Pensées pour un confinement (2)

Pensées pour un confinement (2)

L’angoisse, la mort, l’amour, la vie, l’espérance… paroles d’écrivains !

J’ai poursuivi, cette semaine, la relecture des carnets où, depuis 1980, je transcris des citations d’ouvrages lus, note des impressions, des réflexions… J’ai été surpris de découvrir que certains livres m’étaient totalement sortis de l’esprit. Que d’autres couvraient des pages et des pages de mes carnets tellement je me sentais en connivence avec eux (tel livre de Jean Delumeau, Paul Valadier, Marie Noël, Hetty Hillesum, Jean-René Huguenin, Maurice Vidal, Alain-Marie Couturier, Simone Weil, Albert Camus… ) Nombre de ces lectures tiennent à la vie de l’Eglise et à l’intelligence de la foi. Difficile, dans un premier temps, d’en publier des extraits sur mon compte Facebook comme je le fais au quotidien depuis le 16 mars, (extraits repris ici en fin de semaine), sauf à élargir le champ de la réflexion à cette autre crise, qui est celle de l’Eglise catholique. Mais déjà, que de richesses !   

Des amis se sont étonnés qu’au-delà du billet du 9 mars posté sur ce blog, (Colonavirus : le sens et le prix de la vie) je n’aie, à ce jour, rien publié d’autre sur cet événement majeur. Sans doute est-ce que je méfie, plus que tout, de ma subjectivité et de possibles emballements. Pourquoi aurais-je un point de vue pertinent sur des questions complexes que je ne maîtrise pas ? Ou une pensée particulièrement originale au moment où chacun se répand sur les réseaux sociaux ! Au hasard de mes relectures, je suis tombé sur cette réflexion de Marguerite Yourcenar, dans la biographie que lui consacre Josyane Savigneau et qui résume bien ma façon de voir : « On se demande toujours pourquoi les médias obligent un écrivain à parler sur tous les sujets, alors que son métier est d’écrire sur quelques-uns. » Je ne me prétends pas écrivain mais, comme journaliste, je me sens dans ce même état d’esprit.

Le temps viendra où il nous faudra tirer toutes les conséquences des heures graves et pour certains terribles, que nous vivons. Et les mettre en perspective avec d’autres drames tout aussi tragiques qu’à ce jour nous nous refusons toujours à voir : les millions de victimes de la faim, de la pollution, du dérèglement climatique à travers le monde. Car tout est lié. Mais pour l’heure, je ne me hasarderai pas à formuler des pensées définitives, comme pour prendre date (vous voyez : j’avais raison), sur des questions pour lesquelles je n’a aucune compétence et où personne ne m’attend. Priorité au civisme, à l’unité, à la solidarité, à la sobriété. 

Replongeons donc dans ce que la littérature peut nous offrir de recul et d’enrichissement. Immergeons-nous dans ces trésors de la pensée, puisés dans le passé, où lire des permanences qui peuvent éclairer l’avenir. 

8 – DENIS VASSE

(Un tiers de Français au travail, un tiers en télétravail, un tiers privé de travail… De quoi nourrir notre réflexion sur la place « passée » et « à venir » du travail dans nos vies…) 

Le travail peut être l’alibi le plus mensonger de l’homme. Etre à son travail peut être, de toutes, la manière la plus sûre de ne pas être là où un autre nous cherche ou nous attend, dans notre parole.

Denis Vasse, Le temps du désir

9 – JOSEPH DELTEIL

C’est donc ça l’Evangile, proférait François. Ce commandement précis, militaire, cette folle simplicité, cette évidence en chair et en os… Ce texte sauvage, farouche, formidable… et simple comme bérette (…)

Tu rêves, tu rêves… disait le prêtre. Est-ce donc plus beau que Dante, plus beau que la Bible ?

Incomparablement moins beau, gouaillait François… et pardieu pas « beau » pour un sou… L’Evangile, le livre le plus mal écrit du monde… Comme si Dieu avait dépensé tous ses verve et verbe dans sa vieille Bible… Il y a deux sortes de chrétiens : les bibliques et les évangéliques. La Bible, c’est de l’hébreu… l’aïeule, le livre du vieux Jéhovah, écrit avec sa plume de fer… cet horrible fatras de batailles, de carnages et de fornications… (du style, d’accord ; de beaux morceaux d’anthologie ; ça vaut Homère ou Shakespeare…). Tout ce sang barbare, ce ronronnement de lamentations, ces étripements de Philistins m’ennuient. Et ces femelles d’Holopherne ou de Samson qui vous coupent le sifflet immédiatement après, ça me donne la chair de poule…

Mais l’Evangile, ah ! l’Evangile !… c’’est le livre du jeune Dieu, du Dieu humain si j’ose dire… le livre des enfants et des innocents, écrit à la plume d’oie, voire d’alouette… où tout est eau de source, pain de froment, cœur de soleil… Ah ! l’Evangile ! A l’heure de la peine et de la catastrophe, le jour où tout apparaît absurde, féroce, idiot, quand on a mal à la chair et mal à l’âme, au coup de tonnerre de la mort, alors ouvre l’Evangile… « Coupe ta main !… arrache ton œil !… ressuscitez les morts !… aimez-vous les uns les autres ! »

Oh ! murmurait le prêtre… ce sont là des images… une espèce de rhapsodie…

Ah ! Ah ! fariboles, quoi ! que toutes ces paraboles ? De la littérature ? Du vent ?

C’est-à-dire, un idéal, insinuait le brave prêtre… Trop beau, trop haut ! Bon pour les saints !

Soyons donc des saints ! grondait François.

Joseph Delteil, François d’Assise

10 – GERAUD MAY

En fouillant sous l’angoisse, on trouve la peur. Et sous la peur on découvre la douleur. Sous la douleur il y a la culpabilité. Sous la culpabilité gisent la rage et la haine. Mais ne vous arrêtez pas à cette strate car sous la haine se cache le désir frustré. Enfin, sous le désir et au-delà de lui est l’amour. Pour tout sentiment, scrutez bien jusqu’au fond, ne cessez pas de creuser, car au plus profond se trouve l’amour. Une fois que l’on a saisi cela, a-t-on besoin d’autre chose pour faire face à l’angoisse que l’on ressent ?

Géraud May (in Donald Cozzens, Le nouveau visage des prêtres)

11 – SIMONE WEIL

Il serait vain de se détourner du passé pour ne penser qu’à l’avenir. C’est une illusion dangereuse de croire qu’il y ait même là une possibilité. L’opposition entre l’avenir et le passé est absurde. L’avenir ne nous apporte rien, ne nous donne rien. C’est nous qui, pour le construire, devons tout lui donner, notre vie elle-même. Mais pour donner, il faut posséder, et nous ne possédons d’autre vie, d’autre sève, que les trésors hérités du passé et digérés, assimilés, recréés par nous. De tous les besoins de l’âme humaine, il n’y en a pas de plus vital que le passé. »

Simone Weil, L’enracinement

12 – ALBERT CAMUS

Si j’avais à écrire ici un livre de morale, il aurait cent pages et quatre-vingt-dix-neuf seraient blanches. Sur la dernière j’écrirais : « Je ne connais qu’un seul devoir, et c’est celui d’aimer. » 

Albert Camus, Carnets (1937) 

13 -ÉPICURE – ÉLIETTE ABÉCASSIS – FRANCOISE VERNY

(Voilà une pensée d’Epicure qui a traversé les siècles et face à laquelle la réponse des religions, en termes de « liberté humaine » notamment, laisse parfois dubitatif comme le souligne Eliette Abécassis. Sauf à entendre aussi la confession de François Verny…)

« Ou Dieu veut empêcher le mal et ne le peut, ou il le peut et ne le veux pas, ou il ne le veut ni ne le peut. S’il le veut et ne le peut, il est impuissant. S‘il le peut et ne le veut, il est pervers. S’il ne le peut ni ne le veut il est impuissant et pervers. S’il le peut et le veut, que ne le fait-il ? »

Epicure

« Conférer un sens à la souffrance revient à la fonder et à justifier sa cause (…) C’est l’erreur de la théologie chrétienne comme de la théologie juive actuelle, que d’établir la croyance et la foi sur le mal. Toute théologie, parce qu’elle implique une justification de Dieu, consiste à donner un sens au mal, et donc contribue à le propager. En tant que telle, toute théologie est une théodicée (…) C’est là la faiblesse de la pense théologique, que de vouloir donner un sens au mal et de justifier Dieu coûte que coûte. »

Eliette Abécassis, Petite métaphysique du meurtre

« Mais est-ce que je rencontre Dieu dans la misère du monde, dans ma propre misère ? Dieu dans le mal, oui, Dieu dans le mal. Non pas pour l’extirper mais pour l’assumer. Non pas pour apaiser l’angoisse mais pour l’approfondir. Pour chercher un sens. Et, je l’espère, pour trouver le salut. »

Françoise Verny, Dieu existe, je l’ai toujours trahi. 

(lire un extrait : https://www.babelio.com/livres/Verny-Dieu-existe-je-lai-toujours-trahi/214960

14 – FRANCOIS MAURIAC

Nous vivons dans un temps où même les gens heureux ont besoin d’espérance.

