Décapité pour cause de blasphème

Décapité pour cause de blasphème

Le drame odieux, qui vient de coûter la vie à un enseignant nous renvoie à notre vision du principe de liberté d’expression et sa mise en œuvre.  

L’assassinat, par décapitation, d’un enseignant de 47 ans, Samuel Paty, pour fait de blasphème, plonge légitimement notre pays dans la sidération, l’écœurement, la colère, la révolte… Ce drame doit nous interroger. Sur nos complaisances coupables vis-à-vis de l’islamisme. Mais aussi sur les contours possibles de cette liberté d’expression qui, pour être un droit absolu ne doit pas moins être questionné sans répit, jour après jour, dans ses modalités de mise en œuvre.

On ne le redire jamais assez, la notion de blasphème n’est opérante – ou tout du moins ne devrait l’être – que pour des croyants dans ce qui tient à leurs croyances propres. Les musulmans s’interdisent de représenter le prophète. C’est bien évidemment leur droit. Nul ne saurait les contraindre à enfreindre personnellement cet interdit. C’est le principe même de laïcité qui nous y oblige. En revanche, dans un société comme la nôtre où chacun est libre de croire ou de ne pas croire, il n’existe pas, pénalement, de délit lié au blasphème. Chacun peut donc caricaturer le prophète s’il le souhaite. 

Pour autant, le « vivre ensemble » nécessaire à la paix civile, que garantit précisément la laïcité, nous fait également une obligation, au moins morale, de ne pas provoquer l’autre inutilement, quelle que soit sa croyance. De sorte que la liberté de blasphémer si elle est absolue au niveau du droit, devrait rester relative quant à l’usage que l’on en fait. Et nous devons répondre à cette question essentielle : quelle est la finalité de son usage ? J’ai retenu d’un long compagnonnage avec l’abbé Pierre la différence qu’il établissait entre deux approches possibles du concept de liberté : la « liberté de », laissée à notre totale discrétion et pour l’usage de laquelle nous n’avons de compte à rendre à personne et la « liberté pour », volontairement subordonnée à un but précis, considéré comme supérieur.

Je ne suis pas philosophe mais il me semble évident que la notion même de liberté suppose l’existence d’une alternative. La liberté d’expression qui, une fois encore n’est pas ici en cause, est la liberté de dire ou de ne pas dire, de montrer ou de ne pas montrer.  Si cette alternative est niée en son principe, alors nous sommes dans le domaine de l’interdit ou de l’obligation qui sont toutes deux négations de la liberté. Lorsque Charlie exerce le droit de publier des caricatures de Mahomet il n’honore pas plus le principe de liberté d’expression qu’une autre rédaction qui, jouissant de la même liberté, décide de s’abstenir. Et l’on sent bien que cette évidence, ne l’est pas pour tout le monde. Tant est prégnante dans notre société l’idée que l’obscurantisme étant le propre des religions, il y aurait une sorte de devoir civique à le combattre sans se lasser, quel que soit le respect que l’on prétend défendre par ailleurs, au nom de la laïcité, pour les croyances de chacun.

Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie avait mission de sensibiliser ses jeunes élèves au principe de la liberté d’expression. Nul ne saurait contester que ce soit là l’un des rôles de l’école de la République. Ce faisant, il était normal qu’il aborde la notion de blasphème. Ne serait-ce que pour expliquer par quel cheminement, dans notre histoire, ce qui jadis fut passible des tribunaux est aujourd’hui devenu légal et largement reçu comme procédant de nos libertés. Et partant, dans le contexte qui est le nôtre, alors que se déroule le procès relatif aux attentats contre Charlie Hebdo dont tous les médias se font l’écho, il était logique qu’il évoque les caricatures de Mahomet pour dire, tout à la fois, pourquoi leur publication était licite dans notre pays mais dans le même temps combien elles pouvaient heurter des musulmans. Fallait-il aller plus loin et les montrer à ses élèves ?

Ecrivant cela, alors même que le pays est plongé dans la sidération et la compassion, je suis bien conscient que je vais soulever, ici ou là, des critiques scandalisées,. « Alors il l’a bien cherché, c’est ça ? » Non ! Il n’a rien cherché du tout, pas plus que les journalistes de Charlie. Rien ne peut justifier qu’il ait payé de sa vie, dans des circonstances au demeurant aussi atroces, un simple choix pédagogique.

Mais à l’heure où le pays s’inquiète justement des conditions de l’exercice de la fonction enseignante au regard de ce drame, à l’heure où d’autres enseignants, confrontés aux mêmes exigence éducatives peuvent s’interroger sur leurs propres pratiques pédagogiques pour demain, on peut tout de même, on doit formuler cette question : sensibiliser de jeunes élèves à la notion de liberté d’expression nécessite-t-il obligatoirement qu’on leur montre des caricatures de Mahomet ?

A chacun de répondre… en conscience ! Car cette question ne concerne pas que les seuls enseignants auxquels nous délèguerions la responsabilité de mettre en œuvre un principe qui nous concerne tous. Et pour l’heure, j’entends bien m’associer à l’hommage qui sera rendu à cet homme.

155 comments

  • Le fanatisme est malheureusem’ent aveugle et sans limite…
    On ne peut s’en débarrasser qu’en tuant les fanatiques…
    Mais nous ne pouvons pas agir comme le dictateur dément des Philippines

    Alors, que préconisez-vous ? A la différence des gesticulations grandiloquentes de nos dirigeants….

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    • Désolé de vous décevoir mais je n’ai pas compétence pour répondre à cette question. Même si, en tant que citoyen, je sais ce que je puis souhaiter, accepter ou refuser dans la gamme possible des réponses à ce terrorisme islamiste. Mon propos, plus modeste, est de réfléchir à la manière dont il faut déjà BIEN poser les questions. A l’heure où je poste cette réponse, je regarde sur France 5, une émission consacrée à ce drame. Et j’entends affirmer, sur un ton qui ne prète pas à la contestation, que refuser de montrer ces caricatures en milieu scolaire serait déjà un reconcement coupable. Preuve que le débat est nécessaire. Est-il seulement possible ?

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    • et vous en dehors de tuer les fanatiques ,vous n’avez rien de plus chrétien à proposer si ce n’est , peut-être , de mettre tous les musulmans dehors?

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  • Le jour où nos gouvernants stupides, naïfs, complices, comprennent que l’islam engendre le terrorisme, et s’attaquent aux soyrces de cette barbarie, la France pourra échapper à une catastrophe inévitable.

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  • Il y a une limite , au moins personnelle, à la liberté d’expression quand celle ci blesse un des composants de la dignité humaine , à savoir ici , la sensibilité religieuse, forme selon laquelle chacun peut exprimer son rapport au sacré. La loi ne peut tout, sauf à promouvoir aussi une hypocrisie d’un autre siècle, mais savons nous encore guider notre conduite de citoyen soucieux de la cohérence de la communauté, avec notre conscience?

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    • Libre à vous de passer sous la moquette au prétexte de la sensibilité religieuse. Le terrorisme n’a que faire de la sensibilité religieuse, il veut mettre à terre ce qui fait de la France un pays chrétien: liberté égalité fraternité. Qu’ils trouvent un soutien chez ceux qui ont besoin de boucs émissaires pour survivre, comme fit l’institution catholiques et trop sde ses fidèles avec nos frères protestants, juifs, francs-maçons, bolchevique, et autres hérétiques n’a rien d’étonnant.

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  • Face à l’interdit que veulent imposer les salafistes et autres abrutis -quelle religion ne traine les siens comme des boulets?- soutenur le droit au blasphème est un devoir. J’ai beaucoup apprécié l’attitude du grand imam de Bordeaux à cet égard, sa tristesse était droite, donc saine.
    Vous nous interpellez, René, « Etait-il nécessaire de montrer? » Je ne sais le contexte de cette classe et même de ce collège et des instances qui associent des représentants des parents, aussi je me garde de répondre d’autant qu’inviter les élèves musulmans à sortir peut se comprendre de manières tout à fait opposées.
    J’estime que des sujets sensibles comme celui-là doivent être abordés et que les enseignants doivent être soutenus pour ce faire par un cadre assez précis assorti d’exemples de pédagogies.
    Je signale enfin l’article de janvier 2015 de la Croix: https://www.la-croix.com/Culture/Actualite/Plus-votre-rapport-au-religieux-est-argumente-et-moins-vous-craignez-la-caricature.-2015-01-13-1266822

    Et puis ce « catalogue » de caricatures religieuses anciennes et de divers continents, assortis d’un texte contextuel: https://www.alamyimages.fr/photos-images/caricature-religieuse.html

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  • Merci René pour ces paroles difficiles à proférer et à entendre pour certains tant la religion laïcarde, rebaptisée « républicaine » est la seule admise…
    Je me faisais exactement la même réflexion ce matin, mais avec prudence car je sais comme vous que cela scandalisera certains dans les circonstances dramatiques de cet odieux assassinat.
    Mais avec vous, je pense profondément que le « vivre ensemble » nécessaire à la paix civile, que garantit précisément la laïcité, nous fait également une obligation, au moins morale, de ne pas provoquer l’autre inutilement, quelle que soit sa croyance.
    D’un point de vue pédagogique, une amie, qui est enseignante, me faisait remarquer qu’elle n’aborderait pas en classe des problématiques trop passionnelles, comportant des aspects comme ces caricatures qui ne seraient pas « montrables » à tous les élèves.
    Je sais bien que c’est par délicatesse vis-à-vis des musulmans de sa classe que ce professeur leur permettait de ne pas regarder ces caricatures ou de sortir de la classe, mais cela est forcément incompréhensible pour certains d’entre eux.
    Il y a moyen de faire réfléchir sur la liberté d’opinion en prenant des tas d’autres exemples moins sensibles.
    Je ne m’associe pas à ceux qui veulent que ces caricatures soient distribuées et affichées partout en réponse à ce drame, ce serait irresponsable, n’ajoutons pas au trouble en jetant de l’huile sur le feu.

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    • De 1930 à 1940 les politiques vis à vis du nazisme ont voulu préserver la paix coûte que coûte , le vivre ensemble ,ne pas jeter de l’huile sur le feu …. on a vu à quoi cela a mené
      Ce drame atroce et profondément injuste n’est malheureusement que la petite pointe de l’iceberg … Faut- il que les enseignants passent rapidement sur la Shoa pour ne pas heurter les musulmans on pourrait multiplier les exemples à l’infini . Il ne faut donner pas la moindre excuse aussi petite soit-il à de tels actes , comme il n’aurait pas du montrer ces caricatures

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      • Merci à vous Michel Jaumotte. Les malheurs les plus profonds sont le fruit de beaucoup de petites lâchetés, comme l’impératif « pas de vagues » dont les hautes autorités de toutes les institutions abreuves ceux qui sont « au charbon » et priés de se démerder. Il m’importe peu de savoir si cet enseignant avait une religion, y compris celle laïque qu’évoque Michel. En tous cas, il ne peut être exclu qu’il s’avère raisonnable de le considérer comme un martyr.

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        • Permettez-moi cette provocation. A écouter/lire les uns et les autres, sur ce blog comme sur ma page Facebook mais aussi ailleurs dans les médias, je finis par me demander si la liberté d’expression ne serait pas devenue aujourd’hui, dans notre pays, la seule religion totalement inattaquable et vis-à-vis de laquelle, pour le coup, le délit de blasphème pourrait être constitué.

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          • « Inattaquable », oui mais pas comme religion, car la laïcité relève du droit, elle n’a rien d’une religion sauf dans l’esprit de ceux qui ne l’accepte pas. Aussi parce que la laïcité est trop jeune encore (250 ans) pour traîner des Histoires si dramatique que les religions, enfin parce qu’elle est simple et exigeante. La difficulté, ici vient du continuum idéologique qui va d’une religion pacifique en soi au terrorisme en passant par des formes politisées et conquérantes. L’objectif des caricatures danoises de 2005 vise le terrorisme, ce que l’islam pacifique a fini par comprendre. Ainsi, il se sent à juste titre agressé, non par les caricatures mais par des terroristes qui se réclament de l’islam.
            La recension du livre de 2016 « La critique est-elle laïque ? Blasphème, offense et liberté d’expression, Lyon, PUL, 2016, 188p » est significative de la nécessité de débats comme celui que vous nous proposez ici. https://journals.openedition.org/teth/817

      • Loin de moi l’idée qu’il faudrait céder à ce qui n’est pas juste pour préserver la paix, loin de moi cette subtile lâcheté qui conduit au pire.
        Je suis un peu atterré par le climat politiquement correct qui se développe après ce terrible drame.
        Il ne s’agit en aucun cas de trouver la moindre excuse au sinistre assassin.
        Mais il ne s’agit pas de cela ici, mais de l’opportunité de choquer des enfants de 4ème musulmans en leur montrant des caricatures de Mahomet ou en les priant de sortir pour ne pas voir ce que l’on montre aux autres élèves.
        Il s’agit seulement du respect de l’autre et de ce que l’autre peut ressentir comme une agression.
        Le souci de l’autre doit demeurer notre boussole.
        Je ne dirais évidemment pas la même chose s’il s’agissait de cautionner de quelque façon l’application de la charia.

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        • Parfaitement d’accord avec vous. il es parfaitement intolérable que ce prof ait été assassiné pour avoir montré ces caricatures à des enfants de 4 ème Néanmoins je trouve très regrettable que ce prof n’ait pas réalisé ce que ces caricatures avait de choquant pour des enfants de cet âge qu’ils soient ou non musulmans d’ailleurs et inviter ces derniers à sortir de la classe c’était les mettre dans une situation impossible vis à vis de leurs camarades.
          Il n’en reste pas moins vrai que cet assassinat est absolument odieux

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        • Que savez-vous Michel, qui justifie l’appréciation « opportunité de choquer »? A ce que j’ai compris, la fille du père indigné est sortie, comme d’autres, à l’invitation de prof, avant qu’il montre deux caricatures du prophète. C’est le père qui a rameuté des excités et prétendu sans le dire que sa religion doit dicter sa conduite à nos lois, à notre Europe, pas le contraire. Le soucis de tous les autres oblige à ne pas laisser l’obscurantisme menacer les Lumières.

          (La suite a été supprimée)

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          • Sur le plan purement factuel il semble que la jeune élève n’était pas ce jour-là en classe et que l’enseignant n’ait fait sortir personne mais invité ceux qui le souhaient à ne pas regarder. A mes yeux il n’a donc pas commis de faute. Et la dénonciation, sur les réseaux sociaux, par l’un des parents d’élèves est proprement criminelle.

            J’ai supprimé une partie du commentaire de JP. Gosset. Je souhaite conserver à ce blog sa finalité de lieu de dialogue et sur ce sujet, ne veux pas assister à la même dérive que sur ma page Facebook. Je ne validerai donc en commentaire de ce billet que ceux qui feront référence à son contenu. A savoir, l’attitude à adopter dans nos établissements scolaires pour sensibiliser les jeunes, de toutes appartenances, aux notions de laïcité et de liberté d’expression.

          • Jean-Pierre, je pense qu’il y a d’autres moyens d’éveiller les enfants au respect de la liberté d’opinion ou d’expression que de leur montrer en classe des caricatures de Mahomet, mais je constate que pour vous les Lumières justifient tout, y compris de montrer à des élèves de 4ème une caricature d’un parfait mauvais goût représentant Mahomet tout nu, montrant son cul avec une étoile en guise d’anus avec la légende : « Une étoile est née ».

  • Bonjour Cher René,

    Je suis questionné par votre billet René. Il est très difficile, en tout cas pour moi, de ne pas entrer dans la caricature en abordant le sujet de votre chronique. J’essaie de l’appliquer à moi-même le “Qui es-tu, toi qui juges?”
    Il y a je crois quelque chose de factuellement très malheureux dans ce que vous écrivez. Vous semblez juger la victime en convoquant comme témoin à charge le bourreau. Je dis vous semblez parce que je ne crois pas un instant que ce soit votre intention.
    Un parent d’élève indigné par le cours du professeur a porté plainte. J’ai compris qu’il avait été relâché par la police. Peut-être avait-il des opinions islamistes, peut-être pas mais en tout cas il en a appelé à la justice de la République.
    L’action de ce professeur a peut-être apporté de très grands biens pour ses élèves, pour certains d’entre eux il a pu être la chance de leur vie.
    Je sais que c’est le beau risque que prend le chroniqueur d’avancer une vérité sur des faits d’une grande complexité. C’est d’ailleurs ce que nous, lecteurs, lui demandons.
    Les enseignants qui sont plus nombreux que les chroniqueurs ont également leurs dilemmes moraux. Les uns et les autres doivent être soutenus par ceux comme moi qui ne sont pas confrontés à de tels dilemmes.
    Une chose doit vous réjouir et me réjouit cher René: le fait que votre chronique ait déclenché des commentaires qui me paraissent en marge du ton habituel de vos chroniques.
    Je suis heureux de partager la lecture toujours salubre pour l’esprit de votre chronique avec eux.
    Tous les espoirs sont permis

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    • Merci de votre franchise. J’ai le plus grand respect pour la victime dont je ne mets pas en doute la probité; le dévouement et dont je pense qu’il n’a commis aucune erreur au niveau professionnel ni déontologique.

      Simplement, j’aurais pu, comme tant d’autres, jouer le couplet de la République outragée, de la liberté d’expression bafouée. Je peux vous en écrire des pages et cdes pages. Et je m’étonne que l’émotion nous domine à ce point que tout appel à la raison soit devenu impossible. Car enfin, l’enquête ne fait que commencer, certes, mais comment rejeter l’idée que le geste atroce de l’assassin ait été déterminé par le fait que l’enseignant ait présenté des caricatures du Prophète à ses élèves. Peut-on au moins émettre cette hypothèse sans faire naître la suscpicion d’un quelconque « il l’a donc bien cherché » à l’adresse du professeur ? Que l’on me pardonne mais c’est bien l’une des premières questions que les enquêteurs vont tenter d’éclaircir.

      Or, si l’on accepte de regarder devant nous, qu’est ce que cela signifie ? Que des centaines de professeurs d’histoire sont susceptibles, dans les semaines, les mois qui viennent, de se trouver dans la même situation que Samuel Paty. Parce que former les jeunes à l’idée de liberté d’expression est dans leur mission. Dès lors, est-il réactionnaire ou anti républicain de poser la question que je formule dans mon billet : cette mission d’éveil à la conscience citoyenne exige-t-elle obligatoirement d’exhiber ces caricatures ? Ne peut-on atteindre l’objectif pédagogique recherché sans cette provocation pour les éventuels élèves de confession musulmane présents dans la classe, plutôt que de leur demander de fermer les yeux) et cette prise de risque pour de nouveaux enseigants possiblements dénoncés sur les réseaux sociaux ?

      Un citoyen honnête peut-il aujourd’hui inviter à une telle réflexion sans se faire traiter de lâche ? N’y aurait-il qu’une Vérité républicaine dont on aurait délégation à Charlie ou peut-on défendre l »idée, comme je tente de le faire, que d’autres façons d’incarner et défendre la liberté d’expression sont possibles, qui concilient liberté et respect des croyances ?

      Le débat s’est engagé à la suite de ce billet sur ce blog mais également sur ma page Facebook où l’article a été mis en lien. Et je suis effaré de la suffisance et du mépris qui s’expriment à mon endroit.

      Nous sommes dimanche au moment je rédige ce commentaire. Je reviens de l’hommage à Samuel Paty organisé par la municipalité de la petite ville d’où je suis originaire. Nous étions une centaine de citoyens présents. J’ai échangé quelques instants avec le maire sortant socialiste, ancien sénateur, qui est un ami.Nous sommes convenus du durcissement idéologique qui gagne partout et qui rend quasi impossible, sur quelque sujet que ce soit, un réel débat citoyen. Oui, je suis inquiet pour la vie démocratique dans mon pays.

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      • Je comprends ce que vous voulez dire mais je ne puis être totalement d’accord avec cette analyse.

        Cet enseignant n’a absolument pas voulu provoquer, même si cela a ete a pu etre ressenti ainsi. Au contraire, il a tenté, d’une manière certes extrêmement maladroite et qui n’a pas été comprise de certains ( pas de tous ), de respecter les croyances de ses élèves.
        Sa seule maladresse de départ est d’avoir choisi de montrer deux caricatures.

        Et les seuls responsables sont ceux qui ont bondi sur ce prétexte, monte en épingles, pour imposer par l’intimidation, la menace et aussi le mensonge, leur propre programme en réalité politique, sous couvert de discrimination voire de racisme.

        Par ailleurs la loi nous oblige à respecter les croyants, non les croyances que l’on peut librement critiquer, voire caricaturer. Ou alors, il faut changer la loi.

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        • Mais je n’ai pas prétendu que cet enseignant ait commis la moindre faute. Et je lui rends hommage d’avoir proposé aux jeunes qui le souhaiteraient de détourner leur regard. Que les seuls responsables soient ceux qui ont tiré prétexte de… parfaitement d’accord. Mais à partir de demain, au risque de me répéter, vous faites quoi pour que d’autres fous ne puissent pas prendre prétexte de pour trucider d’autres enseignants ?

          J’aimerais quand même que les uns et les autres répondent à la question posée dans mon billet. Charlie est libre de publier des caricatures. Il doit le rester. De même que je suis dans mon droit, en termes de liberté d’expression, de souligner qu’il n’y a pas de liberté sans responsabilité et que des personnes également innonentes sont mortes, dans des pays musulmans, de représailles à ces publications. Ma question est ici : est-il obligatoire de montrer ces caricatures en classe pour remplir la mission confiée par l’éducation nationale ? Ma réponse est non. Et je me sens tout à fait capable de tenir une classe une heure sur le sujet et d’aller au bout d’un enseignement sans cette provoation inutile. Point ! C’est sur cet aspect des choses que j’aimerais vous lire les uns et les autres.

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          • Merci René, c’est la seule vraie question, malheureusement brouillée par l’émotion, au demeurant parfaitement légitime après un tel drame… mais on ne peut agir uniquement dans l’émotion sans réfléchir à la meilleure réponse.

  • Je suis d’accord avec certains intervenants.

    Il y a très longtemps que les enseignants ont des problèmes quand ils abordent certains sujets et vont parfois jusqu’à s’autocensurer ou passer rapidement sur certaines parties du programme qui sont pourtant inscrites dans les textes.
    Et on ne peut tenir compte des sensibilités des uns et des autres ( politiques, religieuses, morales ) sinon, dans certaines matières du moins, on n’enseignerait rien du tout.

    A la place de cet enseignant, je n’aurais pas montré ces caricatures, surtout à des collégiens trop jeunes pour comprendre la démarche. Mais rappelons qu’il l’a fait dans le cadre du programme portant sur l’explication de la liberté d’expression, sans doute ses fondements, ses limites éventuelles ( puisque qu’elle est encadrée par des lois ), non pas pour choquer inutilement mais pour illustrer ses propos par un exemple actuel.

    L’école a pour but d’ouvrier les esprits à d’autres perspectives que celles du milieu d’origine, de faire réfléchir, de bâtir une citoyenneté commune. Et il est donc inevitable qu’elle heurte parfois les convictions transmises dans le cadre familial.

    Le problème de la laïcité trop souvent conçue comme un laïcisme est un tout autre débat qui concerne partis politiques et opinion publique. Car « le fait religieux » et ce qu’est une religion sont enseignés à l’école depuis des décennies et il n’a jamails été interdit d’expliquer de grands auteurs religieux chrétiens ou pas puisqu’ils font explicitement partie du programme.

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  • Merci René pour vos paroles mesurées, clairvoyantes… Il nous faut être intransigeant sur les principes et nos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Mais en même temps, et justement au nom de cette 3ème valeur, nous nous devons de respecter les autres et leurs croyances. Je ne dis surtout pas qu’il ne fallait pas que ce professeur montre les caricatures, mais simplement que chacun, en conscience, doit face à différentes situations, chercher à répondre au mieux en défendant nos valeurs républicaines et notre laïcité, mais en même temps être artisan de paix. Exigence difficile nécessitant beaucoup de discernement. Mais c’est seulement à ce prix que nous défendrons nos valeurs sans céder en rien, et chercherons à rétablir une paix civile déjà en partie compromise..

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  • Bonjour René et bonjour à tous. Je souscris à la provocation de René concernant la liberté d’expression qui serait devenue dans notre pays, la seule religion inattaquable.
    Celle-ci s’est embarquée dans une spirale infernale hors de contrôle et à l’issue très très incertaine.
    Pourquoi?
    Moi non plus je ne suis pas philosophe, mais l’alternative de dire ou ne pas dire est la vraie liberté.
    Pour rappel l’info de rtbf.be du 19/01/2010 : http://www.rtbf.be/info/monde/détail_ les_danois_ne_veulent
    Faut-il des limites ?
    Merci René pour tous les sujets que vous abordez.Je ne suis pas un grand intellectuel mais votre ouverture d’esprit m’apporte paix sagesse et force.

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  • Oui René vous avez entièrement raison de souligner qu’il y a bien sûr plusieurs façons d’incarner la liberté républicaine. Merci pour vos propos, vos appels à la tolérance et à la réflexion sereine qui ne tombent jamais dans la caricature. Oui le débat républicain est sans doute de plus en plus difficile. Soyez d’autant plus remercié de le faire vivre ! J’apprécie vos analyses sereines qui m’aident grandement à y voir plus clair dans des questions complexes, même lorsque je peux, parfois, avoir un jugement personnel un peu différent.

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  • Je ne suis pas tout à fait d’accord. Oui sur une forme de dévoiement de la liberté d’expression dans notre pays…Oui sur la pauvreté intellectuelle à laquelle renvoient souvent ces caricatures…Oui elles peuvent blesser gratuitement certains croyants sincères…Oui on peut se poser la question de l’opportunité de les montrer à des ados. Tout cela est discutable. Mais après tout, chacun peut aussi passer son chemin.
    Par contre, là où vous vous méprenez à mon avis, c’est sur le fait que ces caricatures, c’est un peu comme l’arbre qui cache la forêt. Si ce n’est pas cela ce sera autre chose ! Le problème est bien plus profond et n’est évidemment pas qu’une histoire de caricatures….De très nombreux livres et rapports ont été écrits à ce sujet…
    Quand les profs ne peuvent pas enseigner la Shoah dans certains quartiers, quelle est l’offense? Quand des « assoçiations » demandent des horaires différençiées dans les piscines pour les hommes et les femmes, où est l’offense ? Les prêches politiques dans certaines mosquées ? N’ont rien à voir avec les caricatures mais jouent à fond sur la victimisation, jouent sur les peurs, jouent sur le repli et sur la- fausse- sécurité identitaire…C’est une technique classique des intégrismes…
    Des individus et organisations extrêmement dangereuses tirent les ficelles…Les caricatures, c’est un prétexte…..Enlevez les caricatures, et je ne crois pas que les salafistes et autres frères musulmans se transforment en anges tranquilles…..Quand on en vient à décapiter quelqu’un pour des caricatures, c’est qu’on est prêt à tout. Ils sont prêts à tout. Ils n’ont pas de limite. Leur but c’est de faire reculer les démocrates (croyants ou pas ils s’en fichent, ils n’ont pas plus de respect pour les chrétiens et encore moins pour les juifs pour des raison purement politiques) parcequ’ils haissent la démocratie…Et on ne peut pas céder le moindre terrain à ces gens là. Il ne faut pas renoncer. Ces gens gangrènent bien évidemment aussi l’islam. Ils essaient d’attirer à eux les musulmans tranquilles qui n’ont rien demandé, c’est ça le plus dégueulasse. C’est d’une résistance spirituelle dont on a besoin. Je ne suis pas sûre que « Plus de République » suffise…
    En cela nous pouvons, nous, en tant que chrétiens, être aux côtés des musulmans , partager une vision de Dieu, qui n’est pas celle que ces fanatiques en font . Je renvoie ici à la dernière encyclique du pape François. La révélation de Dieu dans toutes les religions s’inscrit dans des cœurs humains d’abord et non pas dans la lettre prise comme telle .. C’est une parole qui éventuellement vient toucher et éclairer le cœur dans une histoire toujours particulière. Dieu ne peut pas être un code, une loi, un dogme… L’Islam a eu ses mystiques, au travers du soufisme…même si aujourd’hui cette religion est revenu globalement à quelque chose de plus légaliste. Qui trouve des similitudes avec la mystique chrétienne…
    Par ailleurs, il y a en France deux femmes imames: Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay qui ont fondé une assoçiation « Voix d’un islam éclairé » que vous trouverez facilement sur internet. La voix d’un islam spirituel et humaniste existe….Simplement comme dans toute religions, c’est un combat spirituel avec des conservatismes (et pire) bien ancrés et c’est particulièrement prégnant et dramatique aujourd’hui dans la religion musulmanne.
    Ces gens sont des MILITANTS, PAS DES CROYANTS. Déguisés sous les habits de croyants. Ne nous y trompons pas.

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    • Pardon (à Jean-Pierre Goseet) de maintenir l’intégralité de ce texte. Qui pourtant va au-delà de mon simple propos. Je suis en accord avec une partie de la réalité décrite.

      Mais en désaccord avec le lien opéré avec les caricatures. Vous écrivez : « Ils (les islamistes) essaient d’attirer à eux les musulmans tranquilles qui n’ont rien demandé, c’est ça le plus dégueulasse. » Parfaitement d’accord. Mais ce faisant utiliser en classe les caricatures de Mahomet dans un but pédagogique où, à mes yeux, elles ne sont nullement indispensable, c’est précisément, en les provoquant inutilement, pousser de jeunes musulmans dans les bras de l’islamisme.

      Peut-être est-ce l’arbre qui cache la forêt mais à ce jour, nul n’est mort d’avoir refusé l’entrée d’une piscine à une femme voilée. D’avoir publié ou montré des caricatures du prophète oui ! Et je dis, clairement, qu’il est criminel de laisser possiblement d’autres enseignants sous la menace potentielle d’autres fous d’Allah uniquement pour ne pas céder sur un dogme purement idéologique qui ne prétend pas inclure le blasphème dans la liberté d’expression mais se propose de l’y substituer.

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      • Nous devons le soutien indéfectible aux 72% de français de confession musulmane qui condamnent de tels attentats, alors que 18% d’entre eux (26% des moins de 25 ans) refusent de condamner les attentats et que plus d’un tiers (2/3 des moins de 25 ans) mettent les valeurs de la religion au-dessus de nos lois (sondage IFOP pour Charlie Hebdo: https://www.ifop.com/publication/droit-au-blaspheme-caricatures-liberte-dexpression-les-francais-sont-ils-encore-charlie/). On peut y voir le signe que, pour les jeunes musulmans surtout la dimension collective religieuse demeure forte, quand chez nous, elle est apaisée.Le catholicisme français n’est plus en « croisade », comme l’a montré le flop de l’appel de l’épiscopat a peser sur le législateur sur la loi bioéthique, alros qu’il a pu s’exprimer comme tous les « lobby » pros et antis lors des travaux en commission.
        Peut-être allez-vous à nouveau me censurer René, mais c’est bien au fond ce qui nous distingue: sur terre: en démocratie, l’idée que chacun se fait de Dieu éclaire sa conscience, nos assemblées représentent la diversité des conscience plus sûrement que les autorités des religions.

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        • Je ne vois aucun rapport entre votre dernier paragrpahe et les raisons, expliquées, de ma censure. Mais puisqu’il faut que votre conscience morale apparaisse supérieure à la mienne…

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        • Cher Jean-Pierre,

          J’ai trois réponses pour vous:

          1. « l’idée que chacun se fait de Dieu éclaire sa conscience, nos assemblées représentent la diversité des conscience plus sûrement que les autorités des religions. »

          L’autre jour, quelqu’un m’a dit: « Le Christ est la conscience de l’univers. » J’ai aimé cette parole qui me reste un peu obscure.

          Mais si l’on accepte votre affirmation, il n’y a plus d’Eglise.L’Eglise, ce n’est pas un conglomérat de consciences. L’Eglise réunit une assemblée locale supportée par une foi que cette assemblée colore de la sienne.

          2. 1/3 des musulmans interrogés par l’IFOP prétendent que la loi de leur religion est supérieure aux lois de la République. Encore heureux! Car s’ils ne pensaient pas ainsi, ils opteraient pour Créon plus que pour Antigone. Nous devrions en faire autant, sans céder à l’injonction d’être républicains avant d’être catholiques. La République est notre bien commun temporel, l’Eglise est notre bien commun spirituel.

          3. Vous avez parlé ailleurs d’un « islam pacifique » devenu sociologiquement majoritaire à mesure que « le monde libre » dont nous faisons encore partie émancipe et embourgeoise les fidèles de toutes les religions. J’ai bien compris qu’il ne s’agissait pas sur ce blog de confondre islam et islamisme. Je m’en tiendrai donc à dire que l’islam est une proposition mystique et une geste guerrière portée par un guerrier visionnaire, le prophète Mohamed. Personnellement, je veux bien du visionnaire, je ne veux pas du guerrier.

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          • Sur 1 et 2. Les religions, dont l’islam, sont déstabilisées par la sécularisation des consciences. Ainsi, fidèles et autorités religieuses craignent la disparition du sens religieux/spirituel ainsi que la chute du nombre de communautés, Ils ont raison de leur point de vue de « gens du dedans », ils craignent de toucher à leurs fondamentaux. Les « gens du dehors » estiment s’être libérés(et non être « partis ») de systèmes à leurs yeux archaïques; ils constatent qu’il ne manque pas d’associations fort diverses où se mêlent tous types de spiritualités sans qu’en résultent des questions de pouvoir, d’autorité, d’emprises, d’obligations.
            A propos de 3, les religions dont l’islam tentent de s’assagir sous la pression de fidèles auxquels le respect des âmes importe plus que leur conquête au prétexte de « la plus grande gloire de Dieu » (AMDG devise des jésuites) quand d’autres fidèles poussent à l’inverse au respect des traditions mettant dans l’embarras des autorités tiraillées. J’avais rappelé que croire suppose l’oublie de ce qui est gênant, parfois la volonté de ne pas savoir et souvent l’innocence de qui ne sait pas. Deux exemples
            – l’affaire Mortara que le livre de 1997 « Pie IX et l’enfant juif : l’enlèvement d’Edgardo Mortara » de D. Kertzer a rappelé et que le film de Steven Spielberg « The Kidnapping Of Edgardo Mortara » pourrait remettre en mémoire plus largement, s’il sort.
            – l’affaire Chiara Lubich. Témoignage de Renata Patti et avis d’Ignace Berten, théologien dominicain, pour lequel « Dans le cas des Focolari, le drame est que cette dérive trouve clairement sa source dans les textes de la fondatrice, Chiara Lubich. […] il y a chez la fondatrice une quasi-identification personnelle à Dieu lui-même et, à partir de sa mystique de l’unité, l’exigence de renoncer totalement à sa personnalité propre, à toute volonté personnelle. » https://www.lenversdudecor.org/Dieu-les-Focolari-et-moi-La-liberation-d-une-duperie.html Cela suffiret-il pour mettre fin au projets de ceux qui entendent porter Chiaraa Lubich au pinacle?

      • oui ok rené, mais des profs ont témoigné avoir été menacés pour des enseignements sur la Shoah ou même sur l’histoire de l’islam abordée en classe de 5ème je crois…Il n’y a jamais eu….Jusqu’au jour où il y aura ! …Faut-il attendre qu’il y ait ? Encore une fois quand on est capable de tels assassinats pour des caricatures, on est capable de tout…Le Bataclan, le père Hamel, Nice, l’hypercasher et tous les autres, quel était le motif ??
        Ce qui me gène c’est qu’on peut laisser penser qu’ils auraient des « excuses » (je sais que vous ne le pensez pas ainsi) sous prétexte d’offense par des caricatures. Que finalement, c’est la « faute » de la liberté d’expression qui est mal utilisée et que si on offensait jamais les croyants tout se passerait bien….Mais si ce n’était par des caricatures (de très mauvais goût nous sommes d’accord), il existerait toujours la satire, les attaques, des « blasphèmes » (ou perçus comme tels). Où est la limite ? Doit-il y avoir une limite ? Les sentiments religieux doivent-ils faire l’objet de précautions sémantiques ? La question se pose de manière très complexe à mon avis. En particulier dans notre pays, avec une forte tradition laic et libertaire. Votre perception, la mienne, celle d’un musulman, n’est pas forcément celle d’un athée concernant l’usage de cette liberté.

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        • Faut-il attendre qu’il y ait ? Sans doute pas ! Raison de plus pour ne pas en rajouter.
          Que notre pays ait une tradition laïque et libertaire est un fait. Mais lorsqu’on élève ce laïcisme et ce libertarisme au rang de religion officielle, alors on est en droit de la critiquer, au nom de la liberté d’expression, au même titre que les autres religions. KLa laïcité n’est pas un athéisme d’Etat qui viendrait se substituer aux appartenances de chacun. L’école laïque, école de la République, est là pour permettre le vivre ensemble à partir duquel on peut éveiller l’ensemble des élèves, dans leur diversité, aux lois de la République. Agresser certains d’entre eux au nom de leurs convictions, dans ce rocessus même d’éducation est un contre sens criminel car il ouvre droit à leur radicalisation. Si je ne puis pas être reconnu pour ce que je suis dans la communauté nationale, eh bien je vais retourner là où au moins l’on me reconnaît pour ce que je suis : la communauté musulmane. L’hypocrisie suprême, à moins que ce ne soit la suprème ânerie est de prétendre combattre le communautarisme en posant des actes qui le renforcent. Et ce faisant de dérouler le tapis rouge à l’islamisme. Bien vu !

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          • À René,

            L’école dit avoir l’ambition de développer l’esprit critique de ses élèves afin que chacun puisse penser par lui-même. Belle ambition, mais cela se ramène souvent à ce que l’école veut inviter les élèves à penser comme on pense à l’école.
            « Vous avez compris ce qu’il fallait en penser », concluait souvent un de mes professeurs de Français qui pourtant aimait le débat et en organisait beaucoup. Dès lors, on est idéologie contre idéologie. La guerre scolaire a ses racines dans le fait que les hussards noirs de la République n’étaient pas des apôtres d’une laïcité apaisée. Les inventeurs de l’école de la République n’avaient pas compté avec l’islam. Le catholicisme supporte aisément l’anticléricalisme scolaire avec lequel il fait joujou depuis 150 ans. Mais les sociétés musulmanes ne sont pas fractionnées comme nos sociétés laïques, d’où une partie du malentendu entre l’école et l’islam, entre l’islam et l’école.

          • J’ai appris à l’école publique (bien qu’en Alsace nous étions toujours en régime concordataire à suivre les cours de religion -catholiques, protestants, juifs, il n’y avait pas de musulmans à l’époque) notamment par mes professeurs de français et d’histoire (chrétiens ou non) à acquérir l’esprit critique, c’est à dire à se forger une opinion libre, à partir de toutes sources d’informations disponibles et contradictoires.

    • Précisément; Marie-Do, menons le bon combat ! N’acceptons pas que l’on ne puisse parler en classe de la Shoah ou du génocide arménien, n’acceptons pas que les filles aient leurs règles toutes les semaines pour ne pas aller à la piscine, n’acceptons pas toute cette dictature intégriste, mais n’utilisons pas les caricatures de Mahomet pour combattre cet intégrisme, les choses seront plus claires ainsi.

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    • Merci de votre exposé il me conforte dans mes réflexions . Celui qui a un minimun de connaissances historiques sait que l’ Islam est une religion de conquête . Il ne faut se faire aucune illusion comme certains dans ce post ces illusions sont même coupables et font le lit du prochain terroriste . Quant à la fraternité il ne peut y en avoir que si il y a de la confiance dans le cas présent est-ce possible ???
      A titre d’illustration de mes propos je vous joins copie d’un reportage du figaro:

      Étrange veillée nocturne au collège du Bois d’Aulne
      
      Vendredi soir, dans la nuit qui enveloppait le collège du Bois d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine, l’attentat réveillait le cauchemar et le malaise de janvier 2015. Et pas seulement par son horreur. Alertés par les réseaux sociaux, une poignée d’adolescents s’était rendue sur place. Nul n’approuvait la décapitation, mais les réactions de certains, déclarant être de confession musulmane, semblaient bien éloignées du «Je suis Charlie» ou «Je suis Samuel».

      Se présentant comme une élève du professeur d’histoire-géographie, une jeune fille assurait «qu’il avait une réputation de raciste», sa copine à ses côtés notant «c’est une offense [contre Mahomet]» en ajoutant aussitôt «mourir pour une caricature, c’est fou». «Ça va trop loin», lâchait quant à lui un autre ado, ancien élève de Samuel Paty. «Il a insulté notre prophète, notait un autre collégien. On en parlait en cour de récréation.»

      Cette étrange veillée nocturne dégageait ainsi une ambiance surréaliste entre condamnation molle et ambiance potache (certains adolescents ne pouvant s’empêcher de faire les idiots devant une caméra). Avec même un certain détachement. «Vous voulez-voir sa tête?, demandait ainsi une jeune fille. La photo est sur Twitter». Et la collégienne de montrer sans grande émotion la tête coupée et ensanglantée de son professeur…

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      • L’Islam est une religion de conquête… et le catholicisme des Grandes découvertes ? Une majorité des musulmans de ce pays aspire à une vie de citoyens paisibles. Que l’islam soit instrumentalisé par une minorité terroriste (comme ailleurs l’hindouisme…) avide de pouvoir est une évidence. Mais lorsqu’on a posé ce diagnostic on fait quoi ? On rejette toues les musulmans à la mer ?

        Vouloir à chaque fois que se présente un problème ponctuel, ici l’enseignement de la liberté d’expression en milieu scolaire, noyer le poisson dans une généralisation de type idéologique soulevant des questionnements multiples qui ne peuvent qu’être sans réponse est une forme de fuite en avant, tout aussi lâche que la prétendue fraternité qu’elle dénonce.

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        • Il y a tout de même un problème spécifique à l’Islam et aux musulmans qui est celui du statut du Coran.
          Tant que leur livre saint sera considéré par les musulmans comme un « Coran incréé, descendu du ciel sous une forme parfaite et dans une pure langue arabe », donc intouchable et ne pouvant faire l’objet d’une exégèse historico-critique comme on l’a fait pour la Bible, il y aura le risque de justifier n’importe quel crime par un verset du Coran.
          Les mutazilites aux VIIIème-IXème siècles avaient récusé cette idée de « Coran incréé » et tenté de faire une lecture critique du Coran, mais ils ont été balayés.
          Il y a bien eu, en terre d’Occident uniquement, des penseurs musulmans qui se son attelés à cette tâche d’interprétation du Coran, mais ils demeurent très minoritaires.
          Cette question de l’interprétation du Coran est à mes yeux, si j’ose dire, une question fondamentale pour sortir du fondamentalisme.

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          • Bien sûr Michel. C’est pourquoi l’urgence est à soutenir les intelectuels musulmans qui défendent cette orientation au sein même de leur communauté.

    • Marie-Do

      Entierement d’accord !

      Le problème des caricatures n’est que l’arbre qui cache la forêt.
      Il est question d’un combat politique qui vise à imposer un autre projet de société basé sur des valeurs anti démocratiques.
      Et vise à exclure, soumettre, intimider, par tous les moyens possibles pour faire prévaloir ce projet.
      En tant qu’enseignante ( a la retraite ), j’ai eu affaire à ce type de pressions, et beaucoup de collègues avec moi, il y a bien longtemps déjà. On pourrait citer de multiples exemples de sujets qui font problème.

      Ces militants politiques sont prêts à saisir le moindre prétexte pour manipuler et enflammer les esprits. Et, comme il s’agit pour eux d’un combat dans lequel tous les coups sont permis, ils trouveront toujours un prétexte. Faisons – leur confiance !

      A un moment donné, il faut dire: stop ! Car, sinon, on ne pourra plus rien enseigner qui irait contre leur propre idéologie, donc on ne pourra plus rien enseigner du tout, y compris la fraternité (et pas seulement la liberté).

      Ces militants integristes veulent aussi faire prévaloir leur propre vision de l’Islam et, pour ce faire, n’hésitent pas à attaquer des musulmans plus « éclairés », a les menacer verbalement et physiquement. L’Islam n’est pas uni en effet et est aussi l’objet d’un combat interne.
      Il faut donc faire alliance et soutenir ces musulmans «  éclairés «  qui existent ( je pense à G. Ben Cheikh, R. Benzine et a bien d’autres qui font un travail formidable. )

      Sur l’opportunité de montrer ces caricatures à des collegiens, évidemment que l’on peut discuter…
      Sur le fait que Charlie Hebdo n’a pas le monopole de la liberte d’expression aussi.
      Par avance, toutes mes excuses si je ne suis pas dans le cadre du sujet propose.

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  • A Rene
    Je m’étonne que vous n’ayez pas publié mon post du 18 /10 a 18h32 .Il ne me semble pas procéder d’un esprit polémique
    Cordialement
    Guy Legrand

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  • « Le Christ lui-même fut accusé de tenir des propos blasphématoires par le Sanhédrin en se présentant comme « le fils de Dieu ». Par la voix de son grand-prêtre Caïphe, le Sanhédrin l’a jugé et condamné à mort. Le christianisme sut ainsi dès l’origine que le blasphème pouvait se révéler d’un usage délicat » (page 20).
    Jacques de Saint-Victor : Blasphème. Brève histoire d’un « crime imaginaire », Gallimard, 2016, 128 pages Collection « l’esprit de la cité » (histoire /justice, législation, droit /religion, théologie).
    Un petit ouvrage excellent, bien écrit et documenté, par un professeur d’Université à Paris 8 Vincennes Saint-Denis, également critique littéraire au Figaro.

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  • Au delà de la liberté de blasphémer ou non (Dieu est évidemment au delà), l’attaque contre ce professeur touche à notre identité et à ce que nous penseurs et nos philosophes nous ont enseigné à savoir l’esprit critique, la liberté de pensée, former sa pensée propre, être tolérant envers les autres formes de pensée, etc…
    Depuis un certain temps déjà beaucoup de professeurs finissent par se censurer et même censurer les programmes.
    Mon petit fils était en 5ème l’année précédente, le professeur d’histoire a annoncé qu’il ne traiterait pas de l’Islam (pourtant au programme « en passant de la naissance de l’Islam à l’ouverture de l’Europe sur le monde au XVème siècle »), on occulte ainsi l’histoire de l’humanité et la réflexion personnelle,

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    • Il y a peu encore, une formule faisait florès dans le monde enseignant : si tu veux apprendre l’anglais à John, tu dois connaître l’anglais… et John. De ce que je lis, ici et à, j’ai le sentiment que nous passés à la formule : si tu veux apprendre la laïcité à Youcine, il te suffit de connaître la laïcité. Je ne demande rien d’autre à l’éducation nationale et aux enseignants qu’un peu plus de finesse pédagogique et de respect – puisque le terme est inscrit dans la charte de la laïcité – pour les convictions intimes, notamment religieuses, de leurs élèves.

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      • René Poujol : connaissez-vous les élèves de Samuel Paty ? la relation avec les enfants de « sa » classe de 4e ? la relation des enfants avec « leur » professeur ? la façon de faire, de parler, de se conduire en classe de Samuel Paty ? la façon de faire, de se conduire des élèves ? la compétence du professeur en matière pédagogique ?

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        • Et vous que savez vous de tout cela ? Mais mon billet ne porte pas sur le passé que je juge pas. J’ai dit mon estime pour Samuel Paty et ma conviction qu’il ne portait aucune part de responsabilité dans ce qui lui est arrivé. Alors laissons là cette fausse querelle qui arrange tant de monde !

          Ce qui m’importe et cela seulement, mon billet ouvre sur cette question, c’est le sort possible d’autres enseignants qui demain, parce qu’ils utiliseront également des caricatures pour le même usage pédagogique, pourront se trouver confrontès au même danger. Suffit-il de leur répondre que le blasphème étant un droit absolu il n’y a aucune raison pour qu’ils ne prennent pas le risque ? Et qu’après tout ils deviendront à leur tour des martyrs de la République ?

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          • Laissez donc les professeurs juger par eux mêmes des nécessités de leur pédagogie. C’est une manie maintenant de faire la classe à leur place et c’est un travers que vous partagez – avec lequel on peut ici ne pas être d’accord. Merci de faire preuve (à votre tour) « d’un peu plus de finesse » (sic) comme vous le dites aimablement « à l’éducation nationale et aux enseignants ».

          • Sauf que si l’enquête de police démontre, ce qui n’est pas exclu, que la présentation des caricatures aux élèves a été le déclencheur de l’acte d’agression, ne serait qu’en ayant entrainé la dénonciation du parent d’élève, il appartient à l’éducation nationale, responsable des programmes – et ne vous en déplaise de la sécurité des enseignants – de définir une règle de conduite en accord avec le corps professoral. Et retrouvez, s’il vous plait, les chemins d’une certaine courtoisie à mon égard dans vos propos. Car si les professeurs sont maîtres chez eux, à votre grande satisfaction, je le suis aussi sur ce blog.

          • Ah ! Je ne connaissais pas votre blog à l’époque !
            La problématique n’a pas vraiment changé depuis janvier 2015…

          • Je persiste à penser que la notion de blasphème n’est pas opératoire parce qu’elle se réfère à un absolu religieux qui n’a pas de sens dans une republique laique .La retenue à avoir dans la caricature d’une religion ne peut procéder que du respect de l’autre et de ses convictions Impératif moral nécessaire.
            La République respecte toutes les croyances dit le premier article de notre constitution .La laicite n’est pas la lutte contre le religieux , mais la régulation de l’expression
            . du religieux par des valeurs communes .
            Il me semble que la question est moins de savoir si les dessins qui se revendiquent lucidement bêtes et méchants de Charlie Hebdo nous heurtent ou pas que de se demander quel serait l’état de notre société et de notre capacite a exprimer notre foi ou nos croyances si ces dessins étaient censurés . .

          • Mais l’assassin du professeur se fout comme de sa première chemise du fait de savoir si le blasphème a ou non un sens, est oui ou non considéré comme un délit dans une République laïque. Puisque lui se considère au-dessus des lois de ladite République. Vous vous imaginez l’autre soir être allé à sa rencontre pour lui dire : tu ne fais pas de mal au professeur parce que le blasphème, dans ce pays n’est pas un délit ? Vraiment vous pensez qu’il serait sagement rentré chez lui ?

          • A René Mon propos ne concernait pas cet assassin , mais les termes du débat collectif a mener pour lutter contre cette intolérance religieuse .Pouvoir signifier sue caricaturer une religion n’est pas de l’ordre du blasphème .et faire partager cette realite au plus grand nombre .Cela s’appelle l’education .A mal nommer les choses on participe au chaos de ce monde

          • Lorsque l’on reconnaît la notion de blasphème on n’est plus dans un état laique et donc la liberté d’expression est pour le moins partielle

          • Cher Guy, le 27 janvier 2015, L’Express publiait sur son site internet une interview de Serge July, que tu retrouveras facilement, ainsi titrée : « Il faut donner à la presse le droit au blasphème. » Ce qui, entre nous, est absurde, car le blasphème est une liberté passible d’aucune poursuite pénale. Pourquoi vouloir faire un droit d’une liberté ? Mais la démarche prouve bien la réalité objective du blasphème. Nier que pour les croyants qui sont aussi des citoyens, le blasphème est une réalité, au motif que l’Etat (non la société) est laïque est l’un de ces aveuglements dont nous payons aujourd’hui le prix fort.

          • Revendiquer un « droit au blasphème » ne vaut pas mieux qu’instituer une loi réprimant le blasphème comme au Pakistan.
            La vraie réponse dans un État laïque est le respect de l’autre et de ses convictions, y compris religieuses.

          • Toujours « dans le même esprit », à mon avis, les limites à la liberté d’expression » sont les religions : ainsi donc, dès que les religions sont concernées, la liberté d’expression s’arrête.
            Autrement dit, la liberté d’expression existe, à mon avis, tant que les religions ne sont pas mises en cause.

          • Entièrement d’accord avec le post de Michel de Guibert: la prise en compte du respect de l’autre dans l’expression de ma liberte se nomme fraternité .

      • Au risque de passer pour un défenseur de l’auteur de cet ignoble assassinat je ne puis m’empêcher de considérer néanmoins que la victime n’a vraiment pas fait preuve de psychologie à l’égard des élèves musulmans en les invitant à regarder ces caricatures.Cela n’enlève rien bien sûr à l’atrocité ce ce crime

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        • Il a fait, me semble-t-il, en consience ce qu’il pensait devoir faire. Et je trouve que vous franchissez là une ligne rouge bien dangereuse. Et si l’on devait mettre au pilori tous ceux qui, en d’autres lieux, peuvent être pris en flagrant délit de défaut de psychologie, il y aurait de quoi reboiser nos campagnes.

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          • Oui ce Dominique Bargiarelli franchit une ligne rouge et même très rouge et ce n’est pas la première fois . Merci René de ta réaction que je trouve tout à fait saine cette fois

  • J’écrirais sans doute des redites, ma pensée serait mal traduite, plus à l’aise avec des fractales qu’avec l’écriture.
    juste ce petit message pour dire que j’ai beaucoup apprécié ce débat, riche et divers
    Continuez René à alimenter ainsi votre blog, bien loin de Facebook!

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  • Il me semble que J Ferry lui même demandait aux instituteurs de prendre soin de ne pas heurter les mentalites et les convictions des élèves dans leur enseignement des valeurs républicaines.
    En effet celles ci ne sont pas des valeurs « contre  » , mais des valeurs « pour »:
    Pour que chacun se sente respecté dans ses croyances .
    Pour que l’expression des croyances des uns ne constitue pas un obstacle à l’expression de celles des autres
    Pour comprendre que la reconnaissance de ce que nous avons en commun est necessaire à la libre expression de nos legitimes diversités
    Pour prendre conscience que ce que nous possédons en commun est supérieur à ce qui nous differencie , à savoir notre commune humanité .
    La France est originale en ce sens que son projet de société repose sur la volonte de créer une seule communauté de citoyens libres , égaux et fraternels, independamment de leur couleur de peau, de leurs croyances , de leur origine . .
    Nous croyions que cet idéal de valeur universelle était partagé. Ce n’est pas parce que , sur ce point nous nous trompons, qu’il faille y renoncer .
    Plus que jamais la laicite , condition nécessaire à la liberte, à, l’egalite et à la fraternité entre nous doit être defendue avec la dernière énergie et constituer un idéal plus que jamais commun .

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    • Marie-,

      Un grand merci pour cette vidéo !
      Un grand merci à ce grand monsieur !

      Concernant la liberté d’expression, ses limites ne peuvent être fixées que par la loi a laquelle tous les citoyens doivent leurs droits et leurs devoirs, non par la sensibilité religieuse ou pas des uns et des autres, et encore moins par les religions établies. Sinon aucune aucune communauté de citoyens, donc aucune fraternité n’est possible, par delà les légitimes différences d’opinions.

      L’école est ou devrait être un sanctuaire a l’abri de toutes pressions extérieures ou l’on apprend à devenir justement citoyen en tolérant, voire en apprenant d’autres convictions que la sienne. Elle a pour but de former le futur citoyen a cet idéal de fraternité.

      Maintenant ou commence, ou s’arrête le respect, non des croyances toujours critiquables, mais des croyants est un problème moral d’un autre ordre qu’à mon avis l’on ne peut décider qu’au coup par coup en tenant compte de celui à qui l’on s’adresse, de son âge, de son milieu d’origine etc…, donc d’abord en essayant de le connaître.

      J’ajouterais aussi que critiquer n’est pas insulter bêtement. Par conséquent, vouloir defendre la liberté d’expression en exhibant les caricatures de Charlie Hebdo, comme certains le suggèrent, pose problème. En effet, nul n’est obligé de lire et encore moins d’apprécier Charlie-Hebdo. Ce qui n’est pas le cas si ces caricatures sont imposées à la vue de tous comme ce qu’il faudrait admirer et presque vénérer.

      Et ce n’est d’ailleurs pas ce qu’a fait cet enseignant dont la presse a publié des extraits de son cours consciencieusement travaillé pour faire comprendre la liberté de la presse à ses élèves.Lui n’a pas exhibé. Il a tenté d’expliquer.

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  • Je suis enseignant, et fortement ébranlé par ce qui vient de se passer, et je vous remercie pour cet article un peu dissonant dans le flot d’imprécations actuel. Membre de la CIMADE, j’accompagne aussi depuis des années des demandeurs d’asile tchétchènes. Ces familles fuient des souffrances parfois terribles, et un état totalitaire. Va-t-on, trouver en eux un nouveau bouc émissaire que nous allons charger de toutes nos peurs ?

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  • Vraiment, oui, merci à Monsieur Hassen Chalghoumi. Il remet un peu d’ordre dans la confusion des pensées qui me traversent depuis plusieurs jours.

    Sans doute, comme le dit René, ne faut-il pas provoquer inutilement. Et peut-être n’était-ce pas le moment, ou était-ce trop le moment, de donner en exemple ces caricatures en plein procès Charlie Hebdo. Mais ceux qui se sont sentis provoqués ne sont pas les musulmans, ce sont les islamistes, pour qui, de toute façon, tous les prétextes sont bons pour massacrer, dominer, imposer. En ce sens, être contraints à se taire – non pas pour ne pas choquer, mais pour éviter la mort – est absolument dramatique, me semble-t-il.

    J’ai travaillé durant 27 ans avec des musulmans. J’ai un ami et une collègue de cette confession. J’ai vu celle-ci agressée et insultée sous mes yeux car, malgre la consonnance arabe de son nom, elle ne portait pas le voile. Tous m’ont dit et redit quelle souffrance la montée de l’islamisme était pour eux. Il faudrait évidemment nous unir à eux pour lutter contre ce fléau, et ainsi peut-être pourrions-nous défendre avec plus de force en même temps que de nuances – nécessaires j’en conviens – cette fameuse liberté d’expression.

    Ceci dit, pour l’heure, j’en parle à mon aise, ne subissant pas de pressions ni de menaces de mort. Je n’ai aucune idée de ce que je ferais si c’était le cas, je l’avoue bien humblement.

    Mais Monsieur Chalghoumi s’est montré plus clair, plus juste et plus fort que je ne le suis pour exprimer ma pensée dans sa magnifique intervention.

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  • Liberté d’expression et la protection des convictions religieuses

    « Le Conseil d’Etat a expressément confirmé un tel rattachement [entre liberté d’expression religieuse et neutralité], notamment dans son Avis du 27 novembre 1989 et, de manière particulièrement nette, dans son Rapport Public de 2004. Pour le Conseil d’Etat, le pluralisme implique une attitude positive : il implique nécessairement le respect de toutes les croyances ». Le Conseil constitutionnel considère le pluralisme comme une valeur constitutionnelle : « le pluralisme des courants d’expression socioculturels est en lui-même un objectif de valeur constitutionnelle ; […] le respect de ce pluralisme est une des conditions essentielles de la démocratie. (LIBERTE D’EXPRESSION ET RELIGION par Blandine Chelini-Pont, Marc Pena et Emmanuel Tawil, 2008, p.225 – 226)
    https://www.persee.fr/doc/aijc_0995-3817_2008_num_23_2007_2456#:~:text=I%20-La%20libert%C3%A9%20d%27expression%20et%20la%20protection%20des,objet%20sur%20lequel%20l%27expression%20est%20en%20principe%20libre.

    Aussi conviendra-t-il d’examiner si, dans les circonstances incriminées, il a été fait violence ou non aux conditions de « respect du pluralisme » et « d’attitude positive et de respect de toutes les croyances ».
    (pour avoir une idée des circonstances en question, voir au lien ci-dessous)
    https://www.renepoujol.fr/decapite-pour-cause-de-blaspheme/comment-page-1/#comment-110620

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  • Liberté d’expression et respect des croyances religieuses, le match :
    « la difficulté pour les juges est de définir la frontière « entre propos protégés par la liberté d’expression et provocations prohibées » (Marie-Lucile Kubacki, La Vie, 5/2/2015, voir ci-dessous)
    https://www.lavie.fr/christianisme/liberteacute-dexpression-et-respect-des-croyances-religieuses-le-match-17727.php

    Aussi conviendra-t-il d’examiner si, dans les circonstances incriminées, les propos relèvent davantage de propos protégés par la liberté d’expression que de provocations prohibées, ou l’inverse – relevant plus de provocations prohibées que de propos protégés par la liberté d’expression.

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  • Parfaite illustration des ambiguïtés, des dérapages idéologiques et des récupérations politiciennes du moment, autour de l’assassinat du professeur de Conflans Sainte-Honorine, l’initiative de la Présidente de la Région Occitanie, rapportée par la presse régionale. Je poste ici le commentaire publié ce matin par mes soins sur ma page Facebook.

    Les bras m’en tombent. Voilà que la Présidente de la région Occitanie a décidé de faire projeter ce vendredi, sur les murs des deux hôtels de région de Toulouse et Montpellier, les caricatures de Charlie Hebdo. Un « acte fort » en hommage à Samuel Paty, pour exprimer que « dans notre République, il ne peut y avoir d’arrangement avec la laïcité, la liberté d’expression et la liberté de conscience qui sont au cœur de notre modèle républicain. »

    J’ignore quels dessins seront projetés et ne veux donc faire ici aucun procès. Là, au fond, n’est même plus la question. Mais cet « acte fort » donne à entendre que la liberté d’expression, l’un des piliers de nos droits Républicains, serait désormais assimilable au fait de caricaturer. Si le débat démocratique est essentiel à la démocratie, doit-il prendre les tonalités de la caricature ? Va-t-on inscrire dans les programmes scolaires, non l’apprentissage de l’esprit critique, du débat contradictoire, du dialogue et de l’échange mais celui de la caricature ?

    Il y a quarante-huit heures, j’ai entendu la présentatrice du 20 h de France 2, préciser dans son lancement du sujet sur l’assassinat de Conflans-Sainte-Honorine que « L’avocat de Charlie Hebdo approuvait l’usage des caricatures du magazine à l’école ». Ah bon ! Et à quel titre ? Quelle légitimité peut-bien avoir cette personne pour donner son point de vue sur le contenu des enseignements là où l’on contester par ailleurs ce droit au simple citoyen au nom de l’autonomie, légitime, du corps enseignant ? Charlie est-il désormais chargé de mission auprès de la direction des programmes du ministère de l’éducation ?

    Il y a cinq ans, on nous expliquait, fort justement, que nul n’était obligé de lire Charlie si cela ne lui convenait pas. Nous n’en sommes plus là et l’on pourrait écrire désormais, parodiant Paul Féval : « Si tu ne vas pas à Charlie, Charlie ira à toi » La liberté reconnue aux parents serait donc confisquée aux élèves ? Au nom de l’éducation à la liberté !

    Madame la Présidente de la Région Occitanie, en ce jour d’hommage national au professeur assassiné, vous avez loupé une bonne occasion de lui rendre hommage et, à travers lui, à la liberté d’expression, sans diviser les Français, en projetant sur les murs de vos hôtels de région de Toulouse et Montpellier… le portrait de Samuel Paty.

    https://www.ladepeche.fr/2020/10/20/enseignant-decapite-les-caricatures-de-charlie-hebdo-projetees-sur-les-facades-des-hotels-de-region-de-toulouse-et-montpellier-9152377.php

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  • Merci à nouveau, cher René, pour cet excellent commentaire.
    Avant Carole Delga, Manuel Valls avait sottement estimé qu’il fallait montrer les caricatures de Charlie Hebdo dans toutes les écoles.
    https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/enseignant-decapite-dans-les-yvelines/video-enseignant-decapite-manuel-valls-estime-que-dans-toutes-les-ecoles-il-faut-montrer-les-caricatures-de-charlie-hebdo_4145425.html
    Ces gens-là sont fous…
    J’espère au moins qu’elle projettera le dessin montrant un Mahomet disant « c’est dur d’être aimé par des cons », qui a le mérite d’être drôle et de viser spécifiquement les islamistes plutôt que celui débile montrant Mahomet nu avec une étoile en guise d’anus avec la légende « Une étoile est née ».

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    • J’ajoute que ce n’est pas avec de telles attitudes que l’on fera aimer la France et les « valeurs de la République » aux musulmans !

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    • Parfaitement d’accord avec vous, Michel et je suis effaré que personne ne soit ouvertement scandalisée par la décision prise par Madame Delga sans parler du fait que cette publication ne peut que heurter les musulmans et raviver bien sûr la haine des extrémiistes de tous bords d’ailleurs

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      • Cette initiative me semble d’autant plus absurde ou criminelle, c’est selon, que soit pour faire un doigt d’honneur aux Islamistes on projette les dessins de Charlie sur le Prophète et alors on peut déclencher l’alerte rouge du côté des forces de l’ordre ; soit on projette des caricatures autres sans risque ni sans effet. Car les islamistes se fichent des caricatures du pape ou du Président de l’Assemblée nationale comme de leur première Kalachnikov. Tout cela est à la fois imbécile et dérisoire !

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        • J’ajouterais aussi que l’on passe du droit à caricaturer au devoir de caricaturer donc du droit d’aimer et aussi de ne pas aimer Charlie Hebdo au devoir de l’aimer…

          Trahison aussi des intentions de Samuel Paty qui s’est seulement servi d’un exemple d’actualité ( que l’on peut juger très maladroit et contestable ) dans le but d’expliquer la liberté d’expression, non de provoquer et d’imposer à ses élèves une quelconque opinion.

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          • Oui, après le « droit au blasphème », c’est maintenant la caricature gratuite, laïque et obligatoire !

        • Un »droit » suppose une éducation à la responsabilité. Il est donc clair qu’user d’un droit pour provoquer n’est pas recommandable et que « prendre le risque de provoquer » suppose d’apprécier si ceux auxquels on s’adresse, sont apte à recevoir « le message » et s’interdisent de le détourner à des fins malveillantes. Le détournement est souvent utilisé.
          S’agissant des islams, la plupart manifestent, depuis des décennies, leur volonté dominatrice politico-religieuse, y compris entre eux. Actuellement et en particulier dans notre pays, les autorités religieuses (souvent situées dans d’autres pays) craignent la sécularisation et cherchent à polariser le débat (islamophobie), ce qu’elles réussissent avec l’aide de nos politiques qui montrent leurs muscles en public en agissant de manière trop modérée (pas de vagues, sous le tapis). Appeler à ne pas « provoquer » est sans doute trop tard.
          Voir par exemple Boualem Sansal « c’est la crainte d’une modernisation profane de la religion, au contact de la France laïque et accueillante, qui pousse Daech à frapper notre pays. » https://www.marianne.net/societe/ils-ont-peur-quau-contact-de-la-france-lislam-se-secularise

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        • A lire les commentaires dans le Figaro vous êtes bien seul René dans votre opposition au projection des caricatures . Il est grand temps de faire sortir du bois les fanatiques , du courage svp

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          • Et alors, si je comprends bien comme je suis seul je suis dans le faux ? Curieuse vision des choses ! Jde n’ai pas tout vu de ce qui a été publié, ici et là, COURAGEUSEMENT of course, par solidarité. Mais prenons l’exemple de Marianne : un bel équilibre en effet, entre des caricatures de Mahomet et des autres religions du Livre (même si le catholicisme ne se reconnaît pas dans cette expression), pour ne pas provoquer. Et cette « Une » magnifique et courageuse bien dans l’air du temps : « Aux chiottes toutes les religions ».

            Interrogez les journalistes, ils vous le confirmeront : ce sont les curés, les rabbins, les imams qui font aujourd’hui obstacle à leur liberté d’expression, pas les milieux d’affaires, les puissances d’argent, les pouvoirs politiques… C’est le « cartel des monothéismes » qui a fait voter la loi restreignant le journalisme d’investigation. Et c’est donc contre les religions qu’il faut mettre en garde pour développer l’esprit critique de nos têtes blondes ! Basya !

            Quant au reste, j’ignore si « du courage stp » s’adresse à moi… Dans ce cas je fais usage de ma liberté d’expression pour ne pas répondre.

          • Et alors, le fait d’être minoritaire suffirait à conclure que je n’ai écrit là que des sottises ? Curieuse conception des choses. M’avez-vous seulement lu ? En quoi le fait que la presse republie par solidarité ces dessins infirme-t-il mon propos sur le côté réducteur d’une approche de la liberé d’expression à travers les seules caricatures ?

            Je n’ai pas tout vu… bien entendu. Mais si je m’en tiens par exemple à Marianne j’observe, c’est vrai, un bel œcuménisme dans la dérision. « Aux chiottes toutes les religions », sachant qu’il s’agit bien évidemment des trois religions dites du livre. Mais enfin, les trois sont de fait caricaturées. Et pas seulement le prophète.

            Interrogez les journalistes (dont je suis) ils vous le confirmeront : ce sont les curés, les rabbins et les imams qui font aujourd’hui obstacle à leur liberté d’expression. Pas les milieux d’affaires, les puissances d’argent ou le monde politique. C’est le « lobby des monothésimes » qui a fait voter au Parlement la loi restreignant leurs pouvoirs d’investigation dans le monde économique. La bonne blague !

            Quant à votre « du courage svp », je ne sais pas s’il s’adresse à moi. Auquel cas j’use de ma liberté d’expression… pour ne pas vous dire ce que j’en pense !

          • Certes les commentaires anonymes du Figaro, comme bien d’autres dans les réseaux sociaux, ne donnent pas dans l’analyse lucide, mais de là à se coucher devant l’opinion dominante… le courage est au contraire de parler vrai en faisant les distinctions qui s’imposent entre le respect des personnes blessées par ces caricatures et le nécessaire combat contre les fanatiques.

  • Une autre tribune remarquable de Xavier Patier, petit-fils d’Edmond Michelet :
    « L’irréligion d’État peut-elle vaincre le terrorisme islamiste ? »
    Pour l’essayiste Xavier Patier, il s’agit moins de faire la guerre au nom d’une laïcité méprisante que de gagner la paix, oser s’attaquer à la racine du mal et oser faire aimer la France, sans céder à la dictature de l’émotion.
    https://fr.aleteia.org/2020/10/20/lirreligion-detat-peut-elle-vaincre-le-terrorisme-islamiste

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    • Il y a deux niveaux de lecture. Le 1er c’est celui de ne rien devoir céder à des fanatiques capables de décapiter pour des caricatures…Si ce n’est cela, ce sera autre chose. Leur idéologie n’est pas compatible ni avec les valeurs de la démocratie, caricatures ou pas. Puis le 2ème niveau de lecture qui est celle de la réponse plus globale et plus profonde et là je serais d’accord avec vous Michel. Puisque l’hommage à ce professeur a eu lieu à la sorbonne, combien de français savent que la Sorbonne a été fondée et tire son nom de Robert de Sorbon ? Théologien médiéval…Au delà des polémiques concernant les caricatures, je pense que le discours qui consiste uniquement à dire « Plus de République », « Plus de Lumières » comme s’il n’existait rien qui ait fondé le socle de nos valeurs communes avant, comme si le savoir, la raison et la connaissance avaient débuté en 1789 est un peu voué à l’échec. Ou en tout cas à une forme d’amputation culturelle, intellectuelle, spirituelle. Forcément, ça heurte aussi certaines conceptions culturelles où le fait religieux est perçu positivement. Chez nous on a quand même tendance à dénigrer ce fait religieux, à confondre laicité avec athéisme ou en tout cas ce n’est pas toujours neutre, il y a bien souvent des partis pris méfiants. Le fait religieux ne relèverait pas de la Lumière…Personnellement, je suis aussi souvent frappée de la pauvreté des connaissances (je ne parle pas de convictions mais seulement de connaissances) concernant le fait religieux, concernant l’élaboration des spiritualités……En France même, les 3/4 des jeunes ne savent pas ce que représente la Pentecôte….Ne parlons pas de l’Esprit Saint ….Kesako ce truc là !! Et l’islam, combien de personnes sont réellement capables d’élaborer quelque chose d’intelligent autour de cette religion ? On parle de donner des armes intellectuelles à la jeunesse, mais en effet je serais d’accord sur le fait que la médiocrité ( au delà même d’une offense à des croyants sincères et tranquilles) de certains dessins n’est pas au service de cette élaboration.

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      • Merci Marie-Do pour votre commentaire auquel je souscris.
        Je pense qu’il ne faut rien céder aux fanatiques de ce qui n’est pas juste (les matières d’enseignement qu’ils voudraient voir interdites ou non abordées), mais que le combat contre les fanatiques ne passe pas par infliger des blessures à l’ensemble des musulmans.
        En effet, la seule réponse des Lumières ignorant ou combattant le fait religieux est un peu courte et laisse nécessairement insatisfaits ceux qui ont des aspirations spirituelles ou des appartenances religieuses.
        Plus d’un siècle de laïcité méprisante à l’égard du christianisme a creusé le lit d’une incompréhension vis-à-vis de l’Islam.
        Je me faisais la même réflexion que vous en regardant hier soir l’hommage émouvant à Samuel Paty à la Sorbonne… Robert de Sorbon, c’était tout de même l’université médiévale bien avant les Lumières !

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        • Eh oui! avant les « Lumières » et leur anti christianisme bon teint nous étions depuis l’antiquité dans l’obscurité la plus totale.
          Cette thèse me fait penser à la façon dont on enseignait l’histoire en primaire:tout nos rois étaient nuls à l’exception d’HenriIV quelques qualités reconnues à Louis XI Quant à Loois XVI il ne s’intéressait qu’à l’horlogerie

          En revanche Napoléon ,lui ,était quasiment intouchable

          Le manichéisme a encore de beaux jours devant lui
          Davantage en rapport avec le sujet je me demande comment en matière religieuse comment un prof croyant pas pourrait avoir un regard objectif sur ce sujet. Développer le regard critique des jeunes est une bonne chose en théorie, mais en matière religieuse cela me parait totalement impossible

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          • À Dominique Bargiarelli

            Analyse bien «  simpliste «  de ce qu’est l’enseignement actuel.

            Non ! La pensée grecque et la suite sont constamment étudiées..
            Idem pour la chrétienté etc…
            Ouvrez n’importe quel manuel d’Histoire, de Français, de Philosophie pour vous en assurer…

            Ne pas confondre l’enseignement avec l’idéologie et la mentalité dominantes du temps.

            Non ! Il n’est pas impossible du tout d’aborder la religion tout en étant croyant ( ou athée ou agnostique ) c’est à dire sans imposer ses convictions religieuses ou pas aux élèves.
            C’est ce que font journellement des milliers de profs croyants juifs, chrétiens et désormais musulmans.

            Faisons donc confiance à leur conscience professionnelle et à leur sens du respect de leurs élèves.

            Je deplore personnellement encore une fois que d’une simple maladresse ou erreur d’un enseignant par ailleurs bien intentionné, on en arrive là ces amalgames et confusions ( et manipulations politiciennes ) qui partent dans tous les sens.

  • Pour moi, le débat est mal posé dès lors qu’on emploie le terme de blasphème. Celui de sacrilège convient mieux à condition de le définir comme le fit l’abbé de Tanoüarn en son temps: il ne faut pas commettre de sacrilège, qu’on soit impliqué ou non dans le sacré d’une religion, car il convient de respecter le sacré des autres.

    Ensuite et comme vous, René, sans du tout minorer les qualités humaines et pédagogiques de Samuel Paty qui s’intéressait à ses élèves au point d’étudier leur religion, et leur proposait de sortir de la classe si voir des caricatures de Mohamed pouvait les choquer. Samuel Paty est salué par tous ceux qui l’ont connu – et pas seulement par le président de la République lors de l’hommage national – comme une belle figure de prof. La question dépasse son cours, auquel il avait travaillé depuis juillet, à Moulins, auprès des siens, nous apprenait le président de la République lors de son éloge funèbre d’hier soir, à l’occasion de l’hommage national rendu à Samuel Paty. La question peut être formulée ainsi: à supposer qu’il s’en trouve dans des classes, peut-on raisonner des fanatiques ? Etant donné que la réponse est non, dans l’emballement des réseaux sociaux et dans ce qu’est pour eux la banalité du crime, à défaut ou en attendant de les raisonner, convient-il de les provoquer? La prudence souffle que non. Mais ne pas les provoquer, est-ce s’y soumettre? Prudence n’est pas soumission.

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    • Oui, prudence n’est pas soumission… soumission c’est le sens même d’Islam, soumission à Dieu pour les musulmans… ou à la représentation qu’ils se font de Dieu pour les fanatiques islamistes.

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      • L' »islam » aurait trois étymologies:

        -La soumission dont vous parlez, Michel;

        -Mais aussi « salam », le souhait de la paix qui est adressé dans chaque salutation entre les musulmans au quotidien;

        -et enfin « salim », qui veut dire « santé », l’islam étant une religion de la santé de l’âme.

        Je m’amuse parfois à dire que nos salutations intra-confessionnelles disent ce que nous nous souhaitons le plus: les chrétiens se souhaitent le salut et les musulmans la paix. Le discours sotériologique ou discours sur le salut est-il un discours sanitaire? Et la sainteté nous fait-elle être en bonne santé?

        Mais les musulmans n’ont pas tort de dire que leur religion étant simple, elle est saine. Seulement saine et non pas sainte? Saine parce que naturelle et instinctive La nôtre étant sainte au prix de circonvolutions qui ne rendent jamais notre mystique naturelle et facile? Qui la rendent désincarnée, alors que le christianisme est la religion de l’Incarnation? Notre plus grand naturel se trouvant dans le quiétisme, cette démission de l’agir, renouant avec le fatalisme par une autre voie que son acceptation par nos frères musulmans.

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        • Merci Julien pour votre intéressant commentaire en partant de l’étymologie.
          Je me plais à penser que souhaiter le salut ou la paix se rejoignent en ce sens que tous deux expriment que l’on veut du bien à l’autre ou tout au moins qu’on l’exprime…. à condition que les actes suivent !
          « Heureux les artisans de Paix, car ils seront appelés Fils de Dieu ».

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    • Lorsque je lis ce commentaire : « Pour moi, le débat est mal posé dès lors qu’on emploie le terme de blasphème », je reste dans l’expectative et me risquerai à faire cet autre commentaire, peut-être plus proactif :

      Pour moi, l’Etat français se doit d’être beaucoup plus clair à l’égard de ses citoyens : il doit leur expliquer, en effet, ce qu’il convient d’entendre précisément par « liberté d’expression », pareille « liberté » n’étant pas, à mon avis, tous azimuts car ayant, à mon avis, des limites
      (et pour que les explications soient tout à fait claires, des exemples concrets devront être donnés – et mis à jour en cas de besoin – pour illustrer noir sur blanc les contenus à ne jamais aborder, en particulier les contenus concernant les croyances religieuses).

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      • Non, désolé, je crains que vous ne preniez le problème à l’envers. Une liberté n’a pas à être définie dans ses modalités, ce sont les limites à son exercice – donc les interdits – qui doivent être précisés. Ce qui n’est pas la même chose !

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        • René,

          Ayant écrit « pareille « liberté » [d’expression] n’étant pas, à mon avis, tous azimuts car ayant, à mon avis, des limites » et ayant écrit ensuite :
          « des exemples concrets devront être donnés – et mis à jour en cas de besoin – pour illustrer noir sur blanc les contenus à ne jamais aborder»

          je pense avoir signifié ainsi qu’il est urgent de définir clairement les limites à l’exercice de ladite « liberté d’expression ».

          Ou seriez-vous d’un autre avis?

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  • Irions nous proposer à nos hôtes juifs ou musulmans pratiquants du porc à manger?
    Je pense que tout le monde ré^pondra ,non ou est-ce que je me trompe?
    il me semble que la laîcité devrait avoir la même attitude.

    Par ailleurs lorsqu’il était interdit aux cathos de manger de la viande le vendredi le vendredi dans les écoles publiques de l’éducation Nationale était devenu le jour du poisson et cela ne choquait personne

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    • En tant que professeur en lycée publiic, jamais je ne me suis privée d’étudier avec mes élèves des extraits de La Bible, d’expliquer ce qu’est une religion, la distinction entre foi et savoirs, la question de Dieu, Pascal, Bergson etc..puisque cela fait partie du programme, bien évidemment ! De même que l’on étudie aussi, bien évidemment, Les Lumières, l’athéisme.
      Que l’on n’impose pas ses propres convictions politiques et religieuses mais que l’on invite à la réflexion.

      Le problème ne vient donc pas du contenu de l’enseignement mais des présupposés ( voire préjugés ) politiques et idéologiques confondant laïcité et athéisme, religion et superstition.
      Il ne faut pas oublier non plus que la laïcité s’est imposée par un combat contre l’Eglise. D’où les dérives laïcistes que l’on peut constater et qui font partie du fonds culturel de la France.
      L’Islam n’a jamais eu à se confronter à un tel combat.

      Il devient urgent, non de montrer partout des caricatures, mais de faire comprendre ce qu’est la laïcité bien comprise, comment elle s’est imposée historiquement, et les droits qu’elle octroie aux incroyants comme aux croyants.

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      • A Marie-Christine,

        Un jour, le hasard m’a fait me rendre à un colloque de didactique organisé par le Pr. Olivier Meunier à l’université d’Arras, sur les différentes manières de vivre la laïcité ou de tenir compte du fait religieux dans l’enseignement à travers les pays francophones. Un didacticien tunisien qui s’était pris de sympathie pour moi et voulait même m’inviter à un colloque similaire qu’il organisait dans son pays (j’y serais bien allé si j’avais été qualifié pour y faire une communication qui eût l’autorité de l’expérience), m’apprit qu’en Tunisie, il était interdit d’être athée. Il ne disait pas cela comme en passant, mais essayait de montrer tout le chemin qu’avait à parcourir un pays musulman où ne régnait pourtant pas la charia, pragmatique sinon laïque par le fait du bourguibisme, par rapport à un pays chrétien régénéré par les Lumières et qui s’en targue un peu trop. Car enfin rien ne dit qu' »en France, les lumières ne s’éteindront jamais », comme l’affirmait Emmanuel Macron dans son éloge funèbre de Samuel Paty.

        Il a même énoncé une contre-vérité factuelle alors qu’il voulait en faire une démonstration lyrique: les « ignorants » et les « barbares » qui s’en sont pris à Samuel Paty en voulaient à notre « futur », notait-il. « Ils savaient bien qu’avec un héros tranquille tel que lui, ils ne l’auront jamais. » Manque de pot, ils ont eu Samuel Paty, ce héros tranquille….

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        • C’est justement ce qu’est la laïcité à la française, ni athéisme ni anticléricalisme d’Etat ( malgré l’histoire de son établissement en France ), ni imposition aux citoyens d’une quelconque religion ou idéologie religieuse.

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          • C’est ce qu’elle est mais que certains souhaiteraient qu’elle cesse d’être. Il faut lire l’excellent article de Cécile Chambraud dans le Monde du 22 octobre p.10. (Sur internet l’article est hélas réservé aux abonnés)

  • Jean-Louis Bianco : « Ceux qui dénaturent la laïcité sont ceux qui en font un outil antireligieux »
    Le président de l’Observatoire de la laïcité réagit, dans un entretien au « Monde », aux propos du premier ministre, Manuel Valls, qui l’a accusé de « dénaturer la réalité de la laïcité ».
    https://www.lemonde.fr/religions/article/2016/01/19/jean-louis-bianco-ceux-qui-denaturent-la-laicite-sont-ceux-qui-en-font-un-outil-antireligieux_4850032_1653130.html

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  • Islamisme à l’école : « Aimer ses élèves, et leur faire aimer la France »
    Après le choc de l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie d’un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), le 16 octobre dernier, Jean-François Chemain, ancien professeur dans un collège de Zep, auteur de « Kiffe la France », réagit pour La Vie.
    https://www.lavie.fr/actualite/societe/islamisme-a-lecole-aimer-ses-eleves-et-leur-faire-aimer-la-france-60696.php

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    • Cet article de Koz repose sur un présupposé qu’il exprime lui même et qui caricature pour mieux le condamner la nature de l’esprit republicain Ceux qui sont heurtés par ce drame n’approuvent pas pour autant le contenu des caricatures ils defendent seulement la liberte d’expression .
      Rares sont ceux qui font l’amalgame entre l’esprit republicain et l’approbation de ces dessins qui se veulent eux mêmes bêtes et méchants . Mais les contradicteurs de Koz ne sont ils pas par definition bêtes et mechants ?
      La liberte d’expression implique que l’on respecte le droit à la parole de celui avec lequel on n’est pas d’accord comme l’exprimait clairement Voltaire .Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai pour que vous puissiez le dire .
      Cet article remet aussi en cause la notion de laicite en faisant croire que le remède que l’Etat devrait opposer au fanatisme est la theologie .A l’intérieur de la sphère religieuse certes , la theologoe vaut mieux que d’enseigner une doctrine normative , mais ce n’est en aucun cas le rôle de l’état dans une societe pluraliste qui doit se libérer à l’enseignement du fait religieux .
      Cet article instrumentalise ce drame pour combattre la laicite .
      Il n’est pas convaincant il est juste indécent .

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      • Guy, je crois que vous n’avez rien compris à l’article de Koz tant vous semblez vous inscrire dans une conception étroite de la laïcité…
        Pour certains, la liberté d’expression justifie tout, y compris ces caricatures distribuées partout dans les collèges ou projetées sur les hôtels de ville en Occitanie… mais les mêmes ou leurs amis veulent interdire de parole Zemmour sur CNews !
        A mes yeux, le respect de l’autre est plus important et participe du bien commun.
        Vous citez Voltaire, le même qui concluait ses lettres par la formule abrégée « Ecr. l’inf » (« Ecrasons l’infâme »)… c’est un combat qui n’est pas le mien !
        La réflexion de Koz n’est pas pour remettre en cause la laïcité, mais pour situer à la suite d’Adrien Candiard l’origine du fanatisme; rappelant que ce haut lieu qu’est la Sorbonne fut fondé par Robert de Sorbon et n’excluait pas la réflexion théologique.
        Comme le disait fort justement Jean-Louis Bianco en réponse à Manuel Valls : « Ceux qui dénaturent la laïcité sont ceux qui en font un outil antireligieux »
        Une laïcité de combat n’apportera jamais la paix sociale et ne servira pas le bien commun.
        Dire le contraire est indécent !

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        • A Michel ,
          1)Je cite cet article de Monsieur Le Morhedec alias Koz : « les caricatures de Charlie Hebdo sont en passe d’être republicainement sacralisées  » « On demande aux musulmans de considérer comme bonnes- au sens du Bien- des représentations obscènes de Mahomet . » Ces deux citations sont mensongères car l’Etat seul garant par sa neutralite du respect de toutes les croyances (article 1 de notre constitution) n’a jamais considéré ou incite voire obligé qui que ce soit a considérer ces caricatures comme bonnes .
          Monsieur Koz fait volontairement l’amalgame entre la liberte d’expression et l’usage que peuvent en faire certains .Il confond volontairement le cadre (la liberté d’expression et le contenu (les caricatures) pour mieux remettre en cause la notion de laicite et la neutralité de l’Etat qui en est la condition . que certains catholiques n’ont jamais admis .Pour eux , l’Etat est toujours le bras séculier de l’eglise (cf les slogans de la manif pour tous sur le mariage civil entre personnes du même sexe )
          Cet article est un acte militant contre la laicite, très conforme au courant du catholicisme auquel appartient monsieur Koz .2) la laicite comme l’amour ne supporte aucun adjectif .3) Enfin une expérience de 40 ans au service de l’Etat au plus près de ses autorités me permet d’affirmer que la laicite qui conditionne notre liberté de croyance et son expression est une réalité quotidiennement vecue .
          Le séparatisme soft d’un courant du catholicisme qu’illustre l’article de monsieur Koz est aussi affligeant qu’irresponsable .

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          • Mon « pauvre  » Guy
            ta partition me parait un pur chef -d’œuvre de parti pris à l’encontre de Koz… C’est bien désolant…

          • A Guy
            1) Décidément, vos vieux démons reviennent vite…
            Outre les attaques ad hominem ou les sous-entendus dont vous êtes coutumier (« Cet article est un acte militant contre la laicite, très conforme au courant du catholicisme auquel appartient monsieur Koz »), vous prêtez de fausses intentions à Koz pour mieux les récuser ensuite.
            Quand Manuel Valls veut faire distribuer les caricatures de Charlie Hebdo dans tous les établissements scolaires, vous trouvez que c’est une attitude républicaine ? Jean-Louis Bianco a su lui répondre avec courage et lucidité.
            Quand Carole Delga fait projeter les caricatures de Charlie Hebdo sur les hôtels de ville de Toulouse et de Montpellier, vous m’expliquerez ce que c’est si ce n’est pas la sacralisation de ces caricatures par, sinon l’Etat, la région Occitanie.
            2) « la laicite comme l’amour ne supporte aucun adjectif « , écrivez-vous… désolé, mais le mot « laïcité » est aussi dévoyé que le mot « amour ».
            3) Parler de « séparatisme soft d’un courant du catholicisme » (quel courant ?) est aussi affligeant qu’irresponsable.
            La laïcité est une valeur, elle n’est pas la valeur suprême, je mets au-dessus la liberté de conscience, mais chacune dans son ordre.
            Devant la volonté de piéger des nouveaux pharisiens, je répondrai comme le Christ : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

        • A Michel .1) Je ne fais que lire rigoureusement ce qu’écrit Koz . De plus son opinion est respectable comme opinion politique .Elle procède juste d’une instrumentalisation du christianisme .Maurras avait au moins l’honnêteté de son cynisme .
          3) Ni Manuel Vals ni Madame Delga ne sont en situation de parler au nom de la Republique .Se prévaloir de leurs propos excessifs et irresponsables pour accuser l’Etat de ne pas être garant de la laicite n,’est pas très honnête.

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          • A Guy
            1) Franchement, je n’ai pas fait du tout la même lecture que vous de l’article de Koz et je trouve injuste et déplacé votre accusation d’instrumentation du christianisme.
            Koz fait essentiellement, à la suite du décapant et stimulant dominicain Adrien Candiard, une réflexion qui me paraît élever le débat sur l’origine du fanatisme.
            Rien à voir avec Maurras !
            3) Je mettais en cause les propos et les attitudes irresponsables de Manuel Valls et de Carole Delga, ni plus ni moins, et je n’ai pas mis en cause « l’Etat » en dehors de ces deux personnes (la seconde est tout de même une élue présidente de région) ; à l’inverse j’ai rendu hommage à Jean-Louis Bianco (mis en cause par Manuel Valls et dont on dit qu’il devrait valser !), qui est un grand serviteur de l’Etat à travers l’Observatoire de la laïcité.
            Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !

          • A Michel .Je ne fais que constater le courant du catholicisme auquel Koz se refere explicitement : libéral en économie et tres normatif en matiere de morale , bref le catholicisme au service d’une classe sociale .2) Une présidente de Région n’a aucune compétence en matière de laicite .

          • Mais, Guy, je ne parlais pas des idées politiques de Koz, que je ne connais pas du reste et dont je me contrefous, je parlais seulement de l’article sur son blog auquel j’avais renvoyé et que j’avais trouvé digne d’intérêt.
            Quant à ceux qui s’expriment publiquement, présidente de Région ou autre, j’ai le droit de critiquer leurs propos ou leurs attitudes quand bien même ils n’auraient pas de compétence en matière de laïcité !
            Je ne vois pas le problème, vous cherchez toujours à m’entraîner ailleurs que dans le sujet, ici l’article excellent de René.

      • Je ne suis pas certaine du tout que, par la publication généralisée, l’affichage de ces caricatures sur des supports officiels, on incite à faire la différence entre l’esprit republicain et le contenu de de ces caricatures, ceux qui n’auraient pas compris et assimilé cette distinction. Et ils sont beaucoup plus nombreux que l’on croit.
        C’est en tout cas ce que ne font pas spontanément nombre d’eleves auxquels il faut justement apprendre cette distinction ( ainsi que leurs parents )
        Sinon, Samuel Paty n’aurait pas eu à demander à ses élèves de sortir ou de détourner le regard car il avait bien conscience du problème.

        Parce que l’on n’ait pas obligé de lire Charlie Hebdo et, lorsqu’il est affiché en Kiosque et que l’on est choqué par certaines caricatures degueu…,on peut détourner le regard. En revanche l’ériger officiellement en icône de la liberté d’expression, avec l’injonction sous-jacente qu’il faudrait l’admirer et le vénérer, transforme une caricature bête et méchante en nouveau sacré intouchable et non critiquable. De plus un propos peut être approuve ou critique. Une image s’impose à la vue et ne permet pas le recul nécessaire.

        Quant au «  fait religieux » , il fait partie de la culture qui n’a pas à être officiellement athée et anti religieuse. Et son enseignement est inscrit dans les programmes de l’Education nationale. Ne pas confondre en effet l’interdit de l’ingérence des autorités religieuses dans l’école et le contenu de l’enseignement « laïc «  ( c’est à dire qui n’est pas une instruction religieuse faite par représentants des religions ) du fait religieux.

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        • A Marie-Christine,

          1. Hier matin, sur « Europe 1 », Pierre de Vilno interviewait Jack Lang. Il lui a posé une question à la fois pertinente et vacharde après lui avoir rappelé avec beaucoup de délicatesse qu’il avait été ministre de l’éducation nationale et était donc responsable de la situation de l’école qu’il dénonçait, expliquant que, depuis quarante ans, la formation des professeurs était basée sur leur discipline et ne se faisait pas sur le terrain, en l’absence de véritable école de formation des maîtres. Observation frappée au coin du bon sens, mais que ne les a-t-il fondées au lieu des IUFM qui, comme les ESPE (écoles supérieures du professorat et de l’enseignement) qui leur ont succédé, sont des organes de bourrage de crâne didactiques et pédagogiques, dans lesquelles, quand j’y étais étudiant en reconversion professionnelle à plus de quarante ans, on nous enfonçait tellement « La charte de la laïcité » écrite par Vincent Peillon et par ses équipes oubliée depuis longtemps, qu’il m’arrivait de me demander si l’école n’était pas devenue une contre-Eglise. Pierre de Villeno pour y revenir disait à Jack Lang: « Donc en France, le port de tout signe religieux est interdit, mais montrer les caricatures de Mohamed publiées dans « Charlie hebdo » est un devoir. » Tout était dit, démonstration par l’absurde.

          2. Le « fait religieux » est un oxymore forgé par Régis Debray qui aurait été mieux inspiré, à moins que l’ironie eût été de la partie dans ses préconisations d’enseignement, de parler d’une « histoire des religions » à enseigner. Car la religion ne relève pas essentiellement de faits, mais de croyances. L’histoire des religions raconte l’impact qu’ont eu ces croyances dans la vie des hommes et dans les sociétés humaines.

          3. J’étais à Londres quand furent publiées par un organe de presse danois, les caricatures de Mohamed reprises par « Charlie hebdo ». J’écoutais le soir la BBC dans mon hôtel et mon Anglais étant plus qu’approximatif, je me souviens de l’étonnement qui m’a d’abord saisi en entendant parler de « cartons ». Ce qui m’étonna par rapport au contexte français était la liberté du débat à Londres, dans une société qui par ailleurs paraissait beaucoup plus explosive, compte tenu, à la fois de la mixité culturelle des habitants de Londres et de la différence de leur pouvoir d’achat. Les musulmans ulcérés par ces caricatures avaient le droit de s’exprimer à la radio, au même titre que les Londoniens historiques et plutôt libéraux, qui entendaient que l’on pût se moquer des icônes religieuses. Le résultat comparé d’une laïcité ouverte à la contradiction et d’une laïcité coincée comme notre laïcité à la française est légèrement plus favorable au modèle anglo-saxon. Car il y a eu des attentats à Londres, il n’y a pas eu « Charlie hebdo », dont on ne finit pas de compter les victimes colatérales de ses provocations, en l’absence d’une possibilité pour les musulmans qui sont viscéralement opposés à cette atteinte à leurs croyances de pouvoir le dire sans dissimulation.

          Les journalistes de « Charlie hebdo » ont été attaqués et sont morts en responsabilité. Je n’hésite pas à les considérer comme des martyrs de leur cause et je les respecte en tant que tels. Mais ceux que des terroristes ont tués à cause de « Charlie » ne sont pas responsables, ou sont moins responsables.

          Quelle était l’idéologie de Samuel Paty? Quand j’ai écouté ce qu’en disait le président de la République, j’ai cru que c’était un étudiant exceptionnel qui avait eu une vocation d’enseignant. À lire son parcours retracé dans « Le Point », j’ai plutôt eu l’impression que c’était un homme ordinaire, presque quelconque. Depuis les attentats du Bataclan, nos politiques héroïsent la banalité de la « french way of life, « nous [étions en terrasse ». Il n’y a pas de quoi pavoiser. Il y a encore moins de quoi massacrer un homme ordinaire, qui est mort en irresponsabilité. Il serait de la responsabilité du « Charlie » d’aujourd’hui, au-delà de pleurer sur ses morts et ce deuil est légitime, de s’en rendre compte et de peser la différence du militantisme de ce journal et de ses conséquences sur les gens ordinaires, sur « les braves gens », comme on disait autrefois de manière suspecte. Je sais qu’on me rétorquera que les actions des résistants ont également eu des conséquences à cent pour un sur les gens ordinaires. Je ne sais pas que répondre à cela, sinon que je suis mal à l’aise devant ces conséquences.

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          • Merci beaucoup pour ce message.

            Oui, Samuel’Paty n’était pas un héros ( bien qu’il soit devenu « martyr » par l’atrocite de sa mort ), ni même un hussard noir de la République, mais un enseignant «  banal«  qui faisait consciencieusement son métier, comme beaucoup d’autres de France et de Navarre le font tous les jours.
            Sa grandeur était justement de n’être qu’un enseignant « ordinaire « 

            Les ministres de l’éducation nationale successifs n’ont eu de cesse de saper l’enseignement ( et l’autorité des professeurs ) par démagogie, incompétence ou sous la pression de lobbyistes au pedagogisme exacerbé.
            Par exemple, quand on regarde l’enseignement de l’histoire ou de la littérature actuels, qui fonctionnent par thèmes, en évacuant toute histoire des idées et toute chronologie, on se demande bien comment un élève peut s’y retrouver.
            Les IUFM ( je n’ai pas connu la suite ) ont été une catastrophe en apprenant cette pédagogie inculte et idéologique.
            En allant plus loin- mais ce n’est pas le débat- on pourrait aussi accuser les politiques eux mêmes d’avoir porter atteinte aux valeurs de la République en empêchant ainsi la réalisation du but de l’école : l’accès à la culture pour tous.

            Oui, la notion de «  fait religieux «  est un fourre-tout sous lequel on peut mettre tout et n’importe quoi. Et il vaudrait mieux parler effectivement d’histoire des religions.

            Oui, les musulmans devraient pouvoir s’exprimer librement sur ce qui les concerne au premier chef. Cela éviterait qu’ils se sentent exclus du débat public et considérés comme des citoyens de seconde zone.

            Non: on n’a pas à imposer comme un devoir civique d’aimer Charlie Hebdo,
            On n’a donc pas à montrer partout ( hors de ce journal à l’athéisme militant ) ces caricatures.

            Pour le reste, la laïcité à la française est le fruit de l’histoire particulière de la France dont on ne peut faire l’économie, me semble-t-il.

          • « Un homme ordinaire, presque quelconque » écrivez-vous. Votre « plume » n’a-t-elle par fourché?

    • E. Le Morhedec confirme ici son catholicisme intégral, comme Ch Maurras fut nationaliste intégral. Il tord la réalité pour la rendre conforme à son projet totalitaire.
      Le projet du nationalisme intégral -maintenir et prolonger le miracle d’ordre et d’équilibre atteint à ses yeux par les civilisations grecques et romaines- est symétrique de celui du catholicisme intégral -faire perdurer l’ordre tridentin réaffirmé par Vatican I contre la fin des régimes politique de droit divin et la liberté des consciences décrétées par les peuples. Ces idéologies, politique et religieuse, sont totalitaires.

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      • waouh !!!
        Et voilà maintenant KOZ partisan du totalitarisme et même support de Maurras!!!
        Mieux vaut entendre çà que d’être sourd comme dirait ma grand-mère…

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      • Je ne sais même pas si votre commentaire, Jean-Pierre Gosset, mérite une réponse tant il est outrancier.
        L’injure et la diffamation sont votre spécialité, ici comme ailleurs (dans « La Croix »)… « Il tord la réalité pour la rendre conforme à son projet totalitaire » (sic)
        Changez de lunettes !.

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      • Ces idéologies sont surtout aux antipodes du message évangélique qu’elles instrumentalisent avec cynisme .
        En ce moment le catholicisme si peu chretien a le vent en poupe dans l’église . Il suffit pour cela de regarder une émission régulière de discussion animée par Philipinne de Saint Pierre sur KTO qui fleure bon la culture de connivence entre ces courants (Landete, Le Morhedec et quelques égéries des courants familiaux ultra .
        On se croirait en moins classieux dans un salon monarchiste sous le premier empire . Pathétique .

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        • Oui Guy. Il est triste de constater qu’à nouveau Michel et Dominique ne peuvent admettre que s’expriment des pensées qui entrent en contradiction avec les leurs. Ils rejettent le savoir comme tant de « bons chrétiens » qui ont bouffé du juif, du communiste, de l’homosexuel, du franc-maçon et encouragé à le faire quand c’était là la mode dans les hautes sphères.Ces « petits être fragiles »prétendent interdire. N’oubliez pas, Michel, Dominique, que « l’insulte proférée par un cœur déchiré, acquiert une noblesse qui la rend respectable ». (d’après Rémy, La justice et l’opprobre. Préface du 2-07-1950).

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          • C’est ça, Jean-Pierre, vous avez tout compris : je rejette le savoir puisque je ne suis pas d’accord avec vous !
            Mais ayez pitié de moi puisque je suis un « petit être fragile » et continuez à bouffer du catho ou pourquoi pas du musulman à votre petit déjeuner, ça changera du juif et du franc-maçon et c’est plus à la mode.

      • Comme le disait Xavier Arnaud, modérateur du « Forum catholique » qui ferait mieux de s’appeler « le forum traditionaliste », Koz n’a que l’importance qu’on lui donne. Et comme l’écrit ici Guy Legrand, Koz tient pour « bête et méchant » qui commente ses billets sans être une groupie. Il publie les « Jacote » qui l’applaudissent et élimine impitoyablement tous ses contradicteurs. J’en ai fait les frais, Guy j’imagine aussi. Guy analyse encore bien son profil idéologique et sociologique quand il le décrit comme libéral en matière économique et très antilibéral en matière de moeurs. Il est très partisan de l’accueil des migrants tout en ayant été filloniste. Je n’ai jamais compris comment des catholiques avaient pu envisager de voter pour le candidat anti-pauvres, qui était tellement avare à titre personnel, qu’il ne fit qu’avancer les frais du mariage de sa fille.

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  • En tant qu’ex prof d’histoire-géo, je suis souvent atterrée de ce que je lis…
    Si la laïcité est une laïcité de combat, elle ne l’est qu’avec les fanatismes de tous bords, et c’est son devoir de l’être mais avec les armes du droit et de la culture…
    Or, les caricatures font partie de la culture européenne et font partie de la démocratie (Esope et tout le théâtre grec antique car on aurait tord de limiter la caricature au dessin) et Française (La Fontaine, Molière) et ensuite tous les dessins qui sont publiés dans la presse depuis qu’elle existe, c’est une tradition française incontournable sur laquelle on ne peut pas revenir. Est-elle sacrée ?
    Ce qui est sacré c’est de pouvoir amener le dialogue et écouter l’autre dans ses arguments ce qui est de nature à créer de la paix par la compréhension.
    La question du respect de l’autre n’est pas recevable car c’est parce qu’on aime l’autre et qu’on respecte les autres qu’on peut pointer des erreurs par les fables, le théâtre et les caricatures et lui permettre une réflexion en percutant sa conscience car c’est seulement comme cela que le monde avance…

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    • Sauf que vous vous trompez de cible. Les terroristes islamistes se foutent, à la limite, des caricatures de Mahomet. Mais ils savent qu’elles peuvent choquer nombre de musulmans qui, du coup, exaspérés, peuvent se retourner contre la République s’ils ont le sentiment qu’elle ne les comprend pas, ne les écoute pas. Bref, ils obtiennent ce qu’ils cherchent : la guerre civile. S’imaginer jouer les gros bras et les héros courageux en publiant des caricatures, c’est prendre ses désirs pour la réalité.

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    • « La question du respect de l’autre n’est pas recevable » (sic)
      Dont acte !
      Mais ce n’est pas ma conception de la fraternité.
      Les armes du droit et de la culture, oui, mais croyez-vous sincèrement que les caricatures de Charlie Hebdo (Mahomet nu en position de prière mahométane avec une étoile en guise d’anus et la légende « Une étoile les née ») relèvent de la culture et soient de nature à amener le dialogue et à créer a paix et la compréhension !

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  • Je citerai quelques passages qui me paraissent importants dans l’article « L’islam, le clou et le diamant » d’Isabelle de Gaulmyn (dans le journal La Croix du 22/10/2020, voir lien ci-dessous):

    Au paragraphe Prendre au sérieux la dimension religieuse : « Pour être désirable pour les millions de musulmans de ce pays, la réforme de l’islam ne peut venir que de la religion elle-même »

    Au paragraphe Surenchère sécuritaire : « si on lutte contre le fanatisme en tapant dessus, c’est comme un clou : plus on tape, plus on l’enfonce, plus on l’enracine… À méditer pour nos politiques, qui depuis quelques jours se livrent à une surenchère sécuritaire contre toute expression de l’islam dans l’espace public. »

    Au paragraphe Culture du débat : « Il est temps que les théologiens de l’islam se mettent au diamant. »
    https://religion-gaulmyn.blogs.la-croix.com/lislam-le-clou-et-le-diamant/2020/10/22/?fbclid=IwAR3l3ywGsL9GIww2IdHYc3g0DPo3JDsiVkIc_kBiPn1nVxK33i9WZ9pk8QY

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  • Ces idéologies sont surtout aux antipodes du message évangélique qu’elles instrumentalisent avec cynisme .
    En ce moment le catholicisme si peu chretien a le vent en poupe dans l’église . Il suffit pour cela de regarder une émission régulière de discussion animée par Philipinne de Saint Pierre sur KTO qui fleure bon la culture de connivence entre ces courants (Landete, Le Morhedec et quelques égéries des courants familiaux ultra .
    On se croirait en moins classieux dans un salon monarchiste sous le premier empire . Pathétique .

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    • Je ne sais pas, Guy, de quelles « idéologies » vous voulez parler pour déclarer définitivement qu’elles sont aux antipodes du message évangélique ou qu’elles les instrumentalisent.
      Mais comme vous généralisez en déclarant sans nuance que « le catholicisme si peu chrétien a le vent en poupe dans l’église », je crains que votre remarque n’englobe à peu près toute l’Eglise qui vous déplaît…
      Je crains que ce ne soit plutôt votre idéologie qui vous aveugle au point de vomir toute l’Eglise dans vos caricatures.
      Pathétique !

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  • Une autre tribune excellente :et très juste :
    Terrorisme islamique : l’impasse du droit au blasphème
    Guillaume de Prémare
    La guerre contre le terrorisme islamique se heurte à une impasse, si elle se mène au nom d’une sacralisation laïque du droit au blasphème. La fermeté dans la sécurité doit s’accompagner d’une bataille culturelle positive.
    https://fr.aleteia.org/2020/10/23/terrorisme-islamique-limpasse-du-droit-au-blaspheme/

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  • A tout prendre, même si j’ai regretté l’usage maladroit par lui des caricatures de Charlie Hebdo, ce « Professeur », Monsieur Samuel Paty, qui n’était sans doute pas chrétien (? il n’y avait pas de croix sur le cercueil), mais qui se faisait une haute idée de son métier, qui, aux dires de ceux qui l’ont approché, aimait ses élèves, y compris musulmans, et en était proche, mérite davantage mon estime que tous ceux qui exploitent sans vergogne dans tous les sens son odieux assassinat, et je renvoie dos à dos les fanatiques islamistes et les fanatiques antireligieux.

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  • Je me pose la question :
    Ne faut-il établir des distinctions de bon sens tout simplement entre critique, satire et caricatures dont certaines, on ne peut le nier, sont obscènes et donc impropres à faire avancer la compréhension de la liberté d’expression. D’ailleurs, même ceux qui projettent ces caricatures se censurent en ne montrant que les « regardables ». Preuve que le problème existe et que l’on ne peut pas tout montrer publiquement. Ce serait hypocrite que de le nier.

    Certaines caricatures de Charlie Hebdo, notamment celles faites après l’assassinat de leurs journalistes, par exemple « Dur d’être aimé par des cons », « tout est pardonné «, «  tout ça pour ça «  s’adressent à la conscience de l’autre en portant un message qui peut être reçu et ouvrir à un dialogue.

    A mon avis, le problème n’est pas avant tout celui du respect d’autrui ( car ce qui est offensant pour l’un, surtout le fanatique, ne l’est pas nécessairement pour l’autre ) mais celui du but recherche : offenser bêtement donc empêcher par la même le débat ou inviter à la réflexion.
    Mais, encore une fois, Samuel Paty a voulu expliquer, non provoquer.

    Par ailleurs, la laïcité de combat, issue de l’histoire spécifique de la France, existe. Elle peut conduire à nier valeur au discours religieux et aux aspirations spirituelles et même métaphysiques ( auxquelles les religions répondent à tort ou à raison ) et qui font pourtant partie intégrante de la culture humaine.

    Les récupérations politiques ou religieuses ( même dans le cadre des différents courants du Catholicisme ) sont inévitables mais pas à la hauteur de l’enjeu.

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  • Ayant été déjà béatifié par Mgr Jean-Pierre Gosset et quelques autres d’ailleurs je persiste à donner mon point de vue en disant que montrer à de jeunes adolescents dont des musulmans les dessins obscènes et orduriers de Charlie-hebdo en disant parait-il aux intéressés que s’ils ne veulent pas les voir ils peuvent fermer les yeux ou sortir de la classe c’est venir présenter à des ados des numéros de LUI,Play Boy et Cie en leur tenant le même discours que précédemment, et c’est mettre les ados tenter de ne pas regarder dans ne situation impossible par rapport à leurs camarades
    En disant cela je n’accuse pas ce malheureux prof d’avoir cherché à heurter les ado musulmans dans leur croyance, absolument pas, mais je pense qu’il a fait preuve d’un manque de psychologie.

    Par ailleurs puisque quelqu’un m’a certifié que des milliers de profs arrivaient à parler de religions d’une façon totalement neutre il se trouve qu’en FAC à l’Université du Temps Libre j’ai assisté à des cours sur les différents mouvements religieux et je puis vous affirmer qu’en règle générale il était très facile de déterminer la position personnelle du prof en question. Cela n’a strictement rien de choquant encore moins devant des adultes bien sûr mais la neutralité absolue me parait un but impossible à atteindre pour peu qu’on ait des positions personnelles en la matière

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    • Mais, bien sûr, qu’un enseignant a des positions personnelles en matiere de religion, comme aussi de politique, de morale etc…
      Cependant, il y a une manière d’enseigner qui ne consiste pas à les assener comme un catéchisme religieux ou athée auquel les élèves seraient absolument obligés d’adhérer. Il s’agit d’expliquer, d’inciter à la réflexion, non d’endoctriner ou de se livrer à une quelconque propagande.

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      • Où ai-je dit qu’il fallait asséner ses convictions aux élèves, j’ai seulement dit qu’il me paraissait,excessivement difficile pour ne pas dire impossible de parler de religion d’une manière absolument neutre.
        Vous allez expliquer l’incarnation d’une façon neutre,la crucifixion de même, sans parler de la Sainte Trinité et de tout ce qui constitue la foi chrétienne d’une façon neutre à des ados qui pour la plupart n’ont aucune connaissance en la matière?

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