François et l’Amazonie : ne pas ouvrir les portes… sans les tenir fermées !

François et l’Amazonie : ne pas ouvrir les portes… sans les tenir fermées !

Et si la vraie synodalité supposait que le pape ne tranche pas sur tout !  

Le Vatican a rendu public ce 12 février l’exhortation apostolique du pape François Amazonie bien-aimée, qui vient conclure le synode sur l’Amazonie d’octobre dernier. Un texte relativement concis, très « Françoisien ». Une prose qui, sur le fond, incarne à merveille l’engagement du pape François sur l’écologie intégrale, dans la tonalité de  Laudato si’ et, sur la forme, est illustrée de nombreuses références littéraires et poétiques comme il nous y a déjà habitués. Le pape y développe quatre « rêves » pour l’Amazonie dont il nous dit combien la portée est universelle : rêve social, rêve culturel, rêve écologique et rêve ecclésial. Concernant ce dernier domaine, il ne reprend pas à son compte les deux propositions « phares » du Document final votées par les membres du synode qu’étaient l’accès au sacerdoce pour des hommes mariés et l’ouverture au diaconat féminin. Mais le pape jésuite le fait de manière si subtile qu’on peut y lire un désir de ne pas injurier l’avenir…

Le drame amazonien nous concerne tous

Le drame à la fois social, écologique et culturel que vit l’Amazonie et ses peuples autochtones justifie, pour le pape François, un appel à l’indignation qui nous concerne tous. Car le saccage de l’Amazonie, à des fins purement mercantiles, illustre hélas celui, généralisé, de la planète. « L’économie globalisée altère sans pudeur la richesse humaine, sociale et culturelle » de cette partie du globe, comme ailleurs, d’autres régions. Pour le pape François, le cri du peuple d’Amazonie, dont s’étaient fait l’écho les participants au synode d’octobre, est à mettre en parallèle avec le cri du Peuple de Dieu en Egypte tel que rapporté dans la Bible. « C’est un cri d’esclavage et d’abandon qui appelle à la liberté . » C’est pourquoi l’Eglise, qui porte sa part de responsabilité historique dans la maltraitante dont ont souffert ces peuples, ne peut que se situer aujourd’hui à leur coté, au nom de l’Evangile. Il faut lire ces pages vibrantes qui redisent combien face aux menaces qui pèsent sur notre maison commune (Laudato Si’) « L’intérêt d’un petit nombre d’entreprises puissantes ne devrait pas être mis au dessus du bien commun de l’Amazonie et de l’humanité entière » 

Donner son visage spécifique à cette Eglise

C’est dans ce contexte douloureux que se posent les questions relatives à l’évangélisation pour les peuples de l’Amazonie qui « ont le droit à l’annonce de l’Evangile ». Mais, souligne le pape François reprenant le Document final du synode, ils ont le droit que cette annonce se fasse dans le respect « de ce qu’il y a de bon dans les cultures amazoniennes »  et « le recueille et le porte à sa plénitude à la lumière de l’Evangile ». C’est assez dire que le travail d’inculturation à engager – ou à poursuivre – doit viser une « harmonie multiforme », capable de donner son visage spécifique à l’Eglise d’Amazonie, ouvrir à une forme de « sainteté au visage amazonien ». En sachant que « L’Eglise elle-même s’enrichit de ce que l’Esprit a semé dans cette culture. » Ici comme ailleurs, toute véritable inculturation suppose également une « inculturation de la liturgie » comme y invitait le Concile Vatican II même si, en cinquante ans, peu de progrès ont été fait. 

Promouvoir la prière pour les vocations sacerdotales

Sans doute le point le plus délicat de l’inculturation porte-t-il, ici, sur « la manière dont les ministères ecclésiaux se structurent et se vivent ». Le contexte est en effet celui d’un territoire immense, parfois difficilement accessible, réparti sur neuf pays (1) et couvrant une superficie équivalente à onze fois la surface de la France. Le manque de prêtres y est criant. Dans certaines zones reculées, les communautés ne peuvent participer à l’eucharistie que trois à quatre fois par an… Les assemblées dominicales se font donc le plus souvent « en l’absence de prêtre », animées par des laïcs, comme la pratique en a été abandonnée chez nous. D’où l’idée, débattue et validée par les participants au Synode, d’ordonner des hommes mariés parmi les diacres permanents, et d’ouvrir au diaconat féminin. 

Dans son exhortation apostolique, le pape François plaide paradoxalement pour une « plus grande fréquence de la célébration de l’eucharistie », dans le même temps où il réaffirme qu’elle est – de même que le sacrement du pardon – du seul ressort du prêtre ordonné. Et qu’il ne reprend pas à son compte l’idée du Document final d’appeler au sacerdoce ministériel des diacres permanents. Ce qui l’amène « à exhorter tous les évêques, en particulier ceux de l’Amérique Latine, non seulement à promouvoir la prière pour les vocations sacerdotales, mais aussi à être plus généreux en orientant ceux qui montrent une vocation missionnaire à choisir l’Amazonie. » 

Deux pierres d’achoppement

Sans doute est-ce là la première pierre d’achoppement de ce document. Avec tout le respect que l’on doit au pape François, nous « refaire le coup » de la prière pour les vocations sacerdotales risque fort d’être reçu, ici ou là, avec un certain scepticisme ! Quant à orienter d’éventuels missionnaires vers l’Amazonie cela suppose, comme il le reconnaît lui-même, un défi considérable : « le risque pour les évangélisateurs qui arrivent en un lieu est de croire qu’ils doivent non seulement transmettre l’Évangile, mais aussi la culture dans laquelle ils ont grandi. » Alors même que des diacres mariés autochtones pouvaient précisément apparaître comme naturellement inculturés…

La seconde pierre d’achoppement de ce texte concerne, me semble-t-il, la place des femmes dans l’Eglise. Certes, le pape François leur rend un vibrant hommage, soulignant combien le maintien de la foi catholique, dans des territoires reculés et en l’absence de prêtre, n’a été possible que grâce à leur courage. Mais en revenir sans cesse à l’image, certes admirable, de Marie n’est sans doute pas la meilleure manière de mobiliser les femmes au service de la mission. Voir dans l’accès à un Ordre sacré (ici le diaconat) un « risque de cléricalisme les femmes » laisse dubitatif. Se pose-t-on la même question pour des candidats masculins au diaconat ou au sacerdoce ? Ordonner un homme célibataire, n’est-ce pas cléricaliser un laïc ? On sait l’hostilité du Vatican et du pape François à l’égard de « l’idéologie du genre ». Mais si la crise que traverse l’Eglise a bien pour cause un déficit d’inculturation, l’institution pourra-t-elle longtemps encore ignorer l’aspiration des femmes catholiques, à l’instar de leurs congénères dans tous les autres secteurs de la vie, à une forme d’égalité qui ne se satisfait plus d’un simple discours sur la  complémentarité ? 

Pour une « culture ecclésiale propre, nettement laïque« 

A quelque chose malheur est bon. Pour tenir compte des spécificités amazoniennes, le pape François plaide dans son exhortation apostolique pour le « développement d’une culture ecclésiale propre, nettement laïque ». Il précise : « Les laïcs pourront annoncer la Parole, enseigner, organiser leurs communautés, célébrer certains sacrements (baptêmes, mariages, sacrement des malades…), chercher différentes voies pour la piété populaire et développer la multitude des dons que l’Esprit répand en eux. » Ce qui, pour le coup, est une évolution dont il faut se réjouir. Et une évolution qui tient plus à la prise en compte du sacerdoce commun des baptisés qu’à la simple urgence à pallier le manque de prêtres. C’est dire qu’il y a là une piste qui vaut aussi pour d’autres Eglises, notamment en Europe. 

Plaidoyer pour une « harmonie multiforme »

Certains analyseront sans doute que le pape François ne pouvait pas aller plus loin sans prendre le risque de profondes divisions dans l’Eglise. Et qu’au regard des réformes à venir portant sur l’organisation du pouvoir central de l’Eglise (la Curie) comme sur le développement de la collégialité et de la synodalité, leur réussite valait bien un repli stratégique. A moins qu’il ne s’agisse là, tout simplement ou également, de sa conviction profonde sur ces deux questions. 

A quelques semaines de la publication de cette exhortation apostolique conclusive, la polémique suscitée par la parution du livre du cardinal Sarah, en collaboration avec Joseph Ratzinger – Benoît XVI s’était focalisée sur le célibat sacerdotal que l’on disait menacé… Au point qu’aujourd’hui, certains se réjouissent ouvertement que le pape François se soit rendu à leurs arguments. A cela près que, sauf erreur de ma part, le mot « célibat » n’est pas utilisé une seule fois dans l’exhortation apostolique. Lorsque le pape François y réaffirme que l’Eucharistie et le sacrement du pardon sont du seul ressort du prêtre… il ne précise pas : célibataire ! Il n’est donc pas exclu, explicitement, qu’un jour certains d’entre eux puissent aussi être d’anciens diacres mariés appelés au sacerdoce. Il y a donc loin de la non-validation des deux préconisations synodales (ordination d’hommes mariés et ouverture au diaconat féminin) à leur interdiction.

Dans les premiers paragraphes de son texte, le pape François écrit : « Je ne prétends pas remplacer le Document final du synode, ni le répéter (…) Je veux présenter officiellement ce Document qui nous expose les conclusions du synode. (…) Dieu veuille que toute l’Eglise s’engage pour son application. » Qu’est-ce à dire ? Que dans une perspective de réelle synodalité à promouvoir (2) il serait paradoxal de continuer à attendre du pape qu’il tranche en toutes choses au travers d’une exhortation apostolique. (3) Et qu’au final, c’est bien à l’Eglise d’Amazonie – comme demain d’autres Eglises particulières – qu’il devrait appartenir de faire ses choix pastoraux, donnant forme à une « harmonie multiforme » devenue la nouvelle règle.  (4)

PS. Il semble bien que l’intuition de ce dernier paragraphe se trouve confirmée dans les faits. Comme l’indique un article de la Croix en date du 10 mars, plusieurs évêques d’Amazonie devraient adresser prochainement à Rome des demandes de dispense pour l’ordination à la prêtrise de diacres mariés. Illustration du fait que le pape François entend bien ne pas trancher sur tout mais laisser les épiscopats locaux juger de ce qui est souhaitable pour leurs Eglises particulières.

  1. le Brésil, la Bolivie, la Colombie, l’Équateur, la Guyane, le Pérou, le Surinam, le Venezuela et la Guyane Française. 
  2. On sait que le dispositif synodal, tel qu’on le connaît aujourd’hui, fut initié par le pape Paul VI pour couper en quelque sorte l’herbe sous les pieds des pères du Concile dont il craignait qu’ils n’aillent plus loin en la matière. On sait également l’intention du pape François de faire bouger les lignes comme il l’a fait, déjà, lors des deux sessions synodales sur la famille, notamment à travers une large consultation des fidèles. On connait aussi son désir de donner plus d’autonomie aux conférences épiscopales de manière à mieux inculturer leur pastorale aux réalités de terrain.
  3. Il est d’ailleurs intéressant de noter que le texte est signé du 2 février, à Rome « près de Saint-Jean de Latran » qui est le siège de l’évêque de Rome et non près de SainPierre, siège du souverain pontife. On peut lire à ce propos le commentaire du fr. Thomas Michelet op. dans la Vie.
  4. C’est l’analyse que développe Nicolas Senèze, envoyé spécial permanent de la Croix à Rome dans son article.

63 comments

  • Je suis bien d accord avec toi René. A côté des postures classiques sur la prêtrise (sui sont un peu énervantes), il y a des invitations à une créativité ouverte.
    François est vraiment un malin.

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  • Un texte très politique . Il cherche à la fois à ne pas risquer le schisme avec les conservateurs attachés au statu quo tout en reconnaissant le légitimité des préoccupations du synode .D’où son ambiguïté dont on ne se sort qu’à son détriment disait le cardinal de Retz.

    Un texte qui se situe aussi dans la ligne de la théologie de la libération en reconnaissant la légitimité de l’Église à intervenir dans les domaines de l’économie du social et du culturel et de leur réalités locales qui sont des lieux d’annonce de l’Evangile .

    Enfin un texte qui bat en brèche le centralisme romain sans remettre en cause l’autorité pontificale . Le pape constate lui même , consacre (?) les limites de son champ de compétence. Prépare t il le terrain a l’équivalent du décret « fréquens  » du concile de Constance qui serait aux synodes ce que celui-ci fût aux conciles ?

    Les conservateurs qui placent le statut du prêtre au-dessus des exigences de l’annonce de l’Evangile n’ont que l’apparence d’une victoire dans la guerre qu’ils mènent contre le pape . Leur lutte pour congeler l’église à un moment de son histoire est sans avenir . Ils peuvent seulement contribuer à casser plus encore le lien de confiance entre les fidèles et le magistère alors que le pape cherche à le maintenir .

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  • « Je ne prétends pas remplacer le document final du synode » Ce qui implique que le pape reconnaît à ce document une valeur propre .Le pape lui même recuserait il l’ultra montanisme ? Si j’étais un cardinal conservateur ,(ce qu’à Dieu ne plaise) je hurlerai à la trahison .

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  • Très intéressante remarque de Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne, dans « La Croix » :
    « Le texte met en lumière un besoin très important, maintes fois souligné pendant le synode : décléricaliser l’Église, séparer pouvoir et ministère ! Le Synode et le pape souhaitent de nouveaux ministères, mais dans une Église différente qui ne cherche pas à cléricaliser les laïcs. »

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    • Tout cela est bien propret. Le discours est pertinent. Mais que fait-on lorsqu’on ordonne des prêtres célibataires sinon cléricaliser des laïcs ?

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      • Je ne comprends pas bien votre réponse, René.
        Si ordonner des prêtres célibataires revient à cléricaliser des laïcs, ordonner des prêtres mariés y revient tout autant !
        La question n’est pas là, ni dans le célibat, ni dans l’ordination d’hommes mariés, ni même dans le diaconat féminin, la question que soulève Mgr Lafont et qui me paraît intéressante est de séparer pouvoir et ministère, de promouvoir, à côté du sacerdoce des prêtres, de nouveaux ministères laïcs en retrouvant la valeur du sacerdoce commun des baptisés comme vous le soulignez vous-même dans votre billet.

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        • Mais c’est le pape qui prétend ne pas vouloir cléricaliser les laïcs, pas moi !
          Concernant le propos de Mgr Lafont je suis bien évidemment d’accord et me réjouis dans mon billet de l’ouverture faite en ce sens dans l’exhortation apostolique.
          Mais même avec cette clarification on ne résoudra pas la contradiction qui consiste à vouloir augmenter la fréquentation de l’eucharistie au motif qu’elle est source et sommet de la vie chrétienne dans un contexte de pénurie de prêtres que l’on se propose de dépasser uniquement en nous faisant « prier pour les vocations » (un ange passe ! ) et en multipliant les missionnaires dont on souligne par ailleurs combien il est difficile de les inculturer à la réalité Amazonienne… Alors même qu’il existe potentiellement des prêtres déjà inculturés : les diacres permanents amazoniens ! Comprenne qui pourra !

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          • Le cléricalisme que dénonce à juste titre le Pape François, c’est la confusion entre ministère et pouvoir.
            En ce sens, il peut y avoir aussi bien un cléricalisme des laïcs qu’un cléricalisme des clercs.
            Au-delà des questions de cléricalisme, je pense avec vous que nous aurons toujours besoin de prêtres pour célébrer l’Eucharistie et l’ordination d’hommes mariés ne me pose pas de problème.
            Je pense que le Pape François n’est pas fermé à cette idée, même s’il tient au célibat des prêtres (pour des raisons différentes de celles exprimées par le Cardinal Sarah), mais sans doute a-t-il jugé inopportun de le faire dans le cadre d’un synode consacré à l’Amazonie, où bien d’autres problèmes plus importants et moins médiatisés se posent et qui font le coeur de l’exhortation apostolique.

          • « Je ne pense pas à ce stade que c’est quelque chose que nous allons faire, parce que je n’ai pas senti que le Saint-Esprit est à l’œuvre en ce moment », avait confié François aux évêques américains reçus à Rome, deux jours avant la publication de l’exhortation.
            Le Pape croit peut-être au Saint Esprit, à la force de la prière, voire aux anges qui passent 🙂

          • Pardonnez-moi cher ami, mais tout cela c’est de la langue de buis. Fut-elle pontificale ! Et Dieu sait si l’on m’areproché, ici même, sur d’autres dossiers d’être trop inconditionnel de François.

          • Il faut parfois laisser du temps au temps…
            On peut, cher René, s’efforcer d’être inconditionnel du Saint Esprit 🙂

          • « Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » (Jean 3, 8)

      • cléricaliser des laîcs? Surtout pas,alors la seule solution ce serait de ne plus ordonner personne puisque ordonner c’est bien sûr cléricaliser inévitablement
        Conclusion ;adhérons au calvinisme dans lequel le sacrement de l’Ordre n’existe pas

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        • Au-delà de la pirouette vous nous dites quoi ? Désolé mais refuser le diaconat féminin au motif de ne pas « cléricaliser les laïcs » ne tient pas la route puisque dans le diaconat masculin c’est bien de cléricalisation des laïcs qu’il s’agit ! Il y a là une contradiction évidente qui n’a pas besoin qu’on appelle Calvin à la rescousse ! Balayons déjà devant notre porte !

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  • Si la prêtrise (et l’épiscopat !) n’était pas réservé à un seul genre (masculin) et à un seul statut (célibataire), on ne parlerait pas de « risque de cléricaliser » qui que ce soit, car on aurait décléricalisé le ministère pastoral.
    Autant les rêves de François en matière sociale, culturelle et écologique, sont bien prophétiques, autant ils sont problématiques en matière ecclésiale. Revenir à Saint Thomas en définissant le ministère pastoral par le seul « pouvoir » sacramentel, le seul qu’on ne peut déléguer, c’est un retour en arrière qui relativise les deux autres dimensions du ministère pastoral qui avaient été remises en valeur au Concile par le vocabulaire presbytéral (plutôt que sacerdotal) : la dimension pastorale et le ministère de la Parole, en fidélité au Nouveau Testament.
    Séparer pouvoir (responsabilité des communautés) et ministère (essentiellement sacramentel), c’est remettre en cause le principe selon lequel celui qui préside l’eucharistie est celui qui préside l’Eglise au nom du Christ. Ce sont les responsables de communautés (hommes ou femmes) qui devraient pouvoir présider l’eucharistie de ces communautés, ce qui supposerait qu’on les ordonne. C’est la seule manière d’être cohérent avec la place que l’Eglise catholique donne à l’eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne, dont tant de communautés sont privées.

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    • Votre position a le mérite d’être cohérente, Jean-Pierre Roche, mais ce que vous proposez correspond très exactement à ce que croient et pensent nos frères protestants.
      C’est respectable, mais ce n’est pas la conception catholique du ministère du prêtre.
      Dans votre conception, je ne vois pas pourquoi il faudrait encore « ordonner » des « responsables de communautés ».

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    • Parfaitement d’accord, Jean-Pierre, quant aux points litigieux dans la doctrine.

      Ci-dessous d’ailleurs une autre jolie citation faite par vous-même, et qui nous permet de ne pas perdre tout espoir :

      « Comme les rapports entre théorie et pratique sont des rapports dialectiques, je ne doute pas que les changements de pratique fassent évoluer progressivement certains points de la doctrine. C’est même comme ça, en christianisme, que les doctrines évoluent : par la pratique des chrétiens. » (voir ci-dessous)
      http://www.renepoujol.fr/homosexualite-pourquoi-leglise-ne-bougera-pas/#comment-46712

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    • Parfaitement d’accord, Jean-Pierre, quant aux points litigieux dans la doctrine.

      Et pour ne pas perdre tout espoir, permettez-moi de vous citer :

      « Comme les rapports entre théorie et pratique sont des rapports dialectiques, je ne doute pas que les changements de pratique fassent évoluer progressivement certains points de la doctrine. C’est même comme ça, en christianisme, que les doctrines évoluent : par la pratique des chrétiens. » (voir ci-dessous)
      http://www.renepoujol.fr/homosexualite-pourquoi-leglise-ne-bougera-pas/#comment-46712

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    • C’est écrit noir sur blanc dans Lumen Gentium . Le ministère sacerdotal ou hiérarchique est d’une autre nature que le sacerdoce commun .
      On ne peut donc pas séparer ministères et pouvoir comme le dit Michel de Guibert sans remettre en cause cette constitution de Vatican II .En effet cette assertion de Lumen Gentium trouve sa source dans la conception que le pretre célébrant l’eucharistie agit comme un alter christus et par extension devient statutairement un alter christus . Il est statutairement sacralisé du fait de sa fonction de célébrant de l’eucharistie (sauf qu’en toute rigueur ecclesiologique c’est toute l’assemblée qui célèbre , le pretre effectuant un service (ministère) spécifique. ) Cette assimilation du prêtre « sacrificateur » au Christ se sacrifiant est la source de tous les pouvoirs dans l’église .
      Je me réjouis donc non sans un certain étonnement que l’adhésion sans condition de Michel aux propos du pape , le conduise à vouloir réformer toute l’ecclesiologie de ces quatre derniers siècles.

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      • Oui, Guy, c’est un peu compliqué, votre étonnement devant mes prises de position non binaires traduit la complexité des problématiques et peut-être aussi une évolution de ma part née du dialogue, même rude, entre nous 🙂
        Je pense effectivement que le ministère sacerdotal est d’une autre nature que le sacerdoce commun en ce sens que le prêtre est « mis à part » pour effectuer un service (ministère) spécifique, notamment celui de présider l’eucharistie, et en ce sens nous aurons toujours besoin de prêtres.
        Je ne me retrouve pas vraiment dans la conception tridentine du Christ « alter Christus » et encore moins « ipse Christus », voire « ipsissime Christus », même si j’adhère à l’évidence que le prêtre offre le sacrifice d’action de grâce au Père au nom du Christ.
        Peut-être la question du pouvoir est-elle liée à cela (?), encore que le « pouvoir » du Christ relève plus de la kénose que d’une revendication de puissance !
        Je crois aussi profondément que c’est toute l’assemblée qui célèbre, derrière et avec le prêtre qui préside, c’est pourquoi la question de la célébration « ad orientem » (le Christ ressuscité soleil levant) a du sens à mes yeux (et même si mon regard sur l’orientation de la célébration n’a rien à voir avec celui des traditionalistes).
        J’ai bien conscience que tout cela est imparfait, voire sommaire, je vous livre le fond de ma pensée de laïc de base attaché à la liturgie en particulier… et libre !

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        • A Michel Merci de votre honnêteté dans l’expression de votre position .
          Effectivement la question n’est pas simple et mon post soulignait surtout la dimension juridique et institutionnelle de la question, qui pour être importante, et dans le contexte actuel bloquante n’en est pas pour autant la seule dimension à considérer.
          Moi aussi je crois à la spécificité du sacerdoce ministériel mais je m’interroge sur la nécessité de sa sacralisation excessive et la légitimité de ses causes , c’est à dire la subordination de la fonction à un statut .
          Celui ci étant lui même la conséquence de la prééminence de la dimension sacrificielle sur la dimension repas du Seigneur dans la célébration eucharistique .
          Je m’interroge donc sur la possibilité de concilier la spécificité de cette fonction « sacerdos » qui est aussi une richesse de notre catholicisme avec ses conditions d’exercice pour permettre une célébration fréquente
          condition d’une réelle communion au sein des assemblées
          chrétiennes de ce qui est « la source et le sommet de la vie chrétienne « .
          Engagement à temps et non à vie ? possible pour des hommes comme pour des femmes célibataires ou non ? Appelés par une communauté .Plutôt que exclusivement conséquence d’une vocation personnelle (le discours institutionnel étant sur ce plan très ambiguës , en théorie c’est l »Eglise qui appelle)
          Pour être franc je n’ai bien sûr pas la réponse mais je crois à l’urgence de se poser la question en revenant aux fondamentaux tout en intégrant la Tradition de l’Eglise : . Comment la célébration du repas du Seigneur dans sa double dimension écologique et sacrificielle peut elle constituer et vivifier des communautés d »Eglise toujours plus à même de témoigner et de rendre compte de la réelle présence aimante et agissante du Seigneur parmi nous .
          C’est ainsi que je reçois la position du pape même si faute de marge de manoeuvre elle n’a pas de véritable portée pratique et peut-être perçue comme décevante.

          PS :nos confrontations déjà anciennes pour viriles et exigeantes qu’elles soient , plaident, me semble t il pour l’intérêt de la culture du débat dans l »Eglise .Merci a René de nous en donner le prétexte, le sujet et le terrain .

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          • On peut également lire (ce que je suis en train de faire) le livre du p. Bernard Sesboué sj « Comprendre l’eucharistie » qui vient de paraître chez Salvator.

             » L’Eucharistie n’est pas la répétition de la Croix mais de la Cène »

             » La visée de l’Eucharistie n’est pas le changement du pain et du vin mais l’accès de toute l’assemblée au statut de corps du Christ par le don de l’Esprit « 

          • A René .Quand bien même on partage l’approche de l’eucharistie de B Sesboue , ce qui est mon cas, la question de la fonction sacerdotale reste entiere .

          • Merci, Guy, pour votre commentaire qui pose plus de questions, et de questions légitimes, qu’il n’apporte de solutions, et c’est bien ainsi sans doute.
            Je ne suis pas loin de me poser les mêmes questions, et j’apprécie le ton plus serein de nos échanges, même si je ne résiste pas parfois à quelques vertes réponses quand je trouve que vous êtes injuste avec l’institution, ce qui n’est pas le cas ici.
            Je vous reprendrai juste sur un point, celui de la vocation ; il me semble que celui qui appelle, c’est le Christ, même si c’est l’Eglise qui valide cet appel ensuite.
            Fraternellement.
            Michel

          • Oui, René, je suis en accord avec Bernard Sesboué pour dire que l’Eucharistie n’est pas la « répétition » du sacrifice de la croix qui a eu lieu une fois pour toutes.
            Mais j’aurais tendance à dire que ce n’est pas non plus la répétition de la Cène…
            Etymologiquement, l’Eucharistie c’est l’action de grâce (en grec ευχαριστώ (eucharistô) veut dire tout simplement merci, dans la rue comme à l’église !
            Action de grâce en mémoire de l’unique sacrifice du Christ, sacrifice d’action de grâce offert au Père au nom du Christ pour que nous soyons configurés au Christ et devenions Corps du Christ par le don de l’Esprit.

  • Pour tenir des portes ouvertes ou fermées il faut des gonds -du latin cardinalis d’où dérivent aussi cardan, cardinal- et des clôtures ou des murs sans lesquels ces portes sont purement décoratives. Aujourd’hui, pour beaucoup d’humains, les murs et enclos idéologiques comme spirituels posent question, notamment en Amazonie.

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  • René, l’Esprit SAINT souffle où il veut,c’est absolument certain mais dans l’Ecriture i me semble que les moments où il a soufflé sur la majorité d’un peuple me paraissent bien exceptionnels,c’est le moins qu’on puisse dire…
    Quant à la prière pour les vocations pensez-vous donc que la commisération avec laquelle vous en parlez va améliorer les choses et donc augmenter considérablement le nombre des vocations?
    Oh bien sûr je ne m’attends pas de mon vivant à voir crouler sous le nombre les séminaires qui subsistent encore en FfRANCE, mais je ne fixe aucun délai au Seigneur pour autant.
    Et puis pendant que le Diocèse de Poitiers était,faute de candidats ,contraint de fermer ses portes un autre rouvrait les siennes et continue de fonctionner malgré les commentaires élogieux prononcés par certains sur les qualités de ses séminaristes tous fragiles psychologiquement et inadaptése t inadaptables bien sûr.
    Il y en a deux à côté de chez moi et je dois dire que leur style me parait vraiment trop antéconciliaires mais chez eux au moins on ne distribue pas la Communion comme des cartes à jouer et ont absolument l’air de croire à ce qu’ils font.

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  • Dans une interview à France Inter, Andrea Tornielli, l’un des responsables de la communication du Vatican, explique pourquoi le pape François a renoncé à l’idée d’ordonner des hommes mariés. Je cite : « Le synode demande la possibilité d’ordonner prêtres des diacres permanents mais il n’y en a pas ! » On a donc réunis à Rome, pendant trois semaines, des évêques d’Amazonie et les principaux responsables de l’évangélisation dans cette partie du monde… Ils ont eu tout le temps nécessaire pour s’informer mutuellement, échanger et débattre. Et ils auraient voté aux deux-tiers des participants une mesure… sans objet ? De deux choses l’une : ou Andrea Tornielli nous prend pour des c… s ou on se demande qui a bien pu nommer à la tête des Eglises locales de pareils incapables ! Et pourquoi le pape nous invite avec autant d’empressement à lire le Document final et à « s’engager pour son application »!

    https://www.franceinter.fr/pourquoi-le-pape-francois-a-de-nouveau-rejete-l-idee-de-pretres-maries?fbclid=IwAR3b8XkBkDsREInCOfzv5CJrYJGAIFsxSzQUTQeSOmdzYpi7b20GPLswf-M

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    • On peut aussi penser que François a pensé que le synode sur l’Amazonie n’était pas le lieu ni le temps pour discuter de l’ordination d’hommes mariés…
      Le même Andrea Tornielle dit plus loin :
      « Aujourd’hui, dans le Code de droit canonique, tout évêque peut demander au Saint-Siège une dispense s’il estime nécessaire d’ordonner prêtre un homme marié. C’est déjà prévu dans le Code de droit canonique, rédigé par saint Jean-Paul II, au cas par cas pour un besoin particulier. Le pape a décidé de ne pas ajouter une nouvelle exception pour la région amazonienne car il pense que cette réponse n’est pas la bonne. »
      Si cela peut relever d’une décision locale d’un évêque, pourquoi vouloir instrumentaliser les propositions du synode sur l’Amazonie pour des décisions impactant l’Eglise dans son ensemble…

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  • Je profite de la docte assemblée des commentateurs pour poser une question qui m’habite depuis quelques temps : on sait qu’un laïc peut distribuer la communion, sous réserve qu’un prêtre ait consacré les hosties au préalable. On voit aussi que les hosties consommées à une messe ne sont pas toujours celle qui y ont été consacrées.

    Qu’est-ce qui empêcherait un prêtre de consacrer un nombre important d’hosties dans une église pour que les futures assemblées puissent recevoir l’eucharistie en l’absence de pretres ?

    Outre les modalités pratiques (protéger la « réserve », etc…) Quels problèmes cela poserait-il ?

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    • Rien ne s’y oppose ! Et c’est bien ce qui se passe de fait, bien souvent, en Amazonie. Sauf que réunir la communauté autour de la Parole de Dieu et communier n’équivaut pas à une eucharistie. La question est bien plus délicate encore dans des territoires comme la France rurale où les ADAP (Assemblées dominicales en l’absence de prêtre) ont été supprimées par décision du Vatican. L’institution redoutait qu’elles ne viennent faire concurrence aux messes dominicales. On a donc supprimé la concurrence en pensant obliger les fidèes à aller au bourg voisin… Résultat des courses : certains ont obtempéré, les plus âgés se sont repliés sur la messe télévisée du Jour du Seigneur… et la plupart des villages où les ADAP auraient pu représenter l’occasion d’une visiblité de la communauté chrétienne le dimanche ont plongé dans un vide sidéral sans retour !

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      • Aussi « réac » que je suis,n’est-ce ,pas il m’est arrivé de présider des ADAP eh oui! et je n’ai pas trop compris pourquoi Rome s’est opposé à cette pratique. Cependant je fois dire qu’une fois en Bretagne j’AI assusté,un peu malgré moi, à une ADAP alors qu »au même moment. une messe était célébrée à 2 kms de là. N »Est-ce pas là un abus? et puis je dois dire que je ne suis pas certain que les pensionnaires de cette maison de retraite faisaient vraiment la différence entre les deux pratiques

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    • Il me semble qu’il y a quelque chose de pas très juste dans l’idée de consacrer un grand nombre d’hosties pour d’autres assemblées que celle qui réunit les chrétiens célébrant dans un lieu donné et qui font Eglise.
      Du reste, il serait plus juste que soient consommées à chaque messe les hosties qui viennent d’être consacrées…
      En principe la réserve eucharistique est faite pour les malades, pas pour stocker.
      Je comprends bien que l’on puisse étendre cette réserve pour des chrétiens empêchés pour diverses raisons (comme la distance en milieu rural), c’était l’idée avec les ADAP, qui sont tout de même un pis-aller par nécessité.
      Il y avait il y a 30 ou 40 ans des ADAP dans mon coin de banlieue alors qu’on ne manquait pas de prêtres, pour nous « habituer » par avance, disait-on, à la pénurie de prêtres ! C’était le plus sûr moyen de tarir les vocations de prêtres…
      Dans les cas où il y a un réel manque de prêtre, il en va différemment bien sûr, mais ne pourrait-on imaginer des assemblées priantes se réunissant sans que cela soit forcément une ADAP (la Liturgie des Heures offre de larges possibilités aux laïcs) ?
      Une célébration eucharistique réunissant quand c’est possible ces petites Eglises locales pourrait permettre de maintenir la communion entre ces communautés locales et le doyenné.

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  • 1/ En Amazonie, ni murs ni clôture, 0.2 hab/km² * (500 fois moins qu’en France, 20 fois moins qu’au Canada).
    2/ Le texte cité par René parle de christianisation il y a 500 ans! Il est connu aussi que l’arrivée des occidentaux a correspondu à la disparition de 85% de la population. Ce texte précise aussi qu’il n’y a toujours pas de clergé autochtone. Alors, oui, « qui a pu nommer tant d’incapables » … et cela depuis apparemment 500 ans?! A-t-on a ce point oublié que la christianisation a accompagné la colonisation (appropriation des richesses et asservissement des humains) ce qui n’empêche pas qu’il y eut quand même quelques vrais saints.
    4/ Plusieurs évoquent un milliard de catholiques (1.3 selon les statistiques officielles). Ceux là sont supposés savoir à peu près: qui compte? selon quels critères? quel organisme transparent et indépendant apporte sa garantie en contrôlant les registres paroissiaux?

    Fermez le ban!

    * L’Amazonie légale représente 5 millions de km² (61 % du Brésil et 1 million de km² de plus que l’UE). La population est d’environ 23 millions d’habitants, avec de grandes variations de répartition.

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  • René, il me semble que Bernard Sesboué ,dans la mesure où il rejette la conception de l’ Eglise Catholique sur l’Eucharistie renouvellement du sacrifice de la Croix, rejoint absolument la Thése protestante thèse infiniment plus séduisante dans simplicité

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    • Dire que Bernard Sesboué est protestant … voilà qui est intéressant ! Dominique, pourriez vous un jour seulement vous demander si vous ne vous croyez pas, à vous tout seul, dépositaire de la totalité de la vérité catholique à travers l’interprétation possiblement erronée que vous pourriez en faire ?

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    • Dominique : je ne suis pas convaincu que ce soit une bonne idée de traiter de protestant toute personne ou idée présentant une variation par rapport à la stricte doctrine Catholique (fut-elle celle des pères de l’Eglise ou née de la tradition).

      C’est d’ailleurs peut-être ce qui me chagrine le plus dans le schisme protestant : en créant un « camps d’en face », le schisme à peut-être bien asséché la capacité du catholicisme à se remettre en question.

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      • Nullement René, mais j’ai la prétention de connaître pas trop mal nos frères protestant puisque je vous le rappelle mon épouse est elle-même protestante et a été membre d’un conseil presbytérale, de même qu’il lui arrive parfois de présider des cultes.
        Quant à traiter Sesboué de protestant je vous ferais remarquer que je n’ai jamais eu cette audace que vous m’attribuez fort aimablement,toutefois je n’ai fait que réagir à ses propos ,du moins tels que vous les avez rapportés. Que vous le vouliez ou non chez les Calvinistes il n’y a pas de »saint sacrifce de la Cène,absolument pasIl est bien certain que le Pasteur ou laîc qui préside ne devient pas un « alter christus » chez eux au moment de la Sainte Cène

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      • A Emmanuel
        La confrontation à la différence engendre souvent deux types de réflexes , -soit un raidissement sur sa propre conception , d’autant plus fort que l’on se sent menacé par l’autre qui peut mettre en évidence la faiblesse des fondements nos propres positions
        – soit un questionnement fécond qui nous oblige à mieux fonder notre propre vision ou à l’envisager de manière nouvelle .

        En ce qui concerne la Réforme , le raidissement historique de l’église catholique nous a longtemps éloigné de la Parole et a développé une conception exclusivement sacrificielle de l’eucharistie en la chosifiant de manière excessive .

        Heureusement , le temps des combats entre catholique et protestants , non dépourvu d’arrières pensées politiques est maintenant révolu . Et ce n’est pas en requestionnant nos propres visions héritées de cette histoire, en retournant aux sources comme le fait notamment Sesboué que nous renonçons pour autant à ce qui fait notre identité catholique . Une identité peut être ouverte au questionnement . Elle l’est d’autant plus que nous sommes assurés dans notre identité , et que le moindre questionnement ne la met pas en cause .

        Ma génération , assurée dans son identité , a connu le risque de la diluer , voir de la perdre à force d’ouverture . Aujourd’hui , les plus jeunes , nés dans un monde relativiste ont besoin (et c’est tant mieux )de connaitre leur identité et de savoir qui ils sont . Leur risque est inverse du notre , il est celui de tomber dans l’identitaire .
        C’est pourquoi je ne supporte pas les réactions inconscientes de certains catholiques ( des prêtres qui pourraient être mes fils notamment ) qui nous accusent de ne pas avoir su transmettre notre foi à nos enfants au seul motif qu’elle ne s’exprime pas de la même manière que la notre . Ce n’est pourtant pas en se crispant sur des signes identitaires que l’on développe une véritable identité suffisamment solide pour rencontrer l’autre différent , se laisser questionner par lui sans être déstabilisé . Le repli identitaire loin d’être une affirmation de son identité est l’expression de la peur de ceux qui doutent de la leur ..

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  • Emmanuel, comme je le fais remarquer à René, je n’ai nullement traiter de protestant Sesboué,mais ai seulement dit que tel que rapporté par René ce qu’il dit de l’ Eucharistie est absolument confirma à la thèse protestante et plus particulièrement calviniste puisque les Luthériens quant à eux ne parlent pas de transsubstantiation comme nous mais de consubstantiation
    Rien de plus et rien de moins
    Quant à l’incapacté du catholicisme à se remettre en cause,il me semble que l’Eglise de notre époque, malgré les crimes qui ont eu liee son sein ne ressemble tout de même que fort peu à celle de la Réforme

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    • Dominique, allez faire un micro trottoir et demandez aux bons cathoiques du dimanche la différence entre transsubstantiation et consubstantiation… Vous serez édifié ! Je retiens de la lecture de Sesboué que les protestants croient, comme nous, à la présence réelle au moment de l’Eucharistie mais n’adhèrent pas à l’idée de « permanence » de cette présence dans les dons, une fois terminé le rassemblement de la communauté qui constitue et exprime, lui seul, le corps du Christ. Point ! La vraie question n’est pas là. Elle réside dans le fait de savoir si l’Eucharistie est le mémorial de l’unique sacrifice du Christ, ou si, come le prétendent certains, le « saint sacrifice de la messe » serait son renouvellement permanent entre les mains du prêtre. Comment ne pas voir que la fixation de certains sur le caractère « sacré » du prêtre, sur la célébration vers l’Orient dos au peuple… conforte une lecture du sacrifice renouvelé qui renvoie plus au paganisme qu’à la foi chrétienne ?

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      • René, je n’ai nullement besoin d’aller faire un micros trottoir pour savoir que la plupart des cathos ne savent à peu près rien de la transsubstantiation et encore moins dE la consubstantiation
        D’autre part dire que les protestants croient à la présence réelle n’est pas faux mais ils y croient pas plus à cette présence réelle qu’en lisant lz Parole où en se réunissant au nom du Christ autour d’elle
        pour eux le pain de la Cène reste du pain dont on pourra faire des croutons s(il en reste,et il en est de même pour le vin.Oh bien sûr si l »on analyse une hostie consacrée et une autre non consacrée on trouvera dans les deux exactement la même composition chimique aucun doute la-dessus. Il n’empêche que pour moi lorsque je communie ce n’est pas pour manger un morceau de pain même en pensant au ChrIst , et il me semble que si j’ai bonne mémoire Origène en a parlé autrement mieux que moi bien sûr.

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          • Mais encore???
            pour moi lorsque je communie c’est le Christ qui vient à moi, mais cela ne vient pas de moi qui ne fait que le recevoir et rien d’autre.Bien sûr sI j’en tiens à mes sens corporels je ne vois strictement rien et en toute logique humaine rien ne se passe,et alors qu’est-ce que çà prouve?Que je dois me contenter de croire uniquement à ce que je vois?
            Avoir la foi est-ce donc se contenter de se fier à ses sens et à son intellect?
            on prie pour les vocations et cela à première vue ne donne rien.Conclusion on ne prie plus et on arrive à la conclusion qu’en réalité il n’y a pas de vocations et qu’on devient prêtre ou religieux uniquement par ce qu’on en a envie et que Dieu la-dedans ne joue bien sûr aucun rôle.
            Dieu intervient dans nos vies de manière obscure mais puisque c’est obscure en toute bonne logique on n’y voit à peu près rien
            on arrive à la conclusion: il n’intervient pas et le tour est joué.

        • Ktos et protestants sont d’accord sur un point: le sujet mérite débat, …. et comme pour la notion de sacrifice, débat. éternel.
          Pour ma part, j’ai fait mienne la réponse de la supérieure d’un carmel à un prêtre et maitre de chapelle d’un petit ensemble grégorien qui venait de vivre les vêpres avec le communauté de carmélites. Il lui demanda où était la petite lumière rouge: « oh, elle est là-bas derrière un pilier. De toute manière dès que nous sommes plusieurs réunies il est avec nous ».
          Et surtout: pourquoi donner tant d’importance à de telles questions?
          https://croire.la-croix.com/Definitions/Sacrements/Eucharistie/La-presence-reelle-dans-l-eucharistie

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          • 3celui qui mange ma chaur et qui boit mon ang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour (Jean 6 54) et plus loin « oui ma chair est une vraie nourriture et mon sang un vrai breuvage »
            j’en déduis que ce » morceau de pain  » a une importance un peu plus importante qu’un bout de pain enfermé dans un placard. Bien évidemment je ne prétends pas que le Seigneur présent dans le Pain consacré enfermé dans le tabernacle n’est présent que là,bien sûr que non, mais il y est et mérite une forme certaine de vénération.

      • René, je suis d’accord avec l’essentiel de votre commentaire, sauf sur un point, votre commentaire sur la célébration vers l’Orient qui conforterait selon vous, en se fixant sur le caractère « sacré » du prêtre, une lecture du sacrifice renouvelé à chaque Eucharistie.
        Comme je l’écrivais plus haut dans un commentaire en réponse à Guy (15 février 2020 at 14 h 12 min), je crois profondément que c’est toute l’assemblée qui célèbre, derrière et avec le prêtre qui préside, c’est pourquoi la question de la célébration « ad orientem » (le Christ ressuscité soleil levant) a du sens à mes yeux (même si j en’en fais pas uen affaire d’Etat et même si mon regard sur l’orientation de la célébration n’a rien à voir avec celui des traditionalistes).
        Gardons-nous des simplifications abusives sur la question de l’orientation de la célébration.
        A Rome, dans la Basilique St Pierre, le prêtre est tourné vers l’Orient sans pour autant être « dos au peuple » puisque la Basilique, contrairement à la plupart des églises, n’est pas « orientée »
        Voyez aussi ce que font nos frères orthodoxes.
        Et voyez ce qui se fait à Sylvanès au moins pour la Liturgie de la Parole !

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        • Il est bien certain que c’est toute l’assemblée qui célèbre et pas seulement le Prêtre et d’ailleurs au cours de la célébration il parle toujours à la première personne du pluriel et ce « nous » n’est évidemment pas un « nous » royal ou impérial. En notre nom il s’adresse à Dieu principalement, et accessoirement à nous. Bien sûr je comprends qu’on puisse étre heurté par ce fait lequel n’est pourtant aucune forme de mépris à l’égard de l’assistance (du Peuple ,si vous préférez)
          Quant au caractère sacré du Prêtre pour moi le prêtre est un homme comme vous et moi, et donc pécheur, mais il est chargé d’une Mission Sacrée ce qui le distingue de nous mais ne le rend en rien supérieur à nous.

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        • Ne nous leurrons pas.

          Au sein de l’Eglise catholique, la « participation pleine, consciente et active » du Peuple de Dieu n’a été à l’ordre du jour qu’à partir de 1963, avec la publication – par le Pape Paul VI – de la Constitution sur la Sainte Liturgie Sacrosanctum Concilium. (voir ci-dessous)

          « Le Concile Vatican II a voulu favoriser une “participation pleine, consciente et active de tous les fidèles” (Sacrosanctum Concilium n°14). Le chant est en une des expressions de cette participation. Le choix des chants est donc particulièrement important. »

          Mais ne dit-on pas « mieux vaut tard que jamais »…

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        • Ainsi que l’écrit Jean-Pierre Gosset ci-dessous, « être catholique est avant tout une « manière d’être » comme l’indiquent les évangiles. »

          Même si notre Eglise se dit « une, sainte, catholique et apostolique », nos ancêtres auront mis du temps à bien comprendre l’Evangile …

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  • « Devenez ce que vous recevez »….Je trouve que cela résume tout à propos de l’Eucharistie. Et on peut l’entendre aussi dans l’autre sens: recevez ce que vous devenez. Non pas évidemment ce morceau de pain qui n’est qu’une apparence matérielle mais le fruit spirituel du sens que nous lui accordons, les transformations qui s’opèrent dans notre vie intérieure. La Transsubstantiation c’est peut être surtout en nous qu’elle doit s’opérer….Peu importe le terme savant et « théologique », il s’agit de laisser le Christ nâitre, habiter, demeurer, réssusciter en soi. Devenir tabernacle comme table eucharistique. C’est cela le plus important. Ce qui est sur cette table, c’est aussi notre propre mystère personnel et communautaire que nous recevons à partir de ce qu’en dit St Paul aux fidèles de Corinthe : « Vous êtes le corps du Christ ; et chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps » (1Co 12,27)..

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    • suis-je donc sur ce blog seul à croire que ce que je mange lorsque je communie est infiniment plus riche que lorsque je participe à la Cène avec mon épouse?

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      • Dominique, relisez bien ce qu’écrit Marie-Do à la suite des Pères de l’Eglise : « Devenez ce que vous recevez »… Je trouve que cela résume tout à propos de l’Eucharistie, dit-elle ; c’est immense, que vous faut-il de plus ?

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        • Michel, sans doute vous avez raison et le courriel de Marie-Do est effectivement très riche ,mais même si il m’arrive de faire chanter ce cantique à la suite de Paul bien sûr, j’ai bien du mal à me proclamer « corps du Christ »même si c’est avec tout le peuple chrétien bien sûr.
          e sais bien par ailleurs que e Christ »nous a dit aussi « vous êtes la lumière du monde »…

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          • D’une homélie de St Augustin (Sermon 272, Aux nouveaux baptisés, sur le sacrement)
            « Si vous voulez comprendre ce qu’est le corps du Christ, écoutez l’apôtre Paul, qui dit aux fidèles : « Vous êtes le corps du Christ ; et chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps » (1Co 12,27). Donc, si c’est vous qui êtes le corps du Christ et ses membres, c’est le symbole de ce que vous êtes qui se trouve sur la table du Seigneur, et c’est votre mystère que vous recevez. Vous répondez : « Amen » à ce que vous êtes, et par cette réponse, vous y souscrivez. On vous dit : « Le corps du Christ », et vous répondez : « Amen ». Soyez donc membres du corps du Christ, pour que cet amen soit véridique.
            (…)
            Soyez donc ce que vous voyez, et recevez ce que vous êtes. »

  • La Croix du 20 février nous apprend, sous le titre « 1/4 des nouveaux prêtres d’Europe sont polonais » que partout en Europe le nombre d’ordinations baisse quand le nombre de départs augmente: en 2017 les départs ont représenté 58% des ordinations (739 pour 1272), Ce mouvement en ciseaux ne semble pas interroger le catholicisme occidental qui feint d’ignorer que la décléricalisation très avancée semble inéluctable à l’échelle de l’UE.
    Il est notable aussi, même s’il faut être prudent en matière de causes et d’effets, que les pays ex de l’est, en particulier la Pologne, ont rejoint ceux des pays « de l’ouest » qui connaissent un très bas taux de fécondité, Italie, Espagne et Allemagne. Ces pays à dominante catholique (du moins chrétienne pour l’Allemagne) semblent souffrir d’une dépression collective qui, en plus de la chute de la natalité, se caractérise par un passé mal digéré associé à la tentation de replis identitaire avec un pouvoir fort. Tout cela donne à penser qu’au fond la France est plus catholique qu’on dit, et qu’être catholique est avant tout une « manière d’être » comme l’indiquent les évangiles.

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  • « ne pas ouvrir les portes… sans les tenir fermées » : une diplomatie à l’opposé de cet adage « Que votre oui soit oui et que votre non soit non ».

    Tout comme en politique, dans l’Eglise aussi on cherche à jouer au plus fin : quelle sécularisation…

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  • Un mois à peine après la publication de l’exhortation apostolique sur l’Amazonie, il semble bien que les faits viennent confirmer l’intuition de ma conclusion. Des évêques d’Amazonie s’apprèteraient à demander à Rome des dispenses pour l’ordination au sacerdoce de diacres mariés. Demande qui, si elle était acceptée par le pape François, comme on peut le supposer, confirmerait son intention de laisser une marge de manœuvre aux conférences épiscopales dans l’appréciation des dispositions pastorales adaptées à la situation de leurs Eglises particulières.

    https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Monde/exceptions-celibat-sacerdotal-attendues-prochainement-lAmazonie-2020-03-10-1201083096

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