Homosexuels, divorcés-remariés : une bénédiction offerte à tous.

Homosexuels, divorcés-remariés : une bénédiction offerte à tous.

C’est la notion même d’état de « péché permanent » les concernant qui semble être questionnée.

(Merci au p. Jean-Pierre Roche pour la reprise de ce billet dans sa lettre Notre pain quotidien du 27 décembre et à Christian Terras pour sa publication dans Golias Hebdo du 4 janvier 2024.)

AVERTISSEMENT

(Cet article a été mis en ligne le 22 décembre dans une première version. Le lendemain, j’ai eu connaissance de la prise de position de la Conférence des évêques du Cameroun décidant d’interdire toute bénédiction de « couples homosexuels » dans l’Eglise camerounaise. Position qui depuis lors s’est étendue à d’autres Eglises d’Afrique, mais également de pays d’Europe comme la Pologne. Dans le même temps d’autres Conférences épiscopales européennes prenaient position en faveur du texte. C’est donc une seconde version en date du 27 décembre que vous trouverez ci-après, actualisée pour Golias Hebdo. Elle tient compte des derniers rebondissements du dossier à la date de ce jour.)

Un texte inattendu…

Une Déclaration rendue publique le 18 décembre au Vatican, ouvre désormais aux ministres du culte catholique « la possibilité de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, sans valider officiellement leur statut ni modifier en quoi que ce soit l’enseignement pérenne de l’Église sur le mariage. » Voilà un texte qui entend fonder théologiquement le choix pastoral du pape François de manifester l’amour inconditionnel de Dieu pour les humains, fussent-ils pécheurs. Il représente un vrai tournant dans le regard de l’Eglise sur les personnes et les situations. Au risque d’ébranler une conception plus traditionnelle de la pastorale où l’exercice de la charité reste subordonné à une exigence de vérité. Au « va et ne pèche plus » des Evangiles semble ici se substituer un « allez et grandissez dans l’amour de Dieu » Les remous n’ont pas tardé ! 

La publication de ce texte a surpris, survenant dans cet « entre deux » (sessions) du synode sur la synodalité. On aurait pu penser, d’évidence à tort, que le pape s’abstiendrait durant cette période de toute décision relative à des questions en débat. Il se pourrait qu’il y en ait d’autres d’ici octobre 2024 où se tiendra la seconde session plénière. Mais au fond, est-ce là une attitude si différente de celle de Paul VI instituant « de son seul gré » le synode des évêques en septembre 1965, avant même que le Concile ait éventuellement eu le temps de donner un autre visage à la collégialité en cours de discussion. 

De la bénédiction liturgique à la bénédiction pastorale en réponse à une demande 

Le texte, approuvé par le pape François, offre une réflexion tout à fait intéressante sur la polysémie du mot bénédiction. Selon, déjà, que l’on bénit Dieu pour ses bienfaits ou qu’on appelle sur les humains sa bénédiction… « Nous retrouvons le don divin qui “descend“, l’action de grâce de l’homme qui “monte“ et la bénédiction donnée par l’homme qui “s’étend“ vers ses semblables. » La Déclaration opère une deuxième distinction entre bénédiction dans un contexte liturgique et bénédiction hors de ce contexte. « D’un point de vue strictement liturgique, la bénédiction exige que ce qui est béni soit conforme à la volonté de Dieu telle qu’elle est exprimée dans les enseignements de l’Église. » Or on sait qu’elle tient pour seul légitime, le couple hétérosexuel engagé dans et par les liens d’un mariage sacramentel indissoluble. Ce qui exclut tout à la fois les divorcés remariés, les couples non mariés et les unions entre personnes de même sexe, tous considérés comme « en situation irrégulière ».  

Pour autant, souligne le texte, le pape François dans ses réponses aux cardinaux qui avaient formulé des « dubias » (doutes) à l’encontre de son enseignement sur ces questions, avait souligné que la demande de bénédiction, quelle que soit la situation des personnes qui la formulent, devait être interprétée « comme une demande d’aide adressée à Dieu » à laquelle on ne peur répondre par un refus. Aussi mettait-il en garde les hommes d’Eglise contre la tentation de se « constituer en juges qui ne font que refuser, rejeter, exclure.»

Il est possible de bénir les couples en situation irrégulière et les couples homosexuels

« Dans l’horizon ainsi tracé, précise le texte, il est possible de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, sous une forme qui ne doit pas être fixée rituellement par les autorités ecclésiales, afin de ne pas créer de confusion avec la bénédiction propre au sacrement du mariage. Dans ces cas, on donne une bénédiction qui n’a pas seulement une valeur ascendante, mais qui est aussi l’invocation d’une bénédiction descendante de Dieu lui-même sur ceux qui, se reconnaissant indigents et ayant besoin de son aide, ne revendiquent pas la légitimité de leur propre statut, mais demandent que tout ce qui est vrai, bon et humainement valable dans leur vie et dans leurs relations soit investi, guéri et élevé par la présence de l’Esprit Saint. » Cette bénédiction exclut donc tout rituel précis qui semblerait l’instituer sous forme de célébration, laissant le champ libre au ministre ordonné qui la prononce et qui devra, à l’avenir, être formé à ce type d’attitude pastorale. Elle doit impérativement se situer en dehors de tout contexte d’union civile, mais peut trouver sa place dans un contexte privé : la rencontre avec un prêtre, une visite de sanctuaire ou un pèlerinage. 

Le texte est donc parfaitement clair sur ses intentions : il ne s’agit aucunement de légitimer des situations « non conformes » à l’enseignement de l’Eglise mais de n’exclure personne de l’amour inconditionnel de Dieu. Et le texte rappelle ce passage d’Evangelii Gaudium (n°44) où le pape François déclarait dèjà en 2013 : « Un petit pas, au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés »

Le couple homosexuel, reconnu mais non justifié dans son existence 

Il ne s’agit donc pas avec cette Déclaration d’une ouverture à un quelconque mariage religieux pour les homosexuels. Ce que certains regretteront. Mais l’évolution n’en reste pas moins significative de la part de l’Eglise. Jusqu’ici, le discours officiel était que si l’on pouvait bénir les personnes homosexuelles individuellement, ou éventuellement l’une et l’autre au sein d’un même couple, on ne pouvait bénir le couple qu’elles constituaient ensemble, jugé moralement illégitime. On se souvient même que le terme de couple était proscrit par certains documents d’Eglise directement inspirés par le prêtre et psychanalyste Tony Anatrella. Le terme « couple » devait être réservé, selon lui, aux seuls hétérosexuels. Dès lors, on était prié pour les homosexuels de parler de paire ou de duo. On peut donc se réjouir que l’Eglise ait fini par réaliser l’impasse scandaleuse et méprisante à laquelle conduisaient pareils raisonnements. Qu’elle prenne acte désormais, à l’instar de la société civile, de l’existence différenciée de couples hétérosexuels et homosexuels, même si elle pense ne pas pouvoir leur conférer la même valeur, constitue une réelle avancée, une prise en compte de la dignité des personnes, qui n’a rien à voir avec une quelconque reddition aux idées du temps. 

Peut-on en finir avec le concept d‘état de « péché permanent » ou de « situation de péché »?

Il est une second évolution portée par ce texte, plus significative encore. On notera qu’il ne soumet cette bénédiction des couples « en situation irrégulière ou de même sexe » à aucun préalable. Il s’agit là d’une bénédiction inconditionnelle. « Lorsque des personnes invoquent une bénédiction, une analyse morale exhaustive ne devrait pas être posée comme condition préalable à l’octroi de cette bénédiction. Aucune perfection morale préalable ne doit être exigée de leur part. » On ne saurait être plus clair. Cette position sera d’autant plus critiquée en certains milieux d’Eglise qu’elle semble aller au-delà de la pratique même de Jésus dans les Evangiles qui assortit souvent son pardon – mais ici il ne s’agit pas de pardon mais de bénédiction – d’un : « va et ne pèche plus ». On peut comprendre pourquoi. Cette injonction est aujourd’hui tout simplement humainement irrecevable par les personnes se trouvant dans les situations concernées. 

“Ne pèche plus“ s’adressant à un divorcé remarié signifie, en l’état actuel de l’enseignement du magistère : se séparer définitivement de son conjoint puisque l’union dans laquelle il se trouve engagée, considérée comme adultère, constitue aux yeux de l’Eglise un état de “péché permanent“. Même si l’on peut témoigner à leur égard, dans ce remariage suivant un échec, de la totale conformité de leur vie à l’enseignement de l’Eglise. Ce texte, après Amoris laetitia qui leur ouvrait déjà la possibilité d’accéder aux sacrements, semble de facto interroger le concept même de situation de péché. (1)

“Ne pèche plus“, pour un couple homosexuel signifie, toujours en l’état actuel de l’enseignement du magistère : engage-toi à vivre pour toujours dans la continence. Ce qui est perçu, par la plupart des couples concernés, comme une exigence totalement irréaliste. Ici, de même, si l’acte homosexuel reste aux yeux de l’Eglise un péché à confesser, le fait de vivre en couple homosexuel éventuellement actif, ne semble plus assimilé lui, à un état de péché permanent qui ferait obstacle à la réception d’une bénédiction. C’est en soi une forme de révolution. Mais il est possible que cette interprétation « optimiste » soir rejetée par certains comme non pertinente ! (2)

La crainte, pour certains, que l’ouverture pastorale ne se prolonge en remise en cause doctrinale…

Tout cela n’a pas échappé aux détracteurs du pape François et de ses “audaces pastorales.“ Avec toujours le même argument : il n’y aurait pas de vraie charité sans respect de la Vérité qui pose l’indissolubilité du mariage et l’interdit des relations homosexuelles. Avec toujours la même crainte, à mes yeux justifiée, que l’ouverture pastorale ne finisse par ébranler la doctrine. Il y a là une évidence, notamment en ce qui concerne l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité qui se fonde sur une lecture, aujourd’hui questionnée par nombre de théologiens, du récit de la Genèse. Or, que le « plan de Dieu » sur les hommes et les femmes soit présenté à partir de l‘image du “couple primordial“ mythique d’Adam et Eve, comme offrant pour seule alternative le mariage hétérosexuel monogame ou la continence n’est plus « reçu » par les croyants. Parce que l’expérience même de leur vie, dans la foi, leur fait percevoir une autre lecture du message évangélique. Cela explique pour une part la crise que traverse l’Eglise dans les pays d’ancienne chrétienté.

Le second motif de rejet de ce texte dans certains milieux catholiques vient de son statut même, précisé en toute honnêteté par le cardinal Fernandez, préfet du Dicastère de la doctrine de la foi, dans sa Présentation. Il écrit : « Étant donné que « la Curie romaine est avant tout un instrument au service du successeur de Pierre » (Const. ap. Praedicate Evangelium, II, 1), notre travail doit favoriser, outre la compréhension de la doctrine pérenne de l’Église, la réception de l’enseignement du Saint-Père. » Voilà qui, pour certains, est irrecevable. Or cette démarche « ascendante » est désormais au cœur du synode sur la synodalité : être à l‘écoute des attentes du Peuple de Dieu – ici la demande de bénédiction – et discerner de sa compatibilité avec la foi reçue des Apôtres. C’est un tel discernement qu’opère ici le pape François. 

Levée de boucliers en Afrique

Il aura suffit de quelques jours pour que la déclaration Fiducia supplicans provoque une véritable levée de boucliers de la part de certains épiscopats. C’est le cas en Pologne et en Hongrie mais surtout en Afrique ou plusieurs conférences épiscopales ont décidé d’interdire son application  (Cameroun, Ghana, Nigeria, Malawi, RD.Congo, Togo, Zambie et Rwanda où le cardinal archevêque de Kinshasa, membre du Conseil des cardinaux proche du pape François et président du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar invite à la désobéissance l’ensemble du continent. Désobéissance d’autant plus ambiguë que le texte du Vatican ne fait pas obligation de bénir les couples en situation irrégulière mais ouvre simplement la possibilité pastorale de le faire.

On peut soit s’inquiéter de cette rébellion et y voir un risque pour l’unité de l’Eglise et un affaiblissement de l’autorité du pape, soit émettre l’hypothèse qu’on serait déjà ici, finalement, dans l’après synode sur la synodalité où liberté serait offerte aux Eglises continentales ou à certaines Conférences épiscopales de trancher pour ce qui les concerne sur ce type de questions pastorales étroitement liées aux « cultures » locales, fussent-elles contraires à une certaine conception des droits humains. (3) Il n’est pas dit que le pape n’y trouve pas confirmation du bien fondé de sa démarche synodale de recherche d’autonomie des épiscopats … parfois contestée par ces évêques mêmes qui ici s’en réclament !

A l’opposé de ces “objecteurs de conscience“ quelques épiscopats se sont prononcés ouvertement en faveur de la mise en œuvre de Fiducia supplicans. C’est le cas de la Conférence épiscopale allemande, dans le prolongement de son propre chemin synodal; c’est également le cas de la Conférence des évêques suisses considérant que le texte « rejoint le souhait des évêques. » C’est pour l’heure le silence le plus total du côté de la Conférence des évêques de France. Et il est peu probable qu’elle en sorte. Nouvelle illustration de différences de sensibilités épiscopales qui empêchent tout consensus et renvoient chaque évêque à sa liberté de faire ou de ne pas faire, de parler ou de se taire. (4) Et les couples demandeurs de bénédiction à l’incertitude concernant l’accueil qui, localement, sera fait à leur requête.

La limite, assumée, du pontificat de François

L’initiative, heureuse, de ce texte peut être également lue à l’éclairage de cette réflexion du père Antoine Gugggenheim que beaucoup partageront : « L’Eglise ne peut pas se satisfaire d’une pastorale de la miséricorde individuelle sans accomplir un travail  d’enracinement et de renouvellement de l’anthropologie chrétienne. » (5) Ce sera là la limite, assumée par lui, du pontificat du pape François : aller au bout de l’ouverture pastorale sans rien toucher à la doctrine. Ce qui, d’évidence, est une impasse. Et augure, au regard des critiques et refus du moment, d’un « après François » encore plus vertigineux est incertain pour l’unité de l’Eglise. 

  1. J’ai rapporté dans un de mes livres, le témoignage d’un ami qui ayant épousé une femme divorcée dont il avait eu un premier enfant, s’était vu refuser l’absolution par un prêtre qui l’avait invité à se séparer de la mère avec laquelle il vivait « en état de péché permanent » .
  2. Il n’y a pas si longtemps, un homosexuel vivant en couple n’était pas reçu comme catéchumène dans le diocèse de Paris s’il ne s’engageait pas solennellement à la continence, puisqu’il était alors considéré, de même manière que les divorcés-remariés, en situation de péché permanent. 
  3. Trente-deux pays africains considèrent l’homosexualité comme un délit ou un crime avec, le plus souvent, le soutien de l’Eglise.
  4. On lira sans surprise mais avec intérêt la longue note de Mgr Aillet évêque de Bayonne dont l’argumentation sera sans doute reprise par bien des évêques réticents à « l’avancée » pastorale du pape François. Il demande à ses prêtres de s’en tenir à l’accueil inconditionnel et à la bénédiction des personnes mais pas du couple qu’elles constituent, non conforme au dessein de Dieu.
  5. Antoine Guggenheim, dans l’ouvrage collectif Synode sur la vocation et la mission de la famille, Bayard 2015, p. 142

52 comments

  • Non l’état de « péché permanent » ou de persistance dans le péché n’est pas supprimé.
    Il reste un osbtacle à la réception des sacrements.
    La distinction opérée est justement entre bénédiction liée à un sacrement et bénédiction « spontanée ».

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  • Pingback: 22 décembre 2023 | Synode quotidien

    • Je ne pense pas ! Mais j’ai voulu rappeler ici l’enseignement de l’Eglise. La citation d’Antoine Guggneheim pose directement la question que tu soulèves. Peut-être n’ai-je pas été assez explicite !

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  • Il est grand temps de retrouver les sources pour aborder le texte de Gn 2 et 3. Ceux qui ont écrit ce texte au temps du roi Josias, juste avant l’Exil, n’avaient pas pour intention première d’écrire un texte sur le « couple primordial ». Ça été notre catéchèse d’antan, mais qui n’est plus possible maintenant. Le récit de de la création de l’Homme en Gn 1, après l’Exil, serait plus en correspondance avec cette image du couple qui est « image » et « sceau d’identité“ de Dieu. Pour ce qui est de se servir de ces textes pour donner le cadre au « couple » doit tenir compte des deux textes, au préalable reconsidérés par les apports de Gn 1, comme l’ont fait les rédacteurs bibliques. C’est ce que fera Jésus en Mt 19//Mc 10 pour définir le couple restitué, par sa venue parmi nous, dans son Origine en Dieu, donc rétabli comme « image » et « sceau d’identité » et c’est sur cela que s’appuieras St Paul quand il parlera du mariage.

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  • Comment considérer l’homosexualité comme un péché des lors que les études scientifiques ( biologiques) montrent que c’est un état du à la configuration du cerveau dès le premier age?
    On bute bien là sur un problème plus large de rester fixés dur une vision du cosmos ou de l’anthropologie fondée sur les récits de l’Ecriture qui bien qu’inspirés n’en reste pas moins porteurs de la cosmologie et de l’anthropologie de l’époque de leur mise en forme

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    • Faire de l’homosexualité un « état dû à la configuration du cerveau dès le premier âge » est une manière singulière et très organiciste de voir les choses !
      Rien de cela n’est sérieusement établi, et il est pour le moins simpliste de réduire l’homosexualité à des causes organiques.

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        • A Marcel Bardon
          Sauf que les évangiles et les saintes écritures ne sont ni un traité de médecine , ni un manuel de psychiatrie , ni un cours de biologie ..
          Les évangiles n’ont pas non plus pour finalité d’organiser le domaine de la morale sociale et la manière dont une société régule les comportements sexuels

          La question pour un chrétien donc pour la foi n’est pas de connaitre les causes de l’homosexualité ,ni de qualifier ce qui est une donnée de fait dont les causes sont sans aucun doute complexes mais d’annoncer que l’évangile concerne toutes les personnes indépendamment de leur identité sexuelle et que celle ci n’est en rien un obstacle pour pouvoir vivre les conseils évangéliques

          En matière de sexualité qu’elle soit hétéro ou homo la question se pose de la même manière : ne pas être guidé par l’assouvissement de ses pulsions , ne pas se servir de l’autre comme un objet de plaisir , mais entrer dans une relation humaine authentique respectueuse de l’autre dans toutes ses composantes. Ensuite chacun vit cela en fonction de ses engagements , de son idéal personnel ,

          C’est cela qui devrait d’abord constituer l’essentiel du message de l’église en espérant de plus que la pratique de ses clercs ne soit pas en contradiction avec le message qu’ils portent . Exigence valable pour chacun d’entre nous .

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          • Et les traités de médecine ne sont pas des Évangiles Canoniques, les hormones non plus, ni les cours de biologie ou de psychiatrie. La vocation humaine se situe au-dessus, fort heureusement, et c’est ce que nous propose le Christ. dans les Évangiles et il ne contredit pas l’Écriture Sainte. Par contre je souscris totalement au texte du Vatican et il faut souhaiter qu’il soit respecté comme il est écrit. J’ai déjà exprimé (dans une autre sphère : la liturgie, ou plus exactement l’application de la musique liturgique après Vatican 2 et on en constate maintenant les dégâts du non-respect) le fait que le respect des textes écrits plus l’écoute des personnes doivent être la constante évangélique des personnes qui bénissent.

  • Il faudrait peut-être relire de temps à autre la Parole de Dieu , par exemple la 1ère lettre de St Pierre :
    « 3.09 Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l’insulte pour l’insulte ; au contraire, invoquez sur les autres la bénédiction, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin de recevoir en héritage cette bénédiction. » traduction AELF, mais

    Baptisés, nous sommes appelés à bénir…

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  • Je ne peux m’empêcher de relever l’ambiguïté de cette autorisation. Car enfin, bénir les couples homosexuels, c’est bénir leur union. Or la doctrine de l’Eglise continue de ne pas reconnaître comme licite les unions homosexuelles et de réserver le mariage exclusivement aux unions hétérosexuelles. Cet « en même temps » est hypocrite et déroutant, surtout pour les couples homosexuels qui ont le sentiment que cette bénédiction leur est accordée « sous le manteau » avec une condescendance quelque peu humiliante.

    Par ailleurs, le péché étant par essence un acte accompli donc fini, parler de péché permanent n’a aucun sens. Dans le cas concret des divorcés remariés, il serait absurde de leur demander de rompre leur nouvelle union (surtout si elle est féconde), pour retourner à leur précédent conjoint. Ce serait ajouter un péché au péché.

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    • Je crois avoir souligné dans mon billet les limites de « l’ouverture » pastorale du pape François dès lors qu’il n’entend pas remettre en cause la doctrine (qui entre nous, sur ces questions, n’engage tout des même pas le cœur de la foi). Dans le même ouvrage de Bayard 2015, on trouve également cette réflexion d’un autre théologien, Alain Thomasset : « La séparation entre doctrine et pastorale est impossible à tenir>. (…) L’annonce de la foi de manière adaptée aux circonstances du temps (…) ne peut manquer de refluer sur la compréhension de la doctrine elle-même. »

      Que cette décision soit insuffisante ne doit pas cacher qu’il y là déjà, tout de même, un progrès puisque cette bénédiction représente de fait – sinon de droit – une reconnaissance de l’existence du couple homosexuel. Ce qui signifie que la définition du « couple » longtemps fondé – même dans la société civile – sur de simples considérations biologiques (un mâle, une femelle permettant la reproduction de l’espèce) s’est ouvert à une approche plus « spiritualiste » englobant possiblement des personnes des même sexe. Faut-il, comme le dénoncent certains, y voir un signe de déclinisme de nos sociétés ou au contraire de dépassement par le haut ? On voit bien que la question divise. Elle interpelle l’église catholique sur la lecture du récit biblique de la Genèse et des notions d’altérité et de fécondité qui sont au cœur du « plan de Dieu ». Mais n’y-at-il pas de fait altérité entre deux êtres singuliers, fussent-ils de même sexe, et n’y aurait-il de fécondité que physiologique ce qui est faire injure, entre autres, à tous les célibataires consacrés ? Oui, l’Eglise peut bouger dans son enseignement sur la sexualité. Pour reprendre ici une autre citation de cet ouvrage qui est décidément à lire : « A l’exégèse du texte (biblique) on préfère une herméneutique qui rend le texte compatible avec l’enseignement que l’on souhaite fonder. » (André Wénin)

      Pour ce qui est du « péché permanent » il est pourtant toujours d’actualité, seulement dépassé mais aboli par la pastorale du pape François. Il n’y a pas si longtemps, un homosexuel vivant en couple n’était pas reçu comme catéchumène dans le diocèse de Paris s’il ne s’engageait pas à vivre dans la continence puisqu’il était alors considéré en état de péché mortel permanent.

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      • François est Jésuite… et ce n’est pas pour rien… Quant à cette « autorisation  » laquelle ne saurait modifier la doctrine laquelle bien évidemment reste intouchable(… qui pourrait en douter on se demande(???…)pour ma part je ne pense vraiment pas que les homosexuels concernés seront réellement satisfaits de recevoir ,d’une façon quasi secrête , une bénédiction laquelle , âu grand jamais
        ne saurait .être une approbation de leur mode de vie, bien sûr que non…
        Quant à leur état de pécheur permanent… ils n’en possèdent pas l’exclusivité assurément…
        Enfin , j’aurais des enfants au catéchisme… pour ma part je ne serais pas vraiment enchanté que ces derniers soient instruits par un catéchiste vivant avec un autre homme…

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          • Absolument pas et je me répète j’aurais encore des enfants en âge d’aller au catéchisme je n’éprouverais pas une grande satisfaction à ce que c se soit un homme vivant avec un autre home qui en soit chargé et celà sans soupçonner cette homme d’être pédophile pour autant

  • Bénédiction de couples homosexuels : la déclaration du Vatican ouvre une crise dans l’Église

    La publication par le Vatican d’une déclaration considérant la possibilité de bénir des couples homosexuels sans changer la doctrine catholique suscite des réactions contrastées dans le monde. Une situation potentiellement à risque en termes d’unité.

    https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/benediction-de-couples-homosexuels-la-declaration-du-vatican-ouvre-une-crise-dans-leglise-92221.php

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    • Hélas, le moindre changement, même prudent, dans notre église est potentiellement à risque en termes d’unité. Cependant le fixisme, la ‘congélation’ n’ont-il-pas créé un schisme d’avec les simples baptisés ? Il me semble, que les pas prudents de François tentent de réduire cette fracture. Une excellente démarche… qui espérons le réduira le schisme d’avec la base. Quel sens à le discours des évêques (et de la hiérarchie en général) quand il est contredit par la vie (et l’avis) des baptisés ?

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    • Mais pourquoi la perspective d’une crise doit-elle el permanence empêcher toute avancée vers un comportement plus humain et aussi, par ce fait, plus évangélique ?

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  • « Refuser, rejeter, exclure », et il faudrait ajouter « pour inclure », est au cœur du débat, bien avant l’homosexualité, alors que, sans cette attitude de pouvoir, il n’y aurait probablement pas eu de religion catholique, de schisme d’orient, de querelle des investitures… L’Histoire d’une Eglise constituée de communautés de foi eut été toute autre que celle de l’Eglise Institution catholique.
    Comme l’indique l’éditeur de « Ordonner et Exclure – Cluny et la société chrétienne face à l’hérésie, au judaïsme et à l’Islam (1100-1150) » de Dominique Iogna-Prat (2000, Flammarion): « du 9ème au 12ème siècle, la chrétienté latine se définit et se structure: elle désignait jusque là la communauté spirituelle des disciples du christ, elle devient une Institution, l’Eglise, dont la fonction est d’inclure la société ». François donne à entendre, à nouveau et durant cet « entre-deux » synodal, que l’Institution va devoir rétropédaler sur cette appropriation du pouvoir issu de la confusion entre les communautés de foi et le pouvoir au nom de Dieu.
    Il est donc naturel que la mise en cause par François de la confusion théorisée par la réforme grégorienne puis Thomas d’Aquin, inspirée par le moine Hildebrand, secrétaire de Léon 9, issu de Cluny et futur Pape Grégoire 7, heurte de front tous ceux pour qui « ordonner et exclure » est leur vocation. Et l’Institution n’est pas prête à revenir sur cette confusion, du moins en France et alors que nos actuels 673 séminaristes français désapprouvent ce Pape qui remet en cause leur vocation (étude sociologique de Yann Raison du Cleuziou pour La Croix et la CEF).

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  • Mon cher René,
    Autant j’apprécie le ton de ton commentaire, soulignant à la fois les avancées et les limites du dernier décret du Vatican, autant je ne comprends pas le premier sous-titre de ton papier – et tout le paragraphe que tu lui consacres ensuite : « c’est la notion même de péché permanent qui est ici abandonnée ». Il me semble que tu fais dire à la déclaration ce qu’elle ne dit pas, car elle se situe justement sur un autre plan.
    Le texte dit : la bénédiction est pour tous, elle est pour tous les pécheurs, et nous sommes tous pécheurs. La situation irrégulière ne doit pas empêcher la bénédiction puisque la bénédictions est pour tous les pécheurs. Comme le dit la Conférence des baptisés, les gens ne sont plus définis et accueillis en fonction de leur situation juridique, mais parce qu’ils sont aimés de Dieu.
    Par ailleurs, si je suis bien d’accord avec Guggenheim et avec toi sur les changements de doctrine que cela devra bien entraîner, je ne crois pas qu’il faille le voir comme une limite, mais comme une stratégie que je trouve profondément évangélique. Avec François, il faut toujours partir du réel – c’est le voir-juger-agir de la JOC qui l’inspire ! Dans le cas précis : des personnes qui veulent être disciples de Jésus, qui essayent de vivre l’Evangile, et qui prennent des responsabilités dans l’Eglise, vivent en couple en étant en situation irrégulière. Voilà une réalité. L’important, c’est ce qu’on fait avec eux et pour eux pour leur manifester d’abord qu’ils sont aimés de Dieu. C’est la praxis qui compte. François est partisan de l’orthopraxie, c’est-à-dire que l’Eglise vive la pratique de Jésus qui mangeait avec les publicains et les pécheurs. Que l’Eglise parte de la pratique de Jésus plutôt que de sa doctrine, et du coup, sa doctrine finira par évoluer. Mais pour que la pratique bouge, il faut justement dire que la doctrine n’est pas en cause. Schizophrénie ? Non : priorité à la pratique sur la doctrine.

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    • A Jean Pierre
      C’est bien tout l’enjeu
      La foi est elle un savoir définitif qu’il conviendrait de plaquer sur la vie à vivre ou une expérience existentielle a confronter avec la parole Biblique pour y retrouver le sens de contre expérience ?

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    • « … priorité à la pratique sur la Doctrine » laquelle si je vous comprend bien n’a qu’un rôle tout à fait secondaire et nos prédécesseurs n’avaient strictement rien compris et n’ont fait que du travail inutile comme par exemple Bernadette entre autres bien sûr…
      Il est bien évident que la Doctrine a bien évidemment besoin de pratique sinon ce ne seraitt que du vent, mais pour moi une pratique sans doctrine c’est ramener le christianisme à un simple humanisme rien de plus

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    • Je voudrais ici éclairer mon propos. Je ne conteste pas que POUR L’EGLISE, en l’état actuel de son enseignement, le remariage après un divorce et l’homosexualité active soient considérés comme des péchés. Je souligne simplement le fait que la notion « d’état de péché permanent“ (ou de situation de péché par opposition à acte ponctuel de péché) qui, jusqu’à Amoris laetitia interdisait l’accès aux sacrements et jusqu’à Fiducia supplicans n’autorisait aucune forme de bénédiction du couple, n’est plus reçue ni comprise par les intéressés. Difficile pour un couple de divorcés remariés chrétiens dont la communauté témoigne de la conduite exemplaire soient toujours, aux yeux de l’Eglise, un couple adultère. Difficile pour un coupe homosexuel soucieux de vivre dans la fidélité, le soutien mutuel et l’ouverture aux autres, de se sentir suspectés d’être en état de péché permanent parce qu’ils ne se reconnaissent pas vocation à la continence à vie… L’Eglise est, certes, sans sa logique. Mais l’insupportable était si flagrant que, par deux reprises, le pape François est venu adoucir, au plan pastoral, les conséquences de cette perception, sans la remettre en cause comme le souligne Jean-Pierre dans son commentaire sur mon blog.

      L’Eglise peut-elle aller plus loin ? C’est ce que laisse sous-entendre – ou espérer – ma propre présentation du texte. Peut-on imaginer que demain le remariage après un divorce soit considéré ( non seulement dans la pastorale mais par le magistère) certes comme un péché grave au regard de l’engagement au mariage indissoluble mais qui, après discernement avec un prêtre et demande de pardon sincère de la part du couple soit considéré comme péché appartenant au passé, sans ouvrir pour autant à une second mariage sacramentel ? Peut-on imaginer que si, pour l’heure, l’acte homosexuel reste un péché, la suspicion d’un possible péché répété au sein du couple ne se transforme pas en état de péché permanent ? En attendant que l’Eglise révise possiblement cette vision des choses par une autre lecture des concepts d’altérité et de fécondité tirés de la Bible ? Voilà qui me semblent être de vraies interrogations posées à l’intérieur même de l’Eglise et non contre le magistère !

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      • A René
        – En ce qui me concerne , je lis « le magistère de l’Eglise » là ou vous employez le mot « Église  » puisque comme vous le dites vous même la notion de « péché mortel permanent …..n’est plus ni reçue ni comprise par les intéressés « qui sont aussi membres part entière de l’Eglise .
        D’accord avec vous, le magistère de l’Eglise peut très bien revoir sa position sans remettre en cause en aucune manière la doctrine ni son rôle . Outre les notions d’altérité et de fécondité , le magistère pourrait aussi prendre en compte le facteur temps c’est à dire la réalité de l’histoire vécue et à vivre .

        L’indissolubilité du mariage est à la fois un objectif et un constat dont l’effectivité ne peut s’apprécier qu’à la fin de l’histoire du couple . Cette relation a t elle convergé au point que l’union sans cesse plus étroite des deux personnes a fait que leur couple devienne en effet indissoluble ?, Ou au contraire les circonstances et vicissitudes de la vie ont elle eu raison de l’idéal de départ et force est de constater que la relation a fini par diverger et contribué à dissoudre le couple que ces personnes s’étaient engagés à former .
        Cette approche qui est la mienne a , de mon point de vue deux avantages
        – le premier est d’être pleinement fidèle à la théologie des sacrements qui sont à la fois un « déjà là « et un » pas encore  » . Encore faut il ne pas oublier de prendre en considération le « pas encore  »
        – le deuxième est d’être pleinement fidèle au statut et à la dignité de la doctrine de l’église qui ne réduit pas le sacrement de mariage à un simple décret d’organisation d’un ordre social ecclésial , de fait réduit à « le divorce est interdit  »
        – Et en prime un troisième argument et sans doute est il le plus important : il est téméraire de vouloir réduire et figer ce qui est une démarche spirituelle toujours à même d’évoluer , en une simple transcription juridique déterminant les sphères du permis de l’interdit .

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  • L’église catholique de moins en moins » romaine »
    Cette décision du pape n’est pas seulement intéressante par son objet , le regard de l’église sur les couples en situation irrégulière mais par ce qu’elle implique du rapport de l’église à la réalité .

    1) La dissociation entre l’état de vie et la reconnaissance par l’église de la capacité à vivre de l’évangile . Ce n’est donc plus la situation juridique au vu du droit canon qui détermine la position de l’église vis à vis des fidèles . Ce qui autrefois était dit dans le secret des confessionnaux est maintenant dit par le pape gardien de la doctrine . Sans doute parce que la doctrine étant maintenant directement accessible par n’importe qui via internet , cette dissociation n’est plus possible aujourd’hui . Ce qui va donc modifier profondément le rapport entre la doctrine et la pastorale et donc le rapport de l’église au monde . Ce n’est plus le droit qui détermine et qualifie ce qui relève de la spiritualité .
    2) Au seul plan juridique on passe du « tout ce qui n’est pas explicitement permis est interdit  » à « tout ce qui n’est pas explicitement interdit est permis  » . ce qui donne un espace de liberté à toutes les échelles de l’organisation écclésiale .

    3) enfin et c’est sans doute le plus paradoxal et de mon point de vue le plus réjouissant . En refusant de ritualiser et de nommer ces bénédictions pour ne pas risquer de confusion avec le mariage et donc ménager l’intégrité de la « saine doctrine  » , le pape ouvre un espace d’innovation et de liberté pour. donner une forme à la manière dont l’église dira du bien tous ceux qui sont en situation irrégulière .

    C’est donc une brèche qui est ouverte dans le système centralisé et excessivement normé de l’église , C’est la logique du système qui transforme systématiquement le spirituel en statut juridique qui est remise en cause .

    C’est le caractère « romain « de la « sainte église catholique apostolique et romaine  » que le pape remet vraiment en cause .
    Ce n’est pas un changement de doctrine auquel on assiste , c’est à une révolution culturelle dans le rapport de l’église au monde .
    Il était grand temps

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  • René,
    Dans la parole du péager qui prie « Sois apaisé envers moi qui suis un pécheur », j’entends cette demande de bénédiction dont il est question (du reste, j’ai bien écouté Mgr Leborgne ce matin sur France inter). Mais dans ce « sois apaisé », il y a une repentance. Et la repentance ne se limite pas au regret ni à la tristesse (cf. 2 Corinthiens 7.9,10). Il y a la volonté claire de changement.
    Les premiers mots du ministère public de Jésus ont été : « Repentez-vous ». Or, plus grand monde n’accepte d’entendre une telle parole. On réclame, on insiste, on presse : « bénissez-moi ! ». Dites du bien de moi, faites-moi du bien ! Qu’on s’adresse à Dieu ou aux hommes.
    Renoncer à soi-même ? Mourir à soi-même ? Porter sa croix ?… Suivre Jésus ? Cela semble à beaucoup d’un autre temps. Ah, parabole du semeur, combien tu as été oubliée. Ah, parabole du trésor caché… L’évangile n’est plus le trésor ultime, plus même un trésor… ; ce n’est au mieux qu’une valeur ajoutée, ou un petit complément de retraite. Mais, surtout, ne le dites pas trop fort ! Ah, oui, la parabole de la lampe, elle aussi, a été mise sous le boisseau… Le figuier stérile ? La porte étroite ? Qui veut encore entendre ces messages du Seigneur ? Le fils prodigue ? Dans une version actualisée, il ne renoncerait certainement pas à sa vie de débauche. Non seulement il continuerait, mais réclamerait à son père une fête en son honneur, au lieu de dire, la tête basse, « je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ».
    Oui, vous dites vrai, René : de cette double parole célèbre de Jésus, chemin, vérité et vie : « Moi non plus je ne te condamne pas ; va, et désormais ne pèche plus », on ne veut plus retenir que la première proposition, et surtout ne plus entendre la seconde. Autres temps, autres mœurs.
    « J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance, pour aimer l’Éternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix et pour t’attacher à lui : c’est lui qui est ta vie » (Deutéronome 30.19,20).
    « Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière et la lumière en ténèbres, qui changent l’amertume en douceur et la douceur en amertume ! » (Isaïe 5.20).
    Nous en sommes là. Et j’en suis las.
    Thierry, ce consensus scientifique dont vous parlez concernant les origines de l’attirance homosexuelle, il n’existe pas. Certains se plaisent à le dire. Mais une étude sérieuse indique que ce n’est pas le cas. Bien davantage sont les scientifiques à en trouver des origines dans le cercle familial (parent unique, etc.), les expériences vécues, et autres origines que je ne vais pas lister ici. Le gêne de l’homosexualité n’a pas été découvert…, ni une hypothétique configuration du cerveau.
    Quant au divorce, la question est bien plus complexe, et d’ailleurs d’un autre ordre.

    Alors, oui : aimer, aider, fortifier, apaiser, encourager, consoler… : c’est bien la mission des serviteurs et servantes du Seigneur.
    Mais prenons garde à ne pas assombrir la clarté de l’évangile au prétexte d’une mauvaise compréhension de l’amour. Car vos mots, René, vont sciemment au-delà de cette déclaration du Vatican. Je le dis d’autant plus facilement que vous l’assumez.
    Et puis, vous semblez considérer la continence – l’abstinence – comme illusoire, pour ne pas dire insultante. Mais alors, comment ont fait ceux qui, comme moi, ont fait en sorte de garder leur virginité jusqu’au mariage (à 26 ans, pour ma part) ? Comment font ceux qui se maintiennent dans cette abstinence comme un don pour le Seigneur ? (Tel que Paul l’explique aux Corinthiens, et tel que beaucoup le pratiquent aujourd’hui, hommes et femmes – si tant est qu’on puisse ‘pratiquer’ une abstinence ;-). Comment font les veuves et veufs ? Comment font ceux qui sont traversés par des désirs (ou fantasmes) qu’ils savent illégitimes et inappropriés ? Comment font les épouses et époux fidèles, qui croisent pourtant des personnes attirantes… ? Ce que je veux dire, René, c’est que la maîtrise de soi et de ses appétits, pour difficile qu’elle soit, existe et et bel et bien rendue possible par l’aide du St Esprit. Les croyants attirés par les personnes du même sexe en seraient-ils plus incapables que d’autres ? Non, disent ceux qui ont fait ce choix. Car ils ont une identité bien plus fondamentale que celle dont on veut les revêtir (à savoir avec l’étiquette ‘homosexuel’, comme si notre identité était définie par nos attirances sexuelles) : ils sont enfants de Dieu.
    Vous considérez que cette pratique n’est pas un péché. A la lumière de la Parole, je crois qu’il s’agit d’un péché, comme d’autres pratiques, paroles et pensées.
    Vous le savez, entre une parole d’homme et une Parole de Dieu, je ne perdrai jamais de vue la primauté.
    Bien à vous (tous), et un Joyeux Noël.
    …Mais, au fait, pour quoi Christ est-il donc venu habiter parmi nous… ?

    Christophe

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    • Oui, il est inacceptable aux esprits demeurés « classique » que l’univers diffère tant de l’idée, spirituelle donc, que s’en sont faits les humains qui ont imaginés l’origine et la destinée de l’humanité, ici et là sur terre durant les derniers millénaires. Pourtant l’histoire humaine a, aux dernières nouvelles, 300 millénaires et celle du temps qui a précède celle du vivant a, là encore aux dernières nouvelles, 14 milliards d’années. Que de chemin parcourus depuis qu’il y a 100 ans, des esprits ouverts comme ceux d’Einstein, George Lemaire, Hubble imaginait la relation entre le temps la matière et l’énergie et depuis150 ans quand la théorie de l’évolution fit son apparition.
      Jean-Pierre Luminet, astrophysicien artiste (compositeur, poète, dessinateur et graveur), a dessiné en 1992 un trou noir, qui montre le trouble créé par ce « tissu de l’espace-temps creusé par le puits gravitationnel d’un trou noir. La cathédrale en ruines symbolise l’effondrement du monde classique, statique et déterministe, au profit d’un monde relativiste, dynamique et probabiliste. Au fond, l’inconnu. » Georges Lemaitre et son idée d’atome primitif (1894-1966) et Theillard de Chardin et la place du probabilisme (1891-1955) eussent probablement applaudi s’ils avaient eu, comme Jean-Pierre Luminet, 40 ans en 1992.
      https://luth2.obspm.fr/~luminet/Art/lithos.html

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    • Remerciez le Bon Dieu de vous avoir fait comme vous êtes, propablement sans beaucoup d’effort, mais concevez que tout le monde n’est pas fait comme vous , les appétits sexuels sont différents d’une personne à une autre et heureusement , certain n’en ont aucun d’autres beaucoup.
      Quant à la tendance homosexuelle vos affirmations ne sont pas fondées pas plus que ceux qui disent qu’il y a un gène , la personne humaine est complexe . Comment font les veufs et veuves aprés leur deuil ils essaient de faire des rencontres……
      Attention aux purs et …. dures et attention de ne pas juger les autres pour ne pas être jugé soi-même

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    • Christophe, merci déjà de votre réponse. Comme je remercie les uns et les autres auxquels je répondrai peut-être ultérieurement, à un moment où je serai plus « disponible » qu’en cette veille de Noël en famille.

      Je me garderai pour l’heure, de mettre ici en débat la question des causes supposé&es de l’homosexualité comme des raisons et des moyens de vouloir éventuellement la prévenir… qui génèrent d’interminables polémiques.

      J’entends simplement répondre à ce qui me semble être, de votre part, une mauvaise interprétation de ma pensée. J’ai le plus grand respect pour celles et ceux qui pensent devoir ou pouvoir faire le choix personnel de la continence. Je ne prétends pas qu’il y ait là une attitude « contre nature ». Et je sais la fécondité qui peut naître d’un choix de vie qui « sacrifie » cette dîmension, non comme refus de quelque chose de sale ou de malsain, mais comme renoncement ordonné à quelque chose de plus grand.

      Simplement je trouve irrespectueux de la personne humaine – et de fait risqué pour l’équilibre affectif de certains – de la contraindre moralement à une continence qui ne reposerait pas sur un choix personnel, au motif que la relation homosexuelle ne serait pas dans le plan de Dieu. Ce qui ne me semble – et d’autres avec moi – nullement assuré aux plans exégétique et théologique. C’est tout ! Permettez-moi de reprendre ici la citation déjà publiée dans un commentaire précédent : « A l’exégèse du texte (biblique) on préfère une herméneutique qui rend le texte compatible avec l’enseignement que l’on souhaite fonder. » (André Wénin)

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      • « ceux qui pensent pouvoir faire ou vouloir faire  » alors me revient cette Parole: sans moi vous ne pouvez rien faire »et je pense que c’est grâce à cette parole que les Apôtres sont arrivés au bout de leur Mission
        pour moi si l’homme ne compte que sur lui -même il n’ira jamais bien loin

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  • AVERTISSEMENT

    Je viens, ce 24 décembre, de publier le texte suivant en ouverture de l’article. Je le publie également en commentaire à destination des lecteurs de ce blog qui se tiennent informés de nouveaux commentaires sans forcément avoir l’idée de revenir sur l’article lui-même. Voici ce texte.

    (Cet article a été mis en ligne le 22 décembre. Le lendemain, j’ai eu connaissance de la prise de position de la Conférence des évêques du Cameroun décidant d’interdire toute bénédiction de « couples homosexuels » dans l’Eglise camerounaise. Position qui depuis lors semble s’être étendue à la totalité des Eglises d’Afrique, mais également de pays d’Europe comme la Pologne. Cela m’a conduit à publier un ADDITIF en fin d’article de manière à compléter l’information sans modifier mon texter initial, par souci d’honnêteté vis-à-vis du lecteur. Le même jour, mon ami le p. Jean-Pierre Roche, qui reprend régulièrement les articles de ce blog dans sa lettre Notre pain quotidien, publiait ci-après un commentaire où il conteste l’idée selon laquelle le texte gommerait l’idée de « péché mortel permanent » . L’argumentation est pertinente et j’y renvoie le lecteur. Mais, là encore, par honnêteté, je préfère maintenir mon texte initial assorti de ce commentaire plutôt que de le modifier pour tenir compte d’objections que je reçois. J’ignore en ce 24 décembre jusqu’où ira la contestation de ce texte. J’indique, dans l’additif en fin d’article, une lecture possible de sa portée, au regard du Synode en cours. Je reviendrai sur le sujet dans un nouvel article si de nouveaux développements l’exigent.) 

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  • J’ai bien compris que cette Déclaration représentait pour ceux qui attendent que l’Eglise s’ouvre une avancée, ou un début d’avancée, au moins une sorte de « fissure ».
    Et que pour les autres c’était le début de la fin.

    Mais en me mettant à la place des personnes directement concernées, juste cette réflexion :
    Je ne connaissais pas l’expression « péché permanent ». Outre que ce terme de « péché » qui pour diverses raisons me sort maintenant littéralement par les yeux, je trouve incroyable qu’on puisse juger ainsi (péché « permanent » ou même « péché » répété, ou « péche » tout court) des personnes qui, par leur conduite ici sexuelle, ne nuisent pas à autrui. Et qu’on ose leur dire qu’elles sont « accueillies », alors que ce n’est que du bout des lèvres et dans l’ardent espoir qu’elles se tourneront « vers le bien », c’est à dire sortiront du « péché » en devenant continentes. Passons ici sur la vie sexuelle des clercs.
    Incroyable d’oser sortir cela au nom de Dieu. Que de souffrances et déchirements intimes provoqués en manipulant la soi-disant volonté de Dieu, au nom de son soi-disant Amour pour ceux qu’il a créés ! Mais qu’est-ce donc que ce Dieu ?

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    • A Anne,
      Ce dieu là , n’est ni le dieu de la première alliance ni le dieu de Jésus Christ . Ce dieu là n’est que l’alibi , le faire valoir de ceux qui prétendent parler en son nom dans le seul but de légitimer leur propre pouvoir .
      La notion de péché permanent n’est que la conséquence logique de la volonté très ancienne de l’église catholique d ‘objectiver à tout prix et de qualifier juridiquement ce qui relève de la vie spirituelle .
      On peut expliquer cette volonté d’objectivation de la vie spirituelle par le souci de l’unité au sein de l’empire romain . La juridicisation de la vie spirituelle étant la conséquence du pouvoir de cette religion devenue religion officielle de l’empire et donc de son emprise sur la vie sociale .
      La difficulté aujourd’hui est que cette conception subsiste dans un monde qui n’a plus rien à voir ni en termes de connaissances et de savoir ni en termes d’influence de l’église catholique romaine sur les mentalités avec celui de l’empire romain . Mais comme l’église prétend situer son discours sur la Révélation hors du temps et de l’histoire et que sa doctrine se veut intangible , cette approche objectivante et juridicisante de la vie spirituelle reste son indépassable référence .

      Aujourd’hui cette vision des choses est inacceptable . En effet , un prêtre qui a des relations sexuelles homo ou hétéro peut célébrer les sacrements tant que sa situation reste cachée ( il est en situation régulière ) alors que de divorcés remariés ou un couple homosexuel qui vivent publiquement une relation de couple stable et engagée ( ils sont juridiquement hors des clous )sont privés des sacrements .
      Dans certains séminaires en Afrique , on dit explicitement aux séminaristes que l’engagement au célibat n’est en aucun cas un engagement à ne pas avoir de relations sexuelles et on les encourage à en avoir parce que la vigueur sexuelle assumée est un critère de l’autorité et qu’un prêtre doit avoir de l’autorité ( Nous on appelle cela de l’hypocrisie mais c’est sans doute en phase avec les cultures africaines )

      Ce qui est intéressant dans « fiducia supplicans  » c’est au moins autant son objet que la méthode qui l’inspire : le pape dissocie de fait la vie spirituelle de la qualification juridique de l’état de vie des personnes . Il ne subordonne pas la capacité de l’église à dire du bien à la situation juridique des personnes quand bien même elles sont au vu du droit l’église en état de péché permanent, structurel ou occasionnel , mortel ou véniel .

      Je porte un regard amusé sur les propos de nombreux commentateurs qui se contorsionnent souvent de manière laborieuse pour faire entre quand même la philosophie de » fiducia supplicans » dans leurs catégories juridiques habituelles . ( cf l’article du théologien Jean Miguel Garrigue sur le site Aleteia . Avec tout le respect que je dois à ce dominicain il me fait penser aux soeurs de Cendrillon voulant à tout prix chausser sa pantoufle de vair et se contorsionnant sans jamais pouvoir y arriver . )

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      • Ce qui devient insupportable et non tenable dans la durée est le grand écart entre des positions magistérielles, ajustées au droit canonique, qui maintiennent les interdits, et les positions pastorales qui souvent anticipent les avancées romaines sur le même terrain. Je me souviens, douloureusement, de cette période où étant à la tête de la rédaction d’un grand hebdomadaire catholique, Pèlerin, je me faisais taper sur les doigts si je mettais en avant les « ouvertures pastorales » qui devaient rester de l’ordre de l’intime entre un fidèle et son confesseur, le rôle d’un média chrétien étant de rappeler la loi à temps et à contre-temps…

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        • A René :
          Aujourd’hui le contenu de la doctrine est à la disposition n’importe quel fidèle qui peut en prendre connaissance grâce à l’évolution des technologies de l’information.La distinction entre la doctrine intangible réservée à quelques clercs et la pastorale pour tous , adaptative mais privée n’est plus possible .
          Mais , et on le constate à la virulence des réactions négatives à ce texte au sein de l’église ,la notion de doctrine intangible reste perçue comme constitutive de la notion de catholicité . Sans doute pour répondre à un besoin un peu névrotique de certitudes tant pour les clercs que pour les fidèles dans une société ou tout semble évoluer tout le temps , très vite .
          La doctrine de l’église apparait comme un des derniers rocs salvateur dans une mer démontée ..

          A cela s’ajoute le fait que l’église n’a pas évolué dans la conception qu’elle d’elle même depuis le constat que faisait dès 1837 le philosophe Hegel :
           » Héritière de la logique romaine , l’église tolère avec bienveillance toutes les entorses possibles à ses règles à condition que cela reste dans l’ordre privé . Mais dans le même temps elle exige la reconnaissance de la valeur absolue inconditionnelle et contraignante de ses normes . Elle est en ce sens inauthentique en affirmant une vérité purement abstraite sans prise sur le réel  »
          Aussi parler « d’ouverture pastorale « constituait assurément une provocation insupportable pour un système qui se pense toujours comme « une société parfaite  » et qui n’a donc par hypothèse pas besoin de s’ouvrir .

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        • Il y a bien quelqu’un, ou une instance qui tenait la règle à taper sur les doigts. Ayant repris un abonnement à La croix, après avoir abandonné ce journal une trentaine d’années pour papolâtrie au temps de JP2 et B16, je me prépare à abandonner à nouveau, parce que je discerne, confusément, qu’il se passe, au sein de la rédaction, quelque chose de similaire mais sans doute pas limité au groupe Bayard, un « truc » assez général. Cette force, ce « truc », ce système tape sur des doigts, redresse ce qui peut l’être. Ce sentiment diffus a coïncidé avec le changement de rédacteur en chef de la rubrique « religion » (sans « s », car il n’y en a qu’une). Oui, ce n’est plus tenable, et, si le Pape a choisi de donner un coup de pieds dans la fourmilière durant cet entre-deux sessions, c’est bien vu tant l’agitation secoue le marigot… qui plus l’eau s’en évapore plus il sent. Et bonne année malgré ou avec les « contorsions amusantes » signalées par Guy; elles m’ont fait sourire un peu tristement.

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  • j’avoue être maintenant stupéfait de ce que je lis ici. On en voit bien la raison : cette « bénédiction autorisée » par Rome ne fait qu’alimenter le cléricalisme et la « caste sacerdotale », sa domination et surtout, surtout, son système de pensée. Dès lors il faut nécessairement (et en toute logique épistémologique bien sûr !) gloser sur le péché mortel, le péché permanent, et insulter les personnes, même malgré soi. Loïc de Kerimel avait raison : il faut d’abord et avant tout en finir avec le cléricalisme (Seuil 2020) et entrer dans des « communautés post-cléricales » (p. 249), rejoindre l’ancien Israël dans l’exil et dans la diaspora (p. 295).Car le croyant peut aussi bénir au nom de Dieu.

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    • J’ignore ce que vous entendez par « ce que je lis ici ». Ce que vous lisez ici n’est jamais que l’objectivation des évolutions, à ce jour timides, du magistère de l’Eglise catholique sur ces questions. Pas leur justification comme on croirait le lire en vous lisant. Cela étant vous êtes le bienvenu sur ce blog.

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      • Comme il est loin le temps où le haut clergé « bénissait » les cortèges de la manif pour tous que vous avez largement soutenus. Le journal le Monde publie deux tribunes dont l’une à la signature de Josselin Tricou qui dit exactement la même chose : le vrai problème c’est le cléricalisme, le nœud gordien que ce blog n’a finalement pas tranché (à la différence du « troisième homme » (F. Roustang) depuis les années 1950-60). C’est ce qui nous différencie sur le fond : la volonté qui anime des croyants comme moi d’en finir avec le pouvoir exorbitant, anti-évangélique et misogyne de la caste sacerdotale. Nous sommes contre l’instrumentalisation forcenée des sacrements au service de l’intolérance, de la menace, de la paresse théologique et « les miettes qui tombent de la table pour les petits chiens ».

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        • Je n’ai pas « largement soutenu » les cortèges de LMPT même si ça vous arrange de le penser. J’ai participé, avec d’autres, jusqu’au vote de la loi, au débat démocratique et citoyen auquel nous étions conviés. Point.

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  • A Guy,
    Même si vous voyez une avancée significative dans cette Déclaration, le Mal pour l’instant reste du même côté.
    Le Dieu d’Amour et de Bien a bon dos.

    Reply
    • A Anne
      Je vois dans ce texte moins une avancée qu’une réelle rupture dans le rapport de l’église au monde . C’est une brèche ouverte , dans le mur de la « société parfaite  » qui en dépit de Vatican II reste le paradigme du magistère catholique . C’est le petit événement qui peut miner cette forteresse fermée sur elle même , persuadée d’être l’unique détentrice de la Vérité exprimée dans sa doctrine sacralisée .
      Concrètement je vois mal comment on pourra faire une distinction entre bénédiction liturgique et bénédiction non liturgique lorsque les couples  » en situation irrégulière homo ou hétéro la demanderont à l’église pour signifier la profondeur de leur engagement . Le texte du vatican excluant à priori de fixer ( pour respecter la doctrine ) un rite à ces bénédictions , il ouvre paradoxalement un espace de liberté , qui de mon point de vue annihilera très rapidement cette distinction liturgique non liturgique .

      Le pape a dit un jour qu’il était malin . Je pense qu’il vient par ce texte en apparence banal et se voulant sans portée doctrinale de placer une bombe à fragmentation qui va pulvériser le vieux clivage doctrine / pastorale sur lequel l’église romaine a construit sa vision de l’unité .

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      • « qui va pulvériser » à mes yeux du moins un peu plus l’unité régnant plus ou moins bien sûr entre cathos pratiquants
        Un pontife est celui qui construit des ponts…il me semble que François oublie quelque peu ce côté des choses
        Quant au clivage existant,, et ce depuis toujours,entre doctrine et pastorale ce n’est pas nous qui allons régler définitivement cet état de fait;
        pour moi si la pastorale est en désaccord profond avec la Doctrine sur les points essentiels, bonjour les dégâts…

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