Rendre son visage à la France

Rendre son visage à la France

Aucun pouvoir, si légitime soit-il, ne peut ignorer le cri du peuple, quels qu’en soient les excès. 

L’heure ne peut pas être aux règlements de comptes, aux entêtements d’orgueil blessé, aux sordides calculs politiciens. Que nous importe aujourd’hui d’avoir eu raison – ou tort – avant tout le monde et d’extirper de nos archives numériques, à titre de preuve, des « prophéties » qui se trouveraient réalisées ! L’urgence est à l’unité comme condition de la paix civile et du sursaut citoyen. La France a été défigurée par trop de violences. Il nous appartient de lui redonner un visage. 

Je ne suis pas un inconditionnel des « gilets jaunes ». Parmi les revendications entendues sur les médias audiovisuels ou lues sur les réseaux sociaux, trop tenaient d’une simple colère non maîtrisée, parfois irrationnelle, telle la démission du Président de la République. Que certains manifestants, même pacifiques, continuent de se considérer vierges de toute responsabilité vis-à-vis des déchaînements de violence de ce samedi, à Paris et en province, au point d’envisager une possible quatrième mobilisation dans les rues de la capitale le week-end prochain est totalement irresponsable.

Pour autant, je réaffirme ma compréhension d’un mouvement populaire spontané qui, par-delà la question des taxes sur les carburants, voire même du pouvoir d’achat exprime  un profond sentiment d’abandon, d’injustice, de mépris, de désespérance pour soi et les siens. Un sentiment qui détruit le corps et l’âme. De cela nous citoyens d’un pays libre et riche, au regard de la planète, portons collectivement la responsabilité, au travers des dérives que nous n’avons pas su ou pas voulu empêcher depuis plusieurs décennies, sous des gouvernements de gauche comme de droite.

Mais l’urgence est là qui nous tient à la gorge. Et d’abord Emmanuel Macron et son gouvernement, redevables de l’unité du pays et de la paix civile. Cette double exigence prime tout. Qu’importent, momentanément, les critères de “saine gestion“, lorsque le pays est au bord de l’explosion. Ce n’est pas renoncer que suspendre. Ce n’est pas se renier que s’interroger sur la légitimité de son action au moment où elle semble incomprise ou désavouée. Même si cela peut sembler injuste. Même si institutionnellement rien n’y oblige. Même si l’on pense par là compromettre durablement une œuvre de redressement. A chaque jour suffit sa peine ! 

Trois temps se dessinent devant nous qu’il est essentiel de ne pas confondre. Le premier, immédiat, doit être consacré à éteindre l’incendie. Pour rendre « impensable » toute relance de la mobilisation dans les prochains jours. Il appartient au gouvernement de trouver les mots et les gestes qui apaisent parce qu’ils répondront à l’angoisse de nos compatriotes. Fut-elle aussi terre à terre – et respectable – qu’une fin de mois difficile. 

Le deuxième est, en effet, au cours du trimestre qui vient, comme le gouvernement s’y est engagé, de se mettre à l’écoute du pays, à travers ses élus, ses corps intermédiaires, ses citoyens… pour imaginer les voies et moyens d’infléchir et tenter de concilier, dans la justice, des choix économiques et écologiques, ce qui correspond aux attentes de notre peuple. 

Le troisième, inscrit dans le calendrier au jour même de la victoire d’Emmanuel Macron, est de clarifier l’offre politique des différentes formations et partis, dans la perspective des prochaines échéances électorales mais également pour faire vivre la démocratie, au plus près des citoyens, en dehors même de ces rendez-vous institutionnels. Et cela ne se fera, sur tous les bords de l’échiquier politique, que « sous bénéfice d’inventaire » au regard du passé de chacun, en acceptant de donner priorité aux grands défis de ce début de millénaire, en assumant pleinement une légitime diversité démocratique d’opinions et d’analyses mais sans sombrer dans des surenchères idéologiques de chapelles qui nous divisent, nous épuisent, nous paralysent.

Voilà ce qu’en peu de mots et dans l’urgence, la situation présente inspire à un français lambda qui se veut simplement honnête homme, « journaliste, citoyen et catho en liberté ». Oserai-je dire que j’attends d’autres paroles fortes, plus autorisées que la mienne, qui appellent pareillement à l’apaisement.

 

 

31 comments

  • Fin XIX, début XXème, quelles voix ont tenté de crier à l’Europe « casse cou »? J’en discerne trois qui se sont égosillées en pure perte, et il y en eut sans doute d’autres:
    – Bertha Von Suttner publie dans l’empire austro-hongrois en 1889: « a bas les armes », Nobel de la Paix 1905.
    – Le général Hubert Lyautey estime en 1897 que la guerre de 70 fut une guerre civile européenne, il réitère devant ses officiers au Maroc le 8/08/14.
    – Romain Rolland publie « au-dessus de la mêlée » qui fut honoré, malgré les pressions des élites allemandes et françaises, du Nobel de littérature 1915. Il paye encore son courage, … la noblesse des lettres françaises persiste dans son dédain.

    Depuis 50 ans, les principaux indicateurs d’implication citoyenne -adhésion à un syndicat, engagement politique, vote- sont en baisse.
    Surinformées, nos sociétés sont schizophrènes, tant la complexité réelle, l’accélération de la perception du temps, entravent la méditation indispensable à la recherche d’une cohérence personnelle.
    Comment, de ce degré croissant de chaos individuel pourrait-il sortir de la clarté? Comment en appeler à la raison quand les passions dominent, et quand les agitateurs de foules prolifèrent ?

    Francfort va toucher les dividendes du coup de sang de quelques uns, ceux qui a la City hésitaient vont choisir, et ce sera pas Paris. Les industriels qui avaient mi en pause des projets de délocalisations vont appuyer sur « start ».

    Une véritable union européenne, pourrait imposer au monde un plafonnement des salaires (facteur 12). Isolés, chaque pays est prisonnier de règles non écrites sur lesquelles il n’a pas la main. On fait tout pour rien ne soit possible; on casse. Le vieux monde des oppositions coalisées sait que le budget militaire de la Chine équivaut celui des USA et sur une pente montante (8% du PIB chinois), … Chez nous, il n’est pas près de décoller des 1.7% actuels avec des gilets jaunes, et surtout à cause de ceux de « bonne volonté » sans lesquels les casseurs n’auraient pas pu mettre le nez dehors.
    Comprendre, oui, admettre non.

    Merci René.

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  • La Croix a fait il y a plusieurs jours une très belle enquête sur les GJ du 77, zones urbaines, villages, banlieues.
    Je connais bien tous ces coins de mon departement. J’ai reconnu la réalité, le quotidien de tous ces gens méprisés.
    Il est d’autant plus insupportable de voir des casseurs torpiller le mouvement. Blacks blocs, GJ extrémistes variés, et jeunes des banlieues. Tant qu’on n’ose pas le dire, on n’ose pas agir. Ruffin s’en est même vanté, « fraternisant avec les jeunes des quartiers ». …Inquiétant, ça aussi.

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  • Certes, René. Mais cela suffira-t-il ? Cela a des relents de mouvement 5 étoiles non abouti qui gagne aussi la France. Tout en comprenant les raisons d’une colère souvent légitime, où peuvent conduire déchaînements de haine, mots d’ordre contradictoires et complaisantes récupérations irresponsables ? Bruno Frappat dans la Croix du 21 novembre nous rappelle le poids des mots dans ce monde d’hystérisation de la parole.
    https://www.facebook.com/jc.escaffit

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  • « Peu à peu j’ai découvert que la ligne de partage entre le bien et le mal ne sépare ni les Etats ni les classes ni les partis, mais qu’elle traverse le cœur de chaque homme et de tout l’humanité. »
    (Alexandre Soljenitsyne)

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  • Il y a quelque chose dans cet article qui me semble presque infantilisant. Certes il faut bien « gérer la crise », jouer l’apaisement, etc…
    Pour autant comment croire qu’il suffira – voire même qu’il est nécessaire – de s’asseoir tous ensemble pour « se mettre à l’écoute du pays » ?

    Imaginez un peu Jésus débarquant en palestine, il voit l’occupation romaine, des loqueteux grabataires qui traînent de partout. Il prend la parole : « En vérité je vous le dit, il faut que l’on discute avec les romains des conditions d’occupation ! Ensuite nous ferons un « grenelle des changeurs du temple » pour la mise en place d’un moratoire sur l’augmentation des niveau des commissions. Enfin, nous clarifierons l’offre religieuse des sadducéens, des pharisiens et des scribes – ceux la qui vous font porter des charges qu’ils n’effleurent pas du doigt – pour pouvoir construire une religion plus démocratique ! ».

    Jésus est l’élite de l’élite, le roi des rois. Il ne perd pas son temps à blablater. Il n’est pas venu pour être « gentil, apaisant et démocratique » avec les hommes d’il y a 2000 ans, mais pour leur montrer le chemin du royaume, a eux comme à nous aujourd’hui.

    A l’inverse il est frappant de voir à quel point « élites dirigeantes » d’aujourd’hui sont incapable de dessiner un futur désirable ! Certes, elles ne sont pas Jésus, mais comprennent-elle au moins leur rôle ?
    Pire : il ont des objectifs désirables, comme la réduction drastique des carburant fossiles (préservation du climat, pureté de l’air, indépendance énergétique, arrêt du soutient à des régimes moyenâgeux, avantages industriels potentiels) et parviennent à les rendre odieux en pointant du doigt les « gars qui fument des clopes et roulent au diesel ».

    Sauf à vouloir les endormir, je ne pense pas que les gilets jaunes ont besoin qu’on les écoute chouniasser.
    Ils serait probablement nettement plus profitable de tracer un cap clair et désirable dans lequel chacun aurait un rôle à jouer.

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    • Merci pour l’infantilisant. Et j’attends, de votre part, que vous m’expliquiez comment, dans des délais forcément resserrés pour éviter que le feu ne devienne embrasement, on va « tracer un cap clair et désirable dans lequel chacun aurait un rôle à jouer ». Là ce n’est pas de l’infantilisation… peut-être de l’irénisme !

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      • D’ici samedi prochain, il n’y a probablement que 2 solutions :
        A. On arrete tout, on gèle les réformes, Emmanuel Macron vient faire un mea culpa télévisé et termine son quinquennat sans plus rien entreprendre.
        B. Passage en force : les RG traquent les meneurs, on fait débarquer l’armée pour protéger les parisiens et faire sauter les barrages – il y a un côté « état policier » qui est assez « déplaisant » (c’est peu dire)
        Ces deux solutions me semblent aussi absurdes l’une que l’autre, seules les sensibilités personnelles feront pencher d’un côté ou de l’autre.
        Elles sont pourtant « moins pires » que de ne rien faire, Il faudra donc bien choisir l’une ou l’autre, et il faudra le faire en fonction de ce que l’on veut faire ensuite.

        Je suis désolé que le mot « infantilisant » vous ait touché, pour autant je persiste : faute d’un véritable projet commun dans lequel chacun peut agir en tant que personne, il y aura de la frustration.
        Toutes les explications, les baisses de taxes, les temps d’écoute, les « clarifications de la démocratie » ne peuvent rien contre une absence de cap, j’ose presque dire contre « une absence d’espérance ».

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        • Comme vous dites, ce serait absurde D’autres formules existent, heureusement. par exemple:
          – Le Pt demande au gvt, demain (après rencontre des chefs de parti et de GJ … s’il en vient!) un projet qui révise la répartition de la charge jugée nécessaire pour rester fidèle au mandat reçu l’an dernier.
          – Il s’en explique directement devant les français, Un pied sur l’Olympe, l’autre au sol, il remercie les GJ « bons enfants » d’avoir été des lanceurs d’alertes déterminés.
          – Dans quinze jours, le Gvt dépose un projet de loi rectificative quant à cette répartition … ou démissionne. …
          – La loi adoptée, … les français sauront quels partis rejettent et quels partis admettent que des choix rudes sont indispensables,

          Il n’empêche que la désaffection citoyenne est grave, qu’elle devrait interpeler entre autre les religions. Il est plus commode de parler du temps de Jésus que de l’assassinat d’Étienne Marcel … par ceux qui l’avaient élu!
          Le mouvement GJ est-il manipulé ? A l’origine non, ensuite, … il est clair, sans preuves, que oui. La peur qu’expriment des GJ mérite réflexion, … utiliser les tendances de certains à la violence mafieuse en politique, en syndicalisme, en religion, n’est pas nouveau.

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          • @Jean-Pierre : c’est effectivement une manière de présenter les choses plus policée que je l’ai fait, mais le résultat me semble assez proche : la réforme sera enterrée, et toutes les autres avec.

            La désaffection citoyenne est effectivement grave, elle devrait effectivement interpeller les religions, les catholiques pour ce qui nous concerne. Peut-être qu’elle y parviendrait si nous n’étions pas confronté exactement à la même désaffection dans nos églises 😉

            Je suis sincèrement désolé d’avoir froissé René en parlant de quelque chose « d’infantilisant ». Nouvelle tentative d’expliquer ce que j’entend par la :
            – Quand un petit enfant souffre dans une famille, on l’écoute, on essaye de clarifier les choses. Le but plus ou moins conscient est en quelque sorte de lui faire accepter et apprécier une place qu’on lui a préparé
            – Quand un adulte souffre – par exemple dans son travail – la logique est de lui présenter des caps possibles pour qu’il puisse par lui même trouver la ou il sera mieux. Il faut lui permettre de se créer une place quelque part – potentiellement ailleurs.

            La frontière peut sembler mince, mais la démarche est bien différente. Je pense que la première démarche est infantilisante, la seconde est « humanisante » (j’oserai presque dire « personnaliste » – sans certitude sur le sens exact du mot dans ce contexte).

            Le problème est actuellement le même dans l’Eglise, typiquement pour l’homosexualité : le pape François essaye de faire une place aux homosexuels, il dit qu’il faut les entendre, tout en continuant « en même temps » dans la droite doctrine de ses prédécesseurs. Cela ne peut pas fonctionner. C’est en fixant un cap que l’on peut surmonter ce type de problèmes : quel est le cap du gouvernement (par exemple : « Faire sortir la France des énergies fossiles ») ? Et pareillement, quelle est la mission de l’Eglise (par ex : Mt28:19) ?

          • Je n’entends pas polémiquer. Je trouve simplement que vous ne m’avez pas lu. Lorsqu’il s’agit d’éteindre l’incendie, ce n’est pas le moment de redéfinir des stratégies de défense civile et de protection des biens, même si on estime qu’elles ont été mal ficelées dans le passé. Trouver que mobiliser les moyens dont on dispose est infantile… me semble à son tour infantile. Redessiner un projet commun, une stratégie mieux adpatée, ne peut survenir que lorsque le feu est éteint. A moins de voulor faire « table rase » du passé… bref, la politique du pire ! Hélas, on connaît !

          • Emmanuel, vous avez une bien curieuse conception de l’éducation si vous considérez que la démarche est « infantilisante » avec les enfants et « humanisante » avec les adultes !
            Vraiment ? Vous ne croyez pas que la démarche éducative doit être humanisante aussi pour les enfants !

          • « Vraiment ? Vous ne croyez pas que la démarche éducative doit être humanisante aussi pour les enfants ! »

            Mon propos portait plutôt sur le mode d’accompagnement face à une situation de souffrance.
            Concernant la démarche éducative, toute la difficulté de parents est de trouver le niveau juste entre ce qui est adapté à un tout petit : on décide pour lui (un nourrisson n’a d’ailleurs même pas la capacité motrice de choisir ou aller) jusqu’à se contenter d’apporter juste un soutien subtil dans certaines décisions (je suis adulte, j’ai des enfants, pourtant aujourd’hui encore je peux discuter avec mes parents de certaines décisions qui me concernent). Il y a toute une gamme de gris entre les deux, l’adolescence étant souvent la période la plus délicate : s’adresser à un enfant comme à un adulte est dangereux (il n’a pas les capacités de prendre certaines décisions), s’adresser à un adulte comme à un enfant est tout autant dangereux, cela va générer de la frustration (A lire notamment sur le sujet : « Que dites vous après avoir dit bonjour » du Pr. Eric Berne qui pose les bases de l’analyse transactionnelle – c’est un pavé passionnant).

            Au passage : il me semble l’institution ecclésiale piétine faute de parvenir à articuler ce cap d’une relation « parent-enfant » à une relation « adulte-adulte » (ce n’est pas que moi qui le dit, j’ai vu passer un article dans lequel un évêque déplorait que, dans l’Eglise, les laïcs soient traités comme s’ils étaient « mineurs »).

            Le piège dans cette situation, c’est de croire que le problème de la relation « parent-enfant » vient de ce que les parents se trompent. Alors on se dit qu’en créant des commissions, en écoutant des « corps intermédiaires », en impliquant + les enfants (dans l’Eglise : les laïcs) dans les décisions, cela fonctionnera mieux. Dans une sorte de « démocratisme » on espère qu’une vérité va émerger et qu’elle plaira à tous. C’est contre cette idée que je m’inscris, autant dans la société que dans l’Eglise.

            L’idée que je défends, c’est qu’en établissant un cap (l’exemple typique est : « La grandeur et l’indépendance de la France » – on peut en trouver d’autres moins datés) on permet à chacun d’apporter sa pierre à l’édifice. On sort de la relation « Adultes qui expliquent à des enfants ce qu’ils doivent faire et comment le faire », pour entrer dans une relation « Adultes qui cherchent à atteindre un but, chacun avec les moyens qu’il a, et éventuellement en demandant l’aide des autres ».

            En espérant que tout cela contribue a clarifier un peu ma position.

          • Mon objection personnelle ne porte pas sur le fond de votre propos mais sur son calendrier. Définir un cap susceptible de faire consensus demande du temps, sauf à présupposer qu’il suffise de l’imposer, tel qu’on le sent ou l’imagine,… au nom de quelle vérité infuse ? D’où ma proposition – infantile à vos yeux – de différencier dans le temps que nous vivons : court, moyen et long terme.

  • René : Il faut certes distinguer les temps – et je vous accorde bien volontiers qu’il est illusoire de faire venir Emmanuel Macron au 20h00 ce soir pour lui faire dire : « Arretez tout ! En fait j’ai de grandes ambitions : nous allons tous ensemble conjuguer fraternellement nos efforts pour construire une France plus verte ! ». ça sonnerait faux, et ce serait inutile.

    En revanche, je pense qu’il nous appartient dès maintenant de réfléchir au cap à prendre !
    C’est précisément pendant la révolte qu’il faut prendre les bons virages et éviter d’aller s’enliser sur ce qui me semble être une voie de garage. La paix depuis 1945 repose notamment sur ce qui a été préparé pendant la guerre, au moment où il pouvait sembler plus important de se battre.

    Pour ce qui concerne votre proposition : il est effectivement de bon sens d’appeler à l’apaisement, c’est la manière qui me semble non pas « infantile » mais « infantilisante » (pour les raisons que j’ai très maladroitement tenté d’exposer). L’appel à l’apaisement de la part de personnes « autorisées » me semble illusoire : précisément, les GJ ne reconnaissent pas ou plus l’autorité de ces personnes, dont ils estiment – je pense à raison – qu’ils les considèrent comme des enfants.

    Pour élargir la question du cap : les américains ont élu Trump contre l’avis des médias, non pas pour son intelligence, mais pour l’idée « Make America great again » et sa capacité à y intégrer une majorité d’américains. Idem pour le Brexit, qui s’est voté contre les médias, contre les « élites », contre la logique élémentaire, mais voté quand même parce qu’il a donné à une majorité d’anglais l’impression qu’ils allaient être + libres de leur destin. Je ne loue ni l’un ni l’autre, mais je constate qu’ils ont réussi à porter leur projet.

    Est-ce que l’on veut vraiment continuer de laisser à des Trump ou des Farage piloter, faute de pouvoir nous aussi proposer des avenirs enviables ? Ce qui me préoccupe n’est pas tant les émeutes que ce qui va venir après.

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    • Oui Emmanuel, mais si les personnes « autorisées » sont disqualifiées pour appeler à l’apaisement qui ? Et si personne… faut-il se résigner au chaos ? J’avoue que pour moi cette inquiétude l’emporte, dans l’immédiat, sur une réflexion de fond dont l’urgence ne m’échappe pas mais qui constituait le point trois dans ma chronologie…

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      • C’est ce qui me faisait dire qu’il y a 2 options à court terme : « marche arrière toute » ou bien « passage en force » (=des morts – ce n’est évidement pas souhaitable).

        Le gouvernement a pour l’instant simplement choisi de débrayer, la machine est en roue libre, nous saurons samedi si c’est suffisant (je ne suis pas convaincu, j’espère avoir tort). J’ai tout de même le sentiment que la situation va finir par se normaliser.

        J’aurais tout de même imaginé Emmanuel Macron capable d’un équivalent de la « fuite à Baden Baden ». Un « coup de poker », une folie qui aurait réussit ou raté, mais qui l’aurait montré prêt à prendre de vrais risques, qui lui aurait donné une « saveur », montré plus humain.

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  • Sourire désespéré à la lecture des désidératas de la FNSEA et des JA ce matin: insouciance, incompétence, machiavélisme, égoïsme?!
    Souhaiter une liberté des prix mieux encadrée serait légitime si cette demande n’entrait pas en conflit frontal avec celle du le pouvoir d’achat des GJ. Comme dit C. Guilluy, les GJ représentent la « classe moyenne » (1000 à 2200 €/mois, médiane 1700 … smic rêvé par la sage CFDT). Or, il n’y a pas plus classe moyenne , donc GJ, que nos agriculteurs (1250 €/mois moyen).
    Ainsi, FNSEA et JA entrent en conflit frontal avec eux-même. Ils biaisant, … Une contradiction de plus à un inventaire fournis et toujours incomplet.

    Votre vœu, Emmanuel « trouver un cap » omet que le cap (un ne veut rien dire!) a été adopté pour 5 ans en mai 2017: 1/ « réduire nos déficits », 2/ « faire des choix: … », 3/ »renouer avec l’excellence des services publics », 4/ « investir pour transformer » (page 33 et dernière du « programme » du candidat Macron).
    Au hors bord et au pédalo, les français ont dit « assez! » mais aujourd’hui, hors bord, pédalo, frondeurs, insoumis, et tous extrémistes surfent sur les GJ pour rejouer le match alors qu’il faut, la calme revenu, revoir la répartition des efforts. Nous avons trois assemblées d’élus pour cela; la politique des députés, celle des territoires le sénat, celle de la société civile le CESE. Et, s’ils le veulent, les députés peuvent tenter de virer le gouvernement.
    Le reste est baratin, révolution, ou sédition.
    Ces sages élus -quand ils ne surjouent pas posture voire imposture- savent la différence entre souhaité et possible, savent que, depuis mai 2017, vous le signalez, des élections aux USA et ailleurs* ont mis la planète en surtension au point que le pb « UE dépenses militaires » occupe une place qu’il n’avait pas alors, … Avec les GJ, il est à craindre que l’objectif 2% cher au Gl de Villiers doive être abandonné et aussi la perspective d’une défense européenne qui allègerait un peu le sac que porte les français. Répartir les charges nécessitera aussi de prendre en compte cela alors que l’hémorragie -déjà plusieurs milliards- certains font tout pour qu’elle continue, pendant qu’à la City on hésite de moins en moins entre Paris et Francfort, …
    Dans le Titanic, le bal des faux culs bat son plein.

    * La part déterminante de courants religieux chrétiens ne va pas sans me poser pb! Mais ce n’est pas le sujet.

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    • Je pense nécessaire de préciser ce que j’entend par « un cap ». Pour moi, un cap, c’est une direction dans laquelle un navire souhaite aller.
      Un cap ne présage ni d’ou on arrivera réellement (Colomb pensait avoir mis le cap sur les indes), ni des moyens à employer pour y parvenir (qui sont du ressort du stratégique => tactique => opérationnel).
      « Réduire les déficit » n’est en rien un cap ! Pas plus que pour une personne « gagner de l’argent » ou même « se désendetter » ne sont des caps ! Les uns comme les autres sont des moyens.
      « Investir pour transformer » est peut-être le pire de tous : pour transformer quoi, dans quelle direction ? Pour transformer la France en paradis vert, pour la transformer en superpuissance spatiale ?

      Pour un Chrétien, le cap est évident (ou devrait l’être) : c’est Jésus. C’est à dire qu’il devrait se trouver en sous-jacent de tout acte d’un Chrétien une volonté de marcher à sa suite. Cela échoue parfois (voire souvent), cela peut prendre des formes très variées selon les états de vie des uns et des autres. L’importance du cap c’est qu’il donne une cohésion au tout (voir 1Co13 qui détaille très bien à quel point on peut être plein de qualités, mais n’être rien). Avec un cap, chacun peut voir ses efforts, les comparer à ceux des autres, et voir combien chacun contribue à ce que l’on approche du but. C’est parfois difficile de constater que l’on travaillle plus dur que d’autres, mais il est bon d’avoir au moins la satisfaction d’avancer tous dans la même direction.

      Ce qui se passe à l’inverse aujourd’hui faute d’un cap commun, c’est que chacun prend le sien. Les uns voudraient une France au bilan carbone irréprochable, les autres voudraient la réduction des déficits, d’autres encore voudraient du pouvoir d’achat en plus. C’est doublement problématique : non seulement on constate que les efforts sont inéquitablement répartis, mais en plus on s’aperçoit qu’une partie du pays éloigne l’autre de la ou il voudrait aller !

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      • Il me semble difficile d’imposer un « cap chrétien » dans une société qui ne l’est pas, ou plus ! En revanche il me semble y avoir un accord tacite sur les deux objections de protection de la planète et donc de révolution écologique ET de justice sociale. Ce que le pape François appelle écologie intégrale. Mettons-nous déjà explicitement d’accord sur ce cap-là. Sachant qu’il ne supprimera pas les querelles sur les moyens d’y parvenir : quelle économie ? avec croissance ou sans croissance ? ….

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        • Le sujet porte sur l’actualité de la République laïque.
          Emmanuel évoque à ce sujet, « le cap » sans préciser. je précise que ce cap( actuel de la république laïque) vient d’être fixé pour un mandat …
          Il dit c’est pas ça, et change de sujet.
          Son sujet est, j’en suis d’accord, « la société chrétienne … ». Pour que cela ait du sens, il faudrait préciser ce qu’est une société chrétienne, où et quand il en aurait existé, en quoi la société actuelle ne serait plus chrétienne.
          Mais tout cela est un autre sujet.

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  • « …en quoi la société actuelle ne serait plus chrétienne?… »
    « …5 Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu… »
    « …6 Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit… »
    (Jean 3,1-21)
    Nous avons la mémoire courte d’un tweet …pouvons-nous remonter un peu en arrière et réécouter les c…ries haineuses qui ont été déversées par les « médias », les politiciens… pendant la campagne électorale présidentielle, avec une violence et une mauvaise foi qui n’a d’égale que celle que nous vivons en ce moment, et qui se continuent en sourdine depuis sans sursis. Après les lynchages qui ont complètement scotomisé les vrais problèmes et des débats possibles sur des solutions viables, j’avais été, avec beaucoup, séduit par le comportement du président (retour d’un cap, d’une espérance, exclusion des huées pendant les réunions…). J’ai pensé qu’un ensemble de bonne volonté, tous partis confondus, pouvait enfin amorcer des solutions viables à nos problèmes, que l’on pourrait enfin sortir de la culture de l’affrontement, du vidéo-combat guerrier infantile, au profit de débat seul générateur de consensus et d’unité ; mais il semble que les « vieux démons » de la France, comme le soulignait le Général, nous submergent à nouveau, avec leur cortège de misère, de faux-jetons, de journaleux serviles, de laxisme…et ce d’autant plus que ce président dit assumer ses choix, ce qui est courageux pour un responsable actuellement. Certes, au début ses choix étaient ceux de Nicolas Hulot ; Mais celui-ci a pris la mesure du désastre induit par une fiscalité écologique génératrice de chômage et de pauvreté, et il a honteusement jeté l’éponge ; il aurait dû penser que les fins de mois sont plus importantes que la fin du monde. Bien sûr que « …Ce n’est pas se renier que s’interroger sur la légitimité de son action au moment où elle semble incomprise ou désavouée… » ; Certes, j’aurais préféré une évaluation concertée, un peu moins technocratique, par exemple gérée par le parlement! En l’absence de cette évaluation, le président a été contré par des gens, médias en tête, qui n’ont rien à proposer d’autre que des réponses caduques et déjà responsables pour de multiples raisons de la situation actuelle. Je crois que l’Homme n’est pas aussi stupide qu’on veut bien le laisser entendre, et Il n’a pas forcément besoin qu’on Lui impose quoi penser, quoi faire ! Si une action n’est pas comprise, c’est que les médias ou ceux qui étaient chargé de la promouvoir ne sont pas à la hauteur.
    « …Alors cette femme recevait cette aumône, évidemment, puisqu’elle ne pouvait pas faire autrement, mais elle en éprouvait une très légitime révolte et c’est elle qui me disait ce mot magnifique:  » La grande douleur des pauvres, c’est que personne n’a besoin de leur amitié.  » Elle sentait qu’il y avait en elle une dignité qui était constamment méconnue et elle commentait ce mot magnifique :  » la grande douleur des pauvres, c’est que personne n’a besoin de leur amitié, en me disant :  » On vient chez nous quand nous allons mourir de faim, on ne veut tout de même pas avoir sur la conscience de nous laisser crever, mais personne ne s’arrête chez nous : on s’assied sur le bord d’une chaise, pressé de partir. Personne ne croit que, nous, les pauvres, nous avons quelque chose à donner  » … » (in conférence au Carmel de La Sainte Famille exilée Matarieh ( Le Caire ) mai/juin 1967, Maurice Zundel)

    Serait-ce cela le vrai Cap Chrétien ?

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    • Je ne suis pas sûr de m’accorder totalement avec votre analyse.

      Vous écrivez : « ce dernier a pris la mesure du désastre induit par une fiscalité écologique génératrice de chômage et de pauvreté, et il a honteusement jeté l’éponge ». Je ne suis pas sûr de compendre si vous parlez de Nicolas Hulot ou d’Emmanuel Macron. Mais peu importe : ce que je conteste est l’idée d’une fiscalité écologique génératrice de chômage et de pauvreté. C’est notre système économique qui induit chômage et pauvreté, ou alors, s’agissant de la fiscalité écologique, sa mauvaise application mais non son principe. Utilisons la manne qu’elle représente pour financer par exemple l’isolement des logements et elle deviendra créatrice d’emplois car ce sont là des emplois qu’on ne peut externaliser…

      Autre désaccord lorsque vous écrivez : « Si une action n’est pas comprise, c’est que les médias ou ceux qui étaient chargé de la promouvoir ne sont pas à la hauteur. » Ce peut être vrai comme ce peut être faux. Si une action n’est pas comprise et acceptée, c’est parfois tout simplement qu’elle est mauvaise. Les médias ont le dos large !

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  • J’ai vu « l’émission politique » sur FR2 avec Nicolas Hulot. J’aime bien les hommes de conviction ; et, comme je crois l’avoir souligné par ailleurs, J’ai bien aimé sa formule « arrêtons de nous mentir »
    Si j’ai bien compris, il me semble qu’il ressort de cette émission plusieurs idées choc :
    – Il dit avoir été séduit par la démarche d’Emanuel Macron
    – Il dit assumer la taxe Carbone
    – J’ai cru comprendre en regardant d’autres émissions qu’il avait engagé des actions en commun avec d’autres ministères.
    – Il regrette l’absence de mesures d’accompagnement due, dit-il, à des contraintes budgétaires. Et à la réflexion, il me semble que c’est là où le bât le blesse. Ces mesures, prises en temps voulu, auraient sans doute peut-être minimisé, voire évité la chienlit actuelle.
    « Fiscalité écologique génératrice de chômage et de pauvreté. »?…Il suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles :
    A Brest un chef d’entreprise BTP de 16 salariés nous révèle que la taxation de son fuel va lui coûter 70.000 € par an et qu’il ne pourra pas l’assumer.
    Je ne parle pas, évidement de tous ceux qui sont obligé d’utiliser leur voiture pour se rendre à leur travail… à l’hôpital lointain voir un membre de leur famille…
    Je suis retraité et paie sans grogner mon écot à la nation mais je suis obligé de limiter mes déplacements extra urbains…Je ne me plaints pas, il y a plus malheureux que moi. Quant aux travaux parfois nécessaires sur notre maison…
    Nos enfants nous ont payé un voyage à Paris. Nous nous y sommes rendus en taxi diesel. Le chauffeur de taxi m’a dit qu’il pouvait rouler dans Paris en cas de pic de pollution, mais pas l’artisan conduisant une camionnette diesel nous précédant… Je ne sais pas si cela a été corrigé depuis. Ce serait une bonne mesure d’accompagnement à laquelle il eut été préférable de penser plus tôt.
    Et je ne parle pas du Glyphosate, éventuellement cancérigène, dont la suppression, peut être justifiée, perturbe le travail et les finances de quelques exploitations agricoles (problème évoquée dans l’émission citée plus haut.
    Ce sont de nombreuses micro mesures qui agacent, et ne sont pas toujours correctement expliquées, et en tous cas, jamais évaluées par la suite.
    Il me semble qu’en France et dans le monde, on soit plus préoccupé des fins de mois que de la fin du monde. En outre, les grandes puissances exportatrices de pétrole se moquent bien du réchauffement climatique. A la question de savoir quelle était l’influence humaine sur le taux de CO², le président américain a répondu : »few ». Le brexit, l’éviction d’Angela Merkel et l’affaiblissement d’E.Macron, vont faire de l’Europe un marché unique mais dépendant…Astérix n’est pas toujours gagnant et l’écologie, certainement pas. C’est dommage. Au fait, on l’a toujours, notre place au conseil de sécurité ?
    Sic transit gloria mundi

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  • Bien d’accord avec vous Maxime Jean. Si c’était facile, y a longtemps que droite, gauche, communisme, fascismes, auraient trouvé la martingale du vivre ensemble.

    L’indécis N. Hulot * est inapte aux responsabilité … EM a fait une erreur de casting en privilégiant sa popularité sur la compétence.
    Sur le fond, l’énergie (puissance) est depuis toujours le premier souci matériel (avec l’eau) des groupes humains. Aujourd’hui, nos technologies « magiques » à base de batteries, d’aimants,d’écrans … ne marchent pas au carbone mais aux métaux rares dont la consommation mondiale est sur une pente de 8% l’an. Ces trésors sont partout, mais en quantités infinitésimales (ppm) … Il faut donc extraire, broyer, cribler, laver (pas qu’à l’eau), chauffer,, … 1000 tonnes pour avoir quelques kg, et, sur terre, on sacrifie des humains et des enfants à notre bien être, à nos fins de mois. Ainsi, taxer le carbone est très simpliste au regard de notre addiction à l’énergie, … et alors que le XXIème siècle est en passe d’être celui de l’exploitation des astéroïdes **.

    Alors, on fait quoi, en évitant trop de gnose?
    1/ On attend Godot? Attendre d’un fumeux « cap » kto écolo des miracles!
    2/ On sort par le « haut »? Fuite en avant, pratique constante jusqu’ici de l’humanité, business as usual!
    3/ Retour aux fondamentaux? Small is beautiful,ça’m suffit, chacun cultive son jardin, c’est retour à pas plus de 500 millions, vivant en moyenne 50 ans, … régulés par les épidémies, les cataclysme, les guerres à l’arme blanche comme disait Tertullien, et aussi Cousteau!

    C’est la solution 2/ qui est pratiquée partout sans le dire. Ce non dit hypocrite nourrit la colère, au moins autant que la répartition des efforts. Sans ce choix, pas de fin de mois et donc les GJ à demi conscients réclament le beurre l’argent du beurre, … rien de nouveau au fond, les GJ espèrent des miracles.

    * http://premium.lefigaro.fr/politique/2016/05/13/01002-20160513ARTFIG00086-l-hesitation-permanente-de-nicolas-hulot.php
    https://www.lepoint.fr/politique/quand-nicolas-hulot-voulait-emmanuel-macron-comme-premier-ministre-31-08-2018-2247335_20.php
    ** http://www.slate.fr/story/169512/espace-asteroides-exploitation-miniere-metaux-precieux-terres-rares

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      • Si quelqu’un avait une réponse politiquement acceptable pour tous, cela se saurait.
        L’alternative simpliste est, soit as usual soit frugalité, … donc forcément un entre deux.
        Nous savons que tjs la société a choisi l’aventure risquée de la vie dont il faut apprécier atouts et dangers, et aussi qu’il ne faut pas mettre « les gens » face à une alternative folle, comme celle des écolos: pas de nucléaire, pas d’énergie et de chauffage carboné, et tout métaux rares (on traduira aisément pour ce qui est de la nature, l’agriculture, la nourriture).
        Il faudrait progresser dans la durabilité des biens, n’user de l’obsolescence -programmée, règlementaire, fiscale par bonus malus- qu’avec modération.
        Le diesel a progressé, plus qu’on ne sous-entend quand sont évoquées les dizaines de milliers de vie écourtées par an, … Pour le chauffage, des équipements collectifs carbonés (charbon, fuel lourd, gaz, bois) ont été subventionné et aussi dans l’individuel (bois, chaudière à condensation) qu’il convient de rentabiliser et amortir.
        Le nucléaire est peu dangereux et indispensable, pour encore des décennies. Terres rares:
        – Apprenons à maîtriser les pollutions notamment radioactives *,
        – progressons dans notre aptitude à recycler en vrai (on ne sait rien faire de sérieux actuellement),
        – progressons dans la connaissance de l’économie comparée de ces technologie récentes comparées à celles qu’on connait mieux. La tendance aventureuse a tjs minimisé les menaces de l’inconnu (demain ce sera moins cher, moins polluant …) et grossit celles du connu, … c’est là un moteur puissant.
        Ce n’est pas en salissant ce qui marche et en présentant ce qu’on connait mal comme miraculeux que la confiance pourra être rétablie.

        * L’usine de La Rochelle a produit 50% des métaux rares de la planète jusque vers 1990, … la faible radioactivité a conduit à sa fermeture … pareil aux USA, … aujourd’hui, les pollutions sont chez les autres, et les émissions de GES associées sont comptabilisées par pays qui produit, …. le vente à un autre pays n’emporte pas le transfert des émissions correspondantes. Que les dés sont pipés, tout le monde la sait, … entre autres les membres de l’académie pontificale des sciences!

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  • Ce matin, nous sommes, ma femme et moi allés à la messe de l’aumônerie hospitalière. Belle cérémonie, bien organisée, avec son rang de fauteuils roulants. Les patients, venant d’un service de personnes âgées suivaient silencieusement l’office, sauf l’une d’entre elles, manifestement atteinte d’une logorrhée incoercible. La personne l’accompagnant s’évertuait à lui demander le silence, mais en vain. Elle a dû être rétrogradée vers ma chaise, sans que cela influe sur sa logorrhée. Dans un premier temps, je l’ai écoutée, puis mon épouse a pris le relai. Nous apprîmes ainsi qu’elle disait son regret d’avoir été « méchante » et avoir fait du mal à beaucoup de monde, qu’elle disait que Dieu était miséricordieux, qu’elle demandait pardon. Un homme, peut-être moins patient que les autres s’insurgeât à plusieurs reprises contre ce bruit, si bien que cette femme fut évacuée juste après la bénédiction finale. « Pourquoi fait-vous sortir le Christ ? » Ai-je demandé à son accompagnante qui me regarda d’un air abasourdi ! Pas de réponse, ni de réaction de la part de fidèles qui venaient sans doute d’entendre que dans l’homélie, il était question de conversion, d’Amour…Non, la solution acceptée, conforme à la règle, était en fait une solution d’exclusion ; Serait-ce la culture du rejet dénoncée par le pape François…En quittant la chapelle, cette femme a dit : » Ah, vous me ramenez…au revoir et merci mon père, Au revoir… ». D’accord, pas de mélo…mais la bonne organisation de cette messe, puisque cette femme y avait été admise, n’aurait-elle pas pu inclure sa demande de pardon, car malgré ses atteintes cérébrales elle avait suffisamment eu de présence d’esprit pour dire merci ?
    « … la grande douleur des pauvres, c’est que personne n’a besoin de leur amitié, en me disant :  » On vient chez nous quand nous allons mourir de faim, on ne veut tout de même pas avoir sur la conscience de nous laisser crever, mais personne ne s’arrête chez nous : on s’assied sur le bord d’une chaise, pressé de partir. Personne ne croit que, nous, les pauvres, nous avons quelque chose à donner  » … » (in conférence au Carmel de La Sainte Famille exilée Matarieh (Le Caire ) mai/juin 1967, Maurice Zundel)
    Cette femme, nous ne l’avons pas écoutée, et de ce fait, nous avons rendu cette messe caduque, puisqu’un Membre du Corps Mystique avait été exclu sans raison valable.
    A la lecture de tous les posts ci-dessus, ayant écouté les commentateurs sur les ondes, tétanisés par les récupérations malveillantes de ce mouvement, et qui vendaient une soupe populaire génératrice d’audimat, je me pose la question de savoir si nous avons vraiment écouté tous ces gilets jaune ?
    Je reçois par la poste et par mail d’alléchantes propositions de remises pour des objets pour lesquels je ne peux pas isoler le premier centime en vue d’un achat… Alors si j’en suis là, moi qui peux encore joindre les deux bouts, que dire de ceux pour qui cela n’est même pas envisageable! Même raisonnement pour les primes en vue de l’isolation, du chauffage. Ah, au fait, Orange nous a installé la fibre quasiment gratuitement…Ne pourrait-on pas, plutôt que de taxer le gasoil, puisque c’est si urgent, pour ceux qui ne peuvent pas se passer de leur véhicule, échanger, remplacer ce véhicule diesel par un véhicule électrique ou hybride dans un premier temps? Parce que j’ai l’impression que de tergiverser va nous couter bien plus cher !

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