Philippe Barbarin : responsable et désormais coupable

Philippe Barbarin : responsable et désormais coupable

Il est temps que l’Eglise de France ne soit plus prise en otage par une « affaire » qui ne l’a que trop déchirée.  

Le tribunal correctionnel de Lyon n’a donc pas suivi les réquisitions du Procureur qui, en janvier avait demandé l’acquittement pour le cardinal archevêque de Lyon. Si la condamnation reste symbolique – six mois de prison avec sursis – sa culpabilité n’en est pas moins retenue par les juges. Faisant suite aux deux classements sans suite des 1er août et 11 décembre 2016, elle a provoqué un vrai choc dans l’Eglise de France, à la mesure de la surprise occasionnée. Elle suit de quelques mois celle de Mgr Fort, ancien évêque d’Orléans, pour non dénonciation d’actes pédophiles.

Dans les attendus du jugement, le tribunal retient la « non-dénonciation de mauvais traitement » envers Alexandre Hezez, mineur au moment des faits, pour lequel il n’y avait pas prescription lorsqu’il s’est adressé au cardinal Barbarin en 2014-2015. Le tribunal estime que l’archevêque de Lyon aurait pu alors communiquer au Procureur de la République les mêmes informations qu’il dit avoir transmises à Rome pour demander la marche à suivre. Il y voit l’expression d’une volonté manifeste de protéger d’abord l’institution, notamment en empêchant d’autres victimes de se faire connaître. 

Personnellement j’avais souhaité ce procès. Au nom même du droit d’une majorité des victimes à se faire entendre de la justice alors même que les faits les concernant étaient prescrits et ne pourraient en aucune manière être évoqués à l’occasion du procès, toujours à venir, du père Preynat. Témoigner dans le prétoire de leur souffrance subie, du long calvaire de leurs vies brisées supposait d’engager une procédure dite de « citation directe » à l’encontre du cardinal Barbarin. Ce procès était donc légitime. Il s’est tenu dans la dignité.  Aujourd’hui les juges ont prononcé leur sentence. Les avocats du cardinal Barbarin ont fait connaître son intention de faire appel. Ce qui est son droit mais peut surprendre.

Sans doute le cardinal archevêque de Lyon a-t-il été au mauvais endroit au mauvais moment. Beaucoup retiendront qu’il paie essentiellement pour des faits dont il n’a pas eu à connaître personnellement, pour des silences coupables qui ont d’abord été ceux de ses prédécesseurs : NNSS Decourtray et Billé notamment. Mais l’absence de culpabilité, au sens de notre droit pénal, aurait-elle suffi à l’exonérer de toute responsabilité morale au regard de sa mission d’évêque ? « Grâce à Dieu les faits sont prescrits ! » Phrase terrible par laquelle il semblait se réjouir de voir clos un dossier où soixante-dix anciens scouts, devenus adultes auraient pu envisager de demander des comptes à l’Eglise.

Le 7 mars, le cardinal Barbarin a fait connaître son intention de présenter au pape sa démission d’archevêque de Lyon. Une démission à laquelle l’invitait depuis des mois la pétition lancée par le père Pierre Vignon, à laquelle je m’étais associé. D’abord eu égard à ce dossier Preynat où l’institution dont il était le représentant, avait d’évidence lourdement failli y compris sous son propre mandat. Ensuite, l’arbre de la pédophilie ne pouvant éternellement cacher la forêt des dérives sectaires en tout genre, parce qu’il s’était également compromis dans d’autres affaires.

Pour beaucoup, l’homélie prononcée dans l’abbatiale Saint-Jean de Lyon, le 2 septembre 2006, à l’occasion des obsèques du père Marie-Dominique Philippe reste une faute. Le cardinal pouvait-il ignorer les dérives criminelles du fondateur de la Communauté Saint-Jean récemment remises en lumière dans l’enquête diffusée sur Arte à propos des abus sexuels commis par des clercs sur des religieuses ? Et l’on pourrait y ajouter son long soutien au fondateur de Points Cœur, le père Thierry de Roucy, également convaincu d’abus sexuel et de pouvoir, désormais renvoyé de l’état clérical. Tout cela procède trop de pratiques encore en vigueur, ici ou là, dans l’Eglise, que l’opinion condamne et que les fidèles eux-mêmes ne supportent plus même s’ils ont, parfois, été complices du sllence de leur Eglise. On ne peut pas appréhender la responsabilité spirituelle et pastorale d’un évêque uniquement à l’aune du droit pénal.

On peut comprendre qu’au nom d’une « fraternité dans l’épiscopat », des évêques puissent se sentir proches du Cardinal, dans cette épreuve. Si cela les incite, et d’autres avec eux, à l’entourer, à maintenir avec lui, quelles que soient les circonstances, des liens d’amitié, c’est tout à fait respectable et conforme à l’esprit de l’Evangile. Si cela devait les conduire, à la faveur d’une prolongation indécente de cette « affaire Barbarin » à pérenniser une prise en otage qui n’a que trop duré de toute l’Eglise de France, alors nous serions en plein dans ce cléricalisme que dénonce et appelle à combattre le pape François. C’est pourquoi un refus de sa part – pour quelque motif que ce soit – d’accepter la démission que lui présente aujourd’hui le cardinal archevêque de Lyon, serait littéralement incompréhensible. 

 

Photo © Jeff Pachoud/AFP

 

 

 

 

224 comments

  • à René ,

    Vous êtes un observateur trop avisé de l’église pour imaginer, ne serait ce qu’un instant que le pape François aurait pu ignorer les conséquences de sa décision de refus de la démission du cardinal Barbarin . En effet cette décision semble remettre en cause tout le discours récent de la priorité donnée aux victimes des abus des clercs . Elle parait aussi ignorer le désarroi des fidèles et notamment ceux du diocèse de Lyon .

    Je fais pour ma part une analyse plus » structuraliste » de la situation .

