Le catholicisme français au risque de l’implosion…

Le catholicisme français au risque de l’implosion…

Un regard sociologique acéré qui sait dépasser le simple constat d’éclatement et de division.

(Cet article a est partagé sur la lettre Notre pain quotidien du p. Jean-Pierre Roche que je remercie chaleureusement puis par Robert Divoux sur son propre réseau. Il sera repris dans l’édition du 26 mai de Golias hebdo.)

Spécialiste des religions, la sociologue Danièle Hervieu-Léger a théorisé, voici vingt ans déjà, l’exculturation du catholicisme en France comme perte définitive de son emprise sur la société. Plus récemment le rapport de la Ciase sur la pédocriminalité dans l’Eglise et les divisions autour des restrictions du culte liées au Covid19 lui paraissent avoir accéléré une forme de dérégulation institutionnelle devenue irréversible. Dans un livre d’entretiens avec le sociologue des religions Jean-Louis Schlegel, qui sort le 13 mai en librairie, elle précise sa vision d’un catholicisme devenu non seulement minoritaire mais pluriel et éclaté. Un catholicisme qu’elle croit condamné à une forme de diaspora d’où il pourrait, néanmoins, tirer une nouvelle présence sociale sous forme de « catholicisme hospitalier ». A la condition de se réformer en profondeur, non seulement en France, mais au plus haut sommet de la hiérarchie. Une thèse qui, n’en doutons pas, fera débat sinon polémique. Et que j’interroge, pour une part, dans cette recension.

L’intérêt de ces « entretiens sur le présent et l’avenir du catholicisme » (1) tient bien sûr à l’expertise reconnue et à la notoriété de la sociologue Danièle Hervieu-Léger mais également à la fine connaissance de l’institution catholique de son interlocuteur. Jean-Louis Schlegel est lui-même sociologue des religions, auteur, traducteur, éditeur et directeur de la rédaction de la revue Esprit. « Le projet de ce livre, écrit-il en introduction, est lié au sentiment, basé sur des “signes des temps“ nombreux et des arguments de taille, qu’une longue phase historique se termine pour le catholicisme européen et français. » 

Le virage décisif des années 1970

L’intuition n’est pas nouvelle dans le monde de la sociologie religieuse. Et l’état des lieux que propose l’ouvrage est l’occasion pour Danièle Hervieu-Léger de revenir sur ce qu’elle nomme l’excullturation du catholicisme Français. Elle la décrivait dès 2003 (2) comme « déliaison silencieuse entre culture catholique et culture commune. » Du recul du catholicisme en France on connaît les symptômes : crise des vocations et vieillissement du clergé dès 1950, effondrement de la pratique dominicale et de la catéchisation à partir des années 1970, érosion parallèle du nombre de baptêmes, mariages voire même obsèques religieux, recul – de sondage en sondage – de l’appartenance au catholicisme désormais minoritaire et montée simultanée de l’indifférentisme. 

Reste à en analyser les causes. Pour la sociologue il faut les chercher dans la prétention de l’Eglise au « monopole universel de la vérité » dans un monde depuis longtemps marqué par le pluralisme, le désir d’autonomie des personnes et la revendication démocratique. Le virage décisif se situerait dans les années soixante-dix. L’Eglise qui avait réussi jusque-là à compenser sa perte d’emprise dans le champ politique par une « gestion » de l’intime familial enchaine alors les échecs sur les terrains du divorce, de la contraception, de la liberté sexuelle, de l’avortement puis du mariage pour tous…  

« Ce qu’il faut tenter de comprendre, écrit la sociologue, ce n’est pas seulement comment le catholicisme a perdu sa position dominante dans la société française et à quel prix pour son influence politique et culturelle, mais aussi comment la société elle-même – y compris une grande partie de ses fidèles – s’est massivement et silencieusement détourné de lui. » Car c’est bien le “schisme silencieux“ des fidèles, partis sur la pointe des pieds, qui a conduit pour une large part à la situation actuelle. 

L’Eglise effrayée de sa propre audace conciliaire.

Pour mieux répondre à la question, les auteurs nous proposent un survol rapide de l’Histoire récente du catholicisme. Ils soulignent les ruptures introduites par le Concile Vatican II au regard du Syllabus de 1864 et du dogme de l’infaillibilité pontificale décrit ici comme « couronnement d’une forme d’hubris » cléricale.  Sauf que la mise en œuvre du Concile allait se heurter aux événements de Mai 68 et aux bouleversements profonds qui allaient s’ensuivre. L’écrivain Jean Sulivan écrivait, dès 1968, à propos des acteurs d’un Concile qui venait à peine de se clore : « le temps qu’ils ont mis à faire dix pas, les hommes vivant se sont éloignés de cent. » (3) Le fossé que le Concile avait voulu et pensé combler entre l’Eglise et le monde se creusait à nouveau. Ce qui eut pour effet immédiat et durable d’effrayer l’institution catholique de sa propre audace conciliaire pourtant jugée insuffisante par certains. 

Ainsi, si la constitution pastorale Gaudium et spes sur « l’Eglise dans le monde de ce temps » (1965) représente symboliquement une avancée en termes d’inculturation au monde contemporain, trois ans plus tard l’encyclique Humanae Vitae qui interdit aux couples catholiques l’usage de la contraception artificielle représente déjà un virage à cent quatre-vingt degrés qui aura pour effet d’accélérer l’exculturation du catholicisme et de provoquer une hémorragie dans les rangs des fidèles. Ce qu’allaient confirmer les pontificats de Jean Paul II et Benoît XVI à travers une lecture minimaliste des textes conciliaires puis une tentative de restauration autour de la reconquête des territoires paroissiaux et de la centralité de l’image du prêtre, fers de lance de la « nouvelle évangélisation ». En vain ! 

Nouvelles communautés : peu de convertis hors de l’Eglise

De ces quelques décennies post-conciliaires, qui précèdent l’élection du pape François dans un contexte de crise aggravée, les auteurs retiennent également l’efflorescence des communautés nouvelles de type charismatique perçues à l’époque comme un « nouveau printemps pour l’Eglise » mais qui ne tiendront pas vraiment leurs promesses. Avec, sous la plume des auteurs, ce verdict sévère – qui fera sans doute débat – sur la portée de leur caractère missionnaire : « Les nouveaux mouvements charismatiques ont fait en réalité peu de convertis hors de l’Eglise mais ont influé sur les catholiques lassés par la routine paroissiale. » Ce qui a eu pour effet, dans un contexte de rétrécissement continu du tissu ecclésial, de renforcer leur poids relatif et leur visibilité. Lorsque le sociologue Yann Raison du Cleuziou – cité dans l’ouvrage – pose le constat que l’Eglise se recompose autour de “ceux qui restent“, il n’écarte pas pour autant le risque d’une “gentrification“ (substitution d’une catégorie sociale aisée à une autre, plus populaire) autour d’ « observants » parfois tentés par un christianisme identitaire et patrimonial comme on l’a vu à la faveur de la récente élection présidentielle. 

Les deux « séismes » des années 2020-2021

A ce « constat » sociologique dont les contours étaient déjà bien esquissés, le livre entend apporter une actualisation qui a pour effet de durcir encore un peu plus le diagnostic. Elle porte sur deux événements majeurs survenus en France sur la période 2020-2021, même si leurs racines plongent dans un passé plus lointain. Il s’agit en premier lieu du rapport de la Ciase sur la pédocriminalité dans l’Eglise qui, selon les auteurs, représente un « désastre institutionnel » doublé de profonds déchirements. Le second « séisme » étant le traumatisme provoqué chez certains par l’interdiction puis la régulation des cultes au plus fort de l’épidémie de Covid19 qui, lui aussi, a creusé les divisions. Là où certains ont pétitionné – contre l’avis de leurs évêques – pour qu’on leur « rende la messe », d’autres se sont interrogés « sur la place de la célébration (eucharistique) dans la vie de la communauté » au point parfois de ne pas renouer avec la pratique dominicale à la levée du confinement (on a avancé le chiffre de 20%). 

De ces épisodes, qui sont loin d’être clos, Danièle Hervieu-Léger tire la conclusion d’un catholicisme français durablement – et peut-être définitivement – “éclaté“. Ce qualificatif recouvrant à la fois « un clivage qui dresse face à face des “camps“ irréconciliables » et « l’effritement d’un système, un affaiblissement de ce qui tenait ensemble ses éléments, lesquels se dispersent alors comme pièces et morceaux. » Elle poursuit : « Toute la question est de savoir si cette situation d’éclatement peut accoucher d’une réforme digne de ce nom. La direction qu’elle peut prendre n’est pas plus identifiable pour l’instant que les forces susceptibles de la porter, à supposer qu’elles existent. C’est là (…) une situation absolument inédite pour l’Eglise catholique depuis la Réforme au XVIe siècle, d’un ébranlement venu de l’intérieur d’elle-même, et non d’un dehors hostile. L’Eglise fait face, au sens propre du terme, au risque de sa propre implosion. Il se pourrait même, en réalité, que ce processus soit déjà enclenché. »

« Est-ce la culture qui exculture le catholicisme ou est-il exculturé par sa propre faute ? » 

Mon propos n’est pas d’entrer plus avant dans les développements de l’ouvrage. Le lecteur y trouvera une matière à réflexion abondante qu’il pourra, selon son tempérament, faire sienne, réfuter ou mettre en débat. Au-delà de mon adhésion à l’économie d’ensemble du propos qui rejoint bien souvent mes propres intuitions d’observateur engagé de la vie ecclésiale (4), j’aimerais, néanmoins, formuler le questionnement que suscite en moi la lecture de tel passage de l’ouvrage, Au début du livre, Danièle Hervieu-Léger interroge fort opportunément : « Est-ce la culture qui exculture le catholicisme ou est-il exculturé par sa propre faute ? » D’évidence la thèse du livre penche pour la seconde explication. Et ce choix exclusif m’interroge. Je ne veux pas sous-estimer la prétention historique de l’Eglise à détenir l’unique vérité, même si Vatican II nous en propose une tout autre approche et si l’on peut douter, de toute manière, de sa capacité à l’imposer, si elle en avait le projet, dans une société sécularisée. Mais serait-ce là, réellement, le seul registre de son dialogue – ou de son non-dialogue – avec la société et la seule explication de son exculturation ? 

Mettre la société face à ses contradictions.

Ne peut-on aussi analyser les interventions du pape François et d’autres acteurs dans l’Eglise – dont de simples fidèles – comme des interpellations loyales de la société sur de possibles contradictions entre les actes qu’elle pose et les « valeurs » dont elle se prévaut ? La requête individuelle d’émancipation et d’autonomie que semblent désormais soutenir sans réserve gouvernements et parlements au nom de la modernité, est-elle totalement compatible avec des exigences de cohésion sociale et d’intérêt général auxquelles ils ne renoncent pas ? Et d’ailleurs, la modernité occidentale, dans sa prétention à un universalisme qu’elle conteste à l’Eglise, est-elle assurée de déternir le dernier mot sur la vérité humaine et le Sens de l’Histoire ? Ne peut-on lire le développement des populismes à travers la planète – et le phénomène des démocraties illibérales – comme autant de refus laïcs d’inculturation à son égard ? 

Le libéralisme sociétal occidental ne serait-il pas pour une part “l’idiot utile“ du néolibéralisme dont – divine surprise – il est devenu le moteur, comme le dénonce le pape François ? Dès lors, porter dans le débat public un souci du groupe et de la fraternité contre le risque d’éclatement individualiste aurait-il quelque chose à voir avec une quelconque prétention de l’Eglise à imposer à la société une vérité révélée de nature religieuse ? 

Que l’on me permette de citer ici Pier Paolo Pasolini : « Si les fautes de l’Eglise ont été nombreuses et graves dans sa longue histoire de pouvoir, la plus grave de toutes serait d’accepter passivement d’être liquidée par un pouvoir qui se moque de l’Evangile. Dans une perspective radicale (…) ce que l’Eglise devrait faire (…) est donc bien clair : elle devrait passer à l’opposition (…) En reprenant une lutte qui, d’ailleurs, est dans sa tradition (la lutte de la papauté contre l’Empire), mais pas pour la conquête du pouvoir, l’Eglise pourrait être le guide, grandiose mais non autoritaire, de tous ceux qui refusent (c’est un marxiste qui parle, et justement en qualité de marxiste) le nouveau pouvoir de la consommation, qui est complètement irréligieux, totalitaire, violent, faussement tolérant, et même plus répressif que jamais, corrupteur, dégradant (jamais plus qu’aujourd’hui n’a eu de sens l’affirmation de Marx selon laquelle le Capital transforme la dignité humaine en marchandise d’échange). C’est donc ce refus que l’Eglise pourrait symboliser. » (5) 

L’Eglise comme « conscience inquiète de nos sociétés ». 

Dans un commentaire à la longue interview du pape François donnée aux revues Jésuites à l’été 2013, le théologien protestant Daniel Marguerat formulait ce qui semble être devenu la ligne de crête de bien des catholiques de l’ombre : « L’Eglise gagne en fidélité évangélique à ne pas se poser en donneuse de leçons mais à être la conscience inquiète de nos sociétés. » (6) Mais lesdites sociétés acceptent-elles seulement d’être inquiétées par l’Eglise vis-à-vis de laquelle elle nourrissent assez spontanément un soupçon d’ingérence ? Combien de laïcs catholiques lambdas engagés dans un dialogue exigeant avec la société se sont vus opposer, un jour, à une argumentation « en raison », qu’elle était irrecevable puisque c’était là la position de l’Eglise ? Dès lors, pour boucler la question ouverte par les auteurs : qui exculture qui ? Et n’est-ce pas conclure un peu vite qu’écrire à propos de cette exculturation : « Cela laisse entière la possibilité d’une vitalité catholique proprement religieuse dans la société française. » ? Comme pour acter son exclusion définitive du champ du débat politique et social. Ou – autre lecture possible – pour souligner la pertinence d’une parole croyante qui dise Dieu comme témoignage ou comme question plutôt que comme réponse opposable à tous. Peut-être sommes-nous là au cœur du propos du livre lorsqu’il croit possible, malgré tout, pour les catholiques de « réinventer leur rapport au monde et la place qu’y occupe la tradition chrétienne. » 

Des réformes qui ne viendront sans doute pas 

Au terme de leur analyse les auteurs confirment leur hypothèse de départ : le catholicisme français est aujourd’hui éclaté, morcelé, déchiré entre deux modèles d’Eglise qu’il serait illusoire de vouloir unifier ou simplement réconcilier : l’un fondé sur une résistance intransigeante à la modernité, l’autre sur l’émergence d’une « Eglise autrement » en dialogue avec le monde. Selon eux, l’institution catholique, dans sa forme actuelle, ne survivra pas longtemps à l’effondrement des trois piliers qu’ont été pour le catholicisme : le monopole de la vérité, la couverture territoriale au travers des paroisses et la centralité du prêtre, personnage “sacré“. Et, les mêmes causes produisant les mêmes effets, cela vaudrait à terme, nous disent-ils encore, pour l’ensemble des “jeunes Eglises“ du Sud qui n’échapperont pas, tôt ou tard, à une forme de sécularisation quitte à voir exploser des formes de religiosités « déraisonnables » qu’elle ne pensait même pas possibles. 

Sortir réellement de cette impasse, poursuivent les auteurs, exigerait d’engager des réformes qui ne viendront sans doute pas parce quelles représenteraient une remise en cause radicale du système. « Tant que le pouvoir sacramentel et celui de décider en matière théologique, liturgique et juridique, demeurent strictement dans la main des clercs ordonnés, mâles et célibataires, rien ne peut vraiment bouger. » Autant dire qu’ils ne croient guère aux vertus du Synode en préparation pour 2023 dont les avancées possibles seraient, selon eux, aussitôt contestées par la Curie et une partie de l’institution restée figée sur la ligne des papes Jean-Paul II et Benoît XVI. 

D’une Eglise de diaspora à un catholicisme hospitalier

L’Eglise qu’ils voient se dessiner sur les prochaines décennies est donc plutôt une Eglise en diaspora qui, soulignent-ils, ne manque pas, déjà, de richesses et de dynamismes cachés. Ils englobent ces « signes d’espérance » souvent invoqués par l’institution catholique mais pour mieux se convaincre que rien n’est perdu et qu’il n’est pas nécessaire de tout chambouler pour voir refleurir le printemps. Il y a là, soulignent les auteurs, un phénomène réel de diversification et d’innovation, peu perçu des médias, qui « interdit du même coup d’écrire le faire part de décès du christianisme ou de la fin de toute sociabilité catholique. (…) L’Eglise catholique subsistera, c’est sûr, mais comment, en quel lieu et dans quel état ? »

Paradoxalement, pourrait-on dire, l’ouvrage se termine sur l’idée que l’Eglise, exculturée de la modernité de son propre fait, n’a pas pour autant vocation à se dissoudre dans le monde tel qu’il est. Et pas davantage à se poser en contre culture mais plutôt en « alter culture » sous forme d’un « catholicisme hospitalier » où prévaudrait l’accueil inconditionnel de l’autre ce qui, confessent les auteurs, n’est pas vraiment dans l’ADN de la culture contemporaine. Danièle Hervieu-Léger écrit à ce propos : « Pour lui (le catholicisme hospitalier) l’Eglise est intrinsèquement encore à venir, encore non accomplie. L’hospitalité, telle que je l’ai progressivement comprise au fil de mon enquête monastique (7) n’est pas d’abord une attitude politique et culturelle de composition avec le monde, ni même seulement une disposition à l’accueil de ce qui est “autre“ : c’est un projet ecclésiologique dont l’horizon d’attente est, ultimement, d’ordre eschatologique. » Est-on si loin d’un certain nombre de réflexions contemporaines issues des rangs mêmes du catholicisme ? Pensons ici simplement au livre Le christianisme n’existe pas encore de Dominique Collin ou à la profession de foi des jeunes auteurs de La communion qui vient. (8) Comme aux chroniques de braise publiées durant la période de confinement par le moine bénédictin François Cassingena Trévedy ou aux interviews du professeur de sociologie Tchèque Mgr Tomas Halik. (9)

Difficile d’en dire davantage sans lasser le lecteur. Chacun l’aura compris, Vers l’implosion est un livre important – et accessible – qu’il faut prendre le temps de découvrir. On accuse volontiers les sociologues des religions de « désespérer les fidèles »  et les acteurs pastoraux eux-mêmes en dépeignant sous des couleurs sombres un avenir qui par définition n’est écrit nulle part. Raison de plus pour les lire sans complexe et se remettre en chemin. 

  1. Danièle Hervieu-Léger et Jean-Louis Schlegel, Vers l’implosion ? Seuil 2022, 400 p.,23,50 €.
  2. Danièle Hervieu-Léger, Catholicisme, la fin d’un monde. Bayard 2003, 336 p., 23 €. 
  3. Cité p.58-59 dans l’ouvrage collectif Avec Jean Sulivan, Ed. L’enfance des arbres, 2020, 380p., 20 €.
  4. Telles que j’ai pu les formuler dans mon livre Catholique en liberté, Ed. Salvator 2019, 220 p., 19,80 €.
  5. Pier Paolo Pasolini, Ecrits corsaires. Flammarion Champs Arts 2009. 
  6. In : Pape François, l’Eglise que j’espère. Flammarion/Etudes 2013, 240 p., 15 €. p. 217.
  7. Danièle Hervieu-Léger, Le temps des moines, PUF 2017, 700 p. 
  8. Dominique Collin, Le christianisme n’existe pas encore, Ed. Salvator 2018, 200p., 18 € – Paul Colrat, Foucauld Giuliani, Anne Waeles, La communion qui vient, Ed. du Seuil, 2021, 220 p., 20 €. 
  9. François Cassingena-Trévedy, Chroniques du temps de peste, Ed. Tallandier 2021, 176 p., 18 €. Pour Tomas Halik on peut lire l’excellente interviewe donnée à la Croix Hebdo du 3 juin 2020 (lien ici) 

Le rôle des « médiateurs laïcs »

Dans ce livre Danièle Hervieu-Leger revient sur les périodes de confinement marquées, pour les religions, par une suspension ou une règlementation des cultes. Analysant les remous suscités au sein de l’Eglise catholique, elle évoque la place prise par des « médiateurs laïcs » dans ces débats. Extrait :

« Il est intéressant de remarquer le rôle joué dans ces discussions par des journalistes catholiques qui ont livré leur vision des choses dans les médias, sur les réseaux sociaux et sur leurs blogs, et suscité en retour beaucoup de commentaires. Je pense par exemple à René Poujol, à Michel Cool-Taddeï, à Bertrand Révillion, Daniel Duigou ou Patrice de Plunkett… et aussi à des blogueurs importants comme Koz (Erwan Le Morhedec), voire à des internautes très engagés et « raisonneurs » sur ces questions. Leur rôle de médiateurs laïcs entre réflexions des théologiens de métier, prises de position cléricales ou épiscopales et fidèles catholiques prompts à s’enflammer a été tout à fait intéressant du point de vue de l’émergence d’un débat public dans l’Église. Ces personnalités ne sont pas répertoriées comme des figures de proue de l’avant-gardisme progressiste : ce sont des catholiques conciliaires mainstream, publiquement engagés comme tels. Ils ont contribué de façon importante, avec des différences entre eux d’ailleurs, à porter dans la discussion, argumentaires très articulés à l’appui, des questions incisives sur la signification de cette rhétorique de l’« urgence eucharistique », sur le retour en force (bien en amont de la pandémie) du thème de la « Présence réelle » dans la prédication, et sur le renforcement de l’identité sacrale du prêtre qui leur est liée de façon transparente. » (p.49)

C’est bien la première fois que je vois notre modeste contribution d’animateurs du débat dans l’Eglise pris en considération et évoqué publiquement, en tant que journalistes honoraires devenus libres de tout ancrage dans une rédaction, (ou blogueurs). Cela tranche heureusement sur le silence abyssal qui entoure le plus souvent cette forme d’engagement ecclésial qui, de fait, échappe à tout contrôle hiérarchique suscitant, ici ou là, méfiance ou irritation. Une fois de plus voilà une forme de reconnaissance qui nous vient « de l’extérieur ». Que Danièle Hervieu-Léger. en soit ici chaleureusement remerciée.

55 comments

  • On gagne toujours à écouter et à s’instruire. Lire des sociologues expérimentés aide puissamment à la réflexion puis à l’action. Merci à toi, René, de nous y inviter en avant-première. Comme j’ai été ordonné prêtre avec enthousiasme, au sens divin du terme, en 1980, je me rends compte à la lecture que tout mon ministère s’est déroulé dans ce contexte préparatoire à l’implosion. J’ai compris tout de suite après l’ordination que je me trouvais dans une situation difficile tant du côté de la société que du côté de l’Eglise. Dès le départ, mon style n’a pas plu à ces messieurs de la hiérarchie que je me refusais à flatter et ils se sont tous entendus pour me le faire payer de façon mesquine jusqu’à aujourd’hui. Ça n’avait aucun effet sur moi puisque je n’ai jamais été arriviste, phénomène incompréhensible pour eux. Je m’aperçois que le Seigneur m’a fait la grâce insigne de m’attacher davantage à Lui dormant dans le bateau qu’aux rameurs submergés en train d’écoper. Je ne sais pas, en dehors de ma foi aux paroles de Jésus sur l’insubmersibilité de l’Eglise qu’il a fondée, quel est l’avenir. Ce que je sais, c’est que je rends gloire à Dieu cinq fois par jour depuis bientôt cinquante ans avec la doxologie « au Dieu qui est, qui était et qui vient ». Le fait d’avoir baigné toute ma vie dans le Dieu qui était et qui est m’ouvre positivement au Dieu à venir. C’était le sens mystique si beau de l’ouverture de la messe réformée par le Concile de Trente : je m’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu qui réjouit ma jeunesse (Ps 42, 4). Quand j’étais enfant, j’en ai vu de ces nobles vieillards irradiés par cette jeunesse divine. Pour le dire autrement, l’Église est toujours en retard de plusieurs trains mais elle ne manque jamais le dernier. Le Dieu qui vient est celui de la jeunesse éternelle. C’est sûr, il fera faire un gosse à la vieille mère Eglise comme il l’a fait à Sarah et à Élisabeth. En attendant le petit qui vient, on est bien obligé de se coltiner la vieille ! Je ne saurais trop inviter les chrétiens catholiques à prier et à espérer le Dieu qui vient. Vraiment merci à Danièle Hervieu-Léger, à Jean-Louis Schlegel, de nous rendre lucides. Et merci à René de nous en informer.

    Reply
    • Merci Pierre Vignon pour votre beau témoignage.
      « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
      Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »
      (Jean 6, 68-69)

      Reply
  • Encore une étape de votre blog, qui lance des éclairs de lumière !C’est édifiant et surtout réaliste. Comment tant de gens « d’ Eglise » ne voient-ils pas « ce qui déraille ». Ou font mine de n’y accorder aucune importance ?!
    J’ajoute ensuite un passage du livre de Joseph Moingt « l’ESPRIT DU CHRISTIANISME » où il prophétise en 2018, la disparition/implosion de l’intérieur d’une Institution qui a dérivé.
    « Le plus important pour annoncer l’Evangile dans les conditions présentes n’est pas de rechercher l’audience du monde, mais de s’inquiéter du fait que l’Eglise ne l’annonce pas de la seule manière qui serait vraie et compréhensible, depuis qu’elle s’est rattachée à un passé qui n’était plus le sien puisque Jésus en avait été expulsé.(…) Elle était en rupture avec ses règles fondatrices depuis qu’elle avait instauré au IIIe siècle la distinction entre clercs et laïcs, qui avaient vite départagé les gens selon qu’ils étaient instruits ou incultes, riches ou pauvres, considérés ou non, de sexe masculin ou féminin. » pages 264/265
    Ed TempsPrésent

    Reply
  • Pingback: Le catholicisme français au risque de l’implosion, Danièle Hervieu-Léger et Jean-Louis Schlegel Recension René Poujol – Réseaux du Parvis: Chrétiens en liberté pour d'autres visages d'Eglise.

  • Cette recension est très stimulante et invite à répondre. Ce que je ne peux prendre le temps de faire. Mais je trouve qu’on commence à poser de vraies questions et sur bien des points. Ce sont aussi des points qu’il m’intéresserait de développer (d’autres encore), mais là justement dans un travail approfondi.
    Je pense simplement à une discussion que j’ai eue hier avec une personne proche et âgée. Elle et son mari se retrouvent par différents biais sur un accord : l’Eglise comme paravent et gardienne de la morale. Il y a pour chaque (lui et elle) d’autres éléments bien sûr, mais réellement le raccourci me semble vrai. Hier d’ailleurs, elle m’a sorti (parce que quand même, elle est travaillée par tout ce qui arrive et chez ses propres enfants) : « Il n’y a qu’une chose qui ne peut pas évoluer, c’est la morale ». Sur la question d’envisager Dieu, elle conçoit que cela puisse bouger. C’est tout à fait respectable et tout à fait parlant. J’aurais envie de répondre (sans entrer dans des accusations, mais tout de même pensant aux dégâts sur ses enfants) : la première morale devrait être de ne pas faire de mal aux autres. C’est d’ailleurs ce qu’on appelle je crois la règle d’or de l’Evangile : ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse, ou bien : aime l’autre comme toi-même. Mais enfin.
    Et donc, tout ce système moral qui doit préserver de tout ce qui fait peur et maintenir un certain ordre, devient autre chose (je ne parle pas des autres dimensions qui peuvent coexister dans une appartenance ecclésiale, mais je questionne ce qui semble être un pilier-tabou) que le vivant qu’il prétend protéger et honorer, et ne constitue pas tout à fait le fond du sentiment religieux qu’on attendrait.
    Dans les points soulevés par le livre ici commenté, se trouve la question de ce qui fait lien entre les catholiques. On parle de la hiérarchie cléricale, du magistère (aussi clérical), on parle de la vie paroissiale, finalement du culte dominical. Hier, cette femme m’avouait que finalement sa privation de culte pendant deux ans (interdiction médicale absolue pour elle) lui a fait du bien! Ne plus aller à cette paroisse et se retrouver avec des lectures, une prière plus solitaire, etc.
    Cela veut dire que si on ne peut pas changer les êtres par la raison qu’on ne partage pas soi-même mieux que les autres, en revanche les expériences créent des prises de consciences quand elles ramènent les personnes à leur paroisse intérieure, à leur propre perception, non plus rassurée dans un collectif qui prend bien des visages (rôle par exemple des revues, des réseaux de mails militants associés à des sites références, courriers demandant dons pour causes -toutes choses que je vois traîner chez des proches pratiquants et donc que j’imagine chez bien d’autres paroissiens -partages d’angoisses et assurance de soutiens et cohésion).
    Hier encore, j’entendais cette personne citer Zemmour sur les questionnements sociétaux (en l’occurrence la désertification médicale dans les zones rurales). Voilà. Elle a peut-être voté Zemmour, puisque Le Pen fille est devenue un peu trop libérale moralement parlant.

    Je pense que le christianisme ne peut être sans une communauté d’échanges. Quelle est la qualité de l’échange, cela est essentiel. Je pense, puisque c’est évoqué et que cela me parle, à la période le l’humanisme (ici est cité le XVIè s. en général). La pensée catholique telle que je l’ai connue a fait le procès de l’humanisme tourné exclusivement sur l’homme et germe de la modernité sécularisée. D’abord c’est faire bien de la simplification. Il est sûr que l’humanisme reposant sur l’invention de l’imprimerie (mais il le précède -on le situe dès Pétrarque, et il repose sur une ouverture aux humanités grecques et latines, prend acte des civilisations découvertes à l’Orient, brise les murs d’un « obscurantisme » qu’il associe au « Moyen-Âge », s’ouvre aux découvertes scientifiques et à une science expérimentale), a promu le livre et donc la diffusion de la Bible hors les cercles cléricaux, et que le protestantisme avec cette arme a joué un grand rôle dans la modernité. Mais l’humanisme catholique qu’on a appelé l’évangélisme (ou leurs figures les évangélistes), proposait des réformes sans sortir de la romanité ni du magistère. Et pointait les mêmes défaillances, proposaient un retour à une intériorité de la religion (ou à une religion se fondant sur l’intériorité). C’est un point clé pour aujourd’hui. Et j’en parle en pensant aux échanges fructueux, vivants, motivants entre les Erasme, Thomas More, Budé, et jusqu’à Rabelais, qui dialoguaient à distance comme on ferait aujourd’hui par internet, et se suscitaient l’un l’autre leurs oeuvres devant les crises du temps.
    Il faut un lieu d’échange où Dieu s’invite et est accueilli, comme devrait être une célébration eucharistique, et comme il est dit que lorsque deux ou trois sont réunis en mon Nom, Je suis là au milieu d’eux.
    L’éparpillement n’est pas une réponse d’Eglise, il est un effet de modernité tel que du moins cette Eglise le dénonce, puisqu’il est sans lien que la perte du commun. Mais il est un fait dont à mon avis la faute revient à l’Eglise et non à la modernité qui semble le provoquer. Il faut simplement savoir susciter les rendez-vous. Par leur qualité et leur sens.
    Parler de l’hôpital, c’est peut-être entrer dans la vision de François, et il est vrai que cela touche un manque de l’individualisme occidental. -Mais enfin, il y a une conscience de soin dans la modernité qui met en œuvre la démarche scientifique et des moyens humains à cet effet. Parler de la prétention universaliste de la modernité occidentale (et de ses contradictions) indique effectivement des points où l’Eglise peut se poser en palliatif (ou « alter-culture »). Mais cela revient à ne faire exister l’Eglise qu’en regard de la société dominante au lieu de lui trouver son essence propre, son ancrage spirituel, le questionnement dont elle témoigne autrement que par des considérations sociales. C’est comme toucher à des symptômes sans plus considérer le cœur (ou le soin profond des causes) en médecine.
    Je pense que si la foi ne trouve pas son attache à la liberté spirituelle, elle meurt d’idiotie. Là est sa bombe et son efficacité, là est une vérité essentielle qu’elle questionne, et là se trouve le lieu d’une rencontre, l’expérience de l’Autre. D’ailleurs comment peut-on penser l’hospitalité radicalement sans radicalement poser au centre la liberté spirituelle?

    Avec mes remerciements pour vos questionnements et enquêtes partagés.

    Aymeri Suarez-Pazos

    J’ajouterais, mais je ne sais pas si ce n’est pas dévier le sujet :

    J’ajouterais que mon expérience de présidence de l’AVREF pendant 9 ans m’a fait rencontrer une autre Eglise : une Eglise des victimes de l’Eglise, trompées, abusées, rejetées, ne se reconnaissant plus, pour beaucoup, de l’Eglise, et pour le coup éparpillée, sans autre lien qu’une souffrance incommunicable. Quel soin ont-ils reçu, sinon que tardivement par le fait d’associations civiles et non religieuses? Qui a pris soin d’eux? que d’autres ayant partagé leur expérience de près ou de l’intérieur et ayant pu se relever, et sur quel autre ressort que l’écoute et la reconnaissance et la mise en évidence d’un mal qu’une conscience moderne sait mieux entendre et dont elle seule semble-t-il s’est pu trouver heurtée? L’exemple de l’hôpital est souvent donné par le Samaritain et non par le prêtre ou le bon-croyant. Que défend-on? On a tué leur don en voulant l’orienter.

    Reply
    • Oh, grand merci, tant j’ai eu plaisir à vous lire comprenant vite, dès le début et l’échange avec ce couple, que vous aviez en même temps qu’un regard de l’intérieur de ce qu’on nomme encore l’Église, un regard libéré, extérieur. Vous vous référez à la Renaissance, commencée par Pétrarque; elle eut selon moi quelques autres notables précurseurs. Je pense à Pierre Abélard -dernier philosophe de l’antiquité et 1er humaniste?- fondateur de la Sorbonne deux siècles avant Pétrarque. On peut dire que la sécularisation a commencé par l’enseignement avec l’émergence de l’idée qu’en matière morale la conscience individuelle prime la règle. Quand une autorité tente d’imposer ou d’introduire une norme morale, un dogme, une pensée théologique dans une conscience, l’abus spirituel devient possible. Telle semble être la difficulté de fond qui embarrasse l’institution et que vous avez tenté de préciser lors de votre audition par la Ciase en utilisant le terme de profanation (de l’âme).
      J’ai été aussi frappé, en lisant René par la coïncidence de temps avec la diffusion par LCP (la chaine parlementaire) de l’émission « Qui veut la peau du Pape François? » qui aborde, à l’échelle mondiale et sous un angle plus politique que spirituel, le même sujet de fond que celui du livre recensé:quels demains sont possibles au vu de la perception qu’on peut avoir de la situation.
      Enfin je rapproche le travail de fourmis qui me semble être celui de l’Avref contre les dérives sectaires avec celui de la Fondation Scelles contre la prostitution: dans les deux cas il y a profanation de ce l’âme, dans les deux cas, la dimension internationale doit être appréhendée et la mise en réseau des « ONG » est indispensable, dans les deux cas les difficultés du droit sont énormes.

      Reply
  • Ce qui me gêne le plus dans cette analyse sociologique c’est son côté binaire: en gros on nous ressert avec une nouvelle formulation l’opposition entre tradition et progressisme et « bien entendu » on fourre JP2 et Benoît XVI dans la 1ere catégorie et Francois dans la seconde. L’immense majorité des catholiques pratiquants de moins de 50 ans ne se retrouve pas dans cette opposition artificielle et beaucoup ne la comprenne même pas. L’avenir de l’église est dans les mains de ceux qui montrent le même enthousiasme et la même fidélité à ces trois papes – convaincu que ceux ci ont été et sont encore aujourd’hui les prophètes mandatés par l’Esprit Saint lui même pour conduire la barque de l’Eglise.

    Reply
    • D’après la recension, je pense que l’analyse du livre que je n’ai pas lu est beaucoup plus subtile et surtout qu’on ne peut reprocher à des sociologues d’employer de l’extérieur des catégories qui ne conviennent pas nécessairement à des croyants.

      Si on part en effet du postulat de foi que tous les papes agissent sous l’inspiration de l’Esprit saint, je ne vois guère comment une quelconque analyse de leur pontificat, des rapports de ce dernier avec la société, la politique, à laquelle ils n’échappent pourtant pas, puisqu’ils y prennent position, demeure possible.

      Il suffit d’un bref regard sur l’histoire de l’Eglise pour s’en rendre compte.
      Le fidéisme a du bon pour les croyants. Mais il devrait pas empêcher la réflexion qui demande nécessairement de sortir de cette attitude.

      Sur le sujet proprement dit, je pense aussi que c’est très loin dans l’histoire des sociétés occidentales que s’amorce l’évolution vers l’individualisme qui rend de plus en plus inaudible à l’heure actuelle le discours d’autorité de l’Eglise.

      Reply
  • Lu ce matin, sur Facebook, ce commentaire de Jean-Louis Schlegel (l’un des deux auteurs) :

    « Merci René, pour cette belle et juste recension : un des auteurs en tout cas est entièrement d’accord avec le recenseur, et impressionné par les multiples ouvertures que le livre te suggère, auxquelles je n’avais pas pensé et qui sont plus que légitimes : nécessaires! On voulait « donner à penser » (et non pas désespérer Billancourt) : c’est fait! »

    Reply
  • Ce que m’inspire cette recension est pluriel.

    Je me retrouve à plusieurs égards dans l’analyse faite par ces sociologues. Etant entrée dans l’Eglise à l’âge adulte, je n’ai jamais réellement réussi à m’y intégrer et le décrochage s’est fait en mûrissant, par l’ardent besoin de rester cohérente, au plus près de moi-même.
    Je ne comprends pas cette assurance de détenir « la » vérité. N’ai jamais pu m’insérer en paroisse. Et suis plus que circonspecte par rapport à la place démesurée prise par le prêtre.
    J’ai le sentiment qu’il est un peu plus simple pour quelqu’un qui a été élevé dans la foi catholique de ne pas se poser de questions, ou de trouver dans sa culture de quoi répondre à celles-ci. Pour moi, malgré la théologie, malgré mon passé de « bonne soeur », ou à cause de tout cela, ça ne fonctionne pas. Question de foi ? Je ne suis même pas sûre.

    L’Eglise peut-elle prendre une autre forme ? Aucune idée. Etonnant tout de même qu’il lui soit tellement difficile d’évoluer en fonction de l’homme que Dieu a créé et aimé, alors qu’elle n’existe que pour lui. Et je ne suis pas du tout convaincue que cette évolution de l’homme soit forcément signe d’une perte de sens moral, d’idéal, d’une adhésion coupable et paresseuse à l’esprit du « monde ». Non, c’est penser cela qui est une solution de facilité.

    En lisant René, et ce sera certainement la même chose avec le livre, je me suis une nouvelle fois interrogée sur le passage du Credo : « l’Eglise une, sainte, catholique, apostolique ».
    Une, elle ne l’est manifestement pas. Sainte, on sait ce qu’il en est. Universelle, elle ne l’est pas non plus. Apostolique, de moins en moins.
    A moins que ces qualificatifs soient une espérance, un espoir de devenir, une vision de et tension vers. Je dirais presque un voeu pieux. Il y a quelque chose qui ne colle pas et surtout qui, on le voit bien ces derniers temps dans les différentes réactions, devient une façon de tordre ou de ne pas prendre en compte la réalité vécue.

    Concernant les communautés nouvelles, elles ont fait pire que ne pas répondre vraiment à l’attente je crois. Outre les dégâts humains, ont-elles aidé l’Eglise ? En la précipitant dans les problèmes sans fin d’abus spirituels, en vivant un entre-soi et en s’enorgueillissant d’elle-mêmes, derrière la vitrine ? En fait, comme il est dit dans le livre je crois, elles ont été le refuge de ceux qui ne trouvaient pas ou plus leur compte en paroisse, avec les conséquences diverses que l’on sait.

    Je souhaite sincèrement à tous ceux qui sont attachés à l’Eglise d’arriver à y vivre leur foi au Christ, à défaut de la tranquillité et du confort qui de toute fàçon ne sont pas du tout ce qui devrait caractériser le chrétien me semble-t-il, bien au contraire.
    Et un grand merci aux deux auteurs et à René, pour les réflexions suscitées et le partage qui s’en suit.

    Reply
  • Ce livre est un livre de sociologie . Il s’intéresse donc à la forme que l’expression de la foi catholique prend dans notre société , pas au contenu de la foi lui même , ni à la manière dont nous la vivons intimement . Même si cette expression collective dit aussi quelque chose du contenu de la foi elle ne l’épuise pas pour autant ..
    S’intéresser au vase d’argile est très important , mais l’essentiel est le contenu de ce vase d’argile qui ne disparait pas au seul motif que le vase est brisé .
    Il est donc prématuré de désespérer .

    Ceux d’entre nous qui ont été formés par les pensées de Paul Ricoeur, J Moingt et Hans Küng notamment savent bien que la disparition d’une forme historiquement et sociologiquement marquée de l’Eglise ne signifie pas la disparition de l’Eglise .Juste un moment difficile à passer semblable au crustacé fragilisé effectuant sa mue et dont la carapace desséchée git à côté de lui , en attendant que se forme sa nouvelle enveloppe .
    Ne faut il pas aussi s’étonner que ce système écclésial qui ait pu perdurer dans sa forme romaine aussi longtemps alors que les repères et références sociologiques en vigueur au moment de sa naissance ont disparu depuis longtemps ? L’obscure clarté qui tombe des étoiles mortes depuis longtemps estes train de disparaitre .

    Ce moment difficile n’appelle pas non plus à instaurer le procès des autorités ecclésiales qui n’auraient pas su , pas pu , anticiper les changements constatés et se seraient montrées incapables d’élaborer des modèles de rechange .  » Les hommes font leur histoire ,mais ne savent pas l’histoire qu’ils font  » . Cette maxime marxienne s’applique aussi à l’église comme à toute communauté humaine structurée .
    Ne sombrons pas non plus dans un optimisme naïf béat au motif que l’église en a vu d’autres et que l’église est assurée dans la vérité . Vivre et dire notre foi ne se fait plus et ne se fera plus pendant un certain temps à l’intérieur d’un cadre institutionnel défini à l’avance et psychologiquement rassurant .

    Nous passons du statut de fantassin de régiments de ligne au sein d’une armée organisée et commandée à celui d’éclaireur parachuté en peine brousse dont nul structure ne réclamera l’appartenance s’il vient à tomber . En ce temps de canonisation de Charles de Foucauld , l’exemple de sa vie et de son errance n’est pas à négliger pour vivre de notre foi dans ce contexte d’effondrement du catholicisme sociologique .

    Et puis aussi comment ne pas se souvenir de cette église des trois premiers siècles qui ne fut pas sans avenir :  » pour une chrétienté sans temple ,la maison est devenue le lieu de la pratique quotidienne de la foi  » comme le dit le théologien Daniel Marguerat . Nos temples se vident et menacent ruine , est ce si grave ?

    Enfin et René le cite avec justesse dans ce billet particulièrement bienvenu : Jean Sulivan nous rappelle que la foi au Christ se dit aussi d’une manière authentique à travers les actes de « ceux qui marchent à l’obscur  » . Le temps est venu que nous le voulions ou pas de marcher à l’obscur

    Un monde s’écroule , nous perdons des repères rassurants , mais c’est aussi l’occasion de redécouvrir la foi nue dans toute sa radicalité, qu’un catholicisme sociologique dominant la société nous avait peut être fait oublier . Nous sommes « condamnés » à prendre les chemins de l’Exode , nous y serons sans doute nombreux J Moingt nous donne quelques pistes pour vivre en Eglise sur cette route .
    Je veux croire que cet effondrement , loin d’être une catastrophe est une chance à saisir .

    Reply
  • Prions pour l’Église. Qu’elle soit toujours de plus en plus à l’écoute de l’Esprit Saint dans ce monde déboussolé!

    Reply
  • merci René pour ce résumé très intéressant, je vais lire posément le livre… le constat semble conforter (et surement compléter largement) ce qu’avait un peu développé (via approches statistiques disponibles..) J Fourquet dans la première partie de l’archipel français…

    Reply
  • Merci René pour votre recension et surtout pour vos pertinentes remarques critiques.
    « Exculturation du catholicisme », dit Danièle Hervieu-Léger ? Pas si sûr…
    « Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. Elles sont devenues folles, parce qu’isolées l’une de l’autre et parce qu’elles vagabondent toutes seules », pour reprendre l’expression de Gilbert Keith Chesterton (dans « Orthodoxie », 1908)… et donc ce monde moderne a-chrétien véhicule le meilleur et le pire !
    Plus que la crise de l’Eglise, ce qui m’inquiéterait plutôt serait l’indifférentisme d’une société se vautrant dans la consommation et l’hédonisme, dans l’individualisme revendiqué comme tel et conduisant au « moi d’abord »..
    Est-ce l’Eglise qui va imploser ou bien plutôt « la bande des vautrés » (Amos 6, 7) !

    Reply
  • A Michel,
    Je trouve cette vision du monde moderne bien caricaturale.
    Si ce qui poussait auparavant beaucoup à pratiquer (peur du jugement, de l’enfer…, puis puis « identité » sociale) a en grande partie disparu, nos contemporains n’en sont pas moins travaillés par des questions spirituelles, par une quête de sens. « L’homme est un animal métaphysique », c’est ainsi.
    Si c’est l’Eglise qui se pense capable de répondre à ses interrogations, il serait bon qu’elle se mette à réfléchir sérieusement sur elle-même au lieu de rejeter toutes les fautes sur l’air du temps et l’amoralité croissante des hommes. D’autant qu’elle-même se crispe à n’en plus finir sur les questions morales (au point que les non-catholiques et même des catholiques l’identfient à celles-ci, ce qui est bien dommage), alors que nous voyons bien qu’elle est capable de se montrer parfaitement immorale pour éviter toute remise en question. Si elle continue ainsi, c’est une impasse, elle aura complêtement échoué à sa mission.
    Lui restera la fierté stérile d’avoir « gardé le cap » en refusant tout dialogue avec l’homme, puisque ce ne serait pour elle que de la lâche compromission, alors que c’est vital pour sa survie et pour retrouver la raison d’être qu’elle a perdu en route.

    Reply
    • Anne vous estimez qu’il y a « amoralité croissante des hommes ». J’en suis surpris et pense qu’il faut, pour évaluer ce sujet, tenir compte de l’hypocrisie décroissante de la société -hommes et femmes- qui, a cet égard, semble en progrès.

      Reply
      • Jean-Pierre, je ne suis pas chargé de répondre à la place d’Anne, mais il me semble qu’elle dit le contraire de ce que vous lui prêtez !
        Quand elle écrit : « il serait bon qu’elle se mette à réfléchir sérieusement sur elle-même au lieu de rejeter toutes les fautes sur l’air du temps et l’amoralité croissante des hommes », elle prête cette vision négative de la société à l’Eglise mais ne la reprend pas à son compte !

        Reply
    • Anne, ma vision caricaturale du monde selon vous n’a d’égale que votre vision caricaturale de l’Eglise…
      Ce que je voulais dire en citant Chesterton, c’est que « l’exculturation du catholicisme » dans la société d’aujourd’hui selon Danièle Hervieu-Léger me paraissait contestable, le monde d’aujourd’hui ayant intégré et sécularisé les valeurs chrétiennes.
      Après, ce que je disais, c’est que les valeurs chrétiennes sans boussole deviennent parfois folles.
      Et pour le coup, ce n’est pas moi qui ai parlé le premier de « montée simultanée de l’indifférentisme » !

      Reply
      • Monsieur de Guibert,

        Vous me paraissez bien injuste avec Anne Mardon. Car votre post me semble quand même opéré une séparation binaire de la « création » (ou de l’univers) : d’un coté l’Église, et de l’autre tout le reste qui semble ramené à « une bande de vautrés ».
        Autre notion à questionner dans votre discours, est à mon avis, la notion de valeurs chrétiennes. Je ne suis pas certains que ces dernières puissent avoir un caractère éternel, en tout cas dans son expression…
        Ce que Anne Mardon pointait c’est que la peur (de l’enfer etc…)comme base de la pastorale a totalement failli. Et à mon avis il n’y pas qu’une question d’indifférence mais de catégorie de pensée qui ne parlent plus…

        Le s valeurs chrétiennes si elles servent de masque à une identité forte et rassurante « datant de toujours »( mais en réalité figés dans la contre réforme et le refus de la modernité depuis le XVI° siècle ) ne nous permettra pas la moindre discussion avec la » bande de vautrés ». Attention à la tentation de la tour d’ivoire. Le respect absolu de l’autre ne se rencontre pas que dans l’Église (n’est-ce pas ?) et me parait quand même être une valeur suintant de l’enseignement de Jésus.

        Reply
        • Monsieur Lucas,

          Je vous accorde volontiers que l’emploi du mot « valeurs chrétiennes » était inadapté, vous avez eu raison de me reprendre, je suis le premier à critiquer le terme… et voilà que je l’ai un peu hâtivement employé faute de trouver immédiatement un autre terme plus juste !

          Bien sûr j’ai été un peu provocateur en citant le prophète Amos et son expression qui me ravit chaque fois que je l’entends : « la bande de vautrés » !
          Ce sur quoi je voulais mettre l’accent, c’était sur l’imprégnation forte dans notre monde de ce qui vient du christianisme mais sous une forme sécularisée -le meilleur- et ce qui me paraissait des dérives graves de notre société -le pire- tel l’individualisme exacerbé au nom de la liberté, « le nouveau pouvoir de la consommation » (René citait Pasolini, non croyant).
          Chesterton était prémonitoire quand il écrivait en 1908 : « Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. Elles sont devenues folles, parce qu’isolées l’une de l’autre et parce qu’elles vagabondent toutes seules »

          Reply
          • Mr De Guibert,

            Des vertus n’auraient pas de valeurs intrinsèques ??

            Je sens plutôt une citation, qui loin d’être prémonitoire, semble plutôt regretter un passé révolu : la chrétienté pour ne pas la nommer.
            Vous avez raison sur un point, l’individualisme peut se cacher derrière la liberté. Mais la liberté individuel me semble devenu incontournable – N’en déplaise aux populisme de tout poil (Poutine, Trump et leurs avatars nationaux, voire religieux…).
            Le sujet présenté ici par René Poujol (que je remercie pour sa présentation qui me donne envie de lire ce livre de sociologie) me semble tout au contraire l’espoir pour l’Église catholique en la tournant vers l’avenir. Bien des non croyants (comme Pasolini) vivent déjà des valeurs chrétiennes. Et je pense vraiment que ce n’est pas en portant en sautoir une « forte identité replié sur nos même » que nous pourrons discuter avec toutes ces personnes.

            N’est-il pas navrant que les non croyants, comme vous dites, ne retiennent de nous uniquement des interdits d’un autre âge ?
            Bien au contraire, il nous faut reconnaitre le Christ là où il nous précède : dans la » Galilée des nations ».
            Le premier travail ne serait-il pas de répondre à l’évangile de dimanche prochain (« à ceci tous reconnaitront que vous êtes mes disciples ») en rendant plus accueillantes, fraternelles, respectueuses de chacun, en un mot plus vivante nos célébrations dominicales ?

          • Mr Lucas,
            Je ne vois pas vraiment de contradiction entre ce que je disais et ce que vous me répondez !
            Je ne me reconnais pas dans le tableau que vous faites de ceux qui portent en sautoir une forte identité repliée sur eux-même ou qui véhiculent des interdits d’un autre âge !

  • A Michel et Anne
    Rappelons nous la thèse de Marcel Gauchet qui estime que les valeurs chrétiennes ont infusé dans la société (occidentale ) et que l’église a terminé son rôle historique.
    Comme chrétien si je partage ce constat , je pense que l’Eglise (au sens de Lumen gentium) a pourtant toujours un rôle important à jouer en devenant l’éthique du politique comme le dit Paul Ricoeur ..
    A ce jour l’organisation de son institution, comme l’idée qu’elle se fait d’elle même l’empêche de jouer ce rôle pourtant indispensable face aux forces puissantes du libéralisme économique qui considère l’homme comme une marchandise comme une autre sur un.marché toujours plus déréglé.
    Mais ce n’est pas en s’opposant de manière rustique au mariage pour tous ou en considérant la bioéthique par rapport à une doctrine anthropologiquement fausse que l’église opérera sa mue .
    Elle ne peut pas se réformer d’elle même , son sort indiffère un nombre croissant de gens et le risque est qu’elle s’enferme dans un ghetto sectaire sois l’influence conjointe d’ignorance de son histoire et de nostalgie d’une France catholique fantasmée . Le vote majoritaire es catholiques pour des candidats identitaristes lors des dernières présidentielle étant un des symptômes de cette évolution néfaste.

    Reply
  • Ah là,là, mon pauvre ami,quel dommage que tu aies si peu d’influence au VatIican même si tu es accompagné des jeunots que sont Madame Hervieu-Léger et Monsieur Schlégel 75 et 76 ans, et j’en ai 77, auxquels tu aurais pu rajouter Jpseph Moingt, mais celui- ci est mort prématurément à103 ans…il y a un an ou deux…
    Bien entendu je ne prétends pas, il s’en faut vraiment de beaucoup que j’ai les connaissances de ces personnage sni leur niveau intellectuels cependant j’ai toujours le sentiment qu’ils ne ressortent que le couplet sur l’inévitable effondrement total de l’Eglise Catholique Romaine si elle a la folie de ne pas les suivre alors qu’eux SAVENT et ce de manière absolue

    Reply
    • Faut-il répondre à de telles remarques ?

      Pour ma part, je regrette ce type de ton (… »mon pauvre ami »…) qui , selon moi, clos toute discussion avant de la commencer.
      Juste quelques questions. Il n’y aurait donc pas d’effondrement quand, dans notre pays, la proportion de catholiques chute en dessous de 3% ? Il n’y a pas d’effondrement quand la démographie du clergé a déjà privée les campagnes de la vie sacramentelle et menace de faire de même sous peu pour les villes ?
      Faut-il encore refuser tout questionnement et même l’évidence ?

      Toutes les analyses émanant de ces personnes sont elles vérités ? René Poujol ici ne le dit pas, bien au contraire. Toutes les propositions émanant de ces personnes sont elles à appliquer séance tenante sans la moindre réflexion ? Personne ne le prétend non plus.
      Mais tout de même, comment peut on ramener à un tel « couplet » les analyses apportées par ces personnes ?

      Mais le problème se serait-il pas plutôt (et là j’avoue accepté de polémiquer à mon tour…), aux yeux de certains, que si on acceptait de se poser des questions « on » risquerait de changer certains structures datant du XVI° siècle pour l’adapter à notre société ? Ou pire encore dire la foi en Jésus Christ sauveur et libérateur ( déjà nous libérant de nos certitudes… quelle conversion ce serait…) dans des mots ( et catégorie de pensée) ne datant pas du IV ° siècle et d’Aristote ? Pour la rendre accessible aux humains d’aujourd’hui ?

      Qu’est ce qui est important ? Le contenant ou le contenu (Jésus sauveur et libérateur) ? Le contenant peut-il être mis au service de l’homme d’aujourd’hui pour transmettre le contenu ? Ou Faut-il continuer à faire l’inverse et idolâtrer le contenant ?

      Le message de Jésus nous a été donné en araméen dans la société juive du I° siècle. Ce message a été transmis dans nos contrées dans la langue du IV° siècle dans l’empire romain. Ce message devrait-il maintenant resté figer dans la forme du XVI° siècle européen ?
      Je me demande (c’est juste une question !) si une telle attitude ne serait pas proche d’un refus ou d’un déni envers le Saint-Esprit lui même…

      Reply
    • « Ce que je sais, c’est que je ne sais rien,mais çà au moins je le sais » disait Descartes et voilà me semble-t-il une pensée qui n’effleure pas la conscience de nos brillants sociologues lesquels nous rebattaient les oreilles avec « le sens de l’histoire » avant l’effondrement complet du bloc de l’ Est, effondrement qu’ils n’avaient en rien imaginé

      Reply
      • Dominique, il serait bon que vous vous appliquiez à vous-même l’appel à l’humilité auquel vous appelez les autres. Si quelque chose m’a frappé dans le livre des deux sociologues, c’est qu’ils actualisent et ratifient des concepts que je trouvais déjà dans d’autres lectures, depuis au moins trente ans. ET je vous livre ce message personnel reçu ce matin même d’un ami prêtre : « Je suis frappé que ce livre reprenne des expressions comme « église en diaspora », utilisé par les mouvements dans leur texte commun remis au Vatican, ou comme « accueil inconditionnel » qui fait partie de la contribution au synode de St Merry hors les murs. » Bref une validation de l’intérieur de l’Eglise de l’analyse qu’en font des sociologues, de l’extérieur. Contester aux autres la pertinence de ce qu’ils disent au seul motif que cela ne vous convient pas ne me semble pas une attitude honnête. Et je crains que vous ne convainquiez pas grand monde de vous suivre…

        Reply
      • De Dominique à Dominique
        Comparaison n’est pas raison…

        Surtout quand ça n’est absolument pas comparable ! Car enfin, ces  » brillants sociologues » comme vous les qualifiez n’ont pas pu étudier la société soviétique de l’époque car cette dernière était fermé à toute étude. Ainsi que tout le bloc de l’Est. Auriez vous oublié ce qu’était le fonctionnement des Etats staliniens et ce qu’était la guerre froide ? Pour que des jeunes comprennent bien mon propos : personne ne sait ce qui se passe vraiment dans la population en Corée du nord !
        Alors que ces sociologues ont bien étudié la religion dans notre histoire…
        Pour réfuter ce que disent ces sociologues votre pirouette est tout sauf cartésienne : votre citation ne peut sauver votre raisonnement.
        Je crains plutôt dans votre cas un refus systématique de tout ce qui peut appeler de ses vœux une réforme dans l’Église catholique…

        Reply
      • Dominique,

        La citation » Tout ce que je sais est que je ne sais rien «  est attribuée à Socrate ( et reprise dans une chanson de Jean Gabin, je crois 🙂) non de Descartes. Et encore elle demande une explication pour être réellement compréhensible. Mais tout le monde peut se tromper.

        En revanche, seule une argumentation ( et non un mouvement d’humeur ) permettrait une critique recevable , et de l’histoire ( dont le but n’est d’ailleurs pas de prédire l’avenir ) et de la sociologie.
        Des analyses sérieuses méritent mieux que cette fin de non recevoir qui n’a rien à faire ici.

        Reply
        • « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien, tandis que les autres croient savoir ce qu’ils ne savent pas. »
          Attribué à Socrate
          « Cet homme-là, moi, je suis plus sage que lui. Car il y a certes des chances qu’aucun de nous deux ne sache rien de beau ni de bon ; mais lui croit savoir quelque chose, alors qu’il ne sait rien, tandis que moi, si je ne sais rien, je ne crois pas non plus savoir. Je me fais du moins l’effet d’être plus sage que cet homme justement par ce mince avantage, que ce que je ne sais pas, je ne crois pas non plus le savoir. »
          Platon dans l’Apologie de Socrate

          Montaigne, plus tard, posera la question : « Que sais-je ? »

          Reply
  • L’Eglise se méfie depuis toujours des sciences humaines, quand elle ne les méprise pas carrément. On a vu où cette attitude (« prie, c’est tout ») pouvait mener.
    Ce sont pourtant les sciences « de l’homme » (par qui et pour qui Dieu se dit ou se pressent), certes pas exactes mais la théologie ne l’est pas non plus. Il me semble urgent de les prendre en considération si l’on veut comprendre quelque chose de la relation des hommes à Dieu et empêcher que le fossé entre eux continue à se creuser. La moralisation effrénée, les canonisations etc… ne disent rien de Dieu à l’homme moderne, c’est ainsi. Il va falloir essayer de dialoguer, ce qui n’est pas rabaisser l’image de Dieu bien au contraire, si l’on ne veut pas que l’homme aille chercher Dieu ailleurs que dans l’Eglise. Parce que c’est ce qu’il fait et fera bien sûr, car il a besoin de sens.
    Mais après tout, peut-être est-ce inexorable. Peut-être l’Eglise ne peut-elle se réformer sans se nier elle-même. Je n’en ai aucune idée.

    Reply
    • Aucune rupture ne peut être introduite par un Pape sans qu’il se réfère à un de ses prédécesseurs pour la justifier en sorte que l’Institution semble condamnée à ne pratiquer la rupture que dans la continuité (Chronique de Loup Besmond de Senneville La Croix 14/05/2022). Comme une bonne partie de l’Église est en désaccord de plus en plus profond avec l’Institution à ce sujet… où cela conduira-t-il? C’est l’objet du livre comme l’indique René, l’enjeu est l’unité ou la fin d’une forme d »unité..

      Reply
      • En réalité, il y a une formule consacrée : « l’herméneutique de la continuité » pour dire qu’un pape ne contredit pas un autre quand il le prend à contrepied. On s’aperçoit par exemple que François s’appuie davantage sur Paul VI (ou plus loin Jean XXIII), qu’il a canonisé(s), que sur ces prédécesseurs immédiats, qui l’avaient pour partie oblitéré. Il cite Benoît XVI ou JPII davantage pour satisfaire la curie et ses opposants et affirmer une continuité de fond, surtout quand le premier est toujours vivant. Finalement, on observe que la continuité se montre dans ce qui ne bouge pas et préserve l’autorité établie. Il semble que l’homme soit fait pour le magistère, et le magistère s’est de plus en plus figé dans son infaillibilité, multipliant les textes dont on ne sait plus s’ils sont pris d’infaillibilité, ou simplement strictement obligatoires à suivre sans discussion hors des laboratoires consacrés. Heureusement qu’il y a toujours une herméneutique de la continuité. Tout va bien donc dans cette dialectique providentielle qui garde l’institution des hommes et prévient ceux-ci de leur idiotie. Bien sûr, il y a des prétentions de synodalité, par exemple. Dans le régime de monarchie absolue (dont l’Eglise est une forme), il y avait des Etats Généraux qui évitaient la rupture du système, permettant à tous les étages de la société d’être entendus. Louis XVI a mis fin un peu trop tard semble-t-il à 185 ans de disette synodale. Mais il n’est finalement pas trop mal que le système s’effondre. C’est la loi de l’hybris – en l’occurrence l’hybris du pouvoir. En Grèce d’ailleurs (je réagis à une remarque sur l’effondrement et la catastrophe non souhaitable, plus haut), la catastrophe n’est pas du tout non souhaitable : elle est un fait de vie. La catastrophe arrive un jour et elle ne signifie pas la fin. Elle n’est pas systématiquement une ruine, mais la chance d’une renaissance. Elle oblige simplement à changer les paradigmes d’une société ou du pouvoir. Ainsi la suite d’une catastrophe peut être aussi bien heureuse que malheureuse. C’est ce qu’on observe dans le théâtre grec qui met toujours en scène une catastrophe au sens strict. Il faut changer le logiciel sous peine de crever. Et c’est en général (toujours même) lié à une hybris. Les Grecs ne sont pas si cons que ça finalement. Bien sûr c’était une leçon du théâtre, mais elle n’était pas toujours suivie.

        Reply
        • L’Eglise dans sa prétention à détenir la vérité, vérité qui s’est exprimée (sous forme d’enseignement) au fil des siècles à travers les prises de position du magistère, est donc prise dans la nasse. Comment proclamer une vérité qui ne soit pas en conformité avec les énoncés qui ont précédé sans laisser peser le soupçon sur les vérités du moment ?

          En réalité, avec un peu de « culture maison’ et d’attention on s’aperçoit que l’Eglise n’a jamais cessé d’ajuster son discours, au risque de la contradiction avec des propos précédents mais qu’il lui suffit de dire qu’elle se situe dans une hérméneutique de la continuité pour que tout le monde s’en contente, sans prendre le temps de la vérification !

          En réalité il n’y a que sur l’essentiel de la foi que l’Eglise ne peut se contredire sauf à remettre en question sa propre existence. Mais à y regarder de près cet essentiel se réduit à si peu que cela ne devrait pas poser problème. Sauf qu’on a fait croire aux fidèles que quasiment l’intégralité du Catéchisme était le dépôt de la foi. Misère !

          Reply
          • A René
            C’est bien parce que l’église n’a cessé d’adapter son discours et ses rites au cours de son histoire que l’on peut être raisonnablement optimiste sur sa pérennité .Ce qui ne veut pas dire que sa forme actuelle ne disparaîtra pas . C’est pourquoi l’expression : « église de toujours , « messe de toujours » me paraît refléter une inculture crasse de l’histoire de l’église ou une idéologie volontairement ignorante .

        • En toute rigueur, l’infaillibilité pontificale, qui ne date que de 1870, n’a été mise en œuvre que par Pie XII pour la proclamation du dogme de l’Assomption de Marie en 1950, et ce après avoir consulté d’abord les évêques du monde entier.
          L’infaillibilité de l’Eglise, elle, ne s’exprime que dans les définitions dogmatiques des Conciles œcuméniques (principalement les définitions christologiques de Nicée, Constantinople, Éphèse et Chalcédoine).
          Donc relativisons les choses !

          Reply
  • Je n’ai pas lu le livre. Mais je me demande si on peut réellement réformer une religion ( et, en l’occurrence, l’institution Église qui l’encadre et la transmet) sur une absence justement de culture religieuse.
    Quand les mots et les concepts ne désignent plus rien, qu’ils ne parlent plus aux contemporains, que l’ignorance religieuse est abyssale, c’est aussi une civilisation qui s’effondre ; religion, culture, art compris, allant de paire. Il me semble qu’on ne peut rien construire sur du vide.

    Le Judaisme a su préserver la mémoire indispensable à la transmission. En est il de même du Catholicisme, étant donné aussi que ces deux religions n’ont pas le même but ; préserver et garder pour l’une, et évangéliser pour l’autre ?
    Ce ne sont que des questions personnelles, peut être mal exprimées.

    Reply
    • Ce sont des questions tout à fait pertinentes. Sauf que la vraie question, aux yeux de certains dont je suis, est l’avenir de l’Evangile et de l’annonce de l’Evangile, plus que celui d’une religion qui lui a servi de support. Jésus n’a jamais eu l’intention de créer une religion. Il était juif. Sans doute entendait-il le rester. C’est Paul qui, fort justement, voyant que le monde juif ne « recevait pas » l’enseignement de Jésus a eu l’idée de réunir ceux qui entendaient vivre de sa parole.

      « Le christianisme n’existe pas encore » plaide le dominicain Dominique Collin (titre d’un livre paru chez Salvator). Son approche n’est pas aisée à comprendre mais stimulante. « Le christianisme n’existenpas encore, écrit-il, veut dore que le christianisme n’est pas un fait advenu mais un événement dont le sens définitif n’adviendra que quand toute l’humanité sera mise en relation avec tous les possibles que l’Evangile rend possible. »

      Certains trouveront que c’est fumeux. Mais je suis frappé de voir que finalement Danièle Hervieu Léger ne dit pas autre chose dans sa définition du catholicisme hospitalier.

      Je termine l’écriture d’une conférence pour des Rencontres sur le thème de l’avenir du christianisme, qui se tiendront à l’abbaye de Sylcvvanès pour Pentecôte. Je tacherai d’en tirer ultérieurement un bilet pour ce blog.

      Reply
      • Oui, René, les questions de Marie-Christine sont pertinentes et je vois mal comment l’Evangile peut être transmis sans l’Eglise, quelle que soit la forme qu’elle prendra.
        Il se trouve que j’ai commandé il y a une huitaine de jours à « La Procure » -heureuse coïncidence- le livre de Dominique Collin « Le christianisme n’existe pas encore » (pas encore reçu !) dont vous parlez dans votre billet et dans ce dernier commentaire et que je lirai avec grand intérêt.
        Il me semble que l’on est toujours entre le « déjà là » et le « pas encore » et que la réponse est dans l’aujourd’hui de Dieu qui nous sauve et nous rejoint dans le présent de nos vies.
        « L’instant présent est le huitième sacrement, car il est le pont qui relie l’éternité de Dieu et notre finitude. », écrivait le Cardinal John Henry Newman.

        Reply
  • René,

    C’est ce qu’explique Yves Hamant dans une interview à la Vie en 2020, à propos du prêtre orthodoxe Alexandre Men, aux racines à la fois juives et athées, qu’il a bien connu et dont il a écrit la biographie.

    « Pour Alexandre Men, dit-il, le christianisme ne faisait que commencer (idée reprise ensuite par Dominique Collin). Au fond, il apporte des réponses à des questions soulevées par des théologiens comme Christoph Theobald (jésuite). Comme le fait que l’on ne peut pas s’appuyer sur un substrat culturel chrétien qui a disparu. Sa conviction est qu’il faut chercher les gens dans leur culture, telle qu’elle est. On ne trouve chez lui aucune nostalgie : il a toujours mis en garde contre cela et contre la tentation des convertis orthodoxes (qui vivaient dans ce monde soviétique hostile et anti-chrétien) de fuir le monde et de vivre comme des émigrés de l’intérieur.
    Il y a aussi l’insistance sur le fait que le christianisme n’est pas d’abord une doctrine, un dogme, une morale, mais Jésus-Christ qui vit en nous. »

    Reply
    • Merci Anne de rappeler la belle figure du père Alexandre Men et son actualité dans un monde sécularisé.
      J’ai été rechercher l’article d’Yves Hamant dans « La Vie » que vous citez et j’en donne le lien pour ceux qui seraient intéressés :
      https://www.lavie.fr/idees/histoire/yves-hamant-pour-alexandre-men-le-christianisme-ne-faisait-que-commencer-1335.php

      Il terminait une conférence sur le christianisme la veille de son assassinat par ces mots :
      « L’essence du christianisme, c’est l’humanité unie à Dieu. C’est l’union de l’esprit humain, borné et limité dans le temps, à l’Esprit divin infini. C’est la sanctification du monde, la victoire sur le mal, les ténèbres et le péché. C’est la victoire de Dieu. Elle a commencé la nuit de la résurrection et continuera tant que le monde existera. »

      Reply
  • Je partage l’avis de Michel sur la nécessité de l’Eglise pour la transmission de l’Evangile . Par contre je suis plus réservé sur l’affirmation que le Christianisme n’existe pas encore .au motif qu’il s’est imparfaitement incarné dans une société imparfaite .
    Ce à quoi nous assistons n’est pas la disparition de l’Eglise mais l’effondrement du paradigme médiéval adopté par son institution .A titre d’exemple assistant il y a quinze jours a l’ordination diaconale d’un ami , j’ai été marqué par la persistance du rite inchangé d’allégeance du vassal à son suzerain et notamment « l’immixtio manuum » »lorsque l’ordinateur à genoux devant l’évêque met ses deux mains jointes dans celle de l’évêque en lui promettant fidélité et obéissance..
    Le paradigme médiéval qui est la quatrième forme qu’a pris l’eglise depuis ses débuts , ne correspond olus à la société ou nous vivons .L’enjeu est donc celui d’une nouvelle acculturation de l’eglise . Qui elle non olus ne sera pas la parfaite incarnation du christianisme .

    Reply
    • Nous sommes au moins d’accord, Guy, sur la nécessité de l’Eglise pour la transmission de l’Evangile.
      Après, je ne sais pas pourquoi vous voulez toujours ramener la situation de l’Eglise au « paradigme médiéval » (« quatrième forme qu’a pris l’Eglise depuis ses débuts » ?), mais peu importe car il convient effectivement que l’Eglise parle au monde d’aujourd’hui.

      J’ai bien ri à l’évocation de « l’ordinateur à genoux devant l’évêque »… ah le correcteur automatique et ses facéties !

      Reply
      • Et c’est pour moi le souvenir du professeur J. Perret, latiniste à la Sorbonne qui, chargé d’inventer des mots français pour l’informatique, a proposé pour la machine le mot ordinateur -ordre mis par Dieu- seul mot qui en français a résisté à l’anglais computer. Comme quoi l’erreur de frappe de Guy ne manque ni de sel ni de sens.

        Reply
        • Savoureux en effet, Jean-Pierre
          Dieu qui met de l’ordre dans le monde à genoux devant l’évêque ! L’ordinand ne peut pas faire moins !

          Et bravo à Jacques Perret qui a brillamment résisté à l’invasion de l’anglais ! C’est quand même plus joli que « computer » !

          Reply
      • A Michel,
        Je reprends pour définir les différentes formes qu’a prises l’église au cours de son histoire, les différents paradigmes identifiés par Hans Küng .(judaïque, hellénistique, hellénistico- romain et féodal )Ce dernier paradigme ayant été renforcés à Trente pour lutter contre la Réforme et exacerbé au concile Vatican I pour combattre la crise moderniste . L’exemple du rite de l’ordination récente d’un diacre le prouvant de manière éclatante (serment d’obéissance, geste de paix et offrande d’un cadeau (evangéliaire étant les trois étapes du rite du serment d’allégeance féodal.)
        Ce modèle totalement en phase avec la société féodale n’arrive plus a faire sens aujourd’hui et l’eglise va traverser une période de turbulence jusqu’à ce qu’elle trouve un autre modèle plus adapté .Cela prendra du temps puisque comme toute institution elle vise à se maintenir inchangée et choisit ses responsables sur ce critère .
        Mais je crois à la force de l’Evangile pour toujours inspirer la vie de nombreux hommes et femmes .Le chemin spirituel de Ch de Foucauld , canonisé aujourd’hui est un exemple pour toute l’Eglise .
        Ps1 : Je crois à la force des rites pour peu qu’ils s’affichent comme tels : Lorsque j’ai reçu , genou à terre , mon épée d’officier, il y a maintenant 42 ans , j’ai été a la fois fier et ému . Ps2 Oui le correcteur est têtu puisque j’ai corrigé deux fois pour écrire « ordinant » et qu’il a persisté dans son indécrottable modernisme sémantique.

        Reply
        • Et cela prendra d’autant plus de temps que la société civile elle même traverse une période de turbulences et d’instabilités. L’empire romain et le modèle féodal ont duré des centaines d’années la ou les dominations actuelles s’étendent sur quelques dizaines d’années !

          En parallèle avec les modèles évolutifs r/K (https://fr.wikipedia.org/wiki/Mod%C3%A8le_%C3%A9volutif_r/K), mon impression est que l’église ne peut perdurer avec la « stratégie K » (longue durée de vie, changement rares) et ne pourra subsister que par un passage en « stratégie r » (foisonnement avec taux d’échec élevé).

          « Dans les environnements instables et variables dans le temps, il y a peu d’avantages à être parfaitement adapté à une situation donnée (puisqu’elle va changer). En revanche, il est avantageux de pouvoir se reproduire (=se renouveler) le plus rapidement possible, pour profiter des bonnes conditions lorsqu’elles se présentent, avant qu’elles ne disparaissent. Inversement, lorsque l’environnement est stable, ou présente des variations prévisibles comme des saisons régulières, les espèces les mieux adaptées sont celles qui exploitent le mieux les ressources, sans nécessairement se reproduire rapidement, puisque les ressources sont limitées. »

          Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *