Réplique à l’abbé Grosjean

Dans une interview à  la Viel’abbé Pierre-Hervé Grosjean nous explique, en toute charité chrétienne et communion fraternelle, que la jeune génération catholique est en train de tirer un trait définitif sur les chrétiens honteux que nous avons été. 

 

 

Quenelle

Je n’avais pas prévu de reprendre l’écriture de ce blogue avant mon retour en région parisienne. Non que l’été ne m’ait offert, hélas, une actualité tragique qui eût justifié tel ou tel commentaire. Mais que dire de très original sur le martyre des minorités chrétiennes ou non-chrétiennes, victimes de la barbarie islamiste au Proche Orient, que dire de plus sur l’interminable conflit armé entre Israël et le peuple Palestinien ? J’ai fait, à chaque fois, ce qu’en conscience je croyais devoir faire pour manifester ma solidarité. Point ! Et que l’on m’excuse de n’avoir pas signé, ici ou là, telle ou telle pétition. Pour ce qui me concerne, je n’ai pas le cœur à plaider l’envoi de troupes françaises au contact d’hommes sans foi ni loi qui égorgent et décapitent leurs prisonniers !

 

Reste à aborder le motif de ma sortie du mutisme. J’ai pris l’habitude, sur ce blogue qui n’a pas vocation à aborder tous les sujets, de commenter l’actualité qui concerne mon Eglise et ses relations avec la société dans laquelle nous vivons. Sujet facilement polémique et passionnel comme l’on sait. Il se trouve que je viens de lire, sur le site de la Vie, l’interview accordée à mon confrère Henrik Lindell par le Père Pierre-Hervé Grosjean qu’il n’est plus besoin de présenter aux familiers de la catosphère. Et cela à propos de la tenue à Fontainebleau, d’une session de formation à l’engagement politique de 200 jeunes chrétiens de 20 à 25 ans. D’autres initiatives similaires existent, qu’évoque par ailleurs le journaliste de la Vie, notamment à l’initiative du Ceras des pères Jésuites ou des Semaines sociales de France. Et pour ma part, je ne puis que m’en féliciter.

 

De jeunes catholiques… entre tradis et charismatiques

 

En revanche, ce sont les commentaires du père Grosjean qui, pour le coup, appellent… à réagir. Que ces jeunes, tels qu’il les dépeint et l’explique, se recrutent majoritairement parmi les mouvements scouts (on imagine qu’il s’agit ici des Scouts d’Europe…) et plus précisément dans le milieu étudiant ayant pris une part active aux Manifs pour tous et aux rassemblements ultérieurs des Veilleurs n’est pas une réelle surprise et ne représente pas un problème en soi. Pas même le fait qu’il les situe ecclésialement comme se baladant quelque part «entre tradis et charismatiques». 

 

Non, une fois de plus, car le père Grosjean est sur ce point multi-récidiviste, l’insupportable, est cette prétention à nous présenter cette «jeunesse-là» comme la seule cohérente avec sa foi, ce type d’engagement comme le seul compatible avec l’enseignement des papes et les exigences de l’Evangile ; ce qui l’autorise, au passage, une fois de plus, à ringardiser les générations «aînées». Admirez l’élégance d’analyse : «Le vrai clivage n’est pas entre tradis et charismatiques mais entre ceux qui prennent le tournant du christianisme identifié et décomplexé et ceux qui restent dans l’Eglise des années 80 où il faut s’excuser d’être chrétien.» 

 

Je suis, et d’autres avec moi, de cette Eglise des années 80 et, n’en déplaise au père Grosjean qui parle ici de ce qu’il n’a pas vécu, je ne me suis jamais excusé d’être chrétien.   Si j’ai fait le choix d’une carrière dans la presse catholique c’est parce que j’y voyais un moyen d’être cohérent avec ma foi. Et je ne pense pas que Jean Boissonnat, Noël Copin, Jacques Duquesne, Bruno Frappat pour évoquer quelques confrères journalistes ou, aujourd’hui François Soulage et Guy Aurenche dans le secteur de l’action caritative, aient jamais été des catholiques honteux.

 

Un catholique conséquent descend dans la rue défendre la famille

 

Mais lorsque l’abbé Grosjean poursuit : «Les catholiques pratiquants qui pensent que leur engagement est basé sur leur foi sont ceux qui sont descendus dans la rue l’an dernier.», le loup sort du bois. Que ceux des chrétiens qui se battent sur les fronts du chômage, du mal-logement, de l’exclusion, de l’immigration, de la pauvreté, de la solidarité avec le Tiers monde et interpellent en ce sens la classe politique ou s’engagent eux-même en politique aillent se rhabiller. Ce ne sont que des chrétiens «complexés», adeptes de «l’enfouissement» qui, semble-t-il, n’est plus au goût du jour (1). Les «décomplexés», eux, les seuls vrais se recrutent exclusivement parmi les «défenseurs» de la famille et de l’éthique. Voilà les chantres du non-négociable repartis dans leur croisade d’épuration ethnique intra-ecclésiale et leur revendication d’un droit d’exclusive sur l’agir chrétien.

 

Que le cardinal Barbarin pour lequel le père Grosjean semble avoir une affection toute particulière soit «descendu dans la rue» à plusieurs reprises avec ces «bons jeunes» et fasse partie des intervenants à ce séminaire, c’est son droit le plus strict. Mais je persiste à contester que l’on ne soit «chrétien conséquent» qu’à la condition de descendre dans la rue pour défendre les valeurs familiales. Il est d’autres combats qui justifieraient notre mobilisation, comme il est d’autres manières de se positionner «en chrétien» dans ces débats de société.

 

Nous voici rangés… à la périphérie

 

Le plus insupportable enfin est cette insistance à nous expliquer que «le discours de ces jeunes est celui du pape» comme s’ils étaient les seuls à recevoir l’enseignement du pape François. Et parce que tout feu d’artifice comporte un bouquet final, voici l’éblouissement : «La grande majorité des évêques français se sont engagés sur la même ligne. Cela ne veut pas dire qu’il faut ignorer ceux qui sont dans la périphérie. C’est le rôle des prêtres de faire la communion». Nous voilà rangés parmi les périphériques à évangéliser. Merci pour cette pressante invitation à l’humilité et à la conversion. Pour le reste, vu l’engagement unilatéral de l’abbé Grosjean, je m’interroge sur sa réelle capacité à être ce qu’il prétend : homme de communion.

 

  1. Comme si le sel de la terre ou le levain dans la pâte n’avaient pas pour vocation d’être enfouis. Essayez donc de vous nourrir de sel et de levain, ou d’en recouvrir vos plats d’une couche décomplexée pour leur donner de la visibilité !

P.S. J’observe par ailleurs que cet entretien est publié dans la Vie au moment même où les éditions Salvator publient un petit livre du jésuite américain Matt Malone intitulé Catholique sans étiquette qui développe une pensée convergente avec celle de l’abbé Grosjean. Et cela, semble-t-il, sur la suggestion de journalistes de la Vie dont le directeur de la rédaction Jean-Pierre Denis préface l’ouvrage. Faut-il y voir un repositionnement de l’hebdomadaire catholique ?

 

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138 Commentaires pour 'Réplique à l’abbé Grosjean'

  1. Lisa dit :

    C’est sûr que ce n’est pas en Irak que l’on a le temps et l’esprit à se vexer et à se disputer pour de petites choses comme cela.
    Vous y aller, aux manifs pour les chrétiens persécutés, vous leur donnez des sous, cela me semble un sujet important, ils meurent là-bas, ils n’étalent pas leurs petites querelles de chapelles confortables.

    • Sebastien dit :

      Chère Lisa, vous avez 100% raison ! Nous avons des problèmes de riches… Et les Chrétiens d’Irak et d’ailleurs qui meurent à cause de leur foi nous donnent à tous une immense leçon.

      Raison de plus, pour que nous, qui sommes dans le confort financier, social et intellectuel, remettons Dieu au centre de nos vies, et non pas à la périphérie comme se fût le cas depuis les années 70.

      J’ai eu l’occasion en 2001 de passer un séjour avec un prêtre qui vivait au Soudan, il était très déçu de la façon dont en France nous vivions la foi… En se cachant, en se faisant critiquer dans les médias quand il y avait « un peu de Dieu », de notre couardise…

    • francine SPRAUL dit :

      D’accord avec vous Lisa ….Rien à ajouter ..merci

  2. AFumey dit :

    Je comprends l’agacement provoqué par les positions tranchées du P. Grosjean, comprises par certains comme un mépris pour leur engagement caritatif. Je ne vois pour ma part rien de tel mais peut-être ai-je mal lu? Merci dans ce cas de préciser les passages concernés.

    Par contre pour ce qui concerne la famille, l’amour et le mariage, certaines affirmations me laissent perplexe: comment soutenir des positions clairement contraires à ce qui est affirmé sans ambiguïté dans la bible et en particulier le NT? Sauf erreur d’interprétation de ma part, on tombe dans un « christianisme de convenance », où chacun se taille des convictions « sur mesure » en retenant ceci et rejetant cela. Exactement comme les islamistes qu’on aime honnir, concernant le coran.

    Une seule question: qu’est-ce que l’Homme (=être humain) ?

    Se définit-il lui-même selon les modes, ou est-il apparu dans une création (un univers pour les non-croyants) déjà constituée, auquel cas il est légitime de lui reconnaitre des constantes, y compris de comportement; au même titre que pour n’importe quelle espèce vivante.

    Ensuite, est-ce l’institution (donc une poignée de puissants) qui fait l’Homme, ou est-ce l’Homme qui a créé les institutions?

    Répondez à ces deux questions, PUIS vous pourrez apporter une réponse nourrie par la foi.

  3. rene dit :

    La lecture des derniers commentaires postés sur ce blogue (15 depuis ce matin que je n’avais pu consulter étant sur les routes de France) me fait penser à ma jeunesse, lorsque je participais au dépouillement les soirs d’élection. Lorsqu’à une table se succédaient à forte cadence des bulletins pour des candidats « de droite » il y avait toujours quelqu’un, derrière, pour commenter en ricanant : « ça devait être la sortie de la messe » ! A lire la tonalité de ces commentaires, j’ai envie de paraphraser : ça devait être les familiers du Salon Beige, puisque cette « officine » m’a fait l’honneur de mettre un lien vers mon blogue.

    Cela étant, ce sont des commentaires que je reçois, et que j’accueille volontiers dans ces pages, pourvu qu’elles ne dérogent pas à une certaine courtoisie. Ce qui est majoritairement le cas.

    Pour le reste, difficile de dire qu’elles peuvent réellement nourrir le débat entre nous. Ce sont là des arguments, pardon de le dire, mille fois entendus et qui, pour ce qui me concerne ne m’ébranlent guère. Qu’il y ait eu, dans le passé, des erreurs et des lâchetés, ici ou là, difficile de le contester. Mais nous expliquer que le déclin de la pratique serait consécutif à Mai 68, au Concile Vatican II, à l’abandon de la Tradition et du latin… voilà bien des arguments qui ne deviennent hélas pas vérité à force de répétition.

    Le vrai est que l’Eglise n’échappe pas – ne pouvait pas échapper – aux bouleversements qui ont marqué le XXe siècle et ont ébranlé toutes nos institutions. Et qu’elle se trouve confrontée aujourd’hui à un changement civilisationnel où elle doit retrouver les mots et les gestes pour dire à chaque humain, sur cette terre, qu’il est aimé de Dieu. Et nous devons inventer ces mots et ces gestes, non pour un pays en voie de développement, mais pour une Europe du Nord hypertechnicisée. Nous ne résoudrons pas les problèmes auxquels est aujourd’hui confrontée notre Eglise sans prendre acte du monde dans lequel nous vivons. Sinon le catholicisme deviendra une secte. Le défi est immense. Nous ne serons jamais assez pour le relever. Nous sommes pluriels dans notre façon de vivre un même credo ? Acceptons d’en faire une richesse !

    • Bernard dit :

      L’Eglise de « l’enfouissement » n’a pas provoqué la crise civilisationnelle occidentale, mais elle l’a largement accompagnée, et même, elle y a amplement contribué en n’annonçant plus explicitement quelque chose (Quelqu’un) de différent. Beaucoup à force de « s’ouvrir » se sont simplement dissouts, en entraînant avec eux une immense partie du peuple de Dieu. Pour une « spiritualité » d’abord horizontale, les marxistes et syndicalistes étaient plus compétents que les cathos rouges et roses.
      « Inventer ces mots et ces gestes », voilà un trait typique du progressisme… Actualiser la manière de le faire oui, mais les mots sont déjà simplement ceux de la Parole de Dieu, et les gestes, ceux de nos Pères dans la Foi depuis 2000 ans. Nous ne sommes pas meilleurs que nos anciens.

  4. Patrick Pique dit :

    A Peregrinus,
    moi je ne suis pas fier de cette génération que vous évoquez. Celle de ma mère grâce à qui je suis catholique alors que mon père était protestant. Ma mère a quasiment été traumatisée par cette Eglise qui sentait la moisissure d’une sacristie humide et sombre. Ma mère qui dans sa jeunesse aurait aimé vivre la vie dans toute sa lumière, sa joie et son espérance n’a pu retenir de l’Eglise catholique que des interdits moraux pour le meilleur bénéfice des puissants et de tous les conservatismes et qui ont littéralement pourri la vie des jeunes d’avant Vatican II.
    Non, il n’y a vraiment pas de quoi être fier et j’espère bien que l’Eglise catholique dans laquelle je suis engagé n’a plus rien à voir avec celle que vous décrivez.

    • Véro dit :

      Merci Patrick de ce message. Il me fait penser à ce que m’a dit il y a longtemps un vieux monsieur de mes amis, qui me disait que nous, jeunes (oui, je suis jeune 😀 En tout cas née après Vatican II), n’avions strictement aucune idée de ce qu’eux avaient subi en Eglise comme pression morale, culpabilisation, discours de l’angoisse et non du salut. Il est toujours croyant et catholique ; mais il a jeté aux orties tout un bagage qui ne parlait certainement pas de foi.

  5. riviere anne marie dit :

    @René Je suis entièrement d’accord avec vous.
    L’Eglise des conservateurs, je l’ai connue. Lorsque j’avais huit ans, parce que je n’avais pas été au catéchisme,le prêtre d’alors m’avait dit : lorsque tu viendras a la messe, en guise de pénitence, tu resteras à genoux. Et comme j’écrivais de la main gauche, il prétendait que j’étais dans la main du diable… Je ne suis revenue ni au caté ni a la messe.

    Sur mon chemin, beaucoup plus tard, j’ai rencontré d’autre prêtres, prêtres ouvriers, que j’appellerai « des défricheurs d’humanité », des êtres bien rares.
    Si j’avais l’occasion de voir le pape François je lui dirais : encouragez les prêtres ouvriers,
    eux savent le prix du travail, eux savent comment vivent les gens du peuple,
    eux sortent de leur presbytère, eux savent mettre en action l’Évangile du cœur.

  6. Jean-Philippe dit :

    Pour aller dans le même sens que l’auteur de ce texte concernant le repositionnement de La Vie, JP Denis titre un éditorial sur le site de ce même hebdomadaire « Faut-il avoir peur de Najat Vallaud Belkacem »? Comment qualifier ce titre : grotesque, maladroit, écoeurant?

  7. Claudine onfray dit :

    Et oui et en plus cela aurait l avantage de résoudre un problème très proche celui des sous .
    Cela permettrait d envisager des pretres maries.
    Cela leur ouvrirait l univers féminin , les nuits sans sommeil, l attention à un autre plus précieux que soi- même
    Ils ne seraient plus des dieux mais ils seraient des serviteurs du Serviteur de l Homme

  8. rene dit :

    Le site de la Vie, tout en se gardant bien de faire la moindre référence à ce blogue, à ma « protestation » contre les propos de l’abbé Grosjean ( 5 000 connexions) et aux commentaires qui l’ont suivi, donne la parole à de jeunes catholiques qui disent, eux aussi, leur désaccord.
    http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/les-rues-de-l-engagement-des-jeunes-catholiques-ne-sont-pas-a-sens-unique-02-09-2014-55755_16.php

    En note, la rédaction de la Vie apporte un rectificatif demandé par l’abbé Grosjean. A la place de la phrase, citée dans son interview : « Les catholiques pratiquants qui pensent que leur engagement est basé sur leur foi sont ceux qui sont descendus dans la rue l’année dernière. » il a demandé que soit écrit : « Les jeunes catholiques pratiquants engagés en cohérence avec leur foi se sont mobilisés dans leur grande majorité sur la question mariage, y compris dans la rue. » ce qui correspondrait mieux à sa pensée, exprimée par téléphone auprès du journalise chargé de l’entretien. C’est ce que lui-même m’avait exprimé, à parution de mon texte, dans un message privé. Les lecteurs se feront leur opinion.

    • Sebastien dit :

      Euh… « La Vie », ce n’est pas ce magazine aux mains de M. Berger, et donc du lobby LGBT ? …

      • rene dit :

        @Sébastien. Evitons les caricatures. Ce n’est pas parce que la Vie a M. Berger pour actionnaire principal, comme tous les titres du groupe Le Monde-La Vie, qu’il est aux mains du lobby LGBT. Je ne suis pas toujours d’accord avec telle ou telle prise de position de la rédaction mais je leur reconnais le courage d’avoir tenu tête à M. Berger dans le débat sur le mariage pour tous.

        • Voisin Bruno dit :

          Etant à titre personnel dans les instances du groupe le Monde l’un des représentants des actionnaires minoritaires et en particulier des fondateurs de La Vie, je suis bien placé pour savoir que la direction de la rédaction de La Vie a tenu tête à Pierre Bergé et n’a pas cédé face à ses positions sur le mariage de personnes de même sexe. Les échanges ont été vifs. Y compris lorsqu’il a menacé le journal de représailles financières. Et, même si les débats sur ce sujet devaient être abordés, les positions de P. Bergé ne se sont pas imposées à la direction de la rédaction ! Alors ne croyons pas que c’est parce qu’il est l’un des actionnaires de ce groupe qu’il dicte sa loi aux rédactions. C’est heureux ! Et la charte d’éthique du groupe au respect de laquelle nous veillons scrupuleusement permet à La Vie de garder son indépendance par rapport à ce lobby.

  9. claudine onfray dit :

    Bravo pour les jeunes et leur témoignage

    Allez sur la Vie ( référence de René )

    Je pense qu’il faudrait leur mettre un mot

  10. Voisin Bruno dit :

    Mon cher René, je partage pleinement ton opinion et, avant de t’avoir lu, j’avais réagi sur le site de La Vie. Il ne faut pas se tromper de combat. Si les questions ouvertes par le débat sur le mariage de personnes de même sexe ont été l’occasion pour certains de s’engager dans la vie de la cité, il ne faudrait pas que leur conception de l’engagement politique se réduise à la défense d’un modèle familial. Sauf à tomber dans un ethnocentrisme qui en rejoindrait vite d’autres que nous combattons !
    Notre société, notre vie politique se meurent de l’entre-soi. Il est essentiel que les hommes d’Eglise ne tombent pas dans le piège. Il est urgent que « La Vie » y échappe… C’est ce à quoi nous avait invité Jean-Paul II en nous lançant « N’ ayez pas peur ! ». C’est ce que nous dit encore aujourd’hui le Pape François.
    Bruno Voisin

  11. claudine onfray dit :

    ce sacré qui doit revenir pour être dans la Foi
    quel contresens !

    le Christ n’a t-il pas dit que le temple de Dieu ne sera plus que dans le coeur de chaque homme ou de chaque femme ?
    L’Esprit va où il veut

    loin de moi l’idée de minimiser la consécration mais là aussi il n’y a aucune magie ……
    l’appel à l’Esprit dit par le prêtre qui préside une assemblée permet aux paroles d’être dîtes et efficaces
    n’oublions jamais que le prêtre célèbre avec une assemblée de fait ou en Esprit
    il ne célèbre pas seul

    le sacré dont certains parlent est païen et non chrétien

    le Christ s’est mis à genoux devant ses apôtres le jeudi Saint avant la Cène
    ces deux images devraient être présentes à chaque messe

  12. Lecteur et acolyte dit :

    Pour ce qui est de ce pauvre abbé Grosjean, je ne lui souhaite qu’une chose : comme il ira forcément dans le mur avec ce modèle qui a déjà échoué en France il y a un peu plus d’un demi-siècle, c’est qu’il ne se fasse pas trop mal, et qu’il se convertisse à plus de modestie.

    Je ne suis ni pour Paul ni pour Apollos. Les querelles dans l’Église suscitées par des opinions tranchées sur des frères sont la joie du diviseur (dia-bolos).

    Ce que je sais, aussi, c’est que les modèles successifs des XIX° et XX° siècle et de ce XXI° siècle commençant n’ont pas enrayé le déclin de l’Église en France. Je pense que, en restant polarisé, par exemple, sur le « modernisme », deux où trois générations ont manqué de voir la réalité et de pouvoir l’évangéliser. On peut continuer comme ça pour les générations suivantes, (relativisme, etc …) mais ce n’est pas l’essentiel.

    L’essentiel, c’est de vivre l’Église dans la diversité, sans anathèmes pour tel ou tel qui pense autrement que moi ou toi. Concrètement, c’est de faire Église sans exclure, en dialoguant posément, en aimant ce frère qui m’agace. « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » Jn 13, 35. Si nous nous divisons, comment être reconnus comme disciples du Christ ?

    Je sais, ce que je dis est difficile, et je ne suis pas toujours à la hauteur, mais mon Maitre a fait plus difficile encore.

  13. M. Paul dit :

    bonsoir,je suis Catholique pratiquant,père de 4 enfants. dans les différents commentaires des uns et des autres, beaucoup d’idées sont intéressantes.Certaines réflexions me laissent dubitatif.Une dame, Véronique, écrit que le prêtre est un homme lambda en dehors de la consécration. De mes souvenirs de catéchisme, le prêtre est un homme consacré pour l’Eternité et cet Etat de vie est permanent. Sa personne entière doit refléter le Seigneur, quelque soit son activité présente ou le lieu où il se trouve.
    Une autre réflexion me vient, une personne dit ne pas s’agenouiller ou même s’incliner au moment de la consécration durant les célébrations. Est ce par défi ou révolte? Jésus s’incarne dans le pain et le vin, sa présence est réelle. Si un jour, notre directeur général,le président de la République, n’importe quel haut dignitaire nous invite chez lui ou est reçu chez nous, nous ferons tous l’effort d’être tiré à quatre épingles. Alors quand le Roi des rois s’immole sur l’autel, qui sommes nous pour rester debout?

    • Véro dit :

      Il se trouve que c’est la même personne qui considère le prêtre comme un homme lambda, et ne s’incline pas à la consécration, et que c’est moi 😀
      Pour ce second point, ce n’est ni par révolte ni par défi, je n’ai aucune raison d’être révoltée devant Dieu que j’aime (enfin, que je tente d’aimer). C’est pour deux raisons :
      – je suis convaincue si l’humilité est une vertu, l’humiliation est un vice. Je ressens l’agenouillement et l’inclination devant l’hostie consacrée comme une forme d’humiliation ; je peux parfaitement comprendre qu’on le vive autrement, je le précise, et je prie aussi régulièrement à genoux, mais pas à ce moment précis. J’ai toujours trouvé cette phrase, « La gloire de Dieu, c’est l’homme debout » (dont je viens d’apprendre qu’elle était de saint Irénée) extrêmement forte. Je me présente devant Dieu avec tout ce que je suis, sans orgueil ni autoflagellation. Je n’ai pas non plus pour habitude de m’agenouiller devant un ami, si ce n’est pour le servir très concrètement s’il en a besoin. Lors de l’élévation, le Christ n’a pas besoin que je le serve à genoux. Je regarde un ami venu s’offrir à moi. Enfin, dernier point, accessoire dans ma propre réflexion mais qu’il ne faudrait pas oublier, la position debout est la position antique de la prière.
      Le Christ n’est pas un PDG ni le président de la République – devant lesquels, par ailleurs, je ne pense pas m’incliner.
      Dieu n’a pas besoin de signes d’adoration ; cela peut aider l’homme dans son rapport à Dieu, mais ce n’est pas nécessaire, ni à l’homme, ni à Dieu – comme je prétends pas être dans la tête de Dieu, ceci n’est bien évidemment que ma conviction.
      Je conçois très bien qu’on vive cela autrement. Mais vraiment, si je devais donner une seule raison, ce serait ce « la gloire de Dieu, c’est l’homme debout ».

      A propos du prêtre comme personne « lambda » : oui, j’ai beaucoup de mal avec l’idée de la prêtrise comme état de vie. Je conçois parfaitement le principe d’un ministère, y compris ordonné, pour la consécration eucharistique principalement (et l’absolution en confession) – même si la doctrine eucharistique luthérienne est sans doute plus proche de ma sensibilité que la transsubstantiation telle qu’elle a été définie à Latran IV (et est incompréhensible pour le commun des mortels n’ayant aucune idée de ce que c’est que cette « substance » telle que définie par Aristote). Je pense qu’en dehors de ce temps très précis, même dans le respect de la doctrine catholique sur l’eucharistie, il n’y a pas de raison de séparer le prêtre du reste du « troupeau ». Le prêtre n’est pas un moine ; il n’est pas hors du monde, et n’a pas à l’être (il peut être moine et prêtre, évidemment, les deux états ne sont pas incompatibles ; mais c’est encore un autre choix de vie, une autre vocation ; or, la sur-sacralisation du sacerdoce vient clairement du modèle monastique).
      Encore une fois, nous sommes tous prêtres, prophètes et rois par notre baptême. la distinction des ministères et des charismes me semble légitime et utile. Celle des « ordres » (clerc / laïc) ne me semble pas porteuse de sens.

  14. claudine onfray dit :

    non le Roi des Rois ne s’immole pas sur l’autel

    c’est du fantasme

    s’il est Roi c’est dans le sens du Serviteur qui s’occupe de l’humanité , qui en prend soin……..ce n’est pas l’empereur romain

    nous pouvons nous incliner, nous agenouiller ou rester debout ou assis comme de nombreux prêtres âgés qui ne peuvent se lever ou laïcs d’ailleurs

    le Christ a été jusqu’au bout du chemin en acceptant d’en mourir , mais ni lui ni Dieu n’a souhaité sa mort!

    depuis longtemps le Dieu auquel nous croyons a refusé tout sacrifice humain

    ne nous trompons pas de Dieu ……….

    la Bible l’a dit clairement depuis longtemps

    les croisades sont un triste souvenir

    non Dieu nous invite au festin, à sa table pour que nous en vivions

    c’est du moins ma foi et je pense avoir le même respect que vous de l’Eucharistie

    De plus le prêtre est effectivement un homme comme un autre mis au service d’une communauté qu’il aide ……….le mettre à part est une erreur théologique car il y a un seul Prêtre le Christ et en plus un danger pour lui

    une femme qui les connaît bien et les aime

  15. riviere anne marie dit :

    Le prêtre est un frère en humanité. J’en ai croisé, ce sont « des défricheurs d’humanité »
    D’autres, dans ma famille, furent des prêtres »traditionalistes »comme les sulpiciens,
    A l »heure actuelle,les prêtres ouvriers,ce sont des graines d’humanité prêtes a se lever,comme le levain
    Ils sont à-coté de ceux qui travaillent,car eux-même travaillent avec nous, le peuple de DIEU.

  16. Jerome dit :

    quel débat ! que d’idées, de différences, d’antagonismes, de partage, de forces.
    Un grand combat est ici. Puisse l’Esprit Saint tous nous éclairer et nous unir dans son Amour.

  17. claudine onfray dit :

    oui le grand débat peut même s’élargir à tous les croyants

    des femmes croyantes à Oran se sont levées il y a quelques jours pour dire qu’elles existaient , qu’elles en avaient assez de cette religion d’oppression non conforme au Dieu tout miséricordieux .

    je fais une prière au ciel

    celle des béatitudes : heureux ceux qui sont pauvres comme Dieu est pauvre car il se laisse remplir par chacun , par les joies , les tristesses de tous les temps .

    Si Dieu est au coeur de l’humanité il ne faudrait pas que certains ne se prennent pas pour dieu

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