Jean Vanier: l’Arche dans la tempête

Jean Vanier: l’Arche dans la tempête

Il nous faut désormais regarder Jean Vanier pour ce qu’il fut : un homme écartelé entre le péché et la grâce. 

Certaines rumeurs circulaient depuis des mois. Tout avait été fait, à la mort de Jean Vanier, le 7 mai 2019, pour prévenir toute tentation de canonisation populaire hâtive de type santo subito ! La prudence s’imposait. Mais les interrogations portaient surtout sur l’invraisemblance que le fondateur de l’Arche ait pu ignorer les dérives mystico-sexuelles du père Thomas Philippe, compagnon de la première heure, aumônier de l’Arche et son conseiller spirituel personnel. Aujourd’hui le choc est de découvrir que non seulement il en avait connaissance mais qu’il les partageait. 

« Jean nous a menti » Stephan Posner

Le 22 février, l’association l’Arche internationale a rendu public un rapport de synthèse rédigé à partir des résultats de l’enquête confiée à un cabinet d’experts indépendants, et du travail d’analyse des archives de la Province de France des frères dominicains dont dépendait le frère Thomas Philippe. Ce rapport confirme qu’entre 1970 et 2005, Jean Vanier s’est rendu coupable d’agressions sexuelles sur six femmes non handicapées adultes, sur lesquelles il exerçait une emprise à la fois psychologique et spirituelle. Et qu’il a doublement menti : sur son attitude personnelle et sur la parfaite connaissance qu’il avait des dérives de son « père spirituel ». Mais les percevait-il comme telles ? 

Dans le monde catholique où l’image de Jean Vanier était celle d’un « saint laïc », une icône admirable du serviteur de l’Evangile proche des plus petits, des plus souffrants, cette annonce a fait l’effet d’une déflagration. « Jean nous a menti ». Le sentiment d’une amitié bafouée, d’une confiance trahie… l’expression de sidération suivie d’incompréhension, de déception, de souffrance et de profonde tristesse… ont dominé les échanges sur les réseaux sociaux. Avec des sentiments mêlés de compassion à l’adresse des victimes qui s’étaient fait connaître, de toute la famille de l’Arche, de tous ceux qui se trouvaient blessés par cette annonce.

Entretien sur KTO avec Stephan Posner

Inutile de revenir ici en détail sur ce que l’on peut trouver dans toute la presse ( comme dans cet article de synthèse de la Croix) et sur bien des médias. (1) L’interview accordée le jour même par le responsable international de l’Arche, Stephan Posner, à la chaine de télévision catholique KTO (ci-dessus), illustre bien la volonté de « servir la vérité » portée par l’association. Et la conscience de ses responsables qu’il faudra du temps, beaucoup de temps, pour comprendre ce qui s’est réellement passé. Car après le temps de l’émotion doit venir celui de la réflexion. « Notre histoire de fondation vole en éclats et on ne va pas se précipiter à construire une autre histoire à la place de l’ancienne. » 

Trois questions qui restent à ce jour sans réponse…

L’Arche est donc dans la tourmente. Et sans doute pour un moment. Car il est au moins trois questions, courageusement formulées par Stephan Posner dans son entretien avec Philippine de Saint-Pierre, auxquelles il faudra bien répondre. Des personnes hébergées par l’Arche, porteuses de handicap – et de ce fait incapables de témoigner – auraient-elles pu, elles aussi, être abusées par Jean Vanier ? L’Arche aurait-elle abrité d’autres abuseurs ? Des responsables de l’association auraient-ils sciemment couvert ces agissements criminels ? « Aucune indication en ce sens n’existe à ce jour mais nous allons poursuivre notre enquête. » a sobrement commenté le responsable de l’Arche internationale. 

Suspicion scandaleuse accuseront certains ! Mais si Jean Vanier a choisi le mensonge, pourquoi ne couvrirait-il pas également le plus sordide ? Si de telles pratiques mystico-sexuelles, théorisées par son père spirituel, lui paraissaient réellement pouvoir être bénéfiques à des adultes non-handicapés pourquoi, dans son esprit, ne l’auraient-elles pas été tout autant pour des personnes en cruel manque de tendresse du fait de leur handicap ? 

Inconscience ou désir d’expier son péché ?

Le « mystère » Jean Vanier s’épaissit d’une autre question : comment un homme sensé, qui a été aussi longtemps dans le déni concernant ses propres actes et sa connaissance des agissements criminels du père Thomas Philippe a-t-il pu laisser derrière lui une correspondance intime à ce point compromettante, qui semble témoigner de son adhésion à la pensée du religieux ? Par totale inconscience ? Ou par volonté de laisser entrevoir la vérité par-delà sa mort ? Par désir d’expier son péché en acceptant que sa mémoire soit pour longtemps flétrie ? Y aurait-il là le choix délibéré d’une ultime forme de pauvreté, la plus terrible qui soit ! Au plan spirituel ce serait alors, d’une certaine manière, en conformité avec l’image que beaucoup veulent conserver de lui. Mais saura-t-on jamais ? 

« Des gens ont oublié ou laissé faire »

Au-delà de l’Arche, c’est également l’institution catholique qui se trouve interpellée. « Des gens de bonne foi, ou peut-être pas toujours de bonne foi, ont oublié ou laissé faire… » accuse Stephan Posner sur KTO. Nous savons aujourd’hui que le dossier de Thomas Philippe a été instruit par le Vatican dès les années 1950. Six ans plus tard le religieux faisait l’objet d’une condamnation canonique sévère lui interdisant tout ministère public ou privé. On en trouve trace dans les archives dominicaines de la Province de Paris. Rome savait. L’Ordre savait ! Et personne ne s’est opposé, en 1964, à ce qu’il devienne co-fondateur puis aumônier de l’Arche et « conseiller spirituel » de celui qui allait en devenir rapidement l’âme et le visage : Jean Vanier ! Le 22 février dernier, à l’heure où était publié le rapport de synthèse de l’Arche, le frère Nicolas Tixier, provincial de France de l’Ordre dominicain, annonçait la création d’une double commission d’enquête d’historiens et de théologiens pour faire toute la clarté sur ce qui, à ce stade, fait figure de scandale ! 

Enfin, je redirai ici, au risque renouvelé de l’incompréhension, combien la gestion par l’Eglise de la « sainteté » de certains de ses membres est aujourd’hui dans une impasse. On peut comprendre son souci d’offrir en modèle des êtres d’exception. Aujourd’hui plus encore qu’hier, dans une période de doute où chacun est en attente de « signes d’espérance » et de « témoins ». Sauf qu’à trop vouloir béatifier voire canoniser de leur vivant certains serviteurs de Dieu, avec le relai bienveillant des médias chrétiens et l’assentiment des fidèles, on prend le risque de réveils douloureux… d’une fragilisation de l’institution et d’un discrédit de la foi.

Rien ne peut faire que ce qui a été construit de beau et de bien n’ait pas été. 

Il faut entendre, dans la Bible, cet avertissement du prophète Ezéchiel : « Si le juste se détourne de sa justice et commet le mal (…) on ne se souviendra plus de toute la justice qu’il a pratiquée. » (Ez. 18,24) Jugement ou simple constat ? Nous y sommes ! Chacun aura pu noter que le communiqué de la Conférence des évêques de France, tout de compassion légitime à l’égard des victimes de Jean Vanier et de l’Arche, ignorait totalement celui qu’elle a si longtemps encensé ! On me dira que le moindre propos bienveillant à son égard, de simple refus de l’enfermer dans ces « actes coupables », lui aurait été vertement reproché ! Probable ! Il est un temps pour tout ! Oh prudence !

La foudre s’est donc abattue et pourtant l’Arche vit. Présente dans 154 communautés de vie réparties dans 38 pays, elle accueille des milliers de personnes handicapées mentales auprès desquelles se dévouent professionnels et bénévoles. Et « à ce jour, rien laisse supposer qu’il (Jean Vanier) ait pu diffuser à l’Arche ses théories mystiques déviantes. » analyse Véronique Margron, présidente de la Conférence des religieux et religieuses en France (Corref). Ce qui n’est pas toujours le cas dans d’autres affaires de dérives… 

Le fondateur est mis à nu et pourtant, nul ne peut contester qu’au-delà de son comportement coupable il ait été aussi l’artisan et l’âme de cette association qui a ouvert les yeux de notre société sur une humanité blessée. Rien ne peut faire que ce qui a été construit et vécu, de beau et de bien, n’ait pas été. Sur KTO, Stephan Posner témoignait encore : « Le bien que Jean a fait, c’est un vrai bien pour lequel on lui reste reconnaissant. » Ce témoignage, des milliers d’hommes et de femmes qui ont un jour lu ses livres, écouté ses conférences, croisé sa route, partagé son intimité, trouvé dans son témoignage la force de leur propre engagement pourront peut-être, demain, le faire leur. Malgré la blessure ! 

(1) Curieusement, on peut être frappé du faible écho de ces révélations dans une partie de la grande presse généraliste par comparaison au tsunami qu’elle a provoqué dans le monde catholique. 

P.S. Depuis la publication de ce billet, le 24 février, j’ai écouté de nombreux commentaires, j’ai lu ce qui a été publié par la presse, j’ai entendu des proches de Jean Vanier me dire leur sentiment d’assister à un « lynchage médiatique » … A la lumière de tout cela, j’ai relu ce que j’avais écrit. J’ai tenté de vérifier, autant que cela m’était possible, telle ou telle information. Il en ressort que la correspondance à laquelle il est fait mention dans l’enquête et qui porte sur la période 1952-1963, confirme bien le rapport de  « fils spirituel » de Jean Vanier vis-à-vis du p. Thomas Philippe. Dès lors, je me suis interrogé sur mon interprétation très « rédemptrice » de la conservation de ces lettres par le fondateur de l’Arche, ce qui supposait de sa part une forme de conscience fautive de ses actes, à expier. Je vois toujours dans le fait de n’avoir pas détruit cette correspondance, le signe d’un désir de vérité envers lui-même et de fidélité envers Thomas Philippe. Mais une vérité librement assumée et sans regret. 

157 comments

  • L’homme est un être inaccompli depuis le début des temps, capable du plus grand bien comme du pire. A part la réparation, je ne vois pas ce qu’on peut dire de plus à propos de cette révélation.

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  • « L’Arche aurait-elle abrité d’autres abuseurs ? » Oui René, beaucoup de prêtres « à problèmes » étaient envoyés dans des communautés de L’Arche, tel le P. Carissan du diocèse de Rennes…

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  • C’est très triste.
    Surtout lorsqu’on connaît des personnes hébergées à L’Arche, ou engagées dans ses structures.
    Cela ne fait que s’ajouter à la déjà trop longue liste des abuseurs sexuels dans le monde religieux des adultes semi-consentants, sous couvert de théories mystico-sexuelles déviantes. Dont l’essentiel est : faire l’amour avec moi, c’est faire l’amour avec Dieu. Vaste programme ! Et quelle ampleur de perversion et de domination !
    Jean Vanier, mais aussi bien d’autres, y compris dans le renouveau charismatique où les scandales de ce genre firent florès il y a quelques années. Mais bon, tout le monde oublie. Après tout qui n’a pas quelque chose à se reprocher ?

    Vous estimez qu’il n’y a pas assez d’écho, mais voyons, c’est différent quand on s’en prend à des enfants innocents, nos enfants.
    La c’étaient soit des adultes ordinairement béni-oui-oui, soit des adultes mentalement déficients. Donc des êtres plutôt marginaux. Ça n’intéresse pas le grand public voyons !
    Mais rassurez-vous, pour ce qui est de la médiatisation, ça n’est qu’un début dans tous les domaines : la nouvelle religion laïque et médiatique est aux manœuvres : les affaires de fesses glauques, on a toujours adoré ça…
    Oui c’est très triste.
    Pauvre humanité !

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  • 1/ La troisième question « … pourquoi, dans son esprit, (de telles pratiques mystico-sexuelles) ne l’auraient-elles pas été tout autant pour des personnes en cruel manque de tendresse du fait de leur handicap ?  » rejoint le propos récent de la ministre Sophie Cluzel qui souhaite un accompagnement sexuel pour certains handicapés. La question a beau être compréhensible, les raisons de ne pas y succomber sont plus fortes, comme celles développées par la fondation Scelles *.

    2/ Le rapport d’activité 2018/19 de l’Arche France **, daté du mois d’aout s’ouvre sur un « hommage à JV » sous la forme d’une simple citation du Pape.Faut-il comprendre que « on » savait, et cela depuis depuis au moins 2016 ?

    3/ Je ne comprend pas l’affirmation selon laquelle « cette association a ouvert les yeux de notre société … ». Elle y a participé, et c’est beaucoup, avec d’autres.

    * https://infos.fondationscelles.org/nouveaute-du-mois/the-sessions-ou-la-dangereuse-apologie-de-l-assistanat-sexuel-n23
    ** https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwi888TJzOrnAhUi8uAKHcXsAT0QFjAAegQIBRAB&url=http%3A%2F%2Fwww.arche-france.org%2Fsystem%2Ffiles_force%2Ffichiers%2Frapport_annuel_de_larche_en_france_2018-2019_bd.pdf%3Fdownload%3D1&usg=AOvVaw0F6yhXMPtOSrODHp0j7w10

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  • Entièrement d’accord avec votre choix de considérer séparément l’homme Jean Vanier de son œuvre .
    Il me semble que c’est le propre de la condition humaine que d’être , au long de la vie , écartelée entre la grâce et le péché .

    Mais qui hormis l’institution ecclesiale a porté au pinacle cet homme en faisant semblant de croire qu’il n’était pas , n’était plus soumis à cet ecartelement , s’en servant de manière excessive pour l’édification des foules ?
    Le rapport rendu public par l’ Arche dit que celle ci avait demandé une enquête canonique à l’évêque en charge de l’Arche sur les liens avec Thomas Philippe .
    Enquête initiée fin 2014 et dont les résultats , qui ont confirmé ces liens , ont été communiqués à cet évêque en 2015 .Pourquoi n’a t il tiré aucune conséquence de ce qu’il savait ? Pourquoi n’a t il lancé aucune alerte ?
    Effectivement le communiqué de la CEF comme celui de l’archevêque de Rennes ( en charge de l’Arche) sont glaçant d’inhumanité et font penser par leur forme au procès-verbal d’exclusion d’un « social traître » par un parti politique . Veulent t’ils ainsi faire oublier leurs propres turpitudes en chargeant sans nuance aujourd’hui celui qu’hier ils sanctifiaientpar anticipation au mépris de toute prudence .

    Dans la tempête qu’elle affronte actuellement, l’église croit pouvoir s’en sortir , tel Saturne , en dévorant ses enfants qu’elle a elle même mis sur un piédestal et qui se sont laissés faire ou ont été complice .

    Il serait illusoire de croire qu’en faisant ,de Jean Vanier , qui fut aussi le produit d’un système et d’une culture ecclésiale, sous la pression d’une réalité qu’elle n’a plus les moyens de dissimuler,
    une victime expiatoire, l’église se refasse une virginité et plus encore qu’elle prétende témoigner de l’Evangile .
    Faire la vérité sur ce que fut Jean Vanier est indispensable , l’utiliser pour se dédouaner de ses manquements et aveuglement comme le fait la si révélatrice lettre de Ornellas aux catholiques d’Ille et Vilaine est indécent et indigne .

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  • @Guy Legrand,

    Lorsque la succession du cal Lustiger était ouverte, un ami au fait des personnalités des impétrants plus ou moins intriguants qui espéraient être approchés parmi le cheptel élevé en batterie par Lustiger pour donner à la France des évêques glacés, glaçants et compassés, me fit cette remarque à propos d’Ornellas: « Pourvu que ce ne soit pas lui! Ornellas, c’est layatollah chef. Vingt-trois, ce fut mon élève, ajoutait-il. On l’appelait le souverain pontife. Ça ne devrait pas casser des briques, mais ça ne mange pas de pain. »

    Des trois questions que vous posez, rené, je retiendrai la première: « Des personnes hébergées par l’Arche, porteuses de handicap – et de ce fait incapables de témoigner – auraient-elles pu, elles aussi, être abusées par Jean Vanier ? » Et j’élargirai la deuxième: dès lors que Jean vanier adhérait aux thèses mystico-baveuses du Père Thomas Philippe (qu’il n’était pas loin de partager avec l’abbé Georges de Nantes et son « baiser mystique »), ce système d’abus n’était-il pas structurel au sein de l’Arche? Si l’on peut répondre « oui » à ces deux questions, c’est une bombe à retardement.

    Je me souviens d’une autre question qui me fut posée par mon frère m’accompagnant écouter une conférence de Jean vanier à la Mutualité: « D’où vient le fric? Tu te rends compte ce que coûte la location de la Mutualité? » Cela rejoint ce que note Guy Legrand à propos de la prise en charge de personnes handicapées souvent favorisées par la communauté de l’Arche?

    Dans le même ordre d’idées, j’ai souvent été choqué que ceux qui donnaient une année de leur temps à cette communauté étaient souvent des enfants de la haute qui le faisaient commme une pause dans de très grandes études, pause qui pourrait les marquer à vie et teinter d’un peu d’humanisme une carrière prometteuse de commercial ou de manager, mais ne serait qu’un exotisme, un moment philanthropique couronnant un CV rutilant, un peu comme ce que Laurent Wauquiez voulait marquer à travers sa rencontre avec sœur Emmanuelle, abondamment mise en scène par le futur inventeur de « la droite sociale » dénonçant « le cancer de l’assistanat ».

    Au-delà de ce soupçon de
    collusion avec le monde ou le goût de l’argent, j’ai toujours été choqué (et me suis échiné à le dire à qui ne voulait pas l’entendre) par le discours de Jean Vanier sur la fragilité. Il faisait d’elle un éloge unilatéral. Or la fragilité, on la répare avant (ou plutôt que) de la couver du regard. Si on se vautre dans une spiritualité de la blessure, il y a là comme une complaisance malsaine.

    La « gestion de la sainteté »par l’Eglise catholique est une fabrique médiatique de « santo(s) subito ». Il faudrait prendre garde, à l’inverse, de ne pas tomber dans la curée (remarquez, l’Eglise et les curées, je sais, c’est très mauvais), en faisant de Jean Vanier comme de pas mal d’autres abuseurs que l’on a adorés, les victimes expiatoires d’un péché qui, pour être individuel, a toujours une dimension collective, c’est le revers de la communion des saints.

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    • Merci de ce commentaire qui, à son tour soulève quelques questions… de mon point de vue.

      Il ne faudrait pas, me semble-il, que la clarté aujourd’hui faite sur les agissements de Jean Vanier vienne jeter le soupçon sur tout ce qu’a pu représenter – et représente encore – l’Arche pour des milliers de personnes.

      Que les bénévoles de l’Arche se soient plutôt recrutés parmi ceux que vous appelez les « enfants de la haute » ne peu que nous faire regretter qu’il ‘y en ai pas eu davantage issus des milieux populaires. Et encore, je ne dispose d’aucune information sur ce point. Mais pour connaître tel ou tel de ces bénévoles je puis témoigner de leur total engagement et de la parfaite intégrité de leur démarche. Auraient-ils dû, par cohérence, refuser d’assumer dans la vie professionnelle des postes à responsabilité, au motif que cela leur fait cotoyer le monde de la finance ? Je vous trouve sur ce point un peu injuste !

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      • deux citations simplement:
        «  »là où le péché abonde la grâce surabonde’
        « aussi loin qu’est l’orient de l’occident il met loin de nous nos péchés »

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      • Mon proppos n’est pas de discréditer la communauté de l’Arche, ni de proscrire aux enfants de la bourgeoisie qui s’y constituent bénévoles l’avenir professionnel qu’ils se sont choisis, mais d’interroger le rite de passage qui consiste, après qu’on a donné un an de sa vie à des personnes handicapées (je déteste la périphrase « en situation de handicap »), à continuer celle-ci comme si de rien n’était, comme si un autre choix de carrière n’était pas possible, et comme si avoir fait un grand écart sinon de classe, du moins dans l’ordre des représentations, être un riche qui s’est donné aux pauvres, aux pauvres de condition physique qui ont tellement à nous apporter…, décernait à celui-ci, futur agent de la finance ou non, un brevet d’humanisme ou d’humanité.

        Vous demandez pourquoi il n’y a pas plus de jeunes issus des milieux populaires qui s’engagent à l’Arche ou qui le font savoir. On peut retourner la question : pourquoi la communauté de l’Arche n’attire-t-elle pas assez les milieux populaires ?N’Est-ce pas un point commun de pas mal de communautés nouvelles, et même commun à l’Église catholique dans son ensemble? Pourquoi les oeuvres d’Eglise ne font-elles pas davantage partie de l’héritage des classes populaires et semblent-elles réservées aux héritiers? Dans l’Eglise, on n’aime pas se poser de questions de classe.

        Déplaçons la focale: pourquoi les enfants d’ouvriers s’engagent-ils minoritairement auprès du secours catholique et les enfants de la bourgeoisie ne s’investissent-ils que rarement au sein du secours populaire? « C’est pas jojo, les Massoneau », disait François Hollande, fils de bourgeois, à Valérie trierweiler, fille de prol. Mais nous nous écartons du sujet, je crois.

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  • La nature humaine est ambiguë.
    « L’homme n’est ni ange, ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête » : cet adage bien connu ne demande même pas à être démontré.

    Mais ce qui me dérange au plus haut point, c’est l’emprise exercée.
    L’emprise qui s’exerce entre deux personnes, au bénéfice du plus fort et au détriment du plus faible.

    Et qui plus est, pour obtenir gain de cause, le plus fort ne va pas hésiter à utiliser tous les moyens à sa disposition :
    qu’ils soient justes ou non, honnêtes ou non, sincères ou non, les arguments du plus fort arriveront sans trop de mal à convaincre le plus faible, ce dernier n’y voyant que du feu.
    Dans ce cas, la liberté du plus faible s’appellera mirage … et celle du plus fort, outrage.

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  • Cette récurrence , dans l’église catholique à porter aux nues des gens qui se révèlent être des abuseurs nous oblige à poser cette question dérangeante. :la culture de l’abus n’est elle pas encore une valeur au sein de l’église ?
    Il faut rappeler que la reconnaissance de la liberté de conscience ne date que de Vatican II et que cet aggiornamento n’est toujours pas pleinement accepté . Jusque dans les années 60 du XX siècle la culture de l’abus de conscience , de l’abus de pouvoir pour sauver les âmes malgré elles fut la culture dominante de l’église . C’est sans doute ce vieux compte là que nous sommes en train de solder dans la douleur .
    En finir enfin avec ce vieil inconscient collectif catholique espérons le . Les cultures et valeurs collectives évoluent moins vite que les personnes .

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  • Le commentaire de Julien WEINZAEPFLEN m’attriste par sa négativité et les jugements catégoriques portés sur des personnes et sur l’institution, ce qui ôte toute crédibilité à son propos… Merci à René de sa réaction !

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  • « écartelé entre la grâce et le péché… » Non : il n’y a, d’un côté le poids des erreurs et de l’autre celui des bonnes actions. .. c’est très ambigu comme titre. Le mal que l’on fait n’est jamais compensé par le bien que l’on peut faire.
    En plus danger aujourd’hui l’utilisation du mot « péché » ; en effet celui-ci ne veut plus rien dire aux générations modernes ; ces dernières sont bercées quotidiennement pas des images de publicité qui reprennent ce mot « péché », en y ajoutant le mot « mignon » et voilà tout est dit « mon petit péché mignon » je peux bien me l’autoriser …
    Attention donc à ne pas minimiser encore une fois, ce qui reste inacceptable et condamnable et ne peut être mis dans une balance économique. Svp ouvrons les yeux !

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    • « le mal que l’on fait n’est jamais compensé par le bien que l’on peut faire » dites-vous.
      Ouaahou! j’imagine que le Père Éternel n’a pas ce comportement vis à vis de nous

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    • Je sais – en gros – qui sont les lecteurs de mon blog et qui, hélas pourrais-je dire, ne comportent que peu de personnes appartenant à ce que vous appelez les « nouvelles générations ». J’entends bien qu’en ces affaires de pédophilie et ou d’abus sexuels il faut appeler un chat un chat. Et que l’Eglise s’est trop longtemps réfugiée derrière l’idée de « péché », toujours susceptible de pardon, là où il aurait d’abord fallu parler de crime.

      Mais qu’il y ait eu crime n’empêche nullement, pour des croyants, d’en faire aussi une lecture en termes de péché. Lorsque je relis la vie de Jean Vanier à la lumière des dernières révélations, que je crois assurées en vérité, je suis bien obligé, non en citoyen mais en croyant, d’y voir un être partagé de fait entre le péché (de ses actes) et la grâce de ce qu’il a fait aussi de bon. Sans prétendre pour autant que « le mal qu’on fait puisse être compensé par le bien que l’on peut faire ». De cela je ne me sens pas capable de juger n’étant pas Dieu. Votre phrase est d’ailleurs fort ambigüe qui semble opposer un mal réel à un bien hypothétique.

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  • On se trouve là dans une pratique du baalisme. On peut consulter la bible : Livre des Juges (2 – 13) pour trouver l’existence du dieu Baal qui revêt plusieurs formes. Baal était le plus important des dieux cananéens. En Canaan et dans les autres pays où était pratiqué le baalisme, chaque localité avait son propre Baal autrement dit son maître. Le Baal local recevait souvent un nom qui le liait à une localité particulière. Des textes anciens révèlent que le baalisme était un culte de la fertilité centré sur l’agriculture. Les adorateurs de Baal croyaient que les changements de saison et leurs effets dépendaient des combats entre les dieux. Ils croyaient que la fin de la saison des pluies et la disparition de la végétation indiquaient que le dieu Mot avait vaincu Baal, le forçant à se retirer dans les profondeurs de la terre. Mais quand la saison des pluies revenait, pour les adorateurs de Baal cela signifiait que leur dieu était revenu à la vie, sa sœur Anath ayant vaincu Mot. Ils croyaient aussi que l’accouplement de Baal et de sa femme Astarté à cette époque-là garantissait la fertilité des champs et la fécondité des troupeaux pour l’année à venir. On découvre là l’intérêt de l’acte sexuel sur le développement de la vie.
    Les adorateurs de Baal croyaient qu’en observant les rites prévus lors des fêtes religieuses ils incitaient les dieux à les imiter. Ainsi, pour célébrer le retour à la vie de Baal et son accouplement avec Astarté, ils se livraient à des orgies sexuelles et à une débauche sans frein. C’était une sorte de magie de solidarité pratiquée dans l’espoir que les dieux imiteraient leurs adorateurs et garantiraient ainsi une année fertile et prospère. Dans tout Canaan il y avait des sanctuaires dédiés à Baal, où des hommes et des femmes se prostituaient et où officiaient des prêtres. À l’extérieur de ces sanctuaires, près des autels, il y avait des colonnes ou pieux sacrés (représentant la déesse Ashérah) et des autels pour l’encens. Les colonnes et les pieux sacrés étaient des symboles phalliques.
    Les textes trouvés à Ras Shamra et les découvertes archéologiques montrent que le baalisme était un culte particulièrement avilissant. Les déesses Astarté, Anath et Ashérah symbolisaient à la fois la luxure, la violence sadique et la guerre. Les statuettes d’Astarté retrouvées au Moyen-Orient la représentent sous la forme d’une femme nue avec des organes sexuels agrandis de façon exagérée et vulgaire.
    L’affaire « Jean Vanier » ne s’inscrit-il pas dans cette dialectique selon laquelle la sexualité et en particulier le choc des corps est à la base d’une sublimation magique qui aboutit à un accomplissement de soi.

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  • Texte de Jean Vanier, mis en ligne par mon ami Yann Vagneux prêtre MEP,en Inde.

    « Durant toute mon existence, j’ai dû aussi lutter avec moi-même, j’ai vécu une grande partie de ma vie en compagnie de personnes blessées, mais aussi avec mes propres faiblesses et pauvretés. J’ai ma propre sensibilité et mes besoins d’aimer et d’être aimé. Je suis une personne comme toute autre, qui peut éprouver de l’empathie pour certains et certaines, et qui peut aussi en écarter d’autres. J’ai pu alors blesser certaines personnes. À la fin de ce livre et à la fin de ma vie, je désire leur demander pardon du plus profond de mon cœur. À Calcutta, lors de la dernière assemblée générale de l’Arche où je suis allé, devant tant de beauté venant de l’Arche, beauté qui m’a tellement émerveillé, j’ai senti le besoin de demander pardon pour toutes mes faiblesses et mes erreurs. À nouveau, au grand soir de ma vie, je demande pardon. Parfois, j’ai été humilié par mes propres faiblesses. Oui, je sens de l’orgueil en moi quand je regarde ma vie, ayant du mal à accepter pleinement mes erreurs, mes fautes. Je crois dans la miséricorde de Dieu qui a conduit tant d’événements dans l’histoire de l’Arche, à travers mes propres faiblesses. Je rends grâce à Dieu pour sa fidélité, car mes pauvretés n’ont pas empêché son œuvre de s’accomplir. Je réalise de plus en plus que l’Arche, avec son développement et l’approfondissement de sa spiritualité, jaillit de la miséricorde de Dieu qui choisit les faibles et les fous pour la réalisation de son plan. »

    (Jean Vanier, « Un cri se fait entendre », 2017)

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    • Merci de nous avoir fait connaitre ce texte si humble…mais je me pose une question quand rejetterons-nous d’une manière définitive l’idée qu’un saint canonisé par l’Eglise n’est en aucun cas un homme parfait et comme le disait sur KTO la semaine dernière un bénédictin en parlant notamment de Saint Bernard de Clairvaux tous les plus grands saints ont des casseroles à traîner derrière eux à commencer par Pierre d’ailleurs
      je ne suis nullement partisan du « sancto subito » mais quand je serai devant le Père Eternel j ne pourrais certes pas faire état autant que Jean Vanier des personnes à qui il a porté secours par l’intermédiaiire de son mouvement
      Jean Vanier un être écartelé,? seul son confesseur pourrait nous le dire ,mis bien sûr il ne le peut pas

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      • Je suis complètement étranger à la notion de sainteté . Cette notion m’a toujours choqué dans la mesure où des hommes se substituent à Dieu pour qualifier le comportement de leur semblable .Je m’en tiens pour ma part à la notion de » Juste  » transmise par la culture juive de ma grand-mère. et son impératif catégorique emprunté au prophète Michee : pratique la justice , prend soin de ton proche et marche humblement avec ton Dieu . Elle me disait aussi qu’il est toujours téméraire de se croire juste et bien aventureux de décerner ce titre à qui que ce soit .
        Pour ceux qui n’ont pas tenté de vivre de cette éthique on peut aussi se rappeler de Dostoievski et de son espérance :Au jour du jugement le Christ se tournera vers nous et nous dira : vous êtes des porcs , mais venez quand même .
        Alors tout le folklore catholique de la sainteté et la course à l’échalote pour obtenir ce titre me passent largement au-dessus de la tête .

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        • lA sainteté: résultat de de la course à l’échalote pour devenir canonisé C ‘est surement vrai ce que tu dis là car être canonisé çà permet sans aucun doute possible d’être aux premières loges au Paradis et aussi avoir à son service en ce lieu davantage de serviteurs ailés et zélés que les autres… La haut il est évident que çà se passe comme dans l’Eglise avant le concile lorsqu’il y avait différentes classes de mariage ou d’enterrement, les âpôtres sont évidemment les mieux placés et il y a même une foule de bienheureux au… paradis du Paradis avec même des places aveugles…

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        • Guy, je suis assez d’accord avec ce que vous dites, en réalité Dieu seul est saint !
          Je nuancerai néanmoins sur un point car il y a une fête qui m’est chère, c’est la fête de Tous les Saints, de la Toussaint, mais là nulle course à l’échalote, ce sont des anonymes, la foule immense de ceux qui ont trempé leur vêtement dans le sang de l’Agneau, tous ces justes qui sont dans la lumière auprès du Seigneur.

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          • A Michel .D’accord avec vous parce que la Toussaint ne catégorise pas , mais crée une ouverture qui signifie: nous ne savons pas la vérité de cet homme ou de cette femme .Espérons seulement que de manière visible ou cachée il a su s’ajuster au plan de Dieu et vivre de l’Evangile dans la réalité de sa vie. La toussaint est un support à l’Espérance que l’ humanité est capable de concrétiser qu’elle a été créée à l’image et à la ressemblance de Dieu .

  • Réponse à Dominique et René
    Je crois sincèrement que la justice divine est d’une infinie miséricorde.
    Mais avant, il y a celle des hommes et cette justice n’est pas nécessairement pour « punir » mais surtout pour « prévenir » et mettre hors de nuire les personnes qui brisent la vie des autres – et les non-dits, les excuses, les pardons font tous les jours de nouvelles victimes. Alors OUI je crois en ce Dieu qui ouvre grand ses bras aux pauvres pêcheurs que nous sommes – mais NON à cette légèreté avec laquelle on essaye de déculpabiliser ces « gourous » très charismatiques. La grâce me semble-t-il perd tout son sens pour ces personnes.

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    • Eh bien nous sommes en désaccord ! Car nulle part je n’ai parlé de déculpabiliser qui que ce soit. Et je ne vois ici de légèreté que dans la lecture que vous faites de mon propos. Oui on peut tout à la fois dire qu’un homme a posé des actes bons, par grâce (« Le bien que Jean a fait c’est un vrai bien » dit Stephan Posner responsable de l’Arche internationale, sur KTO) sans chercher pour autant à gommer le mal qui lui est imputable et dont il ne peut plus rendre compte devant la justice des hommes, puisqu’il est mort.

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    • je ne cherche pas à déculpabiliser Jean Vanier, moi non plus mais je cherche néanmoins à avoir un regard le plus objectif possible sur lui. Voilà tout, et ne peux donc pas faire comme si il n’avait pas écrit le texte que René a bien voulu nous faire connaitre
      La vie de Jean Vanier ne se résume ;hélas, pas à la création de l’Arche,mais pas non plus au comportement scandaleux qu’il a eu à l’égard de ces femmes
      Quant au travail e la grâce je vous invite à lire de Graham GREEN « la Puissance et la Gloire » ainsi que « Lumière sur l’échaffaud » qui raconte le parcours de Jacques Fesch guillotiné à 27 ans après avoir tué un agent de police lors d’un hod-up râté, et dont le procès en canonisation été enclenché par Mgr Lustiger il y a quelques années

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  • Je reconnais que je n’ai pas été très objective ! Mais dès qu’il s’agit d’hommes d’Eglise ou de conseillers spirituels, mon indignation est décuplée. Trop en mémoire toutes ces histoires révélées: religieuses abusées – pédo criminalité, la liste est très (trop) longue … retrouver le nom du Père Thomas ne fait qu’accentuer ma colère et c’est ainsi que je n’ai aucune compassion pour ces gourous charismatiques (je reconnais que ce n’est pas très chrétien). Ceci dit, j’ai relu trois fois le texte sur le baalisme, article écrit par Marcel Comby et j’ai peur d’avoir bien compris. Si je résume, on retourne 3000 ans en arrière, en ces temps où les hommes idolâtraient des dieux muets et sourds à la seule fin de voir leur volonté s’accomplir … Rien de grave alors ! surtout si c’est pour un choc de corps dans une sublimation magique et qui a aidé Jean Vanier à s’accomplir !

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    • A Marianne
      Si très grave au contraire parce que cela montre , que chez certains catholiques , les rapports entre sexualité et divinité sont restés très archaïques, très paiens, quand bien même ils sont recouverts d’une étiquette « chrétienne  » . Thomas Philippe , Jean Vanier reprenaient à leur compte la logique des orgies rituelles dans les religions à mystère de l’Antiquité .
      Ce qui est grave , c’est ce retour à ce genre d’obscurantisme païen au sein de l’église catholique dont nous voyons un syndrome heureusement moins grave dans la ségrégation entre servants d’autels et servantes d’assemblée .Toujours le même rapport archaïque à la divinité qui ne peut-être accessible directement quand on est une femme présumée impure .
      Ce qui est grave c’est que les évêques qui savaient nous présentent ces gens en exemple .Ce qui est grave , c’est que tout cela révèle que l’église catholique s’éloigne du christianisme et qu’elle s’en glorifie .Et pourtant l’Evangile fustige a longueur de temps ces dérives religieuses qui font oublier le sens de la loi mosaïque.
      Il y a sans doute en nous enfoui dans notre cerveau reptilien , ce religieux archaïque qui prend tous les prétextes pour resurgir , y compris ce qui lui est le plus opposé : le message du Christ .Les Thomas Philippe et autres Jean Vanier nous le rappellent cruellement .Les évêques et la structure ecclésiale qui ont suscité, favorisé et couvert cela plus encore car il n’ont pas joué leur rôle de garde fou .

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    • D’accord avec vous, Marianne.

      Après Jean Vanier, sortir de l’idéalisation des figures charismatiques : « l’Église doit aussi « réinvestir une pastorale évangélique ». « Que nos prêtres nous parlent des Évangiles ! Quand cette nourriture spirituelle sera donnée à tous, il n’y aura plus ce besoin d’aller chercher ces personnages présentés comme de nouveaux saints. » (Mélinée Le Priol, La Croix, 27/2/2020, ci-dessous)
      https://www.la-croix.com/Religion/Jean-Vanier-sortir-lidealisation-figures-charismatiques-2020-02-27-1201080781

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  • Selon l’université américaine Notre-Dame du Lac, Jean Vanier avait demandé aux femmes concernées de « garder leurs relations secrètes ».
    Dans une lettre à sa communauté de 2015, JV indique « être resté totalement ignorant jusqu’à maintenant de leur gravité (les actes de T Philippe)  » …
    et en 2016 dans une autre lettre « aucune conscience qu’il (T. Philippe) ait pu faire usage d’une certaine spiritualité mariale d’une manière aussi pervertie » alors qu’il est établi que JV a été initié à cette « spiritualité! », à cette « théologie mystique! » par le même TP.
    Vu les faits, on peut espérer que le texte de 2017 cité par René soit sincère. bien que je trouve le style pieux du XIXème siècle, pas net, pas droit.

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  • Réponse à Guy et Jean-Pierre
    Oui Bien sûr que c’est très grave, et je cautionne entièrement vos critiques ! Mon expression « rien de grave » était ironique !
    Sur une radio catholique j’ai entendu en conclusion à un édito sur l’affaire Jean Vanier: je cite « n’oublions pas que l’Eglise a été fondée par un criminel (Paul) et un menteur (Pierre) qui ont su demander pardon ce que Jean Vanier aurait dû faire ». Je trouve que le sujet est à nouveau traité avec beaucoup trop de légèreté … avant le pardon de Dieu, il y a la justice des hommes !
    J’ai lu le texte « un cri se fait entendre » que René a mis sur la page, perso ça ne change pas la perception que j’ai de la gravité des faits.

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    • « Avant le pardon de Dieu il y a la justice des hommes… » Belle formule mais qui reste ici théorique ! Puisqu’il est mort ! Quoique non ! La justice des hommes est « hélas » devenue la justice populaire qui rend son verdict depuis quatre jours, sans retenue aucune, sur tous les médias. Sans que l’accusé soit là pour assurer sa défense ! Et il ne vous aura pas échappé que cette justice est à ce jour « sans appel »… La Justice y trouve-t-elle son compte ? Je ne sais ! Comprenons-nous bien : Les faits qui semblent à ce jour avérés et qu’aucun jury ne viendra transformer en vérité judiciaire, sont accablants et je ne cherche aucune fausse excuse à Jean Vanier. Mais je voudrais réhabiliter la notion de pardon qui n’exige aucune complaisance ni vis-à-vis des actes ni vis-à-vis de celui qui les a commis.

      Je viens de relire mon billet. Il redit qu’aucune personne quelle que soit son acte, ne peut être réduite à ce qu’elle a fait de mal. Et j’ai conscience d’écrire ce commentaire le jour même où Jacques Fesch, criminel repenti, dont l’Eglise envisage la béatification, pourrait faire l’objet, de la part de la justice française, d’une mesure de « pardon »… Et qu’en tout cas la question a été posée.

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  • « Avant la justice de Dieu il y a la justice des hommes » Pour ma part en tant que chrétien le m’efforce de mettre la justice de Dieu avant celle des hommes laquelle n’a strictement rien d’infaillible et ne devons-nous pas nous efforcer de voir le visage de Dieu dans chacun de nous?

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  • A René
    Bien sûr que personne n’est réductible à ses actes et nul d’entre nous ne peut prétendre connaître l’irréductible vérité d’une personne humaine .

    Mais en ce qui concerne le pardon , seul Dieu peut l’accorder unilatéralement .Pour ce qui concerne les hommes , seules les victimes concernées sont légitimes à l’accorder ou non .

    Jean Vanier étant mort, il ne nous appartient pas de dire quoi que ce soit sur le pardon le concernant .

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    • J’entends bien que le pardon appartient aux victimes. Mais si l’on n’intègre pas « mentalement » que le pardon soit possible… alors on perd une partie de son humanité !

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      • Bien sûr que le pardon appartient aux victime lesquelles en l’espèce ,autant que je le sache n’ont nullement cherché à obtenir une quelconque « réparation » si tant est qu’il existe une possibilité de « réparation »… En tout cas il ne mous appartient pas de jouer le rôle de procureur inflexible vis à vis de Jean Vanier

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      • A René
        D’accord avec vous .La notion de pardon est essentielle pour vivre en être humain .
        Mais vous savez bien que certains s’en servent pour échapper à leurs responsabilités et à leur aveuglement .
        Le pardon ne peut pas servir à rester dans le déni de réalité . On vient de le constater avec ceux qui encore et toujours invoquent la nécessité d’un pardon effaceur du réel pour nous accuser de diviser l’église alors que nous voulons seulement ne pas passer par pertes et profit la réalité des faits . Aucune reconstruction n’est possible fondée sur le déni .

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  • J’ai un peu hésité pour apporter ma pierre à ce douloureux fil. Je ne savais pas trop comment m’y prendre ? Finalement, dans un premier temps, je vais m’en tenir au fait :

    Nous sommes invités par une de nos amies qui nous a dit avoir retourner l’image qu’elle tenait de Jean Vannier et qui était appliquée sur la porte de son réfrigérateur par un magnet. Elle nous expliquât son désarroi devant cette campagne médiatique à l’origine douteuse. Elle gardait toute son admiration pour cet homme qui avait su accompagner sa conversion, et ne comprenait pas bien la raison de tout ce ramdam. Nous lui avons dit ne pas partager cet hallali médiatique et lui avons suggéré de remettre cette image à l’endroit. Ce qu’elle fit avec empressement et soulagement.
    Thomas de Torquemada serait-il revenu des enfers ? N’ayant pas lu le rapport, je ne sais pas ce qui est reproché à ce laïc non ordonné (à ma connaissance) qui n’a prononcé aucun vœu (toujours à ma connaissance) ? Serait-ce d’avoir, après un long échange, pris notre amie dans ses bras, comme un père essaie de calmer son enfant ? ainsi que nous le rapporte notre amie ?
    Serait-ce une renaissance du jansénisme ou celle des cathares ? Ou bien un effet d’une pudibonderie scientiste telle que l’a décrite Jean Claude Guillebeau?
    « … De ce regard rapide porté sur la conception de l’éros dans l’histoire et dans le temps présent, deux aspects apparaissent clairement, et avant tout qu’il existe une certaine relation entre l’amour et le Divin: l’amour promet l’infini, l’éternité – une réalité plus grande et totalement autre que le quotidien de notre existence. Mais il est apparu en même temps que le chemin vers un tel but ne consiste pas simplement à se laisser dominer par l’instinct. Des purifications et des maturations sont nécessaires; elles passent aussi par la voie du renoncement. Ce n’est pas le refus de l’éros, ce n’est pas son «empoisonnement», mais sa guérison en vue de sa vraie grandeur. Cela dépend avant tout de la constitution de l’être humain, à la fois corps et âme. L’homme devient vraiment lui-même, quand le corps et l’âme se trouvent dans une profonde unité ; le défi de l’éros est vraiment surmonté lorsque cette unification est réussie. Si l’homme aspire à être seulement esprit et qu’il veut refuser la chair comme étant un héritage simplement animal, alors l’esprit et le corps perdent leur dignité. Et si, d’autre part, il renie l’esprit et considère donc la matière, le corps, comme la réalité exclusive, il perd également sa grandeur… » in « Deus Caritas est » Benoist XVI.
    Je vous prie de bien vouloir excuser cette longue citation, mais il me semble qu’il est grand temps de changer, de fond en comble, notre conception du salut et de Dieu !
    Question : est-il préférables de montrer du doigt une pratique (du moins ce que j’en connais actuellement) qui matérialise une certaine affection (phénomène de transfert classique qui avait d’ailleurs été reproché, en son temps, à certains psychiatres américains.) et de laisser prospérer une doctrine de l’amour privé de son support physique et à l’origine de la fabrication d’une armée de névropathes, voire plus ?

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    • Je ne répondrai que sur la question du document de synthèse publié par l’Arche. Vous écrivez : « N’ayant pas lu le rapport, je ne sais pas ce qui est reproché à ce laïc non ordonné. » Or le rapport est public (voir lien ci-après) très clair, et suffiamment condensé pour être lu en moins de vingt minutes. Il me semble éthiquement difficile de continuer à échafauder des théories complotistes sans s’être informé au préalable.

      https://www.larche.org/documents/10181/2539004/Enquete-Rapport+de+synthese-2020_02_22-FR.pdf/09ef3b54-905e-427c-9ca9-2c781a85699b

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      • Page 10 du rapport, l’extrait de lettre du secrétaire de la congrégation romaine des réguliers aux provincial de France des dominicains de 1956 indique clairement que, si le père Thomas Philippe peut être considéré en partie irresponsable, il n’en est pas de même pour Jean Vanier, l’abbesse de Bouvines (sœur des frères Philippe) et le « père » Marie-Dominique Philippe qui savaient et ont voulu tout couvrir.

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    • Vous êtes vraiment un homme de bon conseil , bien sur qu’il ne faut pas retourner la magnette de Jean Vanier .
      Moi ce qui me dérange c’est que l’on fait un procès à un homme mort. Si l’on s’est tu pendant 10, 20 , 30 ans …. alors que l’on continue à se taire

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        • Je ne suis pas sûr qu’on puisse dire cela. Ce qui est vrai c’est que les révélations concernant tant Thomas Philippe (2015) que les abus dont lui même se serait rendu coupable (première accusation en 2016 puis une seconde en 2019) ont juste précédé sa mort. Et que ces faits relativement troublants justifiaient, aux yeux de l’Arche, l’ouverture d’une enquête. Prétendre qu’on a attendu sa mort – et donc qu’il lui soit impossible de se défendre – pour ouvrir le dossier me semble quelque peu abusif !

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          • Selon la voix du Nord du 1/02/2020, la fratrie Philippe et l’oncle ont été sanctionnés il y a plus de 60 ans (Thomas en 1956)a .: https://www.lavoixdunord.fr/703661/article/2020-02-01/quatre-religieux-d-une-meme-famille-de-bouvines-sanctionnes-par-rome-pour-abus.
            Voir aussi ce que dit Congar de son frère Thomas dans « mémoires d’un théologien », en particulier p52 à 54: peu travailleur, faux, servile (on est en 1945).
            Ces indices concordent trop avec le texte de la lettre de P. Philippe de 1956, avec le rôle de Maris-Do dans la création de la Communauté Saint-Jean (les petits gris) en 1969. Pas sûr que J. Vanier soit seul responsable de la dérive de Thomas et de la sienne propre, oui, mais presque sûr qu’en 1956, il était en état de responsabilité sur lui-même et conscient de son emprise sur Thomas.
            L’expérience prouve hélas que, quand les archives s’ouvrent, le plus tard possible, l’épée dans les reins et parfois nettoyées », ce qu’on y trouve n’est pas joli. Là René, on n’est qu’au début de ce qui ne peut plus être caché.
            Trois structures d’Église sont en cause:
            – Dominicains au premier chef pour plus de 60 ans de silence certainement en accord avec Rome (vu le mode de fonctionnement du système.
            – les CSJ,
            – l’Arche de Thomas P. et J. Vanier.
            L’institution sait qu’il faut veiller, être prudente ave ce « cluster » depuis les dernières années du pontificat de Pie XII. Depuis, silence. Sans doute par peur des scandales que JPII semble avoir anticipé en proclamant « n’ayez pas peur » au lieu de « n’ayons pas peur « ! BXVI, le mieux placé pour savoir a dit en avoir souffert alors qu’il était le chef du St Office, donc de ceux qui ont collaboré au camouflage. Pape, il a continué en faisant croire le contraire par des mesurettes sans contrôle d’application, comme pour les peines canoniques infligées à la fratrie Philippe quand les peines touchant les vrais théologiens modernes et non modernistes étaient appliquées avec rigueur.
            Le raz de marée qui frappe les dominicains au premier chef semble être la réplique du séisme qu’ont été les actes de l’institution dans l’après-guerre en Europe (prêtres ouvriers, théologiens, exégèse). Ce ne serait « qu’en Europe », ce ne serait pas dramatique, mais des affaires comme celles-là, il y en a ailleurs.

  • Il semble que cette enquête soit tout à fait convaincante et que la culpabilité de Jean Vannier soit très probable. Mais cela ne résout pas le problème de notre amie. De plus, la discipline et à la morale enseignées par l’Église, pourraient bien être cause de la fuite des fidèles et peut-être de la crise des vocations. Or, cette discipline et morale voudrait bien organiser les rapports entre humains et des humains avec Dieu, et le chemin emprunté passe par la sexualité. Ce qui nous ramène à la question posée précédemment, non dans un but polémique, mais dans un but de la traiter correctement. Je ne pense pas qu’une compensation financière soit à la hauteur du préjudice subi, mais qu’un suivi soit instauré par des personnes ayant le même charisme que celui d’un curé d’ars, d’un Jean Vannier, d’une sœur Theresa….Il est bien entendu que la ligne rouge sera toujours un transfert d’un fort sentiment « d’amour » de la personne traitée sur le thérapeute, peut-être justement dû au manque subi par la personne en traitement. Ce rapport particulier soignant-soigné, qui s’exprime, à minima, par une confiance réciproque est actuellement battu en brèche par un formalisme extrêmement délétère, et une publicité mortifère. Et, il est à craindre que notre patiente ne retombe tout simplement dans son ornière, avec une confiance réduite à néant par la destruction de l’idole aimé. Je ne prêche évidemment pas une transgression de la loi, mais, de même que le Christ est venu l’accomplir, on soit, nous-même invité à faire de même. Je n’ai aucune velléité à remplacer quelle qu’autorité que ce soit, mais je pense que ce problème délicat mérite mieux que des oukases souvent maladroits. Et si l’on s’occupait vraiment des victimes, des patient(e-s)!

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    • François-Jean, j’ai comme vous deux connaissances dont la vie est marquée par la mystique. L’une après avoir senti la main de Jésus sur son épaule, s’est placée sous l’empire spirituel d’un directeur de conscience, l’autre a coupé les ponts avec sa famille quand, jeune femme elle a rejoins l’Arche de Lanza Del Vasto pour laquelle elle a travaillé beaucoup, a été logée et nourrie, sans contrat de travail ni protection sociale bien entendu.
      Les personnes à tendance mystique ont une faille affective qu’elles semblent incapable de reconnaître ou qu’elles croient ainsi sublimer. Elles sont comme un aimant qui attire d’un côté des personnes un peu dérangées comme elles, et qui éloignent les autres.
      J’ai assisté au prêche d’un jeune prêtre de Saint Jean devant les enfants du caté qui a évoqué avec tendresse la tête de l’enfant sur l’épaule de Jésus! Quelle misère alors que tout le monde sait, sauf ceux qui ne sont pas un peu curieux, ceux qui préfèrent croire à savoir et ceux qui ont été formatés, que cette manière de voir, courante à la renaissance et au XIX ème est gravement erronée. Enseigner cela dans des séminaires et inciter à le prêcher devrait interpeller gravement l’institution car il n’y a pas que les p’tits gris et les légionnaires! L’institution paye, avec les intérêts, les erreurs commises dans l’après-guerre quand elle a tenté de mettre au pas la théologie et surtout l’exégèse. Le problème spécifique de l’institution est bien, comme dit le rapport final du Sénat de l’an dernier, lié au fonctionnement et est d’essence systémique. Sur aucune autre institution de France (éducative, religieuse, artistique, sportive, lieux de privation de liberté, …), une telle appréciation n’a été portée.
      Chronologie:
      2/10/18, publication de TC,
      17/10/18, le Sénat décide de créer une mission d’information sur les abus sexuels sur mineurs,
      7/11/18, la CEF décide de nommer le Président de la commission Sauvé et de lui confier une mission avec toute latitude.
      27/05/19, adoption du rapport final du Sénat.

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      • Donc avoir un directeur spirituel est une erreur absolue car fatalement on tombera sous son emprise et c’est exactement bien sûr ce qui est aarrivé à Ch de Foucauld lequel suivait aveuglément tout ce qui sortait de la bouche du Pére Huvelin comme chacun sait bien sûr…
        Par ailleurs ayant eu dans ma famille un très proche membre de l’Arche de Lanza del Vasto j’affirme que le fait que cette personne ait rompu avec ses parents n’a strictement rien à voir avec sa présence à l’arche.
        Vous seriez bien aimable de ne pas assimiler cette fraternité avec les Témoins de Jéhovah ou la secte de Moon

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  • Dans son livre « étouffée ou récit d’un abus sexuel et spirituel » Sophie Ducrey raconte le drame qu’elle a traversé en compagnie d’un père spirituel de la communauté de saint Jean dont le mentor était le copain de Jean Vanier : Thomas Philippe. Organisation criminelle bien huilée car cet homme a attendu les 18 ans de la fille pour avoir des relations sexuelles , et encore plus pervers, dès l’acte terminé, il célébrait la messe en vue du pardon de Dieu ! Y-a- t’il plus grande perversité pour parler de la miséricorde de Dieu? J’ai bien compris que Jean Vanier avait échappé à la justice des hommes et que c’était trop tard pour lui, mais je pense à tous les lecteurs potentiels (peut-être des victimes ou des coupables), et je crois sincèrement que les expressions « entre grâce et péché – relations mystico – sexuelles – là où le péché abonde la grâce surabonde, fragilité , sublimation, choc des corps …. » sont bien légères pour parler de crimes et de criminels.
    Pendant des siècles on a parlé de pédophilie (traduction : celui qui aime les enfants – aujourd’hui on ose enfin parler de pédo – criminalité. C’est très important le poids des mots.

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  • En ce premier dimanche de carême, il est question des trois tentations du Christ au désert et je me suis permis de lier cet épisode biblique à l’affaire Jean Vannier. Certains exégètes évoqueront ces trois maux de nos sociétés à savoir: le règne de l’avoir, l’illusion du paraitre et la démesure de l’orgueil. Mais je pense que cela va beaucoup plus loin. Le Christ n’est pas un personnage comme un autre, il est le Fils de Dieu donc infiniment proche du Père. Sa tentation profonde est de ce fait celle de se prendre pour le Père.

    Dans notre monde, il existe des personnages qui ont acquis cette proximité d’avec Dieu. C’est le propre de ceux qui désirent vivre un état de sainteté. Certaines personnes ont connu soit des phénomènes ultra naturels soit un charisme qui leur procure une supériorité vis à vis de leur semblable lesquels peuvent leur attribuer un culte idolâtre. Elles se sentent alors très proche de Dieu. En vérité elles ont acquis un pouvoir sur le monde environnant. Alors ce qui n’est pas accessible pour la plupart des êtres humains, c’est d’exercer ce ou ces pouvoirs comme si Dieu lui-même leur accordait tout naturellement cette possibilité. « Je me jette dans le vide car je sais que Dieu m’attendra une fois arrivé au sol !! » La vie de sainteté peut conduire justement à s’attribuer des pouvoirs voire des délires mystiques qui peuvent conduire à des dérives. C’est là que surgit le danger d’innover avec la conviction d’avoir le « feu vert » du ciel. Bernadette de Lourdes s’est réfugiée dans un couvent afin de ne pas connaitre les affres de la notoriété spirituelle. Les figures notoires comme celles que nous livre la presse sont en réalité des êtres qui vivent ce qu’il y a de plus profond en eux, le bon et le moins bon.

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    • « Certaines personnes ont connu soit des phénomènes ultra naturels soit un charisme qui leur procure une supériorité vis à vis de leur semblable lesquels peuvent leur attribuer un culte idolâtre. Elles se sentent alors très proche de Dieu. En vérité elles ont acquis un pouvoir sur le monde environnant. » écrivez-vous.

      Ce qu’il est convenu de désigner par « l’emprise ».

      « le Docteur Isabelle Chartier-Siben a donné la conférence suivante dont l’intitulé était : « Comprendre le phénomène de l’emprise : où commence et s’achève notre liberté ». (voir ci-dessous)
      https://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Documentation-catholique/Eglise-en-France/contexte-religieux-lemprise-correspond-alienation-mentale-psychologique-spirituelle-affirme-Dr-Isabelle-Chartier-Siben-2019-12-16-1201066820

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    • Il est raisonnable aussi de considérer plus simplement que ces personnes sont prisonnière d’un édifice « religieux » qui mélange sain et malsain: mythes et légendes, mensonges (faux en écritures, omissions, archives nettoyées,statistique bidouillées, opacité sur l’argent, …) et sainteté toute simple (dans les évangiles, personne ne « fait le saint » que je sache?!). Que ceux qui s’égarent soient souvent à demi-responsables et méritent de la sympathie n’empêche pas qu’il ne faut pas les encenser et qu’il y a des responsables, des gourous si vous préférez. Il est pénible de désigner clairement les choses mais il le faut.

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    • Je trouve extrêmement profonde la remarque de Marcel comby, selon qui la tentation la plus intime que doit affronter Jésus, c’est de se prendre pour Son Père, Lui qui ne cesse de dire qu’Il ne dit rien qui ne Lui ait été transmis par son Père, Lui, la Parole, qui parle comme un porte-parole, Lui qui vit Sa condition de fils dans toute la radicalité que sa racine hébraÏque donne à ce mot de « fils », où le fils est la cible du père, le père envoyant la flèche de cupidon dans le fils et toc ! Voici sa vocation décidée, son orientation déterminée: le Fils doit aller dans la direction indiquée par le Père et le Verbe se faire porte-parole, à nous en faire perdre la comprenette, nous, enfants de la psychanalyse , qui sommes persuadés que le fils ne peut s’affirmer qu’il n’ait tué le père. Il y a de quoi nous faire désirer être désaffiliés, pratiquer une religion de la désaffiliation, nous qui, disciples du Fils, sommes conduits à ambitionner d’être des fils à la suite du fils, et chantons quelquefois: « Pour que l’homme soit un fils », Est-ce vraiment indispensable?

      Là-dessus, Guy Legrand nous a précédemment écrit qu’il était tout à fait étranger à la notion de sainteté. Pour parler comme en Provence chère à René, Pagnol et Jean giono, « ça me fait peine », ça fait peine au catholique viscéral que je suis, à celui dont la religion catholique (et non seulement la foi de l’Eglise apostolique et romaine) constitue la colonne vertébrale. Devrions-nous nous protestantiser jusqu’à abandonner notre culte des saints?

      Heureusement que Michel de Guibert nuance l’impératif de Guy: il aime la fête de tous les saints, moi aussi. Et il l’aime comme on me l’a apprise. Il l’aime comme la célébration de la victoire du « peuple immense de ceux qui ont cherché » Dieu et L’ont trouvé puisque qui cherche trouve en régime chrétien, ou de tous les « saints inconnus » pour qui fut composée une prière et qui ne sont pas assez souvent invoqués. C’est la fête de ma grand-mère et d’autres amis que j’ai connus. C’est aussi la fête de Jean-Paul II qui m’a caressé la joue et, si j’en crois la « vox populi », de sœur Emmanuelle avec qui je me suis engueulé un soir, rue du regard. Toujours selon la rumeur médiatique, c’est la fête de l’abbé Pierre, qui s’arrangea pour qu’on ne le canonisât pas, en confessant quelques « liaisons passagères » dans le livre co-écrit avec frédéric Lenoir, « mon Dieu, pourquoi? ».

      Simone weil dans ses cahiers à la veille de sa mort, se disait en quête pour l’Église d’une « nouvelle sainteté ». Moi aussi. Est-ce la sainteté de ceux qui « pratiquent la justice », impératif éthique auquel essaie de se borner Guy dans le sillage de sa grand-mère juive? Mais quitte à me protestantiser à mon tour, que ferais-je de cette parole qui a tant torturé Luther: « Il n’y a pas un seul Juste devant Toi, pas même un seul ». « Le juste vivra par sa foi », tempère Abacucq. Non, dit Luther. Seul Jésus-Christ justifie. On est justifié par sa foi dans le seul juste. Dieu Seul est Juste, Dieu Seul est Saint. Tout au plus, peut-on pratiquer une morale conséquencialiste afin d’être conséquent avec sa foi, par gratitude envers Celui qui nous a justifiés. Mais la sainteté n’est pas une affaire morale. Ou pour renverser un pilier du dogme à propos du bois dont on fait les ssaints, la sainteté n’est pas fonction d’une héroïcité des vertus. La sainteté n’est pas affaire de vertu. La sainteté n’est pas fonction d’une proximité supposée avec Dieu. La sainteté n’est irréfutable que dans la mesure où Jésus S’est identifié à celui que l’Eglise a déclaré, et le plus souvent a oublié de déclarer saint.

      L’Eglise déclare saint celui qui donne aux pauvres, Jésus S’identifie au pauvre. Donc le pauvre est saint par position. Et le pauvre est d’autant plus saint qu’il n’a pas conscience que Jésus S’est identifié à lui et partage sa vie misérable.

      Ce sont les pauvres et non ses bienfaiteurs que l’Eglise devrait élever sur les autels. Les bienfaiteurs des pauvres sont toujours suspects d’être des pharisiens. Leur main gauche pourrait trop bien savoir ce que donne leur main droite. Ils font une transaction avec le ciel. Ils investissent sur une transfiguration prévisible de Jésus dans le pauvre, ils n’aiment pas le pauvre comme Jésus.

      La sainteté n’est pas affaire d’odeur ou de proximité ressentie du mystique avec Dieu ou supposée par les autres de ce mystique avec Dieu. La sainteté n’est pas subjectivement affaire de charisme, elle est objectivement affaire de pauvreté matérielle, intellectuelle, morale, psychique, de cœur, que sais-je. Le saint ne peut pas s’appuyer sur sa sainteté et les autres ne peuvent présumer du charisme d’un être d’exception pour se figurer que c’est un saint. Le saint n’est pas l’accompagnateur du pauvre, c’est le pauvre.

      Voilà la « nouvelle sainteté » en laquelle je crois. On m’a dit que le P. François Liebermann aurait eu une intuition de ce genre. Je n’ai pas vérifié, mais m’y retrouve paravance.

      Et voilà résolue par là même mon inaptitude, la mienne propre ou l’inaptitude humaine à être fils. Je suis un fils d’autant plus accompli que je suis allé sans le savoir dans la direction donnée par Dieu, non du fait d’une Volonté indomptable et indiscutable qu’Il aurait eue pour moi, d’un Projet ou d’un Plan qu’Il aurait fait sur moi, mais du fait d’une Identification qui m’aura échappé, à laquelle je me serais laissé gagner sans le savoir, l’Identification étant le commencement de la divinisation : « Dieu S’est fait homme pour que l’homme devienne dieu! »

      Jésus peut avoir eu conscience de Sa condition de fils ayant surmonté la tentation d’être l’égal de Son Père, mais pas moi. Si je joue à être un saint, moi le fils à la suite du Fils, alors je vais me faire appeler Père ou maître. Alors je vais devenir un gourou, avec toutes les dérives abusives qui passeront à ma portée. Alors je vais acquérir de la notoriété spirituelle. Ou bien je vais devenir un psychologue qui cédera au transfert, comme supplie François-Jean qu’on le laisse faire. Très peu pour nous. Soyons des saints à la manière de la prostituée qui ignore qu’elle précède le pharisien dans le Royaume des cieux. Dépouillons-nous des oripeaux de la belle apparence et de l’image de soi pour retrouver l’Image de Dieu et devenir des saints par Identification, à la Ressemblance de Jésus, le Seul Saint.

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      • A Julien ,
        Votre intéressante réflexion est quand même paradoxale: vous vous affirmez visceralement catholique et vous n’adherez pas à la définition catholique de la sainteté : l’heroicite des vertus .
        Pour le reste je suis globalement d’accord avec votre approche de ce que vous appelez « sainteté  » et que je nomme persiste à nommer : être « juste  » La différence? Vous dites deux fois » sans le savoir  » .C’est bien ce qui différencie nos deux analyses : Du fait de l’incarnation nous savons, sans illusion sur nous même, non pas que nous pouvons devenir Dieu , mais que la dignité humaine consiste à essayer comme hôtes de la vie de rendre un peu plus fraternelle cette communauté humaine pendant notre court passage sur la terre .
        Notre dignité c’est la conscience à l’instar de Job : je ne suis pas grand chose , mais j’ai cependant conscience de pouvoir être aimé inconditionnellement . Etre pauvre mais cependant être conscient de notre irréductible dignité: la capacité à entendre les exigences de la loi mosaïque .
        Jesus est le fils de Dieu aussi parce qu’il a cru qu’il l’était.
        Etre un juste , c’est croire , sans illusion sur soi même que je suis fils de Dieu , conscient de ma vocation d’hôte appelé à contribuer à cette fraternité sans laquelle il n’y a pas de communauté véritablement humaine , mais conscient aussi de ne jamais savoir dans qu’elle mesure j’y aurai si peu que ce soit contribué et sachant être quand même inconditionnellement aime .
        Sans doute suis je mal catholique en ce que je refuse d’être une marionnette dans la main de Dieu .

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        • Crois-tu qu’être UN Catho
          « classique » comme je le suis c’est accepter d’être une marionnette entre les mains de Dieu? et donc que Dieu fait semblant de nous avoir donné la liberté autrement dit que nous sommes prédestinés comme le prèchait Calvin?

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        • @Guy Legrand,
          En refusant d’être une « marionnette dans la main de Dieu », vous me rappelez cette scène qui me fut narrée par un cahtolique traditionaliste.Une fois n’est pas coutume, il s’était rendu dans une messe qu’on ne disait pas encore de forme ordinaire. Le curé qui la célébrait y déclara que nous avions cessé d’être « des chrétiens à quatre pattes ». La procession de sortie se passe. Lui attend un peu, puis sort à son tour, à quatre pattes. « Monsieur le curé, lui dit-il, je suis fier quant à moi d’être resté un chrétien à quatre pattes… » Il faut de tout pour faire une Église et il y a plusieurs demeures spirituelles dans la maison du Père.

          Si je résume votre idéal de justice auquel je souscris, même si je ne crois pas que de l’avoir atteint fera de moi un saint si jamais j’y arrive, mais vous ne le dites pas non plus, vous reprenez lavieille aspiration à la justice qui se trouve déjà dans la République de Platon, entre autres, et vous demandez que le juste ajoute quelque chose à la fraternité humaine.

          Quant à la redondance de mon ignorance (de mon « sans le savoir »), quelque chose m’a sauté à l’esprit à écouter le récit pourtant souvent entendu de la « chute », donné hier en première lecture de la péricope au cours de la messe du premier dimanche de carême, en prélude au récit des tentations de Jésus. -L’avantage de la lecture spirituelle, c’est qu’on découvre toujours quelque chose de nouveau dans un texte maintes fois remâché par la manducation méditative et absorptive à des fins imprégnatives de la Parole de dieu.- C’es que, lorsque les yeux de l’homme et de la femme se sont ouverts après qu’ils ont mangé du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, fruit dont (pure hypothèse !) Dieu leur a interdit la consommation pour S’interdire à Lui-même de connaître la catégorie du mal et de juger autrement que bonne la Création qu’Il avait voulue par amour, ils découvrirent qu’ils étaient nus comme on découvre que le roi est nu à la fin du conte d’Andersen ou comme, autre référence à Socrate, celui-ci sait qu’il ne sait rien de science certaine. Ish et isha ont honte de cette nudité et se cachent de dieu qui la connaissait. Une des premières conséquences du péché originel, sans lien avec notre sujet, est la pudeur, ce qui ne veut pas dire qu’il faut faire de tout le monde un exhibitionniste…, car il s’agit d’accepter d’avoir perdu le paradis et non pas de retrouver un paradis artificiel de l’innocence de l’âme, qui ne nous a pas été rendue par la Rédemption en cette vie. Ish et isha se cachent de Dieu qui les appelle « au souffle du jour » et ne leur dit pas: « Qu’Est-ce que tu as fait? », mais: « où es-tu? », leur montrant par là que la question n’est pas celle de leur identité en mouvement comme dieu est en devenir, mais qu’ils sachent où et comment ils se situent par rapport à dieu Qui leur a donné la vie et continue de les créer dans un mouvement permanent de création continue.

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          • à Julien
            1) je ne crois pas à la notion de péché originel , déduite de la réflexion d’Augustin , sans aucune source scripturaire , comme une faute morale ..Je lis plus volontiers ce texte de la Genèse comme la description de l’incomplétude consubstantielle à la condition humaine qui est source du mal dans la mesure ou quelque chose en nous ne s’y résigne pas et cherche à la nier .
            La définition du bien et du mal par Heidegger me semble constituer un bon résumé du sens de ce récit de la création :
            – le bien ,c ‘est la volonté du sujet qui se réfère à un absolu défini hors de lui même ;
            -le mal c’est la prétention à vouloir être tout .
            2) précision méthodologique :je ne lis pas la Genèse ni même toute la Bible comme un texte descendu du ciel , mais comme une création humaine inspirée qui a façonné notre conception même du divin
            . Je reste fasciné par ce dialogue entre Dieu et Moise au livre de l’Exode (32 -34) ou c’est l’homme Moise qui délivre Dieu du châtiment qu’il s’est lui même promis d’infliger à son peuple . Je suis ému quand Dieu sensible à la plaidoirie de Moise en faveur de son peuple, lui dit dans des mots qui défient la traduction :  » A travers tes mots tu m’as animé et redonné vie (?) « . Quand dans l’Exode (32,14) on peut lire : et le Seigneur SE REPENTIT du mal qu’il pensait infliger à son peuple . (la bible Osty et la Bible second traduisent « se repentit « là ou la TOb traduit » renonça » . ( J’emprunte cette lecture à Georges Steiner in « préface à la Bible hébraïque)
            Au risque assumé d’encourir le reproche fait à Job  » Qui est ce qui obscurcit mon plan par des mots sans savoir ?
            (Job 38,2) je lis néanmoins la Bible, parole de Dieu parce que parole inspirée de l’homme , comme un dialogue inégal mais sans concession entre Dieu et sa créature à l’opposé du » soupir de la créature opprimée  » conception ou se complait trop souvent la religion .

            Je ne prétends aucunement à dire la Vérité , mais seulement à être fidèle au choix existentiel fait à l’entrée dans l’âge adulte , d’accepter sous bénéfice d’inventaire mon héritage chrétien et catholique : notre foi ne peut jamais être appréhendée comme un échappatoire à la réalité de la condition humaine Si c’est le cas , alors c’est une imposture aliénante .

            La conception de la sainteté à laquelle je m’oppose , c’est celle qui consiste à présenter en modèle cette volonté d’échapper à la condition humaine au nom d’une spiritualité idéaliste .Tous ces gourous pervers que l’église catholique , trop souvent nous a donné en exemple sous l’étiquette de sainteté, me confirment dans ce choix .

             » Strozzi n’était ni homme d’oeuvres , ni philanthrope ; Un révélateur voilà ce qu’il était ; Il révélait aux notables ,aux gens de bien, aux spécialistes de l’exploitation de l’instinct, à ceux de l’ordre moral comme aux sociétés comme aux chrétientés leur chantage, leur vice secret qui consiste , dans une inconscience presque invincible , à considérer les hommes comme des objets  » (Jean Sulivan « Car je t’aime , ô Eternité  » p 157, 158) .

          • @Guy Legrand,

            Je vous remercie de votre comentaire. J’ai envie de le remonter en sens inverse et de vous répondre en deux temps.

            2. Vous m’avez fourni, grâce à la relecture de ces trois chapitres si denses du livre de l’Exode, ma méditation de carême de ce jour. J’en retiens ces quelques éléments :

            -Dieu promet à Moïse de lui parler comme un ami parle à un ami.

            -Moïse amène Dieu à se repentir de Sa colère et ceci me touche, d’abord parce que Dieu se repend, non qu’Il ait péché, mais Il revient, Il remonte la pente qui lui fait Se ressouvenir, Lui dont le Nom est Jaloux (amour de possession, Louis Second), de Son amour, avec des va-et-vient qui sont peut-être dûs aux marées des passions de l’auteur inspiré, mais sont propres à la relation, au dialogue (inégal?) de deux libertés qui s’aiment et ne se comprennent pas toujours, et se donnent un temps pour la haine ou pour le ressentiment, comme le dit l’Ecclésiaste: « Il y a un temps pour tuer et un temps pour guérir ». La foi, c’est la lutte avec l’ange, et c’est aussi la lutte de Dieu avec l’homme, du moins Est-ce mon vécu existentiel de la foi, qui veut anticiper ce dénouement que ma raison présentera toutes ses objections à Dieu, discutera avec Lui, mais que pour finir, elle s’inclinera devant ma foi et se prosternera devant Lui. Une des traductions du nouveau nom que Dieu donne à Jacob après que celui-ci s’est montré « fort contre Dieu » et qu’il sort boiteux de cette nuit de la foi, est, selon Henri Meschonnik que j’ai entendu dire cela devant moi lors d’une réunion consacrée à Claude Vigée au centre communautaire juif de Paris dirigé par Shlomo Malka, Claude Vigée qui n’a pas bien rendu selon moi dans « La lutte avec lange » la densité de ce combat (le combat spirituel n’est pas qu’une tentative de revenir à Dieu, il est aussi une volonté délibérée de s’opposer à Lui), « En lutte avec Dieu », de même qu’une des traductions rabbiniques de la définition que Dieu donne de Lui-même en Exode 3:14-16 est « Peut être », a dit le même poète et traducteur Henri Meschonnik. Voilà qui nous place au plus loin de la métaphysique du Dieu étant , implicite à la philosophie d’Heidegger et importation de catégories grecques dans une religion sémitique comme par une ruse de l’histoire nécessaire à l’universalisation du christianisme, cette histoire juive qui a réussi.

            -Mais ce repentir de Dieu provoqué par Moïse me touche aussi, car je me dis souvent que si l’homme avait usé de la même mansuétude pour dire à Jésus que ce calice pouvait s’éloigner de Lui et s’il s’était interposé entre Son Père et Lui pour n’être pas racheté à si grand prix comme Dieu s’est interposé entre Abraham et le couteau du sacrifice pour sauver Isaac, il y aurait eu relation de rédemption réciproque qui aurait la relation réciproque de l’homme et de Dieu. Saint Léon le grand a écrit qu’il étaitdans la nature de Dieu de sauver comme il était dans sa nature de créer. Mais Dieu voulait peut-être être sauvé de vouloir sauver,d’autant que nous ne savons pas de quoi nous sommes sauvés et que nous sentons rarement l’efficace de larédemption. Dieu Lui aussi pouvait vouloir être sauvé, et c’est ce que Moïse a fait en Le faisant Se repentir de Sa colère.

            -Mais ce même Moïse qui fait revenir Dieu de Sa colère est un briseur de loi. De colère il brise la loi qu’il s’était vu dicter par Dieu et qu’il avait patiemment retranscrite. Et en brisant la loi, qui sait s’il ne se rend pas coupable d’un plus grand péché que le peuple idolâtre, qui s’est fait un dieu en fondant tout son or et donc tous les matérialismes en une fête de la matière?

            -On ne peut voir Dieu sans mourir. Choisir la vie consiste à la saisir comme un rayon de la Lumière divine sans la confondre avec la vision de Dieu. En Jésus, cette « lumière des hommes » qu’était la vie chaque fois qu’un homme entrait dans le monde se fait visage et se fait message. Le visage est une allégorie de la personne en ce que toute personne est une conscience et que toute conscience est un message. Dieu se fait personne humaine en Jésus-Christ, deuxième hypostase de la sainte Trinité.

            -Moïse verra la Gloire de Dieu, Il verra passer la bonté de Dieu.

            -L’exode ou le carême de Moïse sera de contempler Dieu écrivant Sa loi afin de n’être plus tenté de la briser. Revenant d’avoir vu Dieu écrire et non plus d’avoir écrit lui-même, non seulement Moïse n’est plus en colère, mais il est transfiguré, et la transfiguration de Moïse préfigure la transfiguration de Jésus.

          • « 1) je ne crois pas à la notion de péché originel , déduite de la réflexion d’Augustin , sans aucune source scripturaire , comme une faute morale », commenciez-vous par écrire.

            Je regrette cette formulation:

            -d’abord parce que vous donnez dans la tarte à la crème qui consiste à imputer à saint Augustin l’invention du péché originel. Qu’il l’ait systématisé, sans doute; qu’il lui ait même donné ce nom, peut-être; mais qu’il l’ait inventée, certainement pas. D’autant que la notion de péché originel a des fondements scripturaires: « C’est en adam que meurent tous les hommes; c’est dans le christ que tous revivront » (I Cor. 15:22). Rm 5:14-15 « Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, par une transgression semblable à celle d’Adam, lequel est la figure de celui qui devait venir.
            Mais il n’en est pas du don gratuit comme de la faute; car si, par la faute d’un seul, tous les hommes sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don se sont, par la grâce d’un seul homme, Jésus-Christ, abondamment répandus sur tous les hommes. »

            -Ensuite, il ne s’agit pas tant de croire dans le péché originel
            que d’en comprendre la valeur existentielle. On en saisit quelque chose quand on rapporte au péché originel cette parole du psalmiste (cette parole de David, dont j’ai entendu une interprétation osée donnée par des évangélistes de la mega church de ma ville supposer qu’il se savait enfant naturel et que c’est pour cette raison que Jessé son père n’a pas pensé à l’appeler quand Samuel est venu chercher un roi pour Israël…): « J’étais pécheur dès le sein de ma mère. » Valeur existentielle qui s’approfondit quand on se dit que le péché originel est le revers de la communion des saints, la condition de la compassion, de l’empathie, l’inscription de la Création, non dans une distance infrangible de tous les êtres entre eux même si chacun est irréductible à l’autre, mais dans une télépathie générale où tout ce qui arrive à l’un rejaillit sur l’autre, où les signes s’appellent par aimantation de champs magnétiques d’attraction-répulsion, où la télépathie générale est fond commun et condition du langage commun et où pour qu’il y ait solidarité dans le bien ou un supplément de fraternité si vous préférez, il faut qu’il y ait eu solidarité dans le mal.

            -La différence entre vous et moi est que vous lisez cet épisode dit du péché originel de manière exégétique quand je le lis de manière poétique. L’emploi de cet adjectifme permet de remercier au passage Jean-Pierre Gosset, non seulement pour m’avoir qualifié de poète, mais aussi pour avoir exhumé le lien d’une émission qui m’est chère, où je fus « le grand témoin » de RCF en marge d’un rassemblement à Lourdes et sans que ma vie soit adossée à une œuvre.

            Je n’aime pas l’abus que l’on fait du terme de « mythologie » pour nous mettre à distance de la Révélation dont nous vivons. Mais tant qu’à prendre le récit de la Création pour un récit non seulement poétique, mais mythique, convenons avec Jung ou Anick de Souzenellle que « le mythe est présent », que le mythe est vivant et que si toute religion est un « délire de référence » (Elisabeth Roudinesco et Jean Laplanche définissant la paranoïa dans le « Dictionnaire de la psychanalyse »), nous vivons de ce délire et ce délire nous structure.

            « Je lis plus volontiers ce texte de la Genèse comme la description de l’incomplétude consubstantielle à la condition humaine qui est source du mal dans la mesure ou quelque chose en nous ne s’y résigne pas et cherche à la nier », ajoutez-vous.

            Je vous sens prêt à donner dans cette autre assomption théologique de la nature humaine qui fait l’économie du salut,et votre référence à Heidegger va dans ce sens, que l’homme a été demblée fait incomplet et créé dans la limite. Je ne suis pas de cet avis, encore faut-il argumenter.

            -L’argument le plus fort me semble là encore de nature existentielle. L’homme, ne se souvenant pas d’être né, n’a pas la notion du temps comme on le croit, mais a de manière innée la notion de l’éternité. Si l’on fait un tant soit peu crédit à la psychologie de rejoindre la nature humaine, l’homme n’est pas un être qui vient de la mort. Il n’a pas la nostalgie, mais le souvenir de l’éternité.

            -Pourquoi l’homme, étant créé par l’amour infini de Celui qui est l’Infini, serait-il créé dans la limite?

            -L’homme vient du Désir et doit retourner à la vie, c’est sa mortalité qui est l’illusion d’une résignation. L’homme est bordé par le principe d’innatalité perçu par Steiner et par l’immortalité de l’âme crue par tous les philosophes grecs. Ce n’est pas un « être pour la mort » comme le dit celui dont vous reprenez à votre compte la définition du bien et du mal:

            « – le bien ,c ‘est la volonté du sujet qui se réfère à un absolu défini hors de lui même ;
            -le mal c’est la prétention à vouloir être tout . »

            Admettons pour le mal. Nous ne sommes pas tout, nous sommes référés à celui qui nous donne tout. Et l’Église se trompe à mon sens quand elle fait de l’orgueuil le premier des péchés capitaux. Ce qu’elle entend par orgueil qui est un synonyme de l’honneur, c’est la prétention. Dieu serait en droit d’être prétentieux, mais Il cesserait de nous respecter s’Il l’était.

            Admettons pour le mal, mais pourquoi le bien consisterait-il à accepter pour le sujet une délimitation extérieure à la liberté des valeurs à prendre ou à laisser? Comme si Dieu avait glissé le mode d’emploi de notre êetre dans la boîte à gants de notre « moi », voiture customisée. Dieu ne nous a pas dit qu’un autre, en l’occurrence Lui-même, connaissait le bien et le mal, mais qu’un fruit était disponible pour le conaître, car il était indispensable que cette puissance fût à la disposition de la Création, mais que ce fruit était inutile et si mon hypothèse est pertinente, que Dieu ne voulait pas avoir à en goûter, car Il savait dans quel engrenage d’accusation et de jugement cela nous entraînerait. notre refus de toute espèce d’anarchie nous fait vouloir avoir été créés dans l’hétéronomie quand Dieu nous propose la dépendance, qui est le contraire de l’autonomie, tant vantée par nos sociétés de solitude et de non accompagnement, que le coronavirus convainc qu’il est dangereux de se tendre la main.

          • A Julien
            Merci pour votre commentaire qui appelle au questionnement .
            1) ce qui m’intéresse le plus dans la Bible , paradoxalement par rapport au discours habituel des religions , c’est que c’est par une parole humaine que nous pouvons entrapercevoir non pas Dieu , mais les actions de Dieu . C’est le présupposé de la dogmatique de Karl Barth : nous ne pouvons rien dire de Dieu , nous ne pouvons nous fonder que sur ce que nous reconnaissons des actions de Dieu .
            En christianisme , du fait de l’incarnation, ce sont bien la vie et les actes de l’homme Jésus qui nous révèlent Dieu à travers ce que nous en disent ceux qui ont vécu avec lui , : la coïncidence parfaite de la vie d’un homme avec la volonté divine  » celui qui m’a vu a vu le père . » Ce qui nous permet de dire : cet homme Jésus est vraiment Dieu comme le dit le credo de la foi de l’Eglise .

            2) Une parole de Yeshayaou Leibowitz m’a beaucoup marqué : personnage fondamental dans l’histoire de la Révélation , Moise n’a pourtant pas mis les pieds sur la terre promise . Moise n’a pas vu Dieu en face, Dieu a même voulu le tuer (passage difficilement compréhensible ) et n’a pas non plus recueilli lui même les fruits de son action libératrice et pourtant c’est Moise . Ce qui nous ramène à une plus juste appréciation de la qualification par nous même ou par les autres (reconnaissance de la sainteté ? ) de notre propre témoignage . Qui peut dire de lui même ou d’un autre qu’il a véritablement témoigné par sa vie de la présence de Dieu en notre monde ce à quoi pourtant nous assigne notre baptême et qui donne sens à notre vie ?

            3) Enfin , je consonne comme lecteur de Levinas avec votre phrase : le visage est une allégorie de la personne en ce que toute personne est une conscience et que toute conscience est un message . Ce que je lis comme une définition possible du sacerdoce commun des baptisés . Dans ma paroisse on dit à chaque baptême d’un petit enfant : « fais apparaitre un visage de jésus Christ qui n’a encore jamais été manifesté . »
            La seule mission qui vaille malgré toutes les ambivalences de la réalité de nos vies et qui reste pour moi une espérance .

  • Je ne résiste pas au plaisir de vous copier-coller un long extrait de l’éditorial d’Isabelle de Gaulmyn, la croix du 29 février :
    « …Il ne suffit pas de réviser les programmes des séminaires en ajoutant quelques heures de cours sur la sexualité pour les futurs prêtres. Il faut de toute urgence revoir cette vision de la sexualité que l’Église transmet au quotidien ! Ne pas avoir peur de s’y confronter, ne pas préférer se taire sur ce que l’on devine comme failles, troubles, ombres, que ce soit dans le célibat, la chasteté, le rapport homme-femme. Ou l’homosexualité, qui, on le sait, concerne une partie du clergé et dont le rejet officiel amène à des contorsions hypocrites. C’est même d’autant plus nécessaire dans une société hypersexualisée comme la nôtre. La Bible pourtant, et notamment l’Ancien Testament, regorge d’histoires particulièrement terribles d’adultères, d’incestes, de vengeances. Assez pour montrer que la sexualité peut être à la fois le pire et le meilleur. Que le problème n’est pas la sexualité elle-même, mais ce que nous en faisons. Que nous sommes tous traversés par nos désirs, y compris dans notre vie spirituelle. Il est temps d’avoir un discours adulte et non une soupe mystico-gazeuse qui conduit aux pires dérives. Faute de quoi nous risquons de continuer à être envahis par les « affaires sexuelles », ce qui finit par jeter le discrédit sur toute l’institution. ».
    Et je rebondis sur un message précédent : « Ne peut-on penser que Jean Vanier avait aussi ses fragilités… »
    « … (Jean 8:7) Comme ils continuaient à lui poser des questions, Jésus se redressa et leur dit : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. ».
    Plutôt que de s’étendre en commentaires politiquement corrects, ne pourrait-on pas plutôt chercher tout le bien que cet homme, peut-être trop humain, a pu faire. En tout cas, il semble que notre amie ne s’en soit pas plainte…
    Par ailleurs, je tombe sur la Confession d’une religieuse, sœur Emmanuelle, ouverture: « …Il me faudra descendre jusqu’à cette vase inconsistante que recèle tout cœur d’homme…au risque de ternir l’image idéale que fabriquent de moi les médias, au risque de choquer certains lecteurs…la vérité ne comporte-t-elle pas une certaine crudité… « .

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    • Ce que je voudrais souligne c’estr que pendant que l’on deverse des tombereaux d’injures sur Jean Vanier et qu’il est certes très probable que les fautes dont on l’accuse soient fondées ,hélas, c’est que ne parait pas le moindre témoignage à sa décharge ce qui me parait plus que surprenant car enfin pendant ces 50 ans de présence à L’ARCHE je suppose qu’il n’a pas reçu que ses 6 présumées victimes.
      Autre fait surprenant aucun homme d’église parmi ceux qui avaient donc droit de regard sur la marche de l’Arche n’était au courant et n’avait donc reçu la moindre plainte
      Je ne cherche nullement à innocenter Jean Vanier,mais son éventuelle culpabilité ne repose que sur des des indices concordants, certes, mais aucune preuve incontestable

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      • Dominique, vous allez une nouvelle fois nous faire le couplet du « je ne cherche nullement… mais… » ! Arrêtez ! Vous attendez quoi : que des femmes viennent témoigner qu’elles ne se sont pas faites abuser ? En quoi cela infirmera-il que certaines aient pu l’être ? Pour e reste vous posez des questions qui ont leur réponse dans le rapport de synthèse : lisez-le !

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        • Ben oui, René, j’ai pour principe de ne pas accuser sans preuve, et je dis bien sans preuve, or dans la déclaration de l’Arche que j’ai très bien lu, si, si, il est bien stipulé qu’il n’y a pas de preuves mais incontestablement des témoignages concordants, ce qui n’est tout de même pas la même chose.

          Pour le reste dites-moi donc à quel endroit de ce rapport il y a une réponse à la question « commment se fait-il qu’aucun responsable écclésiastique n’ait su pendant si longtemps ce qu’il en était de Jean Vanier et de son comportement vis à vis de certaines femmes. Cette ignorance me parait pour le moins surprenante.

          Enfin je ne demande évidemment pas ce que vous me prêtez comme intention (avec généoisité d’ailleurs…) mais ce qui me gêne tout de même un peu c’est que l’on fait le procès d’un mort lequel ne peut évidemment pas s’expliquer. Sinon avec Jean Vanier il semblerait que l’on soit devant Dr Jekyll et Mister Hyde

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          • Des témoignages suffisamments concordants pour que – mis en perspective avec le contenu de la correspondace trouvée couvrant la période qui précède la création de l’Arche – une association prenne le « risque » d’une certaine vérité sur son fondateur. Par masochisme et esprit suicidaire, sachant les questions soulevées par ailleurs concernant le « possible » abus sur des handicapés ?

            Vous avez raison, ce n’est pas dans le rapport lui-même, mais dans les déclarations qui l’ont accompagnée, notamment celle du prieur de la Province de France des dominicains, qu’on trouve sinon la réponse à votre question « comment se fait-il que… » (qui semble induire la conclusion qu’il ne s’est rien passé) mais un éclairage décisif sur le fait que Jean Vanier, Thomas Philippe et un certain nombre de personnes n’ont tenu aucun compte de l’interdiction qui leur était faite par le Vatican de prolonger l’expérience de l’Eau vive, précisément du fait des abus ayant conduit à la condamnation canonique du père Thomas Philippe. Comme je l’ai écrit : « Rome savait, l’Ordre savait… » Il y a là, de toute évidence, l’illustration de ces refus de voir, coupables, que l’on retrouve ultérieurement dans tant de situations.

            Quant au fait qu’on « instruit un procès » alors que Jean Vanier n’est pas là pour se défendre. C’est une réalité mais fallait-il ne rien faire du seul fait qu’il était mort, alors qu’une seconde plainte venait d’être enregistrée et que le voile était levé sur les agissements du père Thomas Philippe ?
            Encore une fois, je crois avoir souligné dans mon billet combien il était contraire à toute la tradition chrétienne d’enfermer un homme dans ses seuls actes mauvais. La disparition de Jean Vanier doit nous rendre plus exigeants. S’il y a un devoir de vérité et de justice vis-à-vis d’éventuelles victimes, il y a un égal devoir de vérité et de justice vis-à-vis de sa mémoire. Prétendre s’exonérer de l’un ou de l’autre serait également immoral.

          • A Dominique .Établir des faits , ce n’est pas instruire un procès, c’est nommer la réalité .
            Jean Vanier étant mort il n’y aura jamais de procès. Juste une histoire fondée sur des faits de la réalité de son parcours .A chacun ensuite de se faire une opinion .

          • A Dominique

            « comment se fait-il qu’aucun responsable ecclésiastique n’ait su pendant si longtemps ce qu’il en était de Jean Vanier et de son comportement vis à vis de certaines femmes. Cette ignorance me parait pour le moins surprenante. » écrivez-vous.

            Ecrivant cela, vous faites comme si l’« ignorance » permettait d’expliquer leur silence.
            Or ce n’était nullement le cas, puisque la véritable explication en était leur connivence (version catholique de l’omerta).

            Mgr Gérard Daucourt, évêque émérite de Nanterre (Hauts-de-Seine), qui fut très proche pendant près de 50 ans de Jean Vanier, s’exprime après les révélations sur les abus commis par le fondateur de l’Arche, dans une lettre destinée initialement à ses proches, qu’il autorise La Croix à publier :

            « Je tombe dans l’incroyable et dans l’incompréhensible. Et pourtant c’est vrai, c’est vérifié, c’est prouvé. Si Jean avait eu des écarts contraires à la chasteté et à un juste comportement moral chrétien, je l’aurais regretté sans juger, trop conscient que je suis de ne pas pouvoir jeter la première pierre. Mais il s’agit de bien autre chose : Jean a porté atteinte à la liberté de plusieurs femmes, à leur intégrité. Il a abusé d’elles en accompagnement spirituel y compris sexuellement et les a fait souffrir. C’est totalement condamnable. »

            « En tout cas c’est inacceptable et ça dépasse l’entendement quand on a aimé Jean Vanier, qu’on connaît la profondeur de son message et le rayonnement de sa personnalité. Pourtant je ne peux que reconnaître cette stupéfiante réalité, m’interroger et accepter dans la douleur de ne pas avoir de réponse. » (La Croix, 2/3/2020, voir ci-dessous)
            https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Mgr-Daucourt-Jean-Vanier-Je-peux-reconnaitre-cette-stupefiante-realite-2020-03-02-1201081587

          • Euh, Robert, ne faites pas un procès d’intention à Mgr Gérard Daucourt !
            A aucun moment, il ne dit ni ne laisse entendre qu’il était de connivence ou qu’il aurait pratiqué l’omerta sur des faits dont il aurait eu connaissance.
            Vos amalgames sont choquants.

          • En effet, Michel, je n’aurais jamais dû mêler la contribution de Mgr Daucourt à ma réponse à Dominique
            (la contribution de Mgr Daucourt n’ayant rien à voir avec la confusion courante entre silence d’omerta et silence d’ignorance, qui était au cœur de ma réponse à Dominique).
            Excusez-moi pour cet impair.

  • Eené, ,il est évident que les responsables actuels de l’Arche ont manifesté un sacré courage en rendant publiques les résultats de l’enquête entreprise sur le comportement de jean Vanier leur fondateur ô combien vénéré de son vivant et en grande partie à juste raison à mon avis, mais par instinct je me méfie toujours des manifestations d’enthousiasme ou de détestation de la foule si souvent versatile La foule qui acclamait Jésus aux Rameaux état-elle si,différente de celle qui réclamait sa crucifixion ? Et Pierre qui avec force affirmait à Jésus que même si tous les autres le lâchaient lui ne le quitterai jamais?
    Comme e le disait il y a quelques jours sur KTO un ecclésiastique les plus grands saints sont tous des casseroles à trainer derrière eux
    Par ailleurs en tant que chrétien ne doit-on pas voir la présence de Dieu dans chacun de nos frères,et il me semble qu’ à trouver chez Jean Vanier ne relève pas de k l’exploit et ce même si ce qu’on lui reproche est fondé

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  • Comme je viens de le lire sur un autre blog il serait peur-être bon de rappeler que Jean Vanier n’était qu’un simple laïc et en rien un homme d’Eglise ayant prononcé des voeux
    L’arche n’est en rien une association dépendante de l’Eglise er ne se revendique pas du tout comme catholique et ce même si son fondateur Jean Vanier ne cachait certes pas sa foi catholique et que des prêtres assez troubles y ont joué un grand rôle qu’on peut nommer fondamental d’ailleurs

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    • Dominique tu déc….. pour parler cru .
      Aucun de tes arguments n’est recevables car ils sont hors sujet . Il s’agit ici de l’abus de pouvoir et de l’emprise d’une personne sur une autre qui la conduit à accepter des actes , que librement elle ne commettrait t pas .
      Le fait d’être clerc ou pas , de s’être engagé à la chasteté , a la continence ou simplement envers une autre personne n’est pas le sujet
      Le fait d’être croyant , catholique ou pas n’est pas non plus le sujet .
      Ce qui est moralement condamnable a défaut de l’être pénalement , c’est de ne pas respecter la liberté de l’autre , dans la relation que l’on établit avec lui
      Si en plus on prétend se réclamer de l’Evangile on est de surcroît incohérent et irresponsable .

      Jean Vanier aurait été athée et marié , son comportement serait tout autant condamnable .

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      • Guy peut -être que je déc; … comme tu dis,mais dans ce cas j’ai l’impression de n’être pas le seul … et l’enthousiasme avec lequel certains,qui rêvent que l’Eglise revienne entièrement sur la position qu »elle a en matière de sexualité s’acharnent sur Jean Vanier dont l’attitude est certes pour le moins surprenante,me parait des plus suspect.
        et puis en matière de sexualité la notion de respect de la volonté de l’autre n’est-elle pas très floue par elle-même sauf bien sûr en cas de viol manifeste?

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  • En fait il existe trois définitions du mot « Eglise »: Le bâtiment où se rassemblent les fidèles; le groupe social dirigé par une administration; enfin l’Eglise épouse du Christ. Portons notre pensée vers cette dernière et évitons de nous vautrer dans la pure horizontalité des choses. Les évangiles nous y conduisent. Mais il faut retenir que l’homme n’est pas encore un être accompli et que sa liberté repose sur deux infinis spirituels contradictoires dont on ne peut mesurer la profondeur. Jean Vannier n’est plus là; passons à autre chose car J V n’est pas le messie. Il est encore temps de lui pardonner et de penser au futur.

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    • Tout à fat. Pour être conséquent il faudrait n’écrire que : église, Eglise SA ou Eglise XT (Chrisme). Ce virus de bonneteau serait stoppé, et les propos des uns et des autres plus clairs et sobres.

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    • merci pour la profondeur de ce message si ce n’est que le pardon appartient aux victimes lesquelles semblent dores et déjà avoir accordé à Jean Vanier

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  • Merci à vous pour ce remarquable article. L’Arche a effectué une enquête, et rendu publique les abus commis par le père Thomas Philippe et par Jean Vanier. La communauté St Jean a dénoncé ceux commis par le père Marie-Dominique Thomas. Les dominicains entament des recherches. Fort bien.
    Mais quid de l’église catholique? Nous apprenons avec stupéfaction que les deux religieux avaient été condamnés en… 1956 par un procès canonique pour des faits similaires.
    Cette église qui ne cesse de jeter l’opprobre sur la sexualité des fidèles a laissé des religieux condamnés, par elle-même, pour des abus sexuels, exercer des responsabilités. Des papes les ont reçus, montrés en exemple.
    Les déclarations navrées des évêques ne suffiront pas, il faut que l’institution s’explique. Et explique à quoi servent les procès canoniques si leurs jugements ne sont pas suivis d’effets.

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    • A Mathilde
      Il faut que l’institution s’explique dites vous . Je partage ce souhait tout en pensant qu’il n’a aucune chance de se réaliser parce qu’il est contraire à la représentation que le magistère de l’église a de lui même .
      – Le sacerdoce ministériel ou hiérarchique est d’une autre nature que celui des simples baptisés dit  » Lumen gentium  » . ce qui implique que celui ci n’a pas de compte à rendre hormis à Dieu . .. Depuis quand le berger est il tenu de rendre de compte au troupeau ou simplement de s’expliquer sur son comportement ? Voila qui légitime juridiquement que le magistère refuse de s’expliquer .
      – Plus grave encore , la culture du magistère de l’église reste fondamentalement celle que décrivait Hegel dans sa « philosophie de l’histoire » : « Héritière de la logique romaine
      l’église tolère avec bienveillance toutes les entorses possibles à ses règles à condition que cela reste dans l’ordre privé . Mais dans le même temps ,elle exige la reconnaissance de la valeur absolue , inconditionnelle et contraignante de ses normes .Ellle est en ce sens inauthentique en affirmant une vérité purement abstraite , sans prise sur le réel . »

      Ce constat permet , me semble t il de comprendre la position de Barbarin et de ses prédessesseurs sur la pédocriminalité : 1) l’important est d’affirmer publiquement la sacralisé et le célibat du prêtre et de tout faire pour que cette affirmation ne puisse pas être remise en cause . Voila pourquoi ils sanctionnent plus vite et plus radicalement un prêtre qui assume publiquement vivre avec une femme qu’un prêtre publiquement ce!ibataire qui abuse d’enfants . Tant que cela ne se sait pas , cela n’a aucune importance ., ne mérite même pas qu’on s’y intéresse . » On m’a parlé de ce truc » a dit Barbarin concernant les plaintes de victimes de Preynat . Seule une pression extérieure (perçue comme inconvenante par Barbarin ) qu’est l’aloi pénale a pu obliger l’église à regarder en face la pédocriminalité de ses clercs .
      2) le réel ne les intéresse pas . les actes concrets , tant qu’ils ne sont pas connus n’ont aucune importance .Ce qui compte ce sont les idées abstraites :
      -peu leur importe qu’une personne en fin de vie souffre atrocement et qu’aucun remède connu ne soit efficace . Il faut » contempler  » la vie jusqu’à sa fin naturelle nous dit le responsable de la bioéthique de la CEF .
      – Le clerc s’est engagé au célibat donc le fait qu’un prêtre puisse abuser d’enfants est inconcevable pour ces clercs qui vivent dans un monde parallèle ou la réalité n’est envisagée que dans la mesure ou elle est une conséquence directe des affirmations doctrinales .
      – la justice canonique a condamné Thomas Philippe pour sa théologie déviante . Peu importe ensuite ce qu’il peut advenir de ce prêtre

      La question des rapports entre l’église et la société le constat de leur incapacitéà se comprendre est d’ordre culturel .Le magistère de l’église se réfère à une culture donc à un langage qui n’est plus depuis longtemps la notre . Par exemple , l’organisation toujours féodale de l’institution ecclésiale s’explique par le fait que la culture cléricale n’a toujours pas intégré que seul le pouvoir limite le pouvoir et qu’en conséquence, toute organisation , pour éviter des dérives doit institutionnaliser des contrepouvoirs .

      Aujourd’hui ce fossé culturel apparait au grand jour . Face à cela l’église peut :
      -soit s’acculturer à notre société mondialisée( ce qu’elle a toujours fait au cours de son histoire et dès le début en s’acculturant à la culture grecque puis romaine )
      -soit par peur se replier sur elle même et se couper plus encore du monde réel auquel elle ne pourra plus témoigner de l’Evangile .

      On voit chaque jour , dans quelle tenaille est pris le pape François et la faiblesse de sa marge de manoeuvre , vu la force de ses opposants .

      Que l’église rende des comptes au fidèles sur sa propre action ? Question dépourvue de sens dans la culture qui est celle du magistère de l’Eglise . .

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      • Donc l’Eglise est indécrottable et si contente d’e’lle-même que jamais rien ne changera en elle,sauf ,bien sûr la Révolution chez ses (rares) fidèles .
        C’est curieux,mais il me semble avioir déjà entendu çà » quelque part…
        Enfin… »rien de nouveau sous le Soleil »

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        • @Dominique
          « Donc l’église est indécrottable… »
          Vous reconnaîtrez qu’elle en donne l’apparence.
          Il aura fallu que les dirigeants de l’Arche, avec courage, enquêtent sur les abus sexuels commis par de Jean Vanier, pour qu’on découvre que les pères Thomas et Marie-Dominique Philippe avait été condamné en 1956 pour des faits similaires à ceux découverts en 2013-2014.
          Après les révélations de 2013 l’église a condamné ces pratiques, s’est présentée comme trahie par ces deux figures que plusieurs papes avaient montrées en exemple. Rien n’a été dit sur le procès canonique de 1956, aucune recherche pour savoir grâce à quelles complicités ces prêtres interdits de ministère et d’accompagnement spirituels ont pu l’un fonder l’Arche en 1964 et l’autre fonder , en 1975, la Communauté Saint-Jean à Fribourg, puis les communautés des Sœurs contemplatives et des Sœurs apostoliques de Saint-Jean et être directeur spirituel de la communauté de mère Myriam.
          Mgr d’Ornellas lors de l’instruction canonique de 2015 n’a-t–il pas eu connaissance de la précédente enquête?
          Indécrottable, le mot est effectivement bien choisi.

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          • La question de fond reste posée. Mais en bonne chronologie c’est la découverte des dérives et des condamnations afférantes aux deux frères Philippe, et notamment de Thomas Philippe, qui on incité les responsables de l’Arche à prendre au sérieux les premiers témoignages contre Jean Vanier et à ouvrir l’enquête à son sujet. Pas l’inverse.

          • A ma connaissance le procès canonique de 1956 ne visait que le P. Thomas Philippe, mais pas directement le P. Marie-Dominique Philippe.

          • A Mathilde,
            Ornellas avait toutes les informations en 2015 lorsque lui ont été remis les résultats de l’enquête canonique qu’il avait commandité en 2014 . Aussi lorsqu’il prétend avoir découvert ces faits en 2019 , il prend de grandes libertés avec la vérité .
            Il a simplement réagi comme tout bon évêque doit le faire , comme Barbarin et ses prédécesseurs l’ont fait aussi : étouffer le scandale à n’importe quel prix pour sauver la face de l’église aux yeux du monde . Dans cette logique , l’intégrité physique , spirituelle ou même la vie des fidèles font partie des « dommages collatéraux » certes regrettables mais tellement moins prioritaires que la « raison d’église  » .
            Un « bon « évêque obéit par principe à la logique d’un système ou l’institution ecclésiale et sa pérennité sont érigés en absolu , quitte à en oublier les conseils évangéliques qui sont secondaires puisque « hors de l’église » comprise exclusivement dans son acception institutionnelle , il n’est point de salut possible .

          • A Guy Legrand :

            « Un « bon « évêque obéit par principe à la logique d’un système ou l’institution ecclésiale et sa pérennité sont érigés en absolu » écrivez-vous.

            S’il est vrai que l’Eglise a du mal à gérer la crise et ne réussit pas à se réformer, il me semble que la hiérarchie n’est pas seule en cause.
            Or c’est ce que vous semblez sous-entendre chaque fois que vous clamez haut et fort que notre Eglise est irréformable.

            En réalité, nous sommes tous, autant que nous sommes, solidairement responsables de notre Eglise, en permanence « en bonne intelligence » avec la hiérarchie et avec l’emprise que cette même hiérarchie pourrait éventuellement exercer sur nous.
            Restant conscients, toutefois, que toute emprise inacceptable du point de vue de l’intelligence demande à être rejetée aussitôt, intellectuellement parlant.
            A défaut de quoi, le caractère « irréformable » de l’Eglise serait alors une triste conséquence de notre propre inaction !

          • A Robert Désolé , je ne suis en aucun cas solidaire d’une hiérarchie ecclésiale qui n’est que l’executant d’une logique institutionnelle qui ne poursuit qu’un seul but : sa propre pérennité .Si il y avait dans l’église , une gouvernance équilibrée entre clercs et peuple fidèle alors, il serait possible de construire ensemble la communion par un débat équilibré Je ne me sens jamais engagé par un discours magisteriel qui prétend dire pour moi ce que je suis sensé penser .Le modèle féodal de cette forme d’église est incompatible avec notre culture aujourd’hui .La confusion entre Eglise ( peuple de Dieu comprenant les clercs et les fidèles et église (institution clericale) ne rend pas compte d’une communion qui est toujours à construire .

          • A Guy Legrand :

            « En bonne intelligence avec la hiérarchie » – ce que j’avais écrit – est totalement différent d’être « solidaire de la hiérarchie » – ce que vous avez écrit – comme le précise d’ailleurs l’article du Figaro ci-dessous
            https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/expressions-francaises/2018/05/21/37003-20180521ARTFIG00001-les-expressions-a-bannir-au-bureau-en-bonne-intelligence.php

            Mon intervention avait pour but de vous faire réagir sur l’emprise dont sont victimes beaucoup trop de moutons de la part de la hiérarchie ecclésiale :
            « Cela [la soif d’absolu] peut conduire certains à croiser des personnalités manipulatrices, ou même à devenir la proie de personnalités narcissiques qui détournent à leur profit la quête de Dieu. Ce sont même parfois de véritables systèmes d´emprise qui se mettent en place. Le mécanisme de l´emprise mentale conduit à de nombreux abus, dont l’abus spirituel, et peut causer de graves blessures psychologiques. » (Documentaire KTO : EMPRISE et ABUS SPIRITUELS, 18/5/2019, voir ci-dessous)
            https://www.viereligieuse.fr/VIERGE-FILLES-DE-LA-SAINTE-4850

      • A Guy Legrand :

        Michèle-France Pesneau – qui a été victime des dominicains Thomas et Marie-Dominique Philippe – commente ci-dessous les conclusions de l’enquête :

        « Ce que je ne savais pas, et que l’enquête révèle est, à mon sens, encore plus grave : tout en se prétendant fils très obéissants de l’Eglise, le P. Thomas et Jean Vanier ont continué imperturbablement pendant des décennies leurs comportements mystico sexuels pervers condamnés par cette même Eglise, reconstituant autour d’eux le petit cercle des dévotes de l’Eau Vive malgré l’interdiction qui leur avait été faite par les plus hautes instances de la hiérarchie. Jean Vanier en particulier se prévalait de son amitié avec des évêques catholiques et anglicans, des pasteurs des églises réformées, des papes, des patriarches, la reine d’Angleterre… Il recevait les plus hautes distinctions de la République française et des prix prestigieux (Templeton, etc.) En même temps, il utilisait – tout comme le Père Thomas – un certain nombre de femmes sous son autorité afin de parvenir à des états d’extase mystico-sexuelle. Utiliser son prochain comme un moyen pour parvenir à des satisfactions, fussent-elles prétendument mystiques, n’est-ce pas le contraire du message évangélique dont ces deux hommes se prétendaient porteurs ? »

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  • @Guy Legrand (décidément…),

    « Toute organisation , pour éviter des dérives doit institutionnaliser des contrepouvoirs . »

    Il me semble que les prêtres traversent une crise identitaire sans précédent, dans laquelle ils hésitent entre:

    -être des laïcs comme les autres ou des sortes de primus inter pares,directeurs des ressources humaines d’une équipe d’animation pastorale promouvant un projet paroissial comme il y a des projets d’établissement ou des projets de vie pour des tétraplégiques aphasiques qui peuvent à peine remuer les doigts et les lèvres et dont le projet de vie se limite parfois à ce que la cuillère leur apporte les aliments dans la bouche sans qu’ils fassent de fausse route;

    -être des clercs comme jadis, qui se distinguent par leurs études et leur production intellectuelle au risque de ne la partager qu’avec des sachants de leur acabit, non pas qu’ils auraient pris la clef de la connaissance et empêcheraient les autres d’entrer, mais une telle accumulation de scoliastes et de documents magistériels, doctrinaux ou canoniques a recouvert l’Evangile dans la religion de l’affranchissement de la loi, que ce folklore juridique et littéraire ringard et compassé est à mille lieues d’intéresser une société de l’information que l’information prend de vitesse dans l’accélération de l’histoire;

    -être des curés, des médecins des âmes comme il y a des médecins des corps, pratiquer la cure d’âme comme d’autres pratiquent la cure de parole, s’adonner à l’accompagnement spirituel, quitte à délaisser l’intendance, la fabrique, l’événementiel, l’animation pastorale, tels les apôtres déléguant ces tâches aux disciples, aux ministres du seuil que sont les diacres ou les animateurs pastoraux ou les bénévoles investis dans leur paroisse ou communauté de paroisse.

    Ce choix d’une priorité donnée à la cure d’âme, qui me paraîtrait à moi de loin le plus intéressant pour un curé, est de loin le plus minoritaire, outre que l’organisation de la vie ecclésiale que j’esquisse sous cap serait déjà une organisation. Seulement voilà, d’organisation on ne veut pas.

    Ne sachant à quel saint se vouer ni quel est son métier, ne mesurant pas bien qu’il y a moins un problème de pouvoir dans l’Eglise que de répartition des pouvoirs et de division du travail, ayant pour seule boussole un concept confus comme celui de cléricalisme au nom duquel on refuse le diaconat des femmes pour ne pas les cléricaliser au grand désespoir d’Anne Soupa et de la CCBF, le prêtre répartit discrétionnairement ce qu’il lui reste de pouvoir, donnant l’impression qu’il n’y a plus que du pouvoir à partager dans l’Eglise, et que maîtriser la manière dont s’effectue ce partage confère au prêtre démuni une dernière raison d’exister. Ce n’est pas que le prêtre n’ait pas intériorisé que dans l’Église, le pouvoir est un service, mais déconsidéré, il n’a plus que ce reste de pouvoir. Alors il dirige sans diriger tout en dirigeant, au gré de son tempérament plus ou moins dirigiste
    et vogue la galère!

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    • A Julien ,
      Vu de mon expérience paroissiale et très concrète , les prêtres deviennent de plus en plus des distributeurs hors sols de sacrements . N’ayant plus de lien de vie commune et partagée avec leurs paroissiens faute de temps et de disponibilités , tout occupés qu’ils sont à courir entre les trop nombreux clochers de leur paroisse extensible l’infini jusqu’à ce qu’épuisement s’en suive . Si la paroisse est une communauté , c’est de plus en plus souvent sans son curé .
      La situation me fait penser à ce film remarquable de Stanley Kubrick , « les sentiers de la gloire  » Nos curés et prêtres diocésains sont les fantassins en première ligne manoeuvrés et sacrifiés par des états majors épiscopaux qui restent accrochés à leur doctrine de manoeuvre pensée et élaborée en fonction de la guerre précédente . Nos évêques ont le même cynisme que l’état major anglais à Dunkerque : nous nous battrons jusqu’au dernier français . Quand enfin le dernier curé sera mort d’épuisement ; ce qui ne saurait tarder vu la situation catastrophique de nos paroisses , que feront ils ?

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    • Un prêtre dans le diocèse de Gap s’est suicidé cette semaine , quel drame . Prions pour le repos de son âme
      Quelle était sa solitude pour en arriver là c’est le 3ème en moins d’un an !

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      • Un ami prêtre m’a récemment envoyé la publication Facebook d’un pasteur qui tombe bien dans notre sujet:

         »

        Paroissiens, paroissiennes, vous souhaitez prendre soin de vos ministres et qu’ils tiennent la durée?

        (Et ça vaut aussi pour les enfants, les employés, les inconnus, les patrons ou toute autres catégories d’être humains que vous côtoyez.)

        C’est facile, appliquez le Ratio de 3™: pour chaque critique, remontrance, reproche ou parole négative que vous dites, veillez à dire 3 paroles positives, encourageantes, valorisantes ou bienveillantes. Mais des paroles vraies, réfléchies, et précises.

        Si vous partez du principe que votre ministre ne sait pas ce qui ne va pas et que c’est votre mission de le lui dire*, alors ne partez pas du principe qu’il sait ce qui va bien — dites-le aussi.

        Rappelez-vous que si lui est seul, vous êtes des dizaines à lui faire des remarques. Une remarque par mois de votre part ça semble raisonnable? Oui mais si vous êtes 30 ça fait une par jour, et c’est usant…

        Les ministres sont une espèce menacée d’extinction, n’accélérez pas leur disparition.

        * Pour être plus radical on peut aussi appliquer les propos de Jésus comme « ne jugez pas », « regarde la poutre dans ton œil avant la paille dans celui de ton voisin » ou de Paul comme « ne maudissez pas, bénissez », et arrêter tout court les remarques et critiques. Mais bon… On peut commencer par le Ratio de 3™ en attendant le Royaume. »

        Nous devons veiller sur le bien-être de nos ministres et les inviter de temps à autre à notre table, plutôt que de relever tous leurs défauts et de leur reprocher leur activisme imprécaire, leur volontarisme agité et leur tendance à la réunionnite, qui n’est qu’un remède contre la solitude et contre la mélancolie qu’elle engendre.

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        • Merci à vous, Julien WEINZAEPFLEN, pour ce commentaire, il me paraît plus important de valoriser le positif que de toujours être négatif sur notre Eglise.
          « Mieux vaut allumer une lampe que maudire l’obscurité » (proverbe chinois) ; c’était aussi le titre d’un ouvrage de Marie-Hélène Mathieu, fondatrice de l’OCH (Office chrétien des personnes handicapées) et co-fondatrice avec Jean Vanier de « Foi et Lumière ».

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        • Ceux qui sont à court d’arguments adoptent généralement la même stratégie, celle qui consiste à dire : arrêtons de dire du mal et cherchons plutôt à dire du bien.

          Dans son livre « Un moment de vérité », Véronique Margron – nullement à court d’arguments – fait l’un et l’autre, puisqu’elle s’engage pour non seulement penser les racines du mal dans l’Eglise mais encore pour envisager un possible relèvement. Dans la vérité.

          Car comme l’écrit Aliocha Wald Lasowski dans l’article « Pédophilie : l’Eglise auto-réformable ? » publié dans L’Express du 1/4/2019 :

          « Si le pape François déclare, à l’occasion de ses vœux au corps diplomatique, le 7 janvier 2019, que les abus sexuels sur mineurs sont « l’un des crimes les plus vils et les plus néfastes possible », soeur Véronique Margron considère que ce n’est qu’une première étape, et qu’il faut aller plus loin : nous devons changer de mœurs au sein de l’Église. Et elle propose, pour conclure son analyse, « Douze travaux » à mettre en place : placer les victimes au centre, désacraliser la figure du prêtre, déconstruire le système clérical, promouvoir la place des femmes dans l’Eglise, remanier les mœurs religieux en profondeur, changer le style de l’Église, renforcer le dialogue avec la société, faire la vérité pour retrouver la confiance, former les prêtres sur les questions affectives, combattre les phénomènes d’emprise, revoir l’exercice du pouvoir au sein de l’Église et, enfin, mettre en actes la « tolérance zéro ».
          De beaux projets, essentiels, à mener de front et « en même temps », pour une véritable réforme. » (voir ci-dessous)
          https://www.lexpress.fr/actualite/societe/religion/pedophilie-l-eglise-auto-reformable_2070539.html

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          • Cette « stratégie » de bénédiction (dire du bien) est aussi celle de Dieu, innocent du mal, « sans idée du mal » pour reprendre le titre d’un ouvrage du frère Jean-Miguel Garrigues.

      • En UE 1300 ordinations/an (25% Polonais). 750/an prêtres quittent (50% Polonais)*. Il fut encore soustraire les décès pour obtenir le flux; en France 800/an **.
        L’avis de Guy est largement fondé, alors qu’au niveau mondial 30% de la crème des prêtres refuse l’épiscopat et que ce pourcentage croit ** obligeant l’Église SA à retenir de plus en plus du second choix pour ne pas supprimer de diocèses **.
        Une vraie communauté -association- trouve un CA et un bureau ou disparait, d’autres surgissent, c’est la vie. De là à considérer que c’est aux communautés d’avoir envie de vivre et de susciter des personnes prêtes à se dévouer quelques années, …. il va bien falloir franchir ce pas malgré toutes les difficultés et alors que les communautés sont si affaiblies.
        Excellent résumé sonnette d’alarme de 2010 ****. Pourtant l’Église SA s’est raidit malgré le Pape François, par les extrêmes alors que ses modérés, grosse majorité, sont à la pèche.

        * https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/quart-nouveaux-pretres-dEurope-sont-polonais-2020-02-20-1201079484
        ** https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/eglise-catholique-100-pretres-ordonnes-pour-800-disparus-chaque-annee_1771967.html
        *** https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pourquoi-acceptes-devenir-eveques-2019-12-26-1201068582
        **** https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/eglise-catholique-100-pretres-ordonnes-pour-800-disparus-chaque-annee_1771967.html

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      • Merci à vous, Julien WEINZAEPFLEN, pour ce commentaire, il me paraît plus important de valoriser le positif que de toujours être négatif sur notre Eglise.
        « Mieux vaut allumer une lampe que maudire l’obscurité » (proverbe chinois) ; c’était aussi le titre d’un ouvrage de Marie-Hélène Mathieu, fondatrice de l’OCH (Office chrétien des personnes handicapées) et co-fondatrice avec Jean Vanier de « Foi et Lumière ».

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  • Nous avons un peu oublié qu’à la fin de chaque messe, dans le temps, était lu, en latin le prologue de St Jean : « …In prinicipio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum… ET VERBUM CARO FACTUM EST, et habitavit in nobis et vidimus gloriam ejus, gloriam quasi unigeniti a Patre, plenum gratia… »
    Je suis avec attention cette « affaire ». Nous sommes là sur un point névralgique que l’humanité, en générale et l’Eglise, en particulier, se refusent de méditer, comme s’il s’agissait du voile du temple que seuls les prêtres pouvaient franchir. « …ET LE VERBE S’EST FAIT CHAIR et Il a habité parmi nous : et nous avons vu Sa gloire pleine de grâce et de vérité, qui est la gloire que le Fils Unique tient du Père… » (in prologue de Jean). Dans ma candeur naïve, je pensais que le fait que le Verbe Se soit fait « faiblesse, vulnérabilité… » n’altèrait en rien Sa qualité de Verbe. Cependant toute la sagesse antique ainsi que de nombreux philosophes, ne pouvaient souscrire à une telle affirmation, partant du principe qu’un Esprit pur et parfait, ne pouvait en aucun cas habiter une chair putrescible ! j’ai écouté avec attention les interview de jean Vannier sur la tendresse (https://youtu.be/umryMrqudFY) et celui de Stephan Posner (https://youtu.be/xGu4vMCCl7Q), et je me pose la question : Comment un homme qui a basé son apostolat sur l’Incarnation, c’est-à-dire sur l’Amour, tel que le voit, en particulier, sauf erreur de ma part, Saint Jean Paul II, dans sa théologie du Corps,, peut-il être sali de la sorte, pour des motifs « mystiquo-gazeux », pour reprendre à mon compte le mot d’isabelle de Gaulmyn. Peut-on rapprocher de cette situation l’assassinat de frère Roger ? Cela fait 2000 ans que nous nous interrogeons sur le Christ vrai Dieu et Vrai homme…peut-être n’avons-nous pas assez médité sur « vrai homme », c’est-à-dire sur « ET LE VERBE S’EST FAIT CHAIR » ?

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    • A François Jean
      L’incarnation reste une idée neuve dans l’eglise tant elle heurte notre instinct primitif religieux .Nous sommes rétifs à l’accepter et à en tirer toutes les conséquences .
      C’est sans doute la raison pour laquelle l’église a une conception de l’incarnation qui relève toujours de la mythologie grecque et que Jesus est assimilé à un demi Dieu né de l’accouplement d’une vierge et d’un occupant de l’Olympe .
      Nous avons beau affirmer dans le credo vrai Dieu et vrai homme l’eglise et nous trop souvent, par paresse spirituelle , pensons ni vraiment homme , ni vraiment Dieu .
      L’incarnation nous fait sortir définitivement de notre rapport magique à la divinité .Quelque chose d’archaïque en nous le refuse toujours .
      Dans mon diocèse un prêtre appelle à prier la vierge Marie et invite à l’adoration comme antidote pour nous protéger des atteintes du coronavirus .J’ai eu l’outrecuidance de lui dire que cela s’apparente à un rite magique bien peu chrétien .

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        • A Julien,
          Dans le cas de l’Arche , il me semble que cette inversion peut se résumer ainsi :
          -le handicap exclut ceux qui en sont atteint de la communauté des hommes . Au nom de la dignité de toute personne et de notre idéal chrétien de fraternité il faut tout faire pour réintégrer les handicapés au sein de notre communauté humaine .

          – C’est à ce moment qu’intervient l’inversion et la dérive perverse : au lieu de dire le handicap est un mal dont il faut contrecarrer les effets pour que les handicapés soient réellement et concrètement regardés en frères , on en vient à considérer le handicap comme un bien qui nous oblige à regarder ceux qui en sont atteint comme des frères . Le handicap de l’autre devient le vecteur de la conversion , alors qu’il est un mal qui exclut .
          Le handicap est alors considéré un moyen de conversion alors qu’il est une horreur dont il faut combattre tous les effets .
          Cette dérive doloriste contribue à justifier toutes les aliénations et ouvre ainsi la voie à tous les abus .
          L’oeuvre de Jean Vanier est ambivalente . Et à côté de ce qu’elle a de positif , ils a aussi une conception du handicap pervertie qui implique et justifie toutes les perversions .

          Dire qu’il faut contempler le handicap ou la souffrance comme le fait une certaine théologie pervertie c’est ouvrir la porte à la perversion . Jean Vanier a eu au moins » le mérite » de le démontrer

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          • Je vous trouve là un peu excessif. Lorsqu’il s’agit d’un handicap mental qu’est-il réellement possible de faire pour lutter contre ce mal ? Et jeter un regard bienveillant sur le handicapé n’équivaut pas à le jeter sur son handicap qui, du coup, deviendrait un bien. Vous parlez de dolorisme ! Cela nous renvoie à toute une période dans l’histoire de notre Eglise, où la souffrance était prèchée comme « rédemptrice », participation aux souffrances du Christ en Croix. Ce qui, aujourd’hui nous scandalise à juste titre. Mais lorsqu’on n’a pas les moyens médicaux de combattre efficacement la souffrance, est-il si scandaleux de permettre aux personnnes de lui donner au moins un sens ? Je ne le crois pas !

          • A René
            C’est bien ce qui m’a toujours gêné chez Jean Vanier : l’ambiguïté entre bienveillance envers le handicapé ou envers le handicap , vecteur de conversion. Quant à la réaction possible face à l’absurde de la souffrance, seule la personne concernée dans la vérité de sa vie spirituelle peut lui donner ou non un sens. Je connais des parents d’enfants handicapés mentaux qui transforment leur souffrance en force de vie extraordinaire et d’autres pour qui cette souffrance entraîne le naufrage de toute leur famille. En ce domaine nul ne peut préjuger ni juger. Etre fraternel autant que possible .

          • Veillons à ne pas trop théoriser. Vous dites, « le handicap exclut … ». Or les enfants puis ados puis adultes handicapés croisés dans ma vie n’étaient pas et ne se sentaient pas exclus. Les plus conscients se sentaient autres, à part, et ceux, en apparence, peu conscient connus vivaient dans un « autre monde » mais pas coupé du notre, leur besoin premier étant que nous admettions leur monde sans chichis.
            Quelques soucis majeur de parents, quand le couple tient: l’ouverture aux autres pour eux (ne pas se refermer sur la famille, la complexité du secteur médico-social, la scolarisation avec les autres autant (cruauté des enfants entre eux), l’organisation d’activités, le « réglage » de l’attention et la surveillance des fréquentations à partir de l’adolescence.
            Par ailleurs, et c’est important, la psychiatrie française est restée jusqu’à la fin du XXème siècle « formatée » par l’esprit dominant au XIX ème (l’exclusion) avant d’accepter, à contre cœur, de se rapprocher des neurologues.
            Respecter un handicapé devrait conduire aujourd’hui à le regarder comme un être comme les autres et donc à proscrire les excès de compassion, mines de saint ou autre angélisme.

          • Jean Vanier ne parlait pas de personne handicapée, il parlait toujours de « personne avec un handicap », ce qui montre bien qu’il distinguait clairement la personne de son handicap.

          • Handicapés « mentaux et psychiques » * constituent un univers difficile à appréhender et à « classer », même – surtout- par des professionnels. Un psychiatre s’est effondré en se rendant compte après dix ans de fréquentation d’enfants autistes qu’il avait « tout faux ». Il fit alors le rude travail de remise en cause des bases de l’enseignement reçu **. D’expérience (avec des handicapés mentaux et non psychique) la « règle » de base consiste à porter sur l’un d’eux le même regard de respect que sur toute autre personne.
            Le handicap mental s’accompagne par des méthodes issues de l’expérience. Il ne se soigne pas (pas encore) contrairement au handicap psychique.
            Les questions que posent la recherche neurologique et génétique en vue de comprendre ce qui est en cause (ADN, anomalie dans le cerveau) sont fondamentales malgré les réserves légitimes de l’ordre de l’éthique qu’elles suscitent.
            A l’époque de la communautés de l’eau Vive quand Jean Vanier a rencontré Thomas Philippe (1960), on était loin d’en être là. Il est probable que l’Arche a su évoluer avec les pouvoirs public dont elle reçoit des aides comme d’autres associations et pas sur que le « couple idéologique » Jean Thomas ait su se remettre en cause.

            * Disposition adoptée par une loi de 2005 après discussions avec les principales associations concernées dont l’avis a été considéré plus opérationnel que celui des spécialités médicales consultées elles aussi. Voir par exemple http://www.handeo.fr/node/19896 et https://www.handirect.fr/handicap-mental-psychique-et-cognitif-quelle-accessibilite/.
            ** J’ose le parallèle avec la théologie officielle catholique, effondrement compris, ‘quand on est contraint d »ouvrir les yeux.

      • Tout comme vous je m’étonne que notamment que le Père Thomas PHILIPPEt ait pu avoir le rôle qu’il a eu en 1964 après sa condamnation par Rome en 1956 et n’était-il donc pas sous la responsabilité de l’Ordre des Dominicains?

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        • Il n’y a guère de raisons de s’étonner sauf refus de savoir, naïveté ou paresse, ce qui évidemment ne peut pas être le cas ici.
          Il est clair que l’ordre dominicain, obéissant à Rome, n’a pas été le seul à agir ainsi vis à vis de certains tandis qu’en toute obéissance d’autres faisaient de même tout en veillant à l’application rigoureuse et publique de certaines condamnations.
          Sans attendre des thèses sur la question « comment et pourquoi de tels distinguo se sont-ils perpétués? » il existe trop d’indices pour dire qu’il s’agit de » théologie politique et monétaire, la politique du « pas de vagues » des grandes institutions, qui eut marché quand l’alphabétisation en était au b a ba, que la pluralité des médias et la liberté d’expression n’existaient pas et tant que l’idée saine de regarder sous le tapis était tuée dans l’œuf (clouée au piloris ou brulée en place publique) avec l’assentiment des élites.

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      • Cà relève évidemment en rien de la magie car quand tu pries tu ne sais évidemment pas si cela changera quelque chose. tu l’espères uniquement et si tu es exaucé tu t’en réjouis, mais si tu ne l’es pas et ce, même si tu insistes, rien ne te prouve que cette prière était inutile malgré tout. Car enfin le Seigneur a-t-il des comptes à nous rendre?
        A Lourdes comblen de malades viennent pour être guéris et si peu le sont et chacun d’eux sait cela parfaitement et cela ne dégoute personne de venir
        Quant au Covid 19 je ne vois pas en quoi il serait inadmissible de prier notamment pour que les sommités médicales trouvent le moyen d’arrêter cette pandémie. Bien sûr il ne s’agit pas de se contenter de prier et ne rien faire d’autre mais y renoncer parce que ce n’est pas rationnel me parait des plus simplistes comme raisonnement

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  • Le Dieu d’Abraham semble revêtir l’aspect d’un Dieu autoritaire qui désire éprouver la vertu d’obéissance de sa créature. En fait, je pense que ces Dieu- là n’existent que dans l’imagination car nous sommes tous conditionnés par nos schémas anthropomorphiques qui nous placent toujours dans des situations de dominant – dominé. La psychanalyse peut nous apporter des réponses sur des questions relevant de la véritable connaissance de la psyché qui mettra en évidence la description d’un Dieu qui désire notre libération, effet de son amour infini. Il existe effectivement une autre compréhension de la vie selon laquelle l’être humain a pour vocation de devenir adulte au plein sens du terme. Nous pensons souvent obéir plus ou moins consciemment à notre éducation dans le but de soumettre nos désirs les plus chers, au nom d’une divinité de mort. Nous voulons aller jusqu’au bout de nos opinions politiques ou religieuses, de notre soumission à des principes ou à des idéologies réductrices, de nos positions d’autorité parfois, de nos propensions à l’intolérance. C’est alors que peut survenir un fait, un événement, une parole, une intuition, qui va inverser l’état des choses. Cette protection de la vie, illustrée par ce Dieu qui arrête la main d’Abraham, est obtenue par un renoncement : celui de nos pulsions primitives, de nos désirs immédiats et irréfléchis.

    Teilhard de Chardin écrit (Ecrits du temps de la guerre, page 18) : « La parole libératrice, la voici : ce n’est pas assez pour l’homme, rejetant son égoïsme, de vivre socialement. Il a besoin de vivre d’un cœur total, en union avec l’ensemble du Monde qui le porte cosmiquement »
    L’éveil cosmique n’est pas une rêverie qui s’attarde à la contemplation des galaxies qui nous entourent. Il s’agit d’un état de conscience qui s’inscrit dans une vision systémique du réel qui met en évidence des dynamismes spirituels et des forces d’union. Au cosmos des savants et des poètes est associée une cosmogénèse. Le monde dualiste de l’esprit et de la matière fait place à une entité unique, une force d’Amour, une douce chaleur dont on peut ressentir les radiations. Comme le décrit Teilhard (page 16), « Toutes sortes d’influences obscures m’enveloppent, me pénètrent – émanent de moi aussi – portant l’écho et le contrecoup de tout ce qui vibre et se meut dans l’éther immense. » L’écriture de Teilhard est empreinte d’une poésie dont chaque mot traduit une profonde sensibilité à tout ce qui relève d’une indubitable médiumnité. Le Mal est une absence. Cette absence de tout ce qui nous montre le chemin, la vérité et la vie.

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    • La souffrance »,pourquoi la souffrance?? Pourquoi certains y sont soumis et d’autres non du moins apparemment?
      Le CHRIST lui-même ne nous a donné aucune explication » sauf pour sa propre souffrance
      Alors bien sûr nul n’a le droit de dire à celui qui souffre qu’il participe ainsi aux souffrances du Seigneur mais celui qui souffre peut parfois s’inspirer de l’attitude de Ste Thérèse et s’ efforcer de croire à la Communion des Saints t aussi ,et c’est très difficile ,se rappeler que le Christ ne nous a jamais dit que vouloir le suivre n’était qu’une promenade de santé

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    • Je ne suis pas du t out Teilhard de Chardin,je n’ai ni son intelligence ni ses connaissances, loin de là, mais pour moi « le chemin , la vérité et la vie » c’est le Christ et personne d’autre.Loin de moi d’être en contact avec « les esprits ».J’essaie seulement d’être en contact avec l’Esprit ce qui ne m’emêche pas pour autant de trouver Dieu dans la nature entière bien entendu, mais célébrer la présence des »esprits » dans la nature -très peu pour moi, déceler la présence du Très Haut me suffit largement
      Je ne connaissais d’ailleurs pas le terme de médiumnité et ne croit guère aux « médiums »

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  • « …La religion de l’Incarnation a un problème avec l’incarnation… »
    « …le handicap exclut ceux qui en sont atteint de la communauté des hommes. Au nom de la dignité de toute personne et de notre idéal chrétien de fraternité il faut tout faire pour réintégrer les handicapés au sein de notre communauté humaine… »
    Parler de l’Incarnation est très difficile, parler du handicap, l’est encore plus. Quand on regarde sur You tube des vidéos dans lesquelles Jean Vannier s’exprime personnellement, comme le Christ, il parle « Incarnation ». Quand on entend Stephan Posner, toujours sur You tube exposer avec embarras les faiblesses de jean Vannier, comme les pharisiens, il parle « handicap… ». Il semble que ce ne soit pas la même chose. Jean Vannier s’exprime avec la vie en filigrane, Stephan Posner, lui, s’exprime avec une normalité en filigrane : (Matthieu 5:17 ) « …N’allez pas croire que je sois venu abroger la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abroger, mais accomplir… ». C’est ce qui est le plus délicat : passer de la loi à la vie en restant un simple catalyseur et non un comburant. Je suppose que ceux qui lui jettent la pierre, n’ont, comme les pharisiens, jamais péché ?
    « …Le handicap est alors considéré un moyen de conversion alors qu’il est une horreur dont il faut combattre tous les effets … » Je ne sais pas si le handicap est un moyen de conversion (à quoi ?), mais je suis très preneur des moyens à mettre en œuvre pour le combattre avec efficacité. Je propose à tous les censeurs d’aller faire un stage à temps complet, entre autre, à l’Arche, il verront bien si c’est un moyen de conversion, une thérapie doloriste, ou la rencontre basique de la nature humaine ; Ils verront bien si les « yakatakafaucons » ont vraiment droit de cité dans ces déserts de solitude, désert de relation, de dépendance donc désert d’Amour.
    Je suis désolé si je choque certain d’entre vous, mais pour moi, je souscris à « Sancto subito » parce que là où la faute abonde, la Grâce surabonde. Comme les témoignages le disent, sous chaque video de You tube, merci Jean.

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    • Pourquoi serait-il nécessaire de trancher entre un Jean Vanier définitivement pestiféré et un Jean Vanier « saint » malgré tout au regard du mal ou du bien qu’il a fait… et qui deviendraient exclusifs l’un de l’autre. Pour ma part, j’ai essayé dans le billet de ce blog de tenir un propos plus nuancé.

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      • Parce que je pense qu’aux yeux de Dieu le bien fait par Jean VANIER est infiniment plus volumineux que les actes très graves qi(il a commis par ailleurs, hélas!
        Et puis, « aussi loin qu’est l’Orient de l’Occident il met loin de nous nos péchés »

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        • Certes, mais sauf à nous prendre pour Dieu – que nous ne sommes pas – assumons aussi notre soliarité avec celles qui ont eu à souffrir de ses agissements.

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          • Mais bien entendu et je ne considère pas comme tout à fait secondaire les actes scandaleux attribués à Jean Vanier mais je m’interdis de le réduire à celà d’une façon ou d’une autre

    • La justice tient compte des faits et tente de tenir compte de la personnalité de la personnes que les faits désignent. Ce qui est le plus choquant chez Jean Vanier est la manière dont il a jusqu’à sa mort biaisé (écrits et déclarations): signe qu’il vivait avec un désordre profond en lui. Peut-être estimait-il qu’il ne devait pas, de son vivant, risquer de salir l’Arche, tout en sachant -comme l’Arche France et internationale qu’il y avait un loup depuis 2016- qu’à sa mort elle le serait. Quant au handicap « moyen de conversion »* j’y vois un salmigondis mystique, un « truc » pour réunir des personnes faibles et une importante réserve d’argent **, notamment en satisfaisant les pouvoirs publics quant à la « laïcité » comme l’indique la phrase alambiquée du rapport annuel *.
      Les familles de handicapés que j’ai connu et connais ont choisis l’Unapei -créée 6 ans avant l’Arche et plus de 100 fois plus importante- ** où se trouvent, entre autres, beaucoup de chrétiens pieds sur terre tête à hauteur d’homme.
      Constat: pour l’Eglise SA l’Arche qui met en avant le spirituel tout en disant respecter la liberté est « dans son giron », mais pas l’Unapei qui laisse clairement chacun libre comme doit tout chrétien.

      * Convaincue que la dimension spirituelle est constitutive de tout être humain et indispensable à son épanouissement, L’Arche intègre cette dimension au cœur de sa vie partagée et de son accompagnement des personnes. Tout en garantissant la liberté de pensée et le respect des convictions, elle est attentive à créer des espaces où chacun est invité à approfondir son intériorité, son désir de transcendance et son besoin d’unité avec le reste de l’humanité (extrait rapport d’activité).
      ** Près de 50% de réserves d’un budget de 26 M€) (comptes de la fondation): https://drive.google.com/file/d/1QuEKJNgG9r9pzdbbPmuldf9_HFJKzIrA/view
      *** Familles, amis, personnes handicapées, professionnels, soignants, aidants, bénévoles sont tous engagés pour construire une société solidaire et inclusive, respectueuse des différences et du libre arbitre des handicapées mentaux, psychiques, polyhandicapées. Les 550 association que fédère l’Unapei regroupent 60 000 familles, emploient 75 000 (295 à l’Arche) professionnels, créent et gèrent 3 000 (36 à l’Arche) établissements et services médico-sociaux, qui accompagnement 180 000 (1340 à l’Arche) handicapés dont 40 000 majeurs protégés.

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  • A Francois Jean
    Nul besoin d’être sans péché pour nommer les faits .Nommer les faits n’est pas juger .
    Un abus , un viol de conscience , un acte sexuel obtenu par emprise doivent être nommés pour ce qu’ils sont .Et ce n’est pas être censeur que de dire la réalité .
    Pour ce qui est du jugement , il y a ce qui contrevient à la loi et qui relève de la justice et il y a ce qui ne contrevient pas à la loi et qui relève de la complexité des personnes humaines qu’il est toujours téméraire de juger .
    En ce qui me concerne , le hiatus entre la parole de Jean Vanier et ses actes m’empêchent de le prendre au sérieux. Ce ne peut-être une référence .
    Pour le reste je ne juge pas l’homme .

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      • En effet, il semble aussi faire du bien avec beaucoup d’argent public (trop vu le résultat par rapport à d’autres associations) en trompant beaucoup, sauf au moins celui qui l’a « démasqué » en 1956 comme un maître de Thomas et non un « disciple » (il s’agit du futur cardinal Paul Philippe) et aussi par Pierre Vignon qui dit avoir longtemps trouvé sa voix sirupeuse, l’avoir trouvé satisfait d’être très encensé par ses proches. Puis, quand arriva le « scandale des frères Thomas » J. Vanier fut incapable de répondre avec simplicité et droiture aux questions, …
        Pierre Vignon ajoute « L’affaire est plus grave que ce qui commence à en être révélé … Je partage cet avis puisque, au delà de l’Arche, l’ordre des dominicains est très concerné, avec la curie en arrière plan (secret pontifical).
        https://www.lenversdudecor.org/Le-retour-des-Turlupins-Le-billet-du-pere-Vignon.html#forum4642

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          • Qui sont ces « certains »?
            Pour Pierre Vignon, l’idée qu’il en sache plus que nous semble ne pas vous effleurer. Il est possible de lire la lettre ouverte au Pape du 5 mars de l’ex présidente de l’Irlande ainsi que les comptes de la fondation de l’Arche, possible aussi de rejeter tout ce qui dérange.

        • Merci d’avoir donner le lien avec le billet du Père Vignon et aussi avec les remarques qui suivent . La vue de l’Eglise concernant la sexualité à été criminelles jusqu’à ces dernières années , combien d’unions heureuses a-t-elle empêchées ou de couples détruits par ce que l’un des partenaires voulait suivre ses principes erronés (Humanae vitae , théorie du corps de JP2…..)

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        • C’est l’emprise toute-puissante qui reste à combattre.
          Extrait du livre « Un moment de vérité » :

          « Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises dans cet ouvrage, l’emprise sexuelle repose sur une mainmise spirituelle, sur un abus de pouvoir. L’Eglise est donc tenue de combattre avec détermination tout ce qui mène à des abus de conscience et des emprises. (Véronique Margron, « Un moment de vérité », Albin Michel, p.156)

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  • « …Nul besoin d’être sans péché pour nommer les faits .Nommer les faits n’est pas juger… »
    «.. Et ce n’est pas être censeur que de dire la réalité… »
    Certes, mais, comme Pilate, je vous demanderais bien ce qu’est la réalité ?

    « …La fin de la chrétienté a été annoncée puis constatée par de nombreux auteurs depuis une cinquantaine d’années. La caractéristique est la radicalité et l’irréversibilité du changement dans le rapport entre Église et société… » (in -Vers une Église « liquide » Arnaud Join-Lambert Dans Études 2015/2, pages 67 à 78-). Et sur You Tube : (https://youtu.be/xo_YMBYEVis).
    « …Pour ce qui est du jugement, il y a ce qui contrevient à la loi et qui relève de la justice et il y a ce qui ne contrevient pas à la loi et qui relève de la complexité des personnes humaines qu’il est toujours téméraire de juger… » . Vous avez tout à fait raison. Et lorsqu’avec un peu de recul je me remémore en vrac : l’affaire de Récif, l’affaire des légionnaires du Christ, l’affaire DSK, l’affaire Fillon, les affaires de pédophilie, baptisées récentes, (alors que Mari jo Thiel, Claude Langlois vous relatent des affaires de ce types très anciennes )…les suicides de prêtres, les démissions forcées de cardinaux …l’affaire Vincent Lambert remis au gout du jour lors de l’émission de Laurent Vauquier de Samedi dernier…avec un peu de recul, disais-je, je reste sans voix devant l’utilisation de Dieu, pour justifier des prises de position, disons… utilitaires !
    En fait, le problème de l’attitude à avoir devant une personne en manque, est très difficile à ajuster, et par conséquent le respect qui lui est due, difficile à exprimer, les limites de la relation difficile à poser. C’est le cas dans une relation prédateur-proie (cf syndrome de Stockholm, problème du consentement…), d’une relation soignant-soigné(e) (problème du consentement éclairé ?), d’une relation adulte-enfant (problème du viol de conscience, de sa personne, de sa sexualité….).
    Jusqu’où peut-on aimer sans cesser d’être soi-même demandait une actrice dans « sex in the city » !
    Etty Hillesum écrivait qu’elle se devait de se lever, malgré l’extrême fatigue qu’elle endurait, car elle ne devait à aucun prix priver les prisonniers du camp de Westerbok dont elle avait la charge, des instants de présence qui leur étaient dus. Le théologien qui nous avait fait une conférence sur sa vie, disait que s’assoir sur les genoux de son thérapeute et l’aimer, bien que le sachant fiancé réduisait la confiance que l’on pouvait avoir en lui et en elle et qu’ils ne pouvaient donc, ni l’un ni l’autre être une référence ?? quelle lamentable utilisation de dieu !
    On pourrait multiplier les exemples. Je ne voudrais pas être trop long, mais notre Eglise se doit de revoir toute sa politique de sécularisation, en particulier sur le plan sexuel ; et avoir enfin une conception Trinitaire de Dieu, donc une conception Trinitaire de l’Amour (dont éros est un des éléments), Amour qui n’est pas une relation binaire, mais Trine. Il est dommage que ce soit de l’extérieur que notre Eglise soit poussée, plus ou moins adroitement à se réformer. Mais il y a déjà des indices prometteurs dans le monde…(en France, on sait tout, donc… ?)

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  • Je viens de terminer la lecture du petit livre de Mgr Michel Aupetit, qui tente de réhabiliter l’encyclique de Paul VI : « Humanae Vitae ». Il me semble que pour qu’un don ne soit pas dénaturé, il soit indispensable qu’il soit reçu. Ce qui peut signifier qu’une personne trop pleine d’elle-même ne soit pas en mesure de le recevoir. Partant, ce Don se termine sur une croix pour la Personne qui donne. De même, un don fait par une personne trop pleine d’elle-même, à une personne dans le besoin, se doit d’être gratuit, faute de quoi ce don sert de monnaie d’échange à une certaine subordination et possession de l’autre. On voit bien que le don se doit d’être réciproque, dans le cadre d’une relation, laquelle implique une désappropriation de soi destinée à faire de la place à l’autre. Les acrobaties sémantiques visant à conforter l’option procréative de l’amour au sein du couple, ne sont pas très convaincantes ni au regard de l’enfant à venir, ni au regard de la santé mental du couple, de l’individu, et ce, malgré de réels efforts de raisonnement, tant cet amour reste totalement désincarné, loin de la vie de tous les jours. Cela me donne l’impression d’un protocole d’action à accomplir au même titre que ceux en vigueur contre le Corona. L’application de ce protocole, comme l’application de toutes lois, nous laissent toujours en état de manque, source d’interminable frustrations, source de toutes les dérives sexuelles desquelles nous prenons plus particulièrement conscience en ce moment. Au stade de réflexion où j’en suis actuellement, la paternité responsable me semble inscrite dans ma participation à l’acte créateur, à l’écologie globale telle que définie par « Laudato si » (nous utilisons la méthode Ogino depuis 53 ans !). Ainsi, « … le risque, qui émerge déjà dans les pays à l’éthique fluctuante, sera de le passer à l’aune du qualitatif comme tout produit manufacturé, et de pouvoir ainsi l’éliminer en fonction de l’appréciation de ses parents putatifs… » (in « Humanae Vitae » Mgr Michel Aupetit, p69), ce risque, me parait putatif au regard des bien réelles dérives anciennes et actuelles de notre Eglise dans toutes ses composantes, ainsi que dans nos sociétés dans leur ensemble. Et comme les voies du Seigneur sont impénétrables, je remercie les mouvements qui semblent externes à l’Eglise, de nous « secouer les puces ». Je vous suggère de lire, par exemple le livre d’Emmanuelle Richard : « les corps abstinents ». Ou, les « confessions d’une religieuse » de sœur Emmanuelle…

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    • A François Jean
      L’une des nombreuses erreurs de l’eglise dans son approche de la sexualité humaine , c’est qu’elle ne l’appréhende jamais d’abord dans sa dimension relationnelle .Elle ne l’envisage qu’à travers des actes isolés qu’elle qualifie moralement .Un acte sexuel ne peut pas se comprendre si l’on envisage pas la relation dans laquelle il se situe et qui n’a que rarement la volonté de se configurer à l’union du Christ et de son église . L’eglise se prive ainsi de la capacité à comprendre ce qui est enjeu dans la relation entre deux personnes lorsqu’elles ont un rapport sexuel .
      Plus grave , elle ne comprend pas la dimension relationnelle de la sexualité parce qu’elle refuse d’envisager la femme comme un être désirant au nom de son fantasme immature de l’ideal de la vierge mère. Ce qui la conduit à envisager le rapport sexuel entre un homme et une femme ,exclusivement comme le mal nécessaire dont la seule excuse est la procréation . Relisez Humanae Vitæ, cela transparaît à chaque ligne , notamment à travers de la notion de « paternité responsable » Ce texte prend comme hypothèse que le seul but du mariage est d’être père ou mère. Pour la doctrine catholique un homme et une femme ne sont jamais d’abord des gens qui s’aiment y compris physiquement, qui s’engagent l’un envers l’autre en accueillant la possible fécondité de leur amour .
      Que Aupetit redise la doctrine , nul ne peut le lui reprocher, c’est son job . L’illusion et le mensonge commencent lorsque l’on fait semblant de croire que ce ressassement de la doctrine puisse dire quelque chose de la vie réelle .
      Je fais le crédit à Aupetit de ne pas croire le premier mot de ce qu’il écrit et qu’il cherche uniquement à complaire à sa hietarchie en commettant ce petit fascicule inepte .

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      • Mgr Aupetit : un parfait hypocrite… Voilà bien longtemps que le petit Père Fouquier Tinville, ne s’était pas manifesté, mais chassez le naturel il revient au galop…

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        • Allons, nous n’allons pas reprendre les guéguerre entre nous. Chacun en conformité avec son rôle !
          Sur le fond, j’ai du mal à comprendre quelle urgence il y avait pour l’archevêque de Paris à publier cet opus. Ceux qui adhèrent à l’enseignement d’HV savent pourquoi et ceux qui s’en sont affranchis depuis longtemps me semblent difficilement susceptibles d’une conversion tardive à la lecture de cette prose. Sans parler du couplet pastoralement « révolutionnaire » que constitue l’éloge du coïtus interruptus, ce « péché d’Onan » qui longtemps, a été pour l’Eglise, l’abomination de la désolation. Si c’est là le progressisme de l’institution au regard de la sexualité humaine… va falloir être patients !
          Imaginer dans cette publication une stratégie de conquête cardinalice… Voilà une pensée fort peu chrétienne. Et là aussi, il faudra attendre encore un peu puisque le cardinal Vingt-Trois n’a que soixante-dix-sept ans !

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          • Parler de sujets qui fâchent serait donc parfaitement inutile tmais alors depuis 2000 ans tous ceux qui ont eu le tort de parler de sujets qui fâchent et qui en ont souvent perdu la vie avaient absolument tort?Ah mais çà bien sûr avoir le courage de risquer d’être incompris, voire calomnié par son refus de suivre l’opinion majoritaire est totalement déraisonnable et désastreux pour sa cote de popularité
            H V a été très mal reçu et qu’est ce que çà prouve, absolument rien, et cette désapprobation n’ a en rien été une surprise pour Paul VI lequel ne se faisait aucune illusion sur ce plan-là
            René vous vous interrogez sur la nécessité de la parution de ce petit opus, pourriez-vous me dire pourquoi Mgr Aupetit aurait dû s’en abstenir puisqu’il approuve sincèrement la valeur de cette encyclique
            Témoigner de s foi consisterait donc à ne faire état de sa foi qu’à condition que la situation s’y prête et si elle ne s’y prête pas contentons -nous de bienveillance active à l’égard des autres et c’est d’ailleurs l’attitude qu’ont adopté les disciples du Christ dès le départ, c’est certain

  • Pour moi François-Jean si on donne,on donne et peu importe après tout que le bénéficiaire de ce don l’accepte ou pas et je dis cela en pensant au..pardon justement.
    Par ailleurs, comment pouvez-vous dire: »…l’application de toutes lois nous laisse toujours en état de manque,source d’ interminable de frustration… »
    Pour moi cette frustration n’ existe que si l’on n’a ^pas compris la nécessité de cette loi et que de ce fait on la trouve parfaitement arbitraire et uniquement dans ce cas

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    • Intéressante cette discussion sur le don. Je dirais plutôt comme Dominique « quand on donne on donne » en ajoutant qu’il y a forcément un aléas dans le don gratuit, c’est à dire non dénaturé: un don peut être mal compris, tomber à un mauvais moment, voir être rejeté. Dans ces cas, si la dissonance conduit au dialogue, même en cas de désaccord persistant, elle peut s’avérer positive tant que demeure le respect. J’irai même plus loin: être d’accord en tout avec quelqu’un peut être un signal de danger: immaturité d’un des deux et/ou manipulation, emprise, dépendance.

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  • « …si on donne, on donne et peu importe après tout que le bénéficiaire de ce don l’accepte ou pas et je dis cela en pensant au… pardon justement… ».

    Pourquoi pas…C’est peut-être la raison pour laquelle il y a plusieurs demeures dans la maison du Père. Cependant, pour que s’instaure un dialogue, il me paraît nécessaire d’être au moins deux.

    Permettez-moi de vous suggérer trois axes de réflexion.
    -/ Pour le don, relisons « Deus Caritas est » de Benoit XVI :
    [1. «Dieu est amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui» (1 Jn 4, 16). Ces paroles de la Première Lettre de saint Jean expriment avec une particulière clarté ce qui fait le centre de la foi chrétienne: l’image chrétienne de Dieu, ainsi que l’image de l’homme et de son chemin, qui en découle…
    …Nous avons cru à l’amour de Dieu: c’est ainsi que le chrétien peut exprimer le choix fondamental de sa vie. À l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive…
    [… Dieu est Dieu et non pas homme : «Comment t’abandonnerais-je, Éphraïm, te livrerais-je, Israël ? … Mon cœur se retourne contre moi, et le regret me consume. Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car je suis Dieu, et non pas homme: au milieu de vous je suis le Dieu saint» (Os 11, 8-9)]. L’amour passionné de Dieu pour son peuple – pour l’homme – est en même temps un amour qui pardonne. Il est si grand qu’il retourne Dieu contre lui-même, son amour contre sa justice. Le chrétien voit déjà poindre là, de manière voilée, le mystère de la Croix : Dieu aime tellement l’homme que, en se faisant homme lui-même, il le suit jusqu’à la mort et il réconcilie de cette manière justice et amour…]

    -/ Pour le Pardon, rejoignons Matthieu (5 ; 23-24)
    « …23 Quand donc tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
    24 laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; viens alors présenter ton offrande… ».
    Je note que je me dois d’abord, de recevoir le pardon de mon frère qui a quelque chose contre moi. Le pardon semble être une réhabilitation de la relation entre les deux adversaires et non une formule de pardon octroyée par l’un d’eux.

    -/ Pour la loi, rejoignons Paul, Romains :
    […Romains 3:20 Voilà pourquoi personne ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi ; la loi, en effet, ne donne que la connaissance du péché…
    …Romains 3:28 Nous estimons en effet que l’homme est justifié par la foi, indépendamment des œuvres de la loi.
    …Romains 4:14 Si les héritiers le sont en vertu de la loi, la foi n’a plus de sens et la promesse est annulée.
    …Romains 4:15 Car la loi produit la colère ; là où il n’y a pas de loi, il n’y a pas non plus de transgression… »
    Merci pour votre attention.

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    • Désolé mais votre argumentation ne me convainc absolument pas bien que je connaisse parfaitement les textes que vous citez Notamment au sujet de Matthieu je pose la question: et si ton frère refuse la réconciliation et ne reçoit en rien ta démarche qu’est-ce que je fais en dehors de prier pour lui et pour moi par la même occasion?
      « pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » il me semble que c’est très claire et ce n’est pas « fais çà à condition de quoi que ce soit »
      Bien sûr si la réconciliation a lieu c’est préférable mais le pardon doit être accordé sans aucune condition.

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    • Si Dieu est amour -il l’est pour moi- il ne peut pas être essentiellement, ou d’abord, tout puissant. Cette toute puissance, héritage des traditions juives et païennes faute d’être évangélique -credo issu des conciles impériaux-est une racine du cléricalisme chrétien qui porte une ombre sur la crédibilité de l’Église SA. Si le centre de la foi est « amour », il ne peut pas être « tout-puissant » car l’un est clair quand l’autre prête à bien des confusions.
      Pour St Augustin Dieu serait inconnaissable:  » Dieu constitue ce qu’il y a de plus intérieur à l’homme, plus intérieur à lui que lui-même ». Peinant à se connaître, l’homme en dit tant sur Dieu que Dieu devient le reflet de l’homme, le reflet des confusions de l’homme. Il est plus commode de parler sur Dieu que d’avouer mal se connaître, on peut dire aussi que parler de Dieu revient à parler de soi derrière un masque.

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      • Karl Barth estimait que l’on ne pouvait strictement rien dire sur Dieu .Nous ne pouvons que discerner et encore avec beaucoup de difficultés que les actions de Dieu .Ce qui ne l’a pas empêché d’écrire une dogmatique riche de nombreux volumes !

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      • s’IL est tout puissant pour moi il peut faireCEe qu ‘IL veut de sa toute puissance,et s’il ne l’est pas IL n’est pas Dieu

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        • Certes, mais l’équivoque « tt puissant » est gênant face au limpide « amour ». Et puis, pourquoi « amour » serait-il en contradiction avec « tt puissant », en quoi « amour » pourrait-il obérer la liberté divine?
          Pontifex Maximus titre du grand prêtre païen durant la république romaine, a été repris par les empereurs -notamment ceux qui ont présidés les grands conciles *, avant d’être repris, à partir du VII ème siècle, par le Pape; souverain pontife.

          * à méditer, ces extraits d’un article de G-M de Durand de 2002, Réflexions sur les quatre premiers conciles œcuméniques: https://www.cairn.info/revue-des-sciences-philosophiques-et-theologiques-2002-1-page-3.htm
          1/Réponse datée de 382, de Grégoire de Naziance -évêque de Constantinople lors du concile oecuménique de 381- au haut fonctionnaire impérial qui le convoquait à un concile: « Voici quelles sont mes dispositions, s’il faut t’écrire la vérité : fuir toute assemblée d’évêques, car je n’ai vu aucun concile avoir une issue heureuse, ni mettre fin aux maux, mais plutôt les augmenter. Ce sont en effet continuellement des chicanes et des rivalités d’influence (ne me prends pas pour un esprit chagrin si je t’écris de la sorte), qui dépassent ce qu’on peut dire; et l’on se ferait plus vite accuser de perversité en reprenant les autres qu’on ne les corrigerait de la leur. Voilà pourquoi je me suis replié sur moi-même et j’ai pensé que l’unique sécurité de l’âme est la tranquillité. D’ailleurs en ce moment j’ai la maladie comme protectrice de ma décision : je suis continuellement près de rendre le dernier soupir et je ne puis disposer de moi-même pour quoi que ce soit. Par conséquent que ta Magnanimité nous excuse et que le très pieux empereur soit convaincu par toi de ne pas nous faire reproche d’indolence, mais de pardonner à notre mauvaise santé : c’est à cause d’elle, il le sait, qu’il nous a permis de nous retirer [du concile de Constantinople], quand nous le lui avons demandé pour toute faveur. »
          2/ « On doit dire qu’à lire de près les Actes de Chalcédoine, on s’aperçoit que la présence et la pression de l’État sont permanentes, décisives et même presque écrasantes. »

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          • N’étant en rien spécialiste du Concile de Chalcédoine dont je connais tout de même l’importance laquelle n’a d’ailleurs jamais été contestée par le Réformateurs,je ne vois dans votre message qu’une affirmation et rien d’autre prononcée donc par GM de DURAND dont j’ignore absolument tout je le reconnais sans honte.

          • En outre je ne vois pas en quoi la toute-puissance de Dieu empêcherait qu’il soit simultanément « amour » car cette tout-puissance peut parfaitement être utilisée dans l’Amour. Loin de moi l’idée d’imaginer Dieu tout puissant en unne espèce de Jupiter,absolument pas

          • Quelle paresse, Dominique! Moi non plus je ne savais rien de ce théologien dominicain du XXème siècle avant de chercher une réponse pas trop sotte a votre affirmation béate, conforme bien sûr à une des croyances qui tue l’Eglise sA.

  • A Dominique ,
    Quelle prétention d’affirmer pouvoir dire quelque chose de Dieu .Dieu t’as déjà répondu au livre de Job en évoquant ceux qui ont l’outrecuidance de prétendre savoir quelque chose de lui .
    Le Christ aussi a répondu: Dieu se laisse apercevoir dans l’attention au frère et prioritairement le plus démuni. Ce que Levinas résumait ainsi « La dimension du divin s’ouvre à partir du visage humain  » .
    Tout l’Évangile ne nous dit pas qui est Dieu , il nous témoigne de son action a travers celle de Jésus le Christ .
    Avec Karl Barth je ne peux dire quelque chose de Dieu qu’en scrutant son action aimante et agissante qui passe par celle des hommes tet des femmes qui témoigne de lui .En espérant en être …parfois .

    .

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    • Je ne tiens aucun discours sur Dieu et n’est nulle prétention en la matière mais je crois que parce qu’il est Dieu il est forcément tout puissant mais il utilise sa toute puissance comme bon lui semble et pratiquement toujours par des intermédiaires qui deviennent sans en avoir conscience ses serviteurs (voir Matthieu 25 et le Jugement Dernier)

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  • La puissance de Dieu est limitée par la liberté de l’être humain. C’est ainsi que de mon temps, on expliquait la naissance de Lucifer. Cette liberté est voulue par Dieu et nous donne la possibilité de dire « NON », c’est-à-dire de refuser l’Amour Divin.
    Il n’y a pas d’Amour sans liberté d’Aimer
    S’appuyant sur la calamiteuse perte de face du christianisme au siècle dernier, Maurice Zundel affirme que : « La crise de l’Eglise est liée à une fausse conception de Dieu ».(Beyrouth 1972)
    [… « il y a une destruction du sens des valeurs que la guerre elle-même remettait en question puisqu’enfin les civilisations civilisées qui semblaient être à la tête du progrès puissent s’entre-détruire en employant les derniers moyens scientifiques. Que ces peuples puissent s’entre-détruire, c’est l’échec de leurs prétentions morales, c’est-à-dire de leurs affirmations de progrès, de culture et de civilisation… »]
    . Il me semble que le dieu tout puissant a vécu, et est mort à Auschwitz. A ma connaissance, deux personnages ont contribué à faire évoluer notre conception de Dieu : Moise, qui, descendant du Sinaï avec ses tables de la loi, s’insurge devant la vénération du veau d’or, et le Christ, venu nous révéler qui nous sommes, nous révélant alors que le Royaume est en nous par le Signe-Sacrement du lavement des pieds.
    Écoutons Maurice Zundel :
    [… On ne peut plus que répéter le mot de l’auteur du « Nuage de l’Inconnaissance » qui est un livre anonyme du 14ème siècle où justement l’auteur, qui est un contemplatif, a dit à un de ses disciples qu’il a essayé de former :
     » Et maintenant tu vas me demander, demander qui est Dieu, et moi comment puis-je exprimer la connaissance que j’en ai ? A cette question, je ne peux te faire qu’une seule réponse : je ne sais pas, je ne sais pas car, pour connaître Dieu, il faut autre chose que des mots, autre chose que des idées. Pour connaître Dieu, il faut t’engager et c’est quand tu te seras enfoncé dans le mystère silencieux de Dieu, c’est quand tu te seras donné à lui comme il se donne à toi, c’est dans cette lumière de l’amour que tu le connaîtras, car Dieu est Amour et il ne se livre qu’à l’amour  » comme l’Eglise nous le dit dans le répons que je vous rappelais tout à l’heure :
     » Ubi caritas et amor, Deus ibi est. Là où est la bonté et l’amour, c’est là que Dieu est. « …]
    (In Troisième méditation à Ghazir en 1959 Maurice Zundel)

    Dieu est Amour et il ne se livre qu’à l’amour « 

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    • Non, François -Jean pour moi Dieu n’est pas mort à Auschwitz mais il a une nouvelle fois accepter de s’incarner dans Sébastien Kolbe notamment et aussi dans l’anonyme quii a déclaré en réponse à celui qui demandait « mais où donc est Dieu devant le spectacle de ce jeune homme qui mettait un temps infini à mourir pendu »C’est Lui qui est là au bout de cette corde »

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    • Il n’en demeure pas moins que amour serait compréhensible, et puissance contre évangélique. Ce Dieu Puissant est celui de l’AT, celui imaginé par un peuple contre tous les autres et celui dominateur de l’empire romain. La mort du Dieu d’amour du NT remonte, comme l’indique Grégoire de Naziance, aux conciles dits œcuméniques. Quant aux croisades, vues par les arabes et les orthodoxes (pillage de Constantinople) , elles furent, eu égard aux moyens disponibles alors, aussi calamiteuse qu’Auschwitz, et de même pour la découverte de l’Amérique. St Augustin, inventeur du éché originel a théorisé la guerre juste ainsi (417, lettre au tribun Boniface): « L’Église persécute par amour, les impies par cruauté », Comme tous les intellectuels de son temps, il n’eut pas conscience du poids des grandes épidémies et d’aléas climatiques sur l’affaiblissement et la désorganisation de l’empire*.

      * « Ce ne sont pas les Barbares qui ont porté un coup fatal à l’Empire romain, mais une série de pandémies meurtrières: pestes antonine 165-175, de Cyprien 215-266, puis de Justinien 541-590. Au plus fort de la peste de Cyprien, plusieurs années, environ 5000 personnes par jour seraient mortes à Rome. L’Empire ne s’était pas encore remis quand survint celle de Justinien. Probable que les « barbares » sont entrés comme dans du beurre et ont été ainsi qualifié par ignorance de l’amour (ils étaient aussi humains qu’eux)
      https://laviedesidees.fr/La-peste-et-la-chute.html

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      • Jean Pierre, vous manifestez une telle hostilité vis à vis de L’Eglise Catholique que dorénavant je pratiquerai à votre égard la politique de la chaise vide.

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        • Pat dit-on aux échecs?
          La vie déborde la loi. Là c’est un déluge qui engloutit le paganisme qui a irrigué votre Église., votre Église qui a renié en dernier lieu, et après trop d’autres reniements, le début timide d’espérance que fut Vatican II. Que de chaises vides désormais!
          Intimer l’ordre, à ceux qui aiment une autre Église que la vôtre de se taire parce qu’il vous dérangent, serais ridicule; donc vous vous « retirer dans vos appartements  » (Racine).

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          • Si « la politique de la chaise vide est un art qui consiste à se rendre présent par l’absence, afin d’être mieux craint ou respecté (Jean-Bernard Vuillème) » (voir aussi http://www.aquarelles-expert.be ), la configuration « pat » malicieusement recherchée qui en résulte est tout le contraire du « dialogue », or telle est précisément la vocation première de ce blog.

  • Actuellement plusieurs courant de pensée se côtoient en vue de l’éradication de ce virus : Une option est prise, ce qui ne signifie aucunement que d’autres options n’auraient pas été tout aussi valables. Donc, pour le problème qui nous préoccupe, je m’en tiens à la réponse de Dieu dans Ésaïe 52 ;6 : [ … 6 Dès lors mon peuple va savoir quel est mon nom ; dès lors, en ce jour, il va savoir que Je suis Celui–là même qui affirme : « Me voici ! »…].

    On peut aussi extraire des Actes 5 ; 34ss, ces 2 versets :
    […38 Alors, je vous le dis, ne vous occupez donc plus de ces gens et laissez–les aller ! Si c’est des hommes en effet que vient leur résolution ou leur entreprise, elle disparaîtra d’elle–même ;
    39 si c’est de Dieu, vous ne pourrez pas les faire disparaître. N’allez pas risquer de vous trouver en « guerre avec Dieu ! » Se rangeant à son avis ,… ].

    Ou, de Genèse 11 ;1-9 ;
    […4 Ils dirent (encore): Allons ! bâtissons–nous une ville et une tour dont le sommet (touche) au ciel, et faisons–nous un nom, afin que nous ne soyons pas disséminés à la surface de toute la terre….
    …7 Allons ! descendons : et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus le langage les uns des autres.
    8 L’Éternel les dissémina loin de là sur toute la surface de la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville…]

    Unité ne signifie pas uniformité ! Pour ma part, je crois que les Voies du Seigneur sont impénétrables ; la croyance est très secondaire par rapport à la Foi. De plus la diversité est source de richesse pour tous.
    Vous avez raison, en ce qui concerne la mort de Dieu. Mais cela serait trop long d’expliciter ma phrase, contentons-nous d’écouter Elie Wiesel dans la Nuit :
    «… Dieu est mort au bout de la corde d’un bourreau à Auschwitz », expliquer par là la perte de sa foi après avoir traversé l’horreur des camps de concentration….
    [Levinas résumait ainsi « La dimension du divin s’ouvre à partir du visage humain »] .(cité plus haut par un autre internaute)
    […Et c’est cela que veut dire la croix : le mal peut avoir des proportions divines. Le mal est finalement le mal de Dieu : dans le mal c’est Dieu qui a mal et c’est pourquoi le mal est si terrible ; mais si c’est Dieu qui a mal dans le mal, au cœur du mal il y a donc cet amour qui ne cessera jamais de nous accompagner et de partager notre sort, davantage il sera frappé avant nous, en nous et pour nous…].
    (In Homélie de Maurice Zundel à Lausanne, pour le 3ème Dimanche de l’Avent : « Dieu première Victime du mal »)

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    • François-Jean, vous vous considérez en retrait?
      Ce qui me surprend beaucoup car ,moi qui ne suis pas vraiment en retrait (au cas où vous ne l’auriez pas remarqué…) je me retrouve énormément dans vos propos.
      Bien entendu je comprends que beaucoup de ceux qui ont connu l’horreur des camps aient perdu la foi
      Pascal affirmait « le Christ sera en agonie jusqu’à la fin du monde » ll m e semble que cette homélie de Maurice ZUNDEL est en plein accord avec cette affirmation.
      Quant à la phrase de Lévinas j’y vois un appel à chercher dans le visage même de celui qui nous parait le pire des hommes quelque chose de la présence du Christ en lui

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  • […Le 23 août 1942, les curés du diocèse de Toulouse ont lu une lettre que leur évêque les avait priés de « lire sans commentaire » durant la messe : « Des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et du Récébédou. Les juifs sont des hommes, les juives sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux », écrivait Jules-Géraud Saliège, archevêque de Toulouse.
    Averti, le préfet du régime de Vichy tente d’en interdire la lecture. L’homme d’Église sort alors un crayon et rectifie son texte à la marge. Les scènes de déportation deviennent « émouvantes » pour la forme, mais la condamnation catholique est maintenue…
    …L’auteur souligne que Mgr Saliège ne sera fait cardinal que le 2 mars 1946, « sur intervention personnelle du général de Gaulle »….
    …Mais selon Yves Belaubre, l’archevêque refusera de recevoir l’émissaire parachuté d’Angleterre et ne répondit pas à la missive. « Car il n’est l’archevêque de personne. Ni de Vichy, ni de la Résistance, ni d’un maréchal, ni d’un amiral, ni d’un général, ni d’une quelconque panoplie militaire », écrit l’auteur…]
    « La Protestation de Saliège », d’Yves Belaubre, Ed. Nicolas Eybalin, Par Stéphane Thépot (Le livre du jour) Publié le 05 septembre 2012 à 16h05 – Mis à jour le 05 septembre 2012 à 17h12 « Le monde ».

    Veuillez m’excuser de vous présenter un large extrait de l’article de Stéphane Thépot dans le monde de septembre 2012, relatif à la lettre de Mgr Saliège (dont vous retrouverez la teneur sur Google avec ces mots clé). Que, dans notre église institution, certains soient carriéristes, politiques…, pourquoi pas, nous sommes, après tout, qu’une simple institution humaine ; Mais que cela conduisent des hommes à se suicider, des cardinaux à être destitué, des évêques à se taire, ne me paraît pas en rapport avec la Parole du Christ : [ (Matthieu 22:21)… Ils répondent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu… ].
    De plus, avec le pape François, j’ajoute que l’Église n’est pas une ONG.

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    • Souvent, dans l’histoire de l’Église comme des peuples, quelques uns, là le Cardinal Saliège sauvent l’honneur, font preuve de courage. Ce courage, d’autres, dont des clercs et ktos de France, n’avaient pas attendu sa voix, pas attendu l’été 42; ce tournant militaire du conflit sur les fronts de l’est, pour poser des actes au risque de leur vie et de de celle de leur familles et proches. Ils méritent notre mémoire et notre mémoire n’a pas à lustrer le passé pour le conformer à de « bonnes croyances ». L’institution en France a été, à l’occasion de cette période aussi courageuse qu’elle fut au début du XXème siècle. Pendant la guerre d’Algérie, l’ami des musulmans algériens,Mgr « Mohamed Duval », prit la parole dans un contexte de guerre civile qui mit face à face les deux mêmes « types » de français.
      Mon père m’a laissé un petit opuscule, remis par l’armée de l’air à ses officiers de réserve mobilisés en 39. Il relate des exactions connues et documentée du régime nazi, certaines eurent « les honneurs de la presse » mais ont été présentées comme « exceptionnelles » au peuple. Cet opuscule fut imprimé à Londres, au moment de la « drôle de guerre ». Mais, bon, dans les années 50 et plus tard encore, le refrain convenable était, de la part de tout « responsable », et en Allemagne au moins autant qu’en France: « on ne savait pas ». Ainsi se construit, au sein des peuples et des religions, une histoire officielle, avec sa part de légende, d’adresse et de faussetés. La tradition a été longtemps que les fondamentaux ne devaient pas être questionnés, ils étaient « sacralisés », heureusement, c’est presque fini, du moins dans les États ou règne la liberté de conscience..

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