François Mauriac, Correspondance intime (lettre à Pierre Mauriac)

Je vous proposerai une nouvelle sélection la semaine prochaine, si je vois que celle ci présente pour vous quelque intérêt ! Et d’ici là : prenez soin de vous ! La première sélection a été lue par 750 personnes mais partagée seulement vingt-cinq fois sur Facebook (contre, souvent, plusieurs centaines de fois…)

71 comments

  • Personnellement, je ne suis pas sur facebook et j’apprécie ces extraits qui me donnent envie de relire certains livres et d’en découvrir de nouveaux.
    Je viens de relire « le concept de Dieu après Auschwitz » d’Hans Jonas. Dieu ? le mal ? – on ne sort pas indemne de ce nouveau « mythe de la création » écrit par l’auteur. Je recommande.

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  • « L’Évangile, c’est le livre du jeune Dieu. » (Joseph Delteil.) À rapprocher de : « L’Évangile, c’est le livre de ce jeune juif écrit sur le sens du vent. » (Marguerite Duras dans « Ernesto »).

    « Ou Dieu veut empêcher le mal et ne le peut, ou il le peut et ne le veux pas, ou il ne le veut ni ne le peut. S’il le veut et ne le peut, il est impuissant. S‘il le peut et ne le veut, il est pervers. S’il ne le peut ni ne le veut il est impuissant et pervers. S’il le peut et le veut, que ne le fait-il ? » (Épicure)

    « Toute théologie » veut « justifier Dieu » et « est une théodicée », Éliette Abécassis a raison, mais il me semble qu’il faut poser cette question corollaire : je ne sais pas si Dieu sera notre juge ; mais qui sommes-nous pour juger Dieu ? C’est la leçon du livre de Job. Et si d’aventure nous tenions tout de même à Le faire comparaître (« venons et discutons », nous défie-t-Il), nous devons infléchir la pente de notre esprit qui veut Lui imputer le mal, donc Le déclarer coupable, alors que nous devrions essayer d’innocenter Dieu a priori. Ce conseil m’a été prodigué par l’abbé Guy Pagès et je le remercie pour cela.

    Question digressive qui me vient chaque fois que je pense à la théologie : la théologie est-elle faite pour l’homme comme écrivait Joseph doré dans son livre « À CAUSE DE JESUS » que telle en était sa pratique et sa conception, est-elle produite par et pour l’homme, ou bien est-elle produite pour dire Dieu, en vue de rendre gloire à Dieu ? La même question peut valoir pour la liturgie et pour la messe : sont-elles célébrées pour les hommes ou pour Dieu ?

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  • Merci pour la citation d’Epicure – votre point 13.
    Et piqûre de rappel pour tout croyant qui se respecte.
    En vérité, cette citation désole ou perturbe ceux qui n’en discernent pas l’erreur, qui ne voient pas la correction très simple qu’il faut y apporter, en y remplaçant « Dieu » par « l’homme » ou « l’être humain ».

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  • Merci encore pour le partage de vos notes soyez rassuré elle parlent au delà de l’immédiateté médiatique qui règne sur ce moment si particulier
    Il faut mettre à profit ce temps qui passe et qui nous repose les questions existentielles
    « Ou cours je ou vais-je dans quel état …
    Vos notes tirent nos réflexions vers de nouveaux rivages
    A bientôt pour vous lire

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  • Je voudrais répondre à la citation d’Epicure , par Eliette Abécassis au sujet du rapport de Dieu au mal . Nous ne pouvons juger que d’après nos critères humains , notre connaissance , notre intelligence humaines . Mais le regard de Dieu se porte sur des considérations qui nous échappent , que le plus souvent nous ne pouvons même pas concevoir : les desseins de Dieu sont impénétrables . Juger de sa réaction face au mal avec notre pensée humaine le ramène à notre niveau . Cet être que nous créons ainsi n’est pas Dieu , n’a rien à voir avec lui , il n’est qu’un homme déguisé en ce qu’il n’est pas , une grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf , aurait ironisé La Fontaine !
    Dieu est un Dieu d’amour , notre Père , que Jésus est venu nous faire reconnaître et aimer à notre tour , à travers sa vie et son message . Le mal ne vient pas de lui , l’homme est assez sot pour le faire triompher tout seul . N’oublions pas que nous avons été créés LIBRES de nos décisions , de nos choix , de notre orientation de vie .

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    • Bien sûr..; Il n’empêche… Je vous renvoie à ma réponse précédente à Le Voyageur. La liberté de l’homme n’est pas une réponse pertinente à toutes les facettes du mal.

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      • Certes, Bernadette au moment de mourir ne s’est pas précipité sur un livre de théologie tout simplement parce qu’elle en vivait déjà,je parle de Bernadette mais je pourrais parler de tant d’autres…mais çà, bien sûr vous ne pouvez le recevoir…

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      • Ce que dit du mal innocent le théologien belge Adolphe Gesché (dans le mal et la lumière, cerf, 2003, pages 49-53) me convient:
        « Il n’y a qu’une manière de défendre Dieu à propos du mal, c’est de dire qu’il a été surpris, qu’il n’est pas tout-puissant à la manière que nous croyons … Un Dieu surpris par le mal est peut-être un Dieu naïf, mais au moins il n’est pas ce Dieu inqualifiable qui permet le mal … Dieu surpris par le mal. Cette idée, qui me fait aimer Dieu, me le rend proche. Seule manière de ne pas être athée. L’Écriture veut tellement dire que le mal est scandaleux, qu’elle dit que Dieu en a été surpris. La théologie et la philosophie parlent de la permission du mal. La Bible ne formule pas cette hypothèse scandaleuse … Dieu a la prescience, objectera-t-on. Est-ce si sûr ? En tout cas, nous ne savons pas ce qu’est sa prescience »
        Selon Michel Salamolard * (paragraphe 34) le projet de Dieu nous appelle à devenir comme lui, capables d’entrer dans la communion du libre et pur amour. Dans une telle alliance, on n’entre ni par force ni par automatisme: pas d’amour sans liberté, nous le savons d’expérience.
        * https://www.cairn.info/revue-nouvelle-revue-theologique-2005-3-page-373.htm

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        • J’aime bien cette idée que Dieu est surpris par le mal, je me rappelle à ce sujet un bel ouvrage du Frère Jean-Miguel Garrigues : « Dieu sans idée du mal ».

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          • « Dieu surpris par le mal » idée qui m’a fait bondir au premier abord, et puis je suis allé voir ce qu’il en était de ce livre du Père Garrigues et je suis ainsi arrivé sur le site de Tettimonia qui reprend une bonne partie de la thèse de ce dernier et on en arrive à la conclusion que cette thèse est tout à fait acceptable et n’altère en rien la r toute puissnce du Père

          • Du reste cette idée de Dieu sans idée du mal vient de St Thomas d’Aquin.
            Moi, elle me plaît cette idée d’un Dieu tellement amour qu’il ne voit pas le mal et qu’il le prend en pleine tronche, si j’ose dire.

          • Le prophète Habaquq interpelle ainsi Dieu :
            « Tu as les yeux trop purs pour voir le mal,
            tu ne peux accepter le spectacle de l’oppression (…) » Habaquq 1,13
            Mais la suite de ce même verset :
            est du coup énigmatique… :
            « (…) pourquoi donc acceptes-tu le spectacle des traîtres, gardes-tu le silence quand un méchant engloutit plus juste que lui ? »

          • Merci Isabelle pour votre commentaire et la référence très intéressante à la péricope d’Habaquq 1, 13.
            Il me semble que la contradiction apparente vient ici de la vision du mal commis (Dieu a les yeux trop purs pour voir le mal) et celle du mal subi (Comment Dieu pourrait-il ne pas voir la souffrance de son peuple).

        • N’en déplaise à René, théoriser sur le péché originel peut aussi aller dans le sens d’un « Dieu surpris », qui interdit à l’homme de manger « du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal » (et non de la seule connaissance, comme souffle le serpent) parce que,du mal, ou du mal comme mal, IL ne veut pas avoir à en connaître (« Dieu vit que cela était bon », Dieu veut rester naïf!), même s’Il le connaît en puissance (ne réduisons pas Dieu à l’impuissance!); or Il devrait nécessairement avoir à en connaître si l’homme en mangeait et entrait dans ce type de connaissance ouplutôt de catégorisation; si, au lieu de voir toute chose comme bonne en soi, il séparait avant le temps l’ivraie et le bon grain, il catégorisait telle chose comme bone et telle chose comme mauvaise; si, au lieu de nomer des animaux ou des plantes -et de leur donner des noms de personnes-, il se mettait à nommer des catégories morales: cela Bien, cela Mal.

          Dieu doit entrer dans le type de connaissance acquis par l’homme si l’homme veut de cette connaissance-là en mangeant quand même à l’arbre qui en donne le fruit, non pour rester un Créateur supérieur à sa créature , mais pour la rejoindre dans sa nouvelle typologie de connaissance, dans sa nouvelle taxinomie ou classification du créé.

          Quant à la presscience de Dieu, si Dieu appréhende tout en un, et tout en même temps dans l’éternité, la pensée de saint Augustin qui s’emberlificote entrelibre arbitre et prédestination à cause de la presscience divine n’a certes pas raison quant au style emberlificoté, dans lequel elle énonce tous ces écartèlements, ces tiraillements, ces « en même temps »; mais dans l’éternnité, deux instants étant embrassés en même temps, Dieu peut créer des êtres libres dans un temps qui nous paraît déterminé, et saint Augustin a raison quant au fond.

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          • Ah bon, l’amour serait impuissant?! Désolé, je ne comprend pas, pas plus que je ne comprends l’équivoque « Dieu tout puissant » si « trop bien » adapté au langage des mortels qui se croient dieu. Qui a convoqué, ordonné, présidé et tenu sous sa garde prétorienne ces conciles, reçus pour œcuméniques par une des Églises, quand le temps fut venu de tout embrouiller, c’est à dire à partir de 1054? L’amour serait-il trop simple pour le corps des clercs?

          • Pardon, j’ai oublié que, sur la fin de sa vie, St Augustin est revenu sur ce que l’homme pouvait, maladroitement, dire de la nature de Dieu, il a préféré le terme, proche de « grand tout », omni tenens au lieu de omni potens, comme s’il fallait disculper Dieu.
            Quant aux mots de la Genèse, il faudrait d’abord considérer la « révélation » pour ce qu’elle est, non une parole de Dieu, mais une parole d’hommes (sur plusieurs générations) au service des tribus juives, ses prêtres et ses rois, des hommes honnêtes et aussi parfaits que nous aujourd’hui. Gare au littéralisme et à la répétition des errements anciens qui rendent a tradition absconse.

  • La citation d’Épicure met en scène un dieu qui peut tout, partout, tout le temps, en toutes circonstances et dans tout les cas de figure, décider de faire ou de ne pas faire de ce qui lui passerait par la tête à l’instant T au plus tôt à l’éternité E… en résumé tout et n’importe quoi.
    il s’agit donc là de l’invention d’un Dieu épouvantable et manipulateur. Qui se moque de tout et son contraire. Et qui n’en a pas grand-chose à battre de l’homme qu’il aurait soi-disant créé
    Une telle invention ne peut être issue que de l’esprit torturé de bipèdes humanoïdes qui n’ont pas encore fait le premier pas vers ce qu’il est convenu d’appeler « être humain ».
    Donc, circulons, il n’y a rien à voir de ce côté-là…
    Référons à Jésus, le vrai, et non pas celui qu’ont inventé les théologies chrétiennes et autres, qui aiment se repaître dans le bavardage incessant et éreintant durant 20 siècles.
    Jésus parle du mal et de la souffrance qu’il a personnellement expérimentée. Ça n’a rien à voir avec les laïus théologiques.
    Je ne connais pas de gens souffrants ou proches de la mort qui se précipitent sur un livre de théologie chrétienne pour s’en régaler avant de mourir. Ils réclament à cor et à cri un être humain, un proche qui les aime afin de demeurer auprès d’eux. Ce dont sont actuellement privés les moribonds du coronavirus dans les hôpitaux et dans les EHPAD.

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    • Je comprends votre raisonnement. Il n’empèche que l’existence du mal « innocent » est l’argument le plus souvent invoqué par les personnes pour justifier leur refus de Dieu. Or l’Eglise continue de proclamer, dans le Credo, sa foi en Dieu le père tout puissant créateur du ciel et de la terre. On peut donc légitimement poser la question : pourquoi avoir créé un monde où le mal existe ? Non pas le mal né du péché de l’homme, mais le mal tel qu’il se révèle dans les éruptions volcaniques, les tsunamis ou les maladies… Qu’il appartienne aux chrétien, et plus largement aux croyants, de « déplacer la problématique » ne disqualifie pas, à mon sens, le questionnement philosophique.

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      • Le péché originel est souvent présenté et moqué comme un mythe un peuneuneu par lequel on pourrait, à la limite, expliquer ce qui arrive aux hommes. Car les tremblements de terre ne dépendent pas de la liberté humaine, même de l’homme, espèce tellement solidaire que le péché du premier homme aurait infecté tous ses congénères. Mais le péché de l’homme doit être intégré dans un espace plus vaste, qui est l’acceptation ou le refus cosmique du dessein du Créateur de l’univers. Ceci crée entre le vivant et au sein de la Création ce que j’aime appeler une télépathie générale, où, au plan humain, le péché originel (ou ce qui est symbolisé par lui) est le revers de la communion des saints. Le péché de l’homme est inspiré et précédé par le péché des anges. Les catastrophes naturelles comme les tremblements de terre pourraient venir de ce refus cosmique et être bel et bien un fruit de la liberté, liberté laissée non seulement à l’homme comme on aime s’en gargariser au point de pulvériser tous nos déterminismes, mais aussi à la nature. Teilhard de chardin émet cette belle hypothèse que dieu a tellement respecté la liberté qu’il a laissée à la nature qu’il n’y intervient que par exception ou par miracle. Liberté naturelle, liberté humaine, dans toutes les strates de l’humanité: liberté individuelle bien sûr, car le christianisme est la religion de la personne-, mais liberté des corps politiques aussi: la démocratie ne met pas la vérité aux voix, mais se décide face aux circonstances et face à la volonté de Dieu dans la mesure où ellela connaît et où elle s’y intéresse. Elle décide d’y surseoir ou de l’ignorer.

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        • Vous admettrez que l’idée d’une rebellion « cosmique » de la nature contre Dieu… puisse poser question ! Le grand Pascal avait coutume de dire que la raison peut admettre ce qui la dépasse… pas ce qui la contredit ! Qu’il ne faille pas jeter le mal qui est en nous avec l’eau du bain du péché originel est une évidence. Mais je ne sache pas que ni les Orthodoxes, ni d’ailleurs les Juifs ou les Musulmans, aient retenu de leur interprétation de la Genèse l’idée d’un péché héréditaire. Pour ma part, je préfère donc rester face au mystère plutôt que de théoriser pour « sauver Dieu » de ce mauvais pas !

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          • rené,en tapant sur google orthodoxie et péché originel » vus trouverez un article très fourni sur cette question sur le site du Monastère Orthodoxe de la Très Saint Mère de Dieu » et cet article prouve que les orthodoxes ont une position très subtile sur ce problème et sont loin d’être lapidaires comme vous semblez l »être à mes yeux en tout cas

        • Oui, il y a cette liberté offerte à la nature, dont l’homme est un des fruits, fruit probablement aussi d’accidents et de hasards. On peut relier ces accidents et hasards à Dieu, à quelque stade de l’évolution qu’on considère ces évènements en apparence fortuits, … Va savoir Balthazar comme répondit Melchior à une question de Gaspard (smile).
          C’est tout de même à force de se poser de curieuses questions, à force d’observer, de remettre en cause plus ou moins prudemment le passé, de se tromper, que l’homme comprend un peu mieux chaque jour son univers et sa planète, et cela depuis son premier pas.
          Apparition du cerveau élémentaire il y a 500 millions d’années,
          … des mammifères il y en a 250 millions.
          … divergence singes hominidés il y a 6 à 7 millions d’années,
          Puis, selon une théorie récente survint, il y a 500 milles ans, une « erreur » de réplication de l’ADN d’homo-erectus. Cette erreur permit le doublement du volume du cerveau, la réorganisation de la structure de notre « ordinateur central » qui augmenta sa puissance ouvrant la voix au langage et accroissant considérablement la capacité de nos mémoires, 7 ou 8 types, De même pour ce qu’on a découvert sur l’univers et son évolution.

          Ainsi, en quelques générations, depuis disons le XVIème siècle, avec une accélération de plus en plus perceptible, notre regard collectif sur la création est en cours de bouleversement, du fait de la mondialisation, de la généralisation de l’accès à l’enseignement, cet héritage du passé, de plus en plus souvent « mis à jour » pour ne pas devenir trop académique (déconnecté), et de découvertes en tous genres et de plus en plus nombreuses à l’échelle de chaque génération. Ainsi, se trouve remis en cause, non pas le principe de la tradition, mais celui de sa portée: son caractère sacré ou péremptoire. Il n’y a pas plus de raison de mettre la Genèse à la poubelle que l’Iliade et l’Odyssée, le Coran, les écrits ancien d’Asie, … ces œuvres humaines inspirées sont une part de notre histoire.
          La force de rappel excessive de la tradition cause un tort cruel aux religions qu’elles ringardisent? Cette force est la cause première de la peur du vide qui s’empare des religions (crainte d’effondrement). « N’ayons pas peur » ne peut en aucun cas signifier, qu’il faille rester dans les starting blocks mais qu’il urge de passer de la lenteur apparemment sage du moine à la course du jeune faon tant il y a de retard à rattraper. Le premier geste aurait-il été, pour la tradition, la première erreur, l’erreur originelle? Fariboles!

