Rapport Sauvé : le front du refus

Rapport Sauvé : le front du refus

En prétendant défendre l’institution coûte que coûte, des membres de Académie catholique, en réalité, affaiblissent l’Eglise. 

(Cet article a été repris par la revue Golias Hebdo dans son numéro 699 du 9 décembre. Qu’elle en soit remerciée)

Depuis la publication du rapport de la Ciase, le 5 octobre dernier, on voit ici et là un front du refus tenter de s’organiser non seulement dans les milieux intégristes mais également parmi une frange de catholiques parfaitement intégrés à l’Eglise de France. Ce refus porte sur une mise en doute du nombre réel de victimes tel qu’évalué par le rapport Sauvé et partant sur l’ampleur des réformes à engager. D’une certaine façon, le long texte accusateur signé par huit membres de l’Académie catholique de France vient clarifier la situation. Ce texte comporte trois erreurs majeures. Celle de lier le caractère « systémique » du scandale pédocriminel au seul chiffrage des victimes, celle de se réfugier derrières des arguties juridiques pour restreindre l’étendue des responsabilités et des indemnisations dues aux victimes, enfin celle de contester à une commission indépendante le droit de sortir des cadres strictement ecclésiaux. Avec ce paradoxe qu’aux yeux de l’opinion publique, ce brûlot fait du coup apparaître l’engagement des évêques et des supérieurs et supérieures de congrégations religieuses comme particulièrement responsable et courageux. 

Le 25 novembre la Croix révélait que huit membres de l’Académie catholique de France (1) avaient adressé au pape François, accompagné d’une lettre tenue secrète, un texte de quinze pages « sans concession sur le rapport de la Ciase ». Un texte publié sous la seule responsabilité des signataires parmi lesquels le Président de l’Académie, sans consultation ni information préalable de ses autres membres parmi lesquels les principaux artisans et soutiens du rapport Sauvé ( Cef et Corref) qui, du coup, ont annoncé leur démission immédiate de cette instance. Avec ce commentaire ulcéré du Président Jean-Marc Sauvé : « Les signataires de ce texte ont procédé conformément au pire d’une certaine culture catholique, c’est à dire secrètement, sans débat contradictoire et en faisant d’abord de la dénonciation aux autorités. »

Un texte non public donc, non communiqué à la presse, mais publié notamment par la revue la Nef très marquée sur l’échiquier ecclésial, ce qui jette un éclairage singulier sur cette entreprise de déstabilisation qui, au nom de la défense de l’Eglise, prend l’exact contrepied des décision de ses autorités légitimes. Depuis, ce texte nourrit abondamment les commentaires sur les réseaux sociaux contribuant à creuse un peu plus encore le clivage entre les pro et les anti rapport Sauvé. A sa lecture, il révèle trois erreurs majeures. 

La caractère  “systémique » des agressions ne tient pas au nombre des victimes

On le sait, le coup de massue du rapport de la Ciase est venu du chiffrage des victimes sur la période 1950-2020. Il est estimé à 216 000 mineurs agressés par des prêtres, diacres et religieux, porté à 330 000 si l’on y ajoute les victimes de laïcs en responsabilité pastorale dans des structures d’Eglise. Le rapport de la Ciase précisant bien qu’il ne s’agit pas là d’un groupe d’individus identifiables mais d’une extrapolation statistique à partir d’un échantillon représentatif de la population. Avec un risque d’erreur reconnu de plus ou moins 50 000. Le chiffrage est contesté par les académiciens. Ils relèvent que sur les 28 010 personnes enquêtées par l’Ifop, seules 118 ont déclaré avoir été agressées par un clerc ou un religieux, et 53 par un laïc. Dès lors, estiment-ils : « en raison de la faiblesse de l’échantillon (171 victimes) il n’est pas possible d’extrapoler » à une population adulte de 47 millions de personnes. Et l’estimation corollaire de 63 victimes par abuseur leur paraît « invraisemblable ». On doit pouvoir à la fois, entendre les explications méthodologiques largement développées dans le rapport de l’INSERM qui a supervisé l’enquête et considérer qu’il y a, néanmoins, à éclairer plus avant l’articulation des évaluations victimes/prédateurs. Car cette polémique ne disparaîtra pas d’un coup de baguette magique ou en se réfugiant derrière des arguments d’autorité.

En revanche, c’est dans la conclusion qu’ils tirent de cette contestation des chiffres que les signataires du texte commettent leur première erreur. Ils écrivent : « L’évaluation disproportionnée de ce fléau nourrit en effet le discours sur son caractère « systémique » et fait le lit des propositions pour mettre à bas l’Eglise-institution. » Or ce ne sont pas les chiffres qui fondent le caractère systémique des violences subies par les victimes mais bien l’analyse structurelle des modes de fonctionnement de l’institution qui, au fil des décennies, ont rendu possible ces agressions, leur multiplication, leur occultation et leur impunité avec pour corollaire une indifférence criminelle à l’égard des victimes. Cette analyse est aujourd’hui largement documentée dans nombre d’ouvrages qui font référence dont celui de Marie-Jo Thiel.(3) 

C’est bien ce caractère « systémique » que le pape François met en exergue dans sa Lettre au peuple de Dieu d’août 2018 lorsqu’il dénonce le cléricalisme comme source première de ces dérives criminelles. Autant d’éléments qui conduisent le Président de la Cef, Mgr Eric de Moulins Beaufort, à écrire le 29 novembre dans une tribune à La Croix qui se veut une réponse aux accusations : « Il importe de comprendre que ce n’est pas tant face aux chiffres accablants établis par la Ciase et que discutent certains que les évêques se sont décidés à assumer la responsabilité institutionnelle de l’Église et à parler de dimension systémique. » Même analyse de la part de la présidente de la Corref Véronique Margron : « Que la projection soit discutée, qu’elle soit de 200 000 victimes estimées plutôt que de 300 000 ou de 400 000, cela ne change rien… La dimension systémique tient au fait que des agresseurs ont pu agresser pendant trente, voire quarante ans, qu’ils aient été couverts par leur hiérarchie, parfois même que celle-ci se soit rendue complice.»

L’irresponsabilité de tous et de chacun opposable aux victimes

Pour les signataires du texte, les recommandations de la Ciase concernant notamment la responsabilité collective et systémique de l’institution ainsi que la nécessaire réparation des torts subis – trois recommandations retenues par la Cef et la Corref – procèdent d’une méconnaissance des dispositions juridiques qui ont cours en droit français et les rendraient inopérantes. Chacun pourra se reporter à cette partie, assez technique, de leur démonstration. 

Pour faire bref : l’Eglise n’étant pas une personne juridique elle ne serait tenue par aucune « responsabilité » civile l’obligeant à indemniser qui que ce soit et donc à sacrifier son patrimoine ; les prêtres diocésains n’étant pas les « préposés » de l’évêque ces derniers ne sauraient être inquiétés pour leurs manquements éventuels ; le secret de la confession étant garanti par la loi aucun prêtre ne saurait être poursuivi pour non dénonciation ; les associations diocésaines qui gèrent le denier de l’Eglise ayant pour unique objet de financer le culte ne sauraient contribuer à une indemnisation des victimes ; la prescription jouant également en matière civile, on ne pourrait pas indemniser pour des faits prescrits ; quant à la notion d’obligation naturelle, développée par le rapport de la Ciase, elle ne saurait être fondée sur un principe de solidarité. Or le pape François écrit précisément dans sa Lettre aux Peuple de Dieu déjà évoquée : « Nous voulons aujourd’hui que la solidarité, entendue dans son acception plus profonde et exigeante, caractérise notre façon de bâtir le présent et l’avenir. » Bref on dit compatir avec les victimes pour peu qu’elles n’exigent rien d’autre que ce que leur garantit notre législation pénale.

Des arguties juridiques qui pourraient se retourner contre l’Eglise

Ici l’erreur ne provient pas d’une mauvaise lecture des disposition juridiques applicables mais du sentiment donné qu’elles seraient immuables et à l’abri de toute remise en cause. Les auteurs ont d’ailleurs bien perçu l’objection qui écrivent : « Le rapport de la CIASE affirme que « l’institution ecclésiale doit (…) mesurer qu’en tout état de cause, il est possible, voire probable, que le législateur intervienne pour tirer les conséquences du drame des violences sexuelles commises dans l’ensemble de la société, afin de mettre en place des mécanismes d’indemnisation pesant notamment sur les institutions et collectivités dans lesquelles se sont produits les dommages. »  Mais on a peine à comprendre comment le législateur pourrait établir une responsabilité au titre de faits très anciens prescrits ou commis par des personnes décédées entretemps. » Sauf que ce n’est pas là le seul domaine où le législateur puisse intervenir. 

Dans une tribune au Monde, du 25 novembre, titrée de manière volontairement provocante « Dissolvons l’Eglise catholique ! » le philosophe Vincent Cespedes illustre très précisément l’hypothèse de changements législatifs rendus, selon lui, nécessaires par la lutte contre la pédocriminalité dans l’Eglise. Il prend deux exemples. A propos du secret de la confession, jugé absolu par l’Eglise et garanti par la loi, il écrit : « N’est-il pas enfin temps de sortir de cette situation kafkaïenne en modifiant les articles du code pénal pour rendre obligatoire la violation du secret de la confession ? » Une manière d’affirmer que la société civile, responsable du respect des droits de l’enfant en tant que victime avérée ou potentielle, est légitime à intervenir pour leur défense là où l’Eglise faillirait, au motif de privilégier la rédemption du pécheur ! 

Concernant les Associations diocésaines, il écrit : « En France, l’exercice des cultes est assuré par des associations cultuelles ou des associations loi 1901, exception faite de l’Eglise catholique, qui bénéficie d’un statut associatif propre : l’association diocésaine (1923). (…) Dissoudre l’Eglise catholique en France signifie donc, très simplement : supprimer le statut particulier et injuste de l’association diocésaine et faire basculer la gestion de l’ensemble du culte catholique vers des associations cultuelles. » 

Or les catholiques de France sont dans une totale ignorance des lois qui régissent les liens, notamment financiers, entre l’Etat et les différentes religions. Ils ne se rendent même pas compte de la réalité de la menace. Il suffirait d’une majorité parlementaire sensible aux exigences d’une opinion publique « remontée » contre l’immobilisme de l’Eglise catholique en matière de lutte contre les dérives en tout genre. Ce qui, Dieu merci, grâce aux récentes décisions prises, n’est précisément pas le cas ! Une évidence qui semble échapper aux signataires du texte.

Des recommandations reconnues comme légitimes par les catholiques voire par les autorités religieuses elles-mêmes.

En troisième lieu, les académiciens reprochent à la Ciase d’avoir pris prétexte de son statut de « commission indépendante » pour se situer résolument de manière extérieure à l’institution ecclésiale et s’affranchir de ses références à la fois juridiques, morales et doctrinales. Ce qui la conduit à intégrer parmi ses recommandations, des dispositions qui ne sont pas de sa compétence. Je cite : « Le texte de la CIASE n’est pas seulement l’étude analytique d’un phénomène, car il contient aussi des « recommandations » ou « préconisations » qui exigent de l’Eglise catholique des changements pastoraux et doctrinaux. » Le texte poursuit : « Il est certes permis d’ignorer les principes qui la régissent, ou de leur être indifférent ou hostile, mais on ne nourrit pas alors la prétention de lui « recommander » des réformes. » D’où leur conclusion : « Les recommandations d’une Commission sans autorité ecclésiale ni civile ne peuvent être qu’indicatives pour guider l’action de l’Église et de ses fidèles. Certaines pourraient s’avérer ruineuses pour l’Église. (…) C’est à elle seule, dans sa synodalité, qu’il revient d’entreprendre librement et dans l’esprit des actions lancées depuis vingt ans, les réformes nécessaires pour retrouver son honneur et sa légitimité. » 

C’est oublier que nous ne sommes plus en situation de chrétienté, que l’Eglise catholique se situe dans la société dont elle tire nombre d’avantages, notamment financiers, qu’elle est tenue par les lois communes et ne peut refuser de rendre compte de modes de fonctionnement possiblement attentatoires au droit des personnes. C’est oublier qu’aucun croyant ne peut vivre durablement dans une situation de schizophrénie : citoyen libre et responsable dans une société démocratique dont il partage nombre d’approches liées à la liberté d’expression, l’égalité hommes-femmes ou l’autonomie de la sexualité et membre d’une communauté religieuse où tout cela lest contesté au nom d’un « argument d’autorité » et d’un mode d’exercice du pouvoir dont les fondements théologiques sont aujourd’hui questionnés. C’est oublier que parmi les recommandations de la Ciase qu’ils contestent, plusieurs ont été d’ores et déjà validées par les évêques et les supérieures et supérieurs de congrégations religieuses qui incarnent l’autorité légitime. C’est oublier enfin que les quarante-cinq recommandations de la Ciase sont précisément perçues par nombre de catholiques comme exprimant leurs désirs de réformes pour l’Eglise au point d’en faire, pour certains d’entre eux, leur contribution à la consultation synodale engagée par le pape François.

Confusion dramatique entre défense de l’institution et défense de l’Eglise

A lire le texte des huit membres de l’Académie catholique, on a le sentiment d’une confusion entre défense de l’institution et défense de l’Eglise. Comme si l’urgence était moins l’annonce de l’Evangile, dans la vérité et la justice, que le maintien de structures et de modes de fonctionnement immuables. Reste qu’il appartient à l’Eglise d’engager elle-même courageusement les réformes nécessaires, au regard du droit des personnes, au risque de se les voir imposer de l’extérieur avec l’assentiment de l’opinion et de catholiques eux-mêmes, exaspérés de ne pouvoir se faire entendre en interne. (4) Il est vrai que certaines de ces réformes dépendent du Magistère romain et de la volonté – ou non – du pape François de les prendre en considération. C‘est pourquoi on sait gré à Mgr de Moulins Beaufort d’avoir déclaré sans ambiguité « Je suis déçu du report de l’audience accordée par le Saint-Père aux membres de la Ciase. » (5) Bref, contre les accusations portées par quelques intellectuels catholiques, l’épiscopat réaffirme son soutien au processus engagé par le rapport Sauvé. 

  1. Créée en 2008, l’Académie catholique de France, rattachée au Collège des Bernardins, comporte trois collèges : 94 sociétaires individuels, 20 sociétaires représentant des institutions (associations, fondations, instituts) et 60 membres du corps académique représentant les divers domaines des sciences et de la culture. 
  2. Chiffre scandaleux en soi, à mettre néanmoins en parallèle avec les 5,5 millions de français qui disent avoir été agressés sexuellement dans leur enfance. 
  3. Marie-Jo Thiel, L’Église catholique face aux abus sexuels sur mineurs, Bayard 2019, 714 p., 24,90 €
  4. Ce choix d’en appeler à la puissance publique contre la surdité et l’immobiliste ecclésiastique est depuis longtemps la stratégie d’Anne Soupa et Christine Pedotti par exemple. C’était le sens de leur appel du 29 septembre 2018 appuyé par François Devaux, à la création d’une Commission d’enquête parlementaire sur les crimes pédophiles dans l’Eglise, avant que la Cef ne se décide à créer la Commission indépendante présidée par Jean-Marc Sauvé. 
  5. Initialement annoncée pour le 9 décembre, cette audience a été reportée pour des raisons officielles d’agenda du pape. Mais la simultanéité de l’annonce avec l’envoi à Rome du texte des huit académiciens a nourri le soupçon.

Photo d’ouverture © Aleteia

56 comments

  • Permettez moi d’être perplexe …..
    qu’est ce que cette « Académie Catholique » ?
    qu’elle est son utilité …
    je ne m’étonne plus qu’un jour il y ait eu Martin Luther
    Désolée ….mais heureusement qu’il y a des personnes
    comme Soeur Véronique Magron..
    entre autres et les pauvres prëtres qui organisent comme
    ils peuvent les offices dans les paroisses ;;
    JÉSUS au secours !

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  • Je souscris pleinement à cette analyse qui souligne l’absence de sérieux de la critique du rapport de la Ciase par l ‘académie catholique de France .

    Il me semble aussi que cette critique faite par l’académie est entachée d’une erreur méthodologique majeure . Elle part de la doctrine et du statut de l’église dans la République pour estimer ce qu’il est possible ou non d’en déduire pour qualifier la pédocriminalité des clercs .
    La Ciase adopte une méthodologie beaucoup plus sérieuse en établissant d’abord la réalité des faits avant de les analyser et d’en déduire un diagnostic et des préconisations .

    – L’académie part de ce qu’est l’église (sans se donner la peine d’établir réalité des faits ) pour estimer et qualifier le phénomène de la pédocriminalité des clercs .
    – La Ciase part de la réalité des faits qu’elle a rigoureusement établis avant de poser son diagnostic et ses propositions .

    Dans le cas de l’académie une démarche qui consiste à plaquer une croyance sur des faits
    Dans le cas de la Ciase une démarche qui consiste fonder ses conclusions sur une analyse rationnelle des faits .

    J M Sauvé a estimé que la rapport de la Ciase marquerait l’histoire .
    Il a pleinement raison , ce rapport constitue la ligne de partage entre la raison et la croyance dans l’appréciation de ce qui se vit dans l’église .

    Les évêques français ont reconnu non sans mal l’importance et la valeur du rapport de la Ciase . Sauront ils , pourront ils , du moins en ce qui relève de leur compétences en mettre en oeuvre concrètement les préconisations ?
    Il en va de l’avenir du catholicisme en France .

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    • Nous serions donc face au dilemme suivant : soit on adopte sans sourciller tout ce qui est écrit dans le rapport Sauvé et le catholicisme sera sauvé en France, soit on se permet d’une façon lamentable et totalement infondée et en plus en manifestant le plus profond mépris à l’égard des victimes et alors tout est perdu irrémédiablement
      Spectacle lamentable décidément
      @ Marie-Christine vous dites que vous avez lu plusieurs fois la déclaration et je n’en doute pas, mais j je ne fais évidemment pas la même lecture que vous

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      • Dominique, vous vous adressez à Guy qui vous répondra, si bon lui semble. Permettez-moi de vous dire que votre commentaire est tout à fait désobligeant à mon endroit. J’ai investi du temps et de la réflexion sur le texte des huit académiciens. Laisser entendre à demi-mot que je balaierais ses propres critiques de manière gratuite, superficielle et par pure idéologie est pour moi irrecevable.

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        • René, je trouve lamentable qu’entre personnes d’un tel niveau on en soit à prendre à témoins le tout venant comme si un dialogue ne pouvait en aucun cas exister et je trouve que cette tentative de dialogue aurait dû exister dès le départ
          Quant au reste il me semble que la position de ces 8 membres de l’Académie mérite mieux que la caricature qu’on se contente d’en faire et malheureusement pour ma part je n’ai pas la culture nécessaire pour avoir un regard absolument neutre.
          En conclusion je reconnais la profondeur du travail de la Ciase. Pour autant il ne me choque pas que d’autres infiniment plus compétents que moi en la matière soient en partie en désaccord avec ce rapport
          .

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          • Dominique,

            Encore une fois, ces 8 Académiciens «  ne sont pas EN PARTIE en désaccord avec ce rapport «.
            Ils sont en désaccord sur TOUT; la méthode, le diagnostic, les recommandations, les indemnisations des victimes.
            Autrement dit, le rapport de la CIASE n’a pour eux absolument AUCUNE valeur.
            Et je ne lis ici aucune caricature de leur document mais une critique argumentée.

      • Dominique,

        Alors quelle lecture en faites vous precisement ?
        Autrement dit, avec quoi precisement êtes vous en accord dans ce rapport ?
        Avec quoi precisement êtes vous en désaccord dans sa critique ? On aimerait vraiment le savoir.
        Étant donné que, dans tout débat qui se veut un peu honnête du point de vue intellectuel et respectueux du travail d’autrui, il y a des règles à respecter. Ainsi, on ne s’oppose pas par principe aux idées des autres sans argumenter un minimum et en prenant, comme souvent,
        un plaisir facile à caricaturer leur position, comme vous le fait à juste raison remarquer M. Poujol.
        Donc qu’avez vous réellement à dire ?

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      • A Dominique,
        Nous essayons sur ce blog d’envisager des questions qui sont complexes et tentons de livrer à la réflexion commune , en dépit notre irréductible part de subjectivité, une position aussi argumentée que possible en tentant d’objectiver le plus possible les problèmes posés .
        – René a analysé les erreurs qui entachent le texte de l’académie catholique
        – J’ai essayé de dire que la méthode de l’académie qui critique le rapport de la Ciase à travers le prisme d’un présupposé sur la nature de l’église était inappropriée pour espérer comprendre les causes et l’étendue de la pédocriminalité des clercs .
        JM Sauvé a souligné les modalités injurieuses de la méthode à l’égard es autres membres de l’académie : pas de discussion en interne , pas de principe du contradictoire , saisine de la hiérarchie dans le secret …etc

        A tout cela tu n’opposes qu’une ironie caricaturale et méprisante vis à vis des interventions sur ce blog . dont je peine personnellement à en saisir l’utilité et l’apport à notre effort commun de discussion .

        Pour ma part je fais crédit à ce blog et à ses commentateurs tant du sérieux de leur réflexion que de leur honnêteté intellectuelle , quand bien même je suis parfois en total désaccord aussi bien avec leur analyse qu’avec les conclusions qu’ils en tirent .

        Nous ne partageons manifestement pas la même éthique de la discussion . Je ne me sens pas personnellement atteint par la « qualité « de ta réponse , mais regrette surtout que tu recourres à l’ironie qui est de mon point de vue une fuite devant les difficultés et l’exigence de la « disputatio  » qui pourtant nous aide de tous à affiner et à approfondir notre opinion .

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        • Guy,excuse -moi mais si tu savais à quel point je suis d’accord avec l’Ecclésiaste,alors pour moi le Rapport de la Ciase a sa valeur,c’est certain, mais ce que disent les Académiciens n’est pas à jeter purement et simplement en partant du principe puisqu »ils critiquent avec excès sans doute le rapport de la Ciase rien n’est à prendre en considération.
          Au bout du compte ma position est très proche de celle des auteurs de ce livre sur Saint André
          Je ne suis pas à genoux devant JM Sauvé, pas plus que je ne le suis devant ces fameux académiciens mais voilà à vouloir tenir quasi constamment une position médiane en la matière on s’en prend plein la G…
          Quant à l’ironie sans doute je la pratique un peu trop mais je ne supporte que très difficilement le discours de celui qui,du moins apparemment sait détenir la vérité en nous donnant quasiment l’ordre de le suivre pour éviter l’inexorable catastrophe

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          • Dominique,
            Comme Marie-Christine, je ne comprends pas quelle est votre position médiane. Ce que vous approuvez, ce que vous rejetez, ou si c’est pour tout à la fois oui et non.
            Ce qui ici, sur tous les points très précis en jeu n’a guère de sens.

            Tout cela ne changera peut-être pas grand- chose à votre vie à vous, parce qu’à moins que vous ne disiez pas tout, vous n’avez pas subi d’abus graves de la part de l’Eglise
            ni écouté des victimes pendant des centaines d’heures.
            Mais pour ces victimes,
            ce qui se joue ici est vital.
            Ce dont se fiche complètement et cruellement l’académie catholique, répétons-le. Parce que faire quelques belles phrases onctueuses et hypocrites sur les victimes pour expliquer, après un développement oiseux, que ne rien faire sera pour leur bien (à cause des « fausses » victimes qui se présenteraient – comme c’est plausible, charitable, bienveillant – et rafleraient les indemnisations dûes aux « vraies » : donc n’indemnisons pas du tout et conservons notre fric et toutes nos habitudes) est tout simplement odieux.

            Sur des sujets aussi graves et douloureux, il n’est pas sérieux de se positionner de façon « médiane », par principe, sans aucun argument et sans être précis, c’est tout ce que Guy et Marie- Christine tentent de vous dire je pense, mais vous ne cessez de répondre à côté et d’esquiver.

  • Bien des catholiques ont compris que l’instituion cléricale vaticane
    n’était pas l’Eglise de Jésus-Christ. Il reste quelques obstinés
    de la « chrétienté » Dommage. Mais le pape « hérétique » n’est pas aussi aveugle que Hugues Portelli.

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    • Je vois tout de même avec satisfaction que si l’institution vaticane n’est pas l’Eglise de Jésus-Christ le pape, lui, pourrait bien être son disciple.

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  • Merci beaucoup René pour ce billet très complet.
    Permettez-moi de rajouter une chose : on lit ici et là, depuis la remise du rapport Sauvé, que tout de même il ne faut pas le sacraliser (c’est insinué par les plus prompts pourtant à sacraliser en temps ordinaire), que ce rapport n’est quand même pas parole d’Evangile…

    Pour les victimes – puisqu’il s’agit d’elles avant tout décidément ? – il l’est.
    Parce que jusque-là, dans l’Eglise, l’Evangile avait justement été lettre morte.
    Ce même évangile qui se soucie du petit, du souffrant, de celui qu’on écrase et qui fustige le pharisaïsme. Etonnant ce que cet Evangile est devenu pour les victimes : une injonction à souffrir en silence, pardonner et avoir le bon goût de se rendre invisibles pour que le pharisaïsme puisse prospérer sans être jamais remis en question.
    Qu’est-ce que le Christ avait donc à faire d’une doctrine devenue immuable, d’une justice dont on dirait (quand on se rappelle qu’il en existe une) qu’elle a été spécialement conçue pour rendre intouchables les plus puissants, de discussions théologiques, philosophiques, juridiques savantes ou non autour d’une table entre personnes qui n’ont probablement jamais eu le courage de rencontrer une seule victime ?
    Que défendent-ils ? Qui défendent-ils ? Certainement pas le Christ et les Evangiles, dont ils ont perdu le sens en chemin. Il est vrai que celui-ci demeure caché aux puissants et a été révélé aux petits.

    Le contresens et le contre-témoignage de cette lettre et de ceux qui l’approuvent tout bas, et parfois plus haut, sont absolument terribles.

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  • Pour ce qui est de l’indemnisation des victimes, l’argumentaire de ces « académiciens » sera sans effet puisque l’engagement est pris. Par contre, ce libelle n’est que le début d’un long processus visant à entraver toute réforme systémique de l’Eglise, laquelle excelle à laisser les choses s’enliser dans le temps long.

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  • Pingback: Du rififi dans l'église catholique de France - Pro Veritate

  • Il y a vraiment quelque chose de terrible dans le fait de réaliser, quand on s’est longtemps débattue contre une hiérarchie (Eglise-institution) verrouillée, que lorsqu’enfin il commence à y avoir du jeu dans les rouages, aussitôt l’étroite vigilance d’une partie de l’Eglise (peuple de Dieu) tente de remettre en place le cadenassage.
    Qui sait ? Peut-être aurait-on pu commencer à respirer ? Et il y aurait eu danger alors ?
    Libérer les enchaînés, briser tous les jougs, vêtir ceux qui sont nus… Nous sommes loin d’Isaïe et de la Bonne Nouvelle qui a suivi.

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  • A Anne
    L’église n’a pas encore pris le chemin de l’exode ou la conduit l’Evangile . .Elle est encore dans le pays de servitude et les pharaons de l’académie catholique , tenant d’un ordre immuable , se confrontent aux Moises de la Ciase .L’enfant trouvé aux origines inertaines qui devient le vecteur du salut .

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    • Merci Guy. Je crois en effet qu’il y a un véritable travail à faire sur la question de la liberté, celle qui nous a été promise par le Christ, et dont assez peu finalement ont envie. Ce qui a pour effet de maintenir tout le monde dans les liens.

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  • Pour rebondir ou raccrocher un peu à ce que pensent Anne et Guy, je m’interroge, et souhaite votre point de vue sur l ‘ « apparition » du NOUVEAU MISSEL ROMAIN – nouvelle traduction – issu est-il dit des textes d’origine en latin.
    Quelle est l’urgence de cette recréation ? Est-ce qu’elle aurait pour objectif de recadrer des « fidèles » qui auraient depuis août 2018 et la Rapport Ciase, des velléités de penser un peu plus par eux-mêmes; ; de mettre « en bouches » des assemblées, les justes paroles officielles du bon catholique ?
    En quoi, au regard des « remous » scandaleux de l’Institution, cette « nouveauté » était-elle nécessaire, et « missionnaire », pour l’Evangélisation ?
    Je me demande si je n’ai pas trop de mauvaise foi ?!
    Merci pour ce blog, où les réflexions libres se conjuguent et aussi, bon signe, s’opposent.

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    • Je ne souhaite pas engager le débat sur cette réforme du Missel. Une chose est sûre sa mise en chantier est largement antérieure aux remous provoqués par ces affaires de pédocriminalité et à plus fortes raisons au rapport de la Ciase.

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  • Le rapport Sauvé est un bien fait pour l’Eglise qui l’a commandé à la différence des autres institutions religieuses et laics. Mais ce rapport Sauvé n’est pas parole d’Evangile et peut supporter des critiques. Par exemple, compte tenu de la méthodologie adoptée il eut été souhaitable d’établir une fourchette du nombre des victimes de 150 000 à 300 000 victimes . Modifications de forme mais pas de fond. Par ailleurs soyez charitable et évitez de commentaires trop long qui relèvent du baratinage.

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  • Anne, »avoir une position médiane » n’a guère de sens ? Ah bon! dès lors il n’y a plus rien à discuter, absolument plus rien.
    La Ciase a donc été bien évidemment inspirée par le Saint Esprit et les « académiciens » en cause seraient une bande d’hypocrites réactionnaires au dernier degré, se moquant éperdument du sort des victimes.
    Eh bien je regrette, mais pour moi le rapport de la Ciase a bien entendu une valeur considérable mais il est néanmoins critiquable et les académiciens en cause, même si je critique la méthode pour le moins inélégante qu’ils ont choisi de prendre pour faire connaitre leur point de vue étaient dans leur droit
    D’ailleurs je crois reprendre là absolument le point de vue exposé dans le lien suivant « du rififi dans l’Eglise de France Pro Vvéritate »

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    • Dominique, je crois que le terme de « position médiane » est inapproprié, comme si on pouvait dire : « in medio stat veritas ». L’important n’est pas d’avoir une position médiane que critique vis-à-vis de tout document que ce soit le rapport Sauvé ou le texte qui le met en accusation. Et cela à partir d’arguments rationnels et d’analyses et non d’a priori idéologiques. Je crois que sur ce point tout le monde doit pouvoir se retrouver.

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      • René, mais je crois absolument que la vérité, pour ce qu’il en est de cette affaire ne se trouve ni dans le soutien inconditionnel au rapport de la Ciase,ni dans la position par trop critique des académiciens en cause.
        C’est ce que je veux dire en employant le terme de position médiane

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        • Mais nous parlons d' »arguments rationnels » et d' »analyses » comme le rappelle René. S’il n’y a pas cela, il est en effet impossible de discuter
          car on s’en tient alors à des positions de principe, sur tout et sur rien et qui ne font ni réfléchir ni avancer.

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        • Dominique,

          OK 😀
          Mais au fait ! Au fait !
          Comme déjà demandé, qu’approuvez vous donc dans le rapport de la CIASE ? Que désapprouvez vous ?
          Meme chose pour la critique des 8 de l’Academie catholique ?
          Qu’approuvez- vous ? Que désapprouvez vous ?
          Une «  position médiane «  s’explique aussi.
          Sinon, a quoi peut donc bien servir de s’exprimer sans jamais rien dire du fond en fait ?
          Ça fait guère avancer le smilblic, tout ca 😀 Et c’est beaucoup trop facile aussi, et même offensant pour ceux qui ne «  jouent «  pas aux réponses de normands.

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          • Réponse de Normand?Si vous y tenez…
            Je vais donc vous précisez que j’approuve bien incidemment le fait que la Ciase est interrogé les victimes mais tout comme les fameux académiciens je ne suis pas convaincu du caractère parfaitement objectif du comptage de ces victimes et que le chiffre de 300000 me parait reposer sur des bases incertaines.
            Quant à l’indemnisation des victimes je m’interroge également car qui sera considéré comme victime sur quelle base car il me semble inconcevable de prendre pour argent comptant et là dessus je rejoindrais plutôt la position des académiciens laquelle me parait juridiquement parlant assez bien fondée même si mes compétences en matière juridique ne sont guère importantes
            En fait l’appel à la générosité publique ne m’aurait absolument pas gêné même si je n’ai strictement aucune part de responsabilité dans cette affaire.
            A vrai dire en tant que chrétien je vois assez mal le rejet manifesté par certains contre cette idée De plus je ne vois pas du tout l’Eglise de Ftance rouler sur l’or et m’inquiéte beaucoup que par exemple une chapelle construite il n’y a pas 30 ans soit détruite par mesure d’économie…et de raréfaction des pratiquants
            Et puis je me dis que les sommes ainsi allouées pour la bonne cause manqueront automatiquement à nos successeurs
            Quant aux préconisations de la Ciase elles n’obligent en rien le Vatican

  • Sur le fond, même si le chiffrage des abus peut être critiqué ( je n’en sais rien), je me heurte à un mystère concernant la critique de fond du rapport Sauvé.

    Je ne comprends pas pourquoi, selon ses auteurs, et d’autres critiques aussi, serait faite l’Eglise-institution ? Il me semble, quant à moi, que c’est pour promouvoir le bien des personnes, qui ne sont pas seulement  « des âmes à sauver «  mais des etres de chair à respecter dans leur intégrité physique et morale, donc rappeler des exigences éthiques fondamentales issues de la volonté divine elle même ; Dieu ne pouvant vouloir le mal. Et, en premier lieu, tenter du mieux possible de les vivre.
    D’ailleurs les âmes ne sont pas sauvées si les corps et les psychismes ne sont pas respectés.
    Ou l’institution ne serait elle faite que pour « persévérer dans son être « sans jamais se soucier de réajuster, et sa fidélité au Christ, et sa crédibilite vis à vis du monde extérieur ?

    Ainsi quand une institution qui se dit «  sainte «  ne respecte pas, peu ou prou, des exigences éthiques fondamentales, même si elles lui sont rappelées par la société civile ( quelle importance franchement au regard du bien à faire et du mal à éviter ? ), il semble normal qu’elle s’interroge sur elle même et essaye de comprendre ses failles et dysfonctionnements. Cela ressort évidemment de sa fidélité à la volonté divine qui ne peut vouloir que le bien.
    Et cette institution devrait même remercier ceux, quels qu’ils soient, qui, à défaut, le lui rappellent de l’extérieur. Pourquoi auraient ils tort par principe ? Pourquoi n’auraient ils rien de recevable à dire ; Dieu ayant créé tous les etres humains avec conscience et liberté ?

    Cette crispation sur le statut «  sacré «  et « immuable «  de l’institution m’ est donc incompréhensible aussi bien du point de vue moral que spirituel. Puisque cette institution n’a de légitimité que celle qui lui fut donnée par le Christ, ceci d’après sa théologie elle même. Et son clergé aussi n’a que cette légitimité. Ces légitimités ainsi donnés par le Christ lui même, obligent donc à la vigilance et à la conversion sans cesse renouvelées.
    Par conséquent, pourquoi s’offusquer, se défendre à coup de toutes sortes d’arguties, lorsque ces exigences « redoutables » sont rappelées ?

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    • Dominique,
      Le nombre de victimes n’est pas le plus important, ainsi que l’a rappelé en personne le président de la CEF (je me souviens d’ailleurs que votre première réacrion a été quelque chose comme : je m’attendais à pire). Le plus important est le système qui a permis cela et qu’il soit modifié. Car sinon, à partir de quel nombre conviendrait-il d’agir ?

      Comment saura-t-on qui est victime ? Je crois que tous ceux qui les ont écoutées disent avoir reconnu les « signes » et je suppose que le caractère invalidant de l’abus dans la vie ultérieure sera très étudié, par des experts a-t-il été dit, autant qu’on peut l’être en ce domaine.

      Pour l’indemnisation par l’Eglise elle-même, elle me semble normale. Je crois que le serment d’Hippocrate des médecins commence par « Primuum non nocere ». (D’abord ne pas nuire). L’Eglise pourrait s’y astreindre avant toute chose et si elle n’a pas su le faire, réparer.
      Moi non plus l’idée d’une participation des laïcs ne me choque pas spécialement, d’autant plus, sans vouloir trop heurter les sensibilités, que certains ont largement participé à la sacralisation du prêtre et de l’institution. Mais celle-ci ne peut sans arrêt « faire la manche » et doit refléchir à ce qu’elle possède qui pourrait aider à réparer. Ou alors c’est qu’encore une fois elle veut s’affranchir des lois ordinaires.

      Le nombre de fidèles etc… me paraît pour l’instant un problème secondaire ou en tout cas second. Il se pourrait d’ailleurs qu’il soit dans le futur lié à la responsabilité que l’Eglise accepte d’endosser ou non par rapport à ses graves manquements qui invalident, quoi qu’on en dise, le coeur même du message qu’elle veut transmettre.

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      • Eh bien que cela plaise ou pas, n’étant ni statisticien ni théologien effectivement je m’interroge sur la valeur réelle des positions des uns et des autres et m’étonne toujours et encore sur ce sondage effectué sur la base de 28 000 personnes alors que les sondages sont toujours faits sur une base d’environ 1000 personnes
        Encore une fois je ne jure ni par les uns ni par les autres car aucun des deux ne me séduit et pourtant ce sont tous de grands intellectuels et comme l’écrit le frère quI s’exprime dans « du rififi dans l’Eglise de France » j’estime que la position de ces fameux académiciens mérite mieux qu’un simple mépris.

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        • Dominique trois objections à vos propos qui tournent au bégaiement :
          – vous devriez comprendre qu’un échatillon de 28 000 personnes est par définition plus représentatif donc plus fiable qu’un échantillon à 1 000. Et je puis vous assurer pour avoir commandé (et payé) quelques dizaines de sondages comme directeur du Pèlerin que le coût élevé, à la question et au contact, n’incite pas à augmenter le nombre d’interviewés si ce n’est pas nécessaire.
          – vous dites qu’aucun des deux (camps) ne vous séduit. Permettez-moi de vous dire que ce n’est pas la question. On est ici en recherche de vérité sur des affaires d’une extrême gravité et notre ressenti individuel n’a strictement aucune importance. Je ne suis pas « séduit » par le rapport Sauvé. J’entends ce qui m’y est dit et qui, passé au crible de l’analyse, me semble recevable.
          – enfin vous parlez de mépris à l’égard de ces académiciens qui, selon vous, valent mieux que ça. Il peut y avoir du mépris de la part de certains à leur encontre, ce qui est toujours regrettable. Mais je vois surtout une critique assez radicale de leur propre méthodologie et de leurs conclusions. Et je trouve assez étonnant que venant nous expliquer que le rapport de la Ciase n’est pas parole d’Evangile, ils revendiquent pour leurs propres travaux un tel statut, à l’abri de toute contestation.

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          • A propos du mépris, je me permets de m’en demander où se situe le plus grand mépris quand on lit le début de cette critique du rapport de la CIASE, outre la démarche elle aussi bien méprisante.
            Et, de toute façon, comme vous le dites M.Poujol, la question n’est pas celle du mépris mais de l’argumentation.

          • je ne vois pas, mais ill est possible que je me trompe bien sûr, ces académiciens déclarant que seule leur point de vue est digne d’intérêt. Par ailleurs vous soutenez qu’un échantillon de 28 000 personnes est plus sûr qu’un échantillon de 1000 et pourtant ,que je sache tous les sondages se font sur la base de 1000. Je veux bien croire que le prix de revient d’un sondage soit fort important mais j’ai du mal à croire que ce soit pour ce seul motif ou essentiellement sur ce seul motif que les sondages continuent de se faire sur cette base.
            De toute façon, le nombre des victimes est beaucoup trop important et donc scandaleux et l’attitude de beaucoup trop d’Evêques qui n ont pas agi comme ils auraient dû le faire est effectivement un scandale Mais je le redis , pour moi à la base il y a un oubli complet des exigences de l’Evangile et je ne crois pas qu’une réforme finalement d’ordre administratif soit suffisante pour régler cette affaire. je ne crois pas que le problème de la présence du Mal à l’intérieur de l’Eglise se règle par des mesures d’ordre administratif
            Le monde, et à juste raison,tente de régler les problèmes par la modification des règles mais si, nous,nous nous contentons de faire comme lui ce sera un coup d’épée dans l’eau rien de plusPar ailleurs je voudrais dire à Marie-Christine que les changements du Droit Canon ne se font pas du jour au lendemain d’une part et que si ce changement a lieu,actuellement personne ne sait vraiment en quoi ce changement consistera cncrêtement

        • Le même sondage sur un échantillon de 1000 personnes aurait donné un résultat illisible, avec une marge d’erreur plus grande que le résultat (voir mon commentaire d’hier). Quant à ce quarteron d’intellectuels catholiques à la retraite, ils méritent en effet mieux que le mépris pour deux raisons : la fameuse avancée par Châteaubriand que je ne rappellerai pas ici, et le fait que c’est toujours une erreur de mépriser ses adversaires.

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          • Désolé DM63 mais les procédés utilisés par ces 8, au moins le Pt Portelli, sont méprisables:
            – un bureau d’association loi de 1901 vaguement élargi (Pt, 2 vices-président, secrétaires plus 4personnes cooptés) ne prend pas seul l’initiative de produire au nom de ses 200 membres un tel texte puis de le diffuser secrètement sans consulter, a minima, le CA et ses 3 membres les plus concernés: Pt de la CEF, Pte de la Corref, et Pt de la commission Sauvé.
            – Un Pt d’association loi de 1901, ex sénateur et universitaire, donc parfaitement conscient de ses actes, ne reporte pas sine die la réunion projetée des 8 avec l’auteur du rapport objet de leur travail.

          • Jean-Pierre Gosset, je suis entièrement d’accord avec vous sur le caractère méprisable des procédés employés !
            J’ajouterai, pour terminer, que l’Académie Catholique de France devra prendre position sur ce texte en tant que telle, après que son président et sept autres membres lui aient tordu le bras de cette manière !

      • Anne,effectivement je m’attendais à encore pire concernant le nombre des victimes et çà effectivement été ma première réaction
        Encore une fois je ne suis pas un thuriféraire forcené de l’Eglise,absolument pas et la culpabilité de l’Eglise dans cette affaire
        est absolument évidente; Pour autant je ne crois pas que le salut se trouve dans une simple réforme d’ordre administratif aussi nécessaire soit -elle. car pour moi il s’agit avant tout d’un problème de conversion.. et en disant cela je ne glisse délicatement pas sur l’aspect pécuniaire de l’indemnisation des victimes. problème ô combien matériel mais quand on sait le nombre effarant de diocéses en grandes difficultés sur ce plan -là…
        Au bout du compte le P’tit Père Combes a rendu un fier service à l’Eglise en accaparant toutes les égises…

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    • Marie-Christine pour moi il faut d’abord s’entendre sur l’expression « faire le bien des personnes » car pour moi aider quelqu’un à connaître Jésus-Christ et son Evangile c’est AUSSI et je dis bien AUSSI promouvoir le bien de ces personnes et depuis 2000 a ns on ne peut guère accuser l’Eglise de ne jamais s’ être préoccuper du bien des personnes .
      Quant à s’interroger sur elle-même par la création de la CIASE il me semble qu’elle a justement apporté la preuve qu’elle avait conscience de cette absolue nécessité et je sais que vous n’ignorez pas le fait que les différents conciles qui ont jalonnés son histoire apportent la preuve qu’elle a tenté toujours d ‘avoir un comportement ou des règles en accord avec l’Evangile certes avec plus ou moins de bonheur;

      Par ailleurs reprocher au Catéchisme de l’Eglise catho de ne pas parler spécialement de la pédophilie et de son évidente interdiction me parait lui faire un mauvais procès car je ne puis croire que ces prêtres prédateurs et donc criminels n’avaient absolument pas conscience de la gravité de leur comportement.

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      • Réponse à côté.
        Car ce n’est absolument pas ce que j’ai dit.
        Je me suis interrogée sur le bien fondé des ces critiques du rapport de la CIASE eu égard justement à la mission de l’Eglise.
        Quant au code canonique, il va aussi changer ces jours ci, je crois: preuve d’une prise de conscience d’un problème indéniable.

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  • La position des huit signataires du texte critiquant le rapport de la Ciase me fait penser à cet étudiant qui avait dit en cours : je ne suis pas d’accord avec la théorie d’Enstein sur la relativité .Et le professeur avait du expliquer la différence entre le savoir et l’opinion .
    La méthodologie du rapport de la Ciase se fonde sur le savoir avéré , aussi imparfait soit il, dans toutes les disciplines mobilisées pour appréhender la pédocriminalité dans l’église .
    Le texte du club des huit émet une opinion a partir d’a priori sans jamais se référer à un quelconque savoir .
    Quant à Dominique qui cherche une posture médiane entre deux choses- savoir et opinion
    qui n’ont rien en commun , il est dans la position de celui qui cherche le juste milieu entre ceux qui estiment que la terre est plate et ceux qui veulent comprendre les subtilités de l’orbite de la terre autour su soleil .

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  • Excellente analyse de ce brûlot ! Je m’en tiendrai à la querelle des chiffres, moins dérisoire qu’il n’y paraît, et sans que personne n’oublie les drames humains que ces chiffres pourraient finir par masquer. N’en déplaise à Hugues Portelli qui a prétendu le balayer d’un revers de main hier matin sur Radio Notre-Dame, le chiffre énorme de 330 000 n’est pas avancé de manière hasardeuse. Il émane d’un sondage portant sur un échantillon de 24010 personnes, parmi lesquelles 171, soit environ 0,6%, ont déclaré avoir été victimes d’abus au sein de l’Eglise. Rapporté à la population adulte française (environ 47,5 millons), on trouve bien à peu près 338 000, arrondi à la myriade inférieure. Le pourcentage de 0,6% nécessitait un échantillon assez conséquent pour pouvoir être extrapolé de cette manière. La marge d’erreur reste importante, environ (de mémoire) plus ou moins 60 000, mais pas au point de rendre le résultat illisible. Le résultat est donc entre 278 000 (estimation basse) et 398 000 (estimation haute) si mon chiffre de l’erreur est le bon (en tout cas c’est de cet ordre). Toute cette méthodologie est expliquée dans le rapport de la CIASE, qui ne cache absolument pas cette marge d’erreur. Laissons les statisticiens sérieux critiquer la méthode si elle a besoin de l’être.

    Dominique (l’autre, le normand…).

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  • Je mets le lien d’une tribune du Monde de trois enseignant en théologie de la faculté de théologie catholique de Strasbourg en réaction à la lettre de 8 membres de l’Académie Catholique. A noter qu’un des 8 signataires de l’Académie Catholique enseigne dans cette même faculté de théologie de Strasbourg!
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/12/02/il-y-a-mieux-a-faire-que-d-accuser-le-rapport-sauve-d-avoir-voulu-mettre-a-bas-l-eglise-institution_6104413_3232.html

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      • Dans cette tribune, les auteurs (Marie-Jo Thiel (elle est l’auteure entre autres de L’Église catholique face aux abus sexuels sur mineurs), Marc Feix et Michel Deneken, tous trois enseignants en théologie à la fac de Strasbourg, Michel Deneken étant de plus président de l’Université de Strasbourg) dénoncent  l’entre-soi clérical  dont procède le texte des huit membres de l’Académie catholique. Selon eux, seules les victimes peuvent, « par leur témoignage, faire le lien, dans une perspective systémique, entre le rôle joué par certaines conceptions de l’Église et le cumul des pouvoirs d’ordre et de juridiction entre les mains des seuls ministres ordonnés . Apparaît ainsi en pleine lumière la dissymétrie de la relation avec les laïcs, redoublée avec les femmes. Les témoignages mettent en évidence les interprétations fallacieuses des Écritures quand les acteurs d’abus les mettent au service de leurs déviances, souvent couvertes par des prêtres ou des évêques. ».
        Ils se demandent si les rédacteurs du texte de l’Académie catholique ont écouté les victimes des abus au sein de l’Église ou s’ils ont « seulement réagi théoriquement à des aspects ponctuels du rapport Sauvé ». S’accrocher aux seuls chiffres est insuffisant car une seule victime est déjà de trop. L’approche systémique du rapport Sauvé « permet de relier une multitude de causes favorisantes, dont aucune n’est à elle seule suffisante mais qui, en s’additionnant, en se potentialisant mutuellement, démultiplient les effets. » L’organisation systémique de l’Église fait que si l’Église agit mal « « l’organisation peut devenir le support d’une sorte de dérive collective dont le pouvoir de destruction se trouve démultiplié » » dixit le rapport Sauvé. Et ce même rapport souligne que cette « démultiplication est portée à un coefficient supérieur » en raison de son rôle social et spirituel. Pour nos trois auteurs, la défaillance est alors bien pire. Ils concluent : «  Le rapport de la Ciase jette une lumière crue sur l’institution ecclésiale. Qui préférera les ténèbres qui ont permis tant de crimes ? »

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        • Merci Jean-Philippe pour ce résumé.
          A noter que Marie-Jo Thiel a également démissionné de l’académie catholique.

          On sait, quand on y a été confrontée de l’intérieur de la structure, qu’on l’a subi, que l’abus dans l’Eglise est bien « systémique », et dû à une « multitude de causes favorisantes » que j’ai mis petsonnellement des dizaines d’années à détecter et un peu comprendre. Je ne vois pas du tout comment on pourrait les percevoir de l’extérieur, à moins qu’elles aient été soigneusement analysées par des experts et qu’on fasse effort pour recevoir ces analyses, si difficile et peu plaisant cela soit-il. Je ne vois pas non plus comment ces analyses et les conclusions qui ont suivi auraient pu être possibles sans écouter un grand nombre de victimes, faire des recoupements, tomber toujours sur les mêmes mécanismes qu’elles-mêmes ne comprenaient pas en général ou ne faisaient que pressentir, se débattant depuis toujours, avec beaucoup de culpabilité, bien peu de moyens et pas du tout d’aide, dans des filets extrêmement serrés et se heurtant avant tout au silence et au déni de la hiérarchie comme des laïcs, faut-il le rappeler ? Et ce sont ces derniers qui à présent, réagissent affectivement, théoriquement ou idéologiquement pour encore défendre l’indéfendable et tenter dans un dernier sursaut de revenir aux « ténèbres ».
          Je n’en reviens encore pas.

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        • Merci beaucoup pour cette recension qui permet de comprendre ce que les auteurs du rapport Sauve ont découvert comme dérives systémiques à l’écoute du témoignage des victimes. Ce qui n’était possible en effet qu’en se démarquant du discours «  officiel » masquant et même favorisant par des interprétations spirituelles toutes sortes de dérives et d’abus indéniables.
          La perversion du meilleur engendre le pire.
          Ce que ne peuvent ou ne veulent comprendre ces critiques du rapport Sauve.

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  • Le rapport Sauvé, le Tchernobyl du catholicisme romain : « Nourrie de recherches en sciences sociales, « l’une de ses spécificités », la Ciase met en lumière le caractère systémique de ces agressions perpétrées dans l’Église par des prêtres et des religieux abusant de leur autorité. Ces agressions portent aussi la marque de l’inceste, aggravant davantage encore le traumatisme subi par les victimes, ces criminels étant appelés «pères» ou «frères». » (Gino Hoel, Slate, 6/10/2021, voir ci-dessous)
    http://www.slate.fr/story/216978/rapport-sauve-ciase-agressions-sexuelles-eglise-3000-pretres-tchernobyl-effet-tsunami-216000-personnes-complicite-impunite

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  • Jean-Pierre Gosset,

    Rectificatif quand même;
    Ces 8 membres de l’Academie catholique précisent qu’ils ne parlent qu’en leur nom propre et non au nom de l’Academie catholique.
    Cependant la position de certains dans cette même Académie catholique et le fait qu’ils aient tous cette affiliation, sont bien propres à entretenir l’ambiguïté.
    Autrement dit, ils ont pris l’Academie en otage de leur propre point de vue.
    Assez méprisable aussi,

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  • Dominique,

    Désolée ; le code canonique va bien changer ces jours ci à propos des agressions sexuelles et des viols passant des infractions au 6 eme commandement aux infractions au 5 eme ; «  tu ne tueras pas «, soulignant ainsi la gravité de ces délits et de ces crimes, comme le fait la société civile.
    Étonnant que ces 8 Académiciens n’y fassent même pas allusion et prétendent que le droit canonique actuel est suffisant.

    Désolée aussi: ces 8 Académiciens prétendent bien avoir raison sur toute la ligne dans leurs analyses contre les propres analyses du rapport Sauvé. Sinon, pourquoi donc prendraient ils la peine de se fonder sur toutes sortes d’arguments théologiques, philosophiques, juridiques contraires ?
    Et pourquoi les auteurs du rapport Sauve, les présidents de la CEF et de la COREf, plus d’autres personnes, démissionneraient -ils de l’Academie catholique, pour manifester leur désaccord à propos de leur démarche, aussi bien sur le fond que sur la forme ?
    Pourquoi ces 8 Academicuens ont- ils ajourne l’entretien prévu avec Jean- Marc Sauve et ont ils redige un rapport secret, plus une lettre secrete, si leur position se voulait ouverte à un dialogue respectueux avec le point de vue d’autrui ?
    Ce serait absurde.

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    • C’est fait : le nouveau Code pénal de l’Eglise catholique, concernant les abus sexuels sur mineurs et sur personnes vulnérables, ainsi que la détention ou la transmission d’images pédo-pornographiques, de la part de clercs ou personnes appartenant à l’Eglise, s’appliquera à partir du 8 décembre.

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      • pourriez-vous être un peu plus précise d ans cette affirmation laquelle n’est reprise par pers onne à l’heure actuelle, ni par La Croix,ni par Le Figaro,ni lLe Monde.

        De toute façon il me semble qu’ en la matière la simple application du deuxième commandement est largement suffisante,non?

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  • Pas de problème.
    Je ne sais pas introduire un lien ici, mais si vous tapez sur google « le nouveau code de droit pénal de l’Eglise catholique », ou même « nouveau droit canonique abus sexuels », vous aurez tous les renseignements. Vatican news, le Monde, la Croix… en ont parlé mais c’était en juin puisque la réforme qui entre en vigueur le 8 décembre a été annoncée le 1er juin.

    Non, en matière de justice, le 2e commandement « tu aimeras ton prochain comme toi-même » n’a pas eu l’air de suffire pour arrêter ou punir les viols sur mineurs ainsi que les viols sur majeurs avec violence. Comme l’a expliqué plusieurs fois Marie-Christine, on se référait jusque-là à « tu ne commettras pas d’adultère » pour TOUT ce qui concernait la sexualité (masturbation, contraception, adultère, viol.. ) et il n’était tenu aucun compte de la victime.
    Celle-ci, dans le cas où elle était abusée par un prêtre qui lui donnait l’absolution (c’est quand même drôlement raffiné) était même considérée comme « complice » du prêtre qui, lui, était excommunié. Enfin, c’est ce qui était prévu, mais dans les faits…
    Le nouveau droit canon ne me paraît toujours pas très précis puisqu’il parle de « punitions », qui pourraient aller jusqu’à l’exclusion de l’Eglise catholique.
    C’est déjà une avancée mais personnellement j’attends de voir ce que la justice canonique envisage de faire pour les victimes.

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