    – La marge de manoeuvre du pape est très restreinte et sa liberté infime ( au Vatican ,je ne suis que le pape pour reprendre les mots de jean XXIII) par rapport à l’inertie structurelle séculaire qui influence de manière déterminante les choix de l’église .
    -En période de crise et celle ci est grave puisqu’elle questionne la légitimité de la séparation clerc / laic sur laquelle est fondée toute l’organisation de l’église depuis la réforme grégorienne , cette marge de manoeuvre du pape se trouve plus encore réduite .
    -Ll’absence de séparation des pouvoirs dans la conception de la gouvernance de l’église ainsi que les modalités de sélection des évêques qui sont choisis pour avoir prouvé leur inféodation sans borne à l’institution assimilée à l’authenticité du témoignage évangélique , accroit plus encore l’importance de ces forces d’inertie .
    Je pense simplement que cette décision du pape signifie que l’église catholique valide à son corps défendant cette phrase « prophétique  » de Karl Marx : « les hommes font leur histoire , mais ne savent pas l’histoire qu’ils font  » L’église est agie par sa Tradition plus qu’elle n’agit de la propre initiative de son pape .
    François , malgré toute sa bonne volonté vient de montrer au monde qu’il doit composer avec la « raison d’église  » qui influence ses décisions de manière déterminante et disproportionnée (unité oblige) .
    Les seuls à pouvoir d’en réjouir pour l’affaiblir plus encore sont les identitaires de la Curie .

    A l’évidence , l’église n’est pas sortie de l’ornière , elle s’y enfonce plus encore .

    Reply
  • J’ai suivi l’excellent débat entre une soixantaine « d’intellectuels » invités à l’Élisée et notre président. J’ai été particulièrement intéressé par sa réponse à la question posée sur la laïcité. Je vous invite à l’écouter sur You-tube ou sur France culture. (https://youtu.be/i08OTdr6wqE). La position défendue par notre président est, sauf erreur de ma part, de s’en tenir à une application plus stricte de la loi de 1905, semblant revenir sur des arrangements « loi 1901» qui s’y sont occasionnellement rajoutés et qui la rendent plus faible. Il a placé tous les fondamentalismes religieux sur le même plan, leur donnant à tous un droit de cité sous réserve qu’ils respectent les lois de la République. En ce qui me concerne, je verrais bien là une explication simple de l’attitude du Pape François qui dissocie lui aussi la République de l’Église, comme le veut cette loi. D’ailleurs Mgr Gobillard l’avait déjà souligné au cours d’une interview sur RCF (https://youtu.be/oQLdp4hJS_E) en différenciant bien le citoyen de l’évêque : Pas de démission donc, sans que soit connu les résultats de l’appel du citoyen Barbarin, mais mise en retrait pour satisfaire la juste demande des victimes. Bien faire la différence entre la réponse de l’Église et celle de l’État semble être une une réponse claire parmi d’autres possibles aux attaques incessantes que nous subissons depuis de nombreuses années . Exemple : si l’état, répondant à une demande de certains de ces citoyens, éprouve la volonté d’ouvrir par la loi, une capacité d’union matrimoniale dite « pour tous », il est du devoir de l’état de mettre en place cette capacité accessible à chacun, mais aussi, et sans que cela déborde sur ses prérogatives, il est du devoir de l’Église d’exprimer ses réserves, en évitant d’utiliser des méthodes qui relèvent plus d’un cléricalisme intransigeant que d’une saine réflexion doctrinale et surtout, bien sûr, en prenant bien soin d’être vierge de tous contre-témoignages internes adverses.
    Dans ce contexte de remise à plat de ces rapports Église-État cadrés par la loi de 1905, il est tout à fait possible que le cardinal Barbarin se soit trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment ou qu’il ait été choisi pour sa visibilité politique. C’est pourquoi, il serait bon de nous souvenir que nous sommes aussi citoyens et que les lois de la république s’appliquent aussi à nous aussi. Je citerais par exemple un pharmacien normalement condamné par la justice séculaire pour avoir refusé de délivrer un contraceptif à une cliente habilitée légalement à la demander ; il doit en être de même dans le cadre légal de l’IVG : car personne ne doit être obligé d’accepter une IVG contre son gré ou pire (cf le film « les innocentes », ou les témoignages de sœurs violés…), mais personne ne devrait se voir refuser cette possibilité si, et seulement si, en phase avec la loi, tel est son libre choix éclairé et responsable…Si j’ai bien compris l’expose du père Jacquemin, de Louvais, en Belgique, la loi dépénalise le médecin dans le cadre de l’Euthanasie, mais il est de la responsabilité du demandeur de trouver un soignant qui accepte de le faire..(Cf You tube https://youtu.be/Q6I7ofHnlZs).
    Le sauvetage inutile d’une pseudo unité de l’Église, elle-même largement agitée de considérables mouvements sismiques internes, pourrait lui être fatale en France, et la réduire au niveau d’une simple secte à la parole stérile. Ce serait très dommage. Mais peut-être devons-nous aussi prendre conscience individuellement et collectivement que nous sommes en partie responsables de cette situation par nos silences, assourdissants, répétés, complices, entre autres sur des comportements inadmissibles, car imbriqués dans une conception archaïque de la sexualité, évacuant en particulier les derniers acquis de la science au profit d’un obscurantisme qui ne fait plus recette. Mgr Barbarin fait aussi allusion à ce silence des victimes, de leurs familles et probablement étayé par leurs clercs ou par une fin de non-recevoir. Penser pouvoir revenir en arrière parce qu’on se serait trompé de route est un leurre. La crise est facteur d’évolution dirait Michel Serres, Heureuse faute qui nous vaut un tel Sauveur, chantait-on dans le temps. Dieu est dans l’avenir et non dans le passé, et nos jeunes qui nous interpellent sans cesse pensent à leur avenir et ont besoin de balises fiables et résolument orientées vers l’avenir, et ont besoin de données en rapport avec les derniers acquis de la science.
    « …C’est à ce moment-là que l’homme possible devient un homme réel, c’est à ce moment-là qu’il naît de nouveau, c’est à ce moment-là qu’il devient source et origine de lui-même, c’est à ce moment-là qu’il devient un bien commun, un bien universel dans la mesure où il s’ouvre à ce foyer d’émerveillement, à cette Présence, à cette vérité, à cette beauté quel que soit le nom qu’on lui donne, mais enfin à cet objet ou plutôt à ce sujet qui nous prend tout entier, qui nous guérit de nous-mêmes, qui nous libère à fond en faisant de notre regard un simple regard d’amour… » (in Maurice Zundel « Conférence à Saint-Germain-en-Laye octobre 1974.Quel homme et quel Dieu ? »

    Reply
    • « Heureuse faute qui nous vaut un tel Sauveur, chantait-on dans le temps », écrivez-vous… euh, cela se chante toujours aujourd’hui dans la nuit pascale, c’est l’Exultet !

      « Dieu est dans l’avenir et non dans le passé », dites-vous aussi… je dirais plutôt qu’il est dans le présent, dans l’aujourd’hui comme l’exprime si souvent la liturgie !
      Dieu est éternellement présent puisqu’il n’est pas dans le temps, et nous ne pouvons le rejoindre que dans le présent de nos vies.

      Reply
      • ET… ?

        […Alors, on peut s’émerveiller. Alors, on ne songe plus à expliquer parce que c’est trop beau, et c’est trop grand. On ne peut plus que répéter le mot de l’auteur du Nuage de l’Inconnaissance qui est un livre anonyme du 14ème siècle où justement l’auteur, qui est un contemplatif, a dit à un de ses disciples qu’il a essayé de former :
         » …Et maintenant tu vas me demander, demander qui est Dieu, et-moi comment puis-je exprimer la connaissance que j’en ai ? A cette question, je ne peux te faire qu’une seule réponse : je ne sais pas, je ne sais pas car, pour connaître Dieu, il faut autre chose que des mots, autre chose que des idées. Pour connaître Dieu, il faut t’engager et c’est quand tu te seras enfoncé dans le mystère silencieux de Dieu, c’est quand tu te seras donné à lui comme il se donne à toi, c’est dans cette lumière de l’amour que tu le connaîtras, car Dieu est Amour et il ne se livre qu’à l’amour  » comme l’Église nous le dit dans le répons que je vous rappelais tout à l’heure :
         » Ubi caritas et amor, Deus Ibi est. Là où est la bonté et l’amour, c’est là que Dieu est. .. »]
        ( In Ghazir troisième méditation 1959; Dieu est amour et il ne se livre qu’à l’amour ; Maurice Zundel)

        L’Amour est Eternel et n’a pas d’âge. Dans ce cadre, et selon la TCD 019 de Jean Paul II, l’Amour s’exprime par le Corps et lui seul, « … Il a été créé pour transférer dans la réalité visible du monde le mystère caché de toute éternité en Dieu et en être le signe visible.. » (in TDC 019 fev 1980 Jean Paul II). C’est ce qui rend encore plus répugnantes les déviances du Corps devenu objet et les manipulations politiciennes qui s’y rattachent. Car elles nous mettent directement en phases avec les souffrances de NS Jésus Christ sur la Croix ; car :
        (Matthieu 25:40)… Et le roi leur répondra : En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait !…
        Réveillons-nous, il nous faudra plus que des remarques de seconde zone pour renaître à la Vie

        Reply
    • Je suis plus convaincu par les questions du journaliste que par les réponses du cardinal… Il plaide pour un apaisement et un renouveau dans le diocèse de Lyon, pour lesquels il explique se mettre en retrait… mais de manière en quelque sorte définitivement provisoire ! Alors que c’est son départ, souhaité par lui, qui eut été à même de créer les conditions de l’apaisement. Par ailleurs il laisse entendre qu’il pourrait revenir quand la procédure d’appel sera arrivée à son terme, alors qu’il continue d’affirmer que sa décision de démissionner, antérieure au jugement du tribunal correctionnel de Lyon, n’était pas liée à une quelconque décision de justice. Comprenne qui pourra !

      Reply
    • La confusion, s’il n’y en avait que là!
      P. Barbarin est un des nombreux soucis, dont de bien plus conséquents, que l’institution inflige aux chrétiens qui lui font encore, un petit peu confiance. Ce pb ne doit pas masquer l’essentiel, comme les confusions et incertitudes profondes et quasi originelle qui viennent des pères de l’Eglise, peut-être même des apôtres et forcément d’approximations liées à la tradition orale.
      Jacques de Zébédée, Jacques le majeur, le mineur, le juste (frère de Jésus? 1erPape? …
      En araméen, ce n’aurait pas été « heureux les pauvres » mais « heureux ceux qui avancent »: ashrei en araméen et non makarios (couché) en grec ancien ou beatus (bienheureux) en latin *.
      Jean de Zébédée, quand et où est-il mort? Vers 43 avec son frère Jacques, ou … ?
      En fin de compte, croire serait trop souvent à la fois faire confiance et rejeter tout questionnement sur la révélation et la tradition. C’est alors en effet, se coucher, dormir comme un bienheureux, faire du sur place. Ce croire là est contraire à la nature humaine et à l’opposé de croire.

      * Jean-Louis Rébut, grand chef de chœurs franco-suisse et prêtre de l’Eglise des assyriens de l’est, interviewé par Jacqueline Heinen, dans « Atout-Choeur – un demi siècle de direction chorale », collection Graveurs de mémoire, l’Harmattan, 2015, p 81.

      Reply
      • Où avez-vous été cherché que « makarios » signifiait « couché » en grec ancien (sic) ?
        μακάριος (« makarios ») en grec moderne comme ne grec ancien, comme « beatus » en latin, signifie « heureux », « bienheureux » !

        Maintenant si vous voulez jeter les pères de l’Eglise, voire les apôtres, je ne sais pas ce que vous allez garder… le Christ ?

        Reply
        • A propos de makarios, n’étant pas linguiste, j’ai cité la source écrite publiée dans une collection d’un éditeur sérieux. Précision, l’interview retranscrite évoque les travaux linguistiques de Chouraqui.

          Reply
          • André Chouraqui a tenté une rétroversion du texte grec en hébreu pour traduire en français par « en marche » en se fondant sur le même mot hébreux employé dans le premier verset du psaume 1 et du psaume 118 (He 119) et traduit par « makarios » dans la Septante.
            C’est une démarche tout à fait intéressante et stimulante, mais il n’en demeure pas moins que le mot grec μακάριος (« makarios ») veut dire heureux !
            Et même si l’on suit Chouraqui, « makarios » ne voudrait en aucun cas dire « couché », mais « en marche » !
            Ce serait plutôt « malheureux » qu’il faudrait traduire par « couché » si l’on suit Chouraqui !

    • A Michel de Guibert ,

      Pierre de Charentenay comme beaucoup de commentateurs croyant devoir défendre par principe le cardinal , n’a manifestement pas lu le jugement du tribunal de Lyon .
      Juridiquement , le délit pour lequel le cardinal Barbarin et mis en examen n’a aucun rapport avec les faits criminels pour lesquels le prêtre Preynat va être jugé . Ce sont deux affaires séparées sans aucun rapport de cause à effets . quand bien même elles son corrélées .

      Le cardinal est poursuivi pour ne pas avoir porté à la connaissance de la justice des faits et seulement des faits . Seule la justice est compétente pour ensuite qualifier juridiquement ces faits qui peuvent s’avérer ne pas constituer une infraction pénale ou au contraire être qualifiés de contravention, de délit ou de crime .

      Ce qui veut dire que si il n’y avait aucun motif à poursuivre Preynat ou si il était acquitté suite à un procès ou s’il était condamné cela n’aurait aucune influence sur le fait de savoir si Barbarin a commis ou pas un délit en ne portant pas à la connaissance de la justice l’existence de ces faits dont il avait connaissance .

      C’est pourquoi le jugement du tribunal de Lyon a examiné les questions suivantes après avoir établi la base légale du délit ( article 434-3 du code pénal )

      1) les faits relatifs aux abus sexuels de Preynat existent ils ?
      2) l’obligation de dénoncer perdure t’elle pour des crimes prescrits et perdure t elle aussi si la victime n’est plus en situation de minorité ?
      3) le délit de non dénonciation dont est accusé Barbarin est il lui même prescrit ?

      A ces trois questions le tribunal a répondu que le délit était constitué et qu’il était imputable au cardinal Barbarin .
      La cour d’appel infirmera ou confirmera ce jugement .

      Vouloir défendre Ph Barbarin en faisant dépendre son affaire de celle du prêtre Preynat est intellectuellement malhonnête , juridiquement faux et tactiquement idiot . Je remarque que les avocats de Ph barbarin n’ont pas commis cette erreur.

      Reply
  • Je ne vois pas du tout en quoi et pourquoi l’apaisement du « dioçèse » de Lyon passerait nécessairement par le départ ou démission du Cardinal Barbarin. Il faut ici distinguier clairement la demande de justice-vengeance-réparation qui conduit au tribunal, et qui reste en attente de réponse finale, et si l’on parle du diocèse, alors on est dans une autre logique, qui est la logique de la confession, de la sincérité de l’aveu, et du pardon-reconciliation. Ce doit être absolument dans cette logique que le dioçèse doit chercher l’apaisement, , la paix. « La parole libérée » est respectable mais elle n’est pas l’évangile, certains propos n’y sont pas chrétiens, de toute évidence. Mais c’est leur droit, bien sûr.
    A la fin de la confession jadis, le confesseur demandait au pécheur que nous sommes tous, de faire pénitence, concrétisée par quelques bonne action ou résolution, ou prière. Et là, ya-t-il nécessité de demander au Cardinal sa démission.?
    Il ne faut pas confondre l’apaisement des émotions populaires chauffées et orchestrées par les ennemis du Cardinal, y compris les perpétuels donneurs de leçons évangéliques, et la mise à mort du bouc-émissaire , avec la paix-reconciliation chrétienne et ses procédures. Ici les chrétiens du dioçèse de Lyon doivent pardonner, 77X7 fois, et accompagner de leurs prières le retrait provisoire du Cardinal dans un Monastère, et attendre son retour si lui et l’église le jugent utile. Ils auront aussi bien sûr le plus grand souci devenir en aide aux victimes, mais là aussi quelle aide « chrétienne » ?
    Et que cette logique du pardon-réconciliation ne soit pas comprise par le monde….n »est pas notre souci premier. Un chrétien ne demande pas sa route aux aveugles.

    Reply
    • A Jean Claude
      Merci pour votre excellente plaidoirie qui démontre une seule chose : vous instrumentalisez le pardon au service de l’injustice . Démonstration catholique sûrement , mais chrétienne ?

      Reply
    • « La logique du pardon-réconciliation incomprise par le monde » : car cette prétendue « logique » a ses limites, autrement dit le monde considère que le champ d’application de la confession [du mécanisme pardon-réconciliation] doit être strictement limité (tout ce qui est de l’ordre du crime, par exemple, étant exclu du champ d’application).

      Reply
  • L’erreur d’appréciation du cardinal Barbarin .

    Tant que les abus sexuels des prêtres s’exerçaient sur des enfants de classes populaires pour qui la figure du prêtre était obligatoirement sacrée , l’évêque pouvait couvrir ces crimes en toute bonne conscience , ils avaient peu de chance d’être porté sur la place publique .
    Au cas ou les parents auraient souhaité demander justice devant les tribunaux , là encore l’évêque pouvait couvrir les crimes en toute impunité . L’église possédait les moyens symboliques ou matériels de pressions pour rappeler que la parole d’un évêque ne pouvait être mise en cause de manière crédible par des gens qui ne sont rien dans la société . De plus , » ces gens de peu  » pour parler le langage des notables écclésiaux n’avaient pas les moyens de s’offrir les services d’un bon avocat .
    Tout allait donc pour le mieux dansl l’hypocrite monde éccésiastique .

    Malheureusement pour le cardinal , le prêtre Preynat s’est aussi attaqué à des enfants issus de milieux économiquement mais surtout socialement privilégiés pour lesquels la révérence envers le clergé est beaucoup plus relative et que l’église ne peut imposer naturellement aussi facilement .
    Ce n’est pas un hasard si l’initiateur du mouvement de la parole libérée appartient à un milieu social qui lui permettait d’envisager naturellement une action pénale et d’aller jusqu’au bout de celle ci quand il s’est rendu compte de la duplicité de l’archevêque de Lyon . Cette dimension sociologique est très bien rendu dans le film d’Ozon .

    Si l’on ne se place pas sur les terrains de la morale , de l’Evangile ou même du droit , mais seulement sur celui de la sociologie , force est de constater que Ph barbarin a fait à cet égard une erreur majeure : oublier que la connivence de classe sociale n’est pas absolue , particulièrement lorsque l’on commet des crimes sur les enfants .

    Ph Barbarin a misé à priori sur la connivence des dominants ou qui se croient tels et dont il pensait qu’elle allait de soi . Les paroissiens de sainte Foye les Lyons avaient manifestement des valeurs morales et les moyens de les défendre y compris devant les tribunaux .Ce que le cardinal a omis d’envisager . Il aurait du pourtant se réjouir de la capacité de la « parole libérée  » à transcender les intérêts de classe dans sa lutte pour la justice et la défense des plus faibles .

    Le cynisme a des limites , le cardinal paye aujourd’hui pour l’avoir oublié ; ce n’est pas la moindre de ses nombreuses erreurs .

    Reply
    • Votre commentaire est lamentable, Guy Legrand.
      Je sais que vous aimez souffler le chaud et le froid alternativement, peut-être êtes-vous cyclothymiques, mais je ne peux vous suivre pour deux raisons :
      – d’abord votre analyse marxisante de l’Eglise est pour le moins ringarde,
      – mais surtout vous êtes dans le procès d’intention, les insinuations et accusations gratuites.
      En l’occurrence les familles lyonnaises aisées auxquelles vous faites allusion ont, pour beaucoup d’entre elles, gardé le silence elles aussi pendant de très longues années, certaines même ne pouvant croire ce que leur disaient leurs enfants…
      Alors oser écrire « Ph Barbarin a misé à priori sur la connivence des dominants ou qui se croient tels et dont il pensait qu’elle allait de soi » est à la fois faux, calomnieux, et insupportable.

      Reply
      • A Michel de Guibert
        – Ce n’est pas parce que la marxisme a prouvé qu’il n’est pas une solution politique qu’il n’en reste pas moins un excellent outil d’analyse des réalités économiques et sociales et une grille d’analyse du réel tout a fait éclairante .
        – Je reste cohérent au fil de mes posts dans mon interprétation, des événements que vous avez parfaitement le droit de contester . Cette contestation serait plus crédible si elle se fondait sur autre chose que des jugements de valeur non argumentés . Distribuer des bons et des mauvais points, c’est un peu léger . Mon interprétation repose sur une approche qui intègre que les postures des hommes sont aussi déterminées par les « infrastructures « pour rester dans le vocabulaire marxien .
        La mise en cause de l »archevêque de Lyon doit beaucoup à un réflexe de classe sociale et à ses possibilités réelles d’action . Ce qui n’enlève rien au courage et à la persévérance des fondateurs de la parole libérée .

        Reply
  • J’ai manqué de temps pour participer plus activement à ces discussions, j’aurais bien aimé.

    La relecture à froid des échanges me confirme en tout cas dans l’hypothèse que j’avais soulevée plus tôt : il y a actuellement dans l’Eglise catholique deux parties qui ne souhaitent pas se réconcilier.
    – L’une pense l’Eglise injustement attaquée par la justice / les médias / etc.., est convaincue qu’elle détient la vérité, et préférerait la voir disparaître plutôt que de changer.
    – L ‘autre demande à l’institution de tirer les conséquences des erreurs passées, veut qu’elle continue de chercher la vérité, et pour laquelle le changement n’est pas forcément un problème.
    Les deux sont absolument convaincues de ce qu’elles pensent, et souvent de surcroît convaincues que les autres sont à la source des problèmes actuels.

    Je ne sais pas combien de temps cette situation pourra tenir. Ce qui m’effraie est qu’en France, chaque minute qui passe nous rapproche du premier scénario : un assèchement de l’Eglise Catholique qui ne survivra plus que dans quelques micro-communautés « purs de durs ». C’est une situation qui devrait révulser tout Catholique (a minima ceux qui comprennent l’étymologie du mot).

    Un nouveau concile est impossible.
    A la réflexion, un schisme est peut-être lui aussi impossible : un schisme se produit quand des clerc fondent une autre église… alors que le soucis actuel de l’Eglise est précisément la place des clerc !
    Reste une possibilité : trouver un moyen de fédérer les fidèles déçus de l’institutions pour proposer un moyen de vivre et faire vivre la bonne nouvelle sans clergé ! Est-ce qu’il existe de telles tentatives fructueuses dans l’histoire ?

    Sur un autre registre : l’Évêque auxiliaire de Versailles propose une conférence sur les abus sexuels et la confiance dans l’Eglise samedi soir au pecq. Aurais-je la chance d’y croiser l’un d’entre vous ?

    Reply
    • Emmanuel, c’est précisément la globalisation qui pose problème (« l’Eglise injustement attaquée par la justice / les médias / etc.., ») qui empêche « l’institution de tirer les conséquences des erreurs passées ».
      Il faut sortir de cette vision binaire, tirer les conséquences des erreurs passées et en même temps garder confiance (c’est la même racine que « foi ») dans l’Eglise (« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » Matthieu 28, 20)

      Reply
    • à Emmanuel
      Deux réflexions à partir de votre analyse à laquelle j’adhère complètement ;

      – Même si ce qui se produit actuellement n’est pas techniquement un schisme , la césure qui défait les liens entre la hiérarchie et les fidèles est maintenant effective et les révélations récentes sur les pratiques cléricales l’élargissent encore . . Sauf à s’aveugler soi même, ces faits sont une réalité dont il faut tenir compte .

      – Quant aux portes de sorties elles existent et ont été pensées notamment par Joseph Moingt (cf Esprit , Eglise et Monde ) et par Christophe Théobald : » Vatican II a donné les moyens à l’Eglise de guérir de ce schisme en proposant une conception mystique de la foi qui, concentrée sur l’essentiel, fait appel sur l’expérience humaine et offre aux humains , radicalement fragilisés par la mondialisation et parla fragmentation de leurs vies , asile et solidarité pour leur existence quotidienne . » ( Le concile Vatican II quel avenir ?)

      Peut on aujourd’hui réunir les catholiques sur ces propositions qui allient exigence spirituelle et vie concrète dans l’approche de la foi ?

      Reply
      • @Michel
        Il faut en effet garder confiance. Sur ce point je me trouve dans une situation paradoxale : je garde toute ma confiance dans l’assemblée universelle des baptisés, je la pense Sainte – ce qui me permet de réciter le Credo sans parjure – non évidement comme exempt de fautes, mais comme « en marche vers le Christ ». C’est cette assemblée, les personnes qui la composent avec Jésus au centre, qui me semble être l’Eglise.

        En revanche, ma confiance est en chute libre envers l’institution. J’en viens presque à penser que l’institution est « sortie de l’Eglise ». Un peu comme dans certaines multinationales, lorsque l’équipe dirigeante ne sert plus l’entreprise mais assure juste sa propre survie.

        @Guy
        « Peut on aujourd’hui réunir les catholiques sur ces propositions qui allient exigence spirituelle et vie concrète dans l’approche de la foi ? »
        C’est effectivement le point sur lequel je bute, et peut-être l’Eglise aussi. Comment réduire drastiquement le cléricalisme sans tomber dans une soupe tiède ?

        Reply
        • Oui, Emmanuel, mais dans l’assemblée du peuple chrétien, il y a aussi les diacres, les prêtres et les évêques, qui ont tous reçu le sacrement du baptême.
          Après, l’Eglise-institution est sûrement perfectible, mais c’est tout de même elle qui nous a transmis la Bonne Nouvelle de Jésus Christ depuis 2000 ans.