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    • Certes, Bernadette au moment de mourir ne s’est pas précipitée sur un livre de théologie tout simplement parce qu’elle en vivait déjà, je parle de Bernadette mais je pourrais parler de tant d’autres… Mais çà, bien sûr vous ne pouvez le recevoir…

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      • @Dominique,

        J’ai fait ce que vous avez dit et je ne sais pas comment cela se fait, mais ce monastère orthodoxe a mis en ligne un texte manifestement protestant d’assez stricte observance, où l’on sent le philosophe qui conduit la réflexion un peu gêné aux entournures. Par exemple, l’essayiste ne veut pas que le péché d’Adam nous soittransmis autrement qu’à titre de dommages, d’un moi « avec une orientation autocentrée qui imprègne toutes nos activités. » »Nous ne péchons pas nécessairement, mais nous péchons inévitablement. » Il récuse de parler d’une « nature pécheresse », car le péché est « un vice inhérent à la nature », il n’est pas l’essence de la nature. Ou encore il veut bien d’une « culpabilité conditionnellement partagée avec Adam », mais il ne veut pas d’une « culpabilité étrangère » et déclare l’homme non coupable du péché d’Adam. « L’homme ne naît pas coupable devant Dieu » et « la nature humaine » n’est pas « l’ennemie de Dieu », comme le dit la pensée pur jus de Luther.

        « Responsable, mais pas coupable », on ne dira jamais assez combien ces mots de Georgina Dufoix étaient bien pesés. Or la Rédemption peut passer pour un transfert de responsabilité. Serait-ce là comme une ultime manière de se défausser sur un Dieu qui nous dédouane après avoir chargé la mule de la faute de tout le genre humain en germe, tel un virus, en son principe, Adam étant l’homme générique?

        Ce qui m’intéresse dans le péché originel et qui fait que je me refuse à le remiser à la décharge théologique, c’est qu’il a une dimension existentielle telle qu’elle est vécue en David: « J’étais pécheur dès le sein de ma mère. » On sent frémir les tréfonds de la psychologie du grand roi qui était presque un enfant abandonné qund Samuel le fit sortir de l’oubli de Jessé: « J’ai bien encore un fils qui garde les moutons. » Si, théologien, j’avais dû enraciner le péché originel quelque part, c’est dans cette souffrance de David (d’être soupçonné par son père d’être un enfant adultérin?) que je l’aurais planté. Le même David se récrie que son péché (avoir voulu recenser les fils d’Israël) ne doit pas retomber sur ses sujets, ceux qu’il a la charge de conduire à bon port temporel et spirituel. David ne veut pas faire porter à ses brebis le poids d’une blessure dont il sent la tenaille psychologique le déchirer depuis l’enfance. David est la figure de Jésus. Qui décharge l’homme de ce poids en s’en chargeant ou en dénonçant la charge mentale illusoire?

        Le christianisme me semble pouvoir être difficilement pensé sans référence au péché originel, dont les catholiques du présent se font un peu trop facilement, par superficialité, les purs et simples et les abrupts négateurs. Car penser la spécificité chrétienne sans le péché originel impose de répondre à ces deux questions: de quoi avons-nous besoin d’être sauvés et en quoi le sommes-nous manifestement? Pourquoi devrions-nous être créés de surcroît dessus la croix et Qu’Est-ce qui démontre que nous sommes sauvés dès à présent, si peu que ce soit?

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        • « J’étais pécheur dès le sein de ma mère. » induit, et je souscris totalement à ce constat, que le péché est inhérent à la nature humaine. PAS qu’il y ait eu, historiquemet, quelque faute liée à la révolte de l’humain contre son Dieu et donc un avant et un après la faute, avec toute une mythologie du Paradis perdu. Je trouve un peu facile, suffisant et inélégant de renvoyer les chrétiens qui interrogent le péché originel à une forme d’aveuglement, de négationnisme ou de lâcheté. Que la raison, qui nous a été donnée par Dieu, nous rende incompréhensible et insupportable l’idée d’un péché héréditaire (tout l’enseignement du Christ nous dit qu’il n’en est pas) n’est pas a priori un péché contre l’Esprit. Et n’enlève strictement rien à la signification d’un Christ Rédempteur venu nous sauver de notre mal et nous inviter à la vie.

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          • Par ailleurs il n’est nullement interdit aux cathos de s’interroger sur le Péché Originel et ils ne s’en privent pas d’ailleurs. Pas plus que vous je lis la Genèse au pied de la lettre mais contrairement à,vous je n’en fais pas une boulette de papier Bien sûr Adam et Eve ne sont pas des personnages historiques néanmoins c’est grâce à la Genèse que nous savons que Dieu nous a créés par amour et que »nous » avons trahi cet amour et que de génération en génération nous continuons de le trahir chaque jour. ne rien garder de la Genèse c’est jeter aux ordures St Paul Saint Augustin l, Saint Thomas d’Aquin et tant d’autres,et surtout c’est nier la nécessité absolue de la Rédemption mais qu’importe n’est-ce pas?

          • Je vous laisse la liberté et la responsabilité de votre exégèse très approximative de mes propos. Ne pas les comprendre ne vous autorise pas à les trahir…

          • Je m’en tiens pour ma part à l’approche de Drewermann : le péché originel n’est pas une faute morale commise au début de l’histoire humaine .C’est une d’incomplétude cosubstancielle a la nature humaine .Incompletude qui fait que nous ne sommes pas exclusivement orientés vers le bien .Originelle parce qu’elle marque toute personne humaine au commencement de son existence .Jesus est sauveur en ce sens qu’il montre par sa vie ce que pourrait être la personne humaine et qu’elle ne peut cependant pas être du fait de ce boulet qu’est ce manque à l’origine .C’est en ce sens qu’il nous sauve en montrant que cette restauration de l’humanité dans sa plénitude est possible par la relation de confiance envers ce Dieu paternel , qui nous reconstruit .Désolé pour ce résumé lapidaire des trois volumes de Struckturen des Bose

          • @Guy Legrand,

            L’idée d’incomplétude originelle pose un problème métaphysique: comment l’Infini pourrait-il avoir créé par amour un être qu’il pose dans la limite ou qu’Il veut limiter, en le désirant incomplet dès l’origine, incomplet et pourtant à Son Image?

            @René,

            Beaucoup de blocages pourraient sauter à propos du péché originel si nous prenions Adam moins pour un personnage historique que comme l’archétype, et en même temps le principe, de l’espèce humaine. Dès lors, qu’il y ait historicité d’une faute ou pascesse d’être le problème principal. Car ce qui prend le pas est que l’espèce humaine est ordonnée à la solidarité comme la communion des saints est le moteur de l’Eglise ou comme « l’entraide » est le contrepoids de la sélection naturelle, note Michel Onfray dans « Cosmos » pour nous réconcilier avec Darwin.

            @Jean-Pierre Gosset,

            Vous levez avec moi une partie de l’équivoque. Ni Dieu tout-puissant ni amour impuissant, Est-ce bien votre pensée?

            Révoquer la toute-puissance de dieu va moins à l’encontre d’une fabrication des clercs que d’un sentiment religieux naturel: si, croyant d’une religion monothéiste, j’ai la chance d’être en relation avec le créateur du ciel et de la terre, ne puis-je pas tout lui demander et ne sera-t-Il pas disposé à tout me donner? Vais-je faire le mijoré? Varillon répondrait que Dieu ne veut pas pouvoir comme nous avons avancé qu’Il était sans idée du mal. Notre Dieu n’est pas une chife molle, non plus.

            Ce que vous dites de saint augustin tourmenté à la fin de sa vie tranche le débat: Dieu n’est pas tout-puissant, Il est tout-tenant, tout-supportant, omnitenes.

        • Vous posez de bonnes questions en concluant, Julien WEINZAEPFLEN :
          « De quoi avons-nous besoin d’être sauvés et en quoi le sommes-nous manifestement ? »
          Que l’on appelle cela « péché originel » ou « péché inhérent à la nature humaine », la question du mal demeure intacte…
          Felix culpa, chante l’Exultet !
          Bienheureuse faute qui nous a valu un tel Rédempteur !

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          • Merci Michel. Ces questions me paraissent d’autant plus importantes que l’Église me paraîtdésarmée pour y répondre,engagée dans une déconstruction dogmatique bienvenue à certains égards.

            Je me souviens de la sidération qui m’a saisi quand, écoutant une conférence de Michel Deneken où celui-ci avait eu le courage de poser cette question que nul ne lui commandait tout en avouant son embarras pour y répondre, je l’entendis risquer que la rédemption restaurait peut-être en nous « la confiance inaugurale » que nous avons dans la vie, éclairé par « la vie qui [est] la lumière des hommes » (comme dit le prologue de saint Jean) avant que ne surviennent les premiers traumatisme, qui ne manque pas de frapper plus ou moins fort chacune de nos existences.
            Mais si ce n’est que ça, la rédemption, en quoi avons-nous besoin d’un Sauveur? Car ne devons-nous pas nous appuyer sur la vie pour avoir confiance en la vie? Avoir besoin de quelqu’un d’autre, de nous appuyer sur une instance extérieure n’accuse-t-il pas notre immaturité? n’Est-ce pas un aveu de faiblesse que de ne pas savoir être sans chef?

