Théorie du genre : le pas de clerc du pape François ?

Théorie du genre : le pas de clerc du pape François ?

En refusant de pratiquer la langue de buis le pape François prend le risque de ces polémiques par quoi la société se défausse de tout débat avec l’Eglise.  

Les papes devraient se méfier des «petites phrases» livrées, comme ça, aux journalistes, dans les avions qui les ramènent de voyages à l’étranger. Surtout à l’ère de twitter et des réseaux sociaux. On se souvient du tollé mondial provoqué, en mars 2009, par les propos de Benoît XVI de retour d’Afrique, expliquant à propos du Sida : «on ne peut le résoudre en distribuant des préservatifs. Au contraire, ils augmentent le problème.» (1) Patatras, voilà que le pape François tombe dans le même piège. Interpelé le 1e octobre par une mère de famille, dans une église de Tbilissi sur la théorie du genre, il avait répondu y voir «un grand ennemi du mariage.» Dans l‘avion du retour, pressé par les journalistes de faire l’exégèse de ses propos, il pense éclairer son auditoire en citant l’exemple d’un père de famille français rapportant qu’on enseignait la théorie du genre à son jeune garçon, dans un livre scolaire. Et voilà l’hexagone en émoi et la ministre de l’éducation en donneuse de… leçon ! C’est le moins !

Dénoncer des inégalités hommes-femmes injustifiées

Je me garderai bien d’entrer dans la controverse qui, depuis, agite les réseaux sociaux. Je n’ai aucune compétence pour trancher le fait de savoir si théorie du genre il y a ou s’il faut plutôt parler d’études de genre. En revanche, il m’importe de tenter d’y voir plus clair dans ce dialogue de sourds où la société et l’Eglise semblent avoir un message à faire passer l’une à l’autre… sans y parvenir ! Que la notion de genre ne prétende pas se substituer à celle d’identité sexuée, voilà qui est à peu près généralement admis aujourd’hui. Il n’en a pas toujours été ainsi. (2) On naît bien, sauf à de très rares exceptions, homme ou femme, même si pour certains se pose la question de l’image qu’ils ont d’eux-mêmes. Ce qui peut les conduire à se ressentir et se vivre autrement.

Pour l’essentiel, les études de genre se sont attachées à déconstruire les stéréotypes traditionnellement liés, dans nos sociétés, aux sexes masculin et féminin. Qu’ils s’agisse des préférences en matière de jeux pour les enfants, des études pour les jeunes ou des professions pour les adultes. Mais plus profondément elles entendent dénoncer les inégalités hommes-femmes fondées précisément, et souvent sans raison réelle, sur la différence des sexes.

L’Eglise concernée par la question de la place des femmes dans l’institution

C’est là une critique qui n’épargne pas l’Eglise catholique où les ministères ordonnés (évêque, prêtre, diacre…) sont réservés aux seuls hommes alors même que de plus en plus de femmes y exercent des responsabilités importantes, souvent au terme de formations théologiques diplômantes. On connaît les arguments doctrinaux opposés. Il n’y a pas lieu d’en débattre ici, même s’ils sont loin d’être reçus aujourd’hui de manière unanime, y compris parmi les théologiens. Pour autant la question de la place des femmes dans l’Eglise et de leur accès à tel ou tel ministère ordonné, est désormais posée de l’intérieur même de l’institution.

Dans un ouvrage récent (3) l’historienne italienne Lucetta Scaraffia, éditorialiste à l’Osservatore romano, quotidien officiel du Vatican et observatrice laïque au dernier synode sur la famille, dénonce l’état de sujétion dans lequel les femmes sont tenues. Faisant un retour sur l’Histoire de l’Eglise, elle souligne (p.31) qu’autour de l’an 1000, Hildegarde de Bingen prêchait dans la cathédrale de Cologne sans que personne s’en émeuve et qu’au XIVème siècle, Catherine de Sienne s’exprimait librement devant les évêques réunis en synode. Elle poursuit : « Il convient d’observer ici que la hiérarchie ecclésiastique  – tout en déclarant soutenir à outrance la différence seuelle – n’adopte jamais un point de vue qui tienne compte de ce qu’on appelle dans la culture laïque la théorie du genre. » (5)

Le pape François sait tout cela. Tout en réaffirmant que «Le sacerdoce réservé aux hommes (…) est une question qui ne se discute pas», il reconnait qu’il peut néanmoins «devenir un motif de conflit particulier si on identifie trop la puissance sacramentelle avec le pouvoir.» (4) Or, dans nos pays occidentaux de vieille chrétienté, aujourd’hui sécularisés, le clergé catholique, socialement déclassé, est surchargé de travail (*) et mal rémunéré. Peut-on, en plus, remettre en cause le «pouvoir» traditionnellement attaché à la fonction qui serait désormais à partager avec les laïcs et majoritairement avec des femmes ? On imagine mal les évêques, confrontés à ce qu’ils pensent être une pénurie de prêtres, le leur imposer, quoi qu’ils en pensent sur le fond et quel que soit le souhait du pape François. Sauf que la question soulevée ne disparaîtra pas comme par magie. (6)

Une pomme de discorde entre l’Eglise et la société

Sans doute est-ce là l’une des raisons de l’hostilité de l’Eglise à une «théorie du genre» qu’elle perçoit comme une menace pour son organisation interne. Mais il y a plus fondamental. La doctrine catholique reste farouchement attachée à une anthropologie biblique fondée sur la différenciation sexuelle dans laquelle elle voit la volonté même du Dieu créateur. C’est cette anthropologie qui, pour elle, justifie le mariage hétérosexuel comme structurant de toute société. Dans son exhortation apostolique sur la famille, le pape François réaffirme que le seul modèle familial utile à la société est celui qui repose sur le mariage hétérosexuel, indissoluble et fécond. «Aucune union précaire ou excluant la procréation n’assure l’avenir de la société.» (7)

Il y a donc bien là une pomme de discorde réelle entre l’Eglise et le monde. La révolution pastorale à laquelle invite le pape François, par l’accueil miséricordieux de chacun  -couples non-mariés, divorcés remariés, homosexuels…- ne saurait ébranler la doctrine catholique. Le mariage gay ne peut pas être présenté comme «un modèle parmi d’autres» à proposer à la jeunesse. Or c’est précisément l’opinion qui tend à s’installer au fur et à mesure que la loi Taubira entre dans les mœurs. Et cela n’est pas sans conséquence sur notre système éducatif. Le respect de la différence n’est pas ici en cause. On sait le drame vécu par nombre de jeunes homosexuels qui, par peur du rejet familial ou social, en viennent à envisager le suicide voire, parfois, à passer à l’acte .

Créer la polémique plutôt que débattre en vérité

Le risque est qu’au motif de respecter l’enfant et son ressenti on ne le fige artificiellement dans une identité peut-être provisoire, un «genre» dont, nous dit-on, il pourra de toute manière changer au cours de sa vie s’il le souhaite. Mais à quel prix pour son équilibre psychologique, affectif et relationnel ? Est-on à ce point assuré que ce soit là la voie du bonheur ? L’Eglise n’aurait-elle pas le droit de poser ces questions auxquelles les sciences humaines sont aujourd’hui incapables de répondre ? Est-il juste que celui qui les formule soit aussitôt soupçonné d’être sous influence des intégristes ? Est-il normal que le pape le plus antilibéral au plan économique, soit accusé de conservatisme crasse, dans certains milieux, uniquement parce que, non sans logique, il se refuse à épouser tout autant des idées libertaires ?

C’est dans cette vision globale qu’il faut replacer les propos récents du pape François dénonçant dans la théorie du genre «un grand ennemi du mariage.»

Alors, emporté par sa spontanéité naturelle, le pape François a-t-il fait là un pas de clerc, faute d’avoir mesuré l’écho que ses propos pourraient avoir dans un pays à la couenne laïque sensible ? Et cela dans un contexte politique pré-électoral et à quelques jours d’une nouvelle «manif pour tous» dont les organisateurs doivent se frotter les mains, préssentant la belle aubaine. Chacun se fera son idée. Mais il est vrai que, ces jours derniers, beaucoup se demandaient ouvertement : «Qu’est-ce qui lui a pris ?»

La popularité du pape François tient en partie au fait qu’il ne pratique pas la langue de buis. C’est une attitude toujours risquée. Ceux qui souhaitent, comme lui, que l’Eglise sache «se faire conversation» avec le monde sont prêts à prendre le risque de ces fausses polémiques. Tout en regrettant qu’elles soient, pour certains dans la société – et pour la quasi totalité du monde des médias – une manière facile de refuser le dialogue en vérité qui leur est proposé, au service du bien commun.

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  1. Quarante-huit heures plus tard, le Vatican donnait une autre version, plus nuancée, des propos du pape.
  2. Dans ses premiers écrits Judith Butler plaidait ouvertement cette thèse. Et il reste nombre de militants de la cause pour continuer à penser que c’est là le vrai combat des études de genre.
  3. Lucetta Scaraffia, Du dernier rang. Les femmes et l’Eglise. Ed. Salvator, 192 p.
  4. Evangelii Gaudium, 104.
  5. Lucette Scaraffia, op. cit p. 38
  6. Il y a donc un enjeu pastoral à ne pas décourager les femmes – et plus largement les laïcs – engagés dans l’Eglise, de manière à ce que ce partage des responsabilités et du pouvoir soit encore possible, lorsque le clergé sera devenu à ce point si nombreux que l’évidence s’imposera à lui que l’essentiel de sa mission est ailleurs que dans la gouvernance des communautés chrétiennes.
  7. Amoris Laetitia, 52

(*) Ce lien a été rajouté postérieurement à la mise en ligne de l’article

L’illustration de cet article est tirée d’une campagne initiée en 2012 par Christine Boutin contre l’enseignement de la théorie du genre à l’école. 

 

 

 

54 comments

  • Au delà de leurs inconvénients, les pas de clerc du pape ont un avantage : débusquer les œuvres souterraines de destruction du socle anthropologique des cultures et des civilisations.

  • Je me rappelle avoir lu sur un blog de gauche en novembre 2012 : « il faut en finir avec le mariage judéo-chrétien hétéro-normé ». Ceci m’a mis la puce à l’oreille comme on dit sur les intentions des lobbies LGBT et autres sur la question du « mariage homosexuel  » et de la négation de l’anthropologie judéo-chrétienne. Sans parler des écrits quelque peu stupéfiants de Judith Butler. Alors il y a effectivement un combat qui est engagé entre la conception de l’homme telle que l’Eglise la conçoit et celle des démiurges dont parle Chantal Delsol dans son dernier livre « La haine du monde ». Bien amicalement.

  • Je trouve votre analyse très intéressante, puisque vous essayez de faire comprendre le point de vue des uns et des autres. Mais, ne pas être d’accord avec ce que dit le pape, ne signifie pas qu’on recherche la polémique sauf si on part de l’hypothèse que c’est lui qui a raison et qu’il n’a fait qu’une maladresse (calculée, parce qu’il est très malin).
    J’aurais néanmoins des réserves sur votre phrase : « Est-il normal que le pape le plus antilibéral au plan économique, soit accusé de conservatisme crasse, dans certains milieux, uniquement parce que, non sans logique, il se refuse à épouser tout autant des idées libertaires ? » parce que c’est un fait qu’en matière d’éthique familiale, François est un conservateur et que ce n’est pas être libertaire d’avoir des idées différentes (Humanae Vitae, Divorcés remariés, homosexuels, …)
    Voici un lien vers un de mes blogs, où j’ai fait tout un dossier sur cette question
    http://georgesheichelbech.blogspot.fr/2016/10/theorie-du-genre-ce-que-le-pape.html

    • Sauf que pour ce qui concerne le « genre » il ne s’agit à proprement parler ni d’Humanae vitae, ni des divorcés remariés ni tout à fait des homosexuels… Je persiste donc à penser que tels commentaires entendus ces jours derniers le qualifiant de conservateur impénitent, uniquement sur la base de cette question, me semblent tout à fait excessifs pour qualifier globalement la personne. Mais vous n’êtes pas obligé de me suivre…

  • Votre affirmation que plus personne ne pense que le genre doit se substituer à l’identité biologique me paraît très candide. Elle me fait penser à ces économistes libéraux (tendance Hayek, Friedman) que je suis allé un jour écouter parler des «régulations du système économique». Là aussi «personne ne contestait la nécessité d’un peu de régulation du marché». Sauf que le reste du discours consistait exclusivement en une dénonciation des méfaits des réglementations existantes. Si bien qu’au final, on se demandait quelles pouvaient bien être ces régulations qui trouvaient grâce à leurs yeux. Aucune probablement. L’affirmation du début était juste de forme, une pure hypocrisie.

    C’est bien là le problème de fond avec nos «progressistes». Tout donné naturel leur fait horreur. Seule est légitime la subjectivité personnelle. Et le débat est à peu près impossible: ne peuvent s’opposer au progrès que les hyènes dactylographes. Une certaine gauche, dans son inlassable quête de l’homme nouveau, est désespérément incapable de tirer les leçons de l’histoire…

    Il est bien évident par exemple que pour une Caroline Fourrest, que j’écoutais chez Finkielkraut il y a quelques mois, la différence des sexes ne peut avoir strictement aucune valeur ajoutée. Le contraire serait discriminant et c’est donc bien cela qu’il convient d’extirper à tout prix de la tête des enfants, sous couvert hypocrite de lutter contre les inégalités. Autre exemple de cette obsession à refuser la moindre petite valeur au biologique? Eh bien aux USA, l’obligation faite aux femmes d’accepter que des hommes transgenres entrent dans leurs compétitions sportives. Il y a notamment un cas célèbre en MMA, ce «combat de rue» organisé. Ou cette obsession à faire entrer des femmes dans les corps d’élite de l’armée, quitte à bidouiller les tests d’admission.

    Je crois simplement que le Pape ne pèche pas par excès de naïveté. Même si par ailleurs je suis bien d’accord qu’une réflexion sur la place des femmes dans l’Eglise ne ferait pas de tort.

    • @ Luc L.
      « une réflexion sur la place des femmes dans l’Eglise ne ferait pas de tort. »
      Cette tournure de phrase montre clairement une quasi hostilité à la place de la femme dans l’église.
      Une réflexion ? Il y a longtemps qu’on a écrit des kilomètres de réflexions sur le sujet… Il n’est plus besoin de réflexion : il s’agit de passer aux actes ! Mais on y passera pas… et surtout pas ce pape jésuite ! Quand on connaît l’espèce jésuitique, on sait bien que c’est l’art de prôner le blanc en paroles et le noir en actes.
      « ne ferait pas de tort » ? hé bé ! On sent bien que, selon vous, cela ne ferait pas de bien… et surtout pas un bien inestimable et précieux…
      conclusion : la messe est dite ! La femme exit !

      • Là encore vous êtes dans l’excès ! Vous ne connaissez pas l’Eglise et ses subtilités, sans quoi vous ne vous permettriez pas d’écrire sur le pape François, face à la question des femmes dans l’Eglise, ce que vous écrivez ! Simplement vous estimez – au nom de quelle vétrité révélée – que c’est la société civile qui devrait dicter à l’Eglise son attitude vis-à-vis des femmes ! Absurde ! Laissez donc les catholiques mener eux-mêmes le combat de manière plus assure parce qu’ils savent où il faut porter le fer. Et intéressez vous aussi à la place de la femme dans l’Islam !

  • Votre article ne manque pas d’intérêt, et je vous en remercie.
    Je soulignerai cependant le chapeau de celui-ci, quand vous évoquez une société qui se défausserait de tout débat avec l’église.
    La question est : peut-on VRAIMENT débattre avec l’église ?
    Je crains que la réponse soit non ! Car en effet l’église ne débat pas, elle affirme de toute autorité, de toute éternité, qu’elle détient la vérité des vérités sur tout et son contraire.
    C’est une ligne de fond permanente depuis des siècles.
    Autrement dit tout débat est vain et stérile.
    C’est d’ailleurs bien dommage, car alors on ne peut que combattre et rejeter. Se soumettre ou se démettre.
    Mais qui a rejeté le différent (le différend ?) en premier ?
    Certainement pas la société laïque actuelle puisque l’église omnipotente et omniprésente est bien plus vieille qu’elle.
    l’église conçoit ainsi l’ouverture au dialogue : nous pouvons discuter à condition que vous soyez toujours d’accord avec nous… et nous n’aurons de cesse de vous convaincre que nous détenons toutes les vérités !
    On ne peut d’ailleurs imaginer autre position, puisqu’elle détient la vérité de Dieu, reçu en direct, révélée pour l’éternité. Enfin c’est ce qu’elle prétend !…

    Discutez, discutez ! Il n’en restera rien !
    Il faut croire que Dieu n’aime pas la discussion. Il procède tout par affirmation, Par la voix de son église Sainte catholique et apostolique. Dans la liste, on a oublié hégémonique…

    • Votre commentaire a le mérite d’exprimer une pensée partagée par beaucoup. Elle contient un fond de vérité. Il est vrai que l’Eglise au nom de la Vérité avec un grand V, a longtemps – et continue pour une part – prétendu dicter sa vision du monde. On connaît son attachement au principe de la loi naturelle qui aurait valeur universelle et dont elle serait la seule interprète autorisée. Pour autant je ne puis ratifier votre propos. Parce que je connais l’Eglise de l’intérieur, qu’elle n’est pas aussi monolithique que vous l’exprimez et que nombre de textes du magistère, depuis Vatican II, plaident pour une ouverture et un dialogue confiant avec le monde. Même si, ici ou là, cette volonté est parfois contrariée par de contre exemples.

      Vous prenez la défense de la laïcité et de la société civile qui, pour le coup, serait une oie blanche, également détentrice d’une Vérité absolue qui trouverait sa source dans l’expression de la volonté populaire… Curieuse vérité susceptible de changer en fonction des variations de l’opinion. Et je puis vous certifier, pour avoir été directeur d’un hebdomadaire catholique qui se voulait ouvert au dialogue, que je me suis souvent heurté à des confrères ou un certain milieu politique qui n’en avaient rien à f… parce que ça les arrangeait, au fond, de donner de l’Eglise une image d’intolérance et d’obscurantisme.

      Donc je persiste et signe. Lorsque on en vient, comme l’actualité récente l’a montré, à vouloir poursuivre devant les tribunaux toute personne qui émettrait le moindre propos public interrogatif ou critique sur l’avoretement (ce qui est le cas de l’Eglise)… où est l’ouverture au débat et à la tolérance ? Ou est le simple respect de la liberté d’expression si chère à notre République dont elle est l’un des fondements.

      • Où avez-vous lu que j’aurais dit que la société civile et laïque serait détentrice d’une vérité absolue ? Les faits démontrent évidemment bien autre chose. D’ailleurs j’entends surtout dire qu’on la trouve trop relativiste et permissive…
        Ce qui dérange c’est la perpétuelle position d’autorité supérieure que l’église s’arroge. Si en interne on peut réclamer l’obéissance indéfectible. ( Largement dérogée dans les faits quand on discute avec des ecclésiastiques). au nom de quoi voudrait-on l’imposer à l’humanité toute entière ?
        Et en cela je la trouve largement à côté de la plaque par rapport au message de l’Évangile.
        Jésus aimait les personnes quelles qu’elles soient.
        Il ne condamnait pas, Il invitait à une nouvelle vie, il proposait un Royaume, pas une religion d’asservissement.
        Il renvoyait les personnes à leur conscience et leur intériorité, tel était le message de « son père ». Il n’a probablement pas envisagé des choses du genre de l’inquisition qui existe toujours tout en ayant pris d’autres formes plus light. Et en quelque sorte plus sournoises.
        S’il m’arrive de m’emporter c’est à la mesure de ma profonde déception des comportements ecclésiastiques collectifs.
        Bien entendu, au niveau de la personne prise individuellement, il peut en être bien souvent autrement.
        Mais là ce sont des positions d’appareils qui condamnent les humains, même s’il existe un discours de miséricorde, peu visible dans les faits au niveau du magistère. Sauf des paroles… mais pas la Parole de Jésus.
        Vous allez sans doute me contester. C’est pas grave. Je connais la valeur de mes positions.
        Quant à mes actions personnelles pour un monde plus juste et plus humain, vous en ignorez tout.

        • L’idée que la société civile serait détentrice de la vérité… découle de la logique de vos propos ! Lorsqu’on réfute à une tradition religieuse (ce pourrait être le judaïsme, l’Islam…) de participer au débat sociétal (ce que fait le pape) c’est bien qu’il existe une vérité autre à leur opposer. Une vérité qui apparemment ne peut se construire sans leur apport. Le « relativisme » auquel vous faites référence ne contredit pas mon analyse puisqu’il est lui-même devenu la Vérité. Tout est relatif, tout se vaut ! La seule vérité recevable étant qu’il est vain de chercher la vérité. Cela devrait pouvoir se discuter, sereinement !

          Pour le reste je me garderai bien de vous contrarier. Vous me reprochez (en message privé) de refuser le dialogue et d’imposer mon point de vue comme non-discutable. Et vous terminez votre propos par cette phrase : « Je connais la valeur de mes positions ». Où est la différence ?

          • La différence est peut-être que je ne cherche pas à les absolutiser. je ne dis pas que c’est ce que vous faites, je parle de l’église en tant qu’institution. Connaître la valeur de mes positions ne signifie pas que je veux les imposer à la terre entière. D’autant qu’elles ont varié au cours de ma vie. Je fus un « fervent chrétien », avant de découvrir les errements coupables de ceux que j’avais cru pouvoir choisir comme maîtres…
            et je vous assure que cela est particulièrement cruel dans la vie d’un homme : Avoir été trompé. il ne faudrait pas croire pour autant que je suis un apôtre de la religion laïque… je ne le suis d’aucune.
            Il n’y a qu’un seul le maître : Jésus.
            Et celui-ci n’est pas assigné à résidence dans une quelconque religion. Pas plus qu’en moi-même.
            Je me contente d’essayer de me nourrir de sa parole, bien difficilement et bien modestement.
            Donner sa vie pour une institution ne fait pas sens pour moi. Donner sa vie au service des autres c’est bien autre chose.

          • Au risque de vous surprendre – agréablement j’espère – je partage pour beaucoup votre sentiment. Mais lorsque dans mon article j’interpelle l’Eglise sur le sort fait aux femmes je n’ai pas le sentiment de servir la soupe à l’institution. Simplement je persiste à m’interroger sur le refus obstiné d’écouter la moindre parole de l’institution, dès lors qu’elle dissonne avec la pensée dominante, au seul motif que l’Eglise ayant fait la preuve de son omnipotence et de son intolérance et parfois même de sa tyrannie, elle ne peut pas avoir changé et vise simplement à vouloir à nouveau imposer sa loi. Ce qui me semble réducteur et faux !

          • Je suis bien d’accord avec vous. Je ne vous ai jamais perçu comme un « béni-oui-oui » de l’institution… au contraire, Vous savez la remettre en cause avec pertinence, et défendre ce que vous estimez avoir à défendre.Quant au refus d’écouter l’institution, je suis, en effet, personnellement fermé à 80 %… chat échaudé craint l’eau froide. Est-ce que l’église donne le sentiment qu’elle n’impose plus sa loi ? Peut-être… c’est encore bien ténu… Pour ne pas dire quasiment invisible à l’homme ordinaire qui a souffert du judéochristianisme et ils sont des millions…
            Il est excessivement difficile à l’homme de renoncer à exercer un pouvoir sur autrui. Quand on estime le faire au nom de Dieu, c’est encore pire… Il faudrait peut-être des actes beaucoup plus forts que les timidités d’aujourd’hui. C’est bien dommage puisque l’église est dépositaire d’un message splendide, mais qu’elle confond avec les splendeurs temporelles et les bâtiments ostentatoires. telle la basilique Saint-Pierre de Rome où on peut loger facilement notre Dame de Paris ! Si ça c’est pas un temple particulièrement « païen » !…. alors que Jésus déclare qu’il n’est pas besoin de temple, si ce n’est le temple intérieur du royaume.
            Pour changer tout cela, combien faudra-t-il de siècles ?

  • En quoi affirmer une position de l’Église de manière claire et sans ambigüité serait-il une forme de fermeture au dialogue?

    Pour les contradicteurs de la vision anthropologique chrétienne, que le pape fasse des circonvolutions ou pas pour exprimer une opinion, cela ne change strictement rien.

    Il serait bon aussi de rappeler qu’énormément de spécialistes éminemment compétents en diverses sciences humaines dénoncent ces théories de déconstruction à cause de leur caractère strictement idéologique. La déconnexion avec la dimension biologique tient tout simplement du mensonge scientifique. Ce débat dépasse largement le cadre du dialogue entre l’institution ecclésiale et la société civile. De plus, dans les débats sociétaux, l’église fait partie d’une des voix de la société civile. Les opposer est préjudiciable et malhonnête.

    Utiliser le thème de l’égalité pour justifier une lutte des stéréotypes de genre tient tout simplement du discours politique et prouve en soi que les responsables n’en sont plus aux interrogations ni aux dialogues contradictoires mais bel et bien à un agenda de formatage éducatif et législatif qui vise à imposer une Vérité absolue qui ne souffrirait d’aucube contradiction. Peu importent les pincettes que pourraient utiliser le pape. Donc, autant qu’il s’affirme et pour les curieux, la littérature qui traîte du sujet est assez eiche actuellement

    • Le terme genre, par opposition au concept de sexe, fait référence aux aspects non-physiologiques de l’identification d’un individu comme étant mâle ou femelle. Le genre est un produit de construits culturels et subjectifs qui sont en constante variation en fonction du temps, du contexte et de l’environnement. Alors, quand il est question de différences de genre, on parle davantage des dissemblances et des attributs explicites ou implicites entre les hommes et les femmes dans un spectre issu de la socialisation. En fait, ce sont les différences entre les sexes que la socialisation nous a inculquées, ce que l’on attribue à la féminité et à la masculinité.
      Un petit garçon d’un couple très chrétien que je connais aime jouer à la poupée. Son père le lui interdit et le gronde : tu es un garçon ! Un garçon ne joue pas à la poupée…
      Evidemment qu’il est un garçon, il a une bite et 2 couilles…
      mais son père n’aime pas qu’il fasse « genre féminin ».

    • Sauf qu’il n’y a pas « une » vision anthropologique chrétienne, comme vous semblez le prétendre. Les chrétiens sont très, très, très loin d’être tous d’accord avec la vision du Magistère. Y compris les catholiques. Y compris les pratiquants.

    • Au sens du Magistère, la chasteté – dans le sens de la continence – doit être recherchée par tout le monde, que l’on soit marié ou non marié
      (dans le cas des personnes mariées, la priorité des priorités allant à la continence, avec en second lieu – mais uniquement dans le but de rendre la procréation possible et non pas dans celui de procurer du plaisir – l’union physique entre les époux).

      Quant aux sexualités dont le vécu ne serait pas conforme à une telle définition de la chasteté, jusqu’à quand le Magistère se réfugiera-t-il derrière son échappatoire bien connue : « Couvrez–moi ces sexualités non conformes que mon Catéchisme ne saurait voir » ?
      (précisément – afin de promouvoir une manière non discriminante de considérer l’homosexualité – la pétition actuellement en cours et dont Témoignage Chrétien a pris l’initiative a déjà recueilli à ce jour 2520 signatures).

      • Désolé mais continence et chasteté n’ont pas la même signification. La continence consiste à s’abstenir de relations sexuelles, la chasteté procède du respect de l’autre dans la relation, l’Eglise aimant à dire que dans l’acte sexuel on s’offre à l’autre et on le reçoit plutôt qu’on ne le possède ou se fait posséder. La chasteté c’est la non possession, même au travers du regard. Les religieux, même s’ils font vœu de chasteté, et les prêtres, même s’ils font, eux, vœu de célibat, sont également tenus à la continence. Tout comme, pour les laïcs : les célibataires, les veufs ou veuves non remariés, les divorcés remariés… et les homosexuels fussent-ils en couple !

        Concernant les couples hétérosexuels mariés, il est vrai que la tentation existe toujours dans certains milieux d’Eglise, de vouloir faire vivre les humains comme des anges. Et, c’est bien connu « qui veut faire l’ange fait la bête ». Les affaires de pédophilie sont là, hélas, pour nous le rappeler ! Toujours cette lecture de la faute originelle comme étant de nature sexuelle. On a les obsessions qu’on peut ! Pour autant, même si je ne suis pas un inconditionnel de sa théologie du corps, le pape Jean-Paul II a largement réhabilité le droit au plaisir pour le couple. Et pas uniquement comme vous l’écrivez « dans le but de rendre la procréation possible » puisque l’usage des méthodes naturelles lui est autorisé.

        Je trouve personnellement l’Eglise suffisamment rigide sur ces questions – et à mes yeux coupablement rigide – pour qu’on n’en rajoute pas !

  • René, cet article n’est pas dénué d’intérêt. Cependant, je trouve qu’il y a quelque chose de contradictoire à écrire sur ce que la société comme l’Église peuvent avoir à dire de la notion de genre tout en se reconnaissant non compétent pour parler du sujet. Cette attitude vous conduit à esquiver le problème de fond, à savoir ce que recouvre réellement la prétendue « théorie du genre ». Car enfin, quel intérêt y a-t-il à parler si l’on n’aborde pas cela ? Que l’Église ait le droit de s’exprimer sur le sujet, comme tout le monde a le droit de s’exprimer sur tous les sujets, est une évidence que seuls nient quelques extrémistes (qui n’ont d’ailleurs rien compris à la notion de laïcité). Oui, l’Église a le droit de faire diffuser sa vision de l’anthropologie, au même titre que la scientologie, que le ministère de l’éducation nationale, que vous ou que moi.

    Mais si on écrit sur le sujet, je ne crois pas qu’on puisse se débarrasser d’un revers de la main de la question de savoir s’il y a ou non une « théorie du genre » ou ce que montrent les études de genre. Or, là-dessus, vous êtes trop flou. Déjà, il serait nécessaire de faire la distinction entre ce qui appartient au domaine de l’analyse scientifique et ce qui appartient à celui de l’opinion personnelle. Ce n’est pas parce qu’une personne (disons Judith Butler, au hasard) ouvre la bouche que tout ce qui en sort appartient à l’analyse scientifique des études de genre.

    Ensuite, et surtout, il me semble que vous manquez le point essentiel, fondamental, de ce que sont les études de genre. Vous affirmez en effet qu’elles « se sont attachées à déconstruire les stéréotypes traditionnellement liés, dans nos sociétés, aux sexes masculin et féminin ». C’est faux : les études de genre sont des analyses scientifiques, pas des entreprises politiques. Elles ne cherchent pas à construire ou à déconstruire quoi que ce soit, elles cherchent à analyser la manière dont nos sociétés fonctionnent. Bien sûr, dans un second temps, ces études de genre peuvent servir un but politique, et il se peut même que ce soit les mêmes personnes qui fassent les deux actions. Mais ce n’est pas une raison pour séparer les deux domaines. Un historien qui travaille sur l’histoire de l’extrême-droite peut être personnellement impliqué dans un combat politique contre (ou pour !) ce courant ; mais quand il fait de l’histoire, il essaye de rester le plus impartial et objectif possible. Il faut donc séparer les deux domaines, sauf à invalider la possibilité même de toute science humaine.

    Enfin, votre crainte de « figer » l’enfant dans « une identité peut-être provisoire » me semble bien difficile à fonder. Déjà, il est bien difficile de croire que vous êtes constant dans cette crainte : auriez-vous peur, de la même manière, de figer artificiellement un adolescent dans une identité hétérosexuelle peut-être passagère ? Ou bien votre crainte se limite-t-elle à l’homosexualité ou à ceux dont le sexe ne correspond pas au genre ressenti ou vécu ? Dans le second cas, il faudrait justifier cette différence de traitement. Cela me semble bien délicat.

    • Meneldil, sauf à être au XXIe siècle l’équivalent de nos humanistes de la Renaissance, je ne vois pas comment le modeste journ aliste que j’ai toujours été aurait, sur tous les sujets, une connaissance universelle. Ma grand mère, qui était une honnête femme mais également très bavarde, ce qui n’est pas contradictoire, avait pour habitude de dire « si on ne parlait que pour dire des choses intelligentes, on ne parlerait pas beaucoup ». Je paraphraserai : « si on ne parlait que des choses que l’on connaît vraiment, on s’abstiendrait beaucoup ». Les bistrots seraient désespérément vides et les réseux sociaux silencieux. Je sais que certains en seraient heureux !

      Quarante ans ou presque de pratique du journalisme m’ont montré que sur tout sujet, je bien tout sujet, on trouve des experts, également diplômés qui affirment tout et son contraire avec la même assurance. Pardonnez-moi mais je trouve plutôt honnête, contrairement à vous, d’avouer que je ne suis pas un expert, ce qui vous permet pour le coup de vous sentir libre par rapport à ce que j’écris et de vous hisser au-dessus de mon ignorance pour nous faire partager votre savoir. Le journaliste, même spécialisé, n’est expert en rien. Il est un médiateur. Ou alors c’est l’expert qui se pique de journalisme. Pas toujours avec plus de bonheur !

      Concernant le dernier point de votre critique j’évoquerai la même querelle d’experts. Vous exprimez, dans un commentaire posté sur ma page Facebook, que l’origine biologique de l’homosexualité serait désormais assurée. On naîtrait donc homosexuel. Je vais vous exaspérer mais personnellement je n’en sais rien. J’entends nombre de psychanalystes et psychiatres décrire les choses autrement. Vous me direz que les connaissances ont évolué et qu’eux aussi, comme moi, parlent sans savoir. C’est possible, comme il est possible que la question soit encore en débat !

      Merci néanmoins de considérer que cet article n’est pas totalement dénué d’intérêt.

      • Le problème, René, c’est que vous faites comme si toute connaissance était inaccessible et par définition impossible. Mais quand on ne sait pas, on s’informe ! Vous ne savez pas si on naît homosexuel, et vous évoquez la querelle de certains biologistes et de certains psychiatres. Très bien, mais du coup, la seule chose à faire me semble-t-il, c’est de confronter leurs arguments, non ?

        A ce titre, l’ouvrage de Jacques Balthazart intitulé « Biologie de l’homosexualité – On naît homosexuel, on ne choisit pas de l’être » est toujours en librairie, à ma connaissance. Lisez-le, analysez les arguments qu’il présente, confrontez-les à ceux des psychiatres qui (peut-être sans l’avoir lu) ne sont pas d’accord avec lui, et tirez-en vos propres conclusions.

        Contrairement à ce que vous essayez de faire croire de moi, je n’essaye nullement d’imposer un savoir. En revanche, j’essaye, il est vrai, de m’élever au-dessus du propos de café du commerce qui affirme péremptoirement que « boaf, de toute façon personne n’en sait rien ».

        • Meneldil je ne cherche pas à polémiquer. Peut-être me suis-je mal exprimé dans mon papier initial. Lorsque vous me proposez de « confronter les arguments » des uns et des autres et d’en « tirer » mes propres conclusions… Figurez-vous que c’est ce que j’essaie de faire depuis qu’on parle de théorie du genre. Mais en quoi la résultante de cette réflexion – qui chez chacun peut conduire à des synthèses différentes – serait-elle un point de vue de spécialiste ? Je ne disais pas autre chose dans le propos que vous avez mis en exergue.

          • On ne va pas polémiquer là-dessus pendant des heures, d’autant que ce sont des détails. Si vous vous informez, tant mieux ! Dans cette optique, avez-vous lu le livre de Balthazart ? Je crois vraiment que c’est un incontournable sur le sujet. Et si vous l’avez lu, où sa démonstration vous semble-t-elle pécher ?

            De même, répondez à ma question : seriez-vous inquiet de figer un adolescent dans une identité hétérosexuelle peut-être provisoire ? Et si non, comment expliquez-vous cette différence de traitement de votre part entre homosexualité et hétérosexualité ?

          • Meneldil votre question sent le piège ! S’il est assuré, comme vous semblez l’affirmer, à partir des études auxquelles fait référence le livre de Balthazart, que l’homosexualité est d’origine biologique, bref qu’on naît homosexuel et qu’on ne le devient pas, alors ma position est intenable, en effet.

            Si j’ai rédigé ma phrase de la manière que vous contestez c’est tout simplement parce que je reste à ce jour, contrairement à vous, sur une approche de l’homosexualité marquée par la psychanalyse qui parle, en effet, d’une période de l‘adolescence où «l’on se cherche». Et parce que je reste réfractaire à ce partage des eaux entre homosexuels et hétérosexuels à temps complet, sachant l’immense champ des entre-deux. Or l’entre-deux peut-il être d’origine biologique ?

            Vous évoquez ce texte de référence que je vais lire. Mais je voudrais néanmoins, ne serait-ce que pour vous prouver ma bonne volonté de ne pas rester désespérément encrassé dans des préjugés, citer ici deux ouvrages.

            Le premier a été écrit par Claude Besson qui milite, comme vous et moi d’ailleurs, dans la même association de cathos disons progressistes la CCBF (Conférence Catholique des Baptisés Francophones). Dans cet ouvrage publié en 2012 aux Editions de l’Atelier (Homosexuels chrétiens, sortir de l’impasse), il écrit : «On ne naït pas homosexuel ou hétérosexuel, on le devient.» (p.23).

            Le second vient de me parvenir. Publié par l’association d’homosexuels chrétiens Devenir Un en Christ, il s’intitule : Foi, homosexualité, Eglise… (Bayard 2016). Je lis : «La genèse de l’homosexualité reste aujourd’hui encore une énigme, malgré toutes les études menées sur le sujet. La psychanalyse a parlé d’arrêt dans le développement affectif des personnes, parfois dû à l’éducation ou à des traumatismes dans l’enfance ; des scientifiques ont tenté d’identifier des origines génétiques ou hormonales, mais leurs travaux n’ont pas abouti à un résultat probant.» (p.23-24)

            Alors je vous pose à mon tour la question : si l’origine biologique, génétique, de l’homosexualité était à ce point assurée, pensez-vous qu’un mouvement homosexuel qui se bat sur ce front depuis des décennies l’ignorerait à ce point et ne s’en prévaudrait pas pour faire valoir ses revendications et ses droits, notamment vis-à-vis de l’Eglise ?

            Meneldil, tel que je vous connais, vous allez répondre à ce post avec de nouveaux arguments. Je ne suis pas sûr d’avoir envie d’y répondre non par mépris, mais par refus de m’engager dans un dialogue sans fin et sans issue. Je crains que la question ne soit plus complexe que la vision caricaturale et simplifiée que continue à en donner notre Eglise catholique, mais tout autant que ce que donne à entendre, dans un sens opposé et non dénué d’idéologie, l’éducation nationale.

            Je ne sais pas si je suis un honnête homme au sens où on l’entendait au XVIIe siècle, mais je me crois un homme honnête. Je puis ne pas avoir toute l’information sur le sujet. Qui la possède ? Mais je crois avoir montré sur ce blogue un profond respect pour les personnes homosexuelles, seules ou en couple. Et je revendique le droit de continuer à m’interroger, et à interroger la société dans laquelle je vis.

    • Un des plus grands mathématiciens vivants (le plus titré en tout cas), le belge Pierre Deligne, explique sa prédilection pour les mathématiques par le fait que dans ce domaine, on peut avoir des certitudes. Quand un théorème est démontré, c’est définitif. Ce n’est pas le cas en physique, par exemple, où tout peut toujours être remis en question par une nouvelle découverte.

      La physique est pourtant la plus « dure » des sciences, celle qui offre les conditions d’expérimentation les plus fiables. Si même là on n’a jamais de certitudes, que dire alors des sciences sociales? Eh bien, ceci par exemple: http://www.nature.com/news/over-half-of-psychology-studies-fail-reproducibility-test-1.18248 (notez au passage que « plus de la moitié » est une litote pour « les deux tiers », voire 80%)

      Vous semblez accorder au mot « science » des vertus magiques, ce qui me paraît assez naïf. La méthode scientifique permet un degré de certitude très variable selon les domaines de recherche auxquels on l’applique. Et c’est peu dire que, en sciences sociales en général et sur les études de genre en particulier, cette fiabilité est discutable, pour toute une série de raisons structurelles.

      En premier lieu, les motifs de conflit d’intérêt sont beaucoup plus importants qu’en sciences naturelles. Les sujets étudiés concernent souvent l’examinateur lui-même ou ses convictions les plus fondamentales. Il n’est donc pas surprenant que la frontière entre science et politique soit beaucoup moins claire que vous ne le laissez entendre. On observe d’ailleurs aux Etats-Unis un mouvement de révolte contre la politisation excessive des sciences sociales. Ce qui est intéressant, c’est qu’il est porté par des chercheurs « libéraux » qui s’inquiètent des dérives totalitaires de leur propre camp. Sur ce sujet, vous pouvez lire ceci, par exemple: http://www.mindingthecampus.org/2016/02/a-conversation-with-jonathan-haidt/
      Et sur l’impossibilité de débattre sereinement de certains sujets liés au genre (entre autres) http://nymag.com/scienceofus/2015/12/when-liberals-attack-social-science.html
      Faut-il vraiment en être surpris, d’ailleurs? Comme si c’était neuf … Quand Simon Leys révéla la vérité sur le régime de Mao, les thuriféraires du boucher chinois n’en payèrent aucun prix, c’est lui qui dut s’exiler en Australie pour faire carrière…

      Deuxième raison, la part très large laissée à l’interprétation au moment de tirer des conclusions. Quand bien même les données expérimentales auraient-elles été collectées correctement, ce qui n’est pas toujours le cas, reste encore à en tirer des conclusions et c’est là que ça se corse… On peut définir des lois de la physique parce que tout y est beaucoup plus normé: un électron est un électron. Quand bien même en aurait-on un milliard, ils auront tous les mêmes propriétés. Un milliard d’humains, par contre, c’est un milliard de comportements différents et même pas constants: personne ne réagit deux fois exactement de la même manière au même stimulus. Le sujet d’étude étant infiniment complexe, il est impossible d’obtenir toute l’information nécessaire pour en faire le tour. L’incertitude résiduelle est donc beaucoup plus importante.

      En guise d’illustration de tout ce qui précède et en particulier, du degré de déni dans lequel peut s’enfoncer un théoricien du genre, je vous invite à regarder le documentaire suivant, et plus spécialement le moment où on confronte ces « spécialistes » avec des observations venues des neuro-sciences. Chez moi, refuser la réalité quand elle s’oppose à l’idéologie, on appelle communément cela de l’obscurantisme. https://m.youtube.com/watch?v=tiJVJ5QRRUE

      En résumé, faire la leçon à René (et au Pape à travers lui) au motif que les études de genre, c’est de la science et qu’on ne critique pas la science … eh bien, ça me paraît très superficiel. Et ça l’est d’autant plus, dans le cas qui nous occupe, qu’on n’a de cesse de nous seriner qu’il n’y a pas « une théorie du genre » mais bien « des ». C’est d’ailleurs compréhensible. Entre le tout biologique et le tout culturel, il y a de la marge. A mes yeux, les deux extrêmes sont aussi obscurantistes l’un que l’autre et à vrai dire, je n’ai jamais bien compris en quoi le fait qu’il y ait « des théories » était sensé me rassurer. La question évidente est: à quel courant les concepteurs des programmes imposés aux enfants se rattachent-ils? Par exemple, je n’aimerais pas trop qu’ils soient comparables aux spécialistes interviewés dans le documentaire dont je donne le lien. Dans le même ordre d’idées (et de déni obsessionnel du biologique), je m’inquiéterais s’ils partageaient les vue de la fédération américaine de Mixed Martial Arts (ce combat de rue à mains nues), qui a décidé que, monsieur Boyd Burton ayant choisi de devenir madame Fallon Fox, il était légitime qu’il combatte désormais chez les femmes. Si Bruce Jenner, champion olympique du décathlon, avait décidé plus tôt de devenir Caitlyn, fallait-il aussi le laisser concourir chez les dames? J’avoue aussi que je ne serais pas trop à l’aise avec des épigones de la Commission des Droits de l’Homme de l’Etat de New-York qui recommande de punir d’amendes sévères toute institution ou entreprise qui refuserait d’utiliser le pronom choisi par ses employés ou clients. Et on ne parle pas ici des très banals him ou her. Mais de … de n’importe quoi en fait. Le choix est totalement libre: hir, ze … They est à la mode paraît-il, on a des identités multiples ou on n’en a pas … https://www.washingtonpost.com/news/volokh-conspiracy/wp/2016/05/17/you-can-be-fined-for-not-calling-people-ze-or-hir-if-thats-the-pronoun-they-demand-that-you-use/?utm_term=.5d1971d18f45

      Ce que je montre, par tous ces exemples, c’est un constat simple. Je ne pense pas qu’il reste grand monde à l’extrême du « tout biologique ». En tout cas pas moi. Je crains par contre que le « tout culturel » ne soit beaucoup plus représenté qu’on ne veut l’admettre. Et vu l’entourage habituel de Najat Vallaud-Belkacem (Caroline de Haas etc …), oui, je trouve qu’il y a matière à s’inquiéter.

  • L’Occident semble de plus en plus perdu pour la catholicité, car les pays d’Europe occidentale ne sont plus aussi perméables qu’ils l’étaient jadis aux enseignements doctrinaux intangibles du Magistère.

    Aussi l’Eglise catholique a-t-elle toutes raisons de se préoccuper désormais de ce qui se passe dans d’autres régions du globe telles que l’Afrique et l’Amérique du Sud, entre autres. Trois exemples récents peuvent témoigner d’une pareille évolution.

    Premier exemple : celui de l’idéologie du genre, avec l’intervention du pape François.
    Le 1er octobre dernier, lors d’un entretien avec les journalistes, le pape François a créé la surprise en s’en prenant une nouvelle fois à la France – dont l’enseignement ferait à tort une place privilégiée à l’idéologie du genre. Certains commentaires dans la presse ont mis en évidence que cette intervention surprise peut s’expliquer en faisant le rapprochement avec ce qui vient de se passer en Colombie, à savoir le rejet – par la population – du protocole de paix signé avec les Farc, un protocole rejeté par les milieux intégristes – parce que faisant la part trop belle à l’idéologie du genre. Par sa critique de l’idéologie du genre en France, le pape souhaitait surtout marquer son approbation envers les milieux intégristes colombiens qui critiquent cette même idéologie chez eux.

    Deuxième exemple : celui de la communion ou non aux divorcés remariés, avec l’intervention du Cardinal Robert Sarah. Il semblait pratiquement acquis, après la première session du Synode de la famille, que l’accès à la communion des divorcés remariés allait être accordé lors de la seconde session. Or, entre les deux sessions du Synode, le Cardinal Robert Sarah – responsable du culte à la Curie – a publié son livre choc « Dieu ou rien » dont le ton sévèrement réactionnaire allait faire des vagues. Au point de convaincre ses collègues cardinaux que pareille transformation n’était pas souhaitable et qu’il valait mieux conserver la doctrine en l’état et ne rien y changer, comme d’habitude. (le Cardinal Sarah est d’origine guinéenne et donc particulièrement sensible à la mentalité traditionnelle de la communauté catholique africaine).

    Troisième exemple : celui du principe de subsidiarité. Introduit depuis le dernier concile, ce principe permet d’avoir des prises de décision régionales, d’une part, et une prise de décision centralisée, d’autre part.
    Pour les matières spécifiquement régionales, les prises de décision pourront donc souvent être régionales, seules les matières communes à tout le monde étant traitées et décidées d’une manière centralisée.

    Ma conclusion : en Europe occidentale, l’Eglise catholique ne mènerait-elle pas un combat d’arrière-garde ?

    • Je ne vous accuserai pas de pratiquer la « théorie » mais le mélange des genres… Quoi de commun entre vos trois illustrations ? La première me laisse perplexe et me semble tenir de la simple rumeur par nature difficilement vérifiable. Et si le pape François était tout simplement convaincu – à tort ou à raison – de ce qu’il dit ?

      Concernant l’influence supposée de Mgr Sarah on est dans le même processus d’intoxication. Que le débat ait été rude au synode, notamment du fait de l’hostilité des épiscopats africain, américain et polonais…, c’est une évidence. Mais l’exhortation apostolique sur la famille est sur l’accès aux sacrements de personnes en situation « non conforme » à l’enseignement de l’Eglise, parfaitement claire. Sauf pour qui ne veut pas voir. Et il y en a ! Relisez ce que j’ai écrit à ce sujet sur ce blogue ;

      http://www.renepoujol.fr/synode-sur-la-famille-du-jugement-a-la-bienveillance/

      http://www.renepoujol.fr/synode-sur-la-famille-convaincre-les-objecteurs-de-confiance/

      Enfin, le principe de subsidiarité ne date pas de Vatican II. Il est l’un des piliers de la doctrine sociale de l’Eglise. On le trouve déjà formulé en 1931 dans l’encyclique Quadragesimo anno du pape Pie XI au n°86. Et l’on sait par ailleurs, en effet, le souhait du pape François d’une plus grande autonomie des épiscopats et pourquoi pas demain de patriarcats catholiques par continent, pour mieux adapter l’enseignement de l’Eglise à la diversité des cultures, étant sauve l’unité de la foi dans son essence.

      Honnêtement je ne vois pas le lien entre ces trois points. Pour ce qui est de l’avenir du christianisme en Europe occidentale, la question ne peut pas être abordée en quelques phrases. Certes, on peut parfois avoir le sentiment que l’Eglise n’a pas su adapter son discours et sa pensée à un monde marqué par les progrès de la connaissance. C’est d’ailleurs dans ce sens que j’ai toujours entendu l’aveu du pape François devant l’épiscopat brésilien, le 27 juillet 2013 : « Peut-être l’Eglise avait-elle des réponses pour l’enfance de l’homme, mais non pour son âge adulte. »

      Mais je pense, personnellement, que l’avenir du christianisme ne se joue pas uniquement sur les « nouveaux continents » de l’Evangile que sont l’Amérique latine, l’Afrique ou l’Asie… sur la base de la seule piété populaire. Il y a un enjeu essentiel à ce que la vieille Europe et l’Amérique du Nord se montrent capables d’inventer des voies nouvelles pour un christianisme réconcilié avec le monde de la science. Le débat entre foi et raison est une vieille histoire à laquelle l’Eglise s’est souvent affrontée et qui n’a pas à l’effrayer a priori. Et pour ma part je ne suis pas pessimiste !

      Lors d’une conférence donnée devant le groupe Confrontations, en avril 1985, le père Hervé Legrand op. déclarait : « Peut-on croire sérieusement que les problèmes que nous n’aurons pas résolus ici (en Occident) les rapports entre les différents types de savoir, seront résolus ailleurs ? Ces défis que les Eglises d’Occident ont à relever sont ceux d’une inculturation de la foi dans une société opulente, hautement technique, scientifique, urbanisée, complexe. Relever la pertinence de la question de Dieu dans ce type de société, c’est être à la pointe d’un combat décisif pour l’avenir de l’Evangile (…) L’avenir de l’Eglise se trouve aussi en Occicent ». Ce diagnostic n’a pas pris une ride !

      • René,

        Pensez-vous vraiment qu’il y a lieu de soupçonner le journal Le Monde « d’intoxication » comme vous dites ? (voir ci-dessous)
        http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/10/06/colombie-la-paix-les-farc-et-la-theorie-du-genre_5009083_3222.html

        Quant à mes trois exemples, ils démontrent – chacun à sa façon – comment le Magistère de l’Eglise catholique intégrera désormais les régions à sa réflexion, en particulier celles « à haut potentiel catholique » :
        – Exemple 1 : intégration de la région latino-américaine
        – Exemple 2 : intégration de la région africaine
        – Exemple 3 : intégration région par région

        • Si je lis bien l’article du Monde, il souligne que ce sont les évangéliques qui se sont opposés fortement à cet accord de paix pour les raisons que vous soulignez. Et que l’Eglise catholique est restée plutôt neutre. Ce que je voulais dire dans mon commentaire précédent c’est que je pense que, encore une fois à tort ou à raison, la critique ou les réserves du pape par rapport aux questions de genre sont chez lui structurelles et qu’il m’étonnerait beaucoup qu’il existe un lien quelconque entre sa « sortie » de retour de Tbilissi et les événements de Colombie. Voilà ! C’est tout !

  • René,

    A la question de savoir pourquoi la cause homosexuelle ne s’est pas encore saisie du livre de Balthazart, et plus généralement pourquoi une vérité qui commence à être bien établie scientifiquement ne l’est pas encore dans l’opinion, je vous répondrais tout simplement par la lenteur avec laquelle les découvertes scientifiques se répandent. Sans même aller chercher les temps anciens, sans même convoquer Galilée, Copernic ou Darwin, regardez le temps qu’il a fallu pour qu’on reconnaisse à grande échelle les effets du réchauffement climatique, ou même quelque chose d’aussi simple et d’aussi scientifiquement bien établi que la nocivité du tabac.

    Pour la question de l’origine biologique de l’homosexualité, c’est la même chose. Ce livre de Balthazart, il y a des gens qui l’ont lu, mais finalement assez peu ; il n’est pas très vieux non plus, puisqu’il date de 2010. Ça prend du temps. Et pourtant, il est loin d’être isolé : la littérature scientifique consacrée au sujet bat très largement en brèche les idées psychanalytiques sur le sujet. D’ailleurs, ce n’est pas le seul sujet : les avancées des neurosciences font beaucoup de mal à la psychanalyse dans plein de domaines. Et l’honneur d’une approche qui justement rejetait la métaphysique et se voulait uniquement scientifique et médicale serait précisément de reconnaître quand elle est dépassée et rendue obsolète par les avancées scientifiques.

    Je pense en effet, comme vous, qu’on n’ira pas beaucoup plus loin à ce stade. Lisez ce livre, et là on pourra en reparler. En particulier, vous pourrez me dire, si vous n’êtes pas convaincu, où vous trouvez qu’il pèche. Moi, la seule chose que je dis, c’est qu’on ne peut pas dire « personne n’en sait rien » si on n’a pas lu les dernières recherches biologiques en la matière. Donc sur ce point, arrêtons là et bonne lecture !

    En revanche, vous parlez de « l’entre-deux » qui existe entre homosexualité et hétérosexualité. Étant moi-même bisexuel, je suis bien placé pour en parler ; mais je ne vois pas en quoi elle ne pourrait pas être d’origine biologique.

    • Meneldil, d’accord pour que nous en restions là, au moins momentanément, sur la question du genre. C’était d’ailleurs mon souhait. Mais je vais encore vous titiller. Je ne comprends pas le sens de votre dernière phrase. Vous vous dites bisexuel ! Soit ! Mais pourquoi diable avez-vous besoin de soulever l’hypothèse qu’elle puisse etre de nature biologique ? Il me semble y avoir dans cette quête d’un déterminisme biologique une négation de la culture et de la liberté qui m’interpellent. Ne pouvons-nous « accepter » socialement l’homosexuealité ou la bisexualité qu’à la condition qu’elles soient de nature biologique ? Et s’il est assuré qu’elles le soient en effet cela nous interdit-il de les interpeller au plan culturel ?

      • René, j’avoue être assez sidéré par la question que vous me posez. Je n’ai aucun « besoin » de soulever l’hypothèse que ma bisexualité, votre hétérosexualité et l’homosexualité de certains soit de nature biologique. De même que je n’ai pas « besoin » qu’elle soit de nature biologique pour l’accepter. Seulement il se trouve qu’après lecture des arguments des uns et des autres, ma raison me dit sans beaucoup de doute qu’elle est de nature biologique, que ça nous plaise ou non, que ça nous serve ou non.

        Ce qui est intéressant, dans votre question, c’est qu’encore une fois, vous refusez finalement de vous poser la question de ce qui est vrai ou pas, puisque vous abordez le sujet uniquement sous l’angle de ce qui sert ou pas. Votre vocabulaire le révèle : je serais dans une « quête » du déterminisme biologique, ce qui m’amènerait à « nier la culture et la liberté ». Mais je ne suis dans une quête de rien du tout, moi, si ce n’est de la vérité. Je m’en contrefous, que l’homosexualité soit d’origine culturelle ou biologique. Je m’intéresse à ce qui est vrai, je lis les argumentaires, les études, les analyses.

        Après, non, ça ne nous interdit rien. Mais je ne vois pas le problème. Tout à l’heure, je vous demandais en quoi l’entre-deux de la bisexualité ne pourrait pas être expliqué par la biologie. Vous me répondez en me disant que je suis dans une quête. Ce n’est pas une réponse.

  • Je suis surpris du titre de cet article.

    Mme Belkacem ne tarissait pas d’éloges en 2011 sur la « Théorie du Genre » et le pouvoir qu’elle lui prêtait de faire disparaître les « inégalités Homme Femme ».

    Les manuels ne parletn pas de cette idéologie dépourvue de toute base scientifique, mais ridiculisent la petite fille en robe rose ou le garçon ne voulant pas jouer à la poupée.
    Madame Belkacem a donc sciemment menti et a aggravé son cas par une remarque insolente au Saint Père, parfaitement documenté sur le sujet.

    Je ne vois donc pas comment on peut parler de « pas de clerc » du Saint Père sans se mettre soi-même au niveau d’un ministre incompétent, sectaire et insolent.

    Dans la pratique, les études de genre sont financées par les mêmes abondantes sources dont bénéficie la LGBT. On y compte la banque GoldmanSachs peu réputée pour son humanisme…

    Il n’y a pas de « théorie » car il faudrait pour cela des raisonnements construits et validés, des débuts de preuves vérifiables pour les affirmations à rebours de ce que chacun peut constater dans la vie courante.

    Les Hommes sensés et a fortiori l’Eglise n’ont rien à puiser dans ce néo-obscurantisme, contrairement à la richesse des vraies sciences qui interrogent la théologie.

    Et c’est là que je ne comprends pas la transitions vers le sacerdoce et le tableau démoralisant que vous dressez qui n’est valable que pour l’Occident d’ailleurs.

    Vos rappels sur Hildegarde de Bingen, Sainte Catherine de Sienne, docteurs de l’Eglise montrent bien que la première place revient parfois aux femmes, à commence par la bienheureuse Vierge Marie.

    En union de prière.

    • Je n’ai pas ici à trancher sur la fiabilité des études de genre. Les échanges qui précèdent peuvent nourrir la réflexion de chacun. Deux choses en revanche. Le lien entre ce débat et la prétrise est évident puisque les études de genre veulent faite tomber les discriminations hommes-femmes et que l’Eglise catholique réserve les ministères ordonnés aux seuls hommes. Et cela dans un contexte de baisse des vocations sacerdotales et de forte présence des femmes comme acteurs pastoraux, dont certaines aspirent soit au diaconat, soit parfois même à la prêtrise. Et que cette question ne concerne pas, pour l’heure, l’Afrique, l’Asie ou l’Amérique Latine n’enlève rien de son acuité en Europe et en Amérique du Nord.

      Une seule illustration de ces évolutions : le diocèse de Créteil (Val-de-Marne) qui fête ses cinquante ans, est passé en un demi-siècle d’un presbytérium de 250 prêtres, majoritairement issus du diocèse, à 150 prêtres, dont 1/3 venus « d’ailleurs » (pays étrangers, communautés, congrégations) auxquels se sont joint désormais 50 diacres, hier inexistants et 75 laïcs, majoritairement des femmes, chargés par l’évêque de Créteil de mission pastorale.

      Concernant l’expression « pas de clerc » j’entendais simplement signifier que sur un sujet aussi sensible et sujet à polémique ( ce qui s’est vérifié) il eût été plus prudent pour le pape François de s’exprimer de manière posée et argumentée, au travers d’un texte exprimant le fond de sa pensée de manière indiscutable, plutôt que d’improviser en réponse à une question, en appuyant sa démonstration sur une anecdote – les confidences d’un père de famille français – parfaitement invérifiable et, on le sait, contestée. Rien dans ce propos qui soit irrespectueux à l’adresse du pape. Sauf à considérer que le débat n’a pas de légitimité dans l’Eglise.

      • Je me réjoui de cette mise au point.
        Notez cependant que cet article a été repris par Causeur qui n’est pas particulièrement cathophile,

        Ne nous laissons pas assimiler à ceux qui jette en permanence leur pierre contre Saint Pierre.

        En union de prière.

      • Cher Monsieur Poujol,
        Je suis choquée que vous détourniez la colère de notre Ministre en justifiant le Pape.
        Si vos développement anthropologiques des uns et des autres sont peut-être intéressants et si l’Eglise a assurément la légitimité de donner son avis sur ces sujets, tout cela est hors sujet dans la polémique des derniers jours.
        Celle-ci est née des paroles du pape, « fondées » sur les ragots d’un père de famille (lequel se cache lâchement depuis 15 jours).
        NVB ne rentre pas dans le débat de l’anthropologie, elle dit juste que le pape a été mal informé, par des intégristes ou autres, sur l’enseignement en France.
        En somme, elle fait juste son boulot et le pape a fait une grave faute d’ingérence, une assez grave entorse à la laïcité.

        • Chère Madame,

          Madame Belkacem ne fait pas du son boulot de ministre de l’Education Nationale.
          Elle ment régulièrement les yeux dans les yeux, et particulièrement en cette occasion.
          En 2011 elle fait l’apologie de l’idéologie du genre comme meilleur moyen de réduire les inégalités. En 2016, elle nie l’existence de cette « théorie ». Allez comprendre…
          Quand les manuels scolaires voulus par madame Belkacem ridiculisent la petite fille qui aime sa robe rose et font honte au garçon qui n’aime pas jouer à la poupée,nous sommes dans l’application intégrale de cette « théorie » dangereuse pour le bonheur de nos enfants.
          Quand au père de famille qui se cacherait, pensez-vous réellement que le Saint Père n’a pas vérifier de nombreux cas avérés avant de se prononcer ?
          Ou est l »ingérence. Une école laïque ne doit pas prendre partie sur ce genre de sujet.
          Les hussards noirs de la république ne commentaient aucun écart de ce genre.
          Est-ce le boulot d’une ministre de éducation nationale de donner l’exemple du mensonge et de l’insolence ?

          • Philippe, vous vous trompez sur plusieurs points.

            1. Il n’existe en effet pas de « théorie du genre » unifiée comme il existe une théorie de l’évolution ou de la relativité générale. Et NVB, malgré le peu d’estime que j’ai par ailleurs pour elle, a donc raison sur ce point. En revanche, il existe bien des études de genre. Pour mémoire, le sexe est la différence biologique qui sépare les mâles des femelles ; le genre est la construction sociale qui différencie les hommes des femmes. Avoir un pénis ou un vagin, c’est une question de sexe ; s’habiller plutôt en rose ou en bleu, c’est une question de genre. A ma connaissance, personne n’est assez stupide pour affirmer que les filles seraient naturellement tournées vers le rose : tout le monde reconnaît qu’il s’agit là d’un construit social (qui varie d’ailleurs dans le temps et l’espace). Eh bien voilà : les études de genre étudient ces différences socialement construites, donc non innées, entre hommes et femmes. C’est plus clair ? Des études de genre, pas de théorie du genre, donc aucune contradiction dans les propos de NVB.

            2. Les études de genre sont des études scientifiques. Bien sûr, ce sont des sciences humaines, pas des sciences formelles ou de la nature. Mais bon, l’histoire et la géo aussi sont des sciences humaines, et personne ne s’offusque de les voir enseignées. Donc oui, les études de genre ont toute leur place dans les programmes scolaires.

            3. En outre, je rappelle que nous sommes passés depuis quelques années déjà du Ministère de l’Instruction publique à celui de l’Éducation nationale : on assume donc de ne pas diffuser que des savoirs mais aussi des valeurs. Cela étant, je suis bien placé pour vous dire que, même quand on avait un Ministère de l’Instruction publique, l’État utilisait quand même l’école pour diffuser ses valeurs ! C’est de bonne guerre, tout régime cherchant forcément à s’inscrire dans la durée par l’éducation des enfants.

            4. Je vous mets au défi de citer un seul manuel qui cherche à faire honte aux filles qui aiment le rose ou aux garçons qui n’aiment pas jouer à la poupée. Je pèse mes mots : je vous mets au défi d’en trouver un. Les études de genre et leur application à l’école ne cherchent jamais à inverser les rôles socialement construits ; de même qu’elles ne cherchent jamais à limiter les possibilités des individus. Au contraire, elles cherchent à les épanouir. Elles ne culpabilisent jamais la fille qui aime le rose ; en revanche, elles lui rappellent qu’elle peut aussi aimer le bleu, et qu’un garçon peut aussi aimer le rose. Et c’est précisément cette liberté nouvelle que ne supportent pas les individus qui, comme vous, voudraient forcer les gens à rester ad vitam dans les petites cases et les petits rôles que la sacro-sainte tradition leur a assignés à leur naissance.

          • Cher Monsieur Rousseau,
            Merci pour votre contribution qu’on avait déjà entendue, mon message s’adressait à Monsieur Poujol.
            Si vous voulez que je vous réponde, il faudrait que vous soyez moins virulent mais en attendant:
            NVB n’a pas menti et vous avez bien compris « égalité homme femme »; NVB n’a pas « voulu » des manuels, elle a élaboré un programme national;
            Le Saint Père n’a pas donné sa source car il en est incapable ; « ce genre de sujet » (l’égalité HF) n’a rien de religieux donc l’école laïque peut très bien la prendre en compte.
            Je me demande qui a été insolent quand le pape attaque mon métier sans fondement…
            Bien peu cordialement,
            FdL

          • Chère madame,
            Madame Belkacem est passée aussi à la TV lors d’une inspection où elle se réjouissait de voir des garçons jouer à la poupée à la demande expresse de leur enseignante….
            La bonne nouvelle, c’est qu’à la suite de ce scandale les livres les plus litigieux ont été sans doute brusquement retirés.
            Le Saint Père vous pardonnera sans doute votre irrévérence, mais s’il vous plait, revenez à la RAISON et aux faits avérés.

            P.S. Pensez-vous toujours que Cahuzac soit innocent ?

          • @Môssieur l’ingénieur P R
            si vous avez des enfants et que vous vous en êtes un tant soit peu intéressé dans leur prime jeunesse, vous vous êtes aperçu qu’ils n’étaient pas les derniers à squatter le coin cuisine de leur maternelle, sans avoir demandé la permission à leur maîtresse ou à leur ministre.
            Le Saint Père n’a rien à me pardonner, mon état mental va très bien, il vous remercie.
            votre PS doit être un moment d’égarement … ou de colère malsaine contre le PS!

          • Chère Madame,
            J’ai 4 enfants Les trois aînés sont mariés et je suis l’ heureux grand-père de trois petites filles.
            Mes enfants ont toujours pu manger à la maison en primaire et en maternelle car l’école est juste en face.
            Votre profilage hasardeux tombe donc à l’eau.
            Je crois en la RAISON et la SCIENCE contre touts les obscurantismes et manipulations malhonnêtes.
            Tricher avec la science , la vérité objective et la dignité de l’homme donnent des idéologies extrêmement dangereuses.
            Comptez donc les morts du nazisme (dominé par des homosexuels en outre) et du stalinisme.
            Nos enfants ne sont pas à souffrir des fantasmes d’une minorité dépravée.
            Comme je respecte les morts et les mourants, je ne peux avoir de haine contre le P.S.
            Avec mes sentiments respectueux..

          • ops, je reviens sur ce site un peu tardivement pour découvrir la réponse minable de PR.
            Très drôle votre histoire de « manger à la maison » ( à l’école, on apprend « déjeuner à la maison »), mais à côté de la plaque car je ne parlais pas du menu de vos enfants mais de leurs activités pédagogiques dans le temps scolaire!
            bravo pour votre point Godwin, imparable cette théorie!

          • Faute d’argument on passe à l’insulte.

            Manger ou déjeuner ? Voilà l’important.

            Il vaut mieux déjeuner à l’école dans un vacarme épouvantable en se jetant les yaourts à la figure que de manger à la maison dans le calme les petits plats préparer par papa et maman…

            Quand l’idéologie remplacé le cerveau….

            P.S. Mes très ainés sont diiplomé de grandes mariés, et heureux épouse et parents. Ne suivez donc surtout nous conseils.

      • En cherchant à jeter le discrédit sur la « théorie du genre » – à l’aide d’un exemple mal choisi parce que inapproprié, l’intervention du pape à son retour de Tbilissi ne fait qu’entretenir la polémique à moindres frais.
        Or comme l’explique Bruno Saintôt s.j., la « théorie du genre » recouvre différentes notions complexes qui demandent à être traitées avec rigueur et précision.

      • Ingénieur, j’ai été formé techniques pointues d’enquête et d’analyse de données.
        Les recherches sur le genre, branche de la sociologie avaient toute leur place.
        Malheureusement, des activistes ont piétiné des règles scientifique élémentaires pour arriver au résultat voulu par la LGBT.
        C’est un préjudice grave pour la science et un coup terrible porté aux études sérieuse de genre.
        On peut juste se servir de ces « études » pour montrer au étudiants les techniques les plus grossière pour fausser les études.

        • En tout cas, monsieur Rousseau, vous avez beau avoir été formé à des techniques pointues d’analyse de données et d’enquêtes, ça ne vous a pas appris à répondre à ce qu’on vous dit. Vous avez superbement ignoré ma réponse en quatre points ! Notez que je comprends qu’elle vous gêne.

          • Notez que vous ne m’avez pas répondu non plus. Vous continuez à faire semblant de croire que les études de genre seraient un socle solide d’observations non discutables puisque «scientifiques» et que partant, aucun choix militant ne guide NVB et ses conseillers. Vaste blague …

            Remarquons au passage que si « personne ne serait assez stupide pour croire que les filles sont naturellement attirées par le rose» il y a par contre nombre d’études qui mettent aussi en évidence des différences de comportement inexplicables par les facteurs culturels et, comme le montrait le documentaire norvégien que j’avais joint, on trouvait sans trop de difficultés des «spécialistes» des études de genre assez stupides pour prétendre le contraire.

          • Cher Monsieur Talmayar,
            Rassurez-vous vos 4 points ne me gênent aucunement.
            1/ Vous me donnez raison. Si l’on ne peut parler de théorie du genre c’est bien parce que trop d’études et d’analyses ne respectent pas les règles scientifiques de base. C’est pour cela que je suis étonné de vous voir persévérer dans cette superstition moderne. De plus le genre n’a rien, mais rien à voir avec la couleur d’une robe…
            Je vous rappelle que le sexe est génétique, chromosomes XX ou XY. Un homme sans pénis reste un homme. L’habillement des hommes et des femmes est lié bêtement à la mode, certains la suivent d’autre non. Révisez votre notion de construit social, la vôtre me semble bien lacunaire. Alors affirmer que ce concept fumeux est partagé par tous…
            La différence à l’inné et l’acquis est étudiée depuis fort longtemps : on parlait alors du génétique et du somatique pour nuancé la théorie de Darwin. Personne n’avait alors tracé une frontière nette et incontestable entre les deux.
            Les études dite de « genre » étudient l’ensemble des différences et celles qui sont sérieuses ne tranchent pas de façon catégorique. Lisez Judith Butler, cela devrait vous instruire sur ce sujet que vous maîtrisez fort mal.
            En conséquence, cette « science » dans cet état aussi confus doit être réservée aux doctorants.
            C’est sa seule place, respectueuse de la laïcité, dans l’Education Nationale.
            2/ Les études de genre doivent réservées aux doctorants ayant déjà un master 2 en sciences sociales, donc ni dans les écoles, collèges et lycées. Le faire, c’est introduire une propagande partisane dans l’école.
            3/ Avant de parler d’éducation, il serait bon que l’instruction minimale soit assurée. Ce n’est plus le cas et ce doit être la priorité.
            4/ Madame Belkacem s’est réjouie de voir des garçons jouer à la poupée sur ordre de leur enseignants. La TV a diffusé cette inspection. Allez sur le site SOS éducation : des dizaines de manuels de ce type y ont été déjà référencés. Il semble que Madame Belkacem ait ordonné très récemment le retrait précipité de ces manuels ; une victoire de la raison, de la morale républicaine et de la protection de l’enfance.
            Veuillez recevoir, cher monsieur, l’expression de la plus haute considération.

  • Permettez, messieurs, un point de vue un peu plus concret par rapport aux anecdotes du « père de famille » : J’ai entendu 100 fois des filles dire : « je voudrais bien être un garçon », en rêver… ou même dire : « quand je serai grande je serai un garçon »… Ça n’a jamais bouleversé un Pape, ni personne d’ailleurs. Mais si un garçon dit : « quand je serai grand, je voudrais être un fille », tout à coup, ça gomme la différence des sexes – et ce n’est pas une « mère de famille » qui rapporte ces propos et s’en choque. Je crois qu’il y a derrière ces anecdotes une difficulté à accepter l’émancipation féminine, sans doute encore plus largement quand on est un ecclésiastique. Il y a un lien entre ce qu’on devrait appeler, comme l’écrit un journaliste des Echos, « la querelle des genres », et la prise de responsabilité des femmes, et l’argument trouvé pour y résister, c’est la menace de l’indifférenciation des sexes…

  • -Personne ne peut discuter avec l’institution cléricale. Ce postulat d’un « débat en vérité » est faux.
    -Hier l’index et la censure et la crise moderniste comme point d’orgue d’un déni ; aujourd’hui la profonde paresse intellectuelle du haut-clergé et la pusillanimité des théologiens restants, le manque de moyens matériels et humains pour un véritable travail de recherche, une glose de la glose et des travaux d’éruditions sans risques .
    -Vérification pratique à la librairie La Procure à Paris : un rayon théologie morale et bioéthique objectivement vide, des rééditions, des auteurs morts, des travaux de répétition et beaucoup beaucoup de livres de « spiritualité ».

    • Je vous trouve un peu excessif. Les lieux de débat existent. Ce sont pour l’essentiel les universités catholiques lorsqu’elles ne se prennent pas pour des universités pontificales… Quant à la Procure… on ne juge pas de la qualité d’une production intellectuelle par le choix qu’en propose une librairie dont l’orientation est bien connue.

    • Le refus du dialogue commence par le dénigrement. Vient la médisance et la calomnie.
      Calomniez, calomniez, Il en restera toujours quelque chose.
      Mais un mensonge mille fois répété ne devient jamais une vérité, surtout rationnelle.
      C’est l’obscurantisme des Lumières.

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