          « Peut on aujourd’hui réunir les catholiques sur ces propositions qui allient exigence spirituelle et vie concrète dans l’approche de la foi ? » écrit Guy.
          J’ose l’espérer, et c’est ce qui nous réunit encore sur ce blog malgré nos divergences.

          Reply
        • Oui, garder confiance, ne pas avoir peur comme vous dites Emmanuel.
          L’humanité a fait de grands pas, de son origine, jusqu’à Moïse et l’idée monothéiste (vers 1400 avant JC), … et a continué depuis.
          L’idée religion est née de l’association d’idées plus « basiques »: puissance, pouvoir, protection, diverses formes de sentiments d’amour (filial, amical, altruiste, érotique). Après 2000 ans de chrétientés -de plus en plus émiettées, fâchées, opposées, radicales, mystiques, nationalistes, tradis, missionnaires, dévotes, exubérantes,humanistes, …- les idées « basiques » demeurent puissantes, dominant l’idée novatrice d’amour universel que Jésus a tenté de mettre au-dessus des autres.
          Pas d’unité sans amour universel, porté par le regard intérieur que chacun, à sa manière, porte sur soi, sur son désir de puissance, de pouvoir, d’amour, sur le sens de son existence. Et ce regard doit veiller à ne pas flagorner, s’étaler, s’imposer, défiler, … Une miette d’artifice suffit pour détruire l’unité.
          Dès le concile des trois colonnes (Jérusalem, vers 50-60 avec Jacques frère de Jésus, Pierre et Paul) le vers de la division fit son trou quand le païen fut distingué du circoncis, avant de lui être opposé. Dès le 2ème ou 3ème siècle, l’envergure intellectuelle des ténors (pères de l’Église et ceux sur lesquels ils ont triomphé) a tiré la jeune chrétienté vers l’inféodation au pouvoir des tétrarques, … d’où ce Dieu Tout-Puissant qui se comprend puisque l’amour universel était scandaleux face aux autres (envahisseurs, conquérants, migrants, …). Depuis, chaque institution, chaque clergé, navigue entre deux eaux, aussi désireux qu’incapable d’aller au bout de l’amour universel qui est un toujours aussi fou.
          Et si le vertige qu’évoque Emmanuel de perdre la transmission avec l’institution/le clergé, était l’ultime soubresaut de l’idée de religion,
          si Jésus n’avait pas du tout voulu « une » religion,
          si Jésus avait juste fait plus parfaitement que nous tous -baptisés ou non, qu’importe!- confiance à son/notre créateur.

          Reply
          • … en somme, je résume, si Jésus était une simple créature, un humaniste admirable, mais pas le Christ, pas le Fils de Dieu, pas le Sauveur.

          • Au point où vous en êtes pourquoi donc parler d ‘un Créateur dont on n’ a aucune preuve de l’existence?
            Allez mettons donc la Bible à la poubelle et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles…

          • A Michel. et Jean Pierre.
            La question est moins de savoir si Jesus a fondé ou non une religion , ce que je ne pense pas , que de sa voir si Jésus est un homme accompli ou l’incarnation de Dieu comme événement spécifique et unique dans l’histoire de la Révélation . C’est ce qui différencie les chrétiens des humanistes .Ce fut le coeur du débat de haute tenue entre le cardinal Kasper et Eugen Drewermann.Non le christianisme n’est pas seulement un humanisme parce que Jesus est aussi Jesus Christ incarnation de Dieu dans notre histoire .Que pour dire cela et nous aider à vivre de l’Évangile on ait besoin d’un support religieux , pourquoi pas .Mais une religion qui libère et non qui aliéne notre humanité qui est le visage de Dieu incarné .C’est le defi qu a relevé l’église avec plus ou moins de réussite au long de son histoire.C’est aussi son deci aujourd’hui .

          • Merci Guy pour votre dernier commentaire avec lequel je suis en pleine consonance.
            Vous avez parfaitement répondu à Jean-Pierre, explicitant ce que je disais de manière plus lapidaire.

  • A M.René Poujol,
    Non seulement il est d’autres voies d’apaisement possible que la démission du Cardinal, mais je maintiens que pour les catholiques, et donc pour le dioçèse, la seule et unique voie chrétienne est celle du pardon-réconciliation. Et Mgr Gobillard n’a pas compris que c’était là le seul discours à tenir à ceux qui à Lyon se veulent « catholiques » comme d’ailleurs à la face du monde ! Qu’ y puis je si le christianisme est cette religion de cinglés où Hitler, trois minutes avant sa mort, aurait été pardonné, si il en avait manifesté sincèrement le remords et le repentir,devant Dieu…..ou du moins, à Dieu d’en décider !
    ,
    Et contrairement aux craintes de M.Legrand, cette voie n’exclut en rien le travail de la justice humaine. Elle est d’un autre ordre !
    Vous etes en plein dans la confusion du spirituel et du temporel. Le dioçèse n’est pas une association loi 1901 ou un syndicat ou…..Il est ou devrait être l’Eglise, dont les lois et les moeurs ne sont pas de ce monde……même si elle en fait partie, par son humanité , jusqu’à ses fautes.

    Reply
    • Je peux vous retourner votre commentaire sur la confusion du spirituel et du temporel. Vous parlez de pardon-réconciliation. Il sera nécessaire même si le cardinal quitte sa charge. Mais le pardon-réconciliation ne porte pas pour exigence le maintien du cardinal dans ses fonctions alors que lui-même considère désormais impossible sa gouvernance du diocèse. C’est vous qui confondez spirituel et temporel. Je cardinal peut très bien prendre du champ (temporel) et rester, de fait, une figure spirituelle. Je dirais presque qu’il apparaîtra d’autant plus comme une figure spirituelle qu’il prendra du champ… comme Benoît XVI renonçant à sa charge.

      Reply
    • « pour les catholiques, et donc pour le diocèse, la seule et unique voie chrétienne est celle du pardon-réconciliation » écrivez-vous.

      Eh oui, et c’est ce qui a toujours permis au Magistère d’agir comme il l’a fait : tantôt en suivant l’Evangile, tantôt en ne le suivant pas et jouant alors la carte du pouvoir temporel – ce qu’il n’a pas manqué de faire à maintes occasions. Car pour jouer sur les deux tableaux, l’Eglise s’y connaît.
      (j’entends déjà la ritournelle du « procès d’intention »…)

      Reply
      • Bien sûr, les « Machiavel » d’église ont toujours existé…. et alors …..tous nous souffrons des fautes, des péchés, de l’humanité de l’église. Et nous pouvons travailler à sa sainte amélioration, c’est à dire à sa conversion permanente, sans l »illusion d’une impossible perfection. Mais commençons par nous mêmes et par nos petites o obsessions et manœuvres trop humaines.
        En d’autres temps, la rebellion contre le Magistère fut très compréhensible…. il y eut celle du très orgueilleux Luther qui nous valut un schisme aux tragiques conséquences encore aujourd’hui. Il y eut celle de François d’Assise……Les catholiques « critiques » rêvent d’une église protestante…. qu’ils y aillent !

        Reply
  • Le pardon-reconciliation n’exige pas que le Cardinal soit maintenu dans ses fonctions. Bien d’accord avec vous. J’ai d’ailleurs écrit que son actuel retrait était sage.Et pour l’avenir on verra..
    La question porte ici sur le désarroi, le scandale, et le grave conflit qui, une fois de plus, est ici révélé en l’église de France, par les propos et attitudes des uns et des autres.
    La justice des hommes fait son travail….respectons pour autant que pour un chrétien, c’est honnête, juste, respectable
    Demain, elle enverra peut-être en prison le Père Preynat pour sanction, réparation, protection de la société….il ira en prison, mais en église, cela n’empêche pas de vivre le pardon-réconciliation à son égard, même si cela est délicat et difficile.
    Et c’est là qu’éclatent les désaccords entre chrétiens, révélateurs d’une profonde crise de la foi., et d’un désarroi parfaitement excessif.
    Il faut ici une rare dose d’inculture historique pour ignorer ce qu’a été la vie de l’église dans l’Histoire, et les méfaits et monstruosités de certaines époques.Rien de nouveau ici…le Mal est bien présent à la Vie de l’Eglise, et il l’est d’autant plus qu’il sait qu’aujourd’hui, l’Eglise est son principal et unique adversaire. Aux délires et folies de la modernité, l’Eglise apparait comme la seule force de résistance, intellectuellement et spirituellement solide, d’où une l’importance de la détruire y compris de l’intérieur par des stratégies diaboliques. Aux « Complies » de jadis, la prière commençait par « le diable qui rôde comme un lion rugissant cherchant qui dévorer…. résistez lui, forts dans la Foi »
    Et bien sûr, tout cela a été « modernisé », exit Satan , le péché, la confession…..: « on ira tous au paradis » et « tout le monde il est beau ,tout le monde il est gentil »….prenons nos guitares ! Pour entendre parler de Satan, les braves chrétiens doivent lire Harry Potter ou Le Seigneur des anneaux…..Si les évêques et les catholiques avaient lu et compris Bernanos, ils seraient moins étonnés, et déstabilisés…. tout en restant ^profondément scandalisés de ces nouvelles révélations de la puissance du Mal. Et que faire ?
    Il y a une Justice d’église qui peut aller jusqu’à la réduction à l’état laïc de cardinaux, évêques ou prêtres…. qu’elle fasse son travail !
    Mais l’église du Christ ne peut pas et ne doit pas prêcher aux catholiques, comme annoncer au Monde, autre chose que le pardon-réconciliation,, avec le grand effort intellectuel et spirituel d’en penser et mettre en oeuvre les conditions et la démarche authentique, ce qui est difficile et exigeant.
    Et là malheureusement…..qui le fait, qui l’annonce , qui en est capable ????
    Cela va plus loin et plus haut que de signer des pétitions…que la confusion bien pensante habituelle de certains discours épiscopaux, que l’agitation délirante d’un certain féminisme , ou le bla-bla pseudo intellectuel de gens qui filtrent le moucheron et laissent passer le chameau ou que les émotions cinématographiques ou télévisuelles…..ou

    Les évêques ont mise en oeuvre à Lourdes cette voie du pardon-réconciliation-apaisement.. Poursuivons dans cette voie…. la vie spirituelle, la vie chrétienne est un combat. Aujourd’hui….laissons les morts enterrer les morts, ayons le souci des victimes, attendons les décisions de la Justice des hommes, et travaillons au printemps de l’Eglise , rejoignons dans son monastère la prière du Cardinal Barbarin, comme celle du Pape à Rome, et même peut-être dans sa prison, celle du Père Preynat ! Et au Monde et à ses médias (y compris parfois le journal « La Croix ») …. : Dieu est Dieu, nom de Dieu !

    Reply
    • @Jean Claude, une question me démange : comment parvenez vous à concilier l’idée d’une Eglise UNIVERSELLE avec votre désir d’en envoyer une bonne partie se faire voir chez les protestants ?

      Sur le reste : je suis perplexe face à votre volonté de désigner les modernistes, les féministes et les guitaristes comme responsables de tous les maux.
      Vous posez vous même la question : Qui est a la hauteur du message de l’Évangile ? Par construction : personne (et certainement pas moi). Vous semblez attendre un sauveur qui remettra l’Eglise sur pied… alors qu’il est déjà venu, et qu’il ne reviendra qu’a la fin des temps !

      Reply
  • Un autre cas à méditer

    La justice australienne annule la condamnation d’un évêque
    Mgr Philip Wilson, ancien archevêque d’Adélaïde et ancien président de la conférence épiscopale australienne, avait été condamné à 12 mois de prison en juillet, pour avoir couvert les actes d’un prêtre pédophile.
    Il avait été contraint de démissionner contre sa volonté… et le voilà innocenté…
    https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Monde/justice-australienne-annule-condamnation-dun-eveque-2018-12-06-1200987923

    Reply
  • eh bien moi,que j’étais heureux pendant une semaine à marcher sur le Chemin de St Jacques loin d’Internet et espérant tout de même une évolution de qualité dans nos échange slesquels, hélas pour la grande majorité se limitent à maintenir dans l’ignominie ce pauvre Cardinal lequel effectivement a fait des erreurs tout à fait regrettable je ne le nie aucunement et ai conscience ô combien de l’immense souffrance des victimes de Preynat qu’on laisse bien tout seul dans son coin sans qu’aucun journaliste, autant que je le sache, ne cherche à savoir où ce triste sire se cache
    Bien sûr quand l’intéressé sera jugé seuls une partie des victimes pourra intervenir du fait de la prescription mais rien cependant ne pourra les empêcher d’y faire allusion néanmoins.
    C’est tout de même extraordinaire que le seul auteur de ces crimes ne soit pas encore jugé et que l’on s’acharne sur Mgr Barbarin qui a toujours eu une attitude exemplaire vis à-vis des cas de pédophilie qui lui ont été directement soumis depuis qu’il est Evêque;
    A mes yeux avoir pour ambition première première non pas la condamnation d’un criminel mais de « faire péter un Diocèse » n’a pas grand chose à voir avec l’Evangile

    Reply
  • A Emmanuel,
    Catholique ne peut être interprété que comme universel, parce que la ¨Parole du Dieu unique que l’Eglise a vocation à proclamer s’adresse à tous. Cette perspective est certes eschatologique. Denis Vasse, jésuite et psychanalyste , qui nous manque tant ici; dit que l’Eglise est le lieu de la constante révélation de ce qui se passe dans le monde, : »dans le pouvoir de signifier le pardon aux hommes,l’Eglise est le lieu de la révélation de l’acte unique de Dieu. Il est la Vie qui se donne, dans la naissance, comme dans la création, comme dans la mort. Dans le pardon se révèle le don gracieux de la Vie  » Qu’importe nos étiquettes, souvent fruit de nos imaginaires,, ces paroles s’adressent à TOUS , les protestants y sont invités tout autant que les actuels catholiques .
    Voir Denis Vasse : La vie et les vivants.

    Reply
  • Lu sur le site « Riposte catholique »
    « ves Bot, Docteur en Droit, Ancien procureur général près la cour d’Appel de Paris et Avocat Général à la Cour de Justice de l’Union Européenne, analyse la décision du pape sur le site du diocèse du Mans :

    Il est étonnant de constater combien est incomprise, et par effet de conséquence injustement critiquée, la décision prise par le Pape à l’issue de l’entrevue accordée à Monseigneur Barbarin.

    En réalité, le Saint-Père s’est montré parfaitement respectueux des règles fondamentales du droit pénal tout autant que de l’indépendance de la justice des hommes, française en l’espèce.

    Quelques précisions s’imposent donc afin de clarifier ce débat.

    Tout d’abord, concernant la décision du Pape : Qu’a-t-il exactement décidé ? De refuser la démission de Monseigneur Barbarin ? Pas du tout. De simplement la différer. Jusqu’à quand ? Jusqu’à la décision que doit rendre la Cour d’appel de Lyon, saisie en appel tant par Mgr Barbarin que par le Procureur de la République, laissant le prélat libre de se retirer de la vie publique du diocèse, ce qui, chacun en conviendra de bonne foi, revient à approuver cette décision personnelle du prélat.

    Quel motif la pape invoque-t-il pour justifier sa décision ? Un motif purement juridique tiré du droit pénal laïque, en l’espèce français : la présomption d’innocence. Qu’est-ce à dire ?

    La présomption d’innocence est un droit fondamental reconnu comme tel par les conventions internationales au rang desquelles se situent la convention européenne des droits de l’homme et la charte des droits fondamentaux de l’union européenne. Ce principe est inscrit dans le droit pénal français. Son non-respect est normalement sanctionné par la nullité de la procédure. C’est dire sa force.

    A cet aulne et à son application effective par les juridictions judiciaires est jugé notamment le point de savoir si l’on se trouve ou non en démocratie.

    De ce principe découlent tous les autres qui composent la notion de « procès équitable » ; on ne citera pour ne pas lasser le lecteur que le fait que c’est à l’accusation de prouver la culpabilité, que nul ne peut être obligé de s’accuser soi-même, que l’accusé ne peut être jugé que par une juridiction indépendante du pouvoir politique et bien d’autres conséquences encore dont la liste reviendrait à passer en revue tout notre code pénal en y ajoutant les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme (siégeant à Strasbourg) et la Cour de Justice de l’Union européenne (siégeant à Luxembourg)

    Nous n’ajouterons à cette liste qu’une conséquence : celle que respecte le pape. Quelle est-elle ?

    Elle interdit de reconnaitre comme coupable une personne qui n’a pas été définitivement condamnée par une juridiction judiciaire, conformément à la loi.

    Jusqu’à cette décision définitive, la personne concernée doit bénéficier de toutes les garanties accordées par la loi aux personnes innocentes. Parmi celles-ci : le droit d’être jugé deux fois.

    En conséquence, Mgr BARBARIN, comme tout autre personne poursuivie, doit être considéré par la Justice comme innocent jusqu’à ce que la Cour d’Appel de Lyon ait rendu une décision de condamnation. Alors seulement cessera la présomption d’Innocence.

    Partant, la décision du Pape s’analyse comme le respect de la justice civile et son refus d’intervenir dans une décision de la justice laïque dont il respecte l’indépendance. « Redde Caesari »….

    En effet, il ne prend pas le contrepied du pouvoir laïque, il diffère sa décision jusqu’à ce que cette dernière ait rendu la sienne. Le délai ne dépend que du temps que mettra la Cour d’Appel de Lyon à statuer. Cela relève également de l’indépendance de cette haute juridiction

    A ce stade, l’attitude du Pape devrait être soulignée comme particulièrement remarquable en raison de cet équilibre marqué entre le domaine spirituel et le domaine temporel.

    Reply
    • Une analyse parmi d’autres, ni plus ni moins convaincante. Le pape vient d’accepter la démission d’un évêque chilien qui n’a été condamné par aucun tribunal… Arrêtons ces exégèses « à la con » qui commencent à fatiguer ! Et attendons la suite. Mais il y a fort à parier que c’est là un manque total de visibilité dans les décisions prises que nous allons payer très cher. Sauf que tout le monde à l’air de s’en f…. en « hauts lieux ».

      Reply
  • A lire et méditer in Jean Noel DUMONT Exercices de liberté pqge 29 « La honte et le repentir » ecrit en 2010, Le Collège superieur Lyon
    « Comment faire comprendre alors que les prostituées, les publicains…. et les pedophiles seront sauvés avant les honnêtes gens ? Et pourquoi ? Parce qu’ ils se savent indignes et sans justification devant les hommes; Quand les accusateurs sont partis, Jesus lève enfin les yeux sur la femme adultère. Sur la place brûlée de soleil ou ils se font face, il n’exige ni aveu,ni repentance, et dit seulement : Ne pèche plus »……………
    Comprenne qui pourra

    Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *