Une menace de schisme peut en cacher une autre

Une menace de schisme peut en cacher une autre

L’opposition de certains à François est-elle plus forte que celle que soulèverait une remise en cause de ses réformes ? 

Jamais le pape François n’avait aussi ouvertement évoqué un risque de schisme dans l’Eglise catholique. C’était le 10 septembre, dans l’avion qui le ramenait de Madagascar. En réponse à un journaliste du New York Times à propos du livre de Nicolas Senèze, de La Croix (1), dénonçant certains milieux catholiques américains qui souhaitent voir mettre rapidement un terme à ce pontificat. « Avez-vous peur d’un schisme dans l’Eglise américaine » lui a-t-il demandé ? Soulignant que la critique était toujours légitime lorsqu’elle ouvre sur un dialogue loyal et confiant, le pape lui a répondu : « Critiquer sans vouloir entendre la réponse et sans dialoguer, ce n’est pas vouloir du bien à l’Église, c’est poursuivre une idée fixe : changer le pape, ou faire un schisme. (…) Moi, je n’ai pas peur des schismes. Je prie pour qu’il n’y en ait pas parce qu’il y va de la santé spirituelle de beaucoup de gens, pour qu’il y ait le dialogue, qu’on puisse corriger quelqu’un qui se trompe. Mais le chemin du schisme n’est pas chrétien. »

« Moi je n’ai pas peur des schismes » pouvant signifier aussi bien : je ne ne crois pas à un risque de schisme que je suis prêt à l’affronter. Et il est vrai que la menace existe. Et pas seulement aux Etats-Unis où, il y a un an déjà, une vingtaine d’évêques avaient apporté leur soutien à l’ancien nonce à Washington, Mgr Vigano, demandant la démission du pape François accusé de complicité avec des pédocriminels dans l’Eglise… Le procès en illégitimité est instruit aussi bien en certains lieux de la Curie, qu’ici même en France, dans certains milieux catholiques. 

« Une humilité… humiliante pour l’Eglise » (abbé Bouchacourt)

La détermination avec laquelle le pape François, dès son élection, a entrepris de réformer l’Eglise et les finances du Vatican ; poursuivi l’œuvre de ses prédécesseurs dans la dénonciation des excès du libéralisme économique, le plaidoyer pour la préservation de la « maison commune » ou l’accueil des migrants ; engagé une ouverture pastorale et un renforcement de la collégialité… ont contribué à fédérer les mécontentements de ceux qui craignent pour l’unité de l’Eglise, l’intégrité de la foi ou tout simplement pour la préservation de leur part de pouvoir dans l’institution ou le maintien d’un certain visage d’Eglise plus identitaire que tellement évangélique. 

Ce procès en illégitimité s’est esquissé, en réalité, dès l’issue du conclave de 2013. Moins d’une semaine après l’élection du pape François, je titrais un billet de mon blog « God save the pope »… J’y écrivais : « Me voici, en quelques jours, passé de l’enthousiasme à plus de gravité. Comment dire ? Cent conversations, je pourrais presque dire cent confidences… m’ont convaincu du fait que pour nombre d’hommes et de femmes «extérieurs» à l’Eglise ou qui, au fil des années, avaient pris leurs distances et n‘espéraient plus rien d’elle, l’irruption de cet homme «providentiel» correspond à « ce qu’ils attendaient », sans le savoir ou l’espérer vraiment. Mais, dans le même temps, je sens déjà, ici ou là, à travers blogs et déclarations, venant du cœur même du peuple catholique, quelques réserves, quelques réticences voire même les premières interrogations sur les intentions profondes de ce pape. Il n’est pas sûr que tel ou tel «bon catholique» ne soit pas tenté de partager, sans forcément l’exprimer, l’opinion de l’abbé Bouchacourt, supérieur pour l’Amérique latine de la Fraternité sacerdotale saint Pie X (Lefebvristes), lorsqu’il déclarait, au soir de l’élection du pape François : «Le cardinal Bergoglio veut être un pauvre parmi les pauvres. Il cultive une humilité militante, mais qui peut se montrer humiliante pour l’Eglise. Son apparition à la loggia de Saint-Pierre en simple soutane sans son rochet et sa mozette de pape en est la parfaite illustration.» Dès les jours suivants, on pouvait lire, comme en écho, sur les réseaux sociaux : « Je demande humblement au pape François de ne pas enlever le faste qui est autour de la papauté. Et qui en quelque sorte fait la beauté et la grandeur de la charge de successeur de Pierre. Qu’il commence par porter sa croix en or et les chaussures rouges.» 

« Le premier pape qui va essayer de faire ça… sera exclu » (cardinal Danneels)

Entre l’élection de François (13 mars) et la publication de ce billet (18 mars) j’avais publié, toujours sur ce blog, en date du 15 mars, ces quelques extraits d’un livre d’entretiens du cardinal Danneels, datant de l’an 2000, époque où il était archevêque de Malines-Bruxelles et primat de l’Eglise de Belgique. (2) 

Peter Schmidt : Quel sera l’avenir du centralisme ? (Dans l’Eglise) Est-ce qu’il restera possible, voire souhaitable ? Regardons la situation en face. Sur environ un milliard de catholiques, 600 millions sont des gens pauvres et illétrés du tiers monde. En général leur conception religieuse du monde comporte toujours une grande part de pensée magique ou mythologique. Chez nous, par contre, on pense en termes de sécularisation et d’émancipation. Les chrétiens ne sont donc plus contemporains les uns des autres. N’estimez-vous pas qu’il y a là un décalage très difficile à gérer ?

Cardinal Danneels : Précisément à cause de la différence au sein de l’Eglise, je pense que nous avons besoin (comme prochain pape) de quelqu’un qui exerce non pas un magistère, mais une paternité. Car si nous n’avons plus de père qui tient les différentes opinions ensemble au sein de la famille, nous sommes perdus. Si on en fait un maître, je crois que le problème est insoluble. Le rôle du pape, c’est donc d’être un père.

Gabriel Ringlet : Mais il est difficile d’être père aujourd’hui !

Cardinal Danneels : Mais être pape encore plus. Le rôle du pape a été réduit de plus en plus – et trop pour le moment – au rôle d’arbitre en matière de doctrine ou de morale, et au rôle de maître enseignant et de chef. Je crois qu’on a plutôt besoin d’un rôle indéfinissable et très difficile à exercer, une sorte de paternité spirituelle du monde. Il faut donc tempérer un petit peu les tentations de jouer à l’arbitre universel.

Gabriel Ringlet : Dieu vous entende !

Cardinal Danneels : Je ne dis pas que c’est facile, parce que le premier pape qui va essayer de faire cela, sera excommunié ou presque, ou en tout cas exclu.

Moins un schisme qu’une reconquête à la faveur d’un prochain conclave

Est-il excessif de dire que nous y sommes ? Certes, les pontificats de Jean-Paul II et Benoît XVI ont suscité bien des oppositions, notamment de la part de l’aile dite progressiste ou conciliaire de l’Eglise catholique. Mais jamais ces oppositions ne se sont traduites en procès en illégitimité voire en dénonciation pour hérésie. Le chantage au schisme est une pratique spécifique des milieux traditionalistes. (3) Le schisme Lefebvriste a quasiment pourri les pontificats qui ont suivi le Concile. Même si en certains milieux de la Curie on en conteste la matérialité au motif que la contestation porterait sur le contenu d’un concile « pastoral » et non sur la foi elle-même.

Le pape François ayant renoué ouvertement avec les intuitions profondes de Vatican II après une certaine « mise entre parenthèses » de ses prédécesseurs, les mêmes causes, un demi siècle plus tard, produisent les mêmes effets. « Nous avons aujourd’hui tant d’écoles de rigidité à l’intérieur de l’Église, qui ne sont pas des schismes, mais des voies chrétiennes pseudo-schismatiques, qui finiront mal », a commenté le pape François devant les journalistes. 

Alors risque de schisme ou pas ? Le désir profond des adversaires de François est moins de se séparer de l’Eglise (dont ils considèrent qu’elle leur appartient) que de la reconquérir à la faveur d’un nouveau conclave. C’est là leur combat. Cela passe, pour l’heure, par un travail systématique de sape et de déligitimation de François, en espérant le pousser à la démission, ce qui semble peu probable. 

Contre toute tentative de restauration… la menace d’une désobéissance généralisée.  

Mais il faut regarder plus loin. Le risque de schisme n’existe pas que du côté des intransigeants, nostalgiques d’une « Eglise de toujours », désireux de renouer avec la Tradition, même si ce sont eux qui tiennent le haut du pavé médiatique. Il me semble plus probable encore du côté des fidèles qui se situent résolument dans le sillage réformateur du pape François si l’on assistait à une retour de balancier à la faveur d’un nouveau conclave. Le Vatican, sous Jean-Paul II et Benoît XVI, a toujours contesté la réalité d’un « schisme silencieux » pour qualifier le départ de millions de fidèles qui ont pris leurs distances avec l’Eglise, préférant parler d’apostasie à leur propos. A bien comprendre la logique vaticane, il n’y aurait schisme qu’à partir du moment où des clercs (prêtres et ou évêques) feraient ouvertement sécession ce qui, de fait, ne s’est jamais produit du côté des « catholiques conciliaires ».

Qu’en serait-il demain si une nouvelle ligne dure « de restauration » prétendait faire table rase des ouvertures de François ? Nul ne peut le dire ! Sauf que pour reprendre la confidence, déjà ancienne, d’un pape noir (général des jésuites) à un confrère journaliste (4), à propos de la gouvernance de l’ordre jésuite, un nouveau « pouvoir absolu » pourrait bien se trouver tempéré de fait par une « désobéissance généralisée.» Mieux qu’un schisme !

(1) Nicolas Senèze : Comment l’Amérique veut changer de pape, Bayard 2019, 276 p.  

(2) Cardinal Danneels : Franc parler, DDB 2000, p.269-270

(3) On notera que le schismatique c’est toujours l’autre. Dans le Grand schisme de 1054, les catholiques voient comme schismatiques les Orthodoxes qui eux, considèrent à l’opposé que ce sont les papistes. De même, pour les tenants de Mgr Lefebvre, convaincus d’être restés dans la vraie foi, c’est l’Eglise conciliaire qui est schismatique.

(4) Peter Hans Kolvenbach, Faubourg du Saint-Esprit, entretiens avec Jean-Luc Pouthier, Bayard 2004. 

40 comments

  • Il me semble un peu caricatural et même erroné de parler d’une « mis entre parenthèses » du Concile Vatican II au cours des deux précédents pontificats (Jean-Paul II et Benoît XVI, qui ont tous deux été dans leur jeunesse des artisans notables du Concile !).
    Par les temps qui courent, il me paraît plus important et plus fécond de souligner la continuité entre les différents pontificats, entre le pontificat de François et ceux de ses prédécesseurs, même si le style change, que de donner du grain à moudre à ceux qui veulent les opposer au risque de diviser l’Église.

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    • C’est en effet Paul VI qui a mis VII sous le boisseau:
      – semaine du 16-20 novembre 64 dite « semaine noire » *
      – fermeture de la porte un an plus tard (7/12/65) après retrait de l’ordre du jour de deux plats de résistances: la réforme de la curie et la place centrale à donner à la collégialité. Les Pères se gardaient-ils « le meilleur » pour la fin la fin ou craignaient-ils d’aborder ces sujets?
      – enfin « coup de pied de l’âne »: HV (25/07/68).

      * Voir la partie semaine noire http://crc-resurrection.org/toute-notre-doctrine/contre-reforme-catholique/concile-vatican-ii/le-deroulement-du-concile-vatican-ii/la-troisieme-session-du-concile-vatican-ii/

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      • Vous avez de bien curieuses références pour asseoir votre idéologie (votre vision du Concile) et mettre en cause le Concile Vatican II et Paul VI !

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    • A Michel
      D’accord avec vous . JPII et Benoit XVI n’ont pas mis » entre parenthèses » Vatican II .Mais ils l’ont appliqué en l’interprétant d’une manière qui mettait plus en exergue la continuité avec la situation de l’église issue du XIX siècle qu’en mettant en évidence la rupture nécessaire pour redécouvrir la Tradition de l »Eglise comme Congar en avait fourni les arguments .Malheureusement les textes de Vatican II ,textes de compromis entre les tenants du dépôt de la foi et les tenants du message permettent de légitimer cette interprétation conservatrice .
      Il n’en reste pas moins que le changement entrepris dans la définition de l’Eglise (points 9, 10 et 11 de Lumen Gentium) consacre une véritable rupture dans la conception même de l’Eglise qu’ils ont voulu sinon ignorer, du moins minimiser . Le passage d’une société parfaite et hiérarchiquement organisée à un peuple de baptises qui « parti pe de l’unique sacerdoce du Christ » constitue un changement de paradigme de l’ecclesiologie dont ils ont sciemment voulu minimiser les conséquences potentielles sur l’organisation, la gouvernance de l’église et sur les rapports entre sacerdoce commun et sacerdoce ministériel .Cette volonté de continuité , si elle peut se comprendre par rapport à l’impératif d’unité se révèle aujourd’hui dommageable dans la mesure où elle n’a pas peu contribué à couper l’église des « joies et des espoirs, des tristesses et des angoisses des hommes de ce temps »(Gaudium et spes) .Cette situation complexifie aujourd’hui la tâche de François et explique les oppositions et incompréhensions qu’il rencontre .
      NB je suis très conscient qu’il est facile d’analyser à posteriori et de l’extérieur des positions prises par ceux qui étaient alors responsables de la conduite de l’église .

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      • A Guy
        Je suis pour l’essentiel d’accord avec vous même si je suis plus sensible aux permanences qu’aux ruptures.
        Mais oui, il est nécessaire que nous retrouvions une ecclésiologie qui n’occulte pas ce peuple de baptisés qui participe de l’unique sacerdoce du Christ.

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  • J’ajoute que les orthodoxes en 1054 accusaient plutôt les catholiques d’hérésie que de schisme.
    De même pour les lefebvristes à l’égard de Paul VI et de ses successeurs.

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    • … et comme disaient les Pères de l’Eglise, le schisme conduit toujours à l’hérésie.
      C’est ce qui se profile avec le refus par certains bien-pensants d’une Eglise pauvre avec les pauvres, avec la confusion entre la foi chrétienne et l’idéologie libérale…

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  • Comme l’indique le titre du livre « Comment l’Amérique veut changer de Pape  » le sujet est d’abord politique … D’ailleurs, quel schisme ne fut pas, a l’origine politique, avant d’être maquillé en querelle religieuse?

    Membre actif du petit Modem depuis plus de 20 ans, j’ai quelques repères, en plus d’une vie professionnelle en lien avec le monde politique local et national, pour dire que l’UE est considérée par Washington comme un concurrent dangereux. C’est ce qu’illustre le stratège très kto Steve Bannon *. Il faut savoir aussi comment il agit au cœur de l’institution à Rome **. Même si le président Trump et le cardinal Burke ont pris leur distances il n’est pas désapprouvé, ce qui laisse la porte ouverte à une activité « en mission sans couverture ».
    Ceci dit, des « agents ultra-ktos s’agitent partout, jusqu’au fond des campagnes. Exemple parmi d’autres, l’association « Terre et Famille » née dans un petit village à laquelle benoitement, l’évêque a donné un chanoine de la confrérie du Christ Roi et Souverain Prêtre (ex de la FSPX repêché par BXVI) ***.

    Au plan religieux, un sens possible de la réponse du Pape François est « qu’importe ». Ce qui serait assez en ligne avec ce que dit Jésus de la loi dit « je ne suis pas venu l’abolir mais l’accomplir ».

    * https://www.ouest-france.fr/europe/pourquoi-le-sulfureux-americain-steve-bannon-veut-la-peau-de-l-europe-5919501
    ** Un article qui a fait beaucoup de bruit http://www.slate.fr/story/178947/rencontre-steve-bannon-trump-pape-francois-guerre-catholicisme-extreme-droite
    *** https://www.lejsl.com/edition-charolais-brionnais/2015/11/27/le-modem-71-s-exprime-sur-les-activites-de-l-association-terre-et-famille

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  • Quelle clairvoyance, cher René Poujol, dans votre analyse ! Je partage votre perception des enjeux ainsi que votre intuition quant au risque d’un schisme silencieux déjà à l’oeuvre et beaucoup plus considérable que le schisme conservateur. La paternité spirituelle de Francois réussit, en effet, peu ou prou à le contenir et à en réduire la portée. Là où les pontificats précédents n’avaient fait que le stimuler. Il limite ainsi, jusqu’à ce jour, le clivage de plus en plus accentué et visible dans les sociétés sécularisées qui sont les nôtres entre désir d’émancipation et d’affranchissement de l’expression de la foi et réaction conservatrice…

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  • J’adhère pleinement au contenu de ce billet . Le risque principal qui menace l’Eglise est bien le risque de rupture entre le magistère et les fidèles qu’a pointé à juste titre le théologien Eugen Biser
    – A la difficulté traditionnelle de faire l’unité entre les tenants du dépôts de la foi et les tenants du message qui affrontent depuis toujours , s’ajoute celle de faire adhérer les fidèles qui dans le contexte de nos sociétés modernes voteront avec leurs pieds en quittant silencieusement une Eglise coupée de la réalité et de plus en plus incapable de rejoindre ce qui est la vie concrète des fidèles pour proposer l’Evangile comme une réponse à même de faire sens .
    Oui le pape doit être à la fois un faiseur d’unité au sein de l’institution et entre l’institution ecclésiale et le peuple de Dieu (autre nom de l’Eglise ) ; ce qui est incompréhensible pour ceux dont la vision de l’Eglise reste antérieure à vatican II et pour lesquels le peuple de Dieu est un troupeau que l’on conduit et non un peuple avec qui l’on chemine . Ce qui explique leur volonté de décrédibiliser le pape François voire de le destituer ou à défaut le remplacer le plus vite possible .

    – Les propos du cardinal Daneels sont très intéressants car il a bien compris que la gouvernance de l’Eglise ne peut plus reposer sur l’arbitrage . Par contre sa réponse montre aussi combien il est enfermé dans un schéma de pensée obsolète . Ce qui peut remplacer l’arbitrage n’est pas la paternité notion féodale , cléricale et infantilisante , mais la régulation. Passer d’une logique d’arbitrage à une logique de régulation est le défi de toute gouvernance aujourd’hui quelque soit l’institution ou le groupe concerné . L’Eglise ne fait pas exception .

    – Avant même les questions d’organisation de la gouvernance et les problèmes structurels, avant les querelles sur la posture du pape , il me semble que ce qui sépare les catholiques ( ce clivage transcende la séparation clerc /laic) est le positionnement de l’Eglise dans son rapport au monde. Pour les uns , le monde n’est appréhendé que par référence à l’Eglise et à sa doctrine , pour les autres dont le pape François, l’Eglise ne peut annoncer l’Evangile qu’en se situant par rapport à la réalité du monde tel qu’il est et auquel elle a pour mission de témoigner de l’Evangile .

    Le monde tourne-t-il autour de l’Eglise ou l’Eglise est-elle une planète signifiante au sein d’un système dont elle n’est pas le centre et la référence ultime ? La cause de Copernic n’est pas encore totalement acceptée par tous les catholiques ;

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    • Vous dites des choses intéressantes, mais des propos outranciers comme « la paternité notion féodale , cléricale et infantilisante » affaiblissent votre propos… dommage !

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      • A Michel.
        Sur la paternité spirituelle .
        1) Dans l’Écriture, la paternité est un attribut de Dieu et dans l’Évangile Jesus fonde les relations entre les hommes sur la fraternité et exprime sa méfiance vis à vis de ceux qui se font appeler père .
        2) Si une relation de paternité spirituelle peut bien sûr exister , elle est de l’ordre de la relation interpersonnelle s’inscrivant dans une histoire spécifique et ne peut pas être institutionnalisée ni imposée du fait d’un statut défini à priori de « père spirituel » .
        3) L’ordination sacerdotale, quelque soit ses qualités ne peut en aucun cas se prévaloir de donner une quelconque paternité statutaire .Ne voyez vous pas l’aberration que constitue le fait pour un homme de plus de soixante ans , marié depuis plus de trente ans ayant élevé des enfants et ayant une expérience de vie concrète à considérer comme un père un jeune homme fraîchement ordonné , n’ayant (et on ne peut pas le lui reprocher) aucune expérience de vie concrète .
        4) Je vous invite à écouter une interview aussi intéressante que pathétique de l’abbé Cedric Burgun à RCF concernant son dernier
        livre . Ce prêtre pose les bonnes questions et se trouve écartelé parce qu’il essaie d’y répondre en se fondant sur la doctrine catholique qui piège sa bonne volonté . .Ainsi il définit la paternité comme une aide dans un cheminement de liberte et de responsabilité , ce
        à quoi tout père de famille adhère sans restriction .Mais il considère que le prêtre peut par principe exercer cette fonctin du fait de sa consécration alors même qu’il s’agit ici d’une aberration anthropologique . Sexemple: Lorsque le « père » a dans la vie concrète l’âge que pourrait avoir un fils de celui sur lequel il revendique pourtant une potentielle paternité spirituelle du fait de son ordination .
        5) Enfin , si la véritable paternité consiste effectivement en une fonction de régulation , on ne peut pas assimiler la régulation à la paternité qui n’en est qu’une déclinaison particulière .

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        • C’est quoi la « vie concrète » ? La vôtre comme modèle type (âge, statut social, etc.) ou celle de chacun, différente et non moins unique ?

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          • A Michel
            La vie concrète c’est celle propre à chacun et dont la dimension commune à tous ne pourra jamais être réduite ni encadrée par une doctrine abstraite et théorique qui a la prétention de la régir .

          • A Michel
            Oui.Ma critique porte sur le fait que la légitimité de la paternité spirituelle dépendrait d’un statut (clerical) et la compétence en ce domaine résulterait de la « grâce  » de l’ordination .Ce qui constitue un déni des réalités humaines .Étonnant de la part d’une religion de l’incarnation .

          • … ce qui n’exclut pas la compétence en matière de paternité spirituelle d’un jeune homme fraîchement ordonné, n’ayant (selon vous) aucune expérience de « vie concrète » (sic).

          • J’ai écouté attentivement l’abbé Cédric Burgun et son intéressante réflexion sur la paternité spirituelle .

            – J’y adhérerais si elle était fondée sur la notion de relation entre deux êtres et non sur le seul statut du prêtre conçu comme un « alter christus  » . .L’ordination , la consécration ne peut pas donner comme par magie ce que seule apporte un expérience concrète de vie . Un statut quel qu’il soit ne remplace ni le temps ni l’expérience . Un statut ne peut pas se substituer à ce qui ne reçoit d du long tissage des relations humaines . Un prêtre n’est pas un gourou . Enfin , il ne devrait pas l’être .
            – De plus et ce n’est pas provocation de ma part , je me méfie par principe de ceux qui s’auto attribuent une paternité spirituelle qui implique la capacité à être soi même pour le bien de l’autre et la responsabilité personnelle de l’autre alors que le choix de vie du prêtre est fondé sur le don de soi à une institution impliquant l’interdit d’être soi , la négation du « moi » et l’irresponsabilité personnelle . Il y a là pour le moins un paradoxe . Peut on être « père » si l’on a pas une relation adulte à son propre désir, à son » moi » ? Un père, c’est celui qui assume de manière libre et responsable , c’est à dire adulte , la légitimité de son désir , de son moi ( désir pour la mère , désir d’enfant ) et qui le vit pour le bénéfice de l’autre ( conjoint , enfant) . et c’est toujours le fruit d’un long combat spirituel . Le moi n’est pas par principe haissable , il est assumé et orienté vers l’épanouissement de soi même et d’autrui.
            Un père n’est pas un celui sur lequel je me décharge de la responsabilité d’être moi même , la relation père fils , fut elle spirituelle est une relation qui libère et fait grandir et permet d’être soi même pour le bénéfice de l’autre .(là dessus je rejoins Cédric Burgun ) .
            La position de Cédric Burgun ne tient que si l’on accepte le principe du prêtre « alter christus », se situant quelque part au dessus de la condition humaine du fait de sa « consécration  » Cette conception est la cause du cléricalisme et légitime structurellement les abus de pouvoir commis par les clercs . Je crois qu’elle est ecclésialement anachronique , théologiquement dis-cutable pour une religion de l’incarnation et humainement fausse .

            NB: j’ai toujours été étonné que tout le discours clérical sur la « vocation » soit fondé sur le renoncement et non sur l’épanouissement , sur la négation de son propre désir érigée en valeur :renoncement à une carrière , à une famille , à une vie de couple , à des amours humaines . idem pour l’ordination épiscopale : le renoncement , le don de sa vie à l’église qui sait mieux que soi même ce qui est bon pour soi . Je n’ai jamais entendu de prêtre dire qu’il avait AUSSI choisi le sacerdoce comme moyen de son épanouissement humain dans la relation au Christ et aux autres . Je n’ai jamais entendu d’évêque dire qu’il avait souhaité le devenir et qu’il était heureux de l’être . C’est toujours le même refrain : je me sacrifie pour l’église . Mon propre désir , le moi par principe illégitime . Comment se prétendre père alors qu’humainement on refuse d’être adulte ?

          • En remplaçant seulement le mot « cléricalisme » par celui de « paternité », l’abbé Cédric Burgun privilégie la forme sur le fond
            (or sans mettre en cause le statut du prêtre, on n’arrivera pas – quoi qu’il dise – à « éviter les abus de pouvoir » inhérents à la fonction).

    • Alors que « (le risque de) la rupture entre le magistère et les fidèles  » est accompli en France, et pas qu’à 90%, et que le clergé au sens traditionnel se bat « dos au mur » pour maintenir une tradition que les fidèles rejettent « en quittant silencieusement », arrive un jour ou l’autre le moment ou refuser cette réalité, refuser d’en comprendre les ressorts (mon commentaire à propos de Michel Serres), devient pathétique.
      Le Cardinal Daneelsl a décrédibilisé sa pensée par son acte lors de la sale affaire de l’évêque de Bruges, acte renforcé par de fausses excuses de sa part qui ressemblaient plus au désir d’amortir, de faire oublier qu’à la simplicité d’une repentance sincère. Pitoyable.
      Les fidèles semblent plus faciles à duper par les us et coutumes romaines que les croyants sans religion dont la spiritualité universelle est inhérente à la grandeur et à la faiblesse humaine.
      Tt à fait OK Guy sur la logique de régulation … que Paul VI -sous pression des conservateurs- a, Michel, renvoyé à plus tard, c’est à dire, en langage clair refusé d’aborder. Paul VI a ainsi cédé aux tenants des us médiévales, voire impériales fervent défenseurs du cléricalisme infantilisant!
      Le monde tourne autour de l’Église-des humains de bonne volonté. Or cette Église, celle de François il me semble, est de moins en moins corrélée à celle des clercs.

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      • Une pensée reste une pensée, pertinente ou non pertinente, à chacun de juger. Si j’ai cité Danneels c’est que je considérais que cette expression demeurait pertinente, au moins de mon point de vue. Discréditer son propos au seul motif de la « sale affaire de Bruges » me semble procéder d’une logique trotskiste insupportable.

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        • Le poids d’une parole a à voir avec les actes de qui la tient. Là peu de temps sépare parole et actes. G. Danneels a su dès les années 90, aurait oublié (oublier une telle chose supposée rarissime ?!), avant d’être lamentable en 2010 … https://www.rtl.be/info/belgique/faits-divers/deces-du-cardinal-danneels-il-avait-ete-accuse-d-avoir-voulu-cacher-l-affaire-vangheluwe-1107980.aspx
          D’une manière générale les médias ktos donnent l’impression de croire, comme bien des clercs, que « les gens ne comprennent pas, qu’ils oublient, qu’ils pardonnent »! Ben si, ils comprennent, ils pardonnent en cas de gaffe, mais ayant plus de mémoire que certains et en cas d’abus manifestes et réitérés, ils se bouchent nez et oreilles -c’est heureux! – et sans faire de bruits en général -« c’est malheureux!. Les ktos fidèles sont ainsi devenus petit à petit aussi inaudibles et « nombreux » que les clercs.
          Ce décalage entre idées et actes transforme les idées en « sirop Typhon » …et citer ces idées peut-être considéré comme une façon de gommer que l’essentiel est dans les actes.

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          • Un peu de stratégie ne vous ferait pas de mal… Je ne suis pas sûr que vous ayez bien perçu l’enjeu de prendre au sérieux la phrase de Mgr Danneels. Il annonce, tout simplement, l’originalité du pape François, la nécessité d’un tel choix pour l’avenir de l’Eglise à ce moment précis de son histoire, mais aussi les risques d’un tel positionnement pastoral pour celui qui aura le courage de l’incarner. Autant de points qui se vérifient sous nos yeux. Dévaluer cette vision prophétique au motif que le cardinal n’était pas blanc comme neige, me semble procéder d’un aveuglement coupable… et d’une totale irresponsabilité !

          • Désolé, mais la paternité du monde appartient à tous. Certes, notre Pape François en porte une part, et plus grande que ses prédécesseurs, et bien plus grande que la moyenne des humains. Il n’empêche que chacun porte une part de cette paternité, … fusse pour certains à leur insu.
            Je crois comprendre la stratégie de François comme celle de ses opposants et sait que les équilibres instables entre groupes rivaux n’ont rien de bien rien nouveau. Au final, comme l’âge moyen dans tant de villages qui augmente de 6 mois par an, la vitalité de l’Institution s’atténue. Cette anémie dure depuis au moins 1750 en sorte que l’essentiel de la vie de l’Église vivante a migré dehors, hors de portée de l’institution. Quoi que fasse l’institution, tel ou tel Pape, l’inertie des luttes de pouvoirs, plombe l’avenir de manière d’autant plus certaine que les humains ont d’autres sujets de préoccupation (voir remarque sur Miche Serres).

        • « … quelqu’un qui exerce non pas un magistère, mais une paternité … Je crois qu’on a plutôt besoin d’un rôle indéfinissable et très difficile à exercer, une sorte de paternité spirituelle du monde » : voilà ce que pensait feu le Cardinal Godfried Danneels.

          Encore faudra-t-il que pareille « paternité spirituelle » s’interdise dorénavant de « laver son linge sale en famille ».

          Afin que la distance entre l’Eglise et la société ne se creuse pas davantage, espérons de toutes nos forces qu’un jour viendra où le Droit Canon ne soit plus inadapté (à ce propos voir l’article du théologien catholique Charles Condamines, ci-dessous)
          https://www.lemonde.fr/idees/article/2010/03/25/pedophilie-le-droit-canon-est-desormais-inadapte-par-charles-condamines_1324340_3232.html

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      • Tout ce qui est excessif est insignifiant.
        Votre réquisitoire inquisitorial en dit plus sur vous que sur ceux que vous voulez discréditer.
        Pour ma part, je me suis nourri plus d’une fois des remarquables méditations que le Cardinal Danneels écrivait et publiait deux fois par an ; je me rappelle notamment de celles sur les thèmes (en 1985-1986) :
        – Dieu est plus grand que notre cœur
        – La vérité vous rendra libre

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  • Un schisme. Des schismes
    Schismes entre qui et qui ?
    On peut être progressistes, c’est à dire évangéliques, et avoir à coeur de ne pas brader le noyau de la foi.
    Je suis le chemin,la vérité,la vie.
    l’Évangile en liberté oui.
    Par rapport aux dogmes de l’église qui sont à ma connaissance au nombre de deux.
    Par rapport à la morale, car si l’Évangile présente un idéal,il y a la Samaritaine, Madeleine,la femme adultère etc.
    Pas un mot dans l’Évangile de morale sexuelle. Sauf qu’on comprend bien que le mariage enlève beaucoup de liberté et de disponibilité.  » Il n’est pas expédient de se marier » dit Pierre.
    l’Eglise reconnaît la liberté de conscience et le for interne.
    Sur le plan de la politique sociale Matthieu 25,35 est assez incontournable.
    Le schisme je le sens venir entre ceux qui interprètent librement l’Évangile pour l’adapter à leur vue, qui mettent sur le même pied les différentes »foi ». Ce n’est pas un question de dogme, c’est une question de vérité révélée.

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    • Pardonnez-moi mais les dogmes de l’Eglise sont plus nombreux que deux. Puisqu’ils concernent non seulement la nature du Christ, consubstantiel au Père, sa double nature humaine et divine, la proclamation de Marie mère de l’Eglise, la Trinité, la transubstantiation (présence réelle dans l’hostie),l’immaculée conception et l’assomption de Marie,l’infaillibilité pontificale…

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          • Le titre de Théotokos (du grec Θεοτόκος, « qui a enfanté Dieu »), ou de Mère de Dieu, a été attribué à Marie au Concile d’Ephèse contre Nestorius qui voulait la qualifier seulement de Christotokos (Mère du Christ).
            Mais vous avez raison en ce sens que le Concile d’Ephèse voulait par ce titre souligner que Jésus est à la fois vraiment homme et vraiment Dieu et l’union des deux natures en sa personne.
            En l’occurrence, répondant à René, je voulais juste préciser que le titre de « Marie, Mère de l’Eglise », n’était pas un « dogme » à proprement parler mais une fête instituée récemment au lundi de Pentecôte, ce dont je me réjouis par ailleurs.

  • Je croyais que les dogmes étaient au nombre de d’eux :
    L’infaillibilité pontificale
    L’immaculée conception.
    Merci d’avoir complété mes connaissances !
    Reste qu’il ne faut pas confondre les dogmes de l’Eglise et la Révélation !
    Et dans la Révélation il y a l’Esprit de Pentecôte qui est notre seul guide,mais qui ne peut pas être en contradiction avec l’Évangile.

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  • Jésus se fait appeler »le Fils de l’homme »
    Mais lorsqu’il pose la question : » pour vous qui suis-je ? » , Pierre répond : » tu es le Christ,le Fils du Dieu Vivant !  »
    Le réduire à sa seule humanité, comme l’un de nous, effectivement ne nous sauvera pas ! Jean dit qu’il est le Verbe et que le Verbe était Dieu.
    Franchement,je suis peinée que la presse chrétienne s’ebaubisse devant le roman d’Amélie Nothomb si largement applaudi, alors que justement il réduit Jésus à son humanité.
    Plus personne ne connaît la Révélation et on proclame cette dame « theologienne » (RCF) et on dit de son roman que c’est un »cathechisme » ( aleteia). C’est pénible !

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  • Le regard que nous chrétiens portons sur le monde, est-on sur qu’il soit le bon? Si je me réfère a un des grands esprit planétaire contemporain, Michel Serres, et à l’article décapant que lui consacre Études de ce mois, il y a matière à réflexions.
    Trois idées relevées au passage:
    – Le temps humain connu aujourd’hui (bien plus long que celui qu’on croyait il y a encore 60 ans …. et il y a 2000 ans, ….) représente 1/6000 ème du temps qu’on attribue actuellement à l’univers.
    – L’histoire, la philosophie, l’anthropologie même, ont été cassés en deux par les bombes de 1945, … la prise de conscience de l’évolution du climat et de ses causes premières renforcent l’importance de cette cassure. Il y a, qu’on le veuille ou non, un avant et après.
    – L’unification des sciences et de la philosophie semble inéluctable pour cet adepte des ponts contre les lignes Maginot des académismes. Michel Serres n’évoque pas l’académisme des religions, mais il semble difficile d’écarter l’idée qu’il est aussi concerné que les autres académismes.
    Voilà qui me confirme dans l’idée que François pourrait avoir voulu ait voulu dire « qu’importe un schisme! »

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  • Puisque l’un des prolifiques contributeurs de ce blog nous affirme que selon
    l’Eglise catholique considère par principe que le moi est toujours haïssable et qu’un membre du clergé se garde farouchement de devenir adulte j’aimerais bien qu’il m’explique comment se fait-il qu’il existe tant de différences entre les Evêques dans leur manière de diriger leur diocèse.
    Par ailleurs j(‘inviterai l’intéressé à relire quelques passages de l’ Ancien Testament et notamment des psaumes pour constater que déjà leurs auteurs n’avaient vraiment pas pour voeu premier leur développement personnel ou plutôt qu’ils voyaient le chemin pour y parvenir dans l’écoute de la Parole de Dieu (et non pas de leur nombril)

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  • Jean-Pierre Denis, un catholique contre la bienpensance : « Le monde n’a que faire des croyants professionnels, il a besoin de professants », poursuit Jean-Pierre Denis, plaidant pour un « catholicisme attestataire ».
    « On nous demande ce que nous avons vu. On veut des gens de paroles, gens de corps, gens d’acte. »
    « L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou, s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins », notait Paul VI.
    Le salut de l’Église ne viendra que par la promotion de figures exemplaires, engagées pleinement dans leur siècle. (Jérôme Cordelier, Le Point, 28/3/2019, voir ci-dessous)
    https://www.lepoint.fr/societe/jean-pierre-denis-un-catholique-contre-la-bienpensance-28-03-2019-2304537_23.php

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