            Autre question sur la rédemption, dérivée cette fois de l’analyse transactionnelle. La position du sauveur dans le tryptique »bourreau-victime-sauveur » est perverse. En quoi le Dieu Sauveur fait-il exception à cette perversité? « Il est Dieu, nom de Dieu », me répondait un ami prêtre. Mais encore?

            Enfin et positivement, étymologiquement aussi, la rédemption, cest le rachat. Selonla version du christianisme que nous développons aujourd’hui, il s’agit que « nous nous [emparions] de la force de la résurrection », comme l’écrivait François durwelle. La rédemption n’est plus un rachat, mais un relèvement. Une sorte d’émancipation du cœur et de l’esprit, élargis en Celui qui est la raison d’être de toute chose. À ça, j’adhère de tout mon être, car il n’y a pas de plus grande force que celle d’un tel accompagnement et d’une telle connexion à tout ce qui est, à la Création et à toute chose. Il n’y a rien là qui s’apparente à la résignation chrétienne.
            La rédemption, Est-ce la simple « création continuée » ou une création resaisie de l’angoisse et du danger, une création supportée, soutenue par Dieuqui, s’Il cessait un instant de la soutenir, la ferait plonger dans l’abîme?

          • Oui, d’accord Julien pour parler de relèvement.
            François Jean faisait justement référence ailleurs à l’entretien avec Nicodème, il nous faut naître de nouveau de l’eau et de l’Esprit.
            Le mystère pascal forme un tout, de la croix à la résurrection, au centre de notre foi.

      • … ou de le réduire à la toute puissance en négligeant l’Amour qui tend les bras? Pour moi, l’équivoque plombe l’institution SA en ce sens qu’il n’échappe plus à grand monde que la toute-puissance est, sur l’échiquier politique que considère le vulgus pecum, « orientée » vers la force virile du chef assisté par l’élite, cette élite qui est l’auteur des textes de l’AT au service du château et/ou du temple comme le choix de la toute puissance résulte du choix commandé par César aux conciles dits œcuméniques. De l’autre côté, suspecter l’Amour d’impuissance est indéfendable. Pourquoi alors avoir préféré l’équivoque à la simplicité. Peut-être parce que « ce serait trop simple »!
        D’où ce petit problème de géométrie théologique. Question du maître « Démontrez que « le plus court chemin d’un point à un autre » * ne peut en aucun cas être la ligne droite?. Réponse : « Ce serait trop simple » (rapporté par le procureur Molins, la Croix du 3/01/20).
        * En temps ou en distance? l’histoire ne le dit pas. C’est malin!

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          • Pourtant, les puissants ont donné la prééminence à la puissance sur l’amour, et cela est affirmé, scandaleusement et bille en tête dans le Credo. « Ce qui se joue ici, c’est la représentation de Dieu mesuré à l’aune de nos besoins, comme si l’homme refaisait Dieu à son image » (Sylvain Gasser, La croix 8/11/11).
            Nota: ce n’est pas l’homme qui a refait Dieu à son image, mais un certain type d’homme, un lettré au service d’une puissance c’est à dire, étymologiquement, un clerc.

  • Je n’aurai pas assez du temps procuré par ce confinement pour pouvoir vous partager les trésors que nous fourni la Parole par l’intermédiaire de Ses Prophètes actuels.
    Vous parlerais-je en premier du livre de Xavier Leon Dufour « Un bibliste cherche Dieu » ? dans lequel je relève cette phrase pp2-3 de mon e-book : « …La foi est une histoire, progrès. Il en va comme de l’amour entre deux êtres : le mystère qu’est la personne aimée est peu à peu approfondi, exploration qui suppose un départ continuel, un arrachement sans cesse renouvelé à des positions qu’on pensait acquises à jamais, à des étreintes qui semblaient définitives… ».
    Mais peut-être serait-il préférable de voir cette vidéo sur You tube, diffusée pour l’Avent 2016 par « Retraitedanslaville.org » , (https://youtu.be/xn5Q6JrwD48) au cours de laquelle je relève entre autre:
    « …Pour les personnes fragiles, il est nécessaire d’être vues à travers une relation où elles se sentent reconnues, aimées, ayant une place. Mais en même temps ; c’est un risque, car en devenant trop proche d’une personne faible, jusqu’où cela peut-il nous entraîner ? Car dès que nous devenons essentiel pour l’autre, nous sommes entrainés …, jusqu’où ? … »
    Ou ceci, dans la même vidéo : « …Tu as toujours voulu me changer, tu n’as jamais cherché à me rencontrer… » dit un homme en overdose à une prostituée venue le voir dans ses derniers instants…
    Ou encore : «…  » La grande douleur des pauvres, c’est que personne n’a besoin de leur amitié. On vient chez nous au dernier moment, quand nous allons crever, on vient nous apporter de quoi subsister encore, de quoi prolonger notre misère, pour s’en aller à Chamonix ou sur la Côte d’Azur la conscience tranquille, pour n’avoir pas notre cadavre sur les bras. Mais personne ne vient chez nous avec le sentiment qu’il pourra recevoir quelque chose de nous. Personne ne croit que nous, les pauvres, nous pouvons donner quelque chose. Personne n’a besoin de notre amitié. « … » (in Maurice Zundel, Ghazir, Liban, 1959, chez les Franciscaines missionnaires. Publié par Paul Debains le 18/09/2010 – Dieu est Amour et il ne se livre qu’à l’amour.)

    Merci, corona-V de nous faire toucher du doigt ce que nous avons rater dans le passé par nos relations souvent superficielles, et toutes marquées par un égo démesuré.

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    • « La grande douleur des pauvres, c’est que personne n’a besoin de leur amitié. » Eh oui, au sens fort et profond du dicton, les gens ne s’usent que si on ne s’en sert pas.

      Quant au mourant en overdose dont vous parlez, il illustre ce dont je suis une autre preuve, que l’on passe sa vie à supplier les autres de nous accepter, sans nous rendre compte que cette demande est surhumaine.

      Aimer, c’est, entre autres, renoncer à changer l’autre. Quelque chose me dit que se convertir, ce n’est pas changer, car on change de vie, on change de croyance, mais on ne change pas de caractère. Alors, c’est quoi, se convertir? Je ne sais plus depuis l’adolescence. J’ai su quand je fus transporté de foi, mais j’étais encore enfant alors, enfant précocement athée, mais enfant.

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      • Se convertir, c’est cesser de se regarder, car, en se regardant, on ne peut regarder l’autre ; c’est naitre de nouveau : […Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis : à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. » …] (Jean 3 ;3)
        « ….l’important, c’est d’utiliser nos forces et notre intelligence pour qu’il y ait un peu plus d’amour entre les gens et aussi que nous ne sommes pas là pour les changer, mais pour les écouter, les élever et découvrir qu’ils sont plus beau que ce qu’ eux-mêmes osent le croire… » (Jean Vannier)
        En fait, ce n’est pas Dieu qui est impuissant, c’est nous qui sommes impuissant à répondre à Son Amour. Exemple: dans un couple terrestre, l’un(e) peut mourir d’amour devant l’indifférence de l’autre, habité(e) par ses propres pulsions. Alors, l’un(e) est en Croix, pendant que l’autre végète dans son coin, maudissant toute la création.
        […4 Nicodème lui dit : « Comment un homme pourrait–il naître s’il est vieux ? Pourrait–il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ? »
        5 Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis : nul, s’il ne naît d’eau et d’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu.
        6 Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit.
        7 Ne t’étonne pas si je t’ai dit : Il vous faut naître d’en haut…]
        (Jean 3 ;4-7)

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        • Pas sûr que de se regarder empêche de regarder qui l’on aime. Mais vous faites une très belle analyse du couple et de ses dérives. Nicodème ne comprend pas la réponse de Jésus. Une des manières de l’expliciter est fournie par Maurice Bellet quand il dit qu’il faut se réconcilier avec sa naissance et cesser de croire au « malheur d’être né » comme dit Cioran. Pas plus que d’aimer la vie, amour actif très différent du simple fait d’aimer vivre, se réconcilier avec sa naissance n’est une mince affaire.

          Ce conseil de Maurice Bellet de se réconcilier avec sa naissance consonne avec ce que j’ai tiré de meilleur de Rudolf Steiner, qui parle du « principe d’innatalité ». L’homme ne se souvient pas d’être né, donc il a la notion de l’éternité beaucoup plus que celle du temps. Peut-être a-t-il participé à l’instant de la Création. Mais qu’il y ait ou non précession des âmes comme parle Origène, le principe d’innatalité est plus important que la croyance en l’imortalité de l’âme. Il la précise, il la précède.

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        • Merci Julien WEINZAEPFLEN et Françoisjean en retrait pour vos développement sur la conversion dans le sillage de l’entretien de Jésus avec Nicodème.
          Un des aspects de cette conversion, plus souvent méconnu que le don de soi, est de savoir recevoir de l’autre.

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        • « se convertir c’est cesser de se regarder pour regarder l’autre »? Mais se regarder est-ce obligatoirement faire du narcissisme et Judas alors ne s’est-il donc pas regardé pour aboutir à la conclusion qu’il ne pouvait plus vivre après sa trahison?

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          • Cette trahison pose pb: aurions nous été sauvé sans elle?
            Parties de Jn 13, 21-31
            “Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera.”
            “Seigneur, qui est-ce ?” demanda Jean, à l’invitation de Pierre.
            Jésus répond : “C’est celui à qui j’offrirai cette bouchée trempée dans le plat.”
            Il la donne à Judas qui la mange et Satan entra en Judas. Jésus lui dit alors : “Ce que tu dois faire, fais-le vite.”
            Pourtant, les premiers écrits du NT (Paul (vers 50-60) semblent ignorer cette trahison … une trahison qu plus est sur ordre express selon « selon Jean ».
            Quant au suicide, selon Jean n’en dit pas un mot, selon Matthieu (25, 5) le fait, et les Actes évoquent une mort « scandaleuse » (Ac 1, 18-19), similaire à celle qui sera reprise pour Arius: Arius vient de sortir d’une entrevue avec l’empereur. Le soleil se couche à l’horizon, le moment idéal pour faire un petit tour par les latrines publiques. Mais à peine entré dans ce lieu sacré, dédié aux choses simples de la vie, Arius s’effondre, “Il tomba en avant et son corps se rompit par le milieu” (selon Athanase). Le récit picaresque fait -par *- de l’arianisme et des conciles d’alors vaut le détour.
            Faut pas s’étonner que l’exégèse traditionnelle mérite de grosses révisions.
            * http://notabenemovies.com/2019/10/07/mort-de-merde-pretre-arius/

          • Juste un petit mot sur Judas. Il me semble que le Christ a dit que seul le péché contre l’Esprit ne pouvait être pardonné :
            « … (Matthieu 12 :31) C’est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné… ». En effet, la puissance de l’Amour du Père ne peut rien contre la puissance du refus d’Amour de l’homme.
            Écoutons Maurice Zundel :
            « …La Tradition chrétienne a fait une sinistre réputation à Judas qui avait été choisi pour être l’apôtre du Christ, mais la Tradition chrétienne n’a pas saisi la véritable signification du péché de Judas. Ce n’est pas qu’il ait trahi le Christ et l’ait vendu pour 30 pièces d’argent – nous trahissons pour beaucoup moins chaque jour, le péché est qu’il n’ait pas cru en l’amour de Jésus.
            Saint Pierre est, dans sa trahison, aussi coupable que Judas. Judas n’a pas vu le Christ, il s’est vu lui même et il a pensé : je suis fichu, je suis perdu. Mais Pierre a regardé le Seigneur, il a regardé Jésus et il a, devant l’Amour, éclaté en sanglots et ses larmes l’ont purifié. Il était naturel que Judas et saint Pierre trahissent. Quand nous nous regardons, nous sommes perdus. Quand on se perd de vue, on est dans la lumière. Si nous caressons nos chères petites vertus, quand nous nous désespérons pour nos fautes, nous sommes zéro, car nous nous regardons nous-même… ». (in Homélie à Bex en 1951; exister, c’est ne plus se regarder et vivre en Dieu)

  • René,sans doute ai-je fait une exégèse quelque peu expéditive de vos propos mais je constate que vous en profitez pour me renvoyer dans les cordes en évitant soigneusement de répondre à aucun de mes propos Bien sûr,rien ne vous y oblige absolument,si ce n’est la simple courtoisie

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  • « …Pas sûr que de se regarder empêche de regarder qui l’on aime… »
    Possible, mais il y a : « regarder» et « regarder » ! Sur le site « Lingolia Français », je note que : « Quand on regarde, on est attentif à ce que l’on voit. », ce qui suppose une attention particulière scotomisant toutes autres attentions. D’ailleurs, si vous tombez en arrêt devant une jolie personne, je doute que, sur le moment, vous soyez en mesure d’en regarder une autre.
    […13 Voici pourquoi je leur parle en paraboles : parce qu’ils regardent sans regarder et qu’ils entendent sans entendre ni comprendre ;
    14 et pour eux s’accomplit la prophétie d’Esaïe, qui dit : Vous aurez beau entendre, vous ne comprendrez pas ; vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas…] (Matt 13 ;13-14).

    Rejoignons Maurice Zundel (dans « L’AMOUR EST PLUS FORT QUE LA MORT ; Homélie donnée à Beyrouth le 2 avril 1972. ») :
    « …Le vrai Dieu est démission, dépossession, dépouillement, dans une totale et éternelle communication le regard en Dieu ne revient pas sur soi dans une complaisance égocentrique. La connaissance qu’il a de lui-même se déploie dans la réciprocité parfaite du regard du Père vers le Fils et du regard du Fils vers le Père, regard qui est tout le Père d’un côté et tout le Fils de l’autre, car en Dieu, justement, toute la vie se rencontre et se personnifie en pures références de lumière et d’amour dans les relations subsistantes où ‘ Je est un Autre ’, en la désappropriation oblative où la paternité est tout le Père et la filiation tout le Fils, comme une respiration d’amour est tout le Saint-Esprit dans le rapport vivant qu’il est à l’aspiration du Père et du Fils qui se termine en lui… ».

    Le Père n’est que regard pour le Fils ; le Fils n’est que regard pour le Père, dans la respiration d’Amour de l’Esprit. La Trinité, Cœur de la Fécondité Divine, nous a engendré à Son Image, ce qui, à mon sens, est si bien décrit dans la Théologie du Corps de St Jean Paul II

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  • Devant e spectacle de tout ces contempteurs de la foi catholique je comprends de mieux en mieux pourquoi le Christ a dit « le Fils de l’Homme quand il viendra trouvera-t-il la foi sur terre? »
    et ^puis me rvcient à l’esprit la conclusion d’une chanson de Brassens laquelle dit’…un jour on va voir le Christ descendre de sa Croix en disant dans sa lippe, merde je ne joue plus pour tous des pauvres types: j’ai peur que la fin du monde soit bien triste »

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    • J’aime beaucoup G.Brassens dont j’ai les 33 tours à la maison. Mais c’est un homme de peu de Foi, car il est écrit dans Matt 13 ;24-44 : « … (30) Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et, à l’époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d’abord l’ivraie, et liez–la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier… ». En fait, chacun est absolument indispensable à l’avènement du Royaume, sans aucune exception.

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      • Je ne vois pas bien le lien entre Brassens, la Foi et Matt.13…. Sa chanson pour l’Auvergnat me semble en conformité totale, pour le coup, avec Mat.25 sur le Jugement dernier. Et j’ai retenu, d’une longue et amicale fréquentation de l’abbé Pierre qu’il est plusieurs lectures possibles de cet évangile sur bon grain et l’ivraie… C’est en chacun de nous que l’un et l’autre coexistent et donc en chacun de nous que le tri sera fait au jour du Jugement. trop facile de ne voir l’ivraie qu’en la personne du voisin ou du mécréant !

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        • Mais René ne vous inquiétez pas de moi car je me regarde aussi et ne constate pas du tout une augmentation phénoménale de la taille de mes chevilles et passe toujours entre les murs sans aucun aucun problème…
          Quant à l’ivraie et au bon grain ce n’est ni vous ni moi qui l’apprécieront…

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        • Absolument d’accord avec vous. Moi non plus, je ne vois pas le rapport entre Mtt 13 et Brassens, et encore moins avec le mot « contempteur » qui donne, sauf erreur, une notion de spectateur méprisant et plein de lui-même. Et c’est bien parce que le mot « mécréant » a été remplacé en son temps par le nom d’un prêtre qui s’était alors suicidé, ou qu’à la place du mot mécréant, on n’a mis le mot « Jean Vannier »…, que je me suis en retrait. Mais ce genre de polémique infantilisante ne m’intéresse pas. En revanche, je suis preneur des lectures que l’abbé Pierre, qui allait régulièrement se ressourcer auprès de l’abbé Maurice Zundel, a partagé avec vous sur cet Évangile. Car, il me semble que le but de ces échanges, n’est pas de proclamer une quelconque vérité qui échappe encore à tous, mais d’apporter chacun sa pierre à l’avènement du Royaume…Ce n’est pas moi qui le dis, c‘est St Paul dans 1 Cor 12 ;1 ss., dont vous voudrez bien me permettre d’extraire ces versets :
          […22 Bien plus, même les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont nécessaires,
          23 et ceux que nous tenons pour les moins honorables, c’est à eux que nous faisons le plus d’honneur. Moins ils sont décents, plus décemment nous les traitons :
          24 ceux qui sont décents n’ont pas besoin de ces égards. Mais Dieu a composé le corps en donnant plus d’honneur à ce qui en manque,
          25 afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient un commun souci les uns des autres…].
          Merci à chacun pour votre écoute. Et, toutes mes excuses à ceux que mes recherches de néophyte perturbent..

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        • … et si je peux me permettre d’ajouter: Dieu serait bien content que chacun, en conscience, se juge soi-même, … parce que, tout de même , quel boulot s’il doit tout faire.
          Et puis, cet article du Fig, une « paage d’évangile » contemporaine, avec une belle exégèse. J’avais 9 ans alors, et ai traversé la Marne à pieds (en rêve, ou pas? ma mémoire est ainsi faite) à Joinville-Le-Pont à l’époque des baignades chez Berrétrot à côté de chez Gégène au temps de la mixité sociale …
          https://www.lefigaro.fr/musique/2016/10/29/03006-20161029ARTFIG00011-l-histoire-secrete-de-la-chanson-pour-l-auvergnat.php

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      • A François Jean
        Nul ne peut juger de la foi de qui que ce soit .En christianisme , comme le rappelle le théologien Joseph Moingt , est sauvé , celui qui prend soin de son prochain . »Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu  » nous dit l’Évangile de Jean . Tout le reste est aussi passionnant que secondaire .

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        • « Nul ne peut juger de la foi de qui que ce soit. » merci pour cette juste remarque, car c’est exactement le mot de « contempteur » qui m’a un peu chatouillé…Mais, brisons-là, ce n’est pas si grave.
          Plus intéressant est votre citation de Joseph Moingt, que j’aime bien : « est sauvé, celui qui prend soin de son prochain. ». J’adhère, en effet pleinement à cette Vérité. C’est même tellement vrai, que pendant mes 40 années de médecine, dire cela aux patients déprimés était, quand c’était possible, leur planche de salut. Quand on cesse de se regarder, comme le souligne à tous moments Maurice Zundel, qui en a fait un leitmotiv de sa prédication, on peut enfin regarder les autres, donc regarder le Père. Reste que prendre soin des autres n’est pas un comportement qui ne se contente que de belles paroles, fussent-elles priantes. Exemple : Jean Vannier a pris, pendant sa vie, soin de ceux que l’on est bien content de ne pas voir trainer partout… à la plus grande satisfaction de tous, y compris de l’Église (cf. les dires d’un ancien premier ministre d’Irlande) …Quelle mouche a piqué le purificateur de service, l’entrainant à détruire son image au détriment des patients chez qui son action a vraiment été bénéfique ? Certes, écrit Marc Durand dans Garrigues et Sentiers le 1 mars 2020 : « … Ses actes doivent être jugés et condamnés, mais l’homme ne dépend pas de nous…[pour moi : Matt 13 ;24-44, s’applique là !]. Cet homme faillible, et failli, a fait de grandes choses portées par l’Esprit qui vivait à travers lui, en lui… ». Et marc Durand ajoute plus loin : « … Aux interrogations que suscitent un tel scandale, j’en ajouterai une : quelle formation l’Église dispense-t-elle pour que des femmes (en l’occurrence), qui ne sont pas handicapées mentales, se laissent ainsi abuser ? Que de telles sornettes (« Il disait : ce n’est pas nous, c’est Marie et Jésus. Tu es choisie, tu es spéciale, c’est un secret » qui est soit en pleine dérive, soit un homme dévoyé ? On a déjà eu l’exemple de religieuses ainsi abusées ! Quelle foi est-elle proposée par l’Église, faite de soumission et pire, de décérébration ? La Parole du Christ est-elle présentée comme une parole de liberté, ou comme un ensemble de prescriptions religieuses destinées à dominer ceux qui veulent bien y croire ? … ». Ce qui, pour moi, implique une révision déchirante de la conception de la sexualité par notre église institution. Car, si un comportement demande une attention particulière de soin, c’est bien une vie d’Amour.

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          • @François-Jean,

            Votre passion pour Jean Vanier vous plonge dans un stupéfiant égarement.

            Vous devriez plutôt vous dire: « Voilà à quoi mène de ne pas se regarder », de faire comme Jean Vanier, d’avoir une vie clivée, certes « à la satisfaction de tous » quand il éloigne de la société « ceux qu’on ne veut pas voir traîner partout » (sic), mais pour instrumentaliser leur « fragilité » au service de ses propres déviances. -Que direz-vous le cas échéant si Jean Vanier est convaincu d’avoir abusé des femmes handicapées?-

            Et bien sûr, vous citez le pompier de service, que je me retiens de ne pas qualifier avec Sartre de « salaud » de service, un certain Marc Durand d’une obscure revue vaniériste, je suppose, pour tomber sur les femmes abusées par Jean Vanier, qui doivent avoir été bien mal formées pour ne s’être pas aperçues que les paroles de Jean Vanier allaient à l’encontre de l’enseignement de l’Église. Dans tous les cas d’abus, on trouve des défenseurs de cette trempe, qui prennent le parti de l’abuseur.

            Mais le bouquet arrive quand vous dites qu’à cause de Jean Vanier, à cause de lui et de personne d’autre, l’Église devrait faire une « révision déchirante » de sa morale sexuelle. On tombe de sa chaise. Voulez-vous permettre à tous de faire comme Jean Vanier?
            Ce parti pris aveugle discrédite pour une bonne part bon nombre de vos interventions,souvent intéressantes, mais cauteuleuses. En quoi Jean Vanier fait-il écho à vos propres déviances pour que vous le défendiez de la sorte et sans discontinuer? Je ne vous interroge pas en vous jetant la pierre, j’ai les miennes…

          • @ Julien

            Je trouve vos insinuations à l’égard de François Jean parfaitement déplacées.
            Il y a en tout homme une part d’ombre et une part de lumière.
            Qui sommes-nous pour juger ?

          • J’ai été surpris de ce qu’a d’excessif ce « il faut cesser de se regarder pour enfin regarder les autres » qui me renvoie à ce qu’a d’excessif la remarque de mon épouse « les hommes ne savent pas faire deux choses à la fois ».
            Quant à la remarque finale, interrogeant l’Eglise SA enseignante sur ces femmes qu’elle a formé et qui se sont fait avoir, elle laisse entendre que cela s’adresse aussi aux personnes qui se laissent persuader que Dieu les a choisies. « L’obsédé sectuel », ainsi se définit Jacques Trouslard *, prêtre traqueur de sectes, aurait été choqué par la perversité de ce propos trop adroit de Marc Durand. En effet, pour moi, croire ce que les clercs sont priés de dire sur la vocation relève, comme la confession et la direction de conscience, de la ligne jaune, du borderline qu’est la manipulation mentale.

  • Au commencement était le « Verbe », c’est-à-dire à la lumière des connaissances scientifiques du XXI siècle il y a plus de 13 milliards d’années suivant l’abbé Georges Le maître, qui a créé le cosmos, a créé la vie sur la planète terre et peut-être sur d’autres planètes, du moins pour les croyants.
    Aujourd’hui il n’est nul besoin d’avoir une formation scientifique pour imaginer la puissance du Verbe pour avoir créé, à partir de poussières, notre univers proche de l’infini et en expansion continue, l’apparition de la vie animale et de la pensée chez l’homme il y a environ entre 3 et 7 millions d’années.
    Après cette mise en perspective de la création, telle qu’elle a été mise en lumière par nos scientifiques, il est difficile de prendre pour hypothèse que ce « Verbe » n’est pas tout puissant.
    Il est aussi difficile de prendre pour hypothèse que le « mal » existait à l’origine de la création. Sa personnification par le « diable » est sans doute plutôt l’instrument de la théologie de la peur si bien décrite par Jean Delumeau.
    La religion chrétienne, comme toutes les autres, a toujours eu beaucoup de mal à admettre qu’une part de notre existence ne soit pas prédéterminée par le « Verbe ».
    Personnellement je suis atteint d’un grave cancer, sans aucun rapport avec mon hygiène de vie qui me laissait à penser que j’en serai épargné.
    Il n’en n’est rien et je suis bien entendu révolté d’avoir à combattre cette terrible maladie même si je continue à penser que le « Verbe » a créé les conditions de la vie sur terre sans avoir eu l’intention originelle de semer le mal pour mettre à l’épreuve l’Homme.
    Le « Verbe » ne peut être qu’Amour pour moi et je lui demande seulement de m’assister dans mes souffrances.

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    • Vous m’avez conduit à « Qui suis-je? », rencontre avec, le doute de Dietrich Bondoerffer, Berlin 1944.

      Qui suis-je ? Souvent ils me disent que de ma cellule je sors détendu, ferme et serein tel un gentilhomme de son château.
      Qui suis-je ? Souvent ils me disent qu’avec mes gardiens je parle aussi librement, amicalement et franchement qu’un chef qui commande.
      Qui suis-je ? De même ils me disent que je supporte les jours de l’épreuve Impassible, souriant et fier, ainsi qu’un homme accoutumé à vaincre.

      Suis-je vraiment celui qu’ils disent ?
      Où seulement cet homme que moi seul connais, Inquiet, malade de nostalgie, pareil à un oiseau en cage, cherchant mon souffle comme si on m’étranglait, avide de couleurs, de fleurs, de chants d’oiseaux, assoiffé d’une bonne parole et d’une espérance humaine, tremblant de colère au spectacle de l’arbitraire et de l’offense, agité par l’attente de grandes choses, craignant et ne pouvant rien faire pour des amis infiniment lointains, si las, si vide que je ne puis prier, penser, créer, n’en pouvant plus et prêt à l’abandon.

      Qui suis-je ? Celui là ou celui-ci ?
      Aujourd’hui cet homme et demain cet autre ?
      Suis-je les deux à la fois ? Un hypocrite devant les hommes et devant moi un faible, méprisable et piteux ? Ou bien ce qui est encore en moi ressemble-t-il à l’armée vaincue qui se retire en désordre devant la victoire déjà remportée ?

      Qui suis-je ? Dérision que ce monologue !
      Qui que je sois, tu me connais : Tu sais que je suis tien, o Dieu !

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  • On pourrait aussi lire la deuxiéme Lettre de de St Paul à Timothée notamment au chapitre IV versets 1 à 8….

    Bon courage Bernard…

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  • Merci Monsieur Januel pour votre commentaire simple et précis. Je pense comme vous, oui seule la Parole, source d’amour crée! C’est ainsi que Dieu crée, comme une contagion d’existence (expression de François Varillon). Et c’est ainsi qu’Il soutient la Vie…. D’ailleurs la seule fois où Dieu se révèle Il dit « je suis celui qui suis  » (l’existant – essence de vie)
    J’ai une pensée toute spéciale pour vous, en ces moments difficiles que vous traversez.

    Réponses à quelques commentaires explosifs !
    Pourquoi toujours vouloir mettre le bien en opposition au mal? Et parler du mal- innocent (qu’est-ce que ça veut dire ? Où situer les moustiques par exemple, responsables de millions de morts et les virus, les orages, les tempêtes ….? Dans la Genèse, toujours d’actualité pour nous aujourd’hui ; quand Dieu crée Il trouve que c’est Très bon ! Pourquoi serait-ce différent en 2020 ? La création est permanente, elle est de toute éternité. Dieu nous crée à chaque seconde et il en va de même pour toute la création.
    Georges Lemaître a mis en lumière le commencement de l’univers : le big-bang mais il se défend bien de faire l’amalgame entre Dieu et le big-bang . Le premier étant un commencement daté, un jour J, il y a environ 14 milliards d’années et Dieu, Lui, est dans le principe – fondement, sans commencement.
    En ce qui concerne le terme  » toute-puissance », Catherine Chalier , philosophe et experte en langues hébraïques, explique que chaque fois que nous trouvons l’expression « toute-puissance » dans nos bibles françaises, ça signifie : « celui qui pose des limites ». S’il n’y a pas de limites, nous restons dans le tohu-bohu initial. Souvent, nous avons tendance à penser « toute-puissance » humaine multipliée par mille, un million comme il s’agit de Dieu c’est une erreur. Et en ce qui concerne le « mal » méditons sur cette Parole de Jésus en croix « mon Dieu mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné? » Alors si même Dieu se tait devant le mal , ne donne aucune explication , taisons-nous à notre tour….

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  • Tout d’abord merci pour vos soutiens qui me touchent beaucoup dans l’épreuve difficile que je traverse.
    Je voudrais revenir sur les notions de toute puissance du Verbe, Verbe préexistant à l’origine du cosmos, et d’incertitude si étrangère dans l’enseignement des religions.

    Une grande inégalité apparaît à la naissance de chaque homme.

    Inégalité de beauté, d’intelligence, de richesse culturelle et financière du milieu d’accueil mais aussi de santé. Le hasard de la rencontre de milliards de combinaisons de gamètes conduit, pour un nombre non négligeable, à des handicaps originels physiques, psychologique, au développement de maladies dégénératives et de cancers.

    En particulier, lors du renouvellement de nos cellules nous assistons à des mutations de réplique de notre ADN qui donnent naissance à une tumeur primaire et progressivement au développement de métastases. Les causes de ces mutations sont multiples dont celle d’un choc émotionnel très profond en cas de perte d’un conjoint, ce qui est mon cas.

    Je n’ai pas trouvé, à ce jour, d’explication satisfaisante de la présence du mal qui restera sans doute un des grands mystères pou moi.

    Néanmoins et en toute humilité je pense qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre un Verbe tout puissant qui a créé ce cosmos si démesuré à notre échelle, permis l’émergence de la vie au moins sur notre planète Terre et cette incertitude, incomplétude quantique dans ces mutations indépendantes de la responsabilité humaine à l’exception des abus de ses libertés.

    D’ailleurs c’est un grand enseignement de Teilhard de Chardin qui pense que la création n’est pas achevée, elle est faite pour que l’homme puisse grandir et place l’Homme comme co créateur de son œuvre originelle.
    Thierry Magnin nous dit que : « Dieu fait le monde se faire » disait Teilhard de Chardin.

    L’action du Dieu Créateur n’est pas à penser, dans la Bible, comme une intervention biologique ou physique de type « fabrication », mais comme le « don de l’être » qui fait exister et donne Sens et Dignité, à tout instant.
    Je sais que ces notions sont difficiles à admettre pour bon nombre de chrétiens après un enseignement trop souvent infantilisant de la tradition chrétienne,

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  • Pour les rarissimes personnes persuadées que l’Eglise va indubitablement à sa perte je recommande de voir sur you tube une conférence du Pére René Luc prêtre à Montpellier parlant du songe de St Jean Bosco.
    Quant au reste… à mon très faible niveau, je continue de croire en Dieu le Père tout puissant car c’est lui qui a créé le ciel et la terre, l’univers visible et invisible… Non pas que je le prenne pour zeus ou Jupiter. Il utilise cette puissance comme bon lui semble et même à l’encontre de ce que nous voudrions car « Dieu est Dieu nom de dieu » comme disait Clavel. Quant à la Rédemption j’ai l’incroyable faiblesse de m’intéresser beaucoup plus aux écrits d’un certain Paul de Tarse qu’à nos « grands » théologiens à la mode actuellement.
    (franchement indécrottable ce mec)

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  • En vous demandant, cher Hôte, de publier deux textes princeps, je voulais simplement dire que la Parole Divine est vivante et ne se propage que si, et seulement si, ceux qui la prennent en charge veulent bien se laisser Transfigurer par Elle. Comme les voies du Seigneur sont impénétrables, je tombe ce matin en arrêt dans « La Croix » du samedi 4, sur les propos d’un pasteur théologien suisse, Daniel Marguerat, « Nous serons sauvés ensemble », d’où j’extrais quelques fragments de réponse :
    […Les théologiens universitaires doivent affronter ce défi, sinon il y a ce risque d’une théologie à deux vitesses : d’un côté, une théologie pour les clercs et quelques laïcs à la hauteur d’une sophistication universitaire de la théologie, de l’autre une piété « fast-food » pour le peuple de l’Église. Inacceptable discrimination !…
    …Et la société se satisfait de moins en moins des discours ressassés…
    …Les « petits » de l’Évangile ne sont pas les idiots. Ce sont ceux qui n’avancent pas devant Dieu du haut de leur richesse, de leur savoir ou de leur estime d’eux-mêmes. Ce sont ceux qui se savent en besoin de Dieu, tout particulièrement dans l’Évangile de Matthieu, où se multiplie la mention des « petits » … Je suis convaincu que l’intelligence de la foi est requise des croyants. Elle n’est pas un revêtement extérieur ou marginal. L’intelligence de la foi doit grandir en même temps que l’intelligence de la personne, à mesure que notre histoire s’allonge, que notre expérience personnelle s’amplifie. La foi doit suivre le chemin du grandir. Je regrette lorsque des pasteurs ou des prêtres pensent qu’il est de leur devoir, au contraire, de figer la foi dans des réponses de catéchisme…].
    En effet, si je partage tout à fait la définition du symbole décliné par St Augustin dans son sermon 222 à ses catéchumènes :
    […Le temps est venu de vous remettre le symbole qui renferme en peu de mots tout ce que vous devez croire pour obtenir le salut éternel.
    Le mot symbole est pris ici par analogie dans un sens figuré en effet, les négociants font entre eux un symbole, un pacte (pacto fidei) de confiance mutuelle pour affermir leur société par ce contrat d’alliance.
    Or, votre société a pour objet un culte tout spirituel et vous ressemblez à des marchands qui cherchent une perle de grand prix (Mt 13, 45). Cette perle, c’est la charité qui sera répandue dans vos cœurs par l’Esprit Saint qui vous sera donné (Ro 5, 5). A cette charité, on parvient par la foi que contient ce symbole…),
    je suis tout aussi convaincu par St Paul qui écrit :
    […(1 Corinthiens 13:11) Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Devenu homme, j’ai mis fin à ce qui était propre à l’enfant…]
    Et, à tord ou à raison, je pense que nos échanges, dans ce blog, contribue à la maturation de nos croyances, ce qui ne peut, in fine n’être profitable qu’à notre Foi.
    Pour terminer, je voudrais rejoindre Marianne dans ses remerciements à Bernard Januel, et lui dire qu’ayant eu à prendre en charge des patients qui vivaient sa pénible situation, je pense saisir son questionnement : A la base, la vérité historique, est à distinguer de la vérité théologique. La première se nourrit de faits incontestables, la deuxième, qui vit de symboles, métaphores, allégories, légendes…, vise à donner un cadre nourrissant nos croyances, et donne une assise personnelle à la Confiance, à notre Foi en Jésus Ressuscitant. Relirez le prologue de l’Évangile de St Jean, pour avoir quelques élément de réponse à votre questionnement.

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