Un défi pour l’Eglise catholique : repenser l’homosexualité

Un défi pour l’Eglise catholique : repenser l’homosexualité

Le tsunami du texte sur la bénédiction des couples homosexuels illustre la « révolution » voulue par le pape François et ses limites. 

(Cet article a été repris dans la lettre du p.Jean-Pierre Roche : Notre pain quotidien, du samedi 10 février)

L’ampleur et la violence du phénomène ont surpris. Plus que l’existence du phénomène lui-même que l’on pouvait présager. De Fiducia supplicans, ce texte romain qui ouvre la possibilité de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, c’est la bénédiction des couples homosexuels qui a provoqué le « non possumus » (nous ne pouvons pas) le plus net de certains et, du fait même, exacerbé les oppositions entre sensibilités dans l’Eglise. Or, quelles que soient ses maladresses, ce texte doit être regardé pour ce qu’il est : symbolique de la « révolution » pastorale voulue par le pape François au travers du synode en cours qui, pour ces mêmes raisons, confirme un vrai clivage dans l’Eglise. Il fait apparaître la limite dont François est parfaitement conscient : prétendre bousculer la pastorale sans toucher à la doctrine. Un débat jusque-là réservé à quelques spécialistes et qui s’expose désormais au grand jour. 

Inutile de revenir ici sur les prises de position qui se sont multipliées au sein des épiscopats, depuis la publication de Fiducia supplicans le 18 décembre dernier. Certains approuvant le nihil obstat (rien ne s’oppose…) venu de Rome, d’autres, plus nombreux, disant leur décision d’interdire ces bénédictions dans leur Eglise, d’autres encore se réfugiant dans une position médiane au motif que le flou du texte romain pouvait bien justifier le leur. Chacun pourra se reporter à ce qui s’est écrit dans la presse ou que j’ai moi-même publié sur ce blog. (lire ici et ici)

La parole des théologiens contre celle des baptisés… 

Deux initiatives plus récentes me semblent donner la vraie dimension de la question posée par ce texte. Citons en premier les commentaires publiés par la Revue Thomiste sous la signature de deux théologiens dominicains : le fr. Emmanuel Perrier et le fr Thomas Michelet. L’un et l’autre dénoncent l’incohérence théologique d’un texte pastoral qui finit par autoriser ce que l’Eglise interdisait jusque là : la bénédiction – à travers les personnes – d’une situation ou structure de péché. Thomas Michelet interroge : « Faut-il promouvoir et consacrer une théologie contextuelle et une pastorale contextuelle qui conduira fatalement à une dogmatique contextuelle au détriment de l’unité de la foi ?  » La seconde initiative est la publication, sur le site de La Croix de la tribune signée de parents de (grands) enfants homosexuels. Ils écrivent : « Nos enfants ne sont pas a priori des pécheurs, objets de dissertations théologiques. Ils sont des sujets conscients, responsables de leur propre existence et capables de chercher leur chemin singulier de sainteté, à partir de ce qu’ils sont et non malgré ce qu’ils sont. »

Nous avons là un exemple des déchirements et divisions « systémiques » qui marquent le catholicisme contemporain. Mais pris dans un contexte de renversement des logiques voulue par le pape François. Renversement qui est au cœur même du synode sur la synodalité engagé depuis 2021 et qui trouvera son aboutissement à l’automne prochain. Fiducia supplicans est une parfaite illustration de cette “révolution“.

Une illustration de la « révolution » prônée par le synode

Définissons-la en quelques phrases : Par le passé, un synode avait pour but de réfléchir, entre évêques, à la manière dont l’Eglise pouvait aménager et traduire son enseignement dit « de toujours » (même si l’expression serait à nuancer) pour le faire mieux comprendre du monde moderne (méthode déductive). Ici, la démarche voulue par le pape est inversée : il s’agit de permettre aux baptisés d’exprimer, en conscience, leurs attentes profondes pour l’Eglise, puis de confier au synode réuni à Rome le soin de discerner ce qui, parmi ces attentes, est conforme aux Evangiles, à la Tradition justement comprise et à la foi de l’Eglise (méthode inductive). D’une pratique de “synode des évêques“ où eux-seuls sont consultes (avec quelques théologiens) et eux seuls appelés à « discerner » on passe à un élargissement où c’est l’ensemble du peuple de Dieu qui est consulté et appelé au discernement.

Concernant l’homosexualité, cela signifie qu’on ne part plus exclusivement d’une lecture intangible du texte de la Genèse – et des textes ultérieurs qui s’en sont inspiré – pour en déduire une doctrine. On s’appuie sur ce que peuvent dire eux-mêmes les baptisés concernés par cette question pour interroger d’abord la pastorale mais aussi la doctrine. Dans l’un de ses ouvrages, l’intellectuel catholique suisse Jacques Neirynck rapporte cette formule empruntée à Augustin d’Hippone  : « Si la raison nous fait voir quelque vérité et que celle-ci paraît contradictoire avec les Ecritures, cela signifie que celles-ci sont mal interprétées. » (1) Or la raison nous fait voir que des homosexuels, parfois chrétiens, ne vivent pas tous, comme l’imaginent certains, dans la débauche et le vice, mais pour nombre d’entre eux dans une quête d’amour, de fidélité, de respect de l’autre, d’ouverture, de fécondité… Y aurait-il péché au seul fait qu’ils choisiraient de se dire leur tendresse autrement qu’avec des mots ? 

Et si le dessein de Dieu plus que le couple hérosexuel était : altérité, alliance, fécondité ? 

Le néo-thomisme – mais également le Catéchisme de l’Eglise catholique – nous oppose, entre autres, l’Ancien Testament et son récit de la création de l’humain homme et femme comme indépassable et structurant. On peut accepter cette lecture tout en questionnant la conclusion pratique qu’en tire le magistère en interdisant comme immoral et pécamineux toute sexualité qui s’éloignerait du champ exclusif de la conjugalité hétérosexuelle ouverte sur la transmission de la vie. La question qui nous est aujourd’hui renvoyée par les homosexuels chrétiens et leurs familles est la suivante : plus que le couple homme-femme stricto sensu, le « dessein de Dieu » ne devrait-il pas être appréhendé plutôt à partir des concepts qui en sont les composantes : altérité, alliance et fécondité ? Et de les ouvrir généreusement au-delà du seul couple hétérosexuel ? Faut-il y voir une remise en question de la doctrine ou plutôt un développement de la doctrine auquel invitait le cardinal Newman ? C’est là la question à laquelle l’Eglise n’échappera pas.

Les textes de la Revue Thomiste, parfaitement argumentés et structurés dans leur verticalité, m’ont remis en mémoire ce propos de la poétesse Marie Noël dont le procès en béatification est ouvert depuis 2017 : « Ce théologien s’exprime comme un vieux serviteur fidèle qui a connu Dieu tout petit et l’aide tous les jours à s’habiller de dogmes. » Et si on cessait d’enfermer Dieu dans des formules jamais reinterrogées, au prétexte sincère de fidélité à la Tradition ?

Partir des Ecritures ou du réel pour retrouver le vrai sens des Ecritures ? 

C’est là, me semble-t-il le vrai contexte dans lequel situer Fiducia supplicans. Celui d’une démarche synodale qui entend inviter l’Eglise à « partir du réel », sachant que ce « réel » peut-être divers – ou diversement appréhendé – selon les continents et les cultures. Cela peut légitimer, au moins pour un temps, le refus de l’épiscopat africain. Cela explique pour une part l’hostilité de nombreux catholiques, en France même, où la culture religieuse continue de véhiculer « l’abomination » supposée de l’homosexualité, lue au travers de l’épisode biblique de Sodome et Gomorrhe généralement mal interprété. Chez beaucoup domine encore une vision de l’homosexualité masculine réduite à la pratique supposée de la sodomie forcément contre-nature si l’on exige de la sexualité qu’elle soit ouverte à la transmission de la vie. Or, la sodomie (pardon pour la trivialité du propos) n’est pas plus le « passage obligé » de l’homosexualité masculine, qu’elle n’est un « passage impraticable » pour les hétérosexuels. C’est dire que le problème est ailleurs !

François n’est jamais que le moment présent de notre Histoire

L’onde de choc provoquée par la non-réception “différenciée“ de Fiducia supplicans prouve au moins, s’il en était besoin, l’extrême difficulté de l’ouverture pastorale engagée, depuis le début de son pontificat, par le pape François. Parce que cette ouverture, aujourd’hui nécessaire, non pour des raisons de « reddition de l’Eglise au monde » mais de fidélité à l’Evangile, débouche forcément, à un certain moment, sur un questionnement de la doctrine, notamment en ce qui concerne la sexualité humaine. Ce qui réjouit les uns et inquiète ou scandalise les autres. Le « diviseur » montré du doigt étant toujours celui qui ose exprimer tout haut ce qui, en réalité, cheminait depuis longtemps à bas bruit et qu’on ne voulait ni voir ni entendre. Dans sa Vie de Jean Racine, François Mauriac a cette phrase : « L’individu le plus singulier n’est jamais que le moment d’une race. » Ce qui signifie, ici, que François n’est jamais que le pape que l’Esprit nous a donnés et que l’Eglise a produit, à ce moment précis de son Histoire, pour l’aider à poursuivre sa route.

  1. Jacques Neirynck, Le savoir croire ‘Ed. Salvator, 2014)
  2. Marie Noël, Notes intimes, Ed. Stock p.130

62 comments

  • J’aime beaucoup que vous insistiez sur les questions d’altérité, d’alliance et de fécondité. Ces 3 questions dépassent en effet bien largement celle de la sexualité.
    Et il serait fort utile que chacun apprenne à discerner aussi dans les textes biblique ce qui est du ressort du contexte culturel du lieu et de l’époque où ces textes ont été écrit et ce qui est du plan de Dieu, en s’aidant notamment des recherches les plus récentes. Des siècles de patriarcat ont interprété les textes de façon orientée pour servir de justification à une certaine vision du monde.

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  • Je reproche au cardinal Fridolin Ambongo la bêtise, – il n’y a pas d’autre mot pour un tel personnage de l’Eglise -, de ses propos du 16 janvier dernier comme quoi l’homosexualité concernerait seulement quelques cas isolés en Afrique en souhaitant une bonne disparition à l’Occident, tout en citant Wladimir Poutine au passage. Il a certainement raison de parler de cas isolés quand on sait que les rituels d’initiation des jeunes adolescents permettent précisément de les éliminer. Il devrait aussi s’inquiéter des cas de prêtre congolais envoyés pour aider l’Eglise d’Occident à disparaître par leur attitude de prédateurs sexuels de femmes. Ces jugements à l’emporte-pièce sont indignes d’un cardinal. Il trouve hélas parmi nos évêques et des confrères des collabos déjà vendus à la vision du monde de Poutine. J’en veux également à la fraction intégrisante des Dominicains de la province de Toulouse qui se font les promoteurs du crâne de Saint Thomas d’Aquin plutôt que de son cerveau. Il est vrai qu’ils l’avaient passé au court-bouillon. Si l’approche à nouveaux frais de l’ensemble de la sexualité, et pas seulement des problèmes posés par l’homosexualité tant féminine que masculine, s’impose aujourd’hui à l’Eglise, ça n’est certainement pas avec la méthode Ambongo et Jivaros qu’on va trouver la solution. Désolé, Eminence, mais je me refuse de disparaître en tant que chrétien d’Occident, pour aller rejoindre saint Thomas au ciel, sans que ça ne vous cause un regret éternel de me l’avoir souhaité.

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  • La sortie du texte Fiducia supplicans est probablement à rapprocher du texte sur la façon de faire de la théologie, ce que vous évoquez: la méthode déductive et inductive (qu’il ne faut probablement pas opposer radicalement). Cela recoupe aussi un autre pan de l’histoire : le fait que depuis un temps que je ne sais mesurer, les théologiens moralistes sont priés de ne pas mettre un pied à côté de la « droite pensée » « de toujours » sous peine de ne plus pouvoir enseigner… alors que beaucoup en auraient bien envie (cf les disciples de Thévenot, par exemple) et seraient capables de faire des propositions de révision du CEC sur ce point (modifier la doctrine). Cela provoquerait d’énormes vagues, aussi, mais au moins on pourrait retrouver une cohérence. Il faudra bien un jour faire sauter le « intrinsèquement désordonné »… comment le maintenir « en raison » ; après il y a en parallèle l’histoire de la société : dans le monde des « psy » l’homosexualité était classé dans les maladies…
    Je me souviens du prof de morale sexuelle à la catho qu’il fallait écouter au 4ème ou 5ème degré pour comprendre que l’on pouvait quand même sur les questions dans ce domaine mûrir une réflexion « en conscience » et « en situation », un peu hors des clous des textes ou d’une certaine lecture des textes. (Le texte tant décrier « Humanae vitae » dans ces dernières lignes parlaient de la responsabilité des couples « en conscience » et n’était pas tout à fait le couperet que l’on en a fait).

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  • C’est une très bonne mise au point, René. Je me reconnais aussi dans la réponse de Pierre Vignon ci-dessus, à propos de la bêtise du cardinal Ambongo (ne parlons pas de la réaction, auparavant, du cardinal Sarah) : il pouvait exprimer le fossé culturel (à propos de l’homosexualité), mais la célébration de l’Afrique (par Sarah aussi) , gardienne d’une sagesse et de valeurs perdues par l’Occident, et de Poutine, criminel de guerre gardien de ces mêmes valeurs, est proprement surréaliste.

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  • On vous lit avec intérêt… et puis subitement on réalise aussi qu’en arrière-fond de votre article, il y a un lourd contexte particulièrement pesant : celui de la « théorie du genre » violemment dénoncée par Rome, autrement dit l’échafaudage d’une pseudo théorie construite avec des mots blessants qui font système. Dès lors, la suite est logique. Le journal le Monde qui a publié hier un article sur la réception de FS cite une catholique pratiquante qui évoque avec stupéfaction un « tombereau de haines ». Mais ce constat n’a rien de nouveau ! Quant au troisième homme, il est; lui, devenu le véritable fantôme de la doctrine comme le montre Jean-Louis Shlegel dans le numéro de la revue Esprit de janvier février dans son article sur : « Le mariage chaste. Comment l’Eglise catholique a perdu la famille ».

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  • Avant d’inviter l’église à repenser l’homosexualité , il faut me semble t il se demander si elle est capable de le faire dans le schéma de pensée qui est le sien .
    Je ne le crois pas . Comme je ne crois pas non plus que les cardinaux Ambongo et Sarah soient bêtes pas plus que les dominicains de la revue thomiste . Ce n’est pas une question de personne .Tous ces hommes sont enfermés dans un schéma de pensée qui est celui de la culture de l’église et qui les empêche de penser le réel tel qu’il est . C’est ce schéma de pensée , cette culture écclésiale qu’il convient d’abord de questionner .

    Le schéma de pensée de l’église en matière de morale consiste à objectiver les actes, à les qualifier moralement et juridiquement et à envisager séparément l’acte en lui même de celui qui le commet .
    Ces trois facteurs qui président toujours à la manière dont l’institution écclésiale « pense  » rendent impossible de repenser l’homosexualité dans le contexte sociétal et culturel qui est le notre .
    Le savoir en matière de psychologie et de comportement humain rend cette grille de pensée obsolète puisqu’il n’est plus possible aujourd’hui ni de séparer totalement les actes de celui qui les commet pour les qualifier juridiquement et moralement , ni de ne pas prendre en compte l’inconscient dans nos comportements . La notion d’acte » intrinsèquement mauvais « ou « objectivement mauvais » qualifié ainsi hors de tout contexte et sans tenir compte de la personne de celui qui les commet , n’est plus possible avec ce que nous savons aujourd’hui . Or l’église persiste et signe dans son appréhension culturellement marquée et figée à une époque révolue de la réalité ; les deux articles de la revue thomiste sont à cet égard très révélateurs .

    La pensée de l’église et sa théologie sont déterminées par sa culture et c’est cette culture qu’il faut questionner car elle se révèle incapable de prendre en compte la réalité telle que nous l’appréhendons dans la culture qui est la notre aujourd’hui .

    Aujourd’hui la culture de l’église et par conséquent ses prises de positions ne sont plus à même de saisir , de comprendre et de penser les réalités de ce monde .

    C’est toute la motivation de ceux qui critiquent le pape François ( l’attachement névrotique à une culture érigée en absolu) et sa posture paradoxale qui consiste à faire le grand écart ( en dépit de son âge ) entre la culture d’aujourd’hui et celle de l’église .
    Cette critique est étrange et ignore la tradition parce que l’église au cours de son histoire n’a fait que s’acculturer : passer de la pensée hébraïque à la pensée grecque ne fut pas facile ( Basile de Césarée s’y est usé ) passer de la pensée grecque à la culture féodale aussi difficile ; puis elle est restée bloquée par réaction à la Réforme et s’est enfoncée dans son obscurantisme orgueilleux avec le Lumières . Même le concile Vatican II fut pensé dans le cadre de cette culture anachronique en se trompant sur le positionnement de l’église dans nos sociétés modernes . Elle y patauge toujours .

    Sauf à s’acculturer au monde qui est le notre, l’église ne peut pas dans le cadre de pensée qui est le sien repenser sa position sur l’homosexualité ni sur toutes les questions éthiques qui se posent aujourd’hui à nos sociétés . Elle ne pourra le faire que lorsqu’elle acceptera que sa pensée et l’expression de sa doctrine ne sont pas en lévitation au dessus du monde mais déterminée par la culture du monde . l’église ne pourra le faire que lorsqu’elle acceptera de considérer qu’elle est partie prenante du monde et non au dessus de lui .

    Pour pouvoir repenser l’homosexualité et toute sa pensée en matière de morale , l’église doit préalablement faire une révolution copernicienne concernant les sciences humaines et sa propre culture : accepter de ne pas être le centre du monde , de ne pas se situer au dessus du monde , Elle en fait partie , elle est déterminée par lui , sa culture et sa pensée en sont une conséquence .

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    • Je partage le constat de la nécessaire acculturation, mais je reste perplexe sur les possibilités de mise en œuvre.

      Il me semble que la pensée grecque constituait un « roc » d’acculturation solide : un système déjà développé sur lequel le christianisme d’alors à pu se reposer.

      Vouloir que la doctrine de l’Eglise soit déterminée par la culture du monde, c’est supposer qu’il existe aujourd’hui une culture solide, comme l’était la pensée grecque. Mon impression est que nous sommes aujourd’hui dans une culture sableuse. Les idées vont et viennent, ce qui est rejeté hier (par ex la PMA pour les couples de femmes) est autorisé aujourd’hui, ce qui est rejeté aujourd’hui (la GPA ou l’euthanasie) sera probablement autorisé demain. Il est abyssal de penser que ce qui à été puni de mort il y a un siècle, qui était illégal il y a 50 ans, est aujourd’hui en passe de rentrer dans la constitution aux cotés des droits fondamentaux.

      Pas de jugement moral ici, juste un jugement technique pour lequel je suis tenté de paraphraser Jésus : Celui qui bâti une religion par dessus sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.

      D’ou la tentation d’une partie de l’Eglise de rester en lévitation au dessus du vide. On peut difficilement leur en vouloir.

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      • Sauf que je ne vois pas en quoi l’Eglise institution aujourd’hui pourrait donner le sentiment de s’inculturer sur les vérités définitivement provisoires de la modernité. Qu’elle soit interpellée par elle, certes, notamment sur son anthropologie, est une évidence. Mais je ne suis pas sûr qu’il suffise d’opposer une prétendue « vérité de toujours » qui est pur fantasme, à des vérités relatives effectivement discutables, pour faire revenir dans nos églises les brebis égarées. Moi, qu’on découvre que Dieu est mystère à creuser avant que d’être réponse à toutes nos questions, serait plutôt fait pour me rassurer.

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      • a Emmanuel
        S’acculturer , ce n’est pas exprimer une quelconque reddition aux idées du monde . Je ne sache pas que Saint Paul ait minimisé la portée du message évangélique en l’exprimant dans le cadre de la culture et de la pensée grecque ; Basile de Césarée non plus ; Thomas d’Aquin pas plus . ( croyez vous que la notion de transsubstantiation pouvait avoir un sens quelconque au premier siècle pour ceux qui faisaient mémoire de la dernière Cène ?)

        Pour pouvoir témoigner de la radicalité évangélique , encore faut il contextualiser ce témoignage , prendre en compte les référence de nos contemporains pour justement être ce signe de contradiction que sera toujours le message évangélique quelque soit la société et la culture de celle ci .

        La tentation de vouloir rester en lévitation au dessus de ce qui serait un vide est une absurdité puisque tous y compris ceux qui croient pouvoir s’en exempter sont partie prenante de cette société qu’ils qualifient péjorativement .

        L’évangile nous le dit clairement , c’est parce qu’il est enfoui en terre que le grain peut porter du fruit . Ceux qui estiment que la terre n’est pas digne de leur semence pure et intangible se condamnent eux même à rester stériles .

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        • @Guy : oui, bien sur qu’ils se condamnent à la stérilité. Mais cela ne change pas le fond du problème : pour s’acculturer, il faut une culture.

          St Paul n’a pu faire le discours de l’aéropage que parce qu’il existait un aéropage. Il commence par : « Athéniens, je constate qu’à tous égards vous êtes éminemment religieux. » => il est dans la bonne terre, celle qui donnera 10, 100, 1000 pour un.

          Mon impression – certes pessimiste – et que notre époque n’a plus de racines, elle n’est que la société d’un moment, dans laquelle rien ne pousse ni ne s’inscrit. Est-il sage d’y semer ?

          @Rene
          Je suis absolument d’accord a titre individuel, Dieu est un mystère à explorer. Mais dans le cadre d’une religion organisée, il faut bien apporter des réponses !

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          • J’entends bien que l’Eglise doit apporter des réponses et elle le fait. Mais elle doit avoir la sagesse de discerner parmi ses réponses, celles qui restent pertinentes de celles qui ne sont plus « reçues ». Continuer, comme je l’entends encore parfois dans les églises, de nous expliquer l’existence du mal par le péché originel me laisse sceptique lorsque le mal s’appelle tremblement de terre, éruption volcanique, tsunami, ou ailleurs cancer, parkinson ou Alzheimer ! Nul n’échappe un jour ou l’autre à prendre à son compte la formule d’Epissure : « Ou bien Dieu veut éliminer le mal et ne le peut ; ou il le peut et ne le veut ; ou il le veut et le peut. S’il le veut et ne le peut, il est impuissant, ce qui ne convient pas à Dieu ; s’il le peut et ne le veut, il est à la fois impuissant et méchant, il n’est donc pas Dieu. S’il le veut et le peut, ce qui convient seul à Dieu, d’où vient donc le mal, ou pourquoi ne le supprime-t-il pas ?. »

  • Je ne vois pas bien ce qu’il y a de synodal dans « Fiducia supplicans » qui a été publiée sans grande concertation mais plutôt autoritairement à l’ancienne…

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    • Ce qu’il y a de synodal est à la fois l’approche inductive et non déductive ( on prend acte de la demande des homosexuels chrétiens et on discerne si la bénédiction demandée par eux est « recevable » et sous quelles conditions ; est également synodale la liberté laissée à chaque conférence épiscopale voire à chaque continent de voir comment il applique ou n’applique pas cette « possibilité » en fonction du contexte culturel. Ce que je soulignais dès le premier article que j’ai consacré à ce texte, le 22 décembre. En revanche je reçois la remarque qui consiste à dire que François semble avoir tranché d’autorité en faveur de cette ouverture, alors même qu’elle était en débat au synode. Ce qui est vrai. K-Je me souviens m’en ^pêtre étonné dans ce même article. Mais sur le fond, ça change quoi ? Les « opposants » à FS se moquent bien de ces subtilités et prétendent attaquer la décision sur le fond qui est, selon eux, une contradiction totale avec l’enseignement de l’Eglise sur la question. Je crois y avoir répondu.

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  • Je ne comprends pas que l’on continue toujours à se référer à cet ancien testament surtout la Genèse quand on sais que c’est un mythe .La aussi il y aurait de grandes réformes à faire

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    • A Girault
      La Genèse et tous les textes de la première alliance restent très intéressants si on les lit d’abord selon une grille de lecture anthropologique et symbolique.

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      • La difficulté est que, pour les lire autrement que ‘la tradition », il faudrait commencer par revoir le sens du mot révélation. Bon courage.

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    • le problème n’est pas de se référer à l’Ancien Testament mais de s’y référer avec les mauvaises interprétations. Par ex prendre le récit des 1ers chapitres de la Génèse comme une vérité historique est une erreur, mais le comprendre dans son contexte comme révélation de la volonté de Dieu pour l’humanité telle que l’humanité de l’époque était capable de la recevoir est très riche. Pour cela, il faut creuser un peu les textes avec une vraie méthodologie, appuyée à la fois sur une revisite de l’hébreu (et pas des traductions successive de la Vulgate), sur les connaissances historiques de la période où les textes ont été écrits et des textes écrits ailleurs à la même époque.

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  • On pourra se référer au commentaire de Roseline Letteron professeure de Droit public à Sorbonne Université sur l’application du RGDP au registre des baptêmes. Sur son blog « Libertés, Libertés chéries », Mme Letteron souscrit au raisonnement du Conseil d’Etat sur le caractère historique de ce registre qui semble d’après la juridiction administrative le mettre hors de portée de toute modification, mais ne dit rien d’un éventuel recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. Le raisonnement (qui pointe malgré tout le « blâme » inapproprié du clergé porté sur le registre et cette curieuse réserve accordant au justiciable un droit au repentir qui lui permettrait de se marier à l’Eglise plus tard) n’est en effet pas à l’abri de la critique : est-ce que la demande d’une « rectification » du fichier et non la demande d’un « effacement » pur et simple aurait eu davantage de chance de prospérer ? Reste l’affaire belge et ses éventuels développements qui ne manqueront pas d’intéresser les juristes d’aujourd’hui.
    Sur la « culture de l’Eglise », il vaut mieux sortir des généralités et aborder sereinement les questions qui fâchent. On peut se demander s’il y a la moindre chance qu’elle évolue dans un horizon proche. Le principe de l’ardoise magique peut-il s’appliquer ? : pour en douter il suffit de rentrer dans le détail de « La bataille du genre », décrite par Céline Béraud (Fayard 2021) qui pointe l’influence de certains courants conservateurs catholiques et ses rhétoriques nombreuses dont on a déjà entendu parler ici …et notamment l’atteinte portée à la filiation.

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  • Jean-Louis Schlegel : « Les critiques du pape n’ont pas compris que les homosexuels font partie de l’Église »

    « L’Église d’Afrique serait « la voix des pauvres, des simples et des petits » face à l’arrogance des chrétiens occidentaux. Sarah rejoint ainsi la cohorte multiple des dénonciateurs peu recommandables de l’Occident dépravé, par exemple Vladimir Poutine avec sa vision traditionnelle de la famille, son rejet violent de l’homosexualité, son soutien aux valeurs, restées « authentiques », de la Tradition orthodoxe russe… Que penser du silence cardinalice sur les propos du président du Burundi, qui a appelé, le 29 décembre dernier, à « lapider les homosexuels dans un stade ? Les injonctions d’Etat au meurtre collectif feraient-elles aussi partie de la sagesse africaine ? » (Jean-Louis Schlegel, La Croix, 17/1/2024, vers l’article)

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  • Il y a la démarche synodale. Et il y a un très haut clergé qui agit en coulisse . La Croix de ce matin 8 février a le mérite de mettre un coup de projecteur sur « Cette réunion secrète (sic) de cardinaux réunis à Prague pour réfléchir à l’idéologie du genre ». Une vingtaine de prélats dont neuf cardinaux qui se réunissent dans un hôtel pragois pour se concerter entre eux, si possible loin des regards. Il y a dans cette réunion secrète quelque chose de la vérité de l’institution qui rend mal à l’aise. Le concile qui ne dit pas son nom est-il un rideau de fumée ?

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    • Mais enfin, encore une fois, connaissez-vous des institutions (partis, loges, syndicats, professions…), fussent-elles même académiques, qui ne se réunissent pas dans la discrétion à certains moments de leur travail de réflexion ?

      Et ce n’est quand même pas une découverte d’apprendre qu’il existe des « factions », des rapports de forces au sein de l’Eglise, où certains misent sur une fin rapide du pontificat de François pour accélérer le retour à l’Eglise hiérarchique « de toujours » contre les errements de la synodalité.

      Je ne comprends toujours pas ce que vous voulez démontrer. Sinon que tout est pourri au royaume du Vatican. Et quand on a dit ça, on fait quoi ?

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      • On fait quoi ? : mais rien justement. Le troisième homme est un croyant hors les murs qui ne pratique plus mais qui observe. C’est lui qui, du fait de son « apostasie de masse » comme on le dit à Rome, fait bouger les choses aujourd’hui. C’est paradoxal mais c’est ainsi. Il n’est pas là et pourtant il pèse d’un poids énorme sur cette institution.

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        • Et ça se reproduit comment un croyant hors les murs qui se contente d’observer ? Ca donne le goût de quoi ? Et ça fait bouger quoi puisque vous nous expliquez que rien ne bouge ni ne peut bouger ?

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          • Vous en avez une façon de parler de nous : « ça » se « reproduit » comment un croyant hors les murs ? Mais comme au premier siècle de notre ère… Et « ça » fait bouger quoi ? Mais FS par exemple…

          • Ecoutez je ne veux pas polémiquer ce qui n’est pas dans l’ADN de ce blog. Mais revendiquer FS pour vous tout seuls, contre ceux qui bagarrent de l’intérieur depuis des années voire des décennies, me semble assez surréaliste. Mais bon. Pour ce jour j’arrêterai là !

        • A M
          Tout groupe humain a besoin d’institution pour fonctionner correctement c’est à dire réguler la violence . sauf à tomber dans la guerre de tous contre tous
          Se situer hors de l’institution en prétendant l’influencer est une posture qui n’est pas recevable car elle se situe par principe hors de ce qui nous est commun . C’est une posture antisociale en fin de compte surplombante qui prétend influencer sans participer . ( au nom de qui et de quoi ?)

          L’enjeu dans l’église comme dans la société est donc d’organiser les rapports à partir de ce qui nous est commun sans nier les divergences et les différences .. L’enjeu est aussi que cette organisation laisse une place reconnue et institutionnalisée à l’expression des différences et se dote de moyens pour réguler les conflits .
          Une société qui fonctionne bien n’est pas une société sans conflits mais une société qui sait réguler les conflits . Aujourd’hui comme hier l’église est traversée par les conflits mais elle ne sait plus les réguler ( la parole du pape ne fait plus autorité et le débat démocratique n’est pas accepté comme une option possible )
          L’institution écclésiale organisée comme une monarchie de droit divin
          dans son état actuel n’est pas adaptée pour réguler les relations entre ses membres de manière adaptée à nos mentalités et à notre culture

          Il y a face à ce constat quatre options possibles :
          – partir sans penser néanmoins continuer à influencer l’église . Se retirer sur son Aventin soit pour observer narquois soit pour fulminer des philippiques ( votre option ?)
          – penser que l’église peut trouver une forme originale différente de tous les autres groupes humains pour évoluer . C’est la démarche synodale et l’option préférentielle de René
          – penser et c’est mon cas que le processus démocratique est aujourd’hui la seule modalité possible pour réaliser ce vieux principe de la gouvernance de l’église que promouvait Cyprien de Carthage au III° siècle :  » ce qui concerne tout le monde doit être débattu et approuvé par tout le monde .
          – s’enfermer dans le repli identitaire au nom d’un immuabilité (l’église de toujours) qui serait la caractéristique de l’église ( option démentie par l’histoire )

          `Faites vos jeux !
          .

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          • Afin de mettre fin au déni institutionnel de la réalité homosexuelle, cette initiative du groupe  » Réflexion et partage  » ​(1) me semble avoir été une application particulièrement bienvenue de la modalité démocratique :

            ​​« Le groupe nantais « Réflexion et partage » a engagé au début des années 2000 une initiative visant à aider les communautés chrétiennes à accueillir la réalité homosexuelle. Après avoir envoyé un dépliant à tous les responsables de paroisses et de mouvements ou services d’Eglise en janvier 2004, une dizaine de paroisses a invité ce groupe à animer une soirée de débat autour de la question. Chaque fois, non seulement l’accueil a été chaleureux, mais les réactions des personnes présentes étaient quasiment unanimes ; « On est mal informé … on a une vision caricaturale … on ne savait pas ce que vivent ces personnes … il n’y a pas de lieu en Eglise pour en parler … ». A l’issue de ces soirées, un questionnaire était remis aux participants et les réponses, sans ambiguïté, viennent contredire les propos indiqués par le Magistère : 83% des personnes souhaitent que l’Eglise catholique ait un discours d’accueil des personnes homosexuelles et 71% font remarquer que l’homosexualité n’est pas un danger pour la famille.
            Bien sûr, il ne faut pas en tirer des conclusions trop hâtives. Ce questionnaire n’a rien d’un sondage scientifique. Il a concerné seulement quelques centaines de personnes qui ont fait la démarche de venir s’informer. On peut supposer que ces personnes étaient déjà dans un esprit d’ouverture. Mais on ne peut pas non plus ignorer ces réactions favorables qui peuvent susciter des questions et d’autres initiatives allant dans le même sens. » (Claude Besson, Homosexuels catholiques SORTIR DE L’IMPASSE Les Ed. de l’Atelier, 2012, vers la présentation du livre)

            ​(1) Groupe de chrétiens créé à Nantes il y a dix ans [en 2002] dont l’objectif est de permettre aux communautés chrétiennes d’ajuster leur regard à l’égard des personnes homosexuelles.

          • Je ne suis pas d’accord avec votre postulat de départ sur l’institution. Les structures mentales ont pour moi leur propre existence autonome. Dès lors, à mon avis, votre « taxinomie » n’est tout simplement pas recevable. Je fais court parce que le blog a beau être « fraternel », je vois bien que j’irrite très fortement ici car par définition le troisième homme (un apostat je vous le rappelle) doit rester muet muet et s’effacer (sauf sur les registres de baptême).

          • Et maintenant vous nous la jouez martyr ! Vous sentez bien que vous « irritez ». Personne ne vous a censuré à cette heure. Acceptez aussi qu’on vous réponde !

  • A M
    Vous ne m’irritez pas du tout . Au contraire c’est intéressant d’avoir sur ce blog des archéos « idéalistes » qui nient encore le rôle structurant des institutions sur les comportements humains . J’avais la faiblesse penser que c’était une espèce menacée voire disparue depuis les  » Mao spontex de 68 « . Vous nous prouvez le contraire . Merci .

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    • Dans le journal le Monde un article sur le livre de l’historienne Chiara Frugoni qui me fait penser à notre échange : « Au lit au Moyen Age. Comment et avec qui ? ». L’auteure (spécialiste de l’histoire religieuse) montre finalement l’impuissance de l’institution cléricale devant cet espace totalement privé et hors d’atteinte, face à « ce lit des délices interdits » (où on entre généralement nu, ce que j’ignorais). Il est intéressant de noter que la sexualité porte ici une véritable structure mentale qui devient autonome dans le temps en résistant continument aux injonctions d’une institution qui alors tourne à vide (et dont tout un chacun voit bien, avec peut être autant de délice, qu’elle tourne à vide). Et de même, « Les autorités morales réprouvent et répriment l’homosexualité, souvent représentée, autant qu’elles peinent à l’empêcher ». « Les mille signes de la résistance des croyants aux injonctions » cléricales explorés dans son livre permettent à Frugoni de parler d’un autre Moyen Age qui échappe déjà à l’institution, sur un aspect déterminant de l’existence. La morale de cette histoire pourrait donc être que la croyance ou la foi peuvent bien être portés par l’institution à travers les âges, la réalité de celles-ci lui échappent également dans l’absence de sa réception. Il y aurait bien deux réalités mentales parallèles qui ne se rejoignent pas, plus, jamais ou parfois. A toutes les époques. Aujourd’hui le défi est tout de même d’un autre calibre car au passage, je me souviens aussi bien sûr du livre de Lucien Febvre sur Rabelais indiquant que l’incroyance n’était tout simplement pas possible, pas « pensable », pas « conceptualisable » à cette époque alors qu’aujourd’hui elle l’est.

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      • « deux réalités mentales parallèles qui ne se rejoignent pas »
        ​Je traduis comme suit :

        Deux lieux géométriques qui se confondent de moins en moins :
        ​- celui de l’emprise exercée par l’Eglise,
        – celui des expériences effectivement vécues par chacun d’entre nous.

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  • Allons Guy Legrand vous faites inutilement la bête puisque vous le savez mieux que quiconque ici : l’institution est retranchée sur elle même et imprenable. Si en effet « troisième homme » il y a depuis 1966 et « apostasie de masse » pour reprendre l’expression romaine (une façon de dire que face à un tel phénomène de désaffiliation l’institution n’a strictement rien à se reprocher depuis toutes ces années), c’est précisément parce que « le rôle structurant de l’institution » (sic), comme vous dites, tourne complètement à vide et que « les comportements humains » ont donc divergé. Vous dites que l’institution est nécessaire : des millions d’individus ont jugé du contraire. « La réception » qui est une notion en miroir de l’institution a été purement et simplement refusée.

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    • Dire que l’institution est nécessaire – et là je rejoins l’analyse de Guy Legrand – ne signifie pas qu’on valide les formes (notamment césaro papiste) qu’elle a prise au cours des siècles. Mais serions-nous là à débattre de la fidélité au Christ et aux Evangiles s’il n’y avait pas eu une institution pour nous en porter le message par-delà deux millénaires ? Dans ce processus le « troisième homme » livré à lui-même s’évapore…

      L’enjeu du -synode, auquel j’adhère, est précisément de transformer l’institution pour la rendre plus fidèle à l’Evangile. Mais j’admets la difficulté : faire voter par des clercs la fin du cléricalisme, faire valider par la Curie la fin du centralisme romain… Je repense à de Gaulle soumettant au Sénat le vote de sa suppression ! On connaît la suite !

      Reply
    • A M
      Ceux qui me lisent depuis longtemps sur ce blog et ailleurs ne risquent pas de m’attribuer le premier prix de dévotion inconditionnelle à la forme actuelle de l’institution écclésiale .

      1) Mais qu’on le veuille ou non force est de constater que le message évangélique est passé quand même au cours de l’histoire grâce et en dépit de l’institution écclésiale et de ses turpitudes .
      Si la foi en l’exigence évangélique est passée jusqu’à nous c’est par le canal de cette institution . Et en cela je lui en suis redevable ; sans concession , sans illusion mais redevable quand même .

      2) Mon expérience de la vie de la cité et de la vie de l’église ( cf les communautés nouvelles ) sous différents angles me conduit à penser que l’absence d’institution conduit nécessairement au règne de la loi du plus fort et à tous les abus de pouvoirs .

      3) la question est donc qu’elle forme d’institution et non de révérassions une église sans institution ..? L’organisation actuelle de l’église en phase avec la société féodale n’est plus capable de jouer son rôle institutionnel . Il faut en faire le constat en tirer les conséquences et travailler à faire évoluer cette institution sans toutefois renverser la table . je ne crois ni au grand soir ni à ceux qui le matin du grand soir proposent de renverser la table .

      4) Comment la réformer ?
      Aucune institution ne se réforme d’elle même . Seule la pression extérieure peut la forcer évoluer ( exemple la CIASE imposée aux évêques par la société civile sur la pédocriminalité des clercs .)
      Il existe dans la conception que l’église a d’elle même des portes qui restent fermées et qu’il faut ouvrir . Notamment la distinction entre le pouvoir d’ordre et le pouvoir de juridiction , c’est à dire la distinction entre le sacramentel et le gouvernement .
      La dimension de gouvernement peut parfaitement être organisée selon le processus démocratique sans que cela remette en cause la doctrine de l’église sur ce qui relève exclusivement du contenu de la foi .

      5) La démarche synodale ( et c’est là mon désaccord avec René ) essaie d’explorer une voie qui continue à mélanger l’ordre et la juridiction .Cette méthode est pertinente en ce qui concerne l’écoute , la capacité à se parler sans à priori et le fait de reconnaitre ce que ‘on a en commun malgré et avec nos diversités . Elle ne me semble pas adaptée à la construction de consensus et à la fabrication de l’unité sur ces questions concrètes . cette méthode part du principe que la société église contrairement aux autre société humaines est à l’origine unie et qu’il s’agit de retrouver cette unité préexistante . Je pense que l’unité n’est jamais une donnée de base dans toute société humaine (les pulsion sont incompatibles avec la notion de civilisation constatait S Freud) et qu’il faut patiemment la construire en permanence . La construire en fonction de notre culture contemporaine ou la légitimité ne repose pas sur l’onction mais sur la compétence et le savoir , ou l ‘égalité entre les hommes et les sexes est
      un postulat …… Bref une forme institutionnelle compatible avec l’état de notre savoir avéré et de nos principes de base

      Reply
      • Guy merci entre autre pour la clarté de ce texte,
        René, je reviens en 3/ sur ce 3ème homme et l’évaporation.
        1/ OK, un message est passé. Je ne peux pas dire « le » message parce que je sais que l’Institution a été, à partir de son origine (vers le milieu du 2ème siècle?), préoccupée d’elle autant que de ceux qui lui ont fait confiance. Ainsi elle est devenue progressivement, à partir du début du 4ème siècle, « la » religion de l’empire dont le souverain s’estimait dieu. Ainsi, le NT, dont les textes et la liste ont été à peu près fixés au début du 5ème siècle, a été durant 250 ans aménagé et est donc, objectivement, sujet à caution sur de multiples points pas anodins*.
        2/ Mon expérience des divers « compartiments » de la vie (enfance adolescence, études, découverte de l’amour humain, famille, investissements syndicaux associatifs (dont ce que tu nommes l’Eglise) professionnel et politique) m’a appris que toute institution a besoin de contre pouvoirs aussi libres que possible, de mandats à durée limitée (nul n’est irremplaçable), et d’ouverture entre les compartiments afin d’éviter que l’accumulation de secrets ne tue la vie.
        3/ La dictature des idées d’unité et de consensus mène inéluctablement à l’immobilisme. On a une idée plus sérieuse aujourd’hui qu’il y a 60 ans* sur « quand et comment » sont nés le temps la matière et l’univers, l’origine du vivant, les essais qui semblent n’avoir pas de fin de l’évolution qui ont conduit aux formes de vie d’aujourd’hui (minérale, végétale, animale, humaine) qui peuvent fort bien n’être que des balbutiements.
        4/ L’évaporation -passage de l’état liquide à gazeux- ne peut se faire que par la surface libre du liquide et est réversible, contrairement à la combustion. Le choix du mot évaporation permet de considérer que, alors que l’essentiel de l’Eglise a changé d’état, et que l’évaporation se poursuit. L’Eglise associée à l’Institution qui a été une vaste étendue d’eau a viré, petit à petit, au marigot. Il est impossible de croire que l’Eglise évaporée puisse revenir à ce marigot.

        * Exemples. Les généalogies, l’annonciation, le lieu de naissance et l’enfance de Jésus sont symboliques (légendaires) et visent à accréditer l’idée que Jésus est le Messie. Ce que sont devenus les apôtres est essentiellement légendaire, tout particulièrement Jean et Jacques, et quant à la plupart des autres ils ont se sont « évaporés ».
        ** Alors que se tenait V2 naissait le Jet Propulsion Laboratory (au sein de l’Institut de Technoligie de Californie: Caltech) qui a supervisé à peu près toutes les recherches sur le système solaire et l’univers, qui a coordonné l’essentiel des satellites et recueilli et analysé les données ainsi collectées (Jean-Pierre Luminet, Hubert Reeves et Iolande Cadrin-Rossignol, dialogue sous les étoiles, Robert Laffont, 2016).

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  • Hommage à Robert Badinter. Un article de la sociologue Irène Théry publié dans le Monde fait un rappel très opportun de l’amendement déposé en 1998 par Robert Badinter lors du vote du PACS qui permettait aux homosexuels « d’entrer, selon les mots de ce grand ministre, dans le droit par la grande porte du code civil ». Mais Irène Théry fait alors également le rappel de la position immédiate de l’institution cléricale et de beaucoup de catholiques des paroisses emmenés à l’époque par un certain Tony Anatrella qui dénonce alors « la négation de l’altérité » et jette les bases de « la bataille » (Céline Béraud) de l’institution cléricale contre « la « théorie du genre » pendant vingt-cinq ans. Cette (soi-disant) « anthropologie » cléricale défendue au nom de la défense de la filiation a été l’ultime repoussoir pour beaucoup d’entre nous durant ces « années noires » que nous n’oublions pas puisque rien sur le fond n’a changé.

    Reply
    • Vous voulez démontrer quoi ? Que toujours sur tout sujet et jusqu’à la fin des temps l’Eglise sera à côté de la plaque ? Je-ne-suis pas sûr que sur cette base on aille très loin dans le dialogue. Pour mémoire ce n’est qu’en 1990 que l’OMS qui n’est pas un dicastere du Vatican à rayé l’homosexualité de la liste des maladies mentales…

      Reply
      • Je ne sais plus quel historien parlait de « transfert de sacralité » en 1791 avec la chute de la Monarchie (j’imagine très bien pour ma part le choc mental que cela a représenté). Depuis ce temps là en effet on peut raisonnablement penser que l’institution cléricale s’est trouvée déboussolée et « à côté de la plaque » en Europe. D’abord dans le domaine politique ensuite dans celui de la vie intellectuelle (le modernisme) et pour finir la vie familiale et intime. On sait bien finalement « comment on en est arrivé là ». Ceci dit, en vous relisant par acquis de conscience, j’ai été surpris que vous puissiez dire, presque comme une confidence, avoir été étonné de la fuite hors de l’Eglise : « Longtemps ces “départs“ de l’Eglise catholique me sont restés une idée un peu abstraite », écrivez vous en effet le 12 avril 2023.

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        • Oui ces départs me sont restés une idée un peu abstraite dans la mesure où je savais « la chose » mais ignorais le plus souvent même pour des amis proches s’ils continuaient ou non a se dire d’Eglise et à pratiquer. Je ne les questionnai guère sur le sujet. Je n’en tire aujourd’hui rien d’autre qu’une forme de constat !

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          • Les « amis » de Jean Massin, les Claudel, Maritain,… n’ont rien compris non plus René, pas plus que, sur le moment, le haut clergé de France si j’en crois « Edmond Ortigues et les clercs sortis d’Église dans les années 1950 » publié en 2016. Quand Jean Massin a quitté Pie 12 a pleuré, mais n’a rien compris non plus: se actes l’ont démontrés.
            « Cent soixante prêtres partent entre 1946 et 1950, 232 entre 1951 et 1955, 230 entre 1956 et 1960 (Sevegrand, 2004 : 81). C’est une perte pour l’institution. Si la cause première de départ est la question du célibat, la mise en question de la foi apparaît immédiatement après (ibid. : 81). Des motifs tant de contestation interne de l’ecclésiologie que d’interrogations personnelles et de doutes sur la foi se mêlent. »… plus loin, il est question de 1960 et d’une véritable « paralysie des apôtres (évêques) »…
            plus loin encore (14): « Jean Massin les résume dans ses notes de réflexion au moment de son propre départ : « Le jr où je m’aperçois q. l’Église romaine arrête & trahit la Bonne Nouvelle de JÉSUS, q. choisir, sinon JÉSUS ?12 ». Puis il liste des obstacles à son maintien comme prêtre : « Le scandale de l’échec de la Bonne Nouvelle ds le monde moderne […] L’étonnement de la canonisation du thomisme. Theilhard (sic) & l’Évolution. […] L’horreur du moralisme légal ; […] L’impossibilité de la doctrine de Casti Connubii sur la chasteté conjugale. La remise en question par la biologie & la psychanalyse de tte la théologie sexuelle. […] L’impossibilité d’admettre 1 autre primat q. la fidélité à la conviction sincère de sa conscience individuelle. […] La fin de l’Espoir. Intégration du scandale de l’Église-obstacle-au-Christ ds ce nouveau donné. L’Encyclique Humani Generis. Écroulement de tte possibilité d’1 réforme ou d’1 évolution13 ». Ce constat est partagé par tous. »

            https://journals.openedition.org/assr/27514?lang=en

    • Puisque vous rendez hommage à Robert Badinter comme l’ont justement fait tous les media, il me paraît opportun de rappeler aussi que Robert Badinter avait clairement pris position contre l’euthanasie (ce que les media ont généralement tu à l’exception de « La Croix »).

      Reply
      • A Michel
        R Badinter en cohérence avec ses convictions était opposé à l’euthanasie . Comme une majorité de français.
        Personne aujourd’hui en France ne milite pour que l’on donne la mort a une personne a fortiori sans son consentement
        Le projet de loi potentiel ne concerne que la depenalisation du fait d’aider une personne qui souhaite mourir et qui n’a plus les moyens de le faire de manière autonome .
        Ce n’est donc pas le même sujet . Instrumentaliser les positions de R Badinter au service d’un dossier qui n’était pas le sien ne relève pas d’une grande probité intellectuelle .
        Sur le sujet , j’engage a regarder le film hommage à Axel Kahn diffusé récemment sur la chaîne « La cinq » .
        Il a choisi d’être aidé à mourir et a été assisté pour cela lorsque le développement de son cancer ne lui permettait plus de mener une vie conforme à la conceprion qu’il se faisait d’une vie humaine digne pour lui même . Ce documentaire n’est pas consacré à la fin de vie mais met bien en évidence la cohérence entre une vie humaine responsable et le choix du moment de sa mort .

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        • A Guy
          Je ne suis pas sûr que le « manque de probité intellectuelle » soit là où vous le voyez.
          « La vie, nul ne peut la retirer à autrui dans une démocratie », a dit Robert Badinter le 16 septembre 2008 à l’Assemblée nationale devant une mission sur la fin de vie, placée notamment sous la responsabilité du député Jean Leonetti. « Ma position fondamentale, bien connue, est simple et catégorique : le droit à la vie est le premier des droits de tout être humain – c’est le fondement contemporain de l’abolition de la peine de mort – et je ne saurais en aucune manière me départir de ce principe. Tout être humain a droit au respect de sa vie, y compris de la part de l’État, surtout en démocratie », avait ajouté l’ancien garde des sceaux.
          « Dans ce débat qui se poursuit depuis si longtemps et qui n’est pas près de s’arrêter, ma position est celle que je viens d’évoquer : fournir à autrui des moyens de se donner la mort, ce n’est pas donner la mort, c’est prêter la main à un suicide. Autre chose est le fait de donner la mort à autrui parce qu’il la réclame et pour ma part, je n’irai jamais dans cette direction », avait martelé Robert Badinter.
          L’ancien ministre de la justice s’était opposé à l’instauration d’un comité chargé d’étudier les demandes exceptionnelles d’euthanasie. « Je ne concevrais pas qu’un comité puisse donner une autorisation de tuer (…). Je ne concevrais pas que, dans notre pays, dans notre démocratie, on délègue cette décision à des personnes qui ne sont pas médecins ou soignants, qu’on demande à des tiers d’apprécier et de donner une autorisation de procéder à une injection létale ou à un autre processus quel qu’il soit d’euthanasie », avait affirmé Robert Badinter. « Si on légalise l’exception d’euthanasie, vous aurez des zones d’ombre. Au sein d’une famille, certains diront : “Non, grand-mère ne voulait pas mourir !”, et d’autres : “Si, elle m’a dit qu’elle voulait mourir !” Il m’est arrivé de connaître de telles situations et d’entendre de tels propos. »
          C’est donc parfaitement clair : Robert Badinter acceptait l’aide au suicide mais rejetait catégoriquement l’euthanasie.
          Quant aux actuels projets, certains parlent bien de légalisation de l’euthanasie dans certaines circonstance.
          Mais même si on s’en tenait à une « dépénalisation », on sait bien ce que cela cache et où cela mène.
          Prenez l’exemple de la loi Veil du 17 janvier 1975, il s’agissait bien de dépénaliser l’avortement. Aujourd’hui il s’agit bien d’un « droit » et certains veulent même l’inscrire dans la Constitution.
          Non, décidément, l’hypocrisie n’est pas là où vous la voyez !

          Reply
          • A Michel
            Pour être clair , je suis totalement en accord avec les positions de R Badinter sur l’euthanasie .
            mais je crois que le débat en cours et le projet de loi qui va peut être venir en discussion ne porte pas sur ce sujet .

          • L’acte d’euthanasie comme d’IVG relève de la conscience de chacun et non du droit collectif que se concoctent les humains. Nous, humains, sommes quasi tous opposés à la mort d’un être potentiel comme d’un être au bout du rouleau, mais refuser ces cas, plus ou moins limites, ou accepter et même aider peut-être aussi compassionnel, difficile, fraternel que faire semblant de ne pas comprendre, détourner le regard ou pis se faire donneur de leçons.

          • On peut ne pas être d’accord : pour ma part j’écrirais : « L’acte d’euthanasie comme d’IVG relève de la conscience de chacun ET du droit collectif que se concoctent les humains. »

          • A Michel,
            Sans vouloir traiter qui que ce soit d’hypocrisie, dans la citation que vous fournissez ici, Badinter semble s’opposer qu’ « on délègue cette décision à des personnes qui ne sont pas médecins ou soignants ». Est-ce donc à l’aide à mourir ou à la délégation de cette décision à des non soignants que R. Badinter s’est opposé ? Pour ma part, j’évite une position tranchée sur la question… En évitant aussi d’utiliser le mot euthanasie pour l’instant.

          • A Dominique Lucas,
            De mémoire, il me semble que Robert Badinter s’opposait là à une proposition alternative de déléguer l’euthanasie à des non-soignants, mais il était bien sûr opposé aussi à ce que des soignants la pratiquent !

  • Voilà la position de Tony Anatrella exprimée dans le journal le Monde le 26 juin 1999 sous le titre « A propos d’une folie » :
    « Qu’on le veuille ou non (sic), l’homosexualité reste le symptôme d’un problème psychique et d’un en-deçà de la différence des sexes. C’est pourquoi elle provoque une réaction pour ne pas se laisser prendre dans l’enfermement du même et du semblable. L’impuissance et l’infécondité dont elle témoigne ne peuvent pas être source de lien social. De ce fait, comment justifier que la société ait des dettes à honorer à son égard ? »
    Maintenant au lieu du mot « société » mettons celui « d’Eglise » pour poser la même question au catholicisme paroissial.

    Reply
    • a m
      le dominicain Ph Lefebvre a très bien résumé la faiblesse voire l’ineptie des thèses d’Anatrella qui sont marquées » par :
      1) l’incompétence :Anatrella se réfère à Freud et fait une interprétation de ses concepts au service de sa cause qui est purement subjective et se révèle contraire à la pensée m^me de Freud ;
      2) la perversité : Il prétend rejeter l’homosexualité mais paradoxalement sa dénonciation révèle une fascination perverse pour ce qu’il prétend condamner .

      Anatrella exorcise une haine de soi en dénonçant l’homosexualité . Ceci explique son audience auprès d’un clergé dont une grande partie fonctionne comme lui .

      Anatrella ou l’histoire d’une imposture qui légitimait la vision pervertie de l’identité cléricale .

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      • Guy, si votre interprétation de la pensée de Tony Anatrella est exacte, son homosexualité était le symptôme d’un problème psychique (haine de soi)…

        Reply
        • A Michel
          Oui ; ce qui est étonnant et intéressant c’est que le discours pervers d’Anatrella ait eu un tel retentissement dans l’église ;
          Je me rappelle le temps ou J M Lustiger en avait fait l’ultime référence pour les prêtres en matière de psychothérapie .. Le temps ou il avait réussi à faire prendre en compte dans les critères de discernement du magistère pour l’aptitude au sacerdoce ministériel le fait de ne pas avoir de tendances homosexuelles .

          L’influence de cet homme et de sa pensée sur toute une collectivité est révélateur de l’inconscient collectif de cette communauté .

          Reply
      • Je suis d’accord avec vous. Il est regrettable que ce Monsieur se soit vu confier des responsabilité dans l’institution et ait pu parler en son nom.

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