Nicolas Hulot – pape François, même combat 

Nicolas Hulot – pape François, même combat 

L’un et l’autre nous appellent à la radicalité, au nom de la raison, face à la menace climatique. 

Nicolas Hulot a donc choisi de quitter le gouvernement. Il l’a annoncé et s’en est longuement expliqué le 28 août, sur France Inter. Je viens de réécouter son dialogue avec Nicolas Demorand et Léa Salamé, pour l’écriture de ce billet. Entre le début et la fin de mon visionnage de l’émission, trente-neuf minutes plus tard, le compteur de Youtube était passé de 604 608 à 604 786 « vues ». C’est dire l’impact symbolique de cette démission, auprès de l’opinion publique.

Tout a été dit, écrit, sur la tonalité de cet entretien à la radio : la sincérité de l’homme, la force de ses convictions, le refus de se résigner “par lassitude, à baisser (son) niveau d’exigence“, l’humble reconnaissance qu’il n’était peut-être pas fait pour la tâche, le refus de rendre le gouvernement seul responsable de son échec. Car, nous dit-il, ce qui est en cause est l’incapacité de notre société à dépasser ses contradictions, à accepter de reconnaître que son modèle actuel de développement – et les satisfactions qu’il nous apporte – est la véritable source de destruction de la planète et des signes avant-coureur de la catastrophe.

L’urgence économique et l’urgence écologique mises en concurrence

« Le film catastrophe est là, sous nos yeux, et je ne comprends pas que nous assistions à la gestation d’une tragédie bien annoncée, dans une forme d’indifférence. Ce n’est pas appréhendé comme un enjeu prioritaire. On s’évertue à maintenir voire à réanimer un modèle économique marchand qui est la cause de tous ces désordres. » Bref, le gouvernement s’applique, sous la pression des lobbies et de l’opinion, à répondre à l’urgence du moment au détriment du long terme, dont il ne propose aucune vision politique. Si bien que le ministre de la Transition écologique et solitaire dit d’être retrouvé seul, là où la gravité de la situation exigeait que l’ensemble du gouvernement soit porteur de l’ambition. L’urgence économique et l’urgence écologique se trouvent ainsi mises en concurrence là où elles devraient être pensées ensemble, de manière convergente. 

« On va me dire : en un an, on ne peut pas tout faire. On me dit soit patient, prends ton temps. Accepte la contrainte momentanée des petits pas… Vous croyez que la situation climatique s’accommode des petits pas ? Vous croyez que l’état de la planète s’accommode des petits pas ? Vous croyez que les inégalités s’accommodent des petits pas ? Mais ça fait quarante ans qu’on s’accommode des petits pas et c’est pour ça qu’on est dans une situation qui nous dépasse. »

« Sur ces questions les justes milieux retardent seulement un peu l’effondrement. » Pape François

Comment ne pas entendre ici l’écho du pape François que, curieusement, personne n’a eu l’idée de citer au cours de ces derniers jours alors qu’il rejoint Nicolas Hulot dans une même radicalité. « Sur ces questions, écrivait-il dans son encyclique Laudato si’, les justes milieux retardent seulement un peu l’effondrement. Il s’agit simplement de redéfinir le progrès. » (1) Et à relire François, on croit entendre le ministre démissionnaire. Dans un même plaidoyer pour un consensus mondial nécessaire à la mise en œuvre d’un autre type de développement économique, respectueux des droits des plus pauvres aujourd’hui acculés à migrer vers le Nord « à la recherche de leur propre survie » (2) Dans une même exhortation à opter pour un autre style de vie et de consommation, plus sobre mais plus riche en relations humaines. François encore : « Nous devons nous convaincre que ralentir un rythme déterminé de production et de consommation peut donner lieu à d’autres formes de progrès et de développement. » (3)

Proximité encore entre les deux hommes dans la conviction que, sous la pression du court terme, les gouvernements, quels qu’ils soient,  resteront toujours en deçà des décisions nécessaires et que seule la pression populaire pourra imposer un vrai sursaut. (4) Faut-il s’en étonner ? En 2014, alors chargé de préparer la Cop 21 de Paris, Nicolas Hulot avait rendu visite au pape François, l’exhortant à mobiliser les catholiques dans ce combat (notre photo). Quelques mois plus tard était publiée l’encyclique Laudato si’. Mobiliser le peuple ! Encore faut-il que le peuple soit suffisamment conscientisé et sûr de son droit pour imposer cette révolution. Or, comme l’illustre cette semaine, dramatiquement, une série de reportages publiés par le quotidien le Monde et justement titrés “Contaminations“ (5) les victimes de l’empoisonnement industriel de la planète ont d’autant plus de mal à sortir de leur résignation que leurs bourreaux sont aussi leurs employeurs… qui les tuent à petits feux. 

« Inviter les croyants à être cohérents avec leur propre foi » Laudato si’

Il faut sans plus tarder « Changer de style de vie pour faire pression sur les détenteurs du pouvoir » (6) écrit François qui termine sur cette injonction à l’égard des catholiques mais plus largement des hommes et des femmes de convictions : « Il faudra inviter les croyants à être cohérents avec leur propre foi, et à ne pas la contredire par leurs actions. » (7) Et là, ce n’est pas gagné ! Parce que la solution passe, outre des changements profonds de consommation et de style de vie difficiles en soi, auxquels appelle pareillement Nicolas Hulot, par des choix politiques qui ne font pas consensus… ne serait-ce que parce que des intérêts contradictoires y sont engagés. Pour chacun de nous ! 

Le drame des « alternances sans alternative »

Emmanuel Macron peut-il être, en France, l’homme d’un tel « changement de paradygme » ? Et son porte parole au niveau européen et international ? La question se posait avant même son élection. Pour beaucoup la réponse était et reste :  non. Parce qu’il incarne, avec moins de dureté peut-être que d’autres, ce que Jean-Claude Michéa appelle « une alternance sans alternative ». On change les équipes mais pour faire finalement toujours la même politique économique libérale qui, au nom de la déesse TINA (there is no alternative) plaide que seule la croissance peut créer l’emploi… Certes, sauf qu’il s’agit là d’une croissance dopée à l’’énergie carbonée et productrice de gaz à effet de serre, précisément mise en cause comme principal responsable du désastre écologique et environnemental. 

Si cette nouvelle « alternance sans alternative » devait, demain, déboucher sur une forme d’échec, vers quelle alternative dans l’alternance se tournerait alors le peuple : une aventure populiste d’extrême droite ou de gauche radicale comme on en voit ici ou là en Europe ou, précisément, une « autre politique » , conciliant impératifs économiques et écologiques, compatible avec le maintien de nos acquis démocratiques mais qui reste dramatiquement, à ce jour, encore à définir ? Mince défi ! 

Convaincre les catholiques de passer à l’action

Sur ce chantier, directement inspiré de Laudato si’, les chrétiens ne sont pas absents même si leur voix peine parfois à se faire entendre et, plus encore, à s’imposer. L’une des plus écoutées est sans doute celle de l’économiste – et jésuite – Gaël Giraud – qui plaide sans relâche pour que la finance mondiale soit, enfin, mise au service de l’intérêt général et notamment du financement de la transition écologique, au lieu de nourrir la spéculation. (8) La revue jésuite Projet, éditée par le Ceras (Centre d’études, de recherche et d’action sociale) nourrit en permanence la réflexion de ses lecteurs sur l’actualisation de la doctrine sociale de l’Eglise dont Laudato si’ reste la référence la plus actuelle. La jeune revue Limite, fédère de son côté une nouvelle génération de militants sur un projet d’écologie intégrale dont la définition nourrit ici ou  – et même ailleurs – le débat sinon la polémique. 

Dans le champ politique en pleine recomposition où des chrétiens sont présents à titre personnel, le mouvement Refondation, né au printemps 2017, ambitionne d’élaborer un projet humaniste au service du Bien commun, qui tenterait une conciliation des enjeux économique et écologique. Il tient, ce 6 octobre à Montpellier, une convention précisément consacre l’écologie, ouverte au public. (9) Au-delà c’est une large part de la presse catholique, des médias et blogueurs chrétiens, mais également du monde associatif, des mouvements et services d’Eglise qui mobilise sur les enjeux développés par le pape François dans Laudato si’ avec une même conscience de l’urgence à réveiller les consciences et à convaincre du passage à l’action. Mais on est encore loin du compte. Et pourtant… 

« Tout se joue dans les dix ans qui viennent », concluait Nicolas Hulot, le 28 août, sur France Inter. « J’espère que mon départ provoquera une profonde introspection de notre société sur la réalité du monde. J’espère que mon geste sera utile pour qu’on se pose les bonnes questions. » Ce 8 septembre, quelques dizaines de milliers de Français sont descendus dans la rue, à Paris et dans plusieurs villes de France – 800 dans le monde – , pour « une marche pour le climat… »

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  1. Pape François, Laudato si’ n°194
  2. Président algérien Boumédienne, en 1976, à la tribune de l’ONU. «Un jour, des millions d’hommes quitteront les parties méridionales du monde pour faire irruption dans les espaces relativement accessibles de l’hémisphère nord, à la recherche de leur propre survie.»
  3. Laudato si’ n°191
  4. Une pensée structurante chez le pape François. Face au drame de la pédophilie dans l’Eglise, il pose le même constat d’une incapacité de l’institution à se remettre en cause elle-même et invite les fidèles à faire pression pour que les choses changent. 
  5. Série d’articles dans le Monde des 3 au 9 septembre. 
  6. Laudato si’ n°206
  7. ibid n°200
  8. On peut également lire l’article récent de Claude Henry, Président du Conseil scientifique de l’institut du développement durable des relations internationales : « Trois mesures pour sortir du désastre écologique » (Le Monde du 6 septembre, p.20. Première mesure : réorienter la pression fiscale sur les activités et produits qui contribuent significativement à la dégradation du capital naturel, de manière à changer les modèles de production et les comportements de consommation. Deuxième mesure : prononcer et organiser la faillite des entreprises qui contribuent le plus à la dégradation du capital naturel et qui font le plus obstacle à la transition écologique et économique, de manière à en faire des instruments de celle-ci. Troisième mesure : substituer un modèle d’agriculture fondé sur la biologie au modèle fondé sur la chimie. 
  9. Au château de Flaugergues, parc du Millénaire, à Montpellier, de 9 h 30 à 18 h. 

Photo © Gabriel Bouys – AFP

 

 

 

 

https://www.refondation.fr

 

 

17 comments

  • Le jour où les croyants deviendront cohérents entre leur doctrine d’une part et leurs actes d’autre part, il est possible que je me mette à croire aux miracles !

    Mais comme l’on risque de me traiter d’ostracisme, je dirais que tous les animaux humains font preuve en permanence d’une incohérence magistrale pour ce qui est de l’écologie.
    Tout le monde veut « une planète propre » mais une minorité infinitésimale et prête à changer quelque chose, et encore, pas grand-chose.
    La quasi-totalité de l’humanité occidentale (celle qui pollue le plus) n’a aucune envie de renoncer à ses privilèges.
    — Il faut arrêter de construire des bagnoles polluantes ! ? Mais ce n’est pas possible, je travaille dans le secteur ainsi que bien des gens que je connais et qui correspondent à des millions d’emplois…
    — Il faudrait construire des voitures électriques ! Mais comment on va faire si on veut fermer les centrales nucléaires ! On ne va quand même pas rouler en voiture à pédales !
    Et on peut prendre des exemples dans tous les secteurs de l’économie…

    Là comme ailleurs : on est d’accord pour changer, à condition que l’on ne touche à rien.
    Touchez à un petit privilège et le peuple descend dans la rue pour le garder… et quatre fois sur cinq les gouvernants cèdent !

    Quant à ceux qui sont dans une situation de pauvreté, de misère, de dénutrition et autres fléaux sociaux, ils n’aspirent qu’à une seule chose… le développement économique pour devenir riche à leur tour afin de profiter de ce qui reste d’exploitable sur la planète Terre…
    Les investissements dans « l’économie renouvelable » ne peuvent profiter qu’à ceux qui sont déjà très riches, c’est-à-dire les possédants que nous sommes.
    Allez demander un à petit propriétaire qui paye encore les traites de sa modeste maison, d’investir dans l’énergie issue de la géothermie…alors qu’il sait pertinemment qu’aux États-Unis, en Chine, en Inde, et dans bien d’autres pays, on rejette des milliards et des milliards de tonnes de CO2… avec la bénédiction des gouvernants.

    L’humanité porte sa fin en elle-même, c’est bien connu !
    Voir arriver cet horizon affole un peu tout le monde… mais c’est un inéluctable.
    Hulot ou non, Pape ou non…

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    • Sauf que les croyants ne sont ni plus ni moins cohérents que d’autres catégories de Français qui adhèrent pareillement à de grands principes… qu’ils n’appliquent pas davantage !

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  • Voilà plus de 40 ans qu'(on ne cesse de nous répéter à longueur d’années que la croissance était La Solution et qu’il était inscrit dans le marbre qu’il était absolument évident que le niveau de vie de nos enfants ne pouvaient qu’être automatiquement supérieur au notre;qu’il était évidemment impensable de ne pas changer de voitures tous les 4 ans et qu’il était inconcevable de mettre en 2018 4 h pour aller de Paris à; Bordeaux et que bien sûr il était inconcevable d e passer ses vacances au fin fond de la Lozere par exemple alors que pour un prix à peine plus élevé on pouvait passer une semaine à l’autre bout du monde…
    Bien sûr ce mode de vie a fait également travailler beaucoup de gens mais en a mis dans la dèche combien d’autres…
    Et, hélas, je ne vois aucun homme politique en France et ailleurs qui aura l’audace de vouloir changer réellement les choses, ou alors il faudrait que ce soit au minimum au niveau européen,et là encore mon pessimisme demeure
    C’est une révolution culturelle qu’il faudrait faire…et nous n’en prenons pas le chemin…

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  • Quelques remarques sur économie et énergie qui, avec l’attention à porter à la nature, est le sujet concret le plus difficile auquel la planète soit confrontée du fait de l’impact considérable, à partir du XIXème siècle, de l’espèce homo. Je n’ignore pas qu’au fond, le pb essentiel est la soif de puissance de chacun -pour soi et ses proches et sa descendance, son pays- et que la dimension morale mériterait une bonne place … si la morale n’avait pas une inertie qui la met hors jeu.

    Homo sur la planète à consacré les décennies passées à consolider le droit transnational (traités) en tous domaines,… le meilleur en intentions côtoie le pire -du fait des lobbys, dont celui de M Hulot et comparses). Cet édifice commun est jeune et fragile.

    Or, depuis quelques années (disons tournant du siècle avec prise de conscience de la fin de la guerre froide, la démocratie laisse souvent la place à des démocratures nationalistes régionalistes. Il est clair que le poids politique de l’ONU et de ses agences est en baisse dramatique.

    L’Etat USA (4.5% de la pop mondiale pm, 24% du PIB) est tenté par ce repli. Il demeure, pour au plus dix ans, 1ère puissance militaire devant la Chine (19% de la pm, 15% du PIB), et 1ère économie devant l’UE (6.8% de la pm, 20% du PIB) et la Chine. La Chine est une dictature nationaliste par tradition, … or les occidentaux l’ont laissé mettre la main sur l’extraction et le « raffinage » des matières stratégiques (plus stratégiques que furent pétrole et gaz au XXème siècle) dont les technologies « vertes » (vent, photovoltaïque, piles, aimants, …) ne peuvent se passer, …. car ces activité en France (La Rochelle) et aux USA ont été démantelées dans les années 80 car trop polluantes (chez nous c’est propre!), puis l’industrie « bas de gamme » et de fil en aiguille l’industrie haut de gamme a été délocalisée avec toute l’ingénierie et la recherche (la Chine est 1er en nombre de brevet au monde, devant les USA. Tout cela est aussi polluant et mauvais pour le climat, que le gaz de schiste (USA) ou la lignite (Allemagne) … or sans cela, pas d’énergies « vertes », pas de « dématérialisation » (y a pas plus matériel qu’un portable XG, qu’un robot, …) les véhicules électriques qu’on nous dit « magiques ».

    Au sein du gouvernement, Hulot a partagé quelques mois la responsabilité de la France, 1% de la pm, 3% du PIB), avec un challenge majeur: redonner un peu de puissance à l’UE, pour le meilleur en évitant le pire. Alors, vouloir trop tout de suite en étant un des rares pays de l’UE à se conduire ainsi, est juste pas possible. Ce dont n’a pas parlé Hulot est plus important que le prétexte « chasseurs », que le débat UE sur le glyphosate » … L’UE a quelques pays en pointe sur la défense (France et Grande-Bretagne, alors que l’otan est flou) et un atout sur l’énergie avec le nucléaire français (l’Allemagne qui fut puissante n’a plus rien, plus de recherche, plus d’ingénieire). Or Hulot venait de recevoir un rapport signalant que, si l’ingénierie nucléaire n’était pas relancée immédiatement et vigoureusement, l’UE serait énergétiquement parlant dans une situation géostratégique intenable et durable.

    La France a parié, au sortir du conflit mondial sur l’atome pour assurer un peu d’indépendance énergétique, elle s’y est tenue avec rigueur jusqu’à la décennies 80, avant d’abandonner. Les seules filières énergétiques à peu près vertes aujourd’hui sont hydraulique, géothermique, combustion ou gazéification de déchets non recyclés, nucléaire, … et bien sur l’énergie économisée, non gaspillée.

    Enfin, je citerai Carlos Tavarès s’exprimant fin 2017 à Francfort au Mondial auto, dans le langage qu’il faut décrypter (avec les « codes » qu’Hulot feint de ne pas connaître):
    – « Si on donne instruction de faire des véhicules électriques, il faut aussi que les administrations et les autorités assument la responsabilité scientifique. Parce que je ne voudrais pas que dans trente ans on ait découvert les uns et les autres quelque chose sur le recyclage des batteries, l’utilisation des matières rares de la planète ou sur les émissions électromagnétiques de la batterie en situation de recharge. »
    – « Toute cette agitation (sur l’électrique), tout ce chaos vont se retourner contre nous parce que nous aurons pris de mauvaises décisions dans des contextes émotionnels, pas suffisamment réfléchis et pas avec suffisamment de recul. »

    Carlos Tavarès dit à ses alter ego et concurrents: je sais que vous savez! Je ne veux pas faire semblant, comme vous, de ne pas savoir que, dans bien moins de 30 ans, des politiques, de faux scientifiques, des lobbys écolos, … seront obligé de reconnaître qu’ils ont préféré l’immédiat de la réélection, le plaisir de la notoriété médiatique, … au courage de dire au peuple le vrai, à savoir qu’il n’y a rien de magique, qu’on a refilé le sale travail à d’autres pour « être propres chez nous », et que ces « autres » n’oublierons pas de nous faire payer l’addition, un jour prochain.

    Sur les terres agricoles il commence à se passer ce qui est arrivé avec l’industrie de pointe durant la décennie 90: https://www.capital.fr/economie-politique/la-chine-acheteuse-vorace-de-terres-agricoles-a-letranger-1273793

    La radicalité, y a pas plus irresponsable, et Hulot a bien fait de renoncer, et la manière dont il l’a fait, si elle semble adroite, est conforme au personnage: irresponsable.

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    • Est-il possible dans vos commentaires d’être plus resserré pour qu’on ne s’éparpille pas et qu’on comprenne bien le cœur de votre propos ? Pour ce qui concerne votre conclusion je m’inscris en faux ! La radicalité n’est irresponsable que si l’on peut prouver qu’on peut se passer de radicalité… Difficile exercice, ouvert à toutes les polémiques ! Allez donc expliquer à un encologue qu’il peut soigner un cancer avancé avec de la médecine douce, pour éviter la réadicalité ! Quant au jugement que vous portez sur Nicola Hulot : irresponsable, il n’engage que vous et je ne le partage aucunement.

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  • Qui est prêt, vraiment prêt, à marcher, à prendre le train et très peu l’avion, à ne pas climatiser à 18 et chauffer à 25, à acheter des tonnes d’objets, de fringues, à faire venir de la bouffe (bio évidemment, hahaha) des quatre coins de la planète ? Je ne vois personne ou presque. Les consommateurs de gauche ou de droite, les écolos auto proclamés ( j’en connais qui voyagent aux quatre coins du monde, en avion, pour promouvoir une consommation respectueuse, arrêter de gaspiller..etc). Combien de piscines privées, combien de gens qui ont deux voitures ?
    Bref, il est temps que les Etats et les citoyens prennent des mesures. De vraies mesures.
    Mais… Pourquoi tant de gens viennent en Europe, si ce n’est pour pouvoir consommer plus ?
    Quant aux pays occidentaux qui polluent le plus, c’est possible mais allez en Chine ( à la rame), vous verrez.
    Les rares personnes sincères sont des gens comme ceux qui écrivent dans la revue Limite.

    Marie

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  • Est-ce pour son implication dans l’écologie, ou pour son implication dans les problèmes de sexualité que notre pape est attaqué ? Il me semble que les problèmes induits par la mauvaise gestion de l’écologie sont superposables à ceux induit pas une gestion ringarde de la sexualité.

    Si l’humanité risque de mourir de faim du fait de sa démographie évoluant de façon exponentielle, de brillants esprits ont déjà envisagé soit de diminuer la part de ressources dévolue à chacun, soit de devoir, ou réguler les naissances, ou réguler la vie par exemple par la guerre ! Il nous faut donc modifier notre notion d’Humanité, donc de Dieu. Il Lui a été reproché, en son temps d’avoir couvert Auschwitz, ne Lui demandons pas de couvrir les futurs génocides. Plaçons nous donc dans le domaine sexuel.

    Ce n’est pas au moment où vont se traiter les vrais problèmes que nous devons nous enfoncer dans des palabres oiseuses sur des responsabilités putatives, surtout destinées à se dédouaner. Nombreux sont les théologiens qui ont tenté d’explorer les frontières de la doctrine officielle et qui s’y sont cassé les dents. Il me semble, comme l’avait souligné en son temps le père Maurice Bellet, que la scission s’est réalisée, il y a près de 20 siècles, lors de la réunion de Pierre, Jacques et Paul au sujet de l’application de la loi juive aux païens.

    Dans son livre « la tyrannie du plaisir », Jean Claude Guillebaud nous dit qu’en matière de sexualité, les lois civiles ont généralement précédé les lois religieuses. Il a ainsi précisé qu’en matière d’adultère, une loi romaine remontant à l’an 10 av JC, stipulait que les amants adultérins étaient tous deux condamnés à mort…

    Ainsi, l’Eglise s’est-elle développée dans les coulisses d’un pouvoir qu’elle a cautionné. Sont dans le vrai, ceux qui, honnêtes, disent que toute révision de la sexualité, du mariage… entrainerait de facto une révision déchirante de toute la théologie. Or, la lecture, par exemple de la « théologie du Corps » de St Jean Paul II, ou son interprétation par celui qui me parait en être le meilleurs interprète : Yves Semen, me conduit à mettre au panier quelques dogmes ringards. En particulier, elle donne corps à l’Incarnation, au Corps « … . Le corps en effet – et seulement lui – est capable de rendre visible ce qui est invisible: le spirituel et le divin. Il a été créé pour transférer dans la réalité visible du monde le mystère caché de toute éternité en Dieu et en être le signe visible… ». Ceci est repris, je crois, par le pape émérite Benoist XVI dans « Deus Caritas est » : « …L’homme devient vraiment lui-même, quand le corps et l’âme se trouvent dans une profonde unité ; le défi de l’éros est vraiment surmonté lorsque cette unification est réussie. Si l’homme aspire à être seulement esprit et qu’il veut refuser la chair comme étant un héritage simplement animal, alors l’esprit et le corps perdent leur dignité. Et si, d’autre part, il renie l’esprit et considère donc la matière, le corps, comme la réalité exclusive, il perd également sa grandeur. … Mais ce n’est pas seulement l’esprit ou le corps qui aime : c’est l’Homme, la personne, qui aime comme créature unifiée, dont font partie le corps et l’âme. C’est seulement lorsque les deux se fondent véritablement en une unité que l’Homme devient pleinement lui-même. C’est uniquement de cette façon que l’amour – l’éros – peut mûrir, jusqu’à parvenir à sa vraie grandeur… » Benoit XVI in « Deus Caritas est » (Un problème de langage ; Première partie ; L’unité de l’amour dans la création et dans l’histoire du salut ; §5)… »

    Ceci, vous en conviendrez, je pense, aisément, bat en brèche le mépris du corps développé depuis toujours, en particulier, par des théologiens chrétiens reproduisant par-là certains philosophes antiques. Et, cela change toutes nos notions sur la sexualité et partant sur le couple, le mariage, les enfants….la morale devenant une morale de responsabilité vivante et constamment à jour luxant une morale d’obligation qui ne l’est jamais.
    Peut-être que de nombreux problèmes insolubles pourrait trouver alors un début de solution.

    Oui, je partage l’opinion de ceux qui disent que le repentir ne suffit plus. Une révision de fond en comble de notre vue sur la sexualité est devenue primum movens absolu. N’ayons pas peur d’être étiquetés de racisme chaque fois qu’est utilisé le mot « noir », d’obsédé sexuel si nous abordons ce sujet, d’homophobe si nous parlons d’homosexualité, surtout si l’on éloigne de la doxa officielle. Comme le dit Nicolas Hulot, il faut cesser de se mentir.

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    • J’ai lu , à sa sortie, la tyrannie du plaisir de mon ami Jean-Claude Guillebaud. Un livre dont la thèse me semble pertinente. Pour autant, je relativiserais l’idée selon laquelle les lois civiles précèdent les lois religieuses…. pour la simple raison que la plupart des lois civiles ont été élaborées, dans des sociétés antiques où la distinction avec le religieux n’existait pas toujours. Rappeler une loi romaine sur l’adultère datant de 10 avant Jésus-Christ n’a aucune valeur démonstrative puisque le même interdit de l’adultère – et la même punition – figurent dans l’Ancien Testament largement antérieur. Il faudrait aller voir, en revanche, dans le code Babylonien d’hammurabi qui date de 1 750 avant JC et a de toute évidence influencé les rédacteurs de la Bible au moement de l’exil à Babylone.

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      • Je voudrais rebondir sur votre réponse : En fait, à la lecture de ce livre, j’ai eu l’impression qu’une course de vitesse était engagée entre le déroulé de la Vie et sa prise de conscience progressive par l’humanité elle-même. De ce fait la chronologie civile ou religieuse des lois serait plutôt un artéfact intellectuel. Peut-être est-ce ce qu’exprime, Mr Legrand dans la distinction proposée entre éthique de conviction et éthique de responsabilité. Peut-être que le père Maurice Zundel voit plus loin en opposant morale d’obligation à la morale de libération ? J’ai cru comprendre que Denis Marquet fait remonter cette dualité aux origines : « Jésus était-il philosophe ? » écrit-il p25 de son ouvrage Osez tout désirer. Il poursuit : « …En réalité, on a très souvent présumé que non. Une philosophie n’implique-t-elle pas un système théorique ? Or l’enseignement du Christ ne se présente pas ainsi. Il n’est pas systématique ni présenté de manière déductive, il ne s’appuie pas sur la rationalité. Au contraire, il s’ajuste à la personne unique à laquelle il s’adresse, il est plus pratique que théorique, il parle davantage au cœur, (et, nous le verrons, aux entrailles) qu’à la tête…Pour cette raison, au cours de l’histoire, on a cherché à fonder les enseignements du Christ sur une philosophie étrangère à sa pensée…». Plus loin, Denis Marquet nous parle de « l’intelligence logique » et de « l’intelligence symbolique ». Il nous précise alors que la confusion entre ces deux formes d’intelligence ne peut conduire qu’à des problèmes. (« Osez tout désirer », pp 83-84). En poussant le bouchon un peu plus loin, peut-être avons-nous créé nous-même les problèmes dans lesquels nous nous noyons ?

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  • Le souhaitable et le possible.
    Contrairement à l’argument de ce billet , je pense qu’une autorité morale et une autorité politique ne peuvent pas , par principe adopter la même attitude .
    – Le pape est une autorité morale . Son discours peut procéder de la radicalité puisque qu’il se situe dans le champ du souhaitable . Pour reprendre la formule de Paul Ricoeur, l’Eglise doit être l’éthique vivante du politique .
    – Un ministre quel qu’il soit , ne peut intervenir que dans le champ du possible tout en essayant , c’est la difficulté et l’enjeu de sa charge , de réduire autant que ce peut , le fossé entre le souhaitable et le possible .

    Pour l’un l’éthique de la conviction ( responsable ?) , pour l’autre l’éthique de la responsabilité ( convaincue ? ) deux angles de vue différents et complémentaires .

    La prise en compte de cette séparation des rôles peut choquer, mais je la crois incontournable sauf à vouloir ignorer la spécificité du politique dont la fonction est de rendre possible le souhaitable en vérifiant pas à pas que les mesures prises sont acceptables et acceptées .
    Bien sûr on peut m’opposer quelques exceptions ou le politique a pu faire prévaloir l’éthique de conviction : Mendes- France en 1954 mettant fin à la guerre d’Indochine ( prix à payer : son gouvernement fut renversé au bout de neuf mois ), Mitterand abolissant la peine de mort contre la majorité de l’opinion publique (mais il a su anticiper l’évolution de la société)

    Cela ne remet cependant pas en cause la règle qui veut que le militant n ‘est pas préparé ni adapté à la fonction politique .

    C’est sans doute le tragique du politique , mais il nous faudra sans doute constater bientôt que les multinationales , motivées par le seul profit feront sans doute plus et plus vite pour la disparition des herbicides et pesticides suite au procès récent les condamnant à verser de lourdes indemnités à un jardinier américain et au risque systémique de ce précédent
    , que toutes les années de militances de toutes les associations de protection de l’environnement .

    Ethique de conviction et éthique de responsabilité sont des fonctions nécessaires et complémentaires , mais ne peuvent pas être exercées simultanément par une même personne . La fonction du politique est essentiellement régulatrice . C’est sans doute là la cause de l’échec de Nicolas Hulot de l’avoir oublié , c’est aussi son honneur que d’avoir essayé vu l’urgence de la situation . N’est pas pas Pierre Mendes France qui veut . C’est pourquoi il faut à côté du politique des instances fortes et reconnues alertant en permanence la société au nom de l’éthique de conviction .

    L’enjeu n’est donc moins d’avoir un ministre militant , que des associations et instances de toutes natures (dont l’Eglise) fortes et reconnues travaillant sans relâche à informer , sensibiliser et convaincre les opinions publiques , préparant ainsi le travail du politique en élargissant le champ du possible .

    En ce qui concerne les enjeux écologiques , le temps nous est compté et cette séparation des rôle prend beaucoup de temps . Malheureusement , il n’existe pas d’autres méthodes dans une société démocratique sauf à prendre le risque du populisme et du retour en arrière , détruisant les progrès insuffisants déjà réalisés .

    Désolé de doucher ainsi de légitime convictions , mais l’espérance ne peut se fonder et durer que sur la prise en compte de la réalité , de toutes les réalités .

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    • Je n’ai rien à redire à ce commentaire qui, en fait, ne contredit nullement mon billet. J’observe simplement que l’anayse de Nicolas Hulot et celle du pape François convergent sur l’urgence et le caractère radical des mesures à engager. Qu’un responsabe politique doive se « résigner » à une éthique de la responsabilité… c’est-à-dire au compromis que lui permet à l’instant « T » l’équilibre des forces politiques, éconoiques, syndicales, soit ! Sauf qu’en ce qui concerne l’avenir de la planète, si les bonnes décisions ne sont pas au rendez-vous au bon moment, la nature ne nous accordera aucun sursis ! C’est comme ça ! C’est sans doute pourquoi Nicolas Hulot a donné sa démission. Pour redevenir, comme François, libre de crier dans le désert ! En espérant que les opinions publiques finissent par entendre.

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      • … »en espérant que les opinions publiques finissent par entendre », mais elles sont si loin d’entendre, si loin et en plus n’ont nulle nulle envie de les entendre puisque cela attenterait à leur petit confort personnel d’une part et que d’autre part notre système économique actuel a tout intérêt ,certes à court terme bien sûr à ce que ce message ne soit pas entendu.
        J’aimerais bien partager l’optimisme relatif dont fait preuve quy legrand quant à la future attitude des grands groupes industriels face aux désherbants, mais je serais poussé à croire que si ils changent totalement leur façon de faire c’est qu’ils auront découvert un autre procédé dont on découvrira plus tard les effets nocifs

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        • Je vous trouve bien pessimiste ! De toute manière, il faut continuer à parler, à dire ce qui semble nécessaire à la survie de la planète. Mais il faut craindre en effet, que ce ne soit au pied du mur, acculés, que les opinions finissent par accepter les changements nécessaires. Seule question : sera-t-il encore temps ? Nul ne peut le dire !

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      • C’est le propre des régimes démocratiques de devoir gérer le paradoxe de dépendre de l’opinion publique majoritaire qui s’exprime légitimement par le suffrage , tout en faisant en sorte de la faire évoluer pour tenir compte des réalités et relever les défis qui nous attendent . Sans doute dans les cas d’urgence et le changement climatique en est un , les lenteurs inhérentes à la démocratie peuvent conduire certains à remettre en cause la légitimité du processus démocratique . Certaines tendances du mouvement écologistes flirtent parfois avec cette tentation . je crois pour ma part que le remède serait pire que le mal et que malgré toutes ses imperfections la démocratie est la seule occurrence efficace pour prendre en compte l’enjeu du changement climatique et les menaces pour l’environnement . En attendant les évolutions sociétales ,crier dans le désert n’est pas toujours sans fécondité même s’il ne nous est pas donné de la mesurer ou même de l’apercevoir : « les fruits son aveugles , c’est l’arbre qui voit  » (René Char )

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  • Pingback: 11 septembre 2018 | Au fil des jours, dans la suite du Synode de la famille

  • Je voudrais compléter ma réponse à Mr R.Poujol en utilisant l’exemple de la méthode Ogino , moyen contraceptif dit naturel ! Insistons d’abord sur le fait qu’elle associe une efficacité toute relative à une hypocrisie théologique : En effet la seule loi naturelle que je connaisse, principe fondateur de la vie, est, dans l’espèce humaine, qu’un spermatozoïde rencontre une ovule et qu’il s’en suit, quelle que soit l’espèce en cause, une pérennité de la Vie. Il paraît évident que tout ce qui s’oppose à cette évidence, gérées par des écosystèmes complexes, n’est pas naturel. Je dis hypocrisie théologique, car on ne peut se réclamer de la philosophie du Christ, puisque, selon Denis Marquet, « … on a cherché à fonder les enseignements du Christ sur une philosophie étrangère à sa pensée…(Aristote, les néoplatoniciens, le Logos) ».

    Cette méthode, qui présuppose que ses utilisateurs aient déjà tenté une réponse à la question « qui suis-je ? », induit en premier lieu un « état de manque », qui peut rapidement se commuer en un état de frustration, source de toutes les déviances : sublimation, selon Freud, dissociation du plaisirs et de la sexualité dite animale, infidélité, culpabilité, violence, machisme, féminisme, exploitation du plaisirs…, mais aussi pouvoir, exploitation politique, cléricalisme, rabbinisme, fondamentalisme…Peut-être que le retour aux sources, souhaitée par nos papes successifs a-t-il été interprété comme retour à l’immobilisme, à l’empire romain, au moyen âge !

    J’ai vraiment l’impression que cette hypocrisie théologique est mère de tous nos maux et que nous ne nous en sortirons qu’avec une vraie remise à plat de nos concepts philosophico-religieux. Notre identité chrétienne n’est peut-être pas dans le fumet de l’encens, mais plutôt en chacun de Nous. Il me semble qu’Etty Hillesum l’a parfaitement réalisée en écrivant : «… Il y a en moi un puits très profond. Et dans ce puits, il y a Dieu. Parfois je parviens à l’atteindre. Mais plus souvent, des pierres et des gravats obstruent ce puits, et Dieu est enseveli. Alors il faut le remettre au jour… ». Ce n’est pas dans un amour fusionnel factice que se trouve la solution, mais bien dans la mise au grand jour de Celui qui est en Nous.

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  • J’avoue avoir quelques difficultés à mettre sur le même plan Nicolas Hulot et le pape François.
    Ce que j’ai aimé chez Nicolas Hulot ce sont ses émission de télévisions bien connues qui montraient la beauté du monde et sa diversité, sa biodiversité. L’encyclique de François, qui fait suite à de nombreux autres écrits de ses prédécesseurs va beaucoup plus loin car la réflexion est systémique mais dans une optique chrétienne. C’est-à-dire qu’il y a l’espérance chrétienne. Nicolas Hulot a versé dans la collapsologie que j’appelle « effondrementalisme » . C’est incompatible avec la foi chrétienne. Ma foi me dit que nous allons vers du meilleur, Nicolas Hulot nous annonce l’effondrement. C’est refuser le génie de ‘homme, qui est celui de Dieu puisque nous sommes ses créatures et ses alliés. Alors je préfère l’espérance.

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