Nouvelles réflexions sur l’affaire Mgr Santier…

Nouvelles réflexions sur l’affaire Mgr Santier…

La gestion calamiteuse de cette affaire, au moment même où les évêques parlaient de transparence, est le pire que l’on puisse imaginer.  

Le 14 octobre, les révélations de Famille Chrétienne concernant les sanctions prises par Rome contre Mgr Santier, ont fait l’effet d’une déflagration dans le monde catholique encore convalescent du rapport Sauvé de 2021. Dans le diocèse de Coutances dont il est originaire et où les faits délictueux de sont déroulés comme dans ceux de Luçon et Créteil dont il a été le pasteur, la colère le dispute à l’écœurement. De la multiplicité des commentaires et témoignages venus des fidèles eux-mêmes surgissent de nouvelles questions que la Conférence des évêques de France va bien devoir prendre à bras le corps. Et Rome avec elle. Car si d’autres scandales impliquant des évêques devaient se faire jour, alors il y aurait à craindre que plus personne ne maîtrise la situation et que la confiance en l’Eglise ne fonde définitivement y compris parmi les fidèles. 

Une fois encore, c’est la presse qui oblige l’Eglise à sortir de son silence.

Je vais dire les choses comme je les perçois S’il n’y avait pas eu le Trombinoscope des évêques publié par Golias (1) début octobre rendant publiques les accusations portées contre Mgr Santier, il est probable que l’article de Famille Chrétienne n’aurait pas vu le jour (2) et que nous ignorerions encore tout de cette affaire. Certains n’en auront que plus de regrets que la « fouille des poubelles » pour reprendre l’expression de Mgr Michel Aupetit dans un twitt du 15 octobre l’ait emporté sur le secret qui avait prévalu jusque-là. Mais il suffit d’écouter les réactions des catholiques engagés dans la vie diocésaine de Coutances, Luçon ou Créteil pour se rendre compte que c’est bien le secret entourant  les sanctions que les autorités religieuses – en tout cas certaines d’entre elles – connaissaient depuis octobre 2021, qui les scandalise et les fait parler de trahison et d’abus de confiance. Et les questions surgissent à la vitesse d’une mitrailleuse. 

Pourquoi la justice a-t-elle été tenue à l’écart de cette affaire ? 

La première est la suivante : pourquoi Mgr Michel Aupetit, alors archevêque de Paris, dépositaire des plaintes des deux victimes en 2019, s’est-il contenté de transmettre le dossier à la Congrégation pour la doctrine de ia foi, sans songer à opérer un signalement parallèle auprès des autorités judiciaires françaises ? Certains évoquent le choix exprimé par les deux victimes de ne pas porter plainte et de préserver leur anonymat (3) ; d’autres le fait que le “voyeurisme“ dans un lieu privé et sans témoin ne constitue pas un délit pénal. Ce à quoi on peut objecter que le signalement étant de toute manière confidentiel, c’était in fine à l’institution judiciaire de dire s’il y avait ou non lieu d’instruire et de poursuivre. On retrouve ici la même logique que dans l’affaire Barbarin où la non-dénonciation de Bernard Preynat avait été justifiée avec l’argument que “les faits étaient prescrits“, appréciation qui, en tout état de cause, était du seul ressort de la justice. 

Pourquoi le silence sur les sanctions prises à l’encontre de Mgr Santier ?

Au-delà, l’incompréhension et la colère portent surtout sur la non-communication aux fidèles des sanctions prises à l’encontre de Mgr Santier dont les autorités religieuses compétentes ont eu connaissance en même temps que l’intéressé, au mois d’octobre 2021. Voilà donc qu’au moment où l’Eglise de France, sous le choc des révélations du rapport Sauvé, jurait « ses grands dieux » (si je puis me permettre) que la transparence, désormais, serait la règle, nul en son sein ne songeait devoir rompre le secret concernant l’évêque de Créteil. Voilà que six mois plus tard, sortant de son exil contraint, Mgr Santier était officiellement invité et présent à la messe chrismale du diocèse de Créteil. Qui peut comprendre ? (4)

Le premier argument avancé pour justifier ce silence a été le souci de protéger les victimes. Argument fallacieux. (3) On ne voit pas en effet pourquoi la publication des sanctions aurait exigé qu’on lève l’anonymat sur les victimes. Dans une lettre du 18 octobre 2022 adressée aux prêtres et aux personnes engagées à différents niveaux de la vie du diocèse de Créteil, Mgr Blanchet explique que la décision de communication des sanctions prises ne pouvait être « que du ressort de l’autorité qui les énonce, c’est-à-dire le Saint-Siège ou du destinataire des mesures (Mgr Santier) qui pouvait les rendre publiques « en décidant lui-même de faire connaître la vérité le concernant. » Le regret, exprimé par Mgr Blanchet dans cette lettre étant de n’avoir pas pensé et cherché à convaincre l’intéressé « qu’il était mieux pour tous qu’il rende publique sa situation. » Cette impossibilité juridique illustre bien l’urgence qu’il y a à réformer le code de droit canonique pour que la transparence annoncée, aujourd’hui exigée par les fidèles, soit effective. 

Ne serait-ce que pour éviter à l’avenir ce que vient de connaître cette semaine même le diocèse de Versailles (et bien d’autres sans doute ailleurs en France) avec les obsèques, le 18 octobre, dans la chapelle discrète d’une maison de retraite pour prêtres , « du Père (JJV)  célébrées dans la stricte intimité du fait de sanctions canoniques qui imposent cette disposition. » (lettre aux prêtres signée du vicaire général). 

« Des faits susceptibles d’excommunication »

Une autre idée affleure ici et là, parmi les commentaires des réseaux sociaux : que ce n’est pas cher payé d’avoir à vivre  désormais « dans la prière et la pénitence ». Certains, à l’opposé, expliquent qu’il n’y a pas eu mort d’homme; ni agression sexuelle caractérisée puisque l’on parle de « voyeurisme ». Or le scandale ici n’est pas qu’un évêque ait pu avoir un comportement à forte connotation sexuelle avec un ou des adultes consentants ou non, mais que cela ait été le résultat d’une emprise spirituelle, que le sacrement de réconciliation se soit trouvé instrumentalisé pour convaincre le pénitent que son effeuillage volontaire devant le tabernacle était une « juste pénitence » pour obtenir le pardon de ses péchés. 

Dans un commentaire au premier article publié sur mon blog Jean Pierre Baconnet, diacre, ancien juge ecclésiastique et Chancelier du diocèse de Créteil sous Mgr Santier, écrit ceci : « Il y a eu délit car l’absolution du complice de péché contra sextum (c’est-à-dire contre le sixième commandement qui vise les péchés sexuels) est sévèrement puni et son auteur encourt l’excommunication (voir CIC 1378). Si Michel Santier s’est confessé de ce délit, son confesseur n’aurait pas dû lui accorder l’absolution puisqu’elle est réservée au Siège apostolique. Et là l’Eglise aurait été informée et il n’aurait jamais été évêque. S’il ne s’est jamais confessé c’est encore objectivement plus grave. Il a du avoir un bon avocat à Rome et ses vingt ans d’épiscopat, plutôt positifs, ont du peser en sa faveur, car il risquait gros. Son précepte pénal (la sanction infligée) est le minimum que pouvait faire la Congrégation pour la doctrine de la foi. » (5)

Les évêques de France et le Vatican une nouvelle fois au pied du mur

On est donc loin d’une affaire mineure où il n’y aurait « même pas eu attouchements » pour reprendre une expression relevée sur la toile. Et le peuple chrétien l’a bien ressenti à ce degré de gravité qui parle de mensonge et de trahison. Il m’a été donné de lire quelques témoignages spontanés de diocésains du Val-de-Marne. Ils illustrent parfaitement le désarroi des fidèles. Les éditorialistes de la presse catholique, notamment Jérôme Chapuis pour la Croix et Aymeric Christensen pour La Vie, – d’autres ne tarderont pas à se manifester au rythme des parutions – percevant sans doute l’ébranlement de leur propre lectorat n’ont pas hésité à parler de dégoût, de honte, de colère… Et les retombées sont loin d’être terminées. 

C’est donc un « dossier inattendu » mais particulièrement brûlant que les évêques de France vont trouver à leur arrivée à Lourdes, début novembre, pour leur Assemblée plénière d’automne. Il y aura un an le 8 novembre, au terme des travaux de la même instance, ils avaient adopté un certain nombre de recommandations aussitôt rendues publiques. Notamment celle-ci : « Les évêques de France réunis en Assemblée demandent au Pape, de qui ils tiennent leur mission, d’envoyer une équipe de visiteurs afin d’évaluer cette mission en ce qui concerne la protection des mineurs et de donner, si nécessaire, les suites qui s’imposent à l’issue de leur visite. » Certains avaient imaginé alors – souhaité ? – qu’à la faveur de telles visites apostoliques dans les diocèses , quelques démissions épiscopales viennent sanctionner des dérives connues, anonymement décortiquées par le rapport de la Ciase. Il y a eu intervention du Vatican selon des modalités diverses, à Paris, Fréjus-Toulon, Strasbourg et, on le sait désormais Créteil, après Cayenne en 2020…  La Présidence de la Cef, les évêques et le Nonce apostolique savent bien que des noms circulent susceptibles d’être mis en cause demain pour des faits tout aussi condamnables. Peuvent-ils collégialement prendre le risque qu’à la faveur de nouvelles révélations dans la presse, les catholiques de France soient soumis, de mois en mois au spectacle d’un tel effondrement ? L’affaire Santier rend urgente l’opération chirurgicale. Sinon le cancer va gagner.

PS. La Communauté Réjouis-toi fondée par Mgr Santier, à laquelle il appartenait, vient d’ouvrir un dispositif de recueil de témoignages, accessible sur son site.

  1. Trombinoscope des évêques 2022-2024, Golias, 580 p. 26 €.
  2. L’un des mystères de cette affaire est d’ailleurs de comprendre pourquoi c’est finalement Famille Chrétienne qui a sorti l’affaire alors même que tous les titres de la presse catholique étaient au courant, sinon des sanctions  prises à l’encontre de Mgr Santier, du moins des plaintes déposées contre de lui et de l’existence d’un procès canonique. 
  3. Ce dossier complexe fait apparaître d’autres « victimes collatérales » dont personne n’a semble-t-il porté le souci. La raison officielle de la démission de Mgr Santier, en 2020, a été son état de santé. On sait aujourd’hui qu’il n’en était rien. Mais dans le diocèse, une autre raison était ouvertement évoquée : le coup de sang qui au printemps 2020 a conduit Mgr Santier a congédier du jour au lendemain son vicaire général, à licencier sa directrice de la communication entrainant par solidarité un troisième départ du conseil épiscopal. Or les événements de ces derniers jours ont rétrospectivement été interprétés par certains en ces termes « alors c’est pour cela que vous êtes partis, vous saviez mais ne pouviez pas parler… ». Alors que les trois intéressés n’ont découvert la réalité du dossier Santier que ces jours derniers en lisant la presse. 
  4. L’explication officielle est que l’invitation concernait tous les évêques émérites dont Mgr Labille… qui n’est pas venu. 
  5. Chacun pourra se reporter à différents commentaires de ce blog où Jean-Pierre Baconnet répond à des demandes d’explications de lecteurs…

ADDITIF

Ce jeudi 20 octobre, Mgr Dominique Lebrun, Archevêque de Rouen, fait connaître que de nouvelles victimes de Michel Santier se sont fait connaître. Elles seraient, à ce stade, au nombre de cinq i

107 comments

  • je me permets une réserve sur ce texte clair et énergique : il ne semble pas que le droit pénal français soit concerné par les faits reprochés à Mgr Santier, et le procureur, s’il avait été saisi, n’aurait probablement rien fait (pas d’infraction constituée entre les adultes, pas de violence, l’atteinte sexuelle difficilement qualifiable sur les faits tels qu’ils sont restitués à ce stade en tous cas).
    en revanche, évidemment sur le plan ecclésial et spirituel, c’est dramatique …

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    • Sans vous désobliger… c’est exactement ce que j’ai écrit ! Sauf qu’il n’appartient pas à un évêque mais à la justice d’interpréter ce qui est ou non du ressort du droit pénal.

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    • A Catherine Fabre
      Dans notre République qui s’est dotée d’une justice indépendante, c’est au procureur et à lui seul de qualifier juridiquement les faits et de poursuivre ou de classer sans suite .
      Les évêques qui en ont eu connaissance de ces faits étaient dans l’obligation d’en informer le procureur .
      Je croyais que suite au rapport de la Ciase les évêques s’étaient engagés par convention avec les parquets a le faire .
      Une fois encore on mesure leur duplicité et le fait qu’ ils ne respectent pas notre droit commun .
      Qu’ils méprisent leurs fidèles en ne les informant pas et même en les trompant sur les causes réelles de la démission de Santier est une chose, qu’ils se mettent volontairement en dehors de nos règles communes est encore plus grave . Un évêque est d’abord un citoyen français ayant les mêmes droits et devoirs que n’importe quel citoyen .
      Une fois encore ils démontrent que leurs belles paroles et leurs promesses solennelles ne les engagent jamais .

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        • A Anne ,
          Je n’y ai jamais cru et je l’ai dit et écrit l’année dernière avant la réunion de la CEF du 5 novembre .. Que n’ai je alors entendu sur mon manque de confiance envers l’église , sur le procès d’intention que je faisais aux évêques etc …
          Les faits aujourd’hui ne disqualifient pas ma position de l’époque . Je ne regrette pas , bien au contraire d’avoir conseillé alors aux associations de victimes qui m’avaient sollicité de ne pas se rendre à Lourdes ; les évêques n’ayant donné aucune preuve de leur capacité à mettre leurs actes en conformité avec leurs si belles paroles .

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  • Touché, coulé ! Le doigt du médecin n’est pas dans la poubelle mais sur la plaie qui suppure. Je me souviens que lors de l’élection du pape François, en 2013, des bruits s’étaient échappés des séances à huis clos du pré-conclave comme quoi les cardinaux avaient dit : si les fidèles découvrent tout ce qui se passe, ça va exploser. Alors nommons un pape réformateur. François a fait des avancées mais elles ne sont pas suffisantes. Son projet de tribunal pour les évêques a été coulé par les canonistes qui ont assorti le texte de telles dispositions que ça ne peut pas fonctionner. A la Curie, on ne contredit jamais le pape mais on lui fournit un texte si alambiqué qu’il ne voit pas où se trouve la faille. Ce n’est pas un crime de lèse-majesté de dire que François n’est pas un canoniste. Il se fait constamment enfariner par des canonistes experts : il vient même d’en nommer un cardinal pour le remercier ! Il est entouré de collaborateurs qui lui savonnent si soigneusement les planches que c’est un miracle s’il n’est pas encore passé à travers le plancher depuis 2013 ! Le successeur de saint Pierre ne marche plus sur l’eau comme son prédécesseur mais sur les planchers pourris : il s’y aventure même en chaise roulante pour aller plus vite ! On assiste impuissants à une tragédie grecque où le Choeur (pas des vierges mais des évêques !) retient son souffle en même temps que le public, ,juste avant que la scène ne s’effondre sur eux. Le spectacle est grandiose et apocalyptique c’est du jamais vu. Et pourtant je suis en paix, totalement en paix, car la Réforme, ça n’est pas seulement le peuple qui la veut mais Dieu lui-même ! Quos vult perdere Jupiter dementat : Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre ! J’y ajoute un proverbe paysan : quand le diable baratte, le Bon Dieu fait son beurre. Personne ne peut dire que ça ne baratte pas fortement en ce moment. Et maintenant, alors ! Eh bien, on attend tout simplement qu’un, au moins un, évêque se lève dans le temple du Seigneur et parle. Cher René, tous les deux nous serons enfin ravis qu’on nous coupe la parole. Et que doit-il dire ? Ça suffit ! Pour retrouver la crédibilité perdue par quelques uns et le consentement silencieux qui leur est donné, il suffit de la voix d’un seul pour rappeler que tout est fondé sur la Justice et la Vérité. Quelques membres du Choeur (pas des vierges) tomberont dans une trappe enflammée (je vais beaucoup aimer ce moment du spectacle) et la vie reprendra son cours. Tous ceux qui l’auront vu sortiront la tête haute. En attendant, on se fatigue beaucoup de tous ces atermoiements de nos chefs.
    NB : Qu’on veuille me pardonner cette présentation sous forme de scénario, mais comment voulez-vous qu’on dise ces choses si dramatiques et si révoltantes !

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    • A Pierre Vignon
      Merci pour ce réquisitoire contre l’organisation des pouvoirs dans l’église ou tout repose sur un seul homme que l’on peut tromper et enfumer à souhait pour empêcher toute évolution .
      Dans l’église comme ailleurs il faut se poser la question  » ou gisent derrière ces leurres qu’exposent les organigrammes, les réalités de la puissance  » ? (G Duby) . Manifestement , dans l’église , la puissance et la réalité de la décision ne sont pas l’apanage du pape . .
      Qu’un seul homme se lève , peut être ,mais j’espère sur ce sujet un élan collectif d’évêques .Souhaitons qu’il il y en ait plus d’un à se souvenir de sa mission . Même si pour un seul juste Dieu n’aurait pas détruit Sodome suite au marchandage de haute volée d’Abraham,. s’il n’existe qu’un seul juste parmi les évêques , c’est quand même à désespérer de l’église .

      A ce jour, sauf erreur de ma part , la CEF n’est pas intervenue sur les questions que posent le cas Santier et sa gestion par l’église .

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  • encore une fois les « princes » de l’Eglise avec arrogance ignorent le Peuple de Dieu… jusqu’à quand devra t on subir cela???

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  • Je tenais à exprimer mon ressenti personnel sur l’affaire de père Santier

    Faisant parti de l’équipe « Se Parler » pour la réflexion sur une pastorale homosexuelle sur le diocèse de Créteil depuis sa création et à son invitation

    Je ne sais plus quoi en penser…..
    J’ai la sensation d’avoir été trompé et trahi
    Je l’ai vécu un peu comme un tremblement de terre

    Après je me dis aussi que tout évêque qu’il soit il n’en reste pas moins Homme avec ses faiblesses et ses dysfonctionnements

    Cela n’excuse en rien ce qu’il a fait mais j’essaye de me raccrocher à son cœur

    Je trouve très difficile de séparer l’acte commis et la personne en elle-même
    Mais c’est un travail que nous devons tous faire aussi difficile soit-il, c’est notre devoir de Chrétien

    Mais comment avoir encore confiance à l’institution ?
    Quand je vois tout ce que travers l’Eglise sur les faits de «mœurs , de pédophilie, d’abus sexuels et j’en passe….. » et la manière dont elle gère ses affaires en interne.

    Alors que moi en tant que « Homo-Catho » cette même institution me considère comme désordonné et même plus comme un pécheur que comme acteur de ma foi …..
    Qui ne me considère pas comme un enfant légitime mais comme une brebis perdue à qui il faut soit remettre sur le bon chemin ou la laisser dans son égarement tout en ignorant son existence, devenant comme un orphelin du Christ, aimant un père qui ne reconnaîtrait pas son fils

    Honnêtement aujourd’hui j’ai mal à mon Eglise

    Je garde la foi mais n’attend plus grand chose de l’Institution même si dans un sens j’essaye de me raccrocher à l’espérance de la Bonté Humaine et à la parole du Christ.

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    • Cher Rémy, l’Eglise est heureusement plus vaste et plus élevée que ce que nous en percevons. Cela dit, ce qui se passe montre qu’elle n’est pas équipée pour filtrer en son sein l’accession aux postes de responsabilité de ceux et de celles qui ont un fonctionnement, j’ose le mot, pervers. On sait que dans ce mode mental, le sujet ne souffre d’aucune espèce de culpabilité qu’il laisse tout entière à ses victimes pour mieux les enfermer dans ce piège pendant que lui s’en dispensé. Le pervers, au sens psychologique du terme donc, s’il n’oublie rien pour les autres, oublie tout pour lui. A ces traits, il faut ajouter le fait qu’il s’agit souvent de gens qui se sentent doués pour le pouvoir universel. Habitués à séduire (de « se ducere », conduire à soi) pour parvenir à leurs fins, tout leur est bon à partir du moment où ils ont réussi à mettre sous emprise les sujets fragiles qu’ils ont repérés. Je ne les connais pas mais je comprends très bien les motivations de ces deux victimes adultes au moment des faits : elles ont dû passer énormément de temps à se reprocher de s’être fait avoir d’une façon aussi humiliante. Le propre des pervers est de réussir à vous faire faire ce que vous ne voulez pas faire. Vous n’avez plus le choix. C’est là le fond de l’emprise mentale que beaucoup n’arrivent pas à comprendre ni à accepter. Et pourtant, ça existe. Notre Eglise, donc, sous son aspect institutionnel d’Eglise de France, mais tout autant que les autres dans le monde, n’est absolument pas équipée pour détecter les personnalités avides de pouvoir en son sein. Avant que des mesures de bon sens ne soient prises et exécutées, c’est un devoir de conscience, sans peur du système, de dénoncer haut et fort, avec l’aide des médias entre autres ‘(ce que certains appellent fouiller dans les poubelles alors que la liberté de la presse est le premier pilier de nos libertés), les personnalités hommes ou femmes (il y a de ces supérieures dans les mains desquelles il vaut mieux ne pas tomber) qui se sont infiltrés dans l’Eglise. Je me plais à penser que c’est un des sens du précepte du Christ dans Mt 7, 15, qui parle des « loups voraces » « déguisés en brebis ». Pour le moment, on préfère taper sur ceux et celles qui crient au loup dans l’Eglise, et pas seulement dans le clergé. De nombreux fidèles qui n’ont pas envie d’entendre ce genre de discours se font un devoir de dégommer ces fouille-poubelles. Ils y perdent la modération dans laquelle ils se drapent mais ils ne s’en rendent même pas compte. Il y a heureusement des gens honnêtes qui, après avoir douté, finissent par se rendre compte qu’on ne criait pas par plaisir. C’est ce que j’ai répondu à certains de mes confrères qui me reprochent mes interventions : « Qu’est-ce que tu aurais fait, toi, si le Bon Dieu te l’avait demandé ? » Il y en a qui pensent que je me prends pour Jeanne d’Arc (c’est quand même cette sainte qui a dit : « évêque, je meurs par vous ») mais la majorité disent maintenant que les faits me donnent hélas raison. Habitant un pays de loups, dans la montagne, je ne suis pas du tout adepte des hurlements de la meute. C’est à un travail de fond que nous sommes appelés : ne plus laisser passer, ou le moins possible, de chefs à la personnalité perverse. Dès qu’ils sont arrivés au poste qu’ils ambitionnaient, on découvre tout de suite que leurs faux-semblants précédents étaient des manoeuvres pour leur permettre d’arriver. Pour le moment, on se contente de balader un évêque ou un supérieur incompétent alors qu’il va falloir prendre les moyens, en synode ou en concile, de les rétrograder immédiatement. A partir du moment où quelqu’un a franchi la ligne continue, il ne faut plus avoir aucune pitié. C’est le principe de base de la circulation routière. Il devrait devenir celui de la circulation ecclésiale. Soit le ou la supérieure conduisent sur la voie normale, et il n’y a pas de problèmes, soit ils franchissent la ligne continue et ils seront immédiatement sanctionnés. On me dira peut-être que je veux introduire le Grand Véhicule dans le Christianisme ! Mais il faut trouver des solutions nouvelles à des problèmes nouveaux. C’est vital pour la survie de l’Eglise. Pour en finir, je suis très touché par l’exposé humble que vous faites de votre situation. Il y a là aussi un problème nouveau pour lequel les réponses anciennes ne suffisent plus. Je n’ai malheureusement pas la solution qui ne pourra venir, à mon avis, que d’une réflexion globale de l’Eglise synodale et magistérielle sur ces sujets. En attendant le Bon Dieu vous aime comme vous êtes et, si je puis me permettre, moi avec lui. Confiance.

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      • Dans tout ça manque le chapitre des Communautés nouvelles, qui n’ont de nouvelles que le nom mais sont des institutions en main de « chefs et cheftaines » non préparées, voire pervers, genre les communautés des Focolari qui n’existent que comme maillons d’une puissante organisation mondiale.
        Il faut à tout prix sauver l’institution au détriments des membres engagés qui depuis l’affaire MERLIN commencent à se poser des questions.

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        • A Savarit
          Peut on vous recommander une conférence récente du cardinal Aveline sur le ministère presbytéral dans la mission de l’Eglise qui remet bien les choses à leur place .Il y dit notamment que l’église s’épuise et perd son temps quand elle a le souci de sa propre pérennité . Sa seule mission étant le service et le temoignage de l’amour de Dieu pour ce monde .(what else? )
          Ça remet les pendules à l’heure dans le contexte pénible et nauséabond ou nous vivons.

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          • Les « grands esprits » (soyons modestes) se rencontrent. Je valide ce commentaire de Guy alors même que je sors précisément de l’écoute de la conférence – remarquable – de Jean-Marc Aveline au récent congrès Mission, à Paris. Et comme j’ai pris des notes sur quelques phrases qui m’ont marqué, je les partage ici avec chacun. Lien vers la vidéo.

            La mission est au service de l’amour dont Dieu aime le monde.

            L’obsession de la survie fatigue nos ministères.

            Celui qui aime la vérité ne l’aime pas seulement quand elle est très bien énoncée, il l’aime quand il en perçoit des particules fussent-elles défigurées, dans l’humanité.

            Vivre la mission c’est ccopérer avec l’Esprit saint. Nous nous essoufflons chaque fois que nous voulons souffler à sa place.

            « La présence et l’activité de l’Esprit ne concernent pas seulement les individus, mais la société et l’histoire, les peuples, les cultures, les religions. En effet, l’Esprit se trouve à l’origine des idéaux nobles et des initiatives bonnes de l’humanité en marche »
            Jean-Paul II, Redemptoris missio n°28

            On n’est pas des douaniers de l’au-delà.

            Nous aussi nous sommes destinataires de ce que nous avons la mission d’annoncer.

            Pas d’identité chrétienne sans reconnaissance de l’altérité juive

            La catholicité de l’Eglise n’est pas proportionnelle à sa surface sociale.

            Vous n’êtes pas le curé des catholiques mais le curé des habitants de la ville, du village, du secteur où vous habitez

            Réjouis-toi de ce que le Seigneur fait pousser sans toi.

          • A René . J’ai écouté cette conférence cet apres midi et mes notes sont semblables. Mais je n’en deduis rien sur le niveau des esprits qui se rencontrent au moins pour le mien, d’esprit

          • Merci René pour ce lien.
            Je viens de trouver enfin le temps d’écouter cette conférence du Cardinal Aveline au Congrès Mission.
            C’est d’une richesse prodigieuse !

  • Cher René,

    Je reprends la plume sur votre blog après quelques mois de silence, ayant saturé la gamme de mes réactions dans ce contexte accusatoire.

    « Pourquoi la justice a-t-elle été tenue à l’écart de cette affaire ? » Tout simplement parce que les victimes des chantages au sacrement du non encore évêque (rappelons-le !) qu’on trouvait très impliqué dans ces années-là dans la diffusion des mouvements charismatiques au point que son nom figurait déjà dans le livre de Monique Ébrard, les Nouveaux disciples, ces deux victimes présumées ont saisi le tribunal ecclésiastique et non la justice française, et le fait que les faits dont ils rendaient compte étaient prescrits, « grâce à Dieu » ou non, n’avait rien à voir dans une démarche où on imagine que ces deux hommes ont voulu placer l’évêque face à ses contradictions spirituelles et morales, pour qu’elles soient examinées et jugées à l’intérieur de l’Eglise. Ces deux hommes étaient assez grands pour saisir la justice si bon leur semblait et, s’sils ne l’ont pas fait, c’est qu’ils ne l’ont pas jugé utile. Ils n’ont pas attendu mgr Aupetit pour s’adresser à la juridiction qui leur semblait préférable adaptée à leur affaire.

    Dans quelle immaturité tient-on les fidèles depuis l’affaire Preynat pour estimer que c’est à « Monsieur le curé » ou à mgr l’évêque d’ester en justice pour réparer un préjudice moral? On a institué un crime de « non dénonciation » après celui plus traditionnel de « dénonciation calomnieuse ». Or j’ai toujours tenu que mgr Barbarin n’était pas coupable de ne pas saisir la justice des agissements passés de Bernard Preynat ci-devant prêtre, mais de l’avoir remis aux prises avec ses vieux démons en lui redonnant la responsabilité d’une paroisse, ce qui le remettait face à des enfants.

    Si cassées qu’elles aient été (cassées, mais pas démolies, on espère !), les victimes ou leur famille étaient bien capables de saisir la justice sans que mgr Barbarin leur prenne la main. On ne lui demandait que d’assumer ses responsabilités et de protéger de futures victimes potentielles contre un prédateur sexuel qu’il remettait en selle de façon on ne peut plus imprudente et malencontreuse.

    « Voilà donc qu’au moment où l’Eglise de France, sous le choc des révélations du rapport Sauvé, jurait « ses grands dieux » (si je puis me permettre) que la transparence, désormais, serait la règle, nul en son sein ne songeait devoir rompre le secret concernant l’évêque de Créteil. » Voilà surtout que vous redécouvrez que la transparence étant une utopie, on peut agiter les moulinets du « plus jamais ça », une société a besoin de secret pour fonctionner et si on ne lave jamais son linge sale aussi bien qu’en famille, la lessive ne se fait pas sur les bans publics de la famille élargie et la marque de cette lessive ne saurait être la Vindicte populaire si l’on conçoit de faire appel à Monsieur propre pour rendre nos effets « super brillants »après avoir été blanchis sous le harnois. Au risque de m’enfoncer dans une révérence légitimiste qui n’est plus de mise puisque les évêques ne sauraient jamais bien faire, mgr Blanchet a raison d’en appeler à la responsabilité de mgr Santier pour divulguer ou non les sanctions qui le concernent comme l’initiative pouvait en revenir à ses victimes et comme il est du ressort des victimes d’un prédateur sexuel tel qu’était Bernard Preynat d’en saisir directement la justice sans que la décision en revienne à l’évêque sous la juridiction duquel ce prédateur sexuel exerçait son ministère.

    Un évêque n’a pas à lancer la machine à lyncher, les foules sont assez grandes pour en trouver toutes seules le bouton d’appel. Ce raisonnement devrait être de bon sens pour qui veut, non pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et répare, et que soient réparées ses victimes sans que la réputation de leur abuseur soit ternie sans rémission.

    Mgr Aupetit n’est plus en service commandé. Sa parole à lui aussi est libérée. L’homme ne me paraît pas des plus chaleureux, il prend mal qu’on lui ait glissé une peau de banane sur laquelle il a perdu son siège et son assiette, mais il a raison de rappeler que, quand on ouvre un placard, on y trouve un amant et quand le meuble est un secrétaire, on y trouve des secrets. Il était un peu malodorant de parler de poubelles, mais mgr Aupetit voulait employer un langage fleuri et se souvenait sans doute de la chanson de Font et Val où les deux satiristes, dont l’ancien directeur de « Charlie » et de « France inter » a oublié son compère quand il tâta de la prison et fut dans les ennuis pédophiliques, racontaient un amour né pendant que Monsieur descendait sa poubelle et que Madame vidait son seau.

    On se berçait naguère d’appels à la sainteté, on préfère désormais découvrir des cadavres dans le placard qu’aller à la chasse aux illusions miraculeuses. Tel est le moral en berne de notre société désabusée.

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    • A Julien
      Doit on vous rappeler que l suite au rapport de la Ciase , les évêques se sont solennellement engagés a saisir le procureur de la République de tout fait d’abus susceptible de recevoir une qualification pénale qui serait porté à leur connaissance .
      Doit on vous rappeler qu’en droit pénal français , ce n’est pas la victime qui décide si la justice doit ou non être saisie mais le défenseur de la société à savoir le procureur . Les victimes étant libre de s’associer ou non à l’action judiciaire en se portant partie civile .
      Toute votre argumentation ne tient compte ni de l’engagement des évêques, ni du droit en vigueur .

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    • Julien

      Guy Legrand vous a déjà fort justement répondu sur le droit. Le problème de fond est en effet ici une question de droit et non d’impressions personnelles plus ou moins fondées. Mgr Aupetit est dans la même confusion. Et son commentaire est sans aucun intérêt pour qui veut vraiment réfléchir avec sérieux aux problèmes posés.

      Je me permets donc d’ajouter aussi que je ne comprends pas grand chose à votre commentaire sinon qu’il me semble mal nommer les choses de ce point de vue objectif.

      – Qu’entendez vous par transparence ? Il y a en effet un monde entre la transparence totale et la publicité «  normale » des sanctions, surtout auprès des victimes.
      – Quand il s’agit de crimes ou de délits punis aussi bien par la loi que par le droit canonique, il ne s’agit pas de «  linge sale que l’on laverait en famille «. Si oui, pas la peine de faire des lois et des tribunaux civils ou ecclésiastiques ! La justice est faite au contraire pour dépasser le cadre de la famille et juger les crimes ou délits possibles commis en son sein.
      – Il faudrait aussi cesser de voir l’Eglise comme une famille et la considérer comme une institution serait plus sain.
      – La publicité des sanctions, normale en droit, a pour effet de modérer l’indignation et la colère devant le silence et le mensonge par lequel en l’occurrence a été faussement expliquée la démission anticipée de Mgr Santier: de se substituer en quelque sorte à la vendetta ou à la vindicte populaire.
      – Il faudrait cesser d’appeler peche ( il y a des tas de péchés différents en gravité ) ce qui relève du délit ou du crime. Car immédiatement on passe alors à la miséricorde due au pécheur ; ce qui contribue, quoiqu’on en dise, à atténuer la faute et contribue à préserver l’omerta , en sautant la case justice pourtant indispensable. La miséricorde n’étant pas du même ordre.
      – La réparation des victimes exige avant tout la justice.
      – Notre société est peut être désabusée. En tout cas, les fidèles risquent fortement de l’être, étant donné toutes les raisons précédemment évoquées.

      Pour finir, je vous invite à lire dans «  La Croix » l’article d’un canoniste qui pointe les insuffisances et anachronismes du droit canonique.

      https://www.la-croix.com/Debats/Affaire-Santier-Le-manque-transparence-dune-decision-donne-sentiment-dun-arbitraire-2022-10-19-1201238432

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    • Julien,

      Je ne comprends rien à ce que vous voulez dire. Sinon que vous semblez préférer que l’Eglise reste un lieu de non droit, avec ses propres lois et ses jugements internes, bien élastiques et complaisants pour ceux qui sont en position de force. Vous me direz que ceux qui préfèrent entendre parler de justice, de crimes au lieu de péchés, de droits des victimes (de la psychologie desquelles vous semblez tout méconnaître, ainsi qu’au sujet du phénomène d’emprise), bref pensent qu’il est bon que le plus vulnérable soit protégé et non suggestionné par des discours foireux et une spiritualité détournée, qu’on ne peut pas faire n’importe quoi avec n’importe qui et n’en tenir informé personne, n’ont qu’à aller voir ailleurs. Ce qu’ils vont peut-être finir par presque tous faire, ne supportant plus d’être pris pour des idiots. Quel gâchis !
      C’est évidemment compliqué, l’Eglise se faisant fort de posséder le Christ et la Vérité et jouant toute sa légitimité sur le fait qu’elle est seule à transmettre la Parole, ce qui lui permet de maltraiter les croyants en toute impunité ou presque.
      Eh bien, disons qu’on la remercie d’avoir délivré l’Evangile, comme on peut dire merci à des parents maltraitants d’avoir donné la vie. Pour le reste, il n’y a aucune raison de la dédouaner de pactiser avec le mal et le mensonge et, en ce qui me concerne, de demeurer en son sein. Trahir une fois ou occasionnellement peut être accepté, trahir continuellement et de façon systémique place tout le monde dans le non-sens absolu, l’absurde, en dehors du fait que c’est complètement immoral.

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  • merci. René pour votre partage.
    Les évêques se sont effectivement engagés à Lourdes, il y a a 1 an à la transparence et à s’occuper des victimes en priorité.
    Je peux confirmer que comme dans l’affaire Santier, d’autres évêques continuent à cacher et à vouloir soi-disant protéger l’institution. Notre ancien évêque de l’Aveyron a retiré ses ministères à un prêtre suite à sa propre enquête en 2020 mais n’en a pas informé son diocèse pour « ne pas faire de la mauvaise publicité à l’Eglise » (je cite). Même les prêtres du diocèse croient que ce prêtre ne célèbre plus pour raison de maladie, ce que n’a pas démenti l’evêque. Que va faire le nouvel évêque ? J’ai bien peur qu’il suive la même direction; pour eux, les victimes passent après la réputation des clercs; toujours les actes en contradiction avec leurs.dires… comment avoir confiance encore en eux? Nous avons besoin de saints, d’hommes courageux et non schyzophrènes qui reconnaissent humblement leur faute ou la faute des leurs, comme saint Augustin; qu’ils tombent bien bas pour que nous puissions leur pardonner un jour.

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  • Je ne lis pas toutes les chroniques de l’ami René Poujol et encore moins tous les commentaires mais cette fois si, jusqu’à hier en fin d’après-midi.
    Je ne lis pas toutes les chroniques mais j’en ai suffisamment lues pour avoir repéré des différences de sensibilité qui s’accompagnent souvent d’une grande estime mutuelle et cela m’impressionne. Je sens un collectif tissé sans doute de beaucoup d’aventures communes.
    Ce coup-ci je ne perçois pas ou peu les différences de sensibilités. Ce qui domine est me semble-t-il une commune indignation et peut-être bien une sidération devant les faits, en tout en ce qui me concerne.
    Hier soir je suis donc sorti accablé de ma lecture. Je n’avais rien à rajouter.
    Pour moi ce mêlait l’horreur de la perversion ajoutée au sacrilège et couverte d’une épaisse couche d’hypocrisie et de lâcheté de la part de l’institution.
    Il fallait beaucoup de tension douloureuse dans la conversation engagée pour qu’elle en vienne à frôler de très près le grivois qui n’est pas vraiment le genre de la maison!
    Est-ce que notre point de vue collectif n’était pas juste? Il paraissait difficile d’en adopter un autre qui soit satisfaisant.
    Je me suis souvenu d’un précepte du Talmud, au traité du Sanhédrin je crois. Il dispose que lorsqu’il y a unanimité des membres du Sanhédrin pour condamner une personne à mort la sentence ne doit pas être exécutée.
    Je ne saurais argumenter sur les raisons de ce précepte mais il m’a permis de fixer mon regard sur moi-même, non pas en contemplant mes nombreux péchés trop réels, mais en me disant que catholique attaché à l’église et souffrant pour elle, je devais savoir me faire quelque peu protestant voir musulman en la remettant à sa place de mère comme Jésus l’a fait rudement au chapitre 11 de Luc. Non pas heureuse ma mère mais ceux qui font la volonté de mon Père.

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  • C’est pour moi un travail exigeant de modérer au jour le jour, en réalité plusieurs fois par jour, les commentaires déposés sur ce blog et en attente de validation.

    Je voudrais dire, à l’intention de chacun, ma reconnaissance et mon admiration pour la manière sensible, profonde, responsable avec laquelle vous avez réagi à cette terrible affaire Mgr Santier.

    En message privé, l’un de vous m’a exprimé son interrogation sur la tonalité de mon premier article (Quelques réflexions sur…) qu’il a situé « entre deux eaux » par comparaison à la radicalité des deux éditoriaux de la Croix et la Vie.

    Tour à tour, Jérôme Chapuis (La Croix), Aymeric Christensen (La Vie) et mon ami Bertrand Revillion sur son fil FB ont eu des mots très durs à l’endroit de Mgr Santier mais également des silences qui ont entouré les circonstances de sa démission puis les sanctions prises à son encontre… Leurs textes ont été largement plébiscités sur les réseaux sociaux. Ce qui donne une idée du climat…

    J’ai choisi personnellement un autre registre de parole. Sans doute parce que j’ai connu Mgr Santier et que je ne me sentais pas, quoi que je puisse penser, de l’accabler publiquement. Mais j’ai choisi aussi un autre calendrier : immédiat. J’ai posté mon premier article samedi 15 octobre au petit matin là où mes confrères ont attendu trois jours pour éditorialiser… Et il est toujours plus facile, après avoir lu ce que disent les autres et pris le pouls de l’opinion, de se risquer à des phrases définitives, même si elles sont justes.

    Comme l’exprime l’un de vous j’ai aussi été frappé par la quasi unanimité de ton qui s’est fait jour sur ce blog souvent marqué par la controverse. Elle dit quelque chose du choc qui nous a tous saisis, de la gravité particulière des faits rapportés parce qu’ils se rapportent à ce « sacré » attaché à l’ordination si souvent défendu par l’institution, aujourd’hui questionné ici ou là, du désir de chacun de jouer pleinement son rôle de baptisé dans l’Eglise.

    Et c’est cela qui me semble essentiel. Je suis heureux, je le redis ici avec émotion et humilité (oui, humilité) que ce blog soit devenu, grâce à chacune, chacun de vous, ce lieu de dialogue ouvert, exigeant et fraternel, non dépourvu d’aspérités, dont nous avons aujourd’hui tellement besoin pour continuer à rester debout.

    Sur Facebook, j’ai témoigné, avec ce que je voulais être de l’humour, du questionnement de mon épouse, ces jours derniers : – Qu’est ce que tu fais encore dans cette Eglise ? Ce n’est pas ma réponse personnelle qui importe ici, mais la prise en considération des questionnements que de tels événements peuvent susciter autour de nous. Il nous appartient ensemble de relever ce défi.

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    • Oui, merci René, non pas tant d’être plus modéré que certains de vos confrères, il ne s’agit pas de cela, mais d’essayer d’avoir un regard le plus juste possible.
      J’ajoute, pour faire entendre un son de cloche un peu différent de la plupart des commentaires que nul pécheur, nul criminel, n’est réductible à sa faute ; je pense à cet égard à Jacques Fesch dont le procès en béatification avait été ouvert par le Cardinal Lustiger (à ce propos, où en est ce procès ?).
      J’ai parfois un peu l’impression de me trouver devant des commentaires de bien-pensants prêts à en découdre avec celui qui a commis une faute grave.
      Haro sur le baudet !
      Je ne fais pas partie de cette Eglise de « purs » !

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      • Michel,

        Pas du tout le problème ! Personne n’est « pur » et aucune institution non plus bien sûr.
        Il s’agit ici d’une question de droit et de justice, de non transparence, de mensonges et de silence, d’inadéquation du droit canonique etc…
        Et je ne vois décidément pas le rapport avec Jacques Fresh ( juge et condamne publiquement, repenti )

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      • A Michel
        Vous êtes hors sujet .Personne ne se veut pur ni juge de qui que ce soit .On s’interroge legitimement sur :
        -Le fait que ce prêtre ait pu être nommé évêque alors qu’il pratiquait des strip confessions
        – Le fait que son procès canonique et sa sanction sont restés secrets
        – Le fait que les évêques aient volontairement caché et menti aux fidèles sur les raisons de sa démission.
        – Le fait qu’ils ont commis et persiste dans ce mensonge alors même qu’ils s’engageaient solennellement à Lourdes à rompre avec leurs errements et pratiques passés en matiere d’abus de pouvoir , d’abus spirituel et sexuel des clercs .
        C’est cela le sujet et l’objet de notre colère, de notre indignation et de notre découragement.
        Si les évêques avaient une once de respect de leur parole donnée , ils devraient présenter au pape leur démission collective .Ils savaient concernant le cas Santier , ils ont menti et ont commis un parjure .
        Qu’ils en soient ou non conscients, ils n’ont plus aucune autorité sur les fideles , leur parole est disqualifiée
        S’il.leur reste un minimum de lucidité à défaut de dignité, s’il ont vraiment le souci de l’Eglise , qu’ils en tirent les conséquences . Vite.

        Reply
      • Michel,

        Je ne sais où sont les bien-pensants. Et les purs peuvent être aussi ceux qui n’ont pas envie d’entendre parler de cette boue dans laquelle baignent bien malgré elles les victimes de l’Eglise (je sais que l’expression vous gêne), y compris les fidèles se sentant trahis, trompés depuis des lustres.

        Se servir des victimes pour faire de l’anticléricalisme est dommage, bien que compréhensible. Mais personne ne veut envoyer M Santier nî qui que ce soit dans les feux de l’enfer. Comme d’habitude d’ailleurs c’est moins de lui qu’il s’agit que du silence et du mensonge de l’institution. Et si ce silence et ce mensonge n’avaient pas duré si longtemps, nous n’en serions sûrement pas là aujourd’hui. La vague d’indignation est d’autant plus forte que jusque-là on a tout fait pour cacher, minimiser, étouffer.

        Ce que je crois commencer à comprendre, à force de lire des commentaires, ici et surtout sur facebook, est qu’il y a un réflexe spécifiquement catholique, chrétien peut-être, qui est de prendre immédiatement fait et cause pour le « pécheur », le fauteur, le criminel… et de s’y tenir contre vents et marées en reléguant du coup au second plan – quand on s’en préoccupe – la justice, et donc la vérité, et donc la victime.
        On n’appelle plus les choses par leur nom, on biaise, on esquive, on bouche et on recouvre tout par une vision faussée de la « miséricorde ». Par peur de s’ériger en juge ? Parce qu’on se sent soi-même du côté du pécheur, du criminel ? Je ne sais. Mais il n’est pas question de condamner une personne en particulier, mais une attitude générale qui provoque et puis qui couvre le mal, la mort.
        Cela, c’est à dénoncer haut et fort, en soi-même, chez l’autre, dans l’institution.

        Pour finir mes trop longues explications, j’aimerais évoquer un article de Marie Balmary, qui fait partie de la commission Garapon, paru dans la Croix le 7 octobre. Elle y explique avoir constaté que pour la victime être écoutée ne suffit pas, elle a besoin d’être crue. Etre crue ne suffit pas non plus. Il existe une étape essentielle à la délivrance : que celui qui écoute s’indigne. Et dise que « ce que lui a fait son agresseur lui a fait mal parce que c’est mal. Point. Et voilà la parole vraie ».
        Mais dans l’Eglise on a tendance à brûler les étapes, à tout mélanger et finalement ça ne respecte personne, même pas celui qui commet le mal et qui doit comprendre qu’à un moment il a commis le mal. Et comme il a été couvert – même pas dans l’intention de le « protéger » lui, mais l’institution, ne nous faisons pas d’illusions – effectivement la vindicte tombe sur le premier à propos duquel il y a des révélations, tout simplement parce que la colère contre ceux qui ont menti, trahi, bafoué dans une Eglise qui se dit elle-même « sainte » qui plus est et qui donne des leçons, est immense.

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      • Michel,

        Que « nul pécheur ne soit réductible à sa faute » est un poncif que personne ne peut contester.
        En revanche, dans le cas de Mgr Santier, ce que tout le monde est en droit de contester est le silence qui a entouré – et qui continue d’entourer – la procédure de sanctionnement.

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      • Même si je suis hors sujet, et parfois volontairement un peu provocateur, je ne fais pas partie non plus d’une Eglise de procureurs, je laisse cela à Guy.

        En revanche, Anne, je suis sensible à ce que vous ressentez et décrivez comme le réflexe « de prendre immédiatement fait et cause pour le « pécheur », le fauteur, le criminel… »
        Ce n’est pas du tout cela que je voulais dire en écrivant que nul pécheur, nul criminel, n’est réductible à sa faute, mais je pense qu’il est plus important d’être à l’écoute des victimes, et une vraie écoute empathique, que de hurler avec les loups contre les coupables voire parfois contre des accusés non coupables (je connais au moins deux cas de rumeurs infondées) en se donnant ainsi bonne conscience.
        Vous citez opportunément Marie Balmary qui explique avoir constaté que pour la victime être écoutée ne suffit pas, elle a besoin d’être crue. Etre crue ne suffit pas non plus. Il existe une étape essentielle à la délivrance : que celui qui écoute s’indigne. Et dise que « ce que lui a fait son agresseur lui a fait mal parce que c’est mal. Point. Et voilà la parole vraie »
        Oui, l’important est de délivrer une parole vraie.

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      • Affaire Santier : « Qui justifiera le silence des évêques ? » : « Pour les catholiques du collectif « Agir pour notre Église », la révélation des abus commis par Mgr Santier et du silence qui a entouré la sanction prononcée à l’encontre de l’évêque émérite illustrent l’incapacité du collectif épiscopal « à s’ajuster aux exigences de la justice et de la vérité ». (La Croix – Collectif Agir pour notre Église, 21/10/2022, voir ci-dessous)
        https://www.la-croix.com/Debats/Affaire-Santier-justifiera-silence-eveques-2022-10-21-1201238807>

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  • A René .
    Entièrement d’accord avec le contenu de votre post .Vous avez été un des premiers à intervenir Nous avons du attendre longtemps avant de lire la réaction de « La Vie » par exemple .Ce qui n’enlève rien à la qualité et à la pertinence de l’article du directeur de la rédaction de ce journal .
    De plus le fait d’avoir connu et fréquenté M Santier parce qu’il était votre évêque explique le caractère modéré de votre premier article. Quand on connaît l’homme qui a commis les faits , on a forcément un autre regard que lorsqu’on analyse les faits bruts .
    Mais au delà de M Santier et du fait qu’un homme ayant commis de tels actes puisse être nomme évêque sans qu’aucune alarme ne fonctionne dans le processus de nomination, c’est bien l’incohérence des évêques français : le successeur à lCréteil, l’évêque de Coutances et la CEF qui est un legitime motif de colère .Ils nous ont longuement expliqué après le rapport de la Ciase que maintenant ils avaient compris , qu’il allaient prendre des mesures , qu’ils s’engageaient à modifier leur gestion des cas d’abus . Et ils ont continué sans vergogne dans leurs errements anciens..
    Je crois pourtant que ce ne sont pas pour autant des cyniques et des menteurs , mais que le poids de la culture en vigueur dans l’eglise , a fortiori sur des hommes choisis parce qu’ils lui sont totalement soumis , les empêche d’évoluer .Leurs belles paroles disent leur désir peut être sincère, leurs actes démontrent leur incapacite à changer . La structure bimillenaire reste plus forte que les hommes qui la composent et prétendent l’administrer .
    Voilà ce qui me désole et m’exaspère .

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  • Lorsque je dis qu’on est devant une nouvelle « affaire Barbarin » lequel a été innocenté par la justice de notre pays…,hélas , je ne crois pas me tromper
    Paraitt-il que « lorsqu’on veut noyer le Concile allemand on l’accuse de la rage » je l’ignore, mais ce que je constate c’est que lorsqu’on veut noyer les communautés nouvelles lesquelles ne sont certes pas toujours des modèles de vertu , eh bien on les accuse d ‘être des mouvement à éliminer de façon urgente,ce qui a en plus l’avantage de démolir subrepticement cette calamité de Saint jJeanPaul II assurément le pire pontificat qu’on n’est jamais connu

    Reply
    • A Dominique .
      Tu devrais lire le jugement et l’arrêt relatif au procès de Ph Barbarin .
      Il n’a pas été innocenté des faits qui lui sont imputés et dont le caractère délictueux a été établi. Il a été relaxé au seul motif de la prescription de l’action pénale . Il a été reconnu coupable mais non sanctionnable , pas innocenté .

      Reply
    • Dominique,

      Votre post se termine sur le ton de la dérision : « cette calamité de Saint Jean-Paul II assurément le pire pontificat qu’on n’est jamais connu »
      Au lieu d’utiliser la dérision à ce propos, il conviendrait surtout de considérer l’action – ou plutôt l’inertie – de Jean-Paul II dans l’affaire Martial Maciel, ce qui ne saurait lui faire honneur :

      « Abus sexuels, abus de pouvoir, esclavage, atteinte à la dignité : les accusations portées contre certaines communautés nouvelles sont très graves.
      Ainsi Marcial Maciel Degollado, le fondateur des Légionnaires du Christ, a été accusé d’abus sexuels dès 1946, cinq ans seulement après la fondation de la communauté. Une enquête canonique est lancée, mais la mort du pape Pie XII en 1958 y met un terme. De nouvelles plaintes sont déposées en 1998, mais l’enquête est freinée par Jean-Paul II. C’est finalement Benoît XVI qui écartera le fondateur en 2006. Il mourra en 2008 sans jamais avoir été inquiété. Après son décès, on apprendra qu’en plus des d’abus sexuels sur mineurs au sein des séminaires, il aurait eu plusieurs femmes et des enfants, dont certains ont porté des accusations de viol contre lui. » (Unadfi.org, voir ci-dessous)
      https://www.unadfi.org/groupes-et-mouvances/la-longue-liste-des-abus-dans-les-communautes-nouvelles/?fbclid=IwAR3t7v6-Lf4A_lcigagpmZOaJZJaq0_TySNZMr33b_9hCXXDYL_dMYsHd60#more-10477

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      • A Robert,

        Allez comprendre que des catholiques (normalement ayant donc un peu de moralité) puissent continuer à défendre les communautés nouvelles et assimilées, alors qu’y ont eu lieu et y ont lieu encore : viols (y compris d’enfants), incestes, actes de torture et de barbarie (y compris sur enfants), abus de conscience, maltraitance physique, droits sociaux bafoués, ce qu’on nomme en droit « esclavagisme » (travail forcené non rémunéré), humiliations etc… etc…
        Pourquoi ? Parce que cela se passe aussi ailleurs ? Parce qu’on y voit des gens souriants (tellement bien dressés..)? Parce que nous sommes tous pécheurs et qu’à tout péché miséricorde ?
        Qu’il y ait une vague d’indignation à propos de M Santier et du fait de l’omerta, tant mieux. Que ce soit surtout parce que cela s’est produit devant le tabernacle me désole quand même. On pouvait donc plus ou moins fermer les yeux quand on maltraitait les personnes du moment que c’était en dehors des sacrements ?
        Ça m’indigne.

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        • Je comprends votre réaction. Mais si à quelque chose malheur est bon, ne faisons pas la fine bouche. On est là, me semblait, dans le débat éternel sur la Présence réelle qui, pour les uns, est uniquement dans les osties consacrées, donc dans le tabernacle, pour les autres dans tout être humain… « c’est à mois que vous l’avez fait » le débat ne sera pas clos demain !

          Mais c’est le livre de Marco Marzano, La caste des chastes (Ed. Philippe Rey) qui me fournit ce que je pense être la clé. Il écrit dans un ouvrage sur le clergé italien qu’il décrit comme non-chaste à 90% : « Qui est capable de contrôler ses instincts sexuels ne peut qu’être considéré comme appartenant à une race supérieure dotée de pouvoirs inaccessibles au reste de l’humanité » (p.53) Je crois que c’est cette sacralité des clercs qui est en train de voler en éclats à travers toutes ces affaires qui illustrent précisément une incpacité à contrôler ces instincts. Cette réalité est profondément déstabilisatrice pour une immense majorité de fidèles que l’on a fait, précisément, adhérer à cette idée de sacralité. Lorsque, plus est, c’est un évêque qui est cause, alors là elle devient destrictrice !

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          • Bien sûr René. Pas question de faire la fine bouche et je vous remercie pour votre honnêteté et votre courage, une fois de plus.
            Rien ne bougera, je crois, san la profonde et douloureuse déstabilisation des fidèles, en raison de tout ce que vous dites.

  • Merci pour votre réaction en pleine conscience.
    Je peux vous,apporter une information complémentaire.
    C’est ce même Monsieur Santier qui a porté le très lourd dossier Merlin des Focolari sur les bureaux du Vatican et à soutenu l’implantation de,Focolari à Créteil.
    De ce dossier des Focolari la presse n’en n’a fait à peine cas…

    Reply
    • Il est vrai que le dossier Jean-Michel Merlin (que je connais par ailleurs puisqu’il a suivi des cours de journalisme avec mon épouse) a été peu couvert. Pour autant, j’ai consacré au livre de Renata Patti sur les Focolari un article traduit en plusieurs langues et repris par des sites référencés sur le sujet. Sans doute faudra-t-il y revenir, comme sur les Fraternités et tant d’autres… Mais l’Eglise se charge elle-même, hélas, de nous imposer chaque jour de nouveaux terrains d’enquête…

      https://www.renepoujol.fr/derives-les-focolari-dans-loeil-du-cyclone/

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  • René, bonjour,
    Merci pour ce billet. Je me permets de préciser quelques informations concernant la publication de ces révélations sur le site web de Famille Chrétienne, étant moi-même l’auteur de cet article. Nous n’étions pas informés des éléments publiés par Golias. Nous n’en avons pris connaissance qu’après la parution de l’article de Golias sur son site internet, le lendemain de notre propre publication. Disant cela, je ne veux aucunement dénigrer le travail fait par Golias. Je dis juste qu’il n’y pas de lien entre les deux publications (trombinoscope et notre article). L’information nous est venue par d’autres canaux.
    Je ne sais pas, par ailleurs, si d’autres médias étaient informés des faits et sanctions de Mgr Santier. Je veux simplement dire ici que nous avons fait notre travail en toute indépendance.
    A votre disposition,
    Antoine Pasquier

    Reply
    • Cher Antoine,
      Je prends acte de vos propos.
      Je posais simplement l’hypothèse que lesdits canaux avaient peut-être été, eux, d’autant plus empressées à livrer l’info, par le biais d’un média de leur choix, qu’ils percevaient bien que les révélations de Golias ne resteraient pas sans écho.
      C’est tout.
      Bien cordialement
      René Poujol

      Reply
      • A Antoine Pasquier et René Poujol
        Je pense qu’il faut tout de même être reconnaissant du travail que Golias accompli depuis une trentaine d’années maintenant. Nous avons la chance en France d’avoir une telle revue. Les autres journaux catholiques seraient bien inspirés de lui témoigner cette reconnaissance après des années de mépris pour ne pas dire de calomnies. Qui parmi les responsables de l’Eglise de France ne lisent pas le Trombinoscope? Personne ne le dira bien évidemment.

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        • Bien d’accord. On peut ne pas être “à l’aise“ avec la tonalité des protraits dans le trombinoscope, mais le fond est généralement indéniable sinon ils auraient procès sur procès.

          Dans l’affaire Santier il n’est pas exclu que certains, dans l’institution, aient souhaité faire monter Famille Chrétienne au créneau en lui révélant des informations, pour éviter que Golias n’apparaisse comme celui qui a révélé l’affaire.

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          • Il arrive pourtant à cette excellente (???°) revue d’être condamnée par la justice. Certes elle l’est rarement mais peut-être aussi que les « victimes » de cette revue ont peut-être autre chose à faire que de s ‘occuper de ça

          • D’abord il ne s’agit pas ici de la revue mais du Trombinoscope. Et je vous ferai le commentaire que vous me serviez l’autre jour : il n’y a pas de condamnation « à ma connaissance ». Mais comme vous semblez avoir des informations précises, je serai heureux de les découvrir…

  • Dans un communiqué de ce 20 octobre, Mgr Dominique Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, informe que d’autres victimes de l’abbé Michel Santier viennent de se faire connaître. Ce qu’on pouvait redouter. Cinq apparemment !

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    • Hélas. Si une telle personne-M. Santier- parvenait à exprimer ce qui lui est arrivé pour en arriver là et que cela était rendu public, elle permettrait au moins de commencer à comprendre.
      Je relis en ce moment un pavé un peu lourd, « le Gué du Jaboq » de Jean Massin, récit autobiographique écrit vers ses 5 ans, et dans lequel perce clairement l’impact positif et négatif de sa mère, positif quand elle su sauver et assister l’enfant de 2 ans condamné à mort puis à l’immobilité totale jusqu’à 9 an,négatif en particulier par rapport à ce 1er choix de vie adulte qu’il le fit devenir prêtre, avant de s’aviser qu’il était appelé à tout autre chose, avec sa femme. Ayant interviewé deux prêtres dans le cadre de « mémoire de prêtres » pour et avec la CCBF, j’entends encore ce silence retenant des sanglots à l’évocation du petit séminaire avant que la voix se reprenne.
      On sait le poids de l’éducation, de la famille, en particulier pour la famille Philippe. Ne serait-il pas indispensable, pour l’Église et le clergé, que tout soit fait pour comprendre alors qu’on sait que, sauf exception, tout abuseur -quel que soit le « type » d’abus- a été victime. d’au moins un type d’abus. La Ciase a traité une partie des victimes conformément à son mandat; à quand une commission pour entendre et comprendre les abuseurs abusés?

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  • Petite correction, cher René, la référence au Trombinoscope des évêques de Golias est page 297.
    Merci de tous ces éclairages nécessaires.

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    • Merci Anne. En réalité j’avais écrit en note : 580 p., 26 €. Et comme euros a sauté on a pu croire que le p. indiquait la page… 26 !

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  • Il faut boire le vin jusqu’à la lie, dit-on. Un évêque, apparemment ouvert et sympathique, est passé entre les mailles du filet pendant ses années d’épiscopat et est révélé auteur d’actes, non seulement répréhensibles et réprouvés, mais honteux et scandaleux, passibles d’excommunication. Que peut faire le simple spectateur de ces « hauts faits ». ? Pardonner ? Bien sûr, mais ça ne suffit aucunement. Il y en a tant que c’est la submersion. On peut pardonner un, puis deux, puis trois, et même tout,, mais si ça doit recommencer de plus belle dans un autre domaine, on en reste toujours à la submersion. J’admire les protestations des uns et des autres. J’en suis moi-même au-delà. J’attends dans la foi que le mauvais temps passe, que les mentalités évoluent, que les évêques cessent de vouloir dissimuler les actes délictueux et honteux. Temps de l’épreuve, où il n’y a plus grand’chose à faire qu’attendre que ça passe et que l’Eglise soit essorée jusqu’à l’os. Je ne cache pas une admiration pour Golias qui, le premier, a mis en lumière des choses qui se sont révèlées totalement exactes. Au début, je trouvais qu’il allait un peu loin, et c’était moi qui ne voulais pas voir trop loin. Il ne reste qu’à attendre dans l’espérance de jours meilleurs, sans désespérer.

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    • A Ephrem Yon
      Comme je comprends cette attitude qui est la vôtre , d’attendre que cette tempête passe ,
      – parce que nous nous sentons un peu impuissants face à ce monstre à la dérive qu’est devenue l’institution écclésiale ;.
      – parce que nous savons vous et moi que ce que nous tentons imparfaitement de témoigner de l’Evangile passe par nos actes plus que par nos paroles . Et qu’il peut sembler vain de se répandre sur les blogs et les tribunes pour seulement dire notre colère et notre écoeurement .
      Mais ce n’est pas ma position parce que , baptisé, je suis partie prenante de l’Eglise ( cf Lumen Gentium )et que je ne peux me résoudre à voir ceux qui la conduisent la diriger sur les brisants, sans tout tenter pour empêcher le naufrage .

      Non pas par esprit de revanche envers ceux qui nous ont sciemment trompés et qui continuent , toute honte bue à le faire . Mais parce que :
      – je crois que cette forme d’église qui fut totalement en phase avec la société du XI° siècle au point d’en adopter les institutions et la gouvernance peut et doit s’adapter à la société du XXI° siècle sans renier ni son identité ni l teneur de son message .
      – parce que je refuse qu’elle soit pris en otage par quelques clercs mitrés qui faute d’une identité personnelle assumée se cramponnent et s’accrochent à leur statut épiscopal qui leur donne l’illusion d’exister en prenant en otage le peuple fidèle .
      – Parce que je crois de mon devoir et de ma vocation de baptisé de contribuer non pas à détruire (les évêques s’en chargent tellement bien tout seul )mais à construire une église qui puisse en dépit de tous nos déterminismes et nos faiblesses nous aider à témoigner comme le dit justement J M Aveline de l’amour infini de Dieu pour le monde qui est sa création .

      Alors non je ne me tairai pas , je continuerai là ou je suis , à vivre et à combattre pour que l’église se donne les moyens de contribuer autant que possible de témoigner de l’Evangile . En dépit de ceux dont c’était la responsabilité et qui ont trahi leur mission et le peuple qui leur était confié .

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  • Après lecture des deux articles et des commentaires, que dire…? D’abord : Merci pour toutes ces réflexions et pour ce lieu d’échange. Pour ce qui est des miennes, je partage largement celles de Guy Legrand quant aux carences évidentes de l’Église – structure hiérarchique – dans les nombreux domaines où la société civile a depuis maintenant quelques siècles développé des outils permettant de mieux gérer / résoudre, accompagner / enquêter / assurer des droits / punir / réinsérer / dans les conflits humains, crimes et délits qui existent dans toute société. C’est cette carence qui est à l’origine du caractère « systémique » de couvertures des abus (système secret, omerta, pas de séparation des pouvoirs, notion de « victime » et de « consentement » complètement absentes du logiciel de fonctionnement de l’Église, etc.)
    Un article fort intéressant à ce sujet est celui publié hier 20 octobre sur Aleteia par le père Luc de Bellecize, qui illustre tout à fait le déni en vigueur dans l’église. Pour faire bref : surtout, ne changeons rien, ne nous alignons pas sur « le monde » (quelle horreur !) pour améliorer les choses : l’église ne se purifie que par un retour à la source.
    Je vous invite à le lire, c’est édifiant…

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  • A propos du communiqué de l’archevêque de Rouen .
    Il fait le dos rond et refile le dossier à Rome .
    – Le fait que Rome soit compétent pour juger un évêque ne dédouane en aucun cas les évêques français de leur responsabilité dans le silence et le mensonge concernant les raisons de la démission de M Santier .
    – De plus il s’avance beaucoup en affirmant que Rome va reprendre la procédure canonique (  » Nul doute que le dicastère diligentera une nouvelle enquête… » ) Et bien si , on doute . Santier a été condamné pour un manquement à un commandement de Dieu et non en vertu d’un contentieux en responsabilité envers autrui que le droit canonique ignore . Santier n’a pas été condamné parce qu’il a commis un dommage envers autrui mais parce qu’il a manqué à un commandement de Dieu et instrumentalisé un sacrement . Le fait que l’on découvre de nouvelles victimes justifie t il que l’on rouvre son procès ? Il faudrait l’avis d’un expert en droit canon , mais rien ne prouve que l’assertion de l’évêque de Rouen soit fondée en droit
    Après les mensonges , les approximations juridiques ?
    Manifestement ils nous prennent toujours pour des cons .

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    • Guy Legrand.

      Pas seulement….Ils sont incompétents, manquent de rigueur dans leurs réflexions et leurs actes et improvisent donc au cas par cas, en fonction des révélations de l’heure. Et, à voir certaines réactions admiratives de ce communiqué, cela continue malgré tout à tromper beaucoup de monde parce que les Cathos pensent en général que la bonne volonté réelle ou apparente d’une personne suffit.

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      • A Marie Christine
        Oui la phrase la plus choquante et la plus révélatrice de ce communiqué est la suivante :
        « Nous sommes là face à une tension entre les exigences du droit canonique … les pratiques juridiques de notre pays , le respect des personnes et l’exigence de transparence que portent beaucoup de fidèles  »
        Commentaire :
        1) Il ne peut y avoir de tension entre le droit canonique et le droit français comme s’ils étaient de valeur et de niveau équivalents . Le droit français est prééminent sur le droit canonique qui n’est en France que celui d’une profession comme n’importe quel droit ordinal ( celui des médecins , des avocats , des notaires …) . Le droit français s’impose au droit canonique . Le propos d’EMB est de même nature que ceux qui prétendent que la charia est de même niveau que le droit français .
        2) Cette phrase constitue un aveu , fondé , que le droit canonique ne prend pas en compte le respect des personnes . En effet il ignore totalement la personne comme un sujet de droit .
        3) Les exigences de respect des personnes et de transparences ne seraient revendiquées que par les fidèles encore pas par tous . Donc pas par les évêques qui n’ont donc rien à se reprocher dans la manière dont ils ont traité le cas Santier (CQFD) . « Opacité , hypocrisie et mensonge » devrait figurer dans toutes les devises épiscopales , juste au dessus des armoiries .
        4 )Enfin « le coup de pied à suivre « habituel : On va se réunir et prendre le temps d’étudier « sérieusement » la question et puis transmettre à Rome car les évêques n’ont bien sûr aucune responsabilité ni aucun pouvoir .

        Duplicité ou incompétence ? Les deux .

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  • A propos de la déclaration du président de la CEF
    Elle est facile à résumer :
    C’est pas nous , c’est Rome et le respect du droit canonique qui sont responsables de ce mensonge

    Un gamin pris les deux mains dans le pot de confiture et qui nie contre toute évidence . Infantiles ces évêques .

    Je pense quand même à ce pauvre Moulins Beaufort qui se sacrifie pour faire salement le sale boulot .

    .

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    • Rien de plus simple en effet pour constater qu’il est fait mention d’une seule et unique condamnation en trente-sept ans, pour une Entreprise qui édite un trimestriel, un magazine hebdomadaire, des livres et un trombinoscope qui en est à sa 14e édition…

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  • Une seule et unique condamnation, confirmée tout de même par la Cour d’appel D »autre part je constate que pour me convaincre du caractère pervers de la Communauté « Réjouis toi » vous m’avez sorti une seule affaire concernant un simple membre de cette Communauté, n’ayant à ma connaissance aucune responsabilité dans cette Communauté
    Un peu court peut-être,non?

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    • En passant par pertes et profits les sept victimes à ce jour déclarées de son FONDATEUR, un certain Michel Santier. Et je comprends d’autant moins votre insistance qu’à aucun moment dans mes écrits je n’ai mis en cause la communauté en tant que telle. C’est vous qui avez pris l’habitude, dès qu’on « sort » une affaire, de considérer qu’il y a volonté de chasse aux sorcières. Si vous le voulez bien nous en resterons là !

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    • @ Dominique,

      La défense tout azimut des communautés nouvelles vient de vous faire franchir une ligne jaune à mes yeux : vous mettez sur le même plan une condamnation pour diffamation (un délit) avec un abus de position dominante (pendant la confession) pour obtenir un avantage de type sexuel, ce qui me parait bien plus grave. Et ceci de façon réitéré avec plusieurs victimes différentes. Vous auriez, par l’absurde, voulut accabler les communautés nouvelles, vous n’auriez pas mieux fait !

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  • Je ne suis nullement, ne vous en déplaise un défenseur tous azimuts des communautés nouvelles et ne conteste nullement l’existence des trop nombreux scandales qui ont,et peut -être encore, toujours lieu au sein de ces communautés.Il est bien certain que les évêques ont été trop légesr pour accueillir ces communautés sans se préoccuper trop de savoir ce qui s’y passait réellement Ils auraient dû se méfier davantage malgré le côté bien honnête et tout à fait « catholique » de leur fondateur; mais de même que je redoute toujours les jugements à l’emporte -pièce je voudrais seulement qu’on reconnaisse également que ces communautés ont également sauvés du désespoir bien des personnes.Pour moi la pomme n’est pas entièrement pourrie et uniquement bonne à jeter
    Voilà mon crime

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    • Ce n’est pas un crime, Dominique, c’est une facilité ! Sur tout sujet en débat on peut se montrer compréhensif pour les uns et les autres en expliquant, ce qui est vrai, que rien n’est jamais blanc ou noir. Ce qui évite d’avoir à se positionner, se réfugiant sur les auteurs de l’Aventin auréolé de sagesse. Désolé, il y a des moments où il faut se mouiller et prendre position contre une partie de soi-même. Tant mieux si ces communautés nouvelles ont réveillé ici ou là la foi de certains. Aujourd’hui, comme l’exprime Yves Hamant dans une tribune de Famille Chrétienne, il devient de salubrité ecclésiale de dissoudre certaines d’entre elles , lorsqu’il apparaît que ceux qui les dirigent sont dans l’incapacité – souvent par manque de volonté – de les réformer.

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      • Quant à me tenir doucettement sur lAventin comme vous dites pour moi qui n’est aucune responsabilité » dans le fonctionnement de l’Eglise c’est tout simplement reconnaitre à mon niveau que je n’ai pas les éléments pour prononcer un jugement ni dans un sens, ,,ni dans l’autre. Je laisse çà à ceux qui connaissent réellement le dossier.C’est l’attitude que j’ai d’ailleurs pour toutes les affaires judiciaires
        Je ne juge jamais selon l’opinion des médias car cela ne me suffit pas pour me prononcer,jamais et je redoute d’ailleurs de devenir membre d’un jury dans une affaire, ô combien…

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        • Dominique,

          Ah bon ? Vous ne jugez jamais ? Et pourtant il me semble bien me rappeler que vous avez souvent mis la parole des autres en cause, justement dans des affaires dont vous ne connaissiez effectivement rien. Ce qui est bien un jugement, si je ne m’abuse.
          Dans ces cas, le mieux serait en effet de s’abstenir…
          Mais c’est pas si grave. Après tout, on en prend l’habitude…

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  • René,
    J’ai signalé la tribune de Yves Hamant à Dominique, qui m’a répondu que celui-ci pouvait penser comme il veut, mais que lui gardait son opinion à cause de ses propres observations.
    Yves Hamant, qui est loin d’être un farfelu ou un idéologue, travaille sans relâche depuis 10 ans sur les communautés nouvelles. Il les connait toutes ou presque ainsi qu’un grand nombre d’évêques, et plus haut encire. Il observe depuis une décennie les drames de vie, tous pires les uns que les autres : suicides, tentatives de suicides, soins psychiatriques sans fin, perte de vie sociale, familiale, affective, sexuelle, grande précarité financière, perte de la foi… Et assiste, impuissant, à cette double réalité : personne ne s’est soucié des victimes et lesdites communautés continuent à foncer droit dans le mur.
    Qu’on continue à entendre que « oui, d’accord, mais il y a aussi du bien qui se fait »…les bras m’en tombent. Du bien, il s’en fait partout. Mais ici, à quel prix exorbitant pour des centaines, milliers de personnes ?
    Je ne comprends pas du tout qu’on persiste à raisonner ainsi « chrétiennement » et pourtant ça a l’air possible. Donc c’est que quelque chose m’échappe toujours.

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  • Anne,

    C’est un processus bien connu. Par comparaison limite, on pourrait dire aussi que, malgré le Goulag, les camps, la discrimination raciale etc…, le communisme, et même le nazisme, et le régime de Petain ont fait du bien. Et ce ne serait pas faux en soi. Il existe des nostalgiques du communisme et certains aujourd’hui même ne se privent pas de réhabiliter Petain.
    Il n’empêche que si on refuse de prendre conscience de la l’extrême gravité du mal nécessaire à l’édification de ce quelque bien, on justifie donc ce mal et on n’en sort pas…., surtout si on se fie à son expérience personnelle nécessairement restreinte et superficielle.
    A un moment donné, il faut prendre parti.

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  • Anne,
    en effet la fin ne peut justifier les moyens. mais je crains que la fin ne soit pas seulement un peu « de bien ». Mais beaucoup plus. Toute une stratégie de restauration (de la « puissance passée ») de l’Église. Masquée sous le vocable « nouvelle évangélisation » (ha bon ? l’Église avait cessé d’évangéliser : quand? comment?…). Et ces communautés nouvelles furent le fer de lance de cette orientation pastorale voulue au plus haut sommet (par Jean Paul II).
    Anne, si certaines personnes défendent becs et ongles, ou parfois avec l’air de na pas y toucher, ces communautés nouvelles malgré tout le mal qu’elles peuvent avoir fait; c’est, il me semble, que ces personnes ont bien du mal à faire leur deuil de cette orientation pastorale de L’Église qui a échoué car inadapté. D’ailleurs, en mai 2021, sur ce même blog, René a fait un billet sur ce sujet : « Ratzinger,l’échec de toute une époque. » La défense de ces communautés, auxquelles certains défenseurs ne semblent même pas y croire eux-même, défend surtout l’orientation que je trouve quelque peu réactionnaire de JPII et BXVI.
    Je crains que l’explication d’une persistance de défense de l’indéfendable, avec un raisonnement si peu chrétien comme vous le soulignez, réside là.

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  • J’ajoute à mon dernier commmentaire, en essayant de me placer en dehors de l’inutile jugement : quelque chose qui me scandalise moralement, en tant qu’être humain, et que j’observe chez des chrétiens en raison dirait-on du fait qu’ils sont chrétiens. J’aimerais sincèrement comprendre. A vrai dire, j’en ai besoin.

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  • Merci Marie-Christine et Dominique Lucas pour vos explications. Qui n’expliquent sans doute pas tout mais sont en effet des pistes de réflexion.

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  • Je ne connais pas Dominique Bargiarelli mais, quand je vois son nom, je saute son commentaire pour prendre le suivant car ce qu’il écrit me fait penser à cet extrait d’un sketch de Raymond Devos : « Mesdames et messieurs, moi, lorsque je n’ai rien à dire, je veux qu’on le sache ! Je veux en faire profiter les autres ! Et si, vous-mêmes, mesdames et messieurs, vous n’avez rien à dire, eh bien, on en parle, on en discute ! Je ne suis pas ennemi du colloque. »

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    • A un accro de cath’lib .
      Le problème est que Dominique exprime ce que pensent une grande partie des catholiques pratiquants .C’est pourquoi je le lis avec attention y compris quand ses raisonnements échappent a la logique .
      A titre d’exemple lors de la dernière émission de KTO « Deo et débats  » on a pu entendre le commissaire politique de l’émission, a savoir le représentant de l’Emmanuel , nous expliquer que le fait que l’affaire Santier soit révélée était le signe indéniable que l’eglise progressait dans son effort de transparence ! A l’entendre cette révélation était le fait de la hiérarchie ecclesiale .
      On a envie d’écrire que KTO est à l’info ce qu’était Radio Paris .

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      • C’est bien à ma méchanceté naturelle et non au contrecoup des vaccins contre le covid et la grippe reçus hier qu’il faut attribuer mon mouvement d’humeur au sujet des propos de Dominique. Je lui demande pardon sans lui promettre de toujours le lire. Je vous remercie, Guy, de me rappeler élégamment que tout le monde a le droit de s’exprimer sans se le faire reprocher. Il y a des points sur lesquels on ne s’améliore pas avec l’âge !

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      • Intrigué par ton commentaire, Guy, je viens d’aller écouter l’émission et je constate qu’un seul des 5 invités tient les propos que tu rapportes, tous les quatre autres ont dit le contraire.
        Et donc je suis scandalisé que tu oses comparer KTO à Radio Paris.

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        • A Michel
          Un seul effectivement , mais pas un invité lambda .
          Il s’agit de Monsieur Landete, le petit commis voyageur de la holding « l’Emmanuel ,  » qui contrôle l’église de France.
          Dès que Landete a donne son avis, l’animatrice a vite clos ce sujet lorsqu’elle a constaté que tous les autres participants n ‘étaient pas dans la ligne du parti .
          Pour faire plus moderne si tu veux , je dirai que KTO c’est Cnews avec l’Emmanuel en équivalent de V Bolloré avec les porte flingues pour faire la police dans les débats.
          Il n’est pas étonnant que le seul organe d’information libre sur ce qui se passe dans l’église , soit celui qui n’a aucun lien d’intérêt avec l’église : Golias quoique l’on pense de son style et de son ton .

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          • Oui, c’est juste. La « liberté » de parole est vraiment très conditionnée sur KTO comme sur radio ND. Nous sommes nombreux à l’avoir expérimenté. Pas d’autre choix que d’aller dans le bon sens ou, si c’est un tant soit peu polémique, de terminer sur une note de confiance, espérance et optimisme qui fait rentrer dans le rang. Ainsi, beaucoup de choses n’ont jamais pu être dites dans ces medias.

    • Dominique Bargiarelli est un défenseur inconditionnel de l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique.
      C’est ce qui explique qu’il n’a pas hésité une seconde – concernant l’article à propos de l’affaire Preynat que François Vercelletto avait publié sur son blog Etats d’âme – à poser cette question saugrenue : « A quoi bon revenir là-dessus une nouvelle fois … Alors pourquoi ? Dans quel but ? » (voir « Les lourds secrets d’anciens scouts », blog Etats d’âme, post de Dominique Bargiarelli du 30 janvier 2016)

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  • Merci de m’aider à demeurer dans la foi.

    Ma réaction est sans doute trop simplette:

    Judas était aussi un apôtre.
    Après sa trahison, on ne parle plus de lui si ce n’est qu’il a eu le courage de retourner aux grands prêtres mais qu’il n »a pas eu la foi du pécheur.

    Quand la trahison est une affaire d’exploitation, pour moi, elle ressort de la justice humaine.

    Amour pour les victimes et aussi pour le pécheur. Je ne veux pas juger. Dieu s’y retrouvera.

    Par contre, arrêtons de cacher, de protéger et je dirais même de dorloter le pervers.

    Il n’est plus un apôtre qu’il aille travailler comme nous tous, les anawim du Seigneur.

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  • ÉGLISE
    Je confesse à Dieu (à mon confesseur) que j’ai beaucoup péché (fautes) et je prends la ferme résolution, avec le secours de votre Sainte grâce, de ne plus Vous offenser, Seigneur et de faire pénitence.
    H. E. C.
    Fondamentaux du coaching
    En ma qualité de coach, j’avoue à mon superviseur que j’ai des filtres émotionnels (traumatismes) et je lui demande de m’aider à en prendre conscience et à en tenir compte dans ma relation au coaché.
    Quand la sainteté et la santé mentale se conjuguent sans se confondre.

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  • Une belle Tribune du père Stéphane Joulain dans la Croix, où il n’hésite pas à dire qu’hors de l’Eglise , le Salut. On comprend bien sûr qu’il ne s’agit pas du dogme, mais des effets dévastateurs sur la persévérance dans la foi lorsque se répètent les révélations scandaleuses, suivies de méa culpa presqu’aussi insupportables Car comment « survivre », puisqu’il s’agit ni plus ni moins de cela , non seulement pour tous ceux que scandalisent ces crimes et ces manoeuvres de silence, mais aussi tous ceux qui choisissent, par confiance en la parole des apôres, de rester catholique ?
    Il y a bien quelque chose de pourri au royaume du Danemark.
    Dans la vraie vie, comment faire ? Dans la vraie vie des transports, des courses, des soucis divers, de la fatigue, de l’avenir des enfants, des météos angoissantes, des morcellements culturels, sociaux rencontrés chaque jour, du harcèlement du monde, si j’ose dire ? Comment tenir, non pas dans l’espérance, la foi, la charité, ces grandes vertus, mais d’abord dans le simple goût de la joie, le courage de la gaieté, la confiance en cette détermination ?
    Il faut fuir ces remugles parce que leurs miasmes tuent, découragent l’âme, usent le coeur, offensent la beauté du monde, création de Dieu, dans son mouvement mystérieux, et même l’Histoire, si troublée et inquiétante, dont Dieu, reste Maître.
    J’essaie chaque matin de prier Notre Dame d’Aujourd’hui, étant convenu avec le Très-Haut que je le remercierai uniquement pour les choses faciles et possibles, les plus simples car je ne vois pas ce qui reste à part elles : le bienfait de la douche, la fraicheur du matin en allant prendre le métro, mon chat toujours aussi passionné par le point de vue de sa fenêtre ( un maître spirituel !). Et ça marche. Car tout le reste relève de Dieu, une louange profonde, inattendue portent mes petits pas, le Credo en bandoulière de mon coeur. Dieu fait le boulot, quand moi je ne peux plus, quand moi je cale tous les jours et tout le temps. Mais le soir,c’est fou, j’ai cru. Rebelote le lendemain.. Et je suis épatée par la simplicité, le réalisme, et la fidélité de Dieu.
    L’Eglise telle qu’on l’a connue est finie, et ce dans un monde ou la Nature telle qu’on l’a connue, est finie aussi. Une fois ces deux vertiges accueillis, traversés, le monde s’ouvre. Chacun est/ sera bien obligé de s’accrocher, solitaire, à Dieu seul, à la façon des chartreux, mais en plein monde. Sii en plus on réconforte le prochain dans sa journée, cerise sur le gâteau. Et en plus, ça arrive. mais il faut le gâteau pour la cerise alors j’ai fui dans l’atelier de Notre Dame d’Aujourd’hui, rès excellente patissière.

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    • Merci de ce beau texte que j’ai relu plusieurs fois. « Dans la vraie vie » dites vous ,.nos éminences et prêtres en sont souvent à des années lumièreset que retient – on de leur sermons: rien, j’en ai entendu un ce matin et ce soir je serais bien en peine de répéter une phrase.
      Vous dites aussi  » l’Histoire, si troublée et inquiétante, dont Dieu, reste Maître ». Cette phrase me trouble beaucoup , notez que je l’ai déjà entendu d’un Père Abbé . Ainsi Dieu laisse faire l’horrible guerre en Ukraine , la Shoa , le génocide au Ruandwa , ….la St Barthélémy, les victimes des pédophiles clers ou laïcs … la liste est inmombrable et on dit qu’il est Père et que nous sommes ses enfants . Je ne comprends pas et je ne crois pas que quiconque puisse expliquer . Je pense plus qu’Il nest pas maître de l’Histoire et qu’Il la subit comme nous et puisqu’Il est Père il souffre avec nous

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      • L’Histoire n’est pas cependant la seule question du mal. Je pense, et je crois, que Dieu est maître de l’Histoire dans la mesure où il laisse à ses créatures les possibles, bons ou mauvais, de leur liberté, réservant sa Toute-Puissance, n’en faisant pas usage. Jésus, à Gethsémani, n’ a pas été secouru par les anges que son Père aurait pu envoyer. Il est entré « librement » dans sa Passion, rédempteur et maître de l’Histoire.
        Certes cela nous dépasse tous, mais ce qui dépasse compte aussi pour l’espérance.

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  • Mais hélas Anne, on est bien obligés de retourner dans le cambouis pour essayer de faire changer les choses et de répondre, un peu, bien imparfaitement, à l’énorme attente de ceux qui ont été brisés et dont la vie a été comme arrêtée par les agissements de l’Eglise. Ga

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    • Bonjour chère Anne !
      Evidemment, mais toute la question c’est comment ? Il ne s’agit pas de « s’encapuchonner » dans ses oremus, comme disait Thérèse d’Avila, mais de s’ajuster à un faire ancré dans le réel du quotidien. Selon les circonstances de l’existence, là où on est. Pas là où on ne peut pas être. Quelles sont mes mains, quel est mon cambouis apostolique ?
      René Poujol agit avec son blog, c’est sa façon d’aller dans le cambouis. Comme il le disait, il se tape aussi la modération de tous les commentaires. Par l’espace de son blog, il donne à des gens, dont moi, une occasion d’expression. C’est un service de Dieu qui lui est possible.
      Si je pouvais coller un pain à Santier et compagnie, je le ferais, je t’assure. Tu saisis, Anne, que ce n’est pas dans mon possible ( heureusement peut-être)
      C’est la souffrance de la limite.
      Moi, je tente d’agir comme professeur de français auprès de jeunes qui ne lisent rien.
      C’est mon cambouis. C’est un service de Dieu.J’ai mis des années à l’accepter tant les abus dans l’Eglise m’indignaient. Quel sens pouvait avoir mon travail face à ces scandales ?
      Et ainsi pour chacun, bien sûr.
      Les analogies m’agacent, mais celle-ci est valable : les consignes de sécurité aérienne exigent, en cas de dépressurisation d’une cabine, de s’emparer de son masque à oxygène à soi avant de coller celui de ses enfants. Mortelle générosité si le parent périt lui-même sans sauver les siens.
      Ce qui m’est possible, c’est de dire, dans un post, ce que je fais et ce que je vis dans ce contexte catastrophique. Et ce que je vis ne me tue pas, me fait vivre.
      J’aimerais certes « agir », mais là encore comment ? Ma soif d’action ne doit, pour moi, en aucun cas, par la déception et l’impuissance objectives, se transformer en amertume et tristesse mortifères pour la foi elle-même, c’est à dire la relation à Dieu, le coeur de l’existence.

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      • Bonjour Anne et Anne. M. Santier a peut-être besoin d’un pain… suivi d’un seau d’eau froide; et plus encore de parler debout, en homme qui cherche ses mots avec difficulté pour dire, entre deux sanglots, ce qui l’a conduit ou on sait… et où on ne sait pas encore selon l’évêque Lebrun évoquant, après avoir entendu d’autres victimes, des d’actes impensables. Monsieur Michel Santier pourrait redevenir homme bien en ouvrant la boite de Pandore dans laquelle s’est emmuré le corps des clercs, et les plus hauts d’abord. Il s’agit de rien moins, en délivrant l’Institution, que de la rendre à l’Église,

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        • La délivrance d’une Institution, ainsi rendue à l’Eglise, cela ne s’est jamais vu. Car cela n ‘existe pas. Cela n’ a même aucun rapport. C’est bien ce qui apparait aujourd’hui, que l’on arrive à l’os.
          Comment peut-on être chrétien ? L’ a-t-on jamais été d’ailleurs ? Il ne s’agit plus ici de « chapelles », de tendances X ou Y, il s’agit de ce qui touche à l’intime des êtres, qui vivent dans des corpsautrement emmurés, des âmes repoussées dans le mépris, le silence, l’isolement effrayant.
          Il y a quelque chose d’ultime qui ne peut plus se payer de mots ou d’espoirs inutiles, selon moi. Il y a quelque chose de l’ordre du dévoilement et de la vérité car il y a la dimension du scandale qui s’en prend à l’esprit lui-même. Et dans ce dévoilement, la seule Eglise valable c’est ce Temple, la personne du Christ. On ne rend pas le Temple à l’Eglise puisqu’il est l’Eglise.

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      • Chère Anne,
        Je comprends parfaitement. Je réagissais seulement parce que beaucoup ont vite fait de profiter du moindre mot pour sauter les cases et passer tout de suite à celle du rayon de soleil en mettant soigneusement de côté tout ce qui gêne, c’est tout. C’est humain bien sûr et je peux le comprendre mais ça nous laisse en plan.
        En ce qui te concerne personnellement, je n’ai aucun doute sur le fait que tu mets la main à la pâte, là où tu le peux, je connais ton engagement et t’en suis reconnaissante.
        Je me permets d’ajouter, Anne, que je réalise que je n’ai pas la même perception des choses que les « cathos de naissance », atrocement et brutalement déçus par ce qu’ils découvrent dans l’Eglise. Je comprends le choc. Je comprends qu’il faille sortir la tête hors de l’eau et vivre.
        Moi, je sais cela depuis 45 ans. Je l’ai découvert simultanément a mon entrée dans l’Eglise. Et au fond les révelations successives me soulagent du poids du silence de toujours et me donnent plus d’énergie pour lutter, bien modestement, avec les moyens qui me sont donnés – et j’en ai un peu, bien que très peu – contre tout ce qui se révèle être mortifère et pour que d’autres puissent respirer un peu. Courage à nous tous.

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  • De Stéphane Joulain, Père blanc et psychothérapeute, spécialiste des abus dans l’Eglise . Extraits de sa tribune sur lacroix.com :

    « Je ne crois plus, et je pèse mes mots, à la capacité de l’institution ecclésiale à rendre justice en matière pénale. C’est pour cela que j’encourage toujours les victimes qui me consultent à d’abord se tourner vers la justice des hommes.

    Je suis de plus en plus attristé par ces nombreuses personnes qui n’en peuvent plus de cette situation et décident de quitter l’Église pour survivre. Mon cœur de pasteur est profondément blessé par cette Église qui regarde sans bouger ses enfants partir, voire pire qui les méprise ou les accuse de prendre prétexte de cette situation pour s’enfuir. Je dis à mes frères et sœurs qui partent pour enfin vivre : « N’ayez crainte, même si l’Église ne vous a pas aimés comme elle aurait dû, Dieu lui vous sera toujours fidèle. Le Salut est aussi possible hors de l’Église.

    Mais j’ose encore avoir la foi en la fidélité de Dieu qui lui seul peut sauver son Église : « C’est pourquoi, mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai de cœur à cœur. »

    https://www.la-croix.com/Debats/Affaire-Santier-Je-crois-capacite-linstitution-ecclesiale-rendre-justice-matiere-penale-2022-10-23-1201239023?fbclid=IwAR3nuublADlqFc44seLDWkLwEdzaLzg7BI6U8c3e05UrrAofz_q1gZxwN_E

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    • A René
      Il a bien raison Stéphane Joulain de citer le prophète Osée , les mots de ce prophètes sont parfaitement adapté à la situation :
      1) Le constat :  » Non ce n’est pas n’importe qui que l’on doit accuser ou couvrir de reproches , mais c’est avec toi le grand prêtre que je suis en procès déclare le Seigneur … Les gens d’Ephraïm se sont compromis avec les idoles . laissez les finir leurs orgies , se vautrer dans la prostitution et préférer le déshonneur des gens débauchés .. Ils auront honte de leur sacrifice .
      Vous deviez veiller au bon ordre (vous les mauvais éducateurs d’israël) mais vous avez été comme un piège pour mon peuple ;
      Ces gens sont faux jusqu’au coeur , Ils vont maintenant porter le poids de leur faute « .

      Mais aussi l’espérance : « Reviens Israel , reviens au Seigneur ton Dieu car si tu es tombé c’est l’effet de ta faute .
      Je guérirai Israel de son infidélité dite Seigneur . Je n’aurai pas à me forcer pour lui montrer mon amour . Moi je réponds à sa prièrent je veille sur lui »

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    • Oui l’espérance :
      « Je vais la reconquérir et la reconduire au désert ou je lui ferai la cour . … la sinistre vallée d’Akor deviendra pour elle une porte ouvrant sur l’espérance . Elle m’y suivra volontiers comme lorsqu’elle était jeune , comme au temps de la sortie d’Egypte  »
      L’Eglise de demain ?

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    • Merci René.
      Et Stéphane Joulain encore : « Le droit canon est souvent utilisé pour défendre le puissant face au faible alors que la raison d’être du droit est de protéger le faible du fort ».
      « La pratique canonique pénale reflète une compréhension du vivre-ensemble ecclésiale où les clercs et en particulier les evêques règnent en maîtres absolus. »
      Et, ce qui répond un peu à mes précédentes interrogations : « De trop nombreuses fois, la miséricorde est brandie comme un étendard de vertu chrétienne mais en fait elle ne sert qu’à enfoncer davantage les victimes dans le silence et le désespoir ».

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      • Je disais à une amie, Claire Maximova pour ne pas la nommer, qui a dénoncé publiquement les aberrations du droit canonique, qu’obligatoirement ce droit arriéré et quasi kafkaïen, serait contraint à des changements profonds. Sous les coups de boutoir répétés de ceux-là mêmes qui en mésusent , s’ y retranchent, aveugles guidant des aveugles en lisière des précipices qu’ils ont creusés.
        L’Histoire vient à la rescousse des « faibles » dont parlent Stéphane Joulain dans sa vigoureuse Tribune, ses héroïques « petites mains », c’est-à-dire les personnes qui ont vécu dans leur chair crimes et manoeuvres.
        La justice ne peut pas venir des injustes, ni la Vérité des menteurs. ceux-là sont en train de sombrer sous nos yeux. Ils s’accrochent à des épaves et croient que cela suffit. Puisqu’ils sont aveugles, que peuvent-ils voir ?

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  • D’actualité aussi l’Evangile de ce dimanche (Luc 18, 9-14)… « à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres »…

    En ce temps-là,
    à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes
    et qui méprisaient les autres,
    Jésus dit la parabole que voici :
    « Deux hommes montèrent au Temple pour prier.
    L’un était pharisien,
    et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
    Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même :
    ‘Mon Dieu, je te rends grâce
    parce que je ne suis pas comme les autres hommes
    – ils sont voleurs, injustes, adultères –,
    ou encore comme ce publicain.
    Je jeûne deux fois par semaine
    et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’
    Le publicain, lui, se tenait à distance
    et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ;
    mais il se frappait la poitrine, en disant :
    ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’
    Je vous le déclare :
    quand ce dernier redescendit dans sa maison,
    c’est lui qui était devenu un homme juste,
    plutôt que l’autre.
    Qui s’élève sera abaissé ;
    qui s’abaisse sera élevé. »

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  • @Rene Poujol@Pierre Vignon Lors du jugement de condamnation du Nonce Ventura on a évoqué l’agression d’un jeune séminariste qui avait été exclu du séminaire après sa dénonciation.
    Ne serait-ce pas le séminariste qui a été exclu avec l’accord de feu Mgr Santier . Si tel était le cas je ne comprends pas pourquoi Mgr Santier n’avait pas fait l’objet d’une enquête canonique pour cette injustice.https://www.la-croix.com/Religion/Agressions-sexuelles-Mgr-Luigi-Ventura-condamne-8-mois-prison-sursis-2020-12-16-1201130503

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    • Je peux répondre au moins à la première partie de votre question. C’est en effet ce jeune séminariste qui a été sanctionné par Mgr Santier pour avoir dénoncé les agissements du Nonce. Même si cette décision de ne pas le garder au séminaire a été justifié par un « c’est plus complexe que ça… » comme on entend parfois dans ce genre de contexte… Cette décision était-elle susceptible de contestation voire de poursuites en termes de droit canonique ? J’avoue mon incompétence sur ce sujet.

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      • Le jeune s’est tiré et il a bien fait. C’est un chic garçon qui avait été agressé durant une cérémonie, en plus. Il a eu le courage de porter plainte et le supérieur du Séminaire, devenu depuis Provincial de sa Compagnie, et son évêque, Santier pour ne pas le nommer, le virent. C’est une injustice totale de la part de ces deux hommes et ils doivent être dénoncés pour cela. Le discernement sur l’éventuelle vocation du séminariste n’a pas a entrer en ligne de compte. C’est une infamie de recourir à ça pour tenter de camoufler l’iniquité commise par l’évêque et par le supérieur. Ce supérieur doit trembler maintenant. Il a bien fait trembler les autres, c’est tout à fait juste que ça lui soit resservi. Non mais des fois. Et si c’était le seul cas de séminariste arbitrairement viré du Séminaire parce qu’il avait éraflé les egos des supérieurs ! Comme pour le reste, j’en connais hélas long sur le sujet. Pour en revenir au séminariste viré, l’ancien nonce condamné par la Justice française n’a subi aucune sanction du Saint-Siège. Il faut dire que c’était une créature de l’infame Sodano.

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  • Encore une histoire (Affaire Mgr Santier) qui fait mal et révèle quelque chose de l’ordre de la gangrène dans l’Eglise. « Comment est-ce que je m’efforce de « faire la vérité » là où il y a le mensonge, la tromperie, le déni de justice ?  » interrogeait Christian Delorme dans son « chemin de croix. Dans l’attente d’une décision forte en ce qui concerne TOUS les abus dans l’Eglise, nous affirmons encore que ce qui agresse le coeur de l’homme et sème gravement le trouble en son âme, ce sont aussi les messages « évangéliques » dont les dés sont pipés. Si les communautés nouvelles ont trop souvent abusé des charismes de l’Esprit de Saint en évitant de faire la clarté sur les ravages qui ont pu se produire en leur sein, certaines acceptent enfin des aides de tiers extérieurs avec notamment un accompagnement psychologique pour saisir les « mécanismes de perversion » pour se redresser (et Dom Lassus soutient ces démarches). Mais à ce jour, qui dans l’Eglise se penche vraiment avec acuité sur les profils de ces remarquables personnalités que le pouvoir souvent attire et dont le 1er charisme est d’être « dangereusement double » ?
    Si le Pape rappelle à l’envi que l »Esprit-Saint est « le don de Dieu » par excellence, en simultanée et avec force toujours, il en appelle tout autant à « l’esprit de vérité ». Sinon, sans cette double exigence, comment ne pas se sentir « enfumés » par des discours quasi frauduleux au regard d’odieux silences maintenus sur des affaires où il y a de vrais abus de pouvoir : à chaque fois, un scandale doit sugir pour que des langues se délient et que des prises de conscience aient enfin lieu. Comment des responsables d’Eglise (même bien mitrés) peuvent-il s’en remettre uniquement à leur entre-soi pour répondre à de graves situations d’abus qui défigurent autant l’Eglise que des êtres humains, et ne pas oser mettre leurs mains dans le cambouis pour trouver des parades aux gouvernances qui dévient gravement ? Comment peuvent-ils toujours faire la sourde oreille aux témoignages tout en continuant à donner de pieux conseils sur l’Ecoute, la mission en osant parler d’Esprit de Fraternité ? Cela n’est-il objet de scandale pour ceux qui attendent des actes courageux de leur part ? « Agir autrement que dans la vérité signifie mettre en danger l’unité au sein de l’Église, celle pour laquelle le Seigneur lui-même a prié » nous dit François comme en écho à Péguy, l’insatiable chercheur de vérité, qui avait écrit qu’ « une seule injustice fait du tort au peuple entier. C’est un point de gangrène, qui corrompt tout le corps». Cette année à Lourdes, lors dela rencontre des évèques, y aura t-il un miracle de l’ordre d’une réelle prise de conscience avec par ex. la mise en place d’audits au niveau de chaque diocèse ? Ainsi, nous pourrions retrouver le désir de participer au denier du culte pour soutenir cette louable démarche de vérité.

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    • « Comment peuvent-ils toujours faire la sourde oreille aux témoignages »
      Et si c’était tout simplement parce qu’ils y sont forcés ?

      Au point ou nous en sommes, j’en viens à croire qu’une majorité d’évêques se sait mouillée plus ou moins profondément dans des affaires du type de celle de Santier – soit par agissements, soit par dissimulation. Les évêques sont alors bien incapables de décider quoi que ce soit qui se retournera un jour contre eux mêmes.

      Bref, le problème est qu’il ne s’agit pas de traiter des points de gangrène isolés, mais un cancer généralisé que l’on découvre malheureusement bien trop tard.

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  • Pingback: 3 Novembre 2022 | Synode quotidien

  • J’ai publié hier lundi 7 novembre un billet de mon blog pour réagir à la conférence de presse donnée dans la journée par Eric de Moulins Beaufort. J’ai interprété les « six évêques que vous connaissez » comme étant des évêques actuellement en responsabilité. Il est plus probable qu’il s’agissait là des affaires passées concernant NNSS Pican, Fort… et quelques autres procédures en cours auxquelles s’ajoutent, de fait, Michel Santier et Jean-Pierre Ricard. J’ai donc retiré ce commentaire et reviendrai ultérieurement sur le dossier. Je prie chacun d’accepter mes excuses.

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    • Vous êtes bien honnête, René, merci.
      Ne mélangeons pas tout en effet ; affaires passées concernant la couverture d’abus, procédures en cours non jugées, affaires récentes d’abus reconnus par leurs auteurs, etc.

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      • C’est vrai qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits… Entre les doubles vies et les abus, les majeurs consentants ou non et les mineurs, l’hétérosexualité et l’homosexualité, les silences schizophrènes et/ou complices, les couvertures d’abus aux différents échelons, réalisées par des abuseurs eux-mêmes ou non, ce qui a été traité ou non par la justice civile ou la justice ecclésiastique ou les deux…
        Et nous n’en sommes qu’aux – si je puis dire – problèmes sexuels de cette Sainte Eglise, experte en humanité.

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  • Les nouvelles « révélations » me confirment dans l’impression de mascarade que j’avais éprouvée l’an dernier lors de la prière pénitentielle à genoux à Lourdes, la rengaine remise encore aujourd’hui sur l’enfant qui pleure me donne la nausée. Les évêques ont méprisé le Peuple de Dieu et considéré les fidèles comme des mineurs attardés et incapables. La fidèle, que je suis, pleure. Toutefois je ne suis plus une enfant mais une adulte profondément blessée et en grande colère qui n’est pas loin d’avoir l’impression d’avoir été abusée spirituellement par l’attitude, le silence et l’inaction de Mgr de Moulins Beaufort et autres.

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    • Je suis encore plus atterrée par cette déclaration proférée de sang froid : « Jusqu’en 2016, personne ne prend réellement au sérieux les victimes […] depuis, on sait que le trouble des personnes victimes est considérable et dure », souligne l’archevêque de Reims au micro de RTL le 9 novembre. Dans quel monde vivait-il ? Combien de personnes a-t-il accompagné spirituellement ? Combien d’années d’études pour parvenir à un tel degré de surdité, une telle incompétence pour une personne qui a charge d’âmes ?
      Et pour faire bonne mesure, « ils » vont continuer à brandir leur « expertise en humanité » pour essayer de peser sur le prochain débat sur la fin de vie. Je retrouve avec effroi l’attitude, les certitudes et l’arrogance des personnes sectaires (d’un tout autre milieu) qui ont emprisonné l’enfant que je fus.

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      • A Camille,

        J’avais déjà entendu cette affirmation sidérante : « Avant, on pensait que les enfants oublieraient en grandissant ».
        Pour penser sérieusement cela, il fallait ne jamais avoir été enfant, à moins à la rigueur de n’avoir jamais subi aucun traumatisme, même mineur (le traumatisme). Ne jamais avoir rencontré d’ex-enfant ayant vécu le moindre traumatisme. Bref, avoir coupé les ponts avec l’enfant que chacun porte en soi, n’avoir écouté aucune victime en vérité
        – ce qu’hélas, nous savions déjà – et donc n’avoir ni psychologie ni empathie, ni souvenirs. Et je ne parle même pas de l’Evangile.

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      • Nous ne sommes peut-être pas encore au fond du trou mais nous n’en sommes sans doute pas très loin.

        Colère et tristesse.

        Dans la nuit du 8 au 9 novembre, à quatre heures du matin une personne simple se sachant pécheresse se réveilla très triste. Elle se sentait ivre de colère et et traitait l’église de prostituée. Elle était fort heureusement trop ignorante pour penser au précèdent du prophète Osée.
        Mais plus encore que la colère qui finirait par passer parce qu’elle en avait vu d’autres, c’était la tristesse à la pensée de ce qu’elle avait lu, que des personnes quittaient l’église sur la pointe des pieds, que d’autres rejoignaient les églises évangéliques, qui la tenait éveillée.
        Alors cette femme sans malice, appelons la Véronique comme celle-là qui, dit-on, essuya la face du Seigneut, fit ce qu’elle faisait parfois quand elle n’arrivait pas à dormir. Elle prit son chapelet dans la poche de sa robe de chambre.
        Elle commença par réciter son Credo, « Je crois en l’Église une, sainte, catholique et apostolique ». Cette femme était tellement simple, certains penseront peut-être qu’elle était bien bête, qu’elle ne se dit pas qu’en fait
        d’unicité il y avait les catholiques, toutes sortes de protestants dont son gendre bien-aimé qu’elle adorait de rendre sa fille unique si heureuse, et même des orthodoxes. Elle s’était toujours demandée pourquoi ils s’appelaient orthodoxes alors qu’ils n’étaient pas catholiques.
        Sur la sainteté elle avait appris que Pierre le premier Pape n’avait pas toujours été à la hauteur, pas plus qu’elle d’ailleurs. Donc elle prononçait ce mot sans trop se poser de questions.
        Catholique ça voulait dire catholique donc aucun problème. Elle ne s’étonnait pas, elle était pourtant une si tendre mère, que pour son fils l’église se comporte comme une marâtre. Elle savait, et c’était un secret entre Dieu et elle, que son Denis était un bon gars qui s’était ouvert lorsqu’il avait rencontré Marc son conjoint. Oui, c’était vraiment un grand secret entre Dieu et elle. Peut-être la seule chose de prix qu’elle possédait. Tellement précieuse qu’elle n’en parlait pas même à son confesseur.
        Apostolique: ça c’était le noyau dur. Pensez donc. La succession apostolique! La confiance que ça donnait! Les trop rares fois où elle avait vu son évêque. Sa joie, sa fierté! Elle n’en parlait pas avec son gendre protestant. Elle avait peur que cela le terrasse. Qu’il perde sa foi, qu’il se braque. Elle ne se sentait pas toujours très courageuse!
        Ensuite après le Notre Père et les trois Je vous salue Marie elle attaque le dur en ce début du mercredi, le premier des Mystères glorieux, celui de Pâques.
        Souvent elle récite son chapelet sans y prêter attention. Heureusement que les grains sont là pour la guider! Mais cette fois-ci elle prend le temps de regarder le tombeau vide, de penser aux apparitions de Jésus que ses disciples ne reconnaissent pas toujours immédiatement. Et voilà qu’elle réalise quelque chose d’inouï. Elle aussi se trouve devant le tombeau vide. Pour elle aussi dans sa vie il est vide la plupart du temps même. Elle aussi il lui arrive de rencontrer Jésus ressuscité et elle ne s’en rend pas tout de suite compte. Elle ne sait pas comment l’exprimer. Alors, pour dire quelque chose parce qu’il faut bien s’expliquer parfois, elle dit à ses petits-enfants qu’elle a la foi.
        Et elle s’endort sans passer au mystère suivant,
        Le lendemain à son réveil elle prie sur l’évangile du jour. Elle entend Jésus dire; « Il est inévitable que des scandales se produisent … » La tristesse l’a quittée, remplacée par la joie. Une idée folle lui est venue. Et si l’église à laquelle elle croit
        n’était pas seulement l’église catholique à laquelle elle se sent appartenir de toute son histoire mais toutes celles et tous ceux qui ont la foi dans le Christ ressuscité? Et si son secret de mère aimante avec Dieu concernant son fils et son mari, d’autres qu’elle n’avaient pas le même genre de secrets? Et si son gendre protestant ne faisait pas parfois la même expérience que les apôtres devant le tombeau vide en lisant sa bible?
        Alors elle décide d’inviter sa fille et son mari, son fils et son mari, ses petits-enfants dimanche prochain pour leur offrir un repas de fête. Une fête qui sera mémorable. Elle ne sait pas si elle pourra leur dire de quelle fête il s’agit. Et tant pis, une fois n’est pas coutume, elle ira à la messe anticipée du samedi pour avoir tout le temps de préparer un repas dans lequel elle mettra tout son amour.
        Non mais!

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