci René et Jean-Louis Schlegel

    Oui l’enjeu est de taille aujourd’hui pour l’Eglise et l’évangélisation, car l’échec complet du synode entrainerait une fracture qui risquerait d’être définitive .

    Le Pape François a déjà assaini certaines pratiques non conformes à l’Evangile .

    Je pense que dans ce domaine il avait des ennemis puissants mais je veux penser que l’immense majorité des évêques était avec lui .

    Sur le plan de cette fixation sur le sexe c’est moins sûr . Pourquoi ? Parce que la hiérarchie est loin du peuple de Dieu, entourée, soutenue – y compris financièrement – par des mouvements qui en ont fait leur croisade . Ces mouvements surfent sur une apparence de moralité en cachant leur désir de pouvoir et leurs zones d’ombre . Ils tiennent certains évêques car ils sont puissants en argent et en position sociale .

    Mais si loin de ces saints de tous les jours .

    De nombreux jeunes prêtres entourés d’un groupe de fan combattent ce monde « pourri », appellent au retour à la soumission de la femme dont la vocation serait d’être confinée au foyer, jugée indigne de pénétrer dans le choeur des églises, cantonnée à devenir mère d’une armée de futurs petits soldats destinés à combattre l’Islam sans même faire la différence entre l’intégrisme et la simple foi.

    Oui le magistère a mieux à faire que de se pencher sur une méthode contraceptive ou une autre , de décider pour d’autres le nombre d’enfants à avoir. Jamais un mot dans l’Evangile de tout cela .

    Il se trompe de combat : l’évangélisation est de relever chacun , de l’aider à vivre , de prendre soin de notre terre avec tous les hommes de bonne volonté , de s’unir avec tous pour que règne la paix source de tout bonheur, de chercher des techniques , des soins qui guérissent et soulagent et non enferment à vie , de dire et de montrer que Dieu est amour et miséricordieux sans limite , ni compte à rendre car l’amour divin est sans limite .

    Cette tâche humaine et chrétienne est immense . Elle aide à la venue du Royaume .

    • Allons, Claudine, l’Eglise-institution ne passe pas son temps à parler de contraception, et encore moins de déterminer le nombre d’enfants qu’un couple catholique devrait avoir. Tout cela n’est que grossière caricature. En revanche elle ne cesse de parler, et depuis longtemps de la nécessité de trouver des remèdes pour la santé physique des personnes.

      Et puis, que voulez-vous si je crois sincèrement que Dieu. est amour et miséricordieux sans limite l’Eglise y est pour quelque chose.Oui, cent fois oui la miséricorde de Dieu est infinie. Pour autant, dans notre vie de chaque jour, nous n’avons pas le droit de faire ce que l’on veut en comptant sur sa miséricorde. Nous n’avons rien à faire dans le but de nous sauver. Nous avons à agir en toute chose par amour de Dieu. Facile à dire, je vous l’accorde.

  • René, si Robert s’était contenté de contester Humanae-Vitae je n’aurais pas réagi ainsi. Ce qui m’a fait sortir de mes gonds c’est qu’il affirme que depuis toujours l’Eglise condamne le plaisir sexuel, et c’est une contre-vérité comme je crois l’avoir démontré.

  • En réponse à Robert,la non -réception d’Humanae-Vitae, est une chose ; ce que vous dîtes de l’attitude de l’Eglise sur le plaisir sexuel en est une autre et vous mélangez les deux à plaisir.
    Enfin je voudrais dire que je suis lassé de cet éternel discours selon lequel l’Eglise passerait son temps à s’interroger et à nous interroger sur ce qui se passe dans nos chambres à coucher. J’ai à ce jour un peu plus de 70 ans et depuis le Concile pas une fois un prêtre en confession ne m’a posé la question en la matière, pas une fois et j’ai circulé dans plusieurs régions de France.

    • Dominique,

      « Ce qui m’a fait sortir de mes gonds c’est qu’il [Robert] affirme que depuis toujours l’Eglise condamne le plaisir sexuel, et c’est une contre-vérité » dites-vous.

      C’est toute la question de la « chasteté » chère au Magistère, et à laquelle « tous les baptisés sont appelés » (cf. Article 2348 du Catéchisme de l’Eglise catholique).
      Par conséquent, je mets sérieusement en doute le fait que la doctrine catholique n’aurait pas d’objection contre un acte sexuel recherché – uniquement – comme générateur de plaisir sexuel pour promouvoir l’entente du couple.
      Si je me trompe, dites-le-moi.

      D’autre part, l’hypocrisie indéniable avec laquelle l’Église catholique s’exprime sur l’homosexualité a de quoi m’intriguer (voir ci-dessous)
      http://www.aquarelles-expert.be/Catechisme_2357_2358_2359_commentaire.pdf

  • Dominique, l’Église « condamne-t-elle le plaisir sexuel » ? C’est évidemment plus complexe que cela. Mais sur le fond, je suis d’accord avec Robert : elle ne le condamne pas en tant que tel, mais elle l’encadre de manière si restrictive que, de fait, elle le condamne.

    Le plus révélateur est évidemment la question de l’ouverture à la vie. J’ai déjà montré vingt fois sur mon blog l’incohérence de cette position, mais allons-y une fois de plus. L’Église n’interdit pas aux couples stériles (que ce soit à cause de l’âge ou à cause d’un problème physiologique) de faire l’amour ; et pourtant, ils sont exactement aussi inféconds qu’un couple homosexuel. Il n’y a aucun motif sérieux pour justifier cette différence de traitement : un couple homosexuel n’est pas plus responsable de son infécondité qu’un couple de 70 ans ou qu’un couple dont un des membres est stérile.

    On va me dire qu’en faisant l’amour, un couple hétérosexuel stérile reste théoriquement ouvert à la vie. Mais à partir du moment où on sait qu’ils n’auront pas d’enfants, c’est parfaitement hypocrite, et on pourrait après tout dire la même chose d’un couple homosexuel ! Si « des pierres que voilà, Dieu peut susciter des enfants à Abraham », Il peut aussi bien faire avoir un enfant à un couple homo. On voit bien l’absurde de la position : le miracle étant bien sûr toujours possible, il n’en reste pas moins qu’il est hypocrite d’en envisager la possibilité dans un cas et pas dans l’autre. La différence de traitement entre un couple homo et un couple stérile n’a donc aucune justification.

    Mais ça ne s’arrête pas là, et cette histoire d’ouverture à la vie va encore bien plus loin. Quand un couple pratique hétérosexuel fertile, mettons, la fellation, ou la sodomie, ou la masturbation réciproque, il n’est pas, que je sache, « ouvert à la vie ». Ces actes sont-ils mauvais ou désordonnés pour autant ? Si vous dîtes « non », l’incohérence de la position magistérielle éclate au grand jour ; si vous dîtes « oui », vous n’êtes pas près de récupérer mon adhésion.

  • Je rejoins ce débat que je suis en silence depuis quelques mois, car cette « fidèle supplique » pour que l’Eglise maintienne sa « discipline » envers ceux qu’on appelle les divorcés-remariés m’attriste profondément.

    Je m’élève tout d’abord contre l’expression même de « divorcés-remariés » qui si elle a l’avantage d’exprimer de manière raccourcie de qui l’on parle, me semble innapropriée dans le sens où elle définit le fait d’avoir vécu un divorce puis un remariage (ou autres situations assimilées), non comme des aléas de la vie, mais comme une identité.

    Comme j’ai pu le voir écrit ici ou là, le non-accès aux sacrements des personnes remariées après un divorce, au-delà des individus, atteint toute la communauté, les sacrements n’étant pas des actes de piété individuelle mais des actes ecclésiaux.

    Je ne peux reconnaître l’Eglise que j’aime dans le modèle sous-jacent à la « filiale supplique ».

    Il ne m’appartient pas de juger des causes qui font que des personnes mariées se voient dans l’impossibilité de continuer la vie commune, mais même des catholiques convaincus et s’étant mariés « pour la vie », peuvent être dans une situation où seule une séparation est envisageable.

    En effet, faudrait-il absolutiser le couple au détriment de la personne, et sans parler des cas de maltraitance physique ou autres cas dramatiques, le mariage peut aussi devenir un lieu de destruction de la personne et un huis-clos insupportable sans que cela transparaisse à l’extérieur. Dès lors, et après avoir reconnu ce qui était de l’ordre du « péché » dans la rupture de la relation, pourquoi des personnes qui après un premier échec s’engagent dans une nouvelle relation qu’elle veulent également indissoluble seraient-elles exclues des sacrements ?

    Pour ne parler que de l’Eucharistie, c’est son sens qui est interrogé, et je ressens comme un « scandale » et comme une privation l’exclusion de la communion de mes frères et soeurs concernés quand je m’avance pour recevoir le Corps du Christ. C’est alors à un Corps mutilé que je communie. Je respecte le choix fait par les personnes remariées après un divorce d’obéir à la discipline de l’Eglise car, ce faisant, c’est l’unité de l’Eglise qu’elle servent, mais j’espère et j’attends, qu’entre autres sujets, nos évêques éclairés par l’Esprit-Saint, puissent approfondir ce sujet sensible qui interroge la foi de chacun, car à travers ce débat souvent présenté comme équilibre entre doctrine et miséricorde, c’est la foi de chacun qui est interrogée : qui est le Christ en qui nous croyons ?

  • Merci Fabienne pour ces mots si vrais

    Meneldil un sourire : nul n’est responsable d’une infertilité !

    que peut-on dire du rejet des inséminations par le magistère en cas de paraplégie chez l’homme ou de glaire imparfaite ….? Que peut-on dire du rejet du recueil du sperme au laboratoire par masturbation pour diagnostic d’infertilité ?
    vraiment c’est de l’obscurantisme , de la bêtise, de la méconnaissance persistante !

    je pourrai en faire un livre de cas concrets

    le magistère aurait bien d’autres sujets à prendre en compte et de son ressort .

    Se plonger comme le Christ dans le monde en relevant celles et ceux qui souffrent .

    Ne pas être les amis de Job mais le Christ qui écoute et